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Évaluation des programmes de relations académiques internationales

(juillet 2005)

Table des matières

Sommaire

Ces dix dernières années, le troisième pilier, qui met l'accent sur le rayonnement des valeurs et de la culture canadiennes, a été à l'origine de plusieurs programmes mis de l'avant par Affaires étrangères Canada (AÉC). Aujourd'hui, ces programmes sont intégrés à un nouveau secteur d'activité du Ministère, à savoir la diplomatie publique.

Le présent rapport présente les résultats de l'évaluation des programmes en études canadiennes et des programmes canadiens de bourses d'études de la Direction des relations académiques internationales (ACE). Cette évaluation, dirigée par Universalia Management Group, avait pour but d'évaluer l'efficacité de ces programmes sur le plan des objectifs programmatiques et des liens établis avec les objectifs plus prioritaires de la politique étrangère du Canada, leur niveau d'efficience et leur pertinence pour les parties intéressées. L'évaluation a mis l'accent sur la programmation réalisée de 2000 à 2005. Les entrevues, revues de documents, sondages et visites sur les lieux aux fins d'étude (Allemagne, France et Brésil) ont eu lieu entre novembre 2004 et mars 2005. Le moment de l'évaluation a coïncidé avec une période de transformation aux AÉC découlant de la scission de l'ancien ministère en AÉC et Commerce international Canada ainsi que du nouvel Énoncé de politique internationale.

Les programmes en études canadiennes visent à améliorer les connaissances et la compréhension auprès des universitaires et d'autres groupes d'influence à l'étranger au sujet du Canada. Ces programmes fournissent aux universitaires un appui à l'enseignement, à la recherche et à l'édition de publications sur le Canada dans différentes disciplines. Pour leur part, les programmes de bourses d'études offrent des bourses à des étudiants étrangers de haut niveau académique qui souhaitent étudier au Canada et qui comptent retourner dans leur pays respectif avec des compétences et un savoir acquis dans des établissements canadiens d'études supérieures.

Principales observations

Liens avec les intérêts canadiens et les objectifs de la politique étrangère

Il existe un lien logique entre les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études d'une part, et le désir exprimé par le Canada de communiquer au monde ses intérêts particuliers en matière de politique étrangère. Dans l'ensemble, l'étude confirme la pertinence et le bien-fondé permanent de ces programmes. Les réseaux d'établissements et les anciens boursiers constituent un moteur de la défense des intérêts canadiens et ont une influence potentielle sur les « guides d'opinion » de tous les domaines, ce qui en fait des instruments cruciaux de la diplomatie publique.

Ces programmes ne profitent pas seulement à une clientèle étrangère mais également à des établissements et des étudiants canadiens. Les établissements canadiens d'enseignement supérieur ont amélioré leur visibilité auprès des étudiants étrangers grâce à ces programmes. Qui plus est, ces programmes ont favorisé la mobilité des étudiants canadiens grâce aux possibilités d'échanges qui les aident à acquérir une perspective mondiale sur les questions à l'ordre du jour et à tisser des réseaux avec les décideurs de demain.

Malgré le succès obtenu avec les programmes des études canadiennes, la capacité et les ressources quelque peu limitées pourraient en amoindrir les retombées et la pertinence à long terme. L'étude a prouvé que les contraintes de ressources dans les missions ont forcé certains à se reposer en grande partie sur le Fonds pour les initiatives de diplomatie ouverte (qui devait disparaître progressivement en mars 2005) pour leurs activités liées aux études canadiennes. La grosseur des effectifs est également un facteur qui limite la capacité de ces programmes.

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Efficacité du programme

Dans plus de 50 pays, dont ceux du Groupe des 8 plus 5, les canadianistes proposent une panoplie de programmes et de services pertinents à l'appui des objectifs de la politique étrangère du Canada. Bien que les résultats et les retombées du programme varient par l'étape de développement des études canadiennes dans un pays en particulier, bon nombre de personnes sont directement et indirectement influencées par l'information et les idées véhiculées sur le Canada qui font l'objet de discussion au sein des associations d'études canadiennes ou dans les articles publiés dans Le canadianiste international, publication qui rejoint 6 900 lecteurs.

Les programmes des bourses sont également jugés efficaces. Les données d'enquête recueillies auprès de titulaires de bourse indiquent que les programmes ont été utiles et que les récipiendaires ont été satisfaits dans l'ensemble. Grâce aux compétences et aux connaissances acquises en tant que récipiendaires de ces bourses, ils ont pu non seulement partager ces compétences avec leurs compatriotes, mais aussi conscientiser les gens autour d'eux, dans leur pays respectif, du haut niveau d'enseignement dispensé dans les universités canadiennes.

Résultats et retombées pour les clientèles étrangère et canadienne

La crédibilité du programme est soulignée par le fait que des canadianistes de renom ainsi que leurs étudiants ont reçu des prix prestigieux. Non seulement les canadianistes ont-ils publié de nombreux articles dans des journaux de grande réputation, mais ils sont connus pour avoir conseillé les principaux décideurs et les politiciens sur les enjeux internationaux. Les données recueillies indiquent clairement que les établissements de haut niveau dans le monde se montrent de plus en plus intéressés à étudier et à faire de la recherche au Canada. Comme les canadianistes sont cités dans les organes d'information, la société civile est exposée à l'analyse avertie et indépendante qu'ils font des principaux enjeux.

En dépit de l'importance du rôle que jouent les canadianistes et les anciens boursiers dans la mise en valeur des objectifs de la politique étrangère du Canada à l'étranger, le plein potentiel stratégique de ce réseau et des Canadiens qui ont soit étudié, soit travaillé à l'étranger n'a pas encore été pleinement exploité. Bien que cela soit en partie dû à un manque de ressources, une meilleure appréciation de la valeur stratégique et une analyse plus approfondie de la façon dont ce réseau élargi peut contribuer davantage à la promotion des objectifs de la politique étrangère du Canada est nécessaire. Le défi auquel est actuellement confronté le programme est de savoir comment traduire les intérêts et les résultats en influence.

Efficience du programme

Ces programmes de l'ACE fonctionnent dans un milieu complexe d'intervenants qui emploient un style de gestion axé sur la coopération et le bon vouloir. Les programmes en études canadiennes et les programmes canadiens de bourses d'études sont bien gérés sur le plan des opérations, les deux optimisant les ressources afin d'en améliorer l'efficacité et l'efficience. L'étude a permis de dégager sept champs de pratiques exemplaires, à savoir la transparence des méthodes appliquées, le choix systématique des procédures, les procédures d'évaluation par les pairs, le niveau de satisfaction des bénéficiaires, l'utilisation de technologies de l'information dans la gestion de programmes, les liens faits avec les stratégies des missions, et la diffusion auprès des canadianistes au moyen de documents imprimés et électroniques. Les entrevues avec les chefs de mission, le personnel canadien de mission et le personnel recruté localement révèlent entre autres que malgré le cadre complexe dans lequel ils évoluent, leurs relations ont été productives et se sont déroulées dans le respect et la collaboration, surtout si l'on tient compte des ressources limitées.

Les missions canadiennes à l'étranger jouent un rôle crucial dans la gestion de ces deux programmes. La disponibilité des ressources financières et la capacité du personnel d'assurer la prestation et de se servir des programmes en études canadiennes et des programmes de bourses d'études varient grandement d'un pays à l'autre. En raison des limites humaines et financières qui touchent une partie des missions, il est essentiel de porter attention aux problèmes d'efficience, d'utilisation et d'orientation lors de la mise sur pied de programmes dans les missions.

Bien que le modèle de gestion de l'ACE soit efficace, certains points pourraient être améliorés. Le manque de clarté et le mauvais ciblage ont été cités comme des facteurs pouvant limiter l'efficacité du programme. Au moment de cette étude, la gestion axée sur les résultats en était encore au stade préliminaire, peu de ressources étant affectées à la mise en oeuvre du Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR).

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Survol des recommandations

Les recommandations qui suivent, tirées des conclusions du rapport, sont adressées à la direction d'ACE.

  • La direction d'ACE devra élaborer un cadre stratégique qui établit clairement le lien entre son travail et AÉC.

Un cadre stratégique mieux ciblé fera en sorte que les programmes d'ACE soient harmonisés afin de favoriser les nouveaux objectifs d'AÉC. Par exemple, les programmes en études canadiennes doivent continuer à adapter et à harmoniser leurs attentes en fonction des commentaires reçus des personnes sur le terrain. Qui plus est, en prévision des limites de ressources, les programmes devront définir des attentes mieux ciblées et des résultats plus précis selon le stade d'élaboration du programme dans un pays donné, de même que les objectifs de la politique étrangère du Canada pour ce pays.

Les programmes de bourses d'études devront être plus sélectifs quant à leur public cible qu'ils ne le sont actuellement, et il est crucial de garder le contact avec les anciens boursiers et de faire valoir des objectifs particuliers de politique étrangère par leur entremise.

  • La direction d'ACE devra mettre au point une stratégie de communication qui servira à son travail.

Les communications externes apportent un appui crucial au travail d'ACE et pourtant, la direction ne s'est pas encore dotée d'une stratégie de communication exhaustive. Il importe de communiquer aux Canadiens - tant au pays qu'à l'étranger - la pertinence, le rôle et la valeur des programmes d'ACE-AÉC pour l'atteinte des objectifs de la politique étrangère du Canada. Une stratégie de communication cohérente devrait encourager les Canadiens à prendre part aux échanges, aux projets et aux programmes internationaux.

  • La direction d'ACE doit davantage intégrer et harmoniser aux objectifs de la politique étrangère du Canada les réseaux actuels et futurs formés de Canadiens, de canadianistes et d'anciens boursiers.

La force du nombre est un fait, et plus il y aura de personnes rattachées à ACE et qui défendront les intérêts du Canada sur l'échiquier mondial, mieux les objectifs de la politique étrangère du Canada seront atteints. Il importe de mettre en place des mécanismes plus efficaces et d'élaborer des stratégies mieux ciblées afin de pleinement mettre à contribution les boursiers dans les missions et d'optimiser l'utilisation des activités bilatérales et multilatérales, et d'élargir le réseau actuel de canadianistes actifs dans le monde.

  • La direction d'ACE devra travailler en étroite collaboration avec les gestionnaires d'AÉC pour développer une méthode permettant de mieux intégrer à leur travail les Canadiens possédant une expérience internationale.

Les Canadiens ayant acquis une expérience internationale et qui sont en lien avec les programmes de l'ACE constituent des ressources importantes, en grande partie non exploitées. Le nouveau visage de la diplomatie publique demande que tous les Canadiens se perçoivent comme des diplomates.

  • La haute direction de l'ACE devra déterminer la quantité minimale de ressources nécessaire pour appuyer le travail relatif aux programmes dans les missions des différents pays, et cesser d'appuyer les pays où ces ressources ne sont pas présentes.

Les pays où AÉC exerce ses activités sont parvenus à différents degrés d'avancement. Les priorités stratégiques de AÉC doivent être en rapport avec le niveau de ressources humaines et financières pour donner les résultats appropriés. Les résultats du travail de l'ACE seront améliorés par l'intégration des priorités, du degré d'avancement et du financement dans un plan axé sur les résultats.

  • La direction de l'ACE doit davantage se concentrer sur la mise en oeuvre du CGRR.

La gestion axée sur les résultats est un enjeu important pour le gouvernement fédéral, et cette approche doit être intégrée aux activités et aux procédures de l'ACE. En partie, le financement est insuffisant pour inciter les personnes de tous les niveaux à utiliser davantage le CGRR. Des directives et outils conviviaux doivent être mis au point pour encourager chacun à s'en servir dans les missions et pour les programmes.

  • La haute direction de l'ACE-AÉC doit assurer un plus grand leadership dans la coordination des activités associées aux programmes « d'apprentissage » à l'échelle internationale.

L'approche empruntée par le Canada en matière d'éducation est assez unique en raison de la séparation des compétences fédérales et provinciales. Néanmoins, l'ampleur des besoins d'apprentissage partout dans le monde nécessite une approche mieux coordonnée de l'éducation et de l'apprentissage au Canada. Les personnes interrogées ont suggéré que le gouvernement fédéral participe davantage au programme d'apprentissage international du Canada, grâce à la supervision horizontale de ce programme assurée par l'ACE-AÉC. Il existe, par exemple, des occasions de partenariat évidentes et une nécessité pour l'ACE-AÉC de jouer un rôle de chef de file pour des projets internationaux intéressant RHDCC, l'ACDI, Patrimoine Canada ainsi que le nouveau Conseil canadien sur l'apprentissage, pour ne nommer que ceux-là.

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Acronymes

AC
- Administration centrale
ACDI
- Agence canadiennes de développement international
ACE
- Direction des relations académiques internationales
ACSUS
- Association for Canadian Studies in the United States
ADÉ
- Aide au développement étranger
AÉC
- Affaires étrangères Canada
AINC
- Affaires indiennes et du Nord Canada
BCALC
- Bourses Canada-Amérique latine et Caraïbes en études canadiennes
BCAP
- Bourses Canada-Asie-Pacifique en études canadiennes
BCS
- Programme de bourses et de complément de spécialisation
BGC
- Bourses du gouvernement du Canada
BREC
- Programme de Bourse de recherche en études canadiennes
BRI
- Bourses de recherche institutionnelle
BVC
- Bibliothèque virtuelle sur le Canada
CECO
- Centre d'études canadiennes de l'université Mohammed 1er
CGRR
- Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats
CIEC
- Conseil international d'études canadiennes
CT
- Conseil du Trésor
DPA
- Département de philologie anglaise
EILEC
- Exposition itinérante de livres en études canadiennes
GDC
- Gouvernement du Canada
GKS
- Gesellschaft fur Kanada-Studien
GR
- Gestion fondée (ou axée) sur les résultats
ICUF
- Ireland Canada University Foundation
OÉA
- Organisation des États américains
PADEC
- Programme d'aide au développement des études canadiennes
PARRI
- Programme d'aide aux réseaux de recherche internationaux
PBCC
- Programme des bourses du Commonwealth du Canada
PEPC
- Programme d'échange de personnalités culturelles en études canadiennes
PSB
- Programme de soutien aux bibliothèques
R.-U.
- Royaume-Uni
REEC
- Réseau européen d'études canadiennes
RHDCC
- Ressources humaines et Développement des compétences Canada
RNCan
- Ressources naturelles Canada
RTGV
- Recueil de textes géographiques virtuels
S.E.
- Son Excellence
UNAM
- Universidad nacional autónoma de Mexico (Université nationale du Mexique)

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1. Présentation et raison d'être de l'évaluation

Le document Le Canada dans le monde paru en 1995 proposait une politique étrangère pour le Canada fondée sur trois piliers : la promotion de la prospérité et de l'emploi, la protection de notre sécurité dans un contexte mondial stable, et le rayonnement des valeurs et de la culture canadiennes. Énumérant les valeurs canadiennes, ce document mentionnait les droits de la personne, la démocratie, la primauté du droit et l'environnement. Il affirmait également que la vitalité de notre culture était essentielle à notre réussite économique.

Comme composantes du troisième pilier, celui du rayonnement des valeurs et de la culture canadiennes, Affaires étrangères Canada (AÉC) a mis sur pied des programmes axés sur les relations académiques internationales, les arts, la diplomatie publique et les relations Canada-France. Bien que chacun de ces quatre secteurs de programmes soit caractérisé par ses propres objectifs, stratégies et groupes cibles, tous ont pour but de renforcer ce pilier. Les programmes sont également à différents stades de leur développement. Deux d'entre eux, le Programme Canada-France et le Programme de diplomatie publique, se termineront à la fin de l'année financière. Le Programme des relations académiques internationales et le Programme de promotion des arts se poursuivront, mais chercheront des façons d'améliorer leur rendement dans un contexte de compressions budgétaires et d'examen continu de la politique du Canada à l'étranger.

Le présent rapport porte sur l'évaluation de deux de ces types de programmes - les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études. La Direction des relations académiques internationales d'Affaires étrangères Canada (ACE-AÉC) administre ces programmes.

Notons que la récente scission de l'ancien ministère des Affaires étrangères et du Commerce international en deux ministères distincts, Affaires étrangères Canada et Commerce international Canada, a eu des répercussions particulières eu égard aux objectifs de certains programmes. Par exemple, le Programme de promotion des arts n'est plus chargé de percer de nouveaux marchés pour les artistes canadiens, et le Programme des relations académiques internationales n'est plus responsable de la composante de promotion des études.

Cette évaluation externe avait deux objectifs :

  1. examiner chacun des quatre programmes séparément (Arts, Relations académiques, Diplomatie publique et Canada-France), pour évaluer dans quelle mesure chacun d'entre eux satisfait (ou a satisfait) ses propres objectifs et fait le lien avec des objectifs prioritaires, a été mis en oeuvre de manière efficiente et est pertinent aux yeux des parties intéressées;
  2. examiner les programmes de façon générale, pour analyser s'ils constituent ou non le moyen approprié et s'ils contribuent réellement au troisième pilier incontournable de la politique étrangère du Canada.

1.1 Études canadiennes

Les programmes des études canadiennes sont des programmes qui visent la promotion du rayonnement des valeurs et de la culture canadiennes. Le site Web des Études canadiennes décrit l'objectif et la raison d'être de ces programmes ainsi : « Les programmes en études canadiennes visent à favoriser une meilleure connaissance et une plus grande compréhension du Canada auprès des universitaires et d'autres groupes d'influence à l'étranger. Des programmes d'aide pour l'enseignement, la recherche et la publication sur le Canada dans diverses disciplines sont aussi disponibles. »

Il existe présentement 24 associations d'études canadiennes nationales et internationales de par le monde. Il y a des programmes d'études canadiennes dans les territoires suivants : « Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Corée du Sud, Cuba, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Inde, Irlande, Israël, Italie, Japon, Maroc, Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan, Paraguay, Pays Baltes, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Sénégal, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Taïwan, Ukraine, Uruguay, Venezuela et Yougoslavie. »

Comme l'illustre ce rapport, l'importance des programmes d'études canadiennes varie beaucoup d'un établissement à l'autre. Un vaste éventail de sujets sont abordés, y compris des questions touchant « les relations bilatérales et multilatérales du Canada, la littérature canadienne-anglaise et canadienne-française, la culture et les arts, l'histoire, les sciences sociales et politiques, la géographie, l'administration, le système politique canadien, l'économie, la situation des femmes, les questions autochtones, le multiculturalisme, les valeurs sociales; l'environnement, le droit, les médias d'information, et même le développement régional. » Outre les universitaires, les associations d'études canadiennes comptent également des gens d'affaires, des enseignants du secondaire, des administrateurs, des journalistes, des hommes et des femmes politiques, des hauts-fonctionnaires et d'autres professionnels intéressés par ces questions.

La toute première Association d'études canadiennes à l'étranger a été fondée aux États-Unis en 1971. En 1975, une autre association était constituée en Grande-Bretagne, suivie par une autre en France, à peine un an plus tard. À partir de 1979, en fait, des associations d'études canadiennes ont été créées presque chaque année en Europe, en Asie et en Amérique latine. En mai 1981, Halifax a organisé une conférence internationale réunissant 25 délégués venant des dix pays suivants : Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, France, Irlande, Italie, Japon, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni. Un des résultats importants de la conférence fut la création du Conseil international d'études canadiennes (CIEC). Le financement actuel des programmes en études canadiennes représente environ 5 millions de dollars.

ACE-AÉC soutient un grand nombre de programmes. Le site Web des Études canadiennes décrit les programmes suivants, qui reçoivent l'aide de l'ACE-AÉC pour favoriser le développement des études canadiennes dans les pays participants de par le monde. Ces programmes aident des personnes, des groupes et des associations à mettre sur pied des cours, à faire des acquisitions pour leurs bibliothèques, à réaliser de la recherche, des échanges universitaires ainsi que la publication de documents connexes en formats électroniques et imprimés.

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1.2 Programmes de bourses d'études

Les bourses d'études sont un deuxième programme destiné à favoriser l'atteinte des objectifs de la politique étrangère du Canada. ACE-AÉC appuie plusieurs programmes de bourses qui sont détaillés sur le site Internet suivant :

Le Programme des bourses du Commonwealth du Canada permet à des étudiants d'autres pays du Commonwealth de poursuivre des études avancées au Canada. Ce programme s'adresse aux hommes et aux femmes de haut niveau académique qui sont susceptibles d'apporter une importante contribution à leur pays respectif après leurs études au Canada.

Le programme de Bourses du gouvernement du Canada est conçu pour permettre à des étudiants étrangers de haut niveau académique d'entreprendre des études supérieures ou des recherches dans des institutions canadiennes. Le sujet proposé doit présenter un contenu canadien substantiel. Sont admissibles les candidats des pays suivants : Allemagne, Brésil, Chili, Colombie, Corée, Cuba, France, Italie, Japon, Mexique, Philippines et Russie.

Le Programme de bourses de l'Organisation des États américains (OÉA) est admissible aux citoyens des pays membres de l'OÉA pour des études ou de la recherche au Canada. Les pays où peuvent être offertes ces bourses comprennent tout pays membre de l'OÉA.

Le Programme Fulbright Canada-États-Unis est un programme binational des gouvernements du Canada et des États-Unis appuyé par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada et par le Département d'État des États-Unis. Le Programme Fulbright Canada-États-Unis vise à accroître la compréhension entre le Canada et les États-Unis en accordant des bourses aux meilleurs étudiants des cycles supérieurs, aux professeurs, aux professionnels et aux chercheurs indépendants canadiens et américains, afin que ceux-ci puissent mener des recherches, étudier ou enseigner dans le pays voisin.

Une description complète de chaque programme indiquant les détails de l'admissibilité, de la procédure de demande et les échéances peut être trouvée sur leur site Web.

1.3 Méthodologie de cette étude

Huit questions d'évaluation ont été retenues pour tous les programmes à l'examen :

  1. Dans quelle mesure le programme à l'étude a-t-il un lien avec les objectifs généraux de la politique étrangère et internationale du Canada?
  2. La conception du programme et ses activités associées sont-ils adéquats pour permettre au programme de réaliser ses objectifs établis et les objectifs de son bureau ou de son service?
  3. Quelles répercussions le programme a-t-il eu sur les clientèles étrangères?
  4. Le programme a-t-il réussi à rejoindre son public cible?
  5. Ce programme a-t-il eu des résultats ou des effets inattendus?
  6. Quelles sont les meilleures pratiques, du point de la gestion et du point de vue du programme?
  7. Les bénéficiaires du financement représentent-ils le meilleur moyen de réaliser les objectifs du programme?
  8. Dans quelle mesure le programme a-t-il répondu aux attentes d'AÉC et de ses partenaires?

De plus, chacun des secteurs de programme a indiqué des questions particulières qu'il voulait voir traitées dans l'étude. Pour l'ACE, ces questions sont :

  1. Dans quelle mesure ce programme a-t-il encouragé l'étude du Canada dans les établissements d'enseignement supérieur à l'étranger?
  2. Jusqu'à quel point les modalités d'attribution des bourses sont-elles appropriées au mandat du programme? Existe-t-il un équilibre approprié entre la reddition de comptes au public et la flexibilité, qui est nécessaire pour l'attribution de bourses stratégique?
  3. Dans quelle mesure la stratégie de mesure des résultats est-elle adéquate (reflétant un équilibre entre les résultats immédiats et ceux à atteindre dans 10 à 15 ans)? Comment cela peut-il être amélioré?
  4. Au sujet des programmes de bourses : Est-ce qu'ils sont administrés efficacement, de façon à assurer l'entière responsabilisation, la meilleure optimisation des ressources et la conformité aux directives du Conseil du Trésor en matière de subventions et de contributions? S'ils sont conformes aux premiers critères mais pas au dernier, quels changements pourraient être apportés pour les rendre conformes, et quels seraient les risques, les coûts et les avantages de tels changements? Comment d'autres organismes (c.-à-d. l'ACDI) et un certain nombre d'autres pays pourraient-ils gérer de tels changements?

Afin de se pencher sur ces questions, l'équipe d'évaluation a systématiquement interrogé les parties intéressées, lu des documents, employé un questionnaire de sondage auquel six missions ont répondu, et a effectué trois visites sur les lieux en France, en Allemagne et au Brésil. Les données ont été analysées par thèmes et triangulées afin que l'on puisse extrapoler à partir des principales constatations de l'étude.

1.4 Le rapport

Ce rapport est composé de trois parties sur le fond et d'une conclusion. La 2e partie étudie la pertinence des programmes de l'ACE à l'étude. La 3e partie examine l'efficacité de ces programmes. Enfin, la 4e partie analyse le rendement de ces programmes. La conclusion, à savoir la 5e partie, résume le rapport et revient sur les principales recommandations.

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2. Bien-fondé et pertinence des programmes d'études canadiennes et des programmes canadiens de bourses d'études

2.1 Introduction

De nos jours, on ne demande pas seulement aux gestionnaires de bien faire les choses, mais on leur demande aussi de faire les bonnes choses. La pertinence ou le bien-fondé du programme revoit la logique des programmes. Y a-t-il un lien concret entre le programme (rendement et résultats) et les objectifs prioritaires vers lesquels il tend? La section suivante passe en revue la logique du programme en explorant les liens entre les deux programmes et divers intérêts canadiens.

2.2 Liens avec les intérêts du Canada et les objectifs de la politique étrangère

Conclusion 1 : Les valeurs et la culture canadiennes se projettent dans les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études. Des dizaines de milliers de personnes à l'étranger sont positivement touchées par ces programmes et s'instruisent au sujet du Canada et de ses valeurs - un objectif de la politique étrangère.

L'un des aspects essentiels de la politique étrangère canadienne consiste à faire rayonner les valeurs du Canada dans le reste du monde; les programmes en études canadiennes et programmes canadiens de bourses d'études jouent un rôle important à cet égard. Par exemple, il y a plus de 7 000 membres d'associations d'études canadiennes dans le monde. Les associations d'études canadiennes en Inde (806 membres), aux États-Unis (789) et dans les pays germanophones (595) comptent plus de 500 membres, alors que les pays suivants ont des associations qui en comptent plus de 300 : Grande-Bretagne (440), France (398), Brésil (317) et Israël (300). Pas moins de sept pays comptent plus de 200 membres. Le nombre de membres des associations d'études canadiennes varie selon le moment et l'endroit où se tiennent les conférences.

Vingt-quatre associations nationales et multinationales d'études canadiennes sont rattachées au Conseil international d'études canadiennes (CIEC), qui offre son appui à environ 7 000 membres dans le monde, lesquelles enseignent à plus de 150 000 étudiants de par le monde chaque année. En Europe seulement, il existe 16 associations d'études canadiennes et plus de 50 centres d'études canadiennes.

Les titulaires de bourses viennent de tous les horizons et la grande majorité d'entre eux retournent dans leur pays avec une idée positive sur le Canada et la volonté de le promouvoir auprès de leurs collègues et de leurs futurs étudiants.

Un exemple de la portée internationale et de l'influence potentielle des études canadiennes figure dans un rapport produit par le personnel de la mission canadienne à Berlin, en Allemagne, traitant du succès de la 25e conférence annuelle de l'Association d'études canadiennes dans les pays de langue allemande (Gesellschaft fur Kanada-Studien - GKS), qui a eu lieu à Grainau, du 20 au 23 février 2004. Ce rapport fait remarquer que dans son allocution d'ouverture, le président de la GKS, Dirk Hoerder, a fait ressortir la dimension internationale des Études canadiennes, comme en témoignait la présence de tant d'invités de différents pays, y compris le conseil et le comité exécutif du CIEC, le conseil de l'Association nordique et les membres du comité directeur du Réseau européen d'études canadiennes.

Le professeur Hoerder a poursuivi en signalant que dans son allocution à la conférence : « L'ambassadrice Bernard-Meunier a souligné les réalisations de la GKS depuis les 25 dernières années, dont un appui indéfectible aux canadianistes et aux étudiants, sa collaboration avec les cercles d'études canadiennes en Europe centrale, sa réputation d'association dynamique dans la communauté des études canadiennes [...] ». Elle a qualifié les Études canadiennes d' « élément central du programme de politique étrangère du Canada » et a fait une réflexion sur les débuts des programmes en études canadiennes mis sur pied avant l'heure et savamment conçus par une poignée de hauts fonctionnaires et d'universitaires dans les années 1970. Elle a de nouveau affirmé que les Études canadiennes dans les pays germanophones sont l'un des « joyaux de nos relations internationales » [TRADUCTION].

Conclusion 2 : Les valeurs et les intérêts du Canada sont diffusés par les universitaires dans des livres, des journaux, des articles, des conférences, des cours et des sites Internet. Ces moyens constituent une « voix locale » pour expliquer le Canada et les valeurs canadiennes au reste du monde.

Aux fins d'évaluation, l'équipe d'évaluation a consulté différentes missions canadiennes dans le monde pour recueillir leurs impressions sur la pertinence des programmes en études canadiennes et des programmes canadiens de bourses d'études. Le rôle et l'influence des associations d'études canadiennes varient en fonction de leur âge, du pays où elles sont situées et de leur taille. Un exemple d'organisation européenne bien établie est l'Association d'études canadiennes dans les pays de langue allemande. Le personnel de la mission canadienne en Allemagne indique qu'il s'appuie sur l'important dossier de recherche et sur les publications des canadianistes germanophones pour son expertise résidente, c.-à-d. pour les exposés sur la politique étrangère, le fédéralisme, les élections, la politique d'immigration et les articles publiés sur le site Web de l'Ambassade.

Le rapport de l'Association d'études canadiennes dans les pays de langue allemande (2003-2004) déposé par son président, Dirk Hoerder, contient des informations sur le vaste éventail d'activités parrainées par l'Association et donne des détails sur 128 publications dans différents champs d'études, tel qu'illustré dans le tableau 2.1.

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Tableau 2.1 Champs d'études des canadianistes de l'Association d'études canadiennes dans les pays de langue allemande (2003-2004)
Type de publicationNombre
Langue et littérature canadiennes-anglaises51
Langue et littérature canadiennes-françaises31
Géographie6
Histoire20
Sciences politiques11
Études de genre1
Autres disciplines8
Total128

La vaste transmission des valeurs canadiennes est également illustrée dans le numéro de septembre 2004 de Contact, le bulletin électronique publié par le CIEC, qui annonçait 11 conférences portant sur des sujets très variés dans 8 pays différents. En outre, chaque conférence avait une adresse Internet où l'on pouvait trouver plus de renseignements et les coordonnées des personnes-ressources. En voici deux exemples :

  1. l'Association des études canadiennes en Australie et Nouvelle-Zélande (ACSANZ), conférence semestrielle « Apprendre les uns des autres », du 23 au 26 septembre 2004, à Sydney, en Australie. Adresse Internet : www.powerup.com.au/~acsanz.
  2. l'Association Japonaise d'Études Canadiennes, conférence commémorant le 25e anniversaire de fondation de l'AJEC et le 75e anniversaire des relations diplomatiques Japon-Canada, les 18 et 19 septembre 2004, Shonan Village Centre, Hayama, préfecture de Kanagawa. Adresse Internet : http://www.jacs.jp/francais/Fr-index.html.

Conclusion 3 : Certaines missions canadiennes signalent que leurs intérêts ont été bien servis par les canadianistes locaux. Autrement dit, les missions canadiennes voient ces programmes comme adaptés à leurs objectifs et leurs intérêts.

L'équipe d'évaluation a étudié la documentation et/ou les réponses au sondage de plus d'une douzaine de pays où des associations d'études canadiennes ont été établies à divers degrés, pour vérifier si le programme servait ou non leurs intérêts en matière de politique étrangère. Toutes les missions ont signalé les avantages qu'il y a à faire participer des canadianistes locaux à leurs efforts diplomatiques. Par exemple, le personnel de la mission canadienne à Madrid déclare que l'Association espagnole des études canadiennes compte 260 professeurs et diplômés parmi ses membres. Le rapport indique :

« L'Association espagnole est l'un des groupes d'études canadiennes les plus dynamiques et actifs au monde. Sa recherche est particulièrement réputée dans les domaines des affaires constitutionnelles et du multiculturalisme, plusieurs professeurs ayant agi à titre de conseillers principaux auprès du gouvernement espagnol. Le ministre de la Justice espagnol est un expert en études canadiennes, tout comme le vice-président du parlement. Ce sont des relations qui valent la peine d'être entretenues, en particulier lors de visites de haut niveau faites par le Canada. » [TRADUCTION]

De récents rapports d'entrevues réalisées auprès du personnel de la mission canadienne et d'illustres canadianistes en Allemagne révèlent qu'il y a un intérêt grandissant envers le Canada, qui est vu comme une autre « moyenne » puissance. Le refroidissement récent des relations avec les États-Unis entraîne un accroissement de la demande pour que le Canada joue un rôle dans les relations transatlantiques. De fait, les personnes interrogées ont observé que les Allemands cherchaient des modèles et des moyens pour gérer leurs dossiers politiques brûlants à l'ordre du jour : immigration et multiculturalisme, fédéralisme et réforme économique.

Vingt-cinq années d'études canadiennes ont abouti à un vaste et solide réseau de canadianistes dans toute l'Allemagne. Depuis les années 1970, les ambassadeurs du Canada en Allemagne ont accordé une place de choix à la diplomatie culturelle. Le programme des Relations culturelles et académiques est au coeur de la stratégie de la mission.

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Conclusion 4 : Les programmes en études canadiennes véhiculent généralement une image du Canada, celle d'un pays bilingue, multiculturel et profondément marqué par ses racines autochtones, le Nord, les océans et ses vastes étendues. Cette image de tiers de confiance sous-tend les intérêts canadiens.

Cette évaluation a littéralement examiné des centaines d'annonces d'événements parrainés par des canadianistes pour examiner leur travail en relation avec le Canada. Un événement annoncé dans l'Internationaliste canadien décrit une conférence interdisciplinaire intitulée « First Nations, First Thoughts », qui se tiendra les 5 et 6 mai 2005 au Centre d'études canadiennes de l'université d'Édimbourg. Les participants étudieront l'importance des peuples autochtones dans le développement de la pensée culturelle et intellectuelle au Canada. Cette conférence veut réunir des chercheurs autochtones et non autochtones pour qu'ils analysent le développement et la transmission de la pensée indigène et les conséquences des points de vue autochtones sur la pensée culturelle, politique, environnementale, historique, juridique, philosophique et anthropologique au Canada.

Un autre exemple du rôle joué par les canadianistes dans le rayonnement des pratiques et des valeurs canadiennes vient d'un rapport publié en avril 2004 par l'Ambassade sur le séminaire Bifrost organisé par la Association nordique d'études canadiennes, intitulé Popular Sovereignty and Democracy in Multi-National and Poly-Ethnic Entities, Constitutional Processes in Canada and the EU Compared. Le rapport indique que les « conférenciers invités à ce séminaire comprenaient notamment Mary Dawson, sous-ministre adjointe de la Justice, ainsi que Andrew Bennet, du Conseil privé, à Ottawa, pour qui le séminaire constituait une excellente tribune pour expliquer directement les politiques, les valeurs et l'expérience canadiennes aux façonneurs d'opinions et aux universitaires quant aux enjeux qui résident au coeur du débat politique et public actuel.

Ces deux exemples illustrent le rôle que les canadianistes jouent dans différents pays pour mettre en oeuvre les discussions et les événements qui contribuent à faire rayonner les valeurs uniques du Canada.

Conclusion 5 : Les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études font la promotion des établissements canadiens d'enseignement supérieur auprès des étudiants étrangers et encouragent la mobilité des étudiants canadiens grâce à des programmes d'échanges leur offrant la possibilité de développer une perspective mondiale et de dessiner les réseaux des décideurs de demain.

Dans une récente étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études réalisée par le CIEC, de nombreux récipiendaires de bourse ont fourni des témoignages probants au sujet de l'amélioration de leur compréhension des politiques et des pratiques canadiennes relatives à la communauté internationale. En voici un exemple, concernant un boursier du Programme Fulbright de l'année 2003-2004 :

« Mon expérience d'échange culturel lors de mon passage à Yale a été marquante. L'un des enjeux primordiaux de l'identité canadienne, selon moi, réside dans notre relation avec les États-Unis. Ces dernières années, bon nombre des points d'intersection de ces enjeux ont été des questions de droit et de relations politiques. [...] L'un des exemples les plus percutants des différences politiques entre le Canada et les États-Unis observées ces dernières années a été la décision de regrouper des institutions de justice pénale internationale.

De mon point de vue d'étudiant canadien en droit, une bonne partie du débat entourant le refus des Américains de participer à ce regroupement était centré sur le fait que les États-Unis étaient un « État voyou » à cet égard, et que ses décisions étaient irresponsables envers la communauté internationale. Ma compréhension des subtilités de cette question s'est considérablement approfondie alors que j'étudiais à Yale. J'ai une appréciation beaucoup plus riche des divers aspects - à la fois favorables et dissidents - du débat qui se déroule aux États-Unis, et j'ai acquis un bien meilleur sens des rapports de force des cultures populaire et juridique qui font des États-Unis un acteur unique dans les affaires du monde - un joueur qui doit prendre des décisions parfois inexplicables autrement pour ceux de " l'extérieur ". » [TRADUCTION]

« Bien que je garde espoir pour la justice pénale internationale, mes propres opinions sur la question ont eu un effet modérateur sur d'autres lors des échanges d'idées engagés auxquels j'ai participé en tant que boursier du Programme Fulbright. J'ai apporté, du moins de l'espère, ma contribution à une meilleure compréhension qu'ont les Américains de la position du Canada, mais j'ai également nuancé la compréhension que j'ai moi-même de la culture juridique américaine. » [TRADUCTION]

De nombreux témoignages du genre de titulaires de bourses pourraient être inclus dans ce rapport, mais le rapport de mission qui suit illustre le rôle de premier plan exercé par les canadianistes au sein de la communauté.

Une note parue dans Le canadianiste international d'octobre 2004 faisait le compte-rendu de la présentation annuelle des bourses de la Ireland-Canada University Foundation (ICUF) à l'Ambassade du Canada à Dublin le 8 juillet 2004, à laquelle ont assisté un bon nombre de leaders des communautés universitaires, d'affaires et du gouvernement.

L'Ambassade du Canada à Berlin indique que les conférences de recherche ont été organisées en collaboration avec des institutions extérieures aux universités, par exemple, les canadianistes du John F. Kennedy Institute de la Free University Berlin ont organisé conjointement une conférence à la Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik à Berlin (conseil allemand des affaires étrangères), un groupe de réflexion de Berlin. La conférence « Canada, Germany and the United States: Challenges and Options for the Transatlantic Partnership at the Beginning of the 21st Century » a réuni des universitaires, des étudiants, des politiciens et des représentants du gouvernement. Des semaines du cinéma ont été organisées conjointement par les centres d'études canadiennes, dans des cinémas commerciaux ou dirigés par la communauté de leur ville respective. Le programme des conférenciers de la diplomatie publique envoie des experts partout au pays et se sert souvent de ses relations en études canadiennes sur place pour organiser des conférences.

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Conclusion 6 : Les programmes en études canadiennes mettent souvent en lumière les réalisations culturelles des Canadiens, qui contribuent de façon importante aux échanges et au dialogue culturels. Cela établit un lien logique entre le programme et les objectifs de la politique étrangère canadienne.

Un rapport du consulat canadien à Detroit sur les tables rondes d'études canadiennes réalisées au Michigan, dans l'Ohio, et dans l'Indiana observe que :

« La participation de la mission aux tables rondes est très utile [...] Les tables rondes sont des occasions inégalées de faire connaître les bourses et les partenariats et de diffuser d'autres types d'information auprès du noyau dur des canadianistes convaincus. Ce sont des tribunes idéales pour la promotion de la culture canadienne, et pour la discussion et la diffusion d'information sur les enjeux prioritaires tels que le commerce, la sécurité aux frontières, l'énergie, le bois d'oeuvre de résineux et l'environnement. » [TRADUCTION]

Un rapport récent de l'Ambassade du Canada en Grèce nous renseigne davantage sur la pertinence et les contributions des programmes en études canadiennes, même les plus récents. Un événement inaugural soulignant l'instauration du premier Centre d'études canadiennes en Grèce, à l'Université d'Athènes, s'est déroulé au campus du centre-ville de l'Université d'Athènes le 19 février 2004. Le rapport signale que :

« Le fait d'établir une base permanente permet non seulement d'héberger des documents de référence à contenu canadien, mais aussi de donner un lieu de rencontre aux étudiants et à la faculté pour organiser des activités sur le thème du Canada. Le Centre exerce ses activités depuis 2000 et a mis sur pied différentes activités, y compris des lancements de livres, des conférences, des échanges, des ateliers et des publications. De fait, l'un des projets les plus en vue du Centre est une future collaboration avec le journal littéraire le plus éminent et le plus réputé, DIAVAZO, dont le numéro du printemps sera entièrement consacré à la littérature et aux auteurs canadiens. » [TRADUCTION]

De la même façon, la mission canadienne en Italie a observé qu'une « première entrevue de fond avec Alice Munro, par la journaliste Livia Manera, a été publiée dans la page culturelle du plus important journal national Corriere della Sera le 26 novembre. » Livia Manera, grâce à l'ambassade, est venue au Canada il y a quelques années et a publié successivement plusieurs excellents articles sur la littérature féminine au Canada. Un autre journal important, La Republica, a fait paraître un article sur Alice Munro. Son dernier recueil de nouvelles, Runaway, vient tout juste d'être publié par Einaudi, l'une des maisons d'édition les plus prestigieuses d'Italie. Auparavant, ses histoires avaient été publiées par des maisons d'éditions plus petites et des éditeurs féministes, ce qui lui donnait une visibilité restreinte. Alice Munro était reconnue dans les milieux universitaires et féministes en Italie, mais presque inconnue du grand public.

Conclusion 7 : Les canadianistes et les anciens boursiers sont considérés comme des vecteurs favorisant l'atteinte des objectifs de la diplomatie publique.

Un rapport de l'Ambassade du Canada à Vienne sur la conférence internationale intitulée « Cultural Knowledge Transfer between Austria and Canada 1990-2000 » commente le rôle des canadianistes dans la promotion des objectifs de diplomatie publique comme suit :

« Le Centre d'études canadiennes d'Innsbruck peut être décrit comme très dynamique, tourné vers l'extérieur et multidisplinaire, ce qui produit un effet procanadien bien au-delà des milieux universitaires. L'argent investi par le gouvernement du Canada (ACE, ACA et indirectement, par l'entremise de la GKS) ne représentait qu'une fraction du budget total de la conférence [...] et peut justement être considéré comme un excellent investissement. » [TRADUCTION]

Un récent rapport du personnel de la mission canadienne de Copenhague, au Danemark, décrit comment les canadianistes font connaître d'importants objectifs de la politique étrangère :

« La chaire de professeur canadien invité en études de l'Arctique et du Nord est un excellent exemple de la manière dont les Études canadiennes (et la collaboration interministérielle) pourraient directement contribuer à l'atteinte des objectifs de la politique étrangère - dans le cas qui nous occupe, du volet nordique de la politique étrangère du Canada -, de même que d'autres initiatives nordiques.

Nous avons mis sur pied ce projet grâce à l'aide généreuse de plusieurs ministères et organismes du gouvernement fédéral du Canada (AINC, RNCan, ACE, AGA et la mission) et à la collaboration de deux établissements d'accueil, le Greenland Institute of Natural Resources et ses installations de recherche à Nuuk, et la faculté des sciences à la University of Copenhagen et ses installations de recherche de Disko Bay. Les institutions partenaires apportent leur contribution en assurant l'aménagement de locaux de bureaux et le soutien administratif, et en fournissant l'hébergement, les dépenses quotidiennes et l'accès total aux installations et aux données de recherche. » [TRADUCTION]

Dans le cadre de l'étude du CIEC pour dépister les anciens boursiers, les titulaires de bourses ont précisément mentionné que leurs études au Canada avaient amélioré leur compréhension et la promotion qu'ils font du Canada. Voici deux exemples de ces citations :

« Le programme m'a grandement aidé à terminer mon doctorat. Je garde des liens très forts avec l'Université de l'Alberta. Grâce à ces relations, j'ai récemment établi des liens entre l'Institut national canadien et le New Zealand McDiarmid Institute for Advanced Materials and Nanotechnology. Ces relations seront utiles aux chercheurs et aux étudiants des deux pays et pourraient avoir des retombées économiques considérables pour les deux pays. » (Diplômé de 1995, Nouvelle-Zélande) [TRADUCTION]

« Le programme m'a été bénéfique puisque j'ai acquis des connaissances et des compétences inestimables, que je continue à échanger avec d'autres Kényans. En tant que diplômé d'un établissement canadien, j'ai grandement contribué à faire prendre conscience aux autres de l'enseignement de haut niveau offert dans les universités canadiennes. » (Diplômé de 1987, Kenya). [TRADUCTION]

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Conclusion 8 : Les réseaux d'établissements sont vus comme un moteur de la défense des intérêts canadiens. Ils s'inscrivent dans le discours et la réalité qui caractérisent la logique de la « nouvelle diplomatie publique ».

De récents débats et publications renferment plusieurs observations au sujet de la nécessité de considérer les initiatives de la politique étrangère du Canada sous différents angles. Par exemple, Michael Ignatieff, professeur invité et directeur en droits de la personne à la John F. Kennedy School of Government, Université Harvard, déclarait, dans une allocution intitulée « Paix, ordre et bon gouvernement : un programme de politique étrangère pour le Canada » (2004) :

« Notre politique étrangère devrait chercher avant tout à consolider « la paix, l'ordre et le bon gouvernement », comme condition sine qua non de la stabilité des États, de la démocratie durable et du développement équitable. D'autres pays auront toujours un budget de développement plus important que le nôtre, mais peu d'entre eux en savent autant que nous sur l'intime relation de causalité entre bon gouvernement et bon développement. [...] Pour encadrer les activités canadiennes, je préfère l'expression « paix, ordre et bon gouvernement » au mot « gouvernance », simplement parce qu'elle incarne mieux la vision des Canadiens de ce que la gouvernance devrait être, à savoir des institutions démocratiques, le fédéralisme, la protection des droits des minorités, le pluralisme linguistique, l'autonomie gouvernementale des Autochtones, ainsi qu'un rôle positif et catalyseur du gouvernement en matière de développement économique et social. »

Dans un récent article intitulé « From Middle to Model Power: Recharging Canada's Role in the World », les membres de l'association Canada 25 adoptent un point de vue assez similaire en soulignant l'utilité de considérer les initiatives de la politique étrangère dans une perspective de réseautage plutôt que hiérarchique :

« Nous alléguons que le Canada doit cesser d'évaluer son influence en fonction de sa taille ou de sa position dans un contexte dépassé de hiérarchie. Canada 25 invite plutôt les Canadiens à concevoir le monde comme un réseau, où l'influence est fondée sur la capacité d'une personne, d'une société, d'une organisation non gouvernementale (ONG) ou d'un pays à innover et à collaborer. Dans cette perspective, nous proposons au Canada qu'il devienne un modèle de pouvoir - un pays dont l'influence est associée à son habileté à innover, à expérimenter et à établir des partenariats; un pays qui, en se présentant comme un modèle, invite le monde à évaluer et à défier ses efforts, à s'en inspirer et à y contribuer. » [TRADUCTION]

Dans le même ordre d'idées, Jennifer Welsh se penche, dans son livre très pertinent, « At Home in the World: Canada's Global Vision for the 21st Century (2004) », sur différents modèles de politique étrangère qui méritent notre attention. Cependant, ce qui nous intéresse le plus dans les circonstances est la façon dont elle termine son livre :

« Ce que je suggère est que la politique étrangère n'est pas quelque chose que les autres 'font ailleurs'. C'est notre responsabilité à tous, une partie du patrimoine mondial. Et c'est quelque chose que beaucoup d'entre nous, dans le cadre de nos activités quotidiennes, faisons déjà; si seulement nous pouvions réorienter notre pensée afin de le reconnaître. Au vingt-et-unième siècle, c'est la vraie intelligence - et non seulement les données brutes et aléatoires produites par un ordinateur - qui permettra aux personnes, aux organisations et aux États de se démarquer. L'acquisition de la vraie intelligence demande de dépasser l'information échangée entre gouvernements et de creuser plus loin pour recueillir des renseignements sur la façon dont nos sociétés fonctionnent réellement. En tant que citoyens préoccupés et mondialement engagés, les Canadiens contribuent à cette collecte de savoir de multiples façons. Nous sommes - déjà - chez nous dans le monde. Reconnaissons-le et construisons à partir de cette réalité. » (p. 240) [TRADUCTION]

Conclusion 9 : Les canadianistes et les anciens boursiers sont considérés comme ayant une influence potentielle sur les « guides d'opinion » dans tous les champs « d'intérêts canadiens » - social, politique, économique, multiculturel, multilatéral, etc.

Le personnel de la mission canadienne au Mexique a souligné le rôle que les canadianistes jouent dans la promotion des intérêts canadiens, affirmant : « Nous convions des décideurs mexicains de haut niveau ainsi que les médias à nos conférences, nos séminaires, et nous les faisons participer à nos discussions lorsque des Canadiens de renom se rendent au Mexique. Ainsi, nous pouvons sans crainte affirmer que les programmes en études canadiennes exercent une certaine influence sur les élites commerciales, du gouvernement et du parlement du Mexique. » [TRADUCTION]

Le personnel du Haut-commissariat à Londres affirme que le dialogue sur les villes qui émerge entre les gouvernements du Canada et du Royaume-Uni (R.-U.) et les universitaires, les administrations municipales du Canada, les gouvernements locaux britanniques et l'assemblée de Londres illustre le rôle que jouent les canadianistes dans l'orientation de discussions sur les enjeux des sociétés civiles. Ce dialogue a été engagé grâce à une bourse attribuée dans le cadre du Sustained Studies Programme en 2001. Il a donné lieu à une conférence, à Londres, sur les villes durables et les leçons apprises du Canada, en novembre 2003. Subséquemment, le nouveau Secrétariat des villes a participé à deux événements à Londres, l'un visant à transmettre aux décideurs des gouvernements locaux et central du R.-U. de l'information sur le Nouveau pacte pour les collectivités du Canada, l'autre fournissant une occasion pour le président du Comité consultatif externe du premier ministre Martin sur les villes et les collectivités de se renseigner sur les projets du R.-U.

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Conclusion 10 : Les problèmes de capacité et de ressources amoindrissent les retombées et la pertinence des programmes en études canadiennes.

Le personnel de la mission canadienne au Mexique a clairement exprimé sa reconnaissance pour le financement reçu de l'ACE-AÉC; toutefois, comme le démontrent les commentaires qui suivent, les limites de ressources sont très réelles et les programmes en études canadiennes seraient meilleurs si le financement était plus important.

« J'ai déjà mentionné certains des défis auxquels sont confrontés les universitaires du Mexique. (La compétitivité, les sujets de recherche imposés par les universités, le soutien aux bibliothèques). Certains de ces facteurs sont en dehors de la sphère d'influence d'AÉC et de l'ambassade. En fait, AÉC-ACE et l'Ambassade du Canada se sont montrées plutôt flexibles dans l'atteinte de leurs nouveaux défis. Le fonds de 'diplomatie publique', qui a complété et contribué à créer, dans une large mesure, de nouveaux programmes de bourses d'études canadiennes qui n'entraient pas dans le programme habituel des activités financées par AÉC-ACE. En fait, la mission est devenue plutôt dépendante du Fonds pour les initiatives de diplomatie ouverte pour de nombreuses activités, dont plusieurs font partie des activités associées aux bourses (séminaires, publications, etc.). » [TRADUCTION]

De la même façon, le personnel de la mission canadienne en Australie a formulé les commentaires suivants au sujet des limites de ressources :

« Les programmes en études canadiennes, de même que les activités connexes, répondent successivement à ses objectifs établis et aux objectifs de la mission. Il ne fait aucun doute que les trois sous-objectifs du programme de la Direction des relations académiques internationales (ACE) sont réalisés en Australie [...] Nous pourrions toutefois en faire davantage si nous avions davantage de ressources en personnel. Par exemple, nous aimerions élargir notre base de données sur les sujets de recherche qui intéressent les canadianistes en Australie. À ce jour, nous nous sommes fiés sur le savoir collectif pour obtenir ce type d'information mais en cas de départ de membres du personnel, une partie du savoir s'en va avec eux. Nous avons également besoin de mieux intégrer les Études canadiennes au Programme de diplomatie publique de la mission et, surtout, de faire intervenir d'autres programmes de hauts-commissariats, tels que ceux du commerce, de la défense et de l'immigration dans les services que nous offrons aux universités d'Australie. »

Une répondante du Brésil a parlé des nombreux programmes et bourses administrés par le CIEC. Elle était très enthousiasmée par le Programme d'aide aux réseaux de recherche internationaux mais a toutefois fait remarquer que seul un nombre limité de projets pouvaient être financés par ce programme, compte tenu surtout du fait qu'il y tant d'organismes d'études canadiennes dans le monde. Elle a également observé que le financement des visites professorales dans le cadre du programme de stages universitaires ne pouvait couvrir les frais de subsistance des professeurs invités au Brésil, soulignant que les universités d'accueil ne peuvent se permettre de les garder que pendant environ deux semaines, alors que les professeurs du Brésil invités au Canada ont souvent la possibilité de faire un séjour de six mois, puisque les universités canadiennes en ont les moyens. Elle affirme que les visites au Brésil sont grandement appréciées par le corps professoral et le personnel et que ces échanges sont très bénéfiques pour les relations entre les deux communautés universitaires. Elle croit que si les professeurs canadiens pouvaient rester plus longtemps, les journalistes auraient le temps de les rencontrer pour assurer une couverture médiatique, et que l'intérêt du public pour le Canada pourrait être satisfait en grande partie par un meilleur usage des experts invités. Elle a mentionné les débats actuels sur le mariage de même sexe et les soins de santé comme sujets où l'exemple du Canada pourrait être échangé utilement avec les Brésiliens.

Pour cette répondante, le financement des études canadiennes est trop fragmenté, de façon générale, entre les nombreuses petites sous-catégories de programmes, et beaucoup trop de temps et d'efforts sont consacrés à la seule recherche de moyens et à la demande d'aide en vue d'améliorer la compréhension et de partager la recherche universitaire.

Une fiche signalétique de l'ACE-AÉC (2004) sur la République de Corée décrit les deux principaux défis auxquels est confronté le Programme en études canadiennes de ce pays :

  1. Le manque de financement - compte tenu de la taille modeste du programme de bourses et du manque de ressources financières, il est difficile de rejoindre la communauté universitaire et étudiante pour lui faire connaître activement le programme et l'élargir. Le Canada étant perçu comme une moyenne puissance en Corée, où prédomine l'influence des quatre superpuissances (la Chine, le Japon, la Russie et les É.-U.), il n'attire pas beaucoup d'étudiants et d'universitaires dans les études canadiennes. Par conséquent, les programmes en études canadiennes représentent souvent une faible proportion des études nord-américaines en général.
  2. Le manque de continuité ou de ressources humaines - puisqu'il n'y a pas de poste d'agent des relations universitaires à temps plein à Séoul, la gestion du programme manque de continuité. Les agents établis au Canada n'y restent que pendant deux ou trois ans et souvent, les relations académiques ou les dossiers se perdent au moment de la transition.

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Conclusion

Les données présentées ici permettent de penser qu'il existe une corrélation entre les programmes d'études et de bourses d'une part, et le désir du Canada d'informer le reste du monde de ses intérêts propres en matière de politique étrangère. D'après ce que nous savons, l'ACE a tissé un large réseau d'intervenants ayant la capacité d'influencer et de servir les intérêts du Canada. L'efficacité et les retombées de ce réseau feront l'objet de la section qui suit.

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3. Efficacité des programmes en études canadiennes et des programmes de bourses d'études

3.1 Introduction

La section précédente du présent rapport a pris en compte les questions de la pertinence et du bien-fondé des programmes en études canadiennes et des programmes de bourses. La présente section se penche sur leur efficacité et, ce faisant, explore le rendement de ces différents programmes -- les biens et les services fournis ainsi que leurs résultats. Ces derniers seront évalués selon l'importance de leur contribution à l'atteinte des objectifs, à savoir :

  1. programmes en études canadiennes - favoriser une meilleure connaissance et une plus grande compréhension du Canada auprès des universitaires et d'autres groupes d'influence à l'étranger. Appuyer l'enseignement, la recherche et la publication sur le Canada dans diverses disciplines à l'extérieur du Canada.
  2. programmes de bourses d'études : soutenir le perfectionnement d'universitaires de renom dans différents pays choisis.

3.2 Exploration du rendement des programmes

Conclusion 11 : Les canadianistes assurent la prestation de divers programmes et services pertinents concourant aux objectifs de la politique étrangère du Canada dans plus de 50 pays, y compris ceux du G-8 plus 5, importants d'un point de vue stratégique.

Compte tenu de la portée et des résultats potentiels du travail de ces canadianistes, il importe de se rappeler que les 789 membres de l'Association for Canadian Studies in the United States (ACSUS) comprend des membres du corps enseignant, des chercheurs et des diplômés de 71 universités, collèges et établissements dans 33 États. En 2002-2003, dans cette seule association nationale, plus de 100 projets traitant d'un vaste éventail de sujets et se rapportant à de nombreuses disciplines ont été financés.

De façon similaire, une fiche signalétique sur le Royaume-Uni (2004) estime que les services fournis par les 440 canadianistes de l'Association britannique d'études canadiennes comprennent les 221 cours donnés sur le Canada dans 93 universités à plus de 6 000 étudiants. En d'autres termes, de nombreux canadianistes évoluent dans les milieux universitaires, ce qui accroît considérablement leurs résultats potentiels.

Enfin, bon nombre de personnes sont directement influencées par l'information et les idées qui circulent et qui sont produites par les canadianistes dans ces associations. Par exemple, plus de 6 900 personnes reçoivent régulièrement le Canadianiste international, publié par le CIEC, qui diffuse de l'information sur des conférences, des séminaires et des publications récentes. Ici encore, l'information publiée dans le Canadianiste international paraît souvent dans des bulletins d'information et des journaux locaux. En outre, plus de 1 900 personnes intéressées par les études canadiennes reçoivent Contact, le bulletin électronique publié par le CIEC. Autrement dit, le réseau des études canadiennes, qui compte plus de 7 000 canadianistes, a une portée internationale qui facilite la communication, la discussion, la recherche et le partage d'idées et d'information sur le Canada.

Conclusion 12 : Des milliers de publications comprenant des thèses, des livres, des articles, des présentations audiovisuelles ainsi que des renseignements sur le Web sont diffusées auprès des canadianistes et d'autres intervenants qui s'intéressent au Canada.

La quantité de réalisations découlant des programmes en études canadiennes est impressionnante. Des bibliographies récentes ainsi que le site Internet du Conseil international d'études canadiennes (CIEC) documentent les réalisations académiques importantes des canadianistes dans de nombreux pays autour du monde. L'un des exemples les plus saisissants est la bibliographie publiée récemment par l'Association d'études canadiennes des pays de langue allemande, qui comprend non moins de 467 pages de références bibliographiques.

Parmi les nombreux sites Internet soutenus par les associations d'études canadiennes, on trouve celui de la Chine sur la littérature canadienne (en chinois seulement), le premier en Chine consacré aux études en littérature canadienne. Réalisé par le Centre d'études canadiennes à l'Université de Ningbo, dans la province de Zhejiang, il a été créé pour accroître l'influence et le prestige de la littérature canadienne en Chine, et aider les étudiants à s'instruire davantage sur la littérature canadienne. En outre, il sert de tribune pour les canadianistes spécialisés en littérature canadienne à publier des essais scientifiques, des critiques et des traductions de livres, ainsi qu'à échanger des points de vue sur les écrivains et les romans canadiens. Pour en savoir plus, consulter ce site .

Comme d'autres associations nationales d'études canadiennes, l'Association brésilienne d'études canadiennes signale qu'elle a publié de nombreux travaux sur des sujets se rapportant aux études canadiennes. La page Publications sur le site de l'ABECAN fournit plus de détails.

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Conclusion 13 : Les résultats et retombées des programmes en études varient selon le degré d'établissement des études canadiennes dans les différents pays.

En étudiant les résultats et les retombées des programmes en études canadiennes, l'équipe d'évaluation a remarqué un schème de comportement selon les programmes des différents pays. Plus particulièrement, l'âge et les ressources du programme semblaient en partie déterminer l'importance des résultats et des retombées pour les principaux informateurs. À partir d'entrevues et de documentation obtenues auprès de canadianistes ainsi que du personnel des missions, de l'ACE-AÉC et du CIEC, les catégories suivantes d'associations d'études canadiennes, qu'elles soient au début de leur développement, établies, en voie de constitution ou au stade de la maturité ont été créées, de même que la classification des pays intéressés :

Matures : Les études canadiennes sont bien établies et elles ne nécessitent pas un grand niveau de supervision de la part du personnel de l'ACE-AÉC, puisqu'elles sont en cours d'exécution depuis assez longtemps. Les pays dont les programmes en études canadiennes ont atteint ce stade de développement sont :

  • l'Allemagne, l'Argentine, le Danemark, l'Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, Israël, l'Italie, le Japon, le Mexique, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède.

Établies : Les programmes en études canadiennes supervisent une association nationale ou multinationale, des centres et des programmes sont en activité, mais il est nécessaire d'assurer un suivi et un soutien continus puisqu'un plus grand développement est encore souhaitable. Les pays dont les programmes en études canadiennes ont atteint ce stade de développement sont :

  • l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, la Hongrie, l'Inde, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande, la Pologne et la Russie.

En voie de constitution : Les programmes en études canadiennes ont commencé par l'octroi de quelques BCS ou BREC afin d'appuyer le travail d'universitaires sélectionnés. De l'aide a aussi pu être offerte sous forme d'acquisitions pour une bibliothèque au début de la fondation d'une association. Les pays dont les programmes en études canadiennes ont atteint ce stade de développement sont :

  • la Bulgarie, la Colombie, la Croatie, Cuba, l'Estonie, la Grèce, la Lettonie, la Lituanie, le Paraguay, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suisse, Taiwan, l'Ukraine, l'Uruguay, le Venezuela et la Yougoslavie.

Nouvelles : Programmes au tout début de leur structuration organisationnelle; néanmoins, leur intérêt pour les études canadiennes est manifeste et certaines personnes sont intéressées à poursuivre la multiplication d'initiatives d'études canadiennes dans le pays. Les pays dont les programmes en études canadiennes ont atteint ce stade de développement sont :

  • Afrique du Sud, Algérie, Chili, Malaisie, Maroc, Pakistan, Palestine, Philippines, Portugal, Sénégal, Turquie et Tunisie.

Conclusion 14 : Les conférences, séminaires et conférences publiques attirent des milliers de personnes de stature internationale, y compris des politiciens, des décideurs, des personnalités du monde des affaires ainsi que la société civile.

Une pratique de plus en plus fréquente, en particulier dans les pays ayant des associations d'études canadiennes matures et établies, est l'emploi de canadianistes dans divers programmes qui intéressent les membres de la communauté locale. De fait, tel qu'énoncé plus bas, même certaines des associations d'études canadiennes nouvellement établies contribuent aux objectifs de la politique étrangère du Canada de cette façon.

Le personnel du Haut-commissariat du Canada à Londres témoigne des efforts continus déployés par les canadianistes afin de faciliter l'échange de renseignements sur le Canada dans l'extrait suivant d'un rapport paru en 2004 :

« L'exemple du Canada en tant qu'État providence multiculturel a été présenté à un auditoire de façonneurs d'opinions importants du R.-U. lors d'une conférence à la Maison du Canada intitulée « Diversity, Social Solidarity and the Welfare State: International Experience and the British Debate », donnée la semaine dernière par le professeur Keith Banting, de l'université Queen's. Bien qu'il reconnaisse les différences entre le Canada et le R.-U., Banting avance que les similitudes sous-jacentes entre les deux pays sont puissantes et rendent l'expérience du Canada pertinente pour le R.-U. Sa conférence résumait la riposte canadienne aux présomptions du R.-U. et du continent, selon lesquelles la diversité sociale doit éliminer la cohésion et l'appui aux politiques de redistribution. » [TRADICTION]

Le rapport poursuit sur la même lancée :

« La conférence du professeur Banting était la 73e de la série de la Maison du Canada, données par des universitaires canadiens de renom. Ces conférences, qui ont sont hautement réputées pour leur qualité et leur intérêt, sont publiées par les Relations adadémiques et distribuées auprès des bibliothèques universitaires et à des clientèles ciblées au R.-U. Au fil des ans, les conférences ont présenté divers universitaires canadiens bien en vue, et ces dernières années, des efforts particuliers ont été faits pour présenter des sujets qui intéressent un plus grand nombre de décideurs, de groupes de réflexion nationaux et de façonneurs d'opinion, de même que la communauté universitaire. »

Un exemple de projet de nouvelle association d'études canadiennes ayant attiré et mobilisé des gens du pays est le colloque international organisé par le Centre d'études canadiennes de l'Université Mohamed 1er d'Oujda (CECO) avec l'aide d'AÉC, du 25 au 27 novembre 2004. Il est intéressant de souligner que le Centre est le premier du genre en Afrique. Les objectifs du CECO sont :

« Le développement des études économiques, juridiques, littéraires, politiques, etc. sur le Canada au Maroc; le développement des études comparées maroco-canadiennes dans tous les domaines; les échanges universitaires de chercheurs, de professeurs et d'étudiants; l'organisation commune de colloques, de journées d'études, de séminaires, de tables rondes, etc.; la participation à des projets de recherche conjoints; l'information des enseignants, des chercheurs et des étudiants quant aux possibilités de bourses d'études, de stages, etc. dont ils peuvent bénéficier au Canada; et la diffusion de documents, de films, de journaux, de revues, etc. [...] sur le Canada. »

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3.3 Résultats et retombées des programmes pour les clientèles étrangère et canadienne

Conclusion 15 : D'éminents canadianistes et leurs étudiants ont remporté des prix prestigieux. C'est un symbole important de la crédibilité du programme.

Lors de la 25e conférence annuelle et célébration de l'anniversaire de la GKS à Grainau, du 20 au 23 février 2004, beaucoup des jeunes universitaires et étudiants ont reçu des prix pour leurs recherches en cours ou terminées. Un rapport de la mission canadienne soulignait que les demandes d'inscription au Prix d'excellence du Québec, créé par AÉC et l'Ambassade du Canada en Allemagne, « furent si nombreuses et de si grande qualité que le jury a non seulement décidé de partager le prix entre trois personnes, mais il a aussi pu réunir des dons supplémentaires pour un quatrième prix ».

Dirk Hoerder, président de la GKS, a reçu le prix Sharlin 2004 pour le meilleur livre sur l'histoire sociale des États-Unis, récompensant son livre intitulé Cultures in Contact.

En novembre 2003, le professeur Nancy Burke, qui publiait récemment un livre de poésie intitulé Scorched Earth (Wypalona ziemia), a reçu la médaille Komisji Edukacji Narodowej, qui lui a été remise par le ministre de l'Éducation polonais au nom de la République de Pologne.

Le professeur Haim Genizi de l'Université Bar-Ilan, membre de l'Association d'études canadiennes en Israël, s'est récemment vu décerner le prestigieux prix J.I. Segal Award for 2004 de la Montreal Jewish Public Library, dans la catégorie des études juives canadiennes, pour son livre The Holocaust, Israel, and Canadian Protestant Churches (Montreal-Kingston, McGill-Queen's University Press, 2002).

Conclusion 16 : Un grand nombre d'articles sont publiés par les canadianistes dans des journaux réputés.

Un examen des titres universitaires de ceux qui siègent aux comités de rédaction de l'American Review of Canadian Studies, d'Interfaces Brazil/Canada et de la Revue internationale d'études canadiennes révèle que la procédure d'évaluation par les pairs établie par ces journaux est conçue pour répondre aux plus hautes normes universitaires et fait l'objet d'un suivi en ce sens.

La plupart des associations d'études canadiennes matures et établies publient plusieurs numéros de leur journal chaque année. Par exemple, les articles présentés dans le tableau 3.1 reflètent la variété des sujets publiés dans trois numéros de l'année 2003-2004 de Canadian-Australian Studies, le journal officiel de l'Association des études canadiennes en Australie et Nouvelle-Zélande.

3.1 Articles traitant de sujets canadiens
Vol. 22, no 1, 2004 : La situation des femmes au Canada et en Australie
Kathryn Carter« The Circulating of Self: Frances Simpson's 1830 Journal of a Voyage from Montreal... »
A. R. Buck« Women, Dower, and the Courts of Equitable Jurisdiction: Comparing Upper Canada and New South Wales in the Nineteenth Century »
Hilary Golder et Diane Kirkby« Settler Colonies Embrace Married Women's Property Reform »
Marian Sawer« Suffrage Centenaries in Comparative Perspective »
Vol. 21, no 2, 2003 : Un journal multidisciplinaire
Geoffrey Simpson« The Canadian Identity: An Idea in Search of a Reality »
David Staines« Culture is Our Business »
Greg Donaghy« A Terrible Responsibility: Canada, the United States, and the Vietnam War »
Linda Duxbury et A. Chris Higgins« Work-Life Conflict in Canada in the New Millenium: Status Report »
Roy Jones et Christina Birdsall-Jones« Native or Manufactured? A Comparison of Indigenous-Industrial Heritage Conflicts in Perth and Ottawa »
Donald Ross et A. John Mundy« Enabling Australian-Canadian Business Alliances Research Agenda »
Vol. 21, no 1, 2003 : Les questions autochtones
Rosemary Neill« White-Out / Black-Out »
Mark Francis« The Theoretical Implications of a National Identity for Canadian Indigenous Peoples »
Peter Jull« Reconciliation Constitutions: Canadian & Australian Northern Territories »
Paul Kauffmann« A Social Indicator Comparison Between Indigenous People in Australian and Canada and the Approaches to Redress the Balance »
Garth Nettheim« Constitutional Comparisons: Canadian Dimensions on Australia's Experience with Native Title »
Will Sanders« From Unorganized Interests to Nations Within: Changing Conceptions of Indigenous Issues in Australia and Canada »

Un récent rapport de la mission canadienne au Mexique donne une estimation du nombre de publications en relation avec les études canadiennes qui sont parues au Mexique depuis les cinq dernières années. Ce rapport mentionne que l'Ambassade du Canada au Mexique a octroyé en moyenne neuf bourses du programme de BREC par année à des universitaires mexicains. Compte tenu de l'objectif du programme de BREC, à savoir stimuler la production d'articles dignes d'être publiés dans des revues spécialisées au Mexique. En tout, 45 articles ont été publiés ces 5 dernières années. De plus, 25 articles non rattachés aux BREC sont parus ces 5 dernières années dans plusieurs journaux spécialisés, y compris le journal de l'Association mexicaine d'études canadiennes, publié quatre fois par année. Le rapport poursuit en indiquant que « de plus, 40 livres au contenu canadien ont été publiés en espagnol au Mexique, conséquence directe des programmes en études canadiennes. »

Il existe beaucoup d'autres exemples puisque de nombreux canadianistes et leurs étudiants publient régulièrement dans des journaux évalués par les pairs qui figurent dans les systèmes de références bibliographiques professionnels et universitaires. Les programmes en études canadiennes appuient et encouragent ces pratiques universitaires, qui augmentent la crédibilité et l'influence potentielle du réseau mondial des canadianistes.

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Conclusion 17 : Les références bibliographiques et les sites Internet témoignent d'un usage répandu de l'information produite et organisée par les canadianistes; qui plus est, le travail bibliographique le plus récent réalisé par les canadianistes facilite le partage de renseignements électroniques donnés en référence à l'échelle internationale.

Comme nous venons de le dire, les canadianistes produisent un volume considérable d'ouvrages savants. Les entrevues réalisées avec le personnel du CIEC montrent que le prix des livres, en particulier ceux qui ne sont plus édités, est de plus en plus élevé. Les canadianistes et les bibliothécaires qui travaillent avec eux sont conscients de l'importance d'avoir accès rapidement aux fruits de la recherche actuelle et passée ainsi qu'aux documents connexes. À cet effet, l'Association britannique d'études canadiennes annonçait récemment le (lancement de son site Internet). Conçu pour ceux qui ont un intérêt pour les études canadiennes, le site aborde les sujets suivants : peuples autochtones, francophones au Canada, généalogie et histoire des familles, gouvernement, droit et politique.

Le rapport mentionnait que « le projet, qui reflète l'expertise et l'enthousiasme remarquable de certains, a été mis sur pied par le groupe Library & Resources de l'Association britannique d'études canadiennes - un groupe de bibliothécaires et de gestionnaire de l'information de tout le R.-U. qui repère et annonce des ressources pouvant aider les études canadiennes » [TRADUCTION]. Ce projet a été élaboré dans le cadre d'un programme d'études continues soutenu par Affaires étrangères Canada et la Fondation des études canadiennes au R.-U., aux fins d'étude et d'évaluation des réalisations passées et des perspectives d'avenir des programmes des études canadiennes au R.-U.

Enfin, le rapport suivant de la GKS sur la création d'une bibliothèque virtuelle sur le Canada (BVC) montre que les canadianistes prennent part aux travaux bibliographiques les plus récents :

« L'accès aux ressources de recherche est de plus en plus difficile. Les archives et les bibliothèques créées par du personnel spécialisé et qualifié sont réparties de façon inégale entre les institutions, les régions et les pays; l'explosion du nombre de sites Internet, tout en facilitant l'accès à l'information, se fait toutefois sans contrôle de la qualité. Il est grand temps d'élargir le concept traditionnel de « bibliothèque de référence » dotée de bibliothécaires qualifiés afin d'inclure des ressources axées sur le Web choisies par des universitaires compétents et ajoutées au catalogue par des bibliothécaires qualifiés. Il est également grand temps de mettre fin à la dualité des ressources imprimées et virtuelles. » [TRADUCTION]

Le rapport conclut en faisant remarquer que la « philosophie derrière la BVC est que les outils de référence à l'ère de l'Internet, comme une bibliothèque de référence classique avec des ouvrages imprimés, nécessitent que des chercheurs et des bibliothécaires avertis fournissent l'accès à des portails structurés pour aider la clientèle érudite et les profanes à trouver l'information de haute qualité qui répond à leurs besoins. Une fois établie, la BVC sera rendue accessible à tous les membres des associations du CIEC » [TRADUCTION].

Conclusion 18 : Les données semblent indiquer un accroissement de l'intérêt, des études et de la recherche sur le Canada dans les établissements d'enseignement supérieur des quatre coins du monde.

Un excellent exemple de la volonté des canadianistes de contribuer à l'expansion des études canadiennes figure au rapport annuel de l'Association des études canadiennes aux États-Unis (ACSUS) de 2003-2004. L'ACSUS « supervisera la recherche et la production d'un manuel adapté à un cours d'initiation aux études canadiennes offert dans un collègue ou une université américaine ». En outre, l'ACSUS a entrepris d'élaborer un programme en études canadiennes conçu pour offrir les services d'un centre de ressources pour l'élaboration de programmes d'études sur le site Web de l'ACSUS. Ce centre de ressources fournira un portail aux personnes et aux institutions qui voudront accéder à une base de données complète de ressources pour le perfectionnement en études canadiennes.

Ce centre de ressources comprendra de multiples outils conçus pour faciliter l'intégration de contenu relatif aux études canadiennes dans les programmes d'études. L'une de ses composantes principales sera la banque de cours en études canadiennes, qui englobera un grand éventail de disciplines et de niveaux. Une bibliographie analytique reliée à la banque de cours appuiera et orientera davantage les projets d'élaboration de cours et de programmes.

Une note parue dans le numéro du 3 décembre 2004 de Contact illustre l'accroissement de l'intérêt pour les études canadiennes à l'étranger. Le rapport indiquait qu'un réseau latino-américain pour les études canadiennes avait officiellement été créé le 14 novembre 2004 à Caracas, au Venezuela. Le Red Latinoamericana de Estudios Canadienses (RELEC), qui représente neuf pays, a élu trois officiers : Gilberto Lacerda (Brésil); Josefina Castro (Cuba) et Sergio Stange (Chili). De plus, une constitution et une déclaration ont été adoptées et seront traduites sous peu en anglais et en français.

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Conclusion 19 : Les missions affirment faire appel plus souvent aux canadianistes et aux anciens boursiers pour favoriser l'atteinte des objectifs du Canada à l'étranger. Comme nous le soulignons à la conclusion 20, l'influence des canadianistes est souvent employée de façon stratégique pour influencer des groupes ciblés, comme les décideurs et les politiciens.

Un rapport à l'intention du personnel du consulat du Canada (2004) à Seattle, Washington, décrivait le 5e gala annuel du Canada comme suit :

« Le gala du Canada à Seattle est devenu un événement de relations publiques incontournable du consulat à Seattle, dont les nombreux objectifs comprennent notamment : offrir une tribune de diplomatie publique qui attire des acteurs des deux côtés de la frontière afin de "célébrer nos relations"; fournir des occasions de réseautage aux représentants du gouvernement et aux gens d'affaires; promouvoir les produits canadiens; promouvoir le tourisme au Canada; accroître le profil et le nombre de membres de la Canada America Society (CAS); faire la promotion des études canadiennes; réunir des fonds pour le CAS Scholarship Fund; susciter la participation des diplômés à des événements locaux; et susciter le bon vouloir envers le Canada... Le gala a reçu 760 invités. Les administrateurs gouvernementaux, chefs militaires, gens d'affaires, représentants culturels, universitaires et organisations sociales étaient tous représentés. » [TRADUCTION]

Il est difficile d'étayer les répercussions des occasions de réseautage fournies par de tels événements; toutefois, la possibilité qu'ils offrent aux représentants du monde universitaire, des affaires et de la politique de se rencontrer, et surtout, de partager des idées, des sources de préoccupation et des stratégies augmente certainement la portée du dialogue sur les enjeux de la politique gouvernementale qui sont pertinents pour le Canada et les pays d'accueil.

Le personnel de la mission canadienne au Mexique a récemment signalé que les 23, 24 et 25 novembre 2004, la chaire d'études canadiennes Atwood/Roy de l'Université nationale du Mexique (UNAM) a tenu une série de conférences où étaient invités des écrivains canadiens et mexicains. Le rapport indique que cet événement faisait partie de Canadian Indigenous Fall, inauguré avec l'exposition de photographies de Valerie Burton au musée d'anthropologie et qui s'est terminé par la visite de l'honorable Paul Okalik, premier ministre du Nunavut. La délégation d'écrivains canadiens était composée de Buffy Sainte-Marie (Crie), Rita Mestokosho (Innue) et Patricia Monture (Mohawk). Les participants mexicains, sous l'égide de l'Association des auteurs autochtones du Mexique, comprenaient des écrivains autochtones de plusieurs des 62 groupes linguistiques différents du Mexique.

Le rapport précisait que :

« Bien qu'en moyenne, 50 personnes aient assisté à chaque conférence, ceux qui se sont présentés étaient ceux qui manifestaient un intérêt précis pour l'événement, qui a reçu une couverture médiatique dans les journaux nationaux du Mexique. En tout, cinq articles ont été publiés jusqu'à maintenant, dont un article de trois pages publié en entier dans La Jornada et un article d'une demi-page dans La Reforma. El Universal prévoit publier un important article dans son supplément culturel du dimanche (date encore indéterminée). Ce sont là les trois journaux nationaux les plus importants du Mexique. » [TRADUCTION]

Un rapport reçu de l'Ambassade du Canada en Croatie fournit l'information suivante sur la réunion inaugurale du chapitre Croate de l'Association d'études canadiennes en Europe centrale, qui s'est déroulée le 10 février 2004 à l'Université de Zagreb :

« Le professeur Ivo Josipovic, de la Faculté de droit, a été élu président à l'unanimité. Le docteur Josipovic s'intéresse depuis longtemps aux études canadiennes. Il a joué un rôle important au sein du 'Projet de formation des juges' subventionné par l'ACDI qui est dirigé par le juge Rivet du Tribunal du Québec et, à ce titre, il a étudié la Charte canadienne des droits et en a fait l'objet d'un enseignement dans le cadre des cours qu'il dispense à la Faculté de droit. Il a fondé une bibliothèque de droit grâce à des dons reçus du Canada, qu'il a par la suite proposée comme Centre des études canadiennes du chapitre croate. »

Un récent rapport à l'intention du personnel de mission canadienne en Allemagne stipule que :

« Une tournée de conférences organisée en Allemagne par le professeur d'économie Thomas D. Courchene a fourni l'occasion de faire le lien entre l'histoire de la réussite du processus de réforme fiscale au Canada et l'intérêt manifesté par l'Allemagne envers une réforme structurelle, ainsi que de présenter le Canada comme un marché attrayant pour les investisseurs et un partenaire commercial de choix. Le professeur Courchene a prononcé trois allocutions bien accueillies et substantielles à Munich, à Francfort et à Berlin. Dans chaque ville, il a fait un compte-rendu détaillé de la façon dont le ministre des Finances, Paul Martin, avait instauré les réformes qui ont permis au Canada de profiter pleinement du mouvement à la hausse de l'économie concurrente des É.-U. pour passer de l'avant-dernier rang du rendement budgétaire des pays du G-7 (devant l'Italie) à la position unique du seul pays ayant eu des surplus budgétaires consécutifs au sein du groupe. » [TRADUCTION]

Le rapport affirme en outre que la tournée de conférences a démontré l'utilité : « a) de choisir un sujet d'intérêt national pour les Allemands qui permette aussi de montrer le Canada sous un jour favorable et b) de travailler en collaboration avec les partenaires locaux, qui ont grandement contribué au succès des événements en rejoignant un plus vaste public que l'Ambassade n'aurait normalement rejoint » [TRADUCTION].

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Conclusion 20 : Les canadianistes sont cités dans les organes d'information à propos de questions rattachées à la politique étrangère du Canada. La société civile est ainsi exposée aux commentaires avisés de canadianistes indépendants sur des enjeux importants. Les effets directs sont difficiles à démontrer mais ils sont jugés positifs par les missions.

Un rapport de la mission canadienne en Australie s'est prononcé sur le rôle que jouent les canadianistes dans les organes d'information au sujet des enjeux de la politique étrangère canadienne comme suit :

« Le Centre d'études canadiennes Canada-Australie de l'Université de Wollongong, financé par un programme d'études canadiennes, donne de l'information aux Australiens pour faciliter leur compréhension du Canada, surtout par l'entremise des médias, qui invitent souvent le Centre à faire des déclarations et des entrevues. Le personnel des organes d'information et le grand public se tournent souvent vers le Centre pour chercher des conseils d'experts afin d'expliquer la situation politique canadienne, en particulier lors des récentes périodes d'agitation internationale que nous avons connues. » [TRADUCTION]

Le rapport ajoute ceci :

« Nortel Networks commandite une conférence publique annuelle par l'entremise du Centre d'études canadiennes Canada-Australie. Ces événements ont servi à informer le public australien sur une série de sujets touchant la société canadienne moderne, dont le multiculturalisme, les questions autochtones et la littérature canadienne. Les conférenciers invités, à ce jour, ont été : le professeur Leroy Little Bear, Peter Bregg, Roch Carrier, Margaret Atwood et la sénatrice Vivienne Poy. »

Un exemple de la valeur que représentent les relations établies par les canadianistes avec des journalistes à l'étranger a été cité après la conférence de Grainau célébrant le 25e anniversaire de la GKS. Le président de la GKS, Dirk Hoerder, a invité le journaliste pigiste Gerd Braune à assister à la conférence.

« Gerd Braune est l'un des rares journalistes allemands qui écrit régulièrement des articles sur les questions canadiennes dans les journaux et autres médias allemands. Sa visite à Stuttgart, où il a rencontré des journalistes, des universitaires et des étudiants au Deutsch-Amerikanisches Zentrum, a réuni un grand nombre de participants et s'est avérée stimulante, tout comme ses rencontres à l'Amerika Haus, à Munich, et son allocution à la réunion annuelle de la GKS à Grainau. »

Conclusion 21 : Les entrevues avec des canadianistes, la documentation appuyant leurs rapports annuels, les travaux de la conférence et les lettres adressées au personnel de l'ACE-AÉC et du CIEC reflètent un haut degré de satisfaction à l'égard des programmes en études canadiennes.

Un examen des discours prononcés par les canadianistes lors du 25e anniversaire des études canadiennes à Ottawa témoigne de la profonde reconnaissance et de la gratitude manifestées par les canadianistes envers le personnel de l'ACE-AÉC.

La conclusion d'une lettre adressée à S.E. Marie Bernard-Meunier, ambassadrice du Canada à Berlin, datée du 31 janvier 2001, est un exemple typique de la gratitude exprimée par nombre de canadianistes au fil des ans. « Enfin, j'aimerais vous exprimer personnellement ma gratitude ainsi qu'à votre personnel hautement compétent et engagé pour son immense soutien à la GKS et aux études canadiennes dans les pays germanophones. La collaboration entre l'Ambassade et la GKS est marquée du sceau de la confiance et inscrite dans une atmosphère d'amitié. »

En plus d'exprimer leur reconnaissance aux gestionnaires de programmes de l'ACE-AÉC, les canadianistes en Allemagne ont dernièrement reconnu les contributions du personnel du CIEC à Ottawa, en nommant Gaëtan Vallières membre honoraire de la GKS lors de la réunion de ses membres à Grainau, le 21 février 2004.

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Conclusion 22 : Les données d'enquêtes recueillies auprès des anciens boursiers du Programme des bourses du Commonwealth du Canada et du programme de Bourses du gouvernement du Canada confirment l'utilité de ces programmes et la satisfaction à leur égard. Les chiffres varient entre les pays bénéficiant de l'ADÉ et ceux n'en bénéficiant pas.

Les anciens boursiers ont exprimé une satisfaction considérable eu égard à l'utilité de leurs études au Canada pour leur cheminement de carrière. Comme le rapport de l'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études le fait remarquer, « plus de 93,1 % des répondants ont jugé le programme extrêmement ou très utile pour la poursuite de leurs aspirations professionnelles, et seulement 1 % le considèrent comme un échec. Les commentaires des anciens boursiers indiquent de façon générale que les études qu'ils ont eu la possibilité de faire au Canada leur ont permis de dépasser leurs perspectives de carrières initiales, ce qui va dans le sens des données susmentionnées » [TRADUCTION].

Lorsqu'on leur demande d'évaluer si les bourses ont contribué à répondre aux besoins économiques, sociaux et culturels du pays où elles ont été attribuées, 89,4 % des répondants les ont trouvées utiles. Toutefois, les réponses fournies par les titulaires de bourses des pays en émergence, visés par l'ADÉ, et des pays développés, non visés par l'ADÉ. Comme le mentionne l'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études, « 81,5 % des anciens boursiers des pays visés par l'ADÉ considèrent que les bourses contribuent beaucoup ou énormément à l'ensemble du développement de leur pays d'origine, comparativement à 51,7 % seulement dans les pays non visés par l'ADÉ » [TRADUCTION].

L'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études demandait aux répondants d'évaluer la qualité de leur expérience au Canada sous un angle pédagogique, socioculturel et sur le plan des ressources; 99,1 % d'entre eux ont qualifié le niveau de l'enseignement reçu au Canada comme étant très satisfaisant ou satisfaisant. Une fois encore, le pays d'origine des étudiants a influé sur les réponses, puisque 84,9 % des répondants originaires de pays visés par l'ADÉ, pays en émergence, ont évalué la qualité de l'enseignement reçu au Canada comme très satisfaisante, contre 75,1 % des répondants de pays non visés par l'ADÉ, des pays développés. L'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études mentionnait également que des « commentaires ajoutés par d'anciens boursiers indiquaient qu'ils recommanderaient le Canada comme destination d'études à leurs enfants et aux chercheurs de leur pays, y compris les futurs étudiants » [TRADUCTION].

Aux questions visant à évaluer dans quelle mesure les boursiers avaient acquis une meilleure compréhension de la société et de la culture canadienne, des Canadiens et du système d'enseignement canadien, « 73,9 % des répondants ont jugé que leur compréhension était bien meilleure qu'avant, tandis que 20,4 % ont répondu qu'elle était un peu meilleure ».

Conclusion 23 : Le vaste réseau de canadianistes, d'anciens boursiers et de Canadiens ayant étudié ou travaillé à l'étranger n'a pas été utilisé de façon stratégique pour réaliser davantage les objectives du Ministère.

Des entrevues réalisées auprès du personnel de l'ACE-AÉC et du CIEC, de même que l'information consignée dans les rapports des missions canadiennes à l'étranger indiquent que les titulaires de bourses et les canadianistes ont été appelés à divers degrés à soutenir les objectifs de la politique étrangère du Canada. L'expérience multiculturelle et l'expertise acquises par ces personnes pourraient jouer un rôle important sur le plan communautaire, national et international, en particulier en ce qui a trait aux enjeux faisant appel à la coopération et à la compréhension internationales. Malgré cela, le potentiel stratégique de ce réseau de personnes dévouées et des Canadiens qui travaillent souvent avec elles n'est pas pleinement exploité. Dans une certaine mesure, cela peut s'expliquer par les limites des ressources. Toutefois, une meilleure estimation de la valeur stratégique de ce réseau, à l'intérieur comme à l'extérieur du Canada, et une plus grande insistance sur la façon dont il peut contribuer à la promotion des objectifs de la politique étrangère du Canada sont clairement nécessaires.

De façon similaire, les résultats de l'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études prouvent que bon nombre de ces personnes jouent un rôle d'influence dans leur propre pays et sur la scène internationale. Des stratégies de suivi doivent être mises sur pied afin que soient mieux utilisés l'intérêt et l'estime témoignés par cet important bassin de ressources de talent.

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3.3.1 Répondre aux attentes d'AÉC et de ses partenaires

Les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études sont possibles grâce à un ensemble complexe de partenariats. Les entrevues en face à face, les conversations téléphoniques et l'examen de documents pertinents indiquent que dans la plupart des cas, les attentes d'AÉC et de ses partenaires sont comblées de manière positive, bien que certains partenaires indiquent qu'ils aimeraient davantage de collaboration et que d'autres aient fait remarquer que les contraintes de ressources affectaient à certains moments leurs relations. Le tableau 3.2 présente un résumé des partenaires ciblés, les attentes qu'ils avaient et la mesure dans laquelle elles ont été comblées.

3.2 Combler les attentes d'AÉC et de ses partenaires
CibleAttenteCommentaire
AÉCLiens avec les objectifs du MinistèreCollaboration plus efficace
ACE-AÉCPromotion de la culture et des valeurs canadiennesConsidérées avec réalisme et positivisme; les ressources limitées sont source de préoccupation.
CIECProgrammes à jour et soutien de la politiquePartenariat solide et viable
MissionsProgrammes attrayants, soutien continuGénéralement très positifs; ressources limitées
RHDCCCollaboration en matière de programmes et aide pour les visasTrès reconnaissants, veulent établir des partenariats.
FulbrightPartenariat continuTrès reconnaissants

3.4 Conséquences inattendues

Conclusion 24 : L'émergence de réseaux d'études canadiennes en Europe, en Europe de l'Est, dans les pays baltes et en Amérique latine a accru la portée des programmes et encouragé les discussions multinationales de la culture et des enjeux canadiens.

Un exemple de conséquence inattendue découlant de l'aide apportée par les programmes en études canadiennes est le développement d'un réseau régional de pays pour partager de l'information et des pratiques relatives au Canada. Bien que les gestionnaires de programmes d'ACE-AÉC sont heureux de cette évolution, l'impulsion vers ce partage multinational a en grande partie émergé des associations nationales elles-mêmes. L'instauration récente de l'Association d'études canadiennes en Europe centrale / Central European Association for Canadian Studies illustre ce phénomène stratégique. Fondée en 2003, cette association réunit des professeurs d'université, des chercheurs et des étudiants de la région de l'Europe centrale qui réalisent des ouvrages sur le Canada. Comme le mentionnait un rapport récent :

« L'origine de l'Association, fondée en 2003, remonte à la première rencontre des [c]anadianistes de cette région de l'Europe à Budmerice, en Slovaquie, au mois de mai 1995, ainsi qu'à l'organisation de la première Conférence internationale des [c]anadianistes d'Europe centrale, à Brno, en République tchèque, trois ans plus tard. Le développement ultérieur de l'AECEC a beaucoup bénéficié de l'impulsion que lui ont donnée le Réseau européen d'études canadiennes (REEC), ainsi que l'Association d'études canadiennes dans les pays de langue allemande (GKS). À l'heure actuelle, l'Association compte des membres, regroupés en « chapitres nationaux », qui proviennent de la Bulgarie, de la Croatie, de la République tchèque, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro, de la Slovaquie et de la Slovénie. »

Un rapport daté du 24 septembre 2001, rédigé par un employé de la mission canadienne à Riga, relatait les débuts de l'Association d'études canadiennes dans les pays baltes comme suit :

« Après environ 50 ans d'isolement sous le régime soviétique, la Lituanie s'est ouverte sur le monde. En ce sens, l'apprentissage de langues étrangères a été, depuis le tout début de notre nouvelle indépendance, d'une grande importance parce qu'il a permis aux Lituaniens de communiquer avec le reste du monde. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles la philologie, une discipline très poussée et spécialisée, prend une signification toute particulière dans ce contexte [...] Les études canadiennes, inaugurées à l'Université de Vilnius en 1998, ont sollicité un grand intérêt en Lituanie (et pas seulement de la part des philologues). Le Salon du Canada, aménagé par le Département de philologie anglaise (DPA) grâce à l'aide financière du gouvernement du Canada et d'investisseurs privés, est universellement admiré et sert un projet de prestige. L'intérêt des étudiants pour les études canadiennes croît sans cesse [...] La conférence de l'année dernière (« Discovering Canada »), organisée conjointement par l'Association nordique d'études canadiennes et le DPA, a connu un énorme succès (plus de 100 personnes y ont assisté); par conséquent, on a décidé de poursuivre sur la même lancée cette année. L'un des ambassadeurs qui avait participé à la première conférence a été à même « de constater de visu le grand intérêt porté aux sujets canadiens au sein du corps enseignant et de la population étudiante de Vilnius ainsi que la capacité des organisateurs de mettre sur pied un grand événement de niveau universitaire » [TRADUCTION].

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Conclusion 25 : Les réseaux et fondations d'études canadiennes ont permis de tirer profit d'une aide aux programmes considérable, à partir d'un financement relativement modeste provenant de l'ACE-AÉC. C'est particulièrement vrai dans les pays où sont établies des associations d'études canadiennes parvenues à maturité.

Un examen attentif du budget 2004 pour les études canadiennes en Allemagne révèle les contributions faites par des universités et d'autres institutions au profit de professeurs invités, de centres de documentation et d'activités de recherche et de relations externes. D'autres exemples d'optimisation des ressources de l'ACE-AÉC sont présentés ci-dessous :

Un rapport du Haut-commissariat du Canada à Londres mentionne :

« Depuis 1974, la Fondation veille à ce que le secteur privé complète le financement du gouvernement du Canada pour les études canadiennes, surtout dans les universités du R.-U. Ensemble, ces sources de financement peuvent permettre des dépenses supplémentaires considérables dans les universités du R.-U. et d'ailleurs. Ce facteur d'amplification est estimé à environ neuf fois les fonds injectés par le gouvernement du Canada et la Fondation. Le conseil d'administration de la Fondation est formé de gens d'affaires chevronnés britanniques et canadiens au R.-U., d'universitaires du R.-U. et du Canada ainsi que du directeur du bureau londonien de la CBC. » [TRADUCTION]

Le Centre d'études canadiennes Canada-Australie de l'université de Wollongong a été inauguré le jour de la Confédération, le 1er juillet 2000. Le Centre a établi divers partenariats avec l'industrie, la communauté et le gouvernement, et a pris part à de multiples événements et publications. Nortel Networks, qui a un centre de recherche dans cette université, offre un appui important au Centre et à ses activités. Nortel Networks parraine une conférence publique annuelle par l'entremise du Centre d'études canadiennes Canada-Australie. Ces événements ont servi à informer le public australien sur une série de sujets rattachés à la société canadienne moderne, dont le multiculturalisme, les questions autochtones et la littérature canadienne.

Conclusion 26 : Les missions signalent que les canadianistes apportent un appui et une influence politiques à des dossiers délicats en matière de politique étrangère. Bien que ce ne soit pas planifié, ce n'est pas non plus inattendu.

Un rapport adressé au personnel de la mission canadienne au Mexique signalait que les canadianistes avaient éclairé les décideurs mexicains durant la « guerre du turbot » au début des années 1990 (incident entre le Canada et l'Espagne au sujet de l'embargo imposé à un navire de pêche); en outre, d'importantes dispositions législatives mexicaines relatives à la « réforme électorale (fin des années 1990) et à la législation relative à la vie privée (2002) » ont été influencées par les universitaires canadiens et mexicains. Les canadianistes au Mexique ont également agi comme conseillers en matière d'« enjeux internationaux majeurs : la responsabilité de protéger, la sécurité humaine et les opérations de maintien de la paix ».

Le personnel de la mission canadienne en Australie a écrit que le « Dr Paul Kaufmann, ancien boursier en études canadiennes, de concert avec le personnel du Haut-commissariat à Canberra, a pris des mesures pour que des représentants du ministère de l'Emploi et des Relations en milieu de travail du gouvernement d'Australie entreprennent un voyage d'études au Canada afin de se familiariser avec les programmes d'emploi destinés aux Autochtones » [TRADUCTION].

Conclusion 27 : Les canadianistes ont facilité la création de cercles d'études bilatéraux et mondiaux sur des enjeux internationaux importants.

L'Ambassade du Canada en Allemagne a fourni un excellent exemple de coopération bilatérale entre canadianistes ayant obtenu l'appui d'un réseau plus vaste d'universitaires ainsi que l'aide financière d'institutions d'envergure. Le rapport mentionne que :

« À partir de son expérience en tant que membre de la commission germano-française sur les manuels scolaires, qui avait enquêté sur le contenu de manuels scolaires français et allemands et avait conduit à des modifications et des améliorations de ces manuels en vue d'éviter des préjudices et des images faussées, le géographe de l'Université de Marbourg, Alfred Pletsch, en collaboration avec le géographe Alfred Hecht, de l'Université Wilfrid Laurier, a entrepris des recherches sur le contenu canadien de manuels scolaires allemands et sur le contenu allemand de manuels canadiens. » [TRADUCTION]

Ils ont pu le faire grâce à leur étroite collaboration avec l'Institut Georg Eckert de recherche internationale sur les manuels scolaires à Braunschweigo et l'aide financière substantielle de celle-ci, une institution financée par le German Bundesldnder (provinces). Pletsch et Hecht ont également examiné des programmes d'études et commissions scolaires au Canada et en Allemagne, pour finalement produire des recommandations à l'intention des enseignants, des auteurs et des éditeurs de manuels scolaires ainsi que des institutions gouvernementales, qui établissent les directives en matière de manuels scolaires. Afin de promouvoir l'amélioration du contenu des manuels scolaires, les universitaires ont rencontré des bureaucrates des ministères culturels et des éditeurs de manuels scolaires. Ils ont ensuite mis au point le RTGV, un Recueil de textes géographiques virtuels trilingue sur le Canada et l'Allemagne.

Ce qui avait débuté comme un passe-temps pour les deux universitaires est devenu un projet auquel prennent part une vingtaine d'universitaires et d'enseignants et leur personnel. Bien que le RTGV soit encore au stade d'essai, il est pleinement en état de marche. Les « modules » consciencieusement pensés du recueil de textes virtuels vont bien au-delà de la simple géographie. C'est également un outil utile pour les étudiants des universités, les enfants d'âge scolaire et le grand public. Il a une bonne cote auprès des experts, et de fait, il est actuellement traduit en chinois (financé par des sources chinoises). L'Ambassade et l'ACE ont soutenu le projet du RTGV modestement au fil de sa création. Entre-temps, des sources allemandes ont déboursé la plus grande partie des coûts, à savoir plusieurs centaines de milliers de dollars.

Conclusion

Les résultats produits par le vaste réseau de canadianistes sont impressionnants même s'ils sont plutôt difficiles à mesurer avec exactitude. L'ACE a établi un large bassin d'universitaires dans le monde qui étudient, enseignent et écrivent à propos du Canada. En comparaison avec des pays comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande et ainsi de suite, le Canada a une longueur d'avance pour mousser l'intérêt à son sujet. L'un des enjeux du programme est de savoir comment traduire cet intérêt et ces résultats en influence. Comme nous l'avons vu dans cette section, le programme a eu des effets positifs. Cependant, nous avons également constaté les difficultés à obtenir des résultats lorsque confrontés à de modestes ressources distribuées à grande échelle. La gestion des ressources en vue d'obtenir de meilleurs résultats est le sujet de la prochaine section.

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4. Efficience des programmes en études canadiennes et des programmes de bourses d'études

4.1 Introduction

La relation entre les ressources et les résultats est le sujet de la présente section. Comment l'ACE traduit-elle ses ressources en résultats? Pour étudier cette question, nous avons d'abord considéré l'environnement dans lequel travaille l'ACE. Comme l'a dit Peter Drucker, « Le contexte n'est pas un outil pour les gestionnaires; c'est le facteur dont les gestionnaires doivent tenir compte » [TRADUCTION]. Nous avons surtout exploré le milieu des intervenants. Nous avons ensuite examiné le modèle de gestion et le modèle de programme. Dans les deux cas, nous avons exploré les pratiques exemplaires et les améliorations souhaitables.

Conclusion 28 : Le programme de l'ACE évolue dans un milieu à intervenants multiples.

Comme le schéma du tableau 4.1 l'illustre, l'ACE se situe dans un réseau complexe de relations qui nécessitent la coopération et l'appui continus de différents intervenants. Les chefs de mission, le personnel de mission en provenance du Canada, le personnel de mission recruté sur place et les canadianistes et universitaires locaux jouent un rôle déterminant dans les relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres ainsi qu'avec les intervenants appropriés dans chaque pays. Qui plus est, au Canada, les relations entre le personnel d'AÉC et de l'ACE-AÉC ainsi que du CIEC et du Programme Fulbright sont également complexes; elles font également appel à des intervenants à l'étranger. Des entrevues avec les joueurs susmentionnés de ce réseau, de même qu'un examen des documents et rapports pertinents, indiquent que dans la grande majorité des cas, ces relations se sont déroulées dans un esprit de collaboration, de respect et de productivité, surtout si l'on tient compte des ressources limitées avec lesquelles fonctionnent les programmes.

Tableau 4.1 Relations entre les intervenants

Stakeholder Relationships

Dans un tel contexte, un grand nombre de transactions ont lieu, ce qui peut accroître considérablement les coûts d'un programme. Dans le cas de l'ACE, nous avons remarqué que le coût des opérations est amoindri par les bonnes relations qu'elle entretient avec les intervenants.

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Conclusion 29 : Le réseau complexe des intervenants des programmes en études canadiennes et des programmes de bourses d'études se sert d'un style de gestion fondé sur la collaboration et le bon vouloir.

Les entrevues avec les gestionnaires de programmes d'ACE-AÉC et avec le personnel du CIEC, de même que les réponses données par le personnel des missions canadiennes aux questions de l'enquête indiquent que les résultats et le rendement des programmes sont gérés à différents niveaux et qu'une routine de collaboration permanente s'installe entre les personnes concernées. De fait, les diminutions de financement augmentent la dépendance envers la collaboration plutôt que les relations contractuelles dans différents pays.

Les personnes interrogées ont décrit les facteurs qui suivent comme déterminants pour le succès des gestionnaires de programmes de l'ACE-AÉC à faciliter les interactions entre les principaux intervenants.

  1. La compréhension des buts et des objectifs du Programme des relations universitaires et capacité de les harmoniser aux contextes éducatif et culturel actuels et émergents des pays où ils travaillent.
  2. La capacité à établir et à maintenir la communication avec le personnel de mission en provenance du Canada de même qu'avec le personnel recruté sur place pour les aider.
  3. La capacité de reconnaître les étapes du développement des programmes en études canadiennes dans les pays dont ils sont responsables, ainsi que l'utilisation stratégique des instruments ou la modification de ceux qui existent pour répondre aux besoins précis qui découlent d'une situation donnée, notamment :
    • identifier les universitaires intéressés par les études canadiennes et les encourager à aller de l'avant en s'inscrivant aux BCS, BREC, subventions de voyage, etc.;
    • encourager les universitaires intéressés par les études canadiennes en les informant des subventions accordées aux bibliothèques; les encourager à assister à des conférences ou à donner des séminaires portant sur des sujets associés aux études canadiennes;
    • encourager les universitaires intéressés soit à créer une association d'études canadiennes, soit à mettre sur pied des programmes en études canadiennes au sein de leur université;
    • encourager la mise sur pied d'un centre d'études canadiennes comptant au moins quatre disciplines, en s'assurant que les universitaires intéressés suivent les directives de financement qui ont été établies pour la création de ces centres;
    • faciliter l'organisation de groupes de discussion, de séminaires et de conférences offerts par les associations ou centres d'études canadiennes;
    • encourager aussi les canadianistes locaux à intégrer à leurs conférences et réunions des activités culturelles, des présentations et remises de bourses ainsi que des occasions de rencontrer des personnalités locales, du monde des affaires et des médias dans leur collectivité, leur pays ou leur région.

Dans une entrevue en face à face réalisée au Brésil avec la présidente de l'ABECAN, celle-ci a mentionné qu'elle procédait à la mise à jour la constitution de l'ABECAN. Elle a mentionné que deux des changements clés consisteraient à faire passer le mandat du président de deux à quatre ans et à prendre des mesures pour qu'au moins une partie des services fournis par celui-ci à l'organisation soit rémunérée. Elle a dit qu'il sera difficile de trouver un président de remplacement parce que la gestion de l'organisation demande beaucoup de temps et que le personnel de soutien est insuffisant. Elle considère que l'organisation est fragile en raison du problème de financement. Ces propos formulés librement mettent en lumière la valeur que recèlent les longues heures de bénévolat consacrées par les canadianistes pour mettre sur pied, maintenir et renforcer les associations d'études canadiennes.

Conclusion 30 : Le modèle de gestion utilisé par l'ACE, qui intègre les idées de stratégie, d'orientation, de leadership, d'activités fonctionnelles et de relations, a été relativement efficace, mais pourrait être amélioré.

Le tableau 4.2 présente les forces et les faiblesses du modèle et des pratiques de gestion employés par l'ACE. De façon générale, nous avons constaté que le modèle utilisé réussissait assez bien. L'orientation stratégique, le leadership, les activités fonctionnelles et les relations étaient tous perçus favorablement par le personnel et les intervenants. Cependant, certains problèmes importants ont été signalés par les personnes interrogées en tant que facteurs diminuant l'efficacité de l'ACE. Premièrement, il est question d'une stratégie et d'une perspective stratégique plus claires. Bien qu'il s'agisse d'une critique du modèle de gestion de l'ACE, celle-ci ne peut y remédier. En général, il revient à AÉC et au gouvernement du Canada de clarifier leur conception du « troisième pilier » de la diplomatie publique. C'est dans ce contexte que l'ACE peut instaurer un meilleur cadre stratégique. Nous avons aussi repéré des faiblesses dans les liens qu'entretient l'ACE avec d'autres ministères, son travail en matière de GR, etc. Celles-ci sont toutes résumées au tableau 4.2.

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4.2 Modèle et pratiques de gestion employés par l'ACE
ForcesPoints à améliorer
Orientation stratégique
  • L'ACE revoit les examens sommaires des missions et réagit aux informations fournies par celles-ci.
  • Priorités changeantes selon les différents pays
  • Le CIEC et le Programme Fulbright s'avèrent des instruments efficaces.
  • Approches régionales et nationales mises à l'oeuvre
  • Mise à profit des avantages et synergie
  • Leadership du Canada sur la scène internationale
  • Le cadre stratégique et l'accent mis sur les ressources ne sont pas suffisamment liés à d'autres sections d'AÉC et du GDC - coordination stratégique requise.
  • Question de la responsabilité devant le Parlement
  • Les instruments des programmes doivent cibler le rôle de des participants canadiens.
  • Faut-il désigner un champion des questions d'apprentissage, de savoir et d'éducation à l'échelle internationale?
Leadership
  • Axé sur le programme
  • Sensible aux besoins des missions et du CIEC
  • Modèle de gouvernance
  • Nécessité d'une orientation davantage axée sur les résultats pour beaucoup d'éléments de leadership
Activités fonctionnelles
  • Opérations du programme
  • Le CGRR commence à être mis en pratique.
  • Attribution systématique de financement
  • Amélioration de la mémoire de l'organisation
  • Procédures facilitant la collaboration pour la surveillance des résultats ainsi que leur publication
  • Apprentissage organisationnel
  • Stratégies de communication
Relations
  • Relations interpersonnelles et confiance
  • Relations avec les missions
  • Collaboration interministérielle - Coordination des opérations

Le modèle de programme utilisé par AÉC est vu comme assez efficace et, dans certains cas, il fait appel à des pratiques exemplaires. Pour ce volet, nous avons exploré la planification et les priorités, les applications, la sélection, la mise en oeuvre, la surveillance et les comptes rendus, de même que le suivi et l'utilisation qui sont faits.

Le modèle de programme renvoie plutôt à la façon dont les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études sont opérationalisés. Ces deux types de programmes emploient des procédures de planification, de mise en oeuvre et de suivi. Nous avons examiné ces procédures. De façon générale, nous avons constaté que la gestion des programmes était très bonne et continuait de s'améliorer.

Le tableau 4.3 résume les forces et les améliorations souhaitables pour six aspects importants du modèle de programme. Comme il l'indique, certaines forces se démarquent pour chaque aspect. Néanmoins, certains points demandent à être améliorés. Le ciblage stratégique de pays doit être considéré par les deux programmes de sorte que les ressources des programmes soient optimisées. Étant donné l'importance de plus en plus accordée à la surveillance et au compte rendu des répercussions qu'ont les programmes, des efforts sont déployés pour instaurer le Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR). Malgré cela, comme l'illustre le tableau 4.3, son efficacité varie selon le programme. Des outils conviviaux et davantage de formation sont nécessaires si l'on veut tirer pleinement profit des avantages du Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR).

4.3 Modèle et pratiques de programme
ForcesPoints à améliorer
Planification et priorités
  • Répond aux stratégies et aux besoins de la mission.
  • Plans opérationnels clairs
  • Utilisation accrue du cadre stratégique pour orienter les décisions en matière de programmation.
  • Ciblage stratégique de pays
  • Les priorités sont source de préoccupation.
Applications
  • Transparentes, systématiques, largement diffusées, produisent une bonne mise en commun
  • Les applications doivent inclure l'orientation axée sur les résultats.
Sélection
  • Transparente, systématique, examinée à plusieurs niveaux
 
Mise en oeuvre
  • Gérée efficacement
  • Besoin d'expliquer l'équilibre entre l'indépendance et les intérêts stratégiques.
Suivi et production de rapports
  • Intérêt à bien faire les choses
  • Varient selon le programme.
  • Manque d'outils conviviaux.
  • Des formulaires d'établissement de rapports simplifiés et des formulaires de rapports sommaires sont nécessaires.
  • Un plan opérationnel pour le suivi et l'établissement de rapports est nécessaire.
Suivi et utilisation
  • Nouvelle base de données sur les anciens boursiers
  • Listes des missions
  • Plus de liens doivent être faits avec les principaux enjeux canadiens.
  • Les ressources et la capacité doivent être accrues.

Conclusion 31 : Le modèle de programmation utilisé par l'ACE est considéré relativement efficace et dans certain cas utilise les meilleures pratiques. Dans ce domaine nous avons revu les pratiques de planification et de stratégie, les applications, la sélection, la mise en ouvre, les pratiques suivi et de rapport, et enfin le suivi et la mise en place du modèle.

Conclusion 32 : Les deux programmes sont considérés comme bien gérés sur le plan opérationnel. De fait, les sept champs de pratiques exemplaires suivants peuvent être définis en matière de gestion de programme.

Au niveau des programmes, nous avons dégagé un certain nombre de pratiques exemplaires. Le tableau 4.4 est un résumé de ces pratiques.

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4.4 Pratiques exemplaires
Pratiques exemplairesDonnées à l'appui des pratiques exemplaires
1. Les modalités de demande pour les deux programmes sont transparentes et de plus en plus liées aux principaux intervenants.Les canadianistes sentent qu'ils ont leur mot à dire dans le choix de ceux qui reçoivent du financement grâce à la procédure d'évaluation par les pairs pour le BCS, le BREC et d'autres subventions.
2. Les processus de sélection sélectifs sont employés dans les deux types de programmes et font appel à de nombreux intervenants.L'évaluation de la procédure d'évaluation par les pairs utilisée tant pour l'examen des demandes de subvention que pour le processus de sélection des boursiers révèle qu'elle est rigoureusement suivie.
3. L'utilisation de la technologie de l'information pour gérer les deux programmes devient une pratique exemplaire.L'évaluation des procédures de demande de subventions et de bourses et de la communication à cet effet, de même que l'échange d'information sur Internet confirment cette observation.
4. Les bénéficiaires des deux types de programmes sont satisfaits et apprécient les pratiques de gestion des relations en usage.Les réponses des canadianistes et du personnel de mission ainsi que les résultats de l'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études confirment cette conclusion.
5. Certains bureaux établissent des rapports entre les canadianistes et la stratégie locale de la mission de manière efficace.De nombreux bureaux, en particulier dans les pays comptant des programmes en études canadiennes matures et établis, affirment qu'ils apprécient cette aide.
6. Les procédures d'évaluation par les pairs sont des pratiques exemplaires pour les deux types de programmes.Les entrevues réalisées avec des canadianistes et le personnel de l'ACE-AÉC et du CIEC indiquent que l'évaluation par les pairs a une importance fondamentale pour les deux programmes.
7. La consignation et la diffusion aux canadianistes sous forme de documents imprimés et par des moyens électroniques de plus en plus utilisés constitue certainement une pratique exemplaire.L'utilisation généralisée de sites Web et la création de portails perfectionnés, comme le site Web d'Accès Canada au Royaume-Uni et le projet de la bibliothèque virtuelle en Allemagne, sont des exemples probants.

Conclusion 33 : Les programmes de bourses font appel à des normes et des procédures exemplaires pour l'application, la sélection et la gestion des boursiers, qui manifestent un haut degré de satisfaction à leur égard.

La nouvelle base de données de l'étude sur les anciens récipiendaires de bourses d'études donne la possibilité de mesurer les résultats et de produire des rapports, bien qu'elle n'en soit qu'au début de son élaboration.

Les gestionnaires de programmes de l'ACE-AÉC et du CIEC ont affirmé craindre que les fonds soient insuffisants pour assurer un suivi auprès des boursiers et les faire intervenir de façon dynamique afin de multiplier les résultats et les retombées des programmes.

Toutes les personnes interrogées, tant au Canada qu'à l'étranger, ont indiqué que le CIEC était un excellent gestionnaire des opérations pour les deux programmes, pour les raisons suivantes :

  1. le personnel du CIEC comprend la communauté universitaire;
  2. le personnel du CIEC fournit des économies d'échelle et ajoute de la valeur aux projets de l'ACE;
  3. le CIEC fournit des coefficients de multiplication considérables.

Conclusion 34 : Bien que les programmes aient été jugés plutôt efficaces, ils demeurent un peu faibles sur le plan du ciblage et des priorités.

Après avoir terminé une vaste série d'entrevues, révisé un grand volume de documents imprimés et électroniques et mis les conclusions dégagées en rapport avec le dialogue émergent sur l'importance du réseautage et sur l'intérêt et la volonté des Canadiens à l'étranger et au Canada de promouvoir les objectifs de la politique étrangère canadienne, on peut avec raison conclure que les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études doivent être rattachés plus efficacement à un cadre stratégique plus large et inclusif à même les AÉC.

Un certain nombre de questions dépassent les compétences de l'ACE et la portée de cette étude; toutefois, il serait des plus approprié que ceux qui participent à l'examen actuel de la politique étrangère tiennent davantage compte la valeur stratégique du réseau de canadianistes et d'anciens boursiers pour la promotion des intérêts canadiens et internationaux.

En même temps, certaines questions - comme celles des pays ciblés, des arrangements individuels par opposition aux arrangements institutionnels, et de l'aide à une élite de boursiers par opposition à un grand bassin d'étudiants - devraient être réglées par la Direction des relations académiques internationales et ses partenaires.

De plus, il est tout à fait nécessaire de se pencher davantage sur le rôle des Canadiens et des institutions canadiennes dans les deux programmes.

Enfin, il faut reconnaître que la disponibilité des ressources est associée à l'efficacité des véhicules. Une meilleure utilisation stratégique de ces programmes afin qu'ils puissent contribuer au mieux à la politique étrangère canadienne dépendra de l'accès à des ressources suffisantes.

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Conclusion 35 : Les modalités d'attribution des subventions dans le domaine des relations avec les universités sont gérées de façon appropriée, mis à part deux exceptions.

Un des sujets de préoccupation de la direction de l'ACE, qui est ressorti des discussions organisées comme des discussions libres, est sa relation contractuelle avec le CIEC, ainsi que l'obligation de respecter les modalités de l'ACE. On nous a demandé d'étudier en particulier la question suivante :

« Jusqu'à quel point les modalités d'attribution des subventions sont-elles appropriées compte tenu du mandat du programme? Y a-t-il un bon équilibre entre la responsabilisation envers le public et la flexibilité, laquelle est nécessaire pour l'attribution stratégique de bourses? »

Dans l'ensemble, nous avons constaté que les modalités d'attribution de l'ACE étaient appropriées. De plus, il nous a semblé qu'elles étaient généralement bien appliquées. Le CIEC, à titre d'agent contractuel canadien, travaille en collaboration avec l'ACE, semble se conformer à ses obligations contractuelles et est perçu par différents intervenants comme ayant une influence positive sur le programme.

Toutefois, deux points de notre examen nécessitent des interventions. D'abord, nous avons remarqué que certaines bourses et subventions sont attribuées, et potentiellement retirées à certains candidats, par des lettres signées par le CIEC. Les directives du Conseil du Trésor (CT) stipulent que l'ACE-AÉC ne peut déléguer ses pouvoirs en matière de subventions au CIEC, à moins d'une autorisation à cet effet par le CT. Or, cette autorisation n'a pas été obtenue. Nous considérons qu'il s'agit là d'un manquement à la chaîne des responsabilités ministérielles qui doit être corrigé. L'ACE doit signer les lettres officielles, puisque c'est le gouvernement du Canada qui assure le financement.

Ensuite, les nouvelles directives du CT insistent sur la conception et l'utilisation de systèmes axés sur les résultats. L'ACE, de concert avec les autres groupes d'AÉC, a adopté un système de résultats plus explicite, et celui-ci devrait être appliqué aux relations contractuelles avec le CIEC. À notre avis, l'ACE produit maintenant des rapports davantage axés sur les résultats, même s'il y a encore place à l'amélioration.

Conclusion 36 : Les missions canadiennes à l'étranger sont essentielles pour la gestion des deux programmes. Elles sont particulièrement importantes pour repérer les canadianistes pouvant éventuellement encourager les demandes, faire des sélections, fournir du soutien et faire appel aux canadianistes et aux titulaires de bourses en vue de favoriser les objectifs appropriés en matière de politique étrangère.

Le rapport suivant documente le rôle du personnel de l'Ambassade canadienne en Allemagne et des canadianistes d'Allemagne de l'Ouest, pour ce qui est d'encourager le développement des études canadiennes en Allemagne de l'Est :

« Les études canadiennes existaient dans certaines universités de la RDA. Les canadianistes de ces universités ont régulièrement participé à la conférence annuelle de la Gesellschaft fur Kanada-Studien (GKS), Association des études canadiennes dans les pays de langue allemande, à Grainau. Bien que certaines recherches sur le Canada ont été faites dans un certain nombre d'universités à l'époque de la RDA, seul les membres de l'Université Humboldt à Berlin avaient le droit de donner des cours au contenu canadien. Avec la chute du mur de Berlin, il devint clair que les études canadiennes devaient et pouvaient être poussées. » [TRADUCTION]

« Le personnel de l'Ambassade a entrepris plusieurs projets et programmes en étroite collaboration avec le GKS et le financement de l'ACE. Les membres du conseil de la GKS et le personnel de l'Ambassade ont visité les universités d'Allemagne de l'Est et de Berlin (Est) chargés d'une mission en vue de recueillir des faits. Un séminaire interdisciplinaire d'une semaine destiné aux universitaires et aux étudiants de l'Allemagne de l'Est a eu lieu à l'Université de Trier en 1991. Au cours de la même année, trois universités d'Allemagne de l'Est ont reçu des fonds supplémentaires du ministère des Affaires étrangères pour l'acquisition de livres et de matériel pédagogique. Les demandes de bourses du BCS par les Allemands de l'Est ont été considérées d'un oeil favorable par le comité de présélection et le CIEC. La recherche à court terme dans les bibliothèques de l'Allemagne de l'Est bien mieux équipées qu'avant a été appuyée. En 1999, trois professeurs ont été invités dans des universités est-allemandes par voie de concours, par l'entremise du GKS. Le fait de faire appel au GKS a permis d'étudier de près les résultats. Tout ceci s'est produit dans un paysage universitaire qui a été considérablement restructuré selon le système universitaire de la RFA (sans parler des changements politiques en général). Un certain nombre de canadianistes d'Allemagne de l'Ouest sont allés à l'Est et y enseignent toujours (ou y ont enseigné pendant un certain temps). Tout ceci a conduit à la mise sur pied d'études canadiennes dans le New Laender. »

Le rapport suivant de 2004 sur l'Ambassade du Canada à Budapest, en Hongrie, fournit des détails sur le rôle de l'Ambassade et des canadianistes pour mettre en relation des universités canadiennes, et le secteur de l'éducation au sens large, avec des institutions gouvernementales à l'étranger. Le rapport indique que le ministre de l'Éducation de Hongrie « s'engage à moderniser et à promouvoir tous les niveaux d'éducation en Hongrie. Il se fait le champion du marketing de l'éducation et veut catalyser les liens et les échanges bilatéraux et multilatéraux ».

Sa réponse à l'information sur le Rescol du Canada l'a poussé à demander une rencontre entre l'Ambassade et la division ministérielle, qui gère un système similaire permettant de jeter un pont pour le partage de l'information. La proposition du Programme de mobilité des jeunes a reçu un très bon accueil, le ministre lui-même ayant suggéré qu'il pourrait être mis au service du nouveau Programme de formation en langues étrangères institué en septembre 2004, dans le cadre duquel 40 % des cours d'un élève du secondaire sont consacrés à l'apprentissage des langues. Le Programme de mobilité des jeunes pourrait rapidement former des étudiants maîtrisant les langues anglaise et française afin de répondre à la demande croissante de professeurs de langues, et il serait prêt à cautionner le programme auprès de ses homologues des ministères du Travail et des Affaires étrangères.

Les centres d'études canadiennes servent de ponts uniques entre les universités canadiennes et hongroises, et il a été convenu que ces ponts devraient être renforcés et multipliés.

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Conclusion 37 : Les missions canadiennes sentent généralement que les relations actuelles avec les gestionnaires de programmes de l'ACE-AÉC et le personnel du CIEC, eu égard à la programmation, sont efficaces.

Les entrevues et les documents obtenus auprès du personnel de la mission canadienne de même que les réponses aux questions de l'enquête indiquent que le travail des gestionnaires de programme de l'ACE-AÉC est grandement apprécié.

L'extrait suivant d'un texte écrit par un canadianiste en Lituanie est représentatif du type de commentaires que les gestionnaires de programme de l'ACE-AÉC reçoivent de l'étranger. « Rien de tout cela n'aurait pu être accompli sans votre aide diligente et votre intérêt. Une fois encore, je vous remercie et je remercie le gouvernement du Canada au nom des professeurs et des étudiants notre Faculté pour tout le bien que vous avez fait à l'Université de Vilnius ».

Un rapport sur les entrevues récentes réalisées auprès du personnel de la mission canadienne et des canadianistes en Allemagne, indique que tous sentent qu'ils peuvent « appeler l'Ambassade ou à Ottawa chaque fois qu'ils ont un problème ou une source d'inquiétude ».

Conclusion 38 : Bien que certains bureaux soient dotés des ressources humaines et financières minimales permettant de mettre efficacement à contribution les canadianistes et les boursiers, ce n'est pas le cas partout, ce qui soulève des problèmes d'efficacité, d'utilisation et de priorités. Qui plus est, le niveau de capacité du personnel varie considérablement d'une mission à l'autre.

En 2002, le Bureau culturel et la Section de l'Europe ont tenu des réunions de formation et d'information un peu partout en Europe. Des réunions régionales avec le personnel de l'AC et des missions se sont déroulées à Munich, à Stockholm et à Madrid. En tout, 55 agents travaillant auprès de 35 missions canadiennes en Europe ont participé aux activités. Parmi les questions principales et les recommandations afférentes, notons les suivantes :

  1. Il est nécessaire d'améliorer la formation des chefs de mission avant le départ, afin de s'assurer qu'ils comprennent bien le rôle qu'ils jouent dans le cadre de programmes bien précis, en particulier ceux relatifs aux études canadiennes.
  2. Il est clairement nécessaire d'augmenter les budgets de formation des agents des affaires publiques et d'offrir des programmes de formation réguliers axés sur l'Europe et mieux ciblés en fonction des besoins particuliers, y compris des cours en ligne et des cours/directives/réseaux accélérés, nécessaires aux agents arrivant en poste avec une formation minimale préalable au départ.

Les entrevues avec les gestionnaires de programme de l'ACE-AÉC et le personnel du CIEC indiquent que la disponibilité des ressources et la capacité d'assurer la prestation et d'utiliser des programmes en études canadiennes et de bourses d'études varient considérablement d'un pays à l'autre. L'appui et le leadership du chef de mission sont extrêmement importants, tout comme la formation du personnel de mission, en particulier lorsque ceux-ci arrivent dans une mission donnée. Par conséquent, il serait juste de conclure que les recommandations susmentionnées sont encore pertinentes aujourd'hui.

Un répondant aux questions de l'enquête se rapportant aux études canadiennes en Colombie, où elles sont encore « en voie de constitution », a démontré récemment que les initiatives suivantes pourraient être entreprises par le personnel de mission si les fonds suffisants étaient disponibles :

  1. le financement pour inviter au moins un boursier canadien par année à enseigner dans les universités locales sur un sujet donné;
  2. un prix annuel pour le centre d'études canadiennes le plus actif ou productif du pays;
  3. des publications et des documents en plus grand nombre et de meilleure qualité à diffuser dans les centres d'études canadiennes et les universités en général (cela inclut des magazines, des périodiques, des livres, des documents de référence, des cartes, du matériel audiovisuel);
  4. une publication électronique présentant les travaux de recherche des canadianistes du pays;
  5. un réseau ou « communauté virtuelle » de canadianistes dans le pays.

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Conclusion 39 : La gestion des résultats est à ses premiers balbutiements.

Des entrevues avec le personnel de l'ACE-AÉC, le personnel administratif du CIEC et un examen de documents pertinents indiquent que l'orientation stratégique et un cadre de travail clair en vue d'orienter la mesure du rendement n'ont pas été clairement structurés. Le rapport Baastel a fourni certains conseils sur l'utilisation opérationnelle du CGRR, mais il faut davantage d'expérience et de formation relatives à son champ d'application précis.

Jusqu'à ce jour, la mise en oeuvre du CGRR s'est vue octroyer des ressources minimales, et une formation plus poussée sera nécessaire une fois la mise à jour stratégique des programmes de relations académiques terminée. La mise en oeuvre optimale du CGRR nécessitera un leadership de tous les instants et une appropriation accrue des résultats à de multiples niveaux du système d'intervention.

Étant donné la taille et la complexité des systèmes de données utilisés dans les programmes de l'ACE-AÉC, une analyse stratégique organisée des besoins d'information et de production de rapports des différents intervenants sera nécessaire. À l'heure actuelle, les procédures de cueillette des données sont encore à un stade précoce de leur élaboration et de leur utilisation. Il existe un besoin bien réel de normaliser des outils à différents niveaux.

Conclusion 40 : L'optimisation des ressources est une pratique très positive pour les deux programmes et ajoute à la rentabilité opérationnelle du travail de la Direction.

Les deux programmes optimisent les ressources pour améliorer leur efficacité et leur efficience. L'établissement et le maintien de relations positives avec les partenaires universitaires, locaux et des missions constituent un outil stratégique clé pour l'optimisation des ressources; toutefois, des entrevues avec le personnel de l'ACE-AÉC, du CIEC et des missions indiquent qu'il faut un temps et des ressources considérables pour entretenir ces relations.

Par exemple, les efforts bénévoles des canadianistes qui travaillent dans les bureaux d'associations d'études canadiennes, qui examinent les demandes de BCS et de BREC, et qui révisent des documents en vue de conférences ou de leur publication, doivent être reconnus. De façon similaire, les universitaires qui siègent à des comités d'examen des demandes de bourse et aux comités qui révisent les procédures suivies doivent également être reconnus.

Les contributions concrètes des universités et d'autres institutions améliorent certainement la valeur des subventions et du financement fournis par les programmes en études canadiennes. Par exemple : un récent rapport du Haut-commissariat à Londres signale que depuis 1974, la Fondation des études canadiennes au Royaume-Uni assure le financement du secteur privé afin de compléter le financement des études canadiennes offert par le gouvernement du Canada, surtout dans le cas des universités du R.-U. Ce rapport mentionne que « ces sources de financement combinées sont en mesure de faire profiter considérablement les dépenses supplémentaires des universités du R.-U. et d'ailleurs. Ce facteur d'amplification est estimé à environ neuf fois les fonds injectés par le gouvernement du Canada et la Fondation. Le conseil d'administration de la Fondation est formé de gens d'affaires chevronnés britanniques et canadiens au R.-U., d'universitaires du R.-U. et du Canada ainsi que du directeur du bureau londonien de la CBC [...] » La relation de coopération entre le Haut-commissariat et la Fondation est telle qu'ils en sont venus à fonctionner comme un consortium dans certains domaines.

Enfin, le personnel du CIEC a fait remarquer que beaucoup d'universités canadiennes fournissent pour une deuxième année une aide financière à des étudiants, en particulier ceux qui reçoivent des bourses du GDC de durée limitée. Les universités apportent également un soutien pédagogique et social aux étudiants étrangers en leur offrant des programmes d'orientation et en leur fournissant des services particuliers qui répondent à leurs besoins personnels et familiaux.

Conclusion 41 : Bien que les ratios financiers employés pour illustrer l'efficience soient difficiles à calculer, il existe de nombreuses pratiques exemplaires reflétant l'efficacité de la gestion des deux programmes.

Les gestionnaires se soucient notamment de savoir s'il existe ou non des indicateurs quantitatifs pour explorer la relative efficacité des divers programmes, activités et pratiques. Comme nous l'avons mentionné précédemment, il existe de nombreuses pratiques exemplaires relatives aux programmes en usage à l'ACE. Pour analyser chacune des pratiques de même que le programme sous l'angle de la rentabilité, il serait nécessaire de se doter d'un système de comptabilité axé sur les activités prêt à être mis en service. Dans ce système, les coûts seraient associés au travail effectué et pourraient ainsi être comparés aux résultats. Ce n'est pas le cas actuellement, alors il n'est pas possible dans le cadre de la présente étude d'entreprendre la réorganisation des données financières pour faire de tels calculs.

Voici une courte liste des difficultés qui se posent au calcul de ratios financiers significatifs en vue d'illustrer l'efficacité des pratiques :

  1. Les budgets sont élaborés en fonction des postes de dépenses et non des activités; par conséquent, les ratios d'exploitation ne sont pas très significatifs.
  2. Les réponses aux entrevues menées auprès du personnel du CIEC au sujet de la gestion des programmes de bourses varient grandement d'un programme à l'autre. Par exemple, les titulaires des bourses du Commonwealth du Canada, en moyenne, ont demandé beaucoup plus de temps et d'assistance que les titulaires des bourses du GDC. De plus, l'aide requise par les boursiers varie selon leurs besoins pédagogiques, personnels et, parfois, familiaux. Ainsi, les comparaisons de coûts pourraient seulement être établies sur une large assise plutôt que selon l'activité, et ces calculs pourraient induire en erreur.
  3. Quant aux programmes en études canadiennes, il n'existe pas d'unité d'analyse utile pour établir une comparaison des coûts.
  4. Les normes de service et points de référence sont de meilleurs outils pour évaluer l'efficience des deux programmes.

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5. Conclusion et recommandations

L'objet de cette étude était d'étudier le bien-fondé, l'efficacité et l'efficience de deux types de programmes majeurs de l'ACE, à savoir les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études. Dans l'ensemble, nous avons constaté que ces deux types de programmes sont grandement justifiés. Ils cadrent tous les deux avec les objectifs de la politique étrangère d'Affaires étrangères Canada, en particulier ceux en rapport avec le troisième pilier. Quant à leur efficacité, nous sommes parvenus à la conclusion que les deux types de programmes produisent un nombre important de résultats, qui ont été documentés (en détail) dans l'étude. En outre, nous avons constaté qu'un bon nombre de preuves empiriques et de preuves nouvelles révèlent que ces programmes ont des effets importants, en influençant des gens et des institutions dans grand nombre de pays. Malheureusement, les responsables de ces programmes ne consignent pas systématiquement les données relatives aux résultats et aux répercussions. Finalement, nous avons constaté que la gestion de programme s'inscrit dans un cadre complexe de relations entre les intervenants. L'étude a mis en évidence certaines pratiques exemplaires eu égard à la gestion de programme. Quant à la gestion stratégique, nous avons observé que même si le leadership relationnel et le leadership partagé sont sans contredit des forces du programme, il faut faire davantage pour élaborer des stratégies, assurer le suivi et instaurer une culture axée sur les résultats. Les recommandations précisément formulées dans le cadre de cette étude sont exposées ci-dessous.

1re recommandation : La direction de l'ACE doit élaborer un cadre de gestion stratégique qui établit plus clairement le lien entre son travail et AÉC. Un tel lien clarifierait et rendrait plus explicite la pertinence du programme de l'ACE pour AÉC.

Le cadre stratégique de l'ACE-AÉC doit être rattaché de façon plus explicite aux objectifs d'AÉC. Cela peut se faire de plusieurs manières. L'un des modèles, que nous considérons comme le modèle de prédilection, consiste à voir l'ACE comme une composante d'une stratégie générale d'AÉC. Selon cette hypothèse, l'ACE relèverait plus directement d'AÉC et de ses objectifs de politique étrangère. L'ACE serait utilisée comme un outil programmatique par AÉC. Selon une autre hypothèse, l'ACE pourrait être plus indépendante d'AÉC et jouer un rôle de coordonnateur. Dans ce cas, l'ACE serait directement associée à une stratégie développée ou à un plan opérationnel rattaché(e) au « troisième pilier ». Dans les deux cas, l'ACE doit être solidement ancrée dans les objectifs d'AÉC.

2e recommandation : La direction de l'ACE doit intégrer et harmoniser les réseaux existants et futurs formés de Canadiens, de canadianistes et d'anciens boursiers aux objectifs de la politique étrangère du Canada.

L'ACE recèle un énorme potentiel pour engager un grand nombre de personnes à servir les intérêts du Canada dans le monde. Par exemple, il existe un vaste réseau de canadianistes dévoués et un grand nombre d'anciens boursiers qui sont satisfaits et reconnaissants envers le Canada. L'ACE requiert une série de statégies et un plan de mise en oeuvre pour les faire intervenir dans des aspects essentiels des objectifs de la politique étrangère du Canada.

Des stratégies doivent être élaborées pour encourager davantage de titulaires de bourses à s'inscrire à la base de données des anciens boursiers. Des mécanismes plus efficaces doivent être créés pour faire participer davantage les anciens boursiers aux projets des missions et aux activités bilatérales et multilatérales en vue de servir les intérêts canadiens tant au pays qu'à l'étranger. Des stratégies mieux ciblées doivent être mises sur pied pour tirer parti du réseau de canadianistes actif dans le monde. De nouveaux mécanismes doivent être conçus pour optimiser le recours à ce bassin relativement peu exploité de personnes hautement avisées et informées afin d'obtenir leurs conseils, leur participation dans le cadre de projets représentant un intérêt stratégique pour le Canada, dont ils pourront aussi assurer la direction.

3e recommandation : La direction de l'ACE devra travailler en étroite collaboration avec les autres gestionnaires d'AÉC pour développer une méthode permettant une meilleure intégration des Canadiens ayant acquis une expérience internationale dans leur travail.

Les Canadiens possédant une expérience internationale en lien avec les programmes de l'ACE constituent une importante ressource encore inexploitée. L'ACE-AÉC doit se concentrer davantage sur le rôle que peuvent jouer sur la scène mondiale ces Canadiens ainsi que ceux qui vivent actuellement à l'étranger. Par exemple, de nombreux universitaires canadiens entretenant des liens avec l'ACE s'engagent dans toutes sortes d'activités internationales. Dans un monde où la diplomatie publique occupe une place de plus en plus importante dans les affaires internationales, tous les Canadiens doivent se percevoir comme des diplomates, et ceux qui sont déjà associés à l'ACE peuvent déjà jouer un rôle clé. De nombreuses personnes interrogées ont indiqué que le Canada devait faire plus pour aider les Canadiens à comprendre la politique étrangère du Canada et être en mesure d'en discuter avec les autres. Au sein de l'ACE, la communauté universitaire est un milieu important pour tester de nouvelles approches.

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4e recommandation : La haute direction de l'ACE-AÉC doit assurer un plus grand leadership dans la coordination des activités associées aux programmes « d'apprentissage » à l'échelle internationale.

Le Canada est un pays unique sur le plan de l'éducation et de l'apprentissage. En général, en raison de la séparation des compétences fédérales et provinciales, le rôle du gouvernement fédéral en matière d'éducation est analysé attentivement. Néanmoins, les exigences et les besoins sont très variés dans le monde, ce qui permet de penser qu'il y a une nécessité de coordonner davantage les méthodes éducatives et d'apprentissage au Canada. Beaucoup des personnes interrogées ont suggéré qu'il était important que le gouvernement fédéral s'engage davantage dans le programme d'apprentissage du Canada. Elles ont également suggéré qu'à l'échelon fédéral, l'ACE-AÉC est un regroupement de personnes important, en mesure de coordonner horizontalement et d'explorer ce secteur au sein du gouvernement fédéral. Par exemple, il existe des occasions de partenariat évidentes et une nécessité que l'ACE-AÉC assume un rôle de chef de file dans le cadre de projets internationaux présentant un intérêt pour RHDCC, l'ACDI, Patrimoine Canada, de même que le nouveau Conseil canadien sur l'apprentissage, pour ne pas mentionner les autres organismes non gouvernementaux qui profiteraient d'un plus grand nombre d'initiatives dans ce secteur et qui y contribueraient, comme l'Association des universités et collèges du Canada. La coordination transfrontalière est cruciale.

5e recommandation : La haute direction de l'ACE devra déterminer la quantité minimale de ressources requises pour appuyer le travail réalisé dans le cadre des programmes dans les missions des différents pays, et cesser d'appuyer les pays où ces ressources ne sont pas présentes.

À l'heure actuelle, par exemple, l'ACE chapeaute des programmes en études canadiennes dans plus de 50 pays. Comme nous l'avons déjà mentionné, ces programmes ont atteint différents stades de leur développement. Tout d'abord, les priorités stratégiques d'AÉC doivent être mises en rapport avec les ressources financières et humaines disponibles en vue d'obtenir des résultats acceptables. Ces fonds doivent ensuite être associés au stade de développement de l'ACE dans le pays en question. Le fait d'établir des liens entre les priorités, le stade de développement et le financement dans un plan axé sur les résultats devrait aider à améliorer les résultats du travail de l'ACE.

6e recommandation : La direction de l'ACE devra mettre au point une stratégie de communication qui servira à son travail.

Les communications externes sont cruciales pour que l'ACE obtienne un appui pour son travail. Actuellement, il n'existe pas de stratégie de communication exhaustive. Et pourtant, il est clairement nécessaire de communiquer aux Canadiens qui se trouvent au pays et à l'étranger quels sont la fonction, la pertinence et la valeur des programmes de l'ACE-AÉC eu égard aux objectifs de la politique étrangère du Canada. En même temps, une stratégie plus cohérente doit être conçue et diffusée pour encourager les Canadiens à prendre part aux échanges, aux projets et aux programmes internationaux qui doivent être améliorés et publicisés.

7e recommandation : La direction de l'ACE doit davantage se concentrer sur la mise en oeuvre du CGRR, qui devra comprendre une stratégie et un plan opérationnel en vue d'améliorer le suivi, la production de rapports et l'apprentissage.

La gestion fondée sur les résultats est en train de devenir une préoccupation fondamentale du gouvernement fédéral. Nous avons constaté une curiosité et un intérêt énormes pour cette méthode de gestion. De nombreuses personnes ont une connaissance générale du concept. Il reste à intégrer cette méthode aux activités et aux façons de faire de l'ACE. D'une part, le financement est insuffisant pour encourager plus de gens de tous les niveaux à prendre l'initiative d'utiliser le CGRR. À l'heure actuelle, les gestionnaires de programme de l'ACE-AÉC apprécient l'intérêt de la forme initiale du CGRR, mais des directives et des outils conviviaux doivent être mis au point pour encourager le personnel des missions et des programmes à prendre l'initiative et la responsabilité de mesurer efficacement les résultats et les répercussions de leurs programmes ou activités.

Afin d'instaurer une culture axée sur les résultats dans les programmes de l'ACE-AÉC, du CIEC, des missions canadiennes et de l'ACE-AÉC, il importe de mettre au point une stratégie portant sur plusieurs années avec des fonds suffisants pour concevoir des instruments propres à un programme, former du personnel et des bénévoles, et fixer un calendrier réaliste de mise en oeuvre.

En ce qui touche les programmes en études canadiennes, l'ACE-AÉC doit continuer d'adapter et d'harmoniser ses attentes en fonction des commentaires reçus sur le terrain. Concurremment, compte tenu des limites actuelles des ressources, les attentes relatives aux programmes et les résultats doivent être mieux définis, selon le niveau de développement des études canadiennes et les objectifs de la politique étrangère du Canada dans un pays donné.

Quant aux programmes de bourses, les attentes eu égard aux relations avec les anciens boursiers, voulant qu'ils participent aux programmes des missions et qu'ils contribuent à mettre en valeur certains objectifs particuliers de la politique étrangère du Canada, pourraient exiger que les programmes de bourses soient ciblés de manière plus stratégique qu'ils ne le sont actuellement.

Enfin, il est nécessaire de définir des données qualitatives et quantitatives propres au programme qui seront faciles à recueillir, à analyser et à comprendre. Les rapports sur les programmes devraient présenter les deux types de données, de sorte que les répercussions d'un programme puissent être pleinement évaluées. Les personnes produisant les rapports sur les résultats d'un programme devront être qualifiées en matière d'élaboration, d'utilisation et d'interprétation de données qualitatives et quantitatives, afin de comprendre pleinement l'intérêt de les utiliser pour accroître la responsabilité et l'élaboration du programme.

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6. Réponse de la gestion

RecommendationEngagements / ActionsRésultats attendusResponsableDates imporantes/ EchéancesProgression du projet
1) La PCE devrait élaborer un cadre stratégique reliant clairement son travail à AEC.Cela s'est produit. Une nouvelle structure organisationnelle a permis de mettre en évidence le rôle de la DO au sein du ministère ainsi que celui de la PCE dans le cadre d'une stratégie diplomatique ouverte. En outre, la PCE a entamé un examen détaillé de gestion, lequel est axé sur les résultats des programmes existants; des modèles logiques sont créés pour chaque programme ainsi que pour l'ensemble de la Division; on veille à ce que les programmes de la PCE soient en harmonie avec les nouveaux objectifs d'AEC et qu'il soit possible, par exemple, de déterminer des attentes et des résultats plus précis dans le domaine des Études canadiennes, puis de cibler plus stratégiquement les programmes de bourses. PFM  
2) La PCE devrait élaborer une stratégie de communication pour ses travaux.En cours : à la nouvelle division de la stratégie et des services de la diplomatie ouverte, une stratégie des communications est élaborée pour l'ensemble du Bureau de la diplomatie ouverte. PCDExercice de 2006-2007 
Au sein de la PCE, lorsque sera terminé pour la Division le modèle logique de gestion axée sur les résultats, une stratégie des communications divisionnaire sera conçue afin de mieux communiquer la pertinence, le rôle et la valeur des programmes de la PCE dans la poursuite des objectifs de la politique étrangère, puis d'encourager les Canadiens à s'occuper davantage des projets d'éducation internationale. PCEExercice de 2006-2007 
3) La direction de la PCE devrait intégrer et aligner davantage les réseaux existants et à venir des Canadiens, des canadianistes, des anciens boursiers, et ce, en fonction des objectifs de la politique étrangère canadienne.Dans le cadre de la nouvelle diplomatie ouverte, et à partir de l'analyse fondée sur les résultats des activités du programme de la PCE et de leur lien avec les objectifs de la politique étrangères, la PCE trouvera des mécanismes plus efficace (c.-à-d. des bourses rattachées à des liens institutionnels) et des stratégies plus ciblées permettant d'englober complètement et d'utiliser au maximum les activités bilatérales, multilatérales et des anciens boursiers ainsi que le réseau mondial des canadianistes.Modèles logiques complètement élaborés pour tout le programme de la PCE.PCED'ici la fin de l'exercice de 2005-2006En cours
Stratégies davantage ciblées pour les programmes de bourses.Projet pilote de janv. à avril 2006En cours
Stratégie davantage ciblée pour les Études canadiennes.Mise en oeuvre au cours de l'exercice de 2006-2007En discussion
4) La direction de la PCE devrait travailler étroitement avec les gestionnaires d'AEC à concevoir une approche axée sur une meilleure utilisation des Canadiens ayant une expérience internationale dans leur travail.La PCE misera sur une nouvelle stratégie de diplomatie ouverte, l'accent y étant mis sur l'élaboration de stratégies nationales en diplomatie ouverte, stratégie qui repose sur une communication et une coordination meilleures entre les divisions culturelles, universitaires et géographiques à l'Administration centrale comme dans les missions à l'étranger, afin d'assurer une plus grande intégration des Canadiens qui ont une expérience internationale et des liens avec les programmes de la PCE destinés à promouvoir le Canada et à atteindre les objectifs de la politique étrangère.La PCE aidera à offrir de la formation et du matériel didactique aux agents de la diplomatie ouverte, encouragera activement l'information du monde universitaire, mettra en place une approche de gestion axée sur les résultats de la gestion des programmes de la PCE dans le contexte de la diplomatie ouverte.PCD/PCE En cours
5) La haute direction de la PCE devrait déterminer le niveau minimal nécessaire des ressources requises pour soutenir les travaux du programme à l'échelle de la mission du pays et interrompre cette aide dans les pays où ces ressources sont indisponibles.La PCE procédera à une analyse complète de ses programmes, analyse axée sur les résultats, et trouvera en conséquence les priorités des programmes (notamment dans le domaine de l'éducation internationale) et les répercussions sur les ressources. La PCE ajoutera à la capacité de la politique de guider cette démarche.Modèles logique pour tous les programmes.PCD/PCEModèles logiques et analyse d'ici la fin de l'exercice 2005-2006En cours
Analyse axée sur les résultats, au regard des programmes.Fin de 2006-2007
Détermination des priorités des programmes (y compris les conséquences sur les ressources).

Exercices de dotation.
Fin de 2006-2007
6) La direction de la PCE doit insister davantage sur l'importance de la mise en oeuvre du CGRR.Après la restructuration organisationnelle, de nouveaux CGRR et CVAR seront préparés. En guise de préparatifs, la PCE amorce une analyse complète axée sur les résultats au regard de ses programmes, entre autres, une analyse des répercussions sur les ressources et des indicateurs du rendement. En outre, la PCE continue de créer des directives et des outils faciles à utiliser, puis d'encourager le recours à l'approche de gestion axée sur les résultats, que ce soit dans les missions ou à l'Administration centrale.CGRR et CVAR du Bureau.PCD/PCEExercice de 2007-2008Préparatifs de la PCE, en cours
Modèles logiques pour les programmes de la PCE.PCEFin de l'exercice 2005-2006En cours
Directives et outils de GAR faciles à utiliser.PCEExercice de 2006-2007
7) La haute direction de la PCE-FAC devrait faire preuve de plus d'initiative dans la coordination des activités relatives aux programmes d'« apprentissage ».Le PFM, le PCD et la PCE travaillent déjà étroitement avec les autres ministères fédéraux (RHDC, ACDI, CIC, Patrimoine) afin de les orienter et de s'engager davantage avec eux et les provinces dans le domaine de l'éducation postsecondaire internationale. PFM/PCD/PCE En cours
À cette fin, la PCE crée de nouveaux postes afin d'accroître la capacité d'élaboration des politiques, d'intégrer l'information destinée aux établissements postsecondaires et aux provinces, de mieux coordonner la participation canadienne aux activités multilatérales reliées à l'éducation.Nouveaux postes créés.PCD / PCEExercice de 2006-2007À l'étude

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Annexe I - Liste des conclusions

Conclusion 1 : Les valeurs et la culture canadiennes se projettent dans les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études. Des dizaines de milliers de personnes à l'étranger sont positivement touchées par ces programmes et s'instruisent au sujet du Canada et de ses valeurs - un objectif de la politique étrangère.

Conclusion 2 : Les valeurs et les intérêts du Canada sont diffusés par les universitaires dans des livres, des journaux, des articles, des conférences, des cours et des sites Internet. Ces moyens constituent une « voix locale » pour expliquer le Canada et les valeurs canadiennes au reste du monde.

Conclusion 3 : Certaines missions canadiennes signalent que leurs intérêts ont été bien servis par les canadianistes locaux. Autrement dit, les missions canadiennes voient ces programmes comme adaptés à leurs objectifs et leurs intérêts.

Conclusion 4 : Les programmes en études canadiennes véhiculent généralement une image du Canada, celle d'un pays bilingue, multiculturel et profondément marqué par ses racines autochtones, le Nord, les océans et ses vastes étendues. Cette image de tiers de confiance sous-tend les intérêts canadiens.

Conclusion 5 : Les programmes en études canadiennes et les programmes de bourses d'études font la promotion des établissements canadiens d'enseignement supérieur auprès des étudiants étrangers et encouragent la mobilité des étudiants canadiens grâce à des programmes d'échanges leur offrant la possibilité de développer une perspective mondiale et de dessiner les réseaux des décideurs de demain.

Conclusion 6 : Les programmes en études canadiennes mettent souvent en lumière les réalisations culturelles des Canadiens, qui contribuent de façon importante aux échanges et au dialogue culturels. Cela établit un lien logique entre le programme et les objectifs de la politique étrangère canadienne.

Conclusion 7 : Les canadianistes et les anciens boursiers sont considérés comme des vecteurs favorisant l'atteinte des objectifs de la diplomatie publique.

Conclusion 8 : Les réseaux d'établissements sont vus comme un moteur de la défense des intérêts canadiens. Ils s'inscrivent dans le discours et la réalité qui caractérisent la logique de la « nouvelle diplomatie publique ».

Conclusion 9 : Les canadianistes et les anciens boursiers sont considérés comme ayant une influence potentielle sur les « guides d'opinion » dans tous les champs « d'intérêts canadiens » - social, politique, économique, multiculturel, multilatéral, etc.

Conclusion 10 : Les problèmes de capacité et de ressources amoindrissent les retombées et la pertinence des programmes en études canadiennes.

Conclusion 11 : Les canadianistes assurent la prestation de divers programmes et services pertinents concourant aux objectifs de la politique étrangère du Canada dans plus de 50 pays, y compris ceux du G-8 plus 5, importants d'un point de vue stratégique.

Conclusion 12 : Des milliers de publications comprenant des thèses, des livres, des articles, des présentations audiovisuelles ainsi que des renseignements sur le Web sont diffusées auprès des canadianistes et d'autres intervenants qui s'intéressent au Canada.

Conclusion 13 : Les résultats et retombées des programmes en études varient selon le degré d'établissement des études canadiennes dans les différents pays.

Conclusion 14 : Les conférences, séminaires et conférences publiques attirent des milliers de personnes de stature internationale, y compris des politiciens, des décideurs, des personnalités du monde des affaires ainsi que la société civile.

Conclusion 15 : D'éminents canadianistes et leurs étudiants ont remporté des prix prestigieux. C'est un symbole important de la crédibilité du programme.

Conclusion 16 : Un grand nombre d'articles sont publiés par les canadianistes dans des journaux réputés.

Conclusion 17 : Les références bibliographiques et les sites Internet témoignent d'un usage répandu de l'information produite et organisée par les canadianistes; qui plus est, le travail bibliographique le plus récent réalisé par les canadianistes facilite le partage de renseignements électroniques donnés en référence à l'échelle internationale.

Conclusion 18 : Les données semblent indiquer un accroissement de l'intérêt, des études et de la recherche sur le Canada dans les établissements d'enseignement supérieur des quatre coins du monde.

Conclusion 19 : Les missions affirment faire appel plus souvent aux canadianistes et aux anciens boursiers pour favoriser l'atteinte des objectifs du Canada à l'étranger. Comme nous le soulignons à la conclusion 20, l'influence des canadianistes est souvent employée de façon stratégique pour influencer des groupes ciblés, comme les décideurs et les politiciens.

Conclusion 20 : Les canadianistes sont cités dans les organes d'information à propos de questions rattachées à la politique étrangère du Canada. La société civile est ainsi exposée aux commentaires avisés de canadianistes indépendants sur des enjeux importants. Les effets directs sont difficiles à démontrer mais ils sont jugés positifs par les missions.

Conclusion 21 : Les entrevues avec des canadianistes, la documentation appuyant leurs rapports annuels, les travaux de la conférence et les lettres adressées au personnel de l'ACE-AÉC et du CIEC reflètent un haut degré de satisfaction à l'égard des programmes en études canadiennes.

Conclusion 22 : Les données d'enquêtes recueillies auprès des anciens boursiers du Programme des bourses du Commonwealth du Canada et du programme de Bourses du gouvernement du Canada confirment l'utilité de ces programmes et la satisfaction à leur égard. Les chiffres varient entre les pays bénéficiant de l'ADÉ et ceux n'en bénéficiant pas.

Conclusion 23 : Le vaste réseau de canadianistes, d'anciens boursiers et de Canadiens ayant étudié ou travaillé à l'étranger n'a pas été utilisé de façon stratégique pour réaliser davantage les objectives du Ministère.

Conclusion 24 : L'émergence de réseaux d'études canadiennes en Europe, en Europe de l'Est, dans les pays baltes et en Amérique latine a accru la portée des programmes et encouragé les discussions multinationales de la culture et des enjeux canadiens.

Conclusion 25 : Les réseaux et fondations d'études canadiennes ont permis de tirer profit d'une aide aux programmes considérable, à partir d'un financement relativement modeste provenant de l'ACE-AÉC. C'est particulièrement vrai dans les pays où sont établies des associations d'études canadiennes parvenues à maturité.

Conclusion 26 : Les missions signalent que les canadianistes apportent un appui et une influence politiques à des dossiers délicats en matière de politique étrangère. Bien que ce ne soit pas planifié, ce n'est pas non plus inattendu.

Conclusion 27 : Les canadianistes ont facilité la création de cercles d'études bilatéraux et mondiaux sur des enjeux internationaux importants.

Conclusion 28 : Le programme de l'ACE évolue dans un milieu à intervenants multiples.

Conclusion 29 : Le réseau complexe des intervenants des programmes en études canadiennes et des programmes de bourses d'études se sert d'un style de gestion fondé sur la collaboration et le bon vouloir.

Conclusion 30 : Le modèle de gestion utilisé par l'ACE, qui intègre les idées de stratégie, d'orientation, de leadership, d'activités fonctionnelles et de relations, a été relativement efficace, mais pourrait être amélioré.

Conclusion 31 : Le modèle de programmation utilisé par l'ACE est considéré relativement efficace et dans certain cas utilise les meilleures pratiques. Dans ce domaine nous avons revu les pratiques de planification et de stratégie, les applications, la sélection, la mise en ouvre, les pratiques suivi et de rapport, et enfin le suivi et la mise en place du modèle.

Conclusion 32 : Les deux programmes sont considérés comme bien gérés sur le plan opérationnel. De fait, les sept champs de pratiques exemplaires suivants peuvent être définis en matière de gestion de programme.

Conclusion 33 : Les programmes de bourses font appel à des normes et des procédures exemplaires pour l'application, la sélection et la gestion des boursiers, qui manifestent un haut degré de satisfaction à leur égard.

Conclusion 34 : Bien que les programmes aient été jugés plutôt efficaces, ils demeurent un peu faibles sur le plan du ciblage et des priorités.

Conclusion 35 : Les modalités d'attribution des subventions dans le domaine des relations avec les universités sont gérées de façon appropriée, mis à part deux exceptions.

Conclusion 36 : Les missions canadiennes à l'étranger sont essentielles pour la gestion des deux programmes. Elles sont particulièrement importantes pour repérer les canadianistes pouvant éventuellement encourager les demandes, faire des sélections, fournir du soutien et faire appel aux canadianistes et aux titulaires de bourses en vue de favoriser les objectifs appropriés en matière de politique étrangère.

Conclusion 37 : Les missions canadiennes sentent généralement que les relations actuelles avec les gestionnaires de programmes de l'ACE-AÉC et le personnel du CIEC, eu égard à la programmation, sont efficaces.

Conclusion 38 : Bien que certains bureaux soient dotés des ressources humaines et financières minimales permettant de mettre efficacement à contribution les canadianistes et les boursiers, ce n'est pas le cas partout, ce qui soulève des problèmes d'efficacité, d'utilisation et de priorités. Qui plus est, le niveau de capacité du personnel varie considérablement d'une mission à l'autre.

Conclusion 39 : La gestion des résultats est à ses premiers balbutiements

Conclusion 40 : L'optimisation des ressources est une pratique très positive pour les deux programmes et ajoute à la rentabilité opérationnelle du travail de la Direction.

Conclusion 41 : Bien que les ratios financiers employés pour illustrer l'efficience soient difficiles à calculer, il existe de nombreuses pratiques exemplaires reflétant l'efficacité de la gestion des deux programmes.

Bureau de l'inspecteur général

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Date de modification :
2012-10-01