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Évaluation sommative du programme des Jeunes Ambassadeurs pour l'action contres les mines (PJAAM)

(Version PDF, 78 ko) *

(Mars 2005)

Table des matières

Liste des abréviations

ACDI
- Agence canadienne de développement international
AEC
- Affaires étrangères Canada
AMC
- Action Mines Canada
CPAR
- Canadian Physicians for Aid and Relief
CRC
- Croix-Rouge canadienne
FCMT
- Fonds canadien contre les mines terrestres
ICBL
- Campagne internationale pour l'interdiction des mines terrestres
ILX
- Équipe d'action contre les mines du ministère des Affaires étrangères
JA
- Jeune ambassadeur (pour l'action contre les mines)
MAECI
- Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international
PALEJ
- Programme d'action, de leadership et d'éducation pour les jeunes
PJAAM
- Programme des jeunes ambassadeurs pour l'action contre les mines
PSIJ
- Programme de stages internationaux pour les jeunes
SCSMA
- Semaine canadienne de sensibilisation aux mines antipersonnel

1. Résumé

1.1 Contexte

Le Programme des jeunes ambassadeurs pour l'action contre les mines (PJAAM) a été lancé en 1998 par Action Mines Canada (AMC), l'Équipe d'action contre les mines (ILX) du ministère des Affaires étrangères et la Croix-Rouge canadienne (CRC). ILX a investi 2 549 408 $ dans le PJAAM, de la création du programme à la fin de l'exercice 2004-2005. Le PJAAM est un programme de stages qui permet aux jeunes ambassadeurs (JA) d'acquérir des compétences et une expérience les préparant à une carrière, tout en favorisant une action et une sensibilisation communautaires durables visant à interdire les mines terrestres et à mobiliser les jeunes Canadiens à l'égard des questions mondiales.

Cette étude a pour objet d'évaluer dans quelle mesure le PJAAM a atteint les objectifs déclarés, soit éduquer les jeunes Canadiens, sensibiliser le public canadien à la question mondiale des mines terrestres et catalyser une action durable pour débarrasser le monde de celles-ci. La méthode utilisée pour effectuer cette étude comprend un examen des documents du programme, des entrevues avec 33 intervenants et une enquête auprès des bénéficiaires.

1.2 Constatations

Au total, 57 jeunes ambassadeurs (JA) ont participé au programme, y compris les six JA déployés actuellement. Ils font porter leurs efforts sur la sensibilisation générale au problème des mines terrestres et leurs travaux consistent en grande partie à organiser des activités axées sur les jeunes visant à attirer l'attention du public sur ce problème. Parmi les activités organisées en 2003-2004, on peut citer des assemblées d'école, des exposés en classe, une simulation de champ de mines à Halifax et un marathon de promenade de chiens à Vancouver.

Il a été établi que le PJAAM a atteint son objectif de sensibilisation communautaire, mais il n'a pas réussi à créer des structures permettant la continuation des efforts de sensibilisation après que les JA quittent leur poste de stagiaire. Le PJAAM n'a pas facilité une action communautaire systématique, durable ou pas. Par contre, les jeunes ont été mobilisés et davantage sensibilisés au problème des mines terrestres grâce aux exposés des JA. Le programme a permis à ces derniers d'acquérir de l'expérience et des compétences précieuses qui s'avéreront utiles dans leur future carrière. On a conclu que la structure actuelle du PJAAM n'est pas en accord avec les trois objectifs du Fonds canadien contre les mines terrestres (FCAMT) : l'universalisation, la mise en oeuvre et la durabilité de la Convention d'Ottawa.

1.3 Recommandations

Les données et l'analyse appuient les deux recommandations suivantes :

  1. qu'AEC fasse de l'exercice 2004-2005 la dernière année de financement du PJAAM sous sa forme actuelle, ce qui n'empêche pas d'appuyer dans l'avenir un PJAAM restructuré et réorienté, si on considère qu'un tel organisme peut potentiellement servir de façon rentable les objectifs d'AEC en matière d'action contre les mines;
  2. que le PJAAM redéfinisse ou clarifie son mandat et sa vocation et lie son futur modèle opérationnel axé sur les revenus à une nouvelle vision stratégique qui attirera le soutien de donateurs.

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2. Introduction

2.1 Contexte et objet de l'étude

Le Programme des jeunes ambassadeurs pour l'action contre les mines (PJAAM) a été lancé en 1998. Les partenaires de mise en oeuvre du programme étaient Action Mines Canada (AMC), l'Équipe d'action contre les mines (ILX) d'Affaires étrangères Canada(1) et la Croix-Rouge canadienne (CRC). En 1998, l'objectif du PJAAM a été énoncé comme la création « d'une action communautaire durable de soutien à l'éradication de la souffrance causée par les mines terrestres(2) » . Tous les ans, depuis le début du programme, huit jeunes ambassadeurs (JA) pour l'action contre les mines ont été nommés en moyenne. Après deux semaines de formation et un voyage d'études à l'étranger, les JA sont déployés dans tout le Canada pour sensibiliser et mobiliser les jeunes Canadiens quant au problème des mines terrestres.

Cette étude a pour objet de « déterminer dans quelle mesure le PJAAM a atteint les objectifs déclarés, soit éduquer les jeunes Canadiens, sensibiliser davantage le public canadien à la question mondiale des mines terrestres et catalyser une action durable pour débarrasser le monde de celles-ci.(3) Elle porte sur les activités du programme depuis sa création jusqu'à ce jour et elle sera considérée comme une évaluation axée sur les résultats qui pourra servir de source d'information unique pour ILX dans toute future discussion au sujet de la continuation du programme. L'évaluation porte sur les questions suivantes (4) :

Pertinence. Dans quelle mesure le PJAAM a-t-il respecté les priorités des membres du comité directeur dans les efforts pour conserver et renforcer le soutien nécessaire pour résoudre le problème mondial des mines terrestres? Dans quelle mesure les objectifs et activités du PJAAM sont-ils en accord avec les objectifs déclarés du Canada en matière de politique étrangère et ceux de l'Équipe d'action contre les mines (ILX) d'AEC?

Succès : Dans quelle mesure le PJAAM a-t-il atteint ses objectifs déclarés? Dans quelle mesure le programme a-t-il favorisé une action et une sensibilisation communautaires durables pour interdire les mines terrestres? Dans quelle mesure le PJAAM a-t-il mobilisé les jeunes du Canada à l'égard des questions mondiales? Dans quelle mesure le PJAAM a-t-il fourni aux jeunes Canadiens des occasions de perfectionnement des compétences et une expérience de travail les préparant à une carrière? Dans quelle mesure le PJAAM a-t-il placé les activités pour l'action contre les mines au coeur des organismes hôtes et a-t-il ajouté une capacité durable à ceux-ci?

Efficacité. Dans quelle mesure le PJAAM a-t-il mis en place des approches et méthodes rentables pour atteindre les résultats souhaités? Les fonds, les ressources et les activités dirigés vers les groupes cibles sont-ils les plus susceptibles de fournir les meilleurs résultats? Quelles autres possibilités permettraient au PJAAM d'augmenter son efficacité? Comment pourrait-on tirer profit des synergies qui existent entre le PJAAM et le Programme d'action, de leadership et d'éducation pour les jeunes (PALEJ), étant donné la difficulté pour le PJAAM de trouver de nouvelles sources de financement de base au-delà de l'exercice en cours?

2.2 Méthode

La méthode utilisée pour l'étude comporte trois volets complémentaires de collecte et d'analyse de données.

Examen des documents et des dossiers. On a procédé à un examen exhaustif des documents relatifs au programme. Parmi les documents examinés, mentionnons :

  • les dossiers de projet du PJAAM pour les exercices 1998-1999 à 2004-2005, y compris les propositions de projets annuelles, les budgets, les ententes de contribution, les rapports sommaires, les rapports détaillés, les récapitulations des dépenses et les diverses notes de service;
  • les rapports annuels du PJAAM (des exercices 1998-1999 à 2003-2004);
  • les propositions de la CRC, d'AMC et du PJAAM, soumises à AEC/ILX (de 2000-2001 à 2004-2005);
  • les propositions de programme soumises au Programme d'action, de leadership et d'éducation pour les jeunes (PALEJ) pour les exercices 1998-1999 à 2000-2001 et la lettre de refus de financement de février 2002;
  • l'approbation de la présentation au Conseil du Trésor pour le Fonds canadien contre les mines terrestres, 2003.

Entrevues avec 33 intervenants. Les entrevues ont été effectuées avec :

  • des membres du comité directeur du PJAAM;
  • des membres du personnel du PJAAM;
  • des hôtes actuels et anciens de JA, y compris dans des villes où le programme n'exerce plus d'activités;
  • des JA, actuels et anciens, dont neuf, d'après le personnel du PJAAM, ont continué à s'occuper du programme ou du problème des mines terrestres et dont six ont été choisis au hasard parmi les SA restants et pour lesquels les employés du PJAAM connaissaient les coordonnées;
  • des bénévoles du programme.

Les entrevues ont été effectuées en personne, sinon par téléphone avec des membres du comité directeur des agents de programme du PJAAM et le JA actuel d'Ottawa.

Enquête auprès des bénéficiaires. On a envoyé un questionnaire par courrier électronique à 79 personnes dont le dossier indiquait qu'elles avaient organisé un exposé de JA pour leur établissement d'enseignement au cours de l'année 2003-2004. Il s'agissait d'enseignants, de membres du personnel d'une université, de dirigeants d'un club et d'employés d'ONG. Parmi la liste d'adresses, huit de celles-ci avaient changé, 71 bénéficiaires ont donc reçu le questionnaire. Dix-sept réponses ont été renvoyées, ce qui représente un taux de réponse de 24 p. 100. Aucun répondant n'avait participé à des activités du PJAAM au Québec. Bien que l'échantillon ne puisse être considéré comme représentatif, les renseignements obtenus des participants à l'enquête ont fourni certaines données non scientifiques sur différents aspects du PJAAM.

Après la communication finale des noms des intervenants et des bénéficiaires par le Bureau national, le 3 janvier 2005, on a interviewé les intervenants et effectué une enquête auprès des bénéficiaires, pendant tout le mois de janvier 2005.

Il faut tenir compte du petit nombre des échantillons lorsqu'on considère les données recueillies lors des entrevues avec des intervenants et de l'enquête auprès des bénéficiaires. Le fait que les données n'aient pas été recueillies par échantillonnage au hasard impose des limites aux conclusions de l'étude. En effet, les renseignements recueillis au moyen des entrevues et des réponses au sondage peuvent être considérés comme représentatifs dans une certaine mesure, mais ils conservent un caractère non scientifique.

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3. Profile du PJAAM

3.1 Évolution du PJAAM

En 1998, après la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction (aussi appelée la Convention d'Ottawa), le PJAAM a été lancé « pour créer une action communautaire durable de soutien à l'éradication de la souffrance causée par les mines terrestres, pour garder « la question de celles-ci présente à l'esprit du public canadien » et, plus particulièrement, pour déployer des JA dans tout le Canada « afin de sensibiliser les jeunes Canadiens à la catastrophe mondiale permanente des mines terrestres(5) » . Aujourd'hui, « le PJAAM est un programme de stages dans le cadre duquel de jeunes professionnels exécutent des programmes d'éducation et de sensibilisation sur la question des mines terrestres dans des collectivités de toutes les régions du Canada(6) » . Le PJAAM est supervisé par un comité directeur composé de représentants d'ILX, d'AMC et de la CRC et il est dirigé par une équipe de deux à trois employés qui se trouvent dans les bureaux d'AMC, à Ottawa.

Au cours d'une année normale, les JA nouvellement nommés reçoivent les documents nécessaires pour effectuer un module indépendant d'autoapprentissage d'une semaine qui est suivi de deux semaines de formation sur place, à Ottawa. Après leur formation, les JA partent pendant deux semaines à l'étranger dans un pays où se trouvent des mines. Les JA sont ensuite affectés dans des organismes hôtes dans diverses villes canadiennes pour une période de sept mois. Ils reçoivent un appui du Bureau national sous forme de documents à utiliser dans leurs exposés ainsi que de conseils et de contacts réguliers. Le Bureau national du PJAAM exige que les JA lui fournissent des rapports périodiques et il recueille des données sur le nombre d'exposés qu'ils ont faits, la taille de l'auditoire, le nombre de reportages dans les médias et le nombre d'heures de travail bénévole.

Les objectifs du PJAAM ont changé en fonction des activités du programme.

Au lancement du PJAAM, en juillet 1998, les objectifs du programme étaient les suivants(7) :

  • faire participer les jeunes de collectivités de toutes les régions du Canada à des activités d'éducation et de collecte de fonds dans le cadre d'un effort international pour mettre fin à l'utilisation des mines terrestres;
  • éliminer les mines terrestres des collectivités où elles ont été posées;
  • fournir de l'aide aux survivants et à leur collectivité.

Peu après, il a été reconnu que l'aide aux survivants et l'élimination des mines terrestres constituaient les objectifs finals, mais qu'elles ne faisaient pas partie des buts immédiats vers lesquels le PJAAM orientait ses activités. Pour cette raison, la mention de ces objectifs a été éliminée des documents sur le programme. En 2001, on a donc établi les objectifs suivants :

  • élaborer et exécuter un programme d'information et de sensibilisation pour joindre les jeunes Canadiens dans leur région;
  • mobiliser et former des bénévoles en vue de mettre en oeuvre les initiatives d'action contre les mines;
  • organiser une soirée « Dansons pour vaincre la peur » , activité nationale de collecte de fonds;
  • tenir une conférence régionale pour les jeunes afin de sensibiliser ceux-ci aux questions des mines terrestres;
  • préparer des activités locales et nationales liées au 3 décembre, date de la signature du traité pour interdire les mines terrestres et au 1er mars, date d'entrée en vigueur du traité comme instrument de droit international.

En 2001 également, le programme ne déclarait plus s'occuper de collectes des fonds. Il avait essentiellement pour objectifs de réduire ses activités dans ce domaine et d'axer plutôt ses efforts sur l'organisation d'activités de sensibilisation au Canada. En 2003-2004, les avantages pour les JA sur le plan de leur propre perfectionnement professionnel, avantages du programme implicitement reconnus depuis longtemps, sont devenus un élément officiel de celui-ci(8). Les activités et les objectifs déclarés actuels du programme pour 2004-2005 sont les suivants(9) :

  • favoriser une action et une sensibilisation communautaires durables visant à interdire les mines terrestres;
  • mobiliser les jeunes au Canada à l'égard des questions mondiales;
  • fournir aux jeunes Canadiens des occasions de perfectionnement professionnel et une expérience de travail liée à la carrière.

Pour atteindre ces objectifs, les jeunes ambassadeurs doivent viser les buts suivants :

  • amorcer un processus de renforcement du soutien canadien local pour le rôle du Canada en matière d'action contre les mines;
  • appuyer les efforts de sensibilisation déployés par les partenaires et organismes hôtes du PJAAM;
  • élaborer et exécuter un programme de sensibilisation et d'éducation pour joindre les Canadiens dans leur région;
  • former et gérer une équipe de bénévoles chargée d'aider les JA à réaliser leurs initiatives de sensibilisation communautaire;
  • attirer l'attention des médias sur le rôle du Canada en matière d'action contre les mines et sur les initiatives de sensibilisation régionales du PJAAM;
  • préparer des activités pour appuyer l'action contre les mines;
  • organiser des manifestations locales et nationales.

Le tableau nº 1 montre les ressources, les activités et les résultats du PJAAM depuis 1998-1999. Les résultats comprennent le nombre d'exposés effectués, de reportages dans les médias (articles de journaux et reportages à la radio et dans les téléjournaux) et de personnes jointes directement par les exposés publics ainsi que le nombre estimatif d'heures consacrées à l'action contre les mines par les bénévoles qui sont attribuables au programme.

Tableau nº 1 : Ressources et résultats du PJAAM
Exercice(10)Contribution d'ILXAutres sources de revenusRessources totalesJA(11)Nombre d'exposésNombre de reportages dans les médias (télé, journaux, radio)Nombre estimatif de personnes jointesHeures de travail bénévole

10 Données des rapports annuels, exercices 1999-2000 à 2003-2004.

11 Un JA a participé au programme lors des exercices 1998-1999 et 1999-2000.

12 Chiffre cité dans le rapport d'évaluation Mine Action Project Assessment, de David Olson, 17 juin 2004.

13 Somme reçue du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIF).

14 150 000 $ ont été reçus du PSIF et 45 876 $ de la Fondation des mines terrestres du Canada.

15 Estimation obtenue en divisant le montant des heures des bénévoles (14 000 $) par le salaire minimum en Ontario, soit 6,85 $.

16 Cette somme a été décrite comme ayant été reçue du MAECI dans le rapport annuel.

17 Une somme de 2 939 $ a été reçue de Développement des ressources humaines Canada et le reste d'autres sources.

18 Les données ne figuraient pas dans le rapport annuel du PJAAM.

19 Chiffres indiqués dans les ententes de contribution du 1er avril 2004 au 30 juin 2004 (42 386 $) ajoutés au montant demandé du 1er juillet 2004 au 31 mars 2004, comme il est indiqué dans le projet de budget du PJAAM pour la période du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005.

20 Les données ont été calculées à l'aide du projet de budget du PJAAM pour la période du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005. Un montant estimatif a été établi pour le premier trimestre de l'exercice 2004-2005, au cours duquel 10 580 $ ont été fournis par l'ACDI.

1998-199977 000(12)S/O77 000550+ 10 000 
1999-200030 3075105 000(13)408 075870025035 0006 777
2000-2001479 742195 876(14)675 61812850175~50  0004 300
2001-2002390 08110 500 014495 0817456128~50 0002 043(15)
2002-2003515 124(16)9 565(17)524 689101 055185110 0002 990
2003-2004442 000Données non disponibles(18)442 000968920458 0001 376
2004-2005286 596(19)20 870(20)372 7776Données pas encore disponibles
2005-200655 790Données pas encore disponibles
Total2 549 408436 3112 995 240573 800942313 00017 486

Au total, 57 JA ont participé au programme, y compris les six JA déployés actuellement. L'auditoire annuel estimatif est passé de 10 000 personnes en 1998-1999 au niveau record de 110 000 en 2002-2003, puis est retombé à 58 000 personnes en 2003-2004. Le nombre de reportages dans les médias est resté assez stable, s'élevant en moyenne à 190 reportages par an. On constate une baisse du nombre d'heures de bénévoles au fil des années; en effet, de 6 777 heures en 1999-2000, il est passé à 1 376 heures en 2003-2004.

L'investissement d'ILX dans le PJAAM, de la création du programme à la fin de 2004-2005, s'élève à 2 549 408 $. ILX a fourni la grande majorité du financement de base du programme. Ainsi, pour l'exercice 2000-2001, son financement, qui s'élevait à 479 742 $, représentait 71 p. 100 du budget total de 675 618 $. La Fondation des mines terrestres du Canada (45 876 $) et le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ,150 000 $) ont aussi fourni des fonds au programme. Au cours des exercices 1999-2000 à 2001-2002, le PJAAM a demandé et reçu une aide financière du PSIJ, un programme d'AEC qui finance « une première expérience de travail à l'étranger ayant trait à la carrière » (21). Ces fonds se chiffraient à 15 000 $ par stagiaire (JA) et ont été entièrement consacrés aux allocations de ceux-ci. L'aide financière du PSIJ n'a pas été renouvelée après 2001-2002. Depuis lors, le PJAAM dépend encore plus largement du financement d'ILX.

3.2 Le PJAAM aujourd'hui

Les JA font porter leurs efforts sur la sensibilisation générale au problème des mines terrestres. Leurs activités consistent en grande partie à organiser des activités axées sur les jeunes visant à attirer l'attention du public sur ce problème. Au fil des années, l'activité « Dansons pour vaincre la peur » est devenue un événement distinctif du PJAAM. Au cours d'une année normale, plus de mille jeunes y participent en assistant à des bals dans tout le Canada(22). Bien que tous les bals soient différents, allant d'une sauterie en après-midi à une soirée dansante qui dure toute la nuit, ils ont tous pour objectif de faire de la publicité pour l'élimination des mines terrestres. La Semaine canadienne de sensibilisation aux mines antipersonnel (SCSMA) a lieu au printemps (la première semaine de mars, pour commémorer l'anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention d'Ottawa, le 1er mars); durant cette semaine, il y a une activité accrue dans le domaine de la collecte de fonds et de la publicité au sujet du problème des mines terrestres. Les JA jouent souvent un rôle important en organisant des manifestations pour commémorer des dates importantes associées aux mines terrestres. Ainsi, en partenariat avec AMC, ils ont organisé dans tout le Canada une tournée de conférences données par des survivants des mines terrestres et des militants, à l'occasion du cinquième anniversaire de la signature de la Convention d'Ottawa, le 3 décembre 2002.

Parmi les activités organisées par les JA et des bénévoles du PJAAM en 2003-2004, on peut citer des assemblées d'école, des exposés en classe, une simulation de champ de mines à Halifax, un marathon de promenade de chiens à Vancouver, un atelier de deux jours sur la sensibilisation aux mines à Calgary et des interviews à la radio dans tout le pays. En 2003-2004, les JA ont recueilli plus de 8 000 $ pour le programme Canadian Physicians for Aid and Relief (CPAR), qui fournit une aide aux survivants des mines terrestres dans le nord de l'Ouganda. Des enseignants et de futurs enseignants ont été invités à participer à des ateliers sur les mines terrestres à l'Université d'Ottawa et à la journée de réflexion sur l'éducation planétaire du Global Education Network, afin qu'ils incluent la question des mines terrestres dans leur programme d'enseignement. Les JA exerçaient leurs activités dans des grandes villes, mais ils se sont rendus à l'occasion dans les régions rurales de leur province et dans le Nord (Yellowknife) et ils ont participé à des manifestations liées à l'action contre les mines terrestres, aux États-Unis.

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4. Résultats de l'évaluation

4.1 Pertinence du PJAAM

Il faut utiliser un cadre efficace pour évaluer la pertinence d'un programme. Dans le cas du PJAAM, plusieurs cadres pourraient servir à cette évaluation. Toutefois, pour les fins de celle-ci, ce sont les objectifs d'AEC dans le domaine de l'action contre les mines, et plus particulièrement, les objectifs fixés par le Ministère pour le Fonds canadien contre les mines terrestres (FCMT), qui seront utilisés. Ces objectifs sont les suivants :

  • l'universalisation de la Convention d'Ottawa;
  • la mise en oeuvre du déminage, de l'aide aux victimes et les activités connexes dans les pays affectés par les mines;
  • la durabilité, de sorte que l'action contre les mines continue une fois terminé le FCMT.

Le PJAAM ne met l'accent ni sur l'universalisation, ni sur la mise en oeuvre; par conséquent, son incidence dans ces domaines est faible. La question de la durabilité sera abordée dans les pages qui suivent, à savoir que, selon les données, on arrive à la conclusion que les résultats du programme ne sont pas durables, et que si le programme était supprimé, les résultats découlant des efforts de sensibilisation axés sur les jeunes disparaîtraient en grande partie.

Bref, sous sa forme actuelle, le PJAAM n'appuie pas les objectifs d'AEC en matière d'action contre les mines. Il convient de noter que les premiers objectifs du FCMT peuvent avoir englobé l'éducation. Pour cette raison, à un certain moment, les résultats des efforts de sensibilisation du programme peuvent alors avoir été plus directement en accord avec les objectifs d'AEC qu'ils ne le sont actuellement.

4.2 Succès du PJAAM

La deuxième question de l'évaluation est la suivante : dans quelle mesure le PJAAM a-t-il réalisé ses objectifs déclarés? Pour les fins de cette étude, nous utiliserons l'énoncé des objectifs le plus récent (voir le chapitre précédent) pour évaluer le succès. Trois objectifs sont énumérés; toutefois, le premier objectif contient deux volets distincts, l'action et la sensibilisation, et doit donc être plutôt considéré comme deux objectifs.

4.2.1 Sensibilisation communautaire durable

Le premier objectif du PJAAM à être examiné est la sensibilisation communautaire durable. La sensibilisation des Canadiens, plus particulièrement celle des jeunes Canadiens, constitue l'un des deux principaux cas de réussite du PJAAM. En effet, à la fin de 2003-2004, les JA avaient effectué plus de 3 800 exposés, fait l'objet de 942 reportages dans les médias et atteint un auditoire d'environ 310 000 personnes. Au sujet des visites des JA, les enseignants et autres représentants d'organismes qui ont assisté à un exposé d'un JA et qui ont participé à l'enquête ont estimé, de façon générale, que la qualité de l'exposé était excellente et qu'il avait fait une grande impression sur les étudiants ou les membres de l'auditoire. Un enseignant a constaté que l'exposé a rendu très proches les problèmes touchant des régions éloignées et a donné l'impression que le Canada se préoccupe réellement de la question des mines terrestres.

Les membres des organismes hôtes qui ont été interviewés ont été du même avis, presque toutes les personnes interviewées ont en effet parlé de l'excellent travail effectué par les JA en matière d'éducation des jeunes sur les mines terrestres et, par extension, sur les enjeux mondiaux généraux, créant des citoyens du monde dans le cadre de ce processus. Les JA, anciens et actuels, qui ont participé à l'enquête ont aussi souligné ce résultat. De plus, les JA et les employés du programme ont fait remarquer qu'un grand nombre d'exposés faits devant des jeunes avaient des retombées. Ainsi, de nombreux exposés ont amené des associations d'élèves du secondaire à organiser des activités de sensibilisation dans leur collectivité pendant la Semaine canadienne de sensibilisation aux mines antipersonnel. Ces activités ont souvent attiré l'attention des médias, ce qui a élargi la portée du message.

Le thème de la durabilité est omniprésent dans l'étude. Si la durabilité est décrite comme une prolongation indéfinie de l'activité initiale après la fin de celle-ci, les données indiquent que le PJAAM n'atteint pas cet objectif. La majorité des intervenants interviewés ont signalé que le modèle du PJAAM n'a pas réussi à susciter une sensibilisation communautaire durable après la fin du travail du JA. Selon des données non scientifiques, il est arrivé à l'occasion que des enseignants utilisent des documents du PJAAM et intègrent des questions liées aux mines terrestres dans leur programme d'enseignement et que de jeunes bénévoles poursuivent cette action en organisant des activités de sensibilisation. Toutefois, on en a conclu principalement que les exposés des JA étaient essentiellement des manifestations ponctuelles, qui ont inspiré et sensibilisé les membres de l'auditoire, mais qui n'ont mené directement à aucune activité de suivi systématique. Un répondant de l'enquête a déclaré que « l'exposé a eu pour principal résultat de mieux faire comprendre la gravité du problème » , mais que, sans un suivi systématique par le PJAAM, la sensibilisation au problème se limitait plus ou moins aux exposés des JA.

Pratiquement tous les représentants des organismes hôtes interviewés ont indiqué que le JA s'était bien intégré dans leur milieu de travail et s'était avéré une ressource utile pour réaliser certaines des priorités de l'organisme. Certains représentants hôtes ont mentionné la règle des 40-60(23), mais la plupart d'entre eux ont simplement déclaré que les JA s'adaptaient bien et étaient en mesure de réaliser les objectifs du PJAAM et d'aider l'organisme hôte. Les représentants des organismes hôtes ont aussi tenu des propos très favorables à l'égard des activités de sensibilisation organisées par les JA, notamment au sujet des compétences et du professionnalisme dont ceux-ci ont fait généralement preuve pour leurs exposés.

Toutefois, les représentants des organismes hôtes ont aussi été unamines dans leur observation que les JA n'ont pas facilité l'établissement d'une capacité de sensibilisation durable dans la collectivité. Les exposés individuels ont été bien accueillis, mais il n'existe pas de mécanisme officiel pour la continuation des exposés ou l'organisation d'autres activités de sensibilisation après le départ du JA.

Il importe encore plus de mentionner, à propos des organismes hôtes, que les représentants de ceux-ci ne font état essentiellement d'aucune capacité durable en dehors de la présence du JA. Selon les personnes interrogées, une fois que le JA a quitté l'organisme, le niveau de l'action contre les mines est revenu à celui qui existait avant son arrivée (y compris, dans bien des cas, aucune action contre les mines). Cette opinion a été exprimée tant par les représentants d'organismes hôtes n'accueillant plus de JA que par les représentants d'organismes hôtes actuellement dans l'attente du départ de leur JA. Comme l'a mentionné l'un des participants à l'enquête, « il n'y a aucun contact entre les JA qui sont venus dans une même ville des années différentes et le stage ne dure que six ou sept mois. Pour réaliser un projet donnant des résultats durables, il faut cinq ans et, idéalement, le projet doit être supervisé par une même personne pendant cette période. »

Un cas ressort comme exemple d'une approche plus continue. Le bureau de la CRC à Vancouver comporte un poste consacré à l'administration de son programme national d'éducation planétaire. Des JA ont été placés au bureau de la CRC de Vancouver au cours des six dernières années et pour la plupart de ces années, c'est l'employé de la CRC chargé de ce programme qui a supervisé le JA. Cet employé considère chaque JA comme membre de l'équipe de la CRC et assure la continuité d'une année à l'autre. Les JA sont ainsi mis en contact avec des écoles et des bénévoles qui ont une relation continue avec le programme. L'un des JA estimait « créer une masse critique de sensibilisation à Vancouver » . Ce niveau de continuité est cependant en grande partie attribuable à la CRC, plutôt qu'au PJAAM. Le bureau de celui-ci à Ottawa ne tient pas systématiquement de listes de distribution des bénévoles ou des bénéficiaires des exposés, et, encore une fois, cet avantage dépend de la présence continue d'un JA. Par ailleurs, des dispositions n'ont pas officiellement été prises en vue de continuer le travail du JA, une fois que celui-ci est parti.

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4.2.2 Action communautaire durable

Par l'action dans les pays touchés par des mines, on entend le déminage et l'aide aux victimes ainsi que les efforts de promotion en vue d'universaliser la Convention d'Ottawa, c'est-à-dire faire signer la convention par les pays non signataires. L'action dans les pays non affectés par les mines est souvent axée sur des efforts de promotion visant l'universalisation de la Convention d'Ottawa. Bien que les buts et objectifs déclarés du programme ne précisent pas les moyens à employer, au Canada, l'action est habituellement axée sur la promotion et sur les activités de collecte de fonds visant à financer le déminage, l'aide aux victimes et la sensibilisation.

Comme l'ont mentionné les gestionnaires du programme et d'autres intervenants, la collecte de fonds ne constitue pas un objectif ni une activité principale du PJAAM. On signale de petites activités de financement, par exemple les répondants à l'enquête ont cité trois cas où des classes de secondaire ont recueilli plusieurs centaines de dollars dont elles ont fait don au PJAAM, mais ces activités restent d'une portée limitée. L'action principale qui découle des activités du PJAAM est axée sur la sensibilisation. Les données, bien qu'elles n'aient pas de valeur scientifique, donnent à penser que l'action des JA a été à la source de certains efforts de promotion. Ainsi, certains parlementaires ont reçu des renseignements utiles sur le problème des mines terrestres par le biais du programme, on a organisé des campagnes d'envoi de lettres et enfin, on espère qu'à la suite d'une sensibilisation accrue de la collectivité, les citoyens exerceront des pressions sur les décideurs du gouvernement. Toutefois, nous n'avons constaté aucun signe d'action de promotion systématique efficace.

Lorsqu'un répondant a essayé d'expliquer pourquoi il n'y a pas eu de mesures de suivi, il a fait remarquer que « si l'objectif principal du programme n'est pas la sensibilisation, mais plutôt la collecte de fonds ou l'amorce de mouvements d'étudiants, ces objectifs devraient être énoncés expressément par les organisateurs. La collecte de fonds avait été mentionnée pendant la planification de l'activité, mais on n'avait jamais insisté sur cet élément. Son collège aurait participé à un programme de collecte de fonds s'il avait su à l'avance l'importance de cet aspect pour cette cause et si on lui aurait indiqué la destination des fonds recueillis. » De même, « si le programme avait pour autre objectif d'amorcer des mouvements d'étudiants ou la création de clubs, il faudrait fournir plus de soutien quant à la façon de créer un organisme, aux grands organismes auxquels les groupes de campus pourraient s'affilier et aux principaux objectifs que cet organisme devrait avoir. Bref, le PJAAM, pour être en mesure de favoriser l'action, devrait d'abord axer ses objectifs sur celle-ci.

Une action indirecte potentielle pourrait résulter des cas de sensibilisation accrue. Si le message des JA touche un grand nombre de personnes, cette situation augmente la probabilité que des personnes particulièrement impressionnées par le PJAAM s'engagent dans des mesures de suivi. Cependant, il n'existe pas de données systématiques pour vérifier cette hypothèse. Plusieurs intervenants interviewés dans le cadre de l'étude ont exprimé des doutes quant au fait que la sensibilisation des jeunes mène à l'action. Plusieurs JA interrogés ont exprimé un point de vue semblable : leurs exposés ont facilité la sensibilisation de l'auditoire, mais on n'a pas mis l'accent sur l'établissement de « structures durables » qui rendraient l'action plus probable. Un JA a mentionné que « la sensibilisation ponctuelle a une faible incidence; étant donné le grand nombre de questions qui demandent notre attention, la sensibilisation au problème des mines terrestres a besoin d'être appuyée par une action durable. » Plusieurs bénévoles interviewés ont signalé qu'ils exerçaient toujours des activités de sensibilisation au problème des mines terrestres, mais ce témoignage non scientifique ne nous permet pas de tirer des conclusions valables. En effet, le simple fait que les bénévoles aient été difficiles à repérer pour les fins de cette étude donne encore une fois à penser qu'il n'existe pas de mesures systématiques visant à favoriser la durabilité.

4.2.3 Mobilisation des jeunes

Plusieurs répondants estiment que le contact avec le JA, un jeune qui parlait « avec passion des questions liées aux mines terrestres » et qui « s'occupait des dossiers mondiaux » , était stimulant pour les étudiants. Une enseignante a estimé que l'exposé du SA avait fait comprendre « les questions des mines terrestres et de la participation du Canada de façon beaucoup plus claire que si elle l'avait fait elle-même.

Les participants à l'enquête ont mentionné les activités suivantes comme exemples de participation des jeunes, les résultats d'efforts de sensibilisation efficaces :

  • les discussions en classe,
  • la lecture de revues laissées par le JA,
  • les étudiants qui effectuent une étude indépendante sur le problème des mines terrestres et les ONG qui en font la promotion,
  • des groupes d'étudiants qui participent à des activités commémorant la signature de la Convention d'Ottawa,
  • les élèves qui organisent une semaine de sensibilisation aux mines antipersonnel à l'école,
  • les étudiants travaillant pour le PJAAM à titre de bénévole et les deux étudiants effectuant leur stage de programme coopératif au sein de l'organisme,
  • le projet d'une classe consistant en la création artistique d'une courtepointe,
  • dans une classe de littérature du patrimoine africain, création d'une oeuvre d'art inspirée de l'exposé d'un JA.

Cependant, d'un point de vue plus général, la participation des jeunes Canadiens découlant des activités du PJAAM doit être considérée limitée. Comme l'exposé en direct constitue le principal mécanisme de participation, l'incidence de cette activité est restreinte par la taille du programme; en effet, il y a des limites à ce que peuvent faire huit JA. En outre, étant donné que la structure du programme ne comporte pratiquement pas de mesures systématiques pour favoriser l'élargissement des effets ou la durabilité, la participation se résume en grande partie à assister aux exposés des JA.

Parmi les JA, une autre catégorie de jeunes mobilisés par le programme, les retombées sont par contre importantes. Comme l'indique leur cheminement de carrière, la plupart d'entre eux conservent leur intérêt pour les questions de développement international et pour le problème des mines terrestres en particulier. Ce volet du PJAAM est abordé ci-après.

4.2.4 Compétences et expérience

Pour ce qui est de la capacité du PJAAM de permettre aux JA d'acquérir des compétences liées à leur carrière, le niveau de réussite est élevé. Le programme a en effet joué un rôle dans le perfectionnement professionnel de 57 personnes inspirées et compétentes. Les JA ont profité des occasions que leur a fournies le PJAAM pour accroître leurs compétences en matière d'organisation, de relations publiques, de communication orale, de sensibilisation envers les médias, de constitution de réseaux et de collecte de fonds ainsi que pour approfondir leur connaissance du système du gouvernement et des ONG. Il s'agit de compétences qui s'avéreront de précieux atouts au moment de postuler un emploi dans le secteur du développement ou ailleurs.

Les JA que nous avons interviewés étaient presque unanimes à désigner la sensibilisation des jeunes et leur propre perfectionnement professionnel comme les deux principales retombées du PJAAM. Il existe de nombreux exemples d'anciens JA nommés à des postes de développement international ou d'affaires internationales. Les JA estiment que c'est grâce à l'expérience qu'ils ont acquise dans le cadre du programme qu'ils ont pu obtenir ces postes.

4.2.5 Résumé

En somme, le PJAAM a facilité la sensibilisation communautaire. Toutefois, il n'a pas établi de structures qui auraient continué de favoriser la sensibilisation après le départ des JA et qui auraient permis d'obtenir la durabilité. Le programme n'a pas encore catalysé d'une manière systématique ou mesurable l'action communautaire que celle-ci soit durable ou non. Alors qu'on a constaté des mesures isolées, le programme n'a pas donné lieu à une action systématique liée à la promotion ou à la collecte de fonds. Des jeunes ont été mobilisés et davantage sensibilisés à la question des mines terrestres grâce aux exposés des JA, mais le nombre de jeunes touchés a été assez limité. Le PJAAM a fourni à ses JA l'occasion d'acquérir des compétences et de l'expérience qui s'avéreront utiles pour eux dans leur future carrière.

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4.3 Efficacité du PJAAM

Sur le plan de l'efficacité, la question à poser est la suivante : dans quelle mesure le PJAAM fait-il une utilisation efficace des fonds qu'il reçoit pour obtenir les résultats désirés? Le tableau 2 présente une ventilation des dépenses du PJAAM pour plusieurs exercices financiers(24). Les JA reçoivent une allocation mensuelle et bénéficient d'un budget mensuel pour les dépenses liées à leurs activités. Ainsi, en 2003-2004, neuf JA ont reçu une allocation de 1 800 $ par mois. Les organismes hôtes disposent aussi d'un petit budget mensuel qui couvre les dépenses liées aux activités des JA, comme la formation des bénévoles, les frais d'interurbain, les photocopies et les fournitures de bureau (400 $ par mois en 2003-2004).

Tableau nº 2 : Dépenses du PJAAM (en milliers de dollars)
ExerciceAide aux stagiaires et à l'organisme hôteFonctionnement du Bureau nationalDéplacementsFormation et évaluationRessources et matérielProjets spéciauxInitiatives régionales (Conférences pour les jeunes)Dépenses totales
Salaires(25)Frais généraux

25 Les chiffres ont été fournis par le Bureau national du PJAAM.

26 Montants calculés à partir du projet de budget pour la période du 1er avril 2003 au 30 juin 2004 et du quatrième rapport financier d'ILX/D030027.

27 Les données ventilées n'étaient pas disponibles et nous avons calculé les totaux en divisant le chiffre par deux.

28 Données estimées au moyen du rapport final du PJAAM pour la période du 1er avril au 30 juin 2004 et du projet de budget du programme pour l'exercice du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005.

29 Le montant de l'aide du programme (35 685 $) a été inclus ici.

30 Le Symposium international des jeunes sur les mines terrestres a été considéré comme une initiative spéciale.

1999-2000150864839$30221320408
2000-20011661257162463910561675
2001-2002243987039241731S/O523
2002-2003228114607125119S/O518
2003-2004 (26)242147 274(27)47258S/OS/O468
2004-2005(28)1036085(29)4118615(30)S/O329
Total1132558406298168103174812921
Pourcentage391914106463100

Les frais généraux englobent des dépenses comme les communications, le loyer et les assurances. Les frais de déplacement correspondent essentiellement aux dépenses engagées quand les JA se rendent dans un pays affecté par les mines pendant dix jours après leur séance de formation intensive en septembre. Les coûts de formation comprennent la séance de formation de deux semaines à Ottawa ainsi que la séance de formation d'une semaine au milieu du programme offerte aux JA dans leur région respective. Les coûts d'évaluation constituent les frais engagés pendant les visites de surveillance des JA effectuées par le personnel du Bureau national (déplacement, hébergement et autres). Les coûts associés au matériel concernent ce que le Bureau national fournit aux JA dans le cadre de leur travail (y compris les autocollants portant la mention « Danger mines » et ceux du programme, les rapports annuels, les vidéos et le site Web). Les projets spéciaux désignent les initiatives non prévues par le budget mensuel fourni aux organismes hôtes, habituellement des activités comme des conférences régionales.

Comme il est indiqué dans le tableau, la dépense la plus importante est l'aide aux stagiaires et à l'organisme hôte, qui représente 38 p. 100 des dépenses pour la durée du programme. Les salaires du Bureau national et les frais généraux, qui s'élèvent respectivement à 20 p. 100 et à 14 p. 100, constituent les deuxième et troisième dépenses en importance. Ensemble, ces dépenses représentent environ les trois quarts des coûts du programme, le reste des dépenses englobant la formation, les déplacements, le matériel et d'autres articles divers. La question de savoir si les dépenses sont ou non bien équilibrées n'est pas abordée dans cette étude. De même, pour analyser la question de la rentabilité ou du rapport qualité/prix, il faudrait établir une comparaison avec d'autres programmes semblables; cette question est donc difficile à évaluer dans les paramètres de l'étude.

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5. Conclusions et recommandations

5.1 Conclusions

Si on évalue le rendement du PJAAM par rapport à ses objectifs déclarés, on constate que le programme a réussi à sensibiliser au problème des mines terrestres et à mobiliser les jeunes Canadiens, tant les membres des auditoires des exposés que les JA eux-mêmes. Le PJAAM a aussi permis aux JA d'acquérir des compétences et une expérience utiles pour une carrière en développement international et en affaires internationales.

Les données ne permettent pas de conclure à la durabilité. La sensibilisation est facilitée par les activités des JA, mais de façon générale, elle ne se poursuit pas après le départ des JA. Selon les données, le programme ne favorise pas une action systématique, durable ou non, résultant directement des activités des JA.

Le PJAAM a obtenu de bons résultats sur certains plans, mais sous sa forme actuelle, le programme n'a pas été considéré en accord avec les trois objectifs du Fonds canadien contre les mines terrestres : l'universalité, la mise en oeuvre et la durabilité.

5.2 Options relatives au PJAAM

Pour comprendre le mandat et le rôle du PJAAM en matière d'action contre les mines, il est utile d'examiner des organismes qui exercent leurs activités à trois niveaux différents. Au niveau supérieur, ou troisième niveau, les organismes d'universalisation et de mise en oeuvre s'efforcent d'inciter les États non signataires à signer la Convention d'Ottawa ou de participer directement au déminage et à l'aide aux victimes dans les pays affectés par les mines. Pour sa part, AEC axe ses activités sur l'universalisation, qui constitue l'une des priorités absolues de son action contre les mines. Au deuxième niveau, les organismes de collecte de fonds recueillent des capitaux pour réaliser les objectifs de mise en oeuvre. Les organismes de promotion, comme AMC, participent aux activités des institutions publiques afin d'influer sur les politiques. Au premier niveau, les organismes d'éducation sensibilisent la population en vue du soutien de la promotion et de la collecte de fonds. Le PJAAM appartient à cette catégorie. Des donateurs appuient tous ces genres d'organismes. Les niveaux ne s'excluent pas mutuellement; ainsi, le bureau au Canada du Service canadien de déminage international, qui compte deux employés, exerce d'importantes activités de collecte de fonds. Les organismes de niveaux différents collaborent souvent pour appuyer les activités des uns et des autres. Comme il est indiqué ci-après, l'éducation et la sensibilisation se situent au début du processus qui, en influant sur l'attitude et l'action sous la forme de travail bénévole ou de don argent aboutit finalement à des résultats en matière d'action contre les mines. Les organismes axés sur la sensibilisation, comme le PJAAM, doivent envisager la possibilité que leurs efforts n'influeront pas sur les attitudes ou que, s'ils influencent celles-ci, cet effet ne mènera pas à l'action. Compte tenu de son objectif limité en matière de sensibilisation et l'absence de possibilités d'action directe, le modèle actuel du PJAAM risque de n'avoir à présenter que très peu de résultats menant à des progrès concrets en matière d'action contre les mines qui découleraient de ses efforts.

Modèle actuel du PJAAM

Le PJAAM peut être classé parmi les nombreux organismes d'action contre les mines au Canada. De ce point de vue, le PJAAM est un programme d'éducation qui se trouve être axé sur la sensibilisation des jeunes. Toutefois, il peut aussi être considéré comme un programme de stages où les participants s'occupent d'éduquer les jeunes au sujet du problème des mines terrestres. En fait, à diverses reprises, les répondants de l'enquête ont décrit le PJAAM de ces deux façons.

L'avenir du PJAAM pourrait emprunter diverses voies. Avant d'entreprendre le processus d'analyse et de planification nécessaire pour établir l'orientation du programme, il serait utile d'examiner la nature du programme en fonction des modèles définis précédemment. Les options pour définir la vocation essentielle du programme se résument essentiellement aux deux grandes possibilités suivantes :

  • Un organisme d'action contre les mines. Si le PJAAM choisit de conserver sa vocation essentielle d'action contre les mines, une possibilité consisterait à mettre à contribution dans un partenariat officiel avec des organismes de collecte de fonds, de promotion, d'universalisation ou de mise en oeuvre son expérience en matière de sensibilisation et de mobilisation des jeunes, domaines dans lesquels il se spécialiserait.
  • Un organisme qui offre des stages et qui comporte un volet d'éducation des jeunes. Si le PJAAM se voit principalement comme un programme de stages, une seconde possibilité consisterait à élargir son expérience en éducation des jeunes et en action contre les mines terrestres à l'éventail des stages actuels offerts aux jeunes Canadiens. Le programme aurait pour spécialisation l'éducation des jeunes par les jeunes. Le point de départ logique de la matière traitée serait la question des mines terrestres, mais le programme pourrait facilement être élargi à d'autres questions connexes comme le droit humanitaire international, les droits de la personne, le VIH/sida, la sécurité alimentaire, l'eau, l'éducation, la consolidation de la paix et le désarmement. Le programme aurait pour principal objectif le perfectionnement professionnel des « éducateurs » (stagiaires). La sensibilisation pourrait constituer un objectif secondaire, mais comme il est mentionné dans l'évaluation, il serait peut-être avantageux de lier la sensibilisation à l'action. Les donateurs potentiels, dans ce scénario, pourraient inclure les programmes d'emploi pour les jeunes aux niveaux national et provincial et les personnes que les sujets abordés intéressent.

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5.3 Options relatives au PALEJ

Un nouveau programme intitulé « Programme d'action, de leadership et d'éducation pour les jeunes » (PALEJ) a été lancé en janvier 2004 et il est géré par le bureau d'AMC de concert avec le PJAAM. Le PALEJ met l'accent sur la dimension internationale de la sensibilisation au problème des mines en s'intéressant aux régions affectées par les mines qui n'ont pas ratifié la Convention d'Ottawa ou adhéré à cette convention et a pour objectif de « renforcer la capacité locale d'action contre les mines dans ces régions(31) » afin de réaliser l'universalisation. En 2004-2005, année de mise à l'essai du PALEJ, la Communauté des États indépendants (CEI) et l'Asie du Sud-Est ont été définies comme deux de ces régions. Le programme vise à fournir « la formation, la capacité et les liens vers des réseaux régionaux et internationaux aux jeunes qui vivent dans des pays affectés par les mines dans les régions de la CEI et de l'Asie du Sud-Est.

Le PALEJ comporte six éléments de base :

  • les symposiums internationaux des jeunes organisés conjointement avec les assemblées annuelles des États parties,
  • les ateliers régionaux de renforcement des capacités pour les campagnes à l'étranger sur la manière de mobiliser les jeunes dans l'action contre les mines;
  • les colloques régionaux pour les jeunes visant le renforcement des capacités
  • le programme de petites subventions pour les campagnes à l'étranger participant aux ateliers régionaux de renforcement des capacités;
  • la création d'un manuel de référence ayant comme thème l'action contre les mines et les jeunes
  • le Programme international de jeunes professionnels pour l'action contre les mines (PIJPAM) : un programme de stages internationaux pour les jeunes Canadiens.

Le PALEJ vient d'être lancé. Il est donc trop tôt pour en évaluer les réalisations. Plus tard, il faudra porter attention aux enseignements tirés de l'évaluation du programme. Plus particulièrement, le PALEJ devra être organisé de manière à créer et à entretenir des relations étroites entre la sensibilisation et l'action et il devra créer de la durabilité en renforçant les capacités.

Le mandat prévoyait l'examen des synergies entre le PJAAM et le PALEJ. Compte tenu des résultats au sujet de la durabilité et de la pertinence du PJAAM, il est suggéré que le PALEJ tire des enseignements des réalisations du PJAAM dans les domaines de la sensibilisation et du perfectionnement des compétences. Quant à « l'action durable » , les gestionnaires du PALEJ pourraient, le cas échéant, étudier certaines des conclusions et recommandations de l'étude. AEC pourrait examiner, lors de l'examen des propositions futures du PALEJ, la conformité à ses trois objectifs en matière d'action contre les mines, pour veiller à ce que les buts du programme contribuent à l'obtention de résultats concrets dans les domaines de l'universalisation, de la mise en oeuvre et de la durabilité.

5.4 Recommandations

Les données et l'analyse appuient les deux recommandations suivantes :

  1. qu'AEC fasse de l'exercice 2004-2005 la dernière année de financement du PJAAM sous sa forme actuelle, ce qui n'empêche pas d'appuyer dans l'avenir un PJAAM restructuré et réorienté, si on considère qu'un tel organisme peut potentiellement servir de façon rentable les objectifs d'AEC en matière d'action contre les mines;
  2. que le PJAAM redéfinisse ou clarifie son mandat et sa vocation et lie son futur modèle opérationnel axé sur les revenus à une nouvelle vision stratégique qui attirera le soutien de donateurs.

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5.5 Réponse de la gestion

La division du Programme des jeunes ambassadeurs pour l'action contre les mines (PJAAM) est d'accord avec les conclusions et les recommandations du rapport d'évaluation. Action Mines Canada (AMC) a également pris en considération les recommandations du rapport en intégrant, pour la première fois, tous ses programmes jeunesses dans une seule demande de financement pour le présent exercice. Cette initiative jeunesse générale a été restructurée et simplifiée pour la rendre plus efficace, effective et pour répondre aux priorités conjointes.

L'évaluation et la participation de son auteur à la journée de réflexion spéciale organisée l'année dernière on fait oeuvre utile à la proposition d'AMC. Le Comité directeur du PJAAM a été démantelé le 22 avril 2005 en reconnaissances des changements prévus par AMC sur les questions touchant les jeunes.

Le Comité d'examen des projets a approuvé la demande d'AMC le 20 mai 2005, moyennant la clarification de certain points, mettant ainsi fin au modèle actuel du PJAAM, tout en veillant à ce que les jeunes continuent de jouer un rôle important et réel à l'échelle internationale en prônant l'adhésion universelle à la Convention d'Ottawa et son application efficace et durable.

AMC s'emploie actuellement à diversifier sa base de financement et a récemment adopté un nouveau plan de développement organisationnel, en partie pour mettre en oeuvre les recommandations du présent rapport.

Même si l'évaluation a conclu que le PJAAM n'était pas en mesure de contribuer directement aux trois principaux objectifs du Fonds canadien contre les mines terrestres (soit l'universalisation, la mise en oeuvre et la durabilité de la Convention d'Ottawa), elle a reconnue que le PJAAM avait réussi à inciter les jeunes canadiens à sensibiliser le public canadien à la question des mines terrestres dans le monde et qu'il avait donné aux jeunes ambassadeurs de précieuses habiletés et expériences.


1 En 2003, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) a été scindé en deux ministères : Affaires étrangères Canada (AEC) et Commerce international Canada (CICan). Pour des raisons de commodité, le ministère sera désigné sous le nom d'Affaires étrangères Canada (AEC) dans le présent rapport.

2 Annual Report, PJAAM, 1998-1999.

3 Program Evaluation of the Youth Mine Action Ambassador Program (YMAAP), Terms of Reference, 4 novembre 2004.

4 Adapté du rapport Program Evaluation of the Youth Mine Action Ambassador Program (YMAAP), Terms of Reference, 4 novembre 2004.

5 Annual Report, PJAAM, 1998-1999.

6 Annual Report, PJAAM, 2003-2004.

7 Programme Evaluation of the Youth Mine Action Ambassador Program (YMAAP), Terms of Reference, 4 novembre 2004.

8 Dans la proposition de 2003, on a ajouté l'objectif de « fournir aux jeunes Canadiens des possibilités de carrière ».

9 Youth Mine Action Ambassador Program (YMAAP): A Proposal from Mines Action Canada submitted to Department of Foreign Affairs Mine Action Team, mai 2004.

21 Programme de stages internationaux pour les jeunes, PSIJ, d'AEC http://www.infoentrepreneurs.org/français/display.cfm?code=2067&coll=FEFEDSBISF, consulté le 27 janvier 2005.

22 Voir à titre d'exemple le rapport annuel du PJAAM, 2000-2001, p. 17.

23 À un certain moment, il était stipulé dans les ententes entre le PJAAM et les organismes hôtes que 60 p. 100 du temps des JA devait être consacré aux activités du programme et que les 40 p. 100 restants devaient être affectés à l'exécution d'activités de l'organisme hôte sous la direction du superviseur de celui-ci.

24 Des données détaillées n'étaient pas disponibles pour l'exercice 1998-1999.

31 Les définitions des objectifs figurent toutes dans la proposition du Programme d'action, de leadership et d'éducation pour les jeunes, présentée par Action Mines Canada, en septembre 2003.

Bureau de l'inspecteur général

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Date de modification :
2012-09-25