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Évaluation sommative du programme jeunes professionnels à l'international (JPI)

(Mars 2006)

(Version PDF, 354 ko) *

Table des matières

Acronymes et termes

ACDI
- Agence canadienne de développement international, qui a pour mandat de soutenir le développement durable dans les pays en développement afin de réduire la pauvreté et de rendre le monde plus sûr, plus juste et plus prospère. L'Agence concentre ses activités dans les pays les plus pauvres de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine.
CGRR
- Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats, qui constitue le plan directeur pour la gestion axée sur les résultats d'un programme, d'une politique ou d'une initiative; ce cadre présente de l'information sur ce qu'une politique, un programme ou une initiative doit accomplir, décrit la justification, les ressources et la logique du rendement et présente les stratégies de mesure, d'évaluation et de production de rapports qui seront mises en oeuvre pour suivre les progrès.
Cyberjeunes
- Le programme Cyberjeunes Canada International, exécuté par Industrie Canada et une coalition de neuf organisations non gouvernementales, permet aux jeunes de participer à des stages d'avant-garde en développement international et en technologies de l'information et des communications.
GHY
- Jeunes professionnels à l'international. Il s'agit de l'unité du MAECI qui gère le programme Jeunes professionnels à l'international (JPI).
JPI
- Programme Jeunes professionnels à l'international.
MAECI
- Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, qui est né récemment (le 1er avril 2006) de la réunification des ministères des Affaires étrangères et du Commerce international, réunification qui a pour objectif de servir de façon plus cohérente la politique étrangère et les intérêts commerciaux du Canada. À ce titre, le MAECI participera aux activités et poursuivra les objectifs des deux ministères :
  • Affaires étrangères Canada représente le Canada dans le monde, et ce, grâce à son réseau d'ambassades et de bureaux commerciaux et diplomatiques, à la participation à des institutions multilatérales et à l'adhésion à des ententes et traités internationaux, afin d'assurer la sécurité des Canadiens dans le contexte mondial et de promouvoir les valeurs et la culture canadiennes sur la scène internationale.
  • Commerce international Canada a pour mandat de positionner le Canada comme un chef de file mondial du commerce au XXIe siècle et de favoriser la prospérité en aidant les petites et les grandes entreprises canadiennes à prendre de l'expansion et à obtenir du succès sur les marchés internationaux, en faisant la promotion du Canada comme un endroit dynamique où faire des affaires et en négociant et administrant des accords commerciaux.
ONG
- Organisation non gouvernementale.
PSIJ
- Programme de stages internationaux pour les jeunes, géré par l'Agence canadienne de développement international (ACDI).
RHDSC
- Ressources humaines et Développement social Canada.
SEJ
- Stratégie emploi jeunesse, que le gouvernement fédéral a créée à l'intention des jeunes Canadiens (de 15 à 30 ans) afin qu'ils puissent obtenir de l'information relative à la carrière, acquérir des compétences et trouver et conserver des emplois convenables, au moyen d'un vaste éventail d'initiatives regroupées dans trois programmes. Treize ministères et organismes du gouvernement du Canada travaillent en partenariat avec d'autres administrations, le secteur privé et les communautés afin d'offrir les initiatives que comportent les divers programmes.

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Sommaire

Description du Programme

Le principal objectif de Jeunes professionnels à l'international (JPI) consiste à aider les diplômés post-secondaires canadiens de moins de 30 ans qui sont sans emploi ou sous-employés à réussir la transition entre l'école et le marché du travail et à entreprendre une carrière à l'international en les aidant à acquérir des compétences avancées, des connaissances et une expérience professionnelle internationale et en les préparant à obtenir et à conserver un emploi.

À cette fin, JPI verse des contributions à des organismes parrains installés au Canada qui organisent des placements au sein d'organismes et employeurs étrangers (organismes d'accueil) et qui offrent ces placements à des jeunes admissibles qui souhaitent obtenir une première expérience de travail internationale axée sur la carrière. Le Programme est administré par l'unité Jeunes professionnels à l'international (GHY) de la Direction générale de la sécurité humaine et des droits de la personne du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI). JPI s'inscrit dans le volet Objectif carrière de la Stratégie emploi jeunesse (SEJ).

Les dépenses annuelles de JPI s'élèvent à 6,4 millions de dollars. En moyenne, environ 400 jeunes et un peu plus de 40 organismes parrains et 300 organismes d'accueil participent à JPI chaque année. Le MAECI verse à l'organisme parrain une contribution maximale de 15 000 $ par placement, dont au moins 12 000 $ doivent servir aux dépenses liées aux participants (cours de langue, déplacements, assurance-maladie, frais de subsistance et logement) et au plus 3 000 $ doivent servir à payer les coûts administratifs (salaire du coordonnateur du projet, recrutement et frais généraux).

Conclusions générales

Il existe un besoin pour un programme comme JPI, qui permet aux jeunes d'acquérir une expérience professionnelle internationale et les compétences améliorant l'employabilité qui leur permettront d'entrer sur le marché du travail, mais qui seraient difficiles à acquérir sans le Programme. Les attentes des organismes partenaires et des participants à l'égard du Programme sont comblées, et JPI demeure un bon moyen de réaliser les priorités du Ministère.

JPI a une incidence favorable sur les participants et le MAECI. À la fin de leur placement, la majorité des participants ont acquis les compétences ciblées par le Programme et sont embauchés dans les deux années qui suivent la fin de leur placement. Toutefois, il n'a pas été possible d'évaluer dans quelle mesure ces effets ont été durables. Le Programme procure également des avantages au Ministère en l'aidant à réaliser ses priorités et en renforçant ses liens.

La réalisation de JPI est efficace. Parmi les participants, la représentation des groupes visés par l'équité en matière d'emploi est généralement supérieure aux objectifs et aux proportions observées dans la population canadienne. Les mesures de sécurité du programme sont adéquates. Afin de les aider à acquérir et à mesurer leurs compétences, on offre aux participants des outils d'auto-évaluation de leurs compétences ainsi que des outils d'auto-apprentissage qui ont été adoptés par des programmes fédéraux similaires. Il est toutefois encore trop tôt pour connaître l'efficacité de ces outils. Nous n'avons relevé aucune contrainte opérationnelle, outre la difficulté pour les organismes partenaires à s'adapter à l'exercice financier du gouvernement fédéral et la nécessité pour eux de présenter chaque année une demande de financement.

Aucun problème n'a été soulevé en ce qui concerne le montant fourni par le Programme pour couvrir les frais administratifs, mais certains intervenants ont dit craindre que l'allocation qui sert aux dépenses liées aux participants soit insuffisante dans certains pays. Le Programme comporte de nombreux mécanismes de responsabilisation et de mesure du rendement. Le sondage réalisé à la suite des placements de JPI, qui est rarement utilisé dans d'autres programmes, est un effort particulièrement louable. Toutefois, des doutes ont été soulevés quant à la capacité de mesurer de façon exhaustive l'acquisition des compétences et les résultats à long terme en matière d'emploi.

Nous décrirons plus loin la méthodologie de l'évaluation et présenterons des résultats plus détaillés.

Éléments évalués, objectifs et méthodologie

L'évaluation a porté sur la pertinence du Programme, les solutions de rechange et les contributions, le degré de réalisation des objectifs ainsi que la conception et l'exécution, qui constituent les éléments à évaluer qui figurent dans le cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) de JPI et qui ont été précisés en collaboration avec GHY et l'unité d'évaluation du MAECI. L'évaluation a été menée de novembre 2005 à mars 2006 et portait sur la période de 2000 à 2005. Les éléments ont été évalués au moyen des méthodes suivantes :

  • Examen des documents de JPI, des dossiers de projet et d'autres documents du Programme, y compris les résultats des sondages que les participants JPI remplissent eux-mêmes après le placement.
  • Entretiens avec des 23 répondants clés, parmi lesquels se trouvaient des représentants de GHY, des organismes parrains, des organismes d'accueil et des missions à l'étranger.
  • Études de cas sur cinq participants JPI, ce qui comprend des entrevues avec cinq jeunes.

Constatations et conclusions

Maintien de la pertinence

Pertinence par rapport aux besoins : Le Programme a toujours sa raison d'être. Tous les répondants ont indiqué qu'un programme comme JPI a toujours sa raison d'être, et cet avis est confirmé par les documents et les données examinés dans le cadre de notre évaluation. Ce constat repose notamment sur le fait que le Programme est axé sur les compétences améliorant l'employabilité que recherchent les employeurs; le fait que les jeunes ont rarement l'occasion d'acquérir l'expérience, les connaissances et les compétences offertes par le Programme; le fait que JPI cible les jeunes sans emploi et sous-employés, qui représentent une proportion relativement importante des diplômés en arts et en commerce et environ la moitié des diplômés universitaires de moins de 30 ans; et le fait que le Canada, de par son ouverture sur le monde, a besoin d'une main-d'oeuvre qui possède des compétences internationales. Des études menées aux États-Unis, autre pays ouvert sur le monde, confirment l'importance de pouvoir compter sur des employés qui possèdent des compétences internationales. De plus, le financement ne permet pas d'accepter toutes les demandes de toutes les organisations et de tous les participants qui souhaitent prendre part au Programme. Très peu d'entreprises privées présentent des demandes de financement, et parmi celles qui le font, le taux d'acceptation des propositions est plus faible que celui des demandes présentées par les organisations non gouvernementales.

Attentes comblées : Les attentes à l'égard du Programme ont été comblées par toutes les parties concernées. Parmi les raisons invoquées par les organismes parrains et les organismes d'accueil pour participer au Programme, mentionnons les avantages que leur procure le Programme (augmentation de la capacité du personnel ou sensibilisation à leur cause) et le désir d'aider les jeunes à trouver un emploi. Les organismes partenaires ont déclaré que leurs attentes étaient pleinement comblées. Ces organismes s'attendent à pouvoir établir de nouveaux partenariats, renforcer leurs partenariats, se faire connaître auprès des participants et avoir accès à des participants de haut calibre. Les participants qui ont fait l'objet des études de cas sont ravis de leur placement. De plus, il semble que JPI améliore la façon dont sont perçus les Canadiens.

Compatibilité avec les priorités du MAECI : JPI soutient les priorités du MAECI. Selon le personnel et la direction de JPI, le Programme a été conçu précisément pour réaliser les priorités du MAECI, et les données et documents examinés montrent que les activités du Programme sont compatibles avec celles du MAECI et de la SEJ.

Réussite

Avantages pour les participants : Le Programme a une incidence positive sur les compétences et la carrière des participants, ce qui permet de croire que le principal objectif de JPI est atteint. Dans les deux ans qui suivent la fin de leur placement, une grande proportion de participants soutiennent qu'ils ont acquis des compétences et connaissances avancées et internationales ciblées par le Programme, comme la sensibilisation aux autres cultures, la capacité d'adaptation et la souplesse, la patience et la tolérance, les communications et les habiletés linguistiques et en matière de communication, de recherche, d'organisation et d'établissement de réseaux. De plus, la majorité des participants ont déclaré qu'ils avaient trouvé un emploi ou étaient retournés aux études dans les 24 mois qui ont suivi la fin de leur placement. Nous n'avons trouvé aucune donnée sur les incidences à plus long terme.

Avantages pour le Ministère : JPI profite également au MAECI. Les anciens participants travaillent souvent au Ministère ou dans des domaines qui profitent au Ministère. Parmi les autres avantages pour le Ministère, mentionnons la possibilité de « matérialiser » son engagement envers les jeunes et la possibilité pour le MAECI de soutenir des organisations non gouvernementales (ONG) et leurs travaux dans des dossiers qui, comme les droits de la personne, sont importants pour le gouvernement. Les répondants clés de JPI ont également dit des participants JPI qu'ils jouaient un rôle très utile dans le renforcement des liens et des réseaux entre l'ambassade et les entreprises et ONG de la région, en particulier dans le cas des ambassades qui possèdent peu d'effectifs; dans les faits, les participants deviennent des « ambassadeurs » du Canada.

Solutions de rechange et contributions

Solutions de rechange : Selon les entrevues avec les répondants clés, il existe peu de programmes comparables à JPI à l'intention des jeunes du Canada ou de l'étranger. L'ACDI offre un programme similaire, le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), mais ce programme est axé sur le développement dans les pays en voie de développement. Bien que PJI affecte des jeunes dans certains pays en développement, le but principal de ces placements consiste à renforcer les droits de la personne, la démocratie et le commerce international dans ces pays, ce qui s'inscrit directement dans le mandat du MAECI.

Contributions : Les contributions financières ou en nature que le MAECI est en mesure d'obtenir des organismes parrains et des organismes d'accueil varie grandement en fonction des ressources de ces organisations. Les contributions obtenues par l'ACDI au moyen de PSIJ sont supérieures à celles obtenues par JPI. Par contre, un autre programme similaire, Cyberjeunes, n'a semblé bénéficier d'aucune contribution.

Conception et exécution

Représentation des groupes visés par l'équité en matière d'emploi : La représentation des différents groupes visés par l'équité en matière d'emploi parmi les participants à JPI est équivalente ou supérieure aux proportions visées et aux proportions observées dans la population. Chaque année, les femmes dépassent largement l'objectif de 50 %. Les répondants ont cerné quelques difficultés en ce qui concerne les moyens pris par JPI pour assurer la représentation adéquate des groupes désignés, par exemple la surreprésentation des femmes dans les matières pertinentes (ce qui pourrait expliquer qu'un plus grand nombre de femmes que d'hommes participent à JPI). Les jeunes handicapés demeurent sous-représentés parmi les participants à JPI, et ce, malgré l'insistance de GHY auprès des organismes parrains pour qu'ils offrent des placements à des participants handicapés et malgré le partenariat conclu avec l'Institut national canadien pour les aveugles pendant la période visée par l'évaluation.

Mesures de sécurité : Les mesures de sécurité du Programme sont adéquates. Tous les organismes parrains qui soumettent une proposition pour obtenir du financement de la Stratégie emploi jeunesse, notamment dans le cadre de JPI, doivent décrire leur stratégie de sécurité, stratégie qui doit comprendre un plan d'urgence pour les participants qu'ils mettront en oeuvre lorsqu'ils recevront le financement. En général, les organismes parrains, les organismes d'accueil et les missions à l'étranger voient d'un bon oeil les mesures de sécurité mises en place par JPI. Certains organismes parrains estiment que la sécurité s'est améliorée au fil des ans.

Outils d'évaluation des compétences et d'apprentissage : Les participants au Programme ont accès à des outils d'évaluation des compétences et à des outils d'apprentissage, mais il est encore trop tôt pour mesurer l'efficacité de ces outils. L'Outil d'auto-évaluation des compétences en ligne permet aux participants de définir leurs compétences, leurs lacunes ainsi que leurs progrès, et le Campus virtuel est une série de modules d'apprentissage indépendants d'une durée d'une heure auxquels les participants peuvent accéder par Internet, sur CD-ROM et sur papier. L'outil d'évaluation des compétences a été adopté par d'autres programmes de la SEJ. Puisque ces outils d'évaluation et d'apprentissage sont offerts depuis peu (depuis 2004 et 2005, respectivement), il est encore trop tôt pour mesurer leur incidence. Bien que les participants qui utilisent le Campus virtuel puissent remplir un formulaire d'évaluation, ce formulaire est facultatif et n'est pas rempli par de nombreux participants.

Les représentants des organismes parrains ont exprimé des opinions partagées sur l'utilité possible de l'Outil d'évaluation des compétences et du Campus virtuel. Bon nombre de ces représentants estiment que ces outils sont bien conçus, mais ne sont pas toujours pratiques; les deux principaux obstacles soulevés sont l'accès limité à Internet et le temps requis pour remplir les formulaires.

Financement des projets : Aucun problème n'a été soulevé quant au montant qui sert à couvrir les frais administratifs des organismes (maximum de 3 000 $ par participant), mais certaines réserves ont été exprimées quant à l'allocation remise aux participants (minimum de 12 000 $). Les organismes parrains ont notamment souligné que le montant de cette allocation n'a pas changé depuis le lancement du Programme et que le coût de la vie varie grandement d'un pays à l'autre.

Mesure du rendement : Le Programme comporte de nombreux mécanismes de responsabilisation et de mesure du rendement. Il s'agit notamment des données et des dossiers administratifs tenus par GHY; des rapports sur le rendement soumis à intervalles réguliers par GHY à la SEJ; des rapports courants soumis par les organismes parrains à GHY et des sondages auxquels tous les participants peuvent répondre à la suite de leur placement, sondages qui sont menés par GHY. Tous ces outils ont constitué de bonnes sources d'information pour les besoins de notre évaluation. Parmi les autres activités de surveillance, mentionnons les visites sur place effectuées par les gestionnaires de GHY dans le pays hôte, qui ont pour but d'assurer l'intégrité de JPI, ainsi que les vérifications menées par le Ministère auprès des organismes parrains.

Toutefois, certaines lacunes ont été observées au chapitre de la mesure du rendement. Parmi les lacunes des sondages menés après les placements, mentionnons le risque de biais dans les réponses (p. ex., risque que les répondants au sondage soient surtout des participants qui ont eu une expérience positive ou négative) et l'absence de mesure à long terme de l'incidence sur les participants, ce qui s'explique par le faible taux de réponse au sondage mené après 24 mois et par l'absence de sondage au-delà de 24 mois. De plus, conformément à l'entente conclue avec la SEJ, GHY n'a pas l'autorisation de conserver le numéro d'assurance sociale des participants, ce qui faciliterait le suivi des participants à la suite de leur placement. On note également un manque de données quantitatives sur les incidences pour les organismes partenaires (organismes parrains et organismes d'accueil), ce qui aurait pu constituer une bonne source supplémentaire d'information sur les résultats pour les participants. Bien que la plupart des membres des organismes parrains interrogés se soient dits satisfaits des activités de surveillance et des rapports de JPI, la qualité et l'actualité des rapports varient grandement d'un organisme à l'autre.

Efficacité et contraintes opérationnelles : Le personnel et la direction de JPI estiment que le Programme ne fait face à aucune contrainte opérationnelle et soulignent plutôt un certain nombre de facteurs qui contribuent à l'efficacité du Programme. Parmi ces facteurs favorables, mentionnons l'existence au Ministère d'une unité consacrée au Programme dont le personnel connaît le Programme, la possibilité de faire appel aux autres éléments du Ministère, notamment aux services des missions à l'étranger, et la répartition égale des processus tout au long de l'année. Les organismes parrains et les missions à l'étranger n'avaient aucune suggestion à formuler en matière de diversification des modes de prestation.

Par ailleurs, la plupart des représentants des organismes parrains ont soulevé un problème : le financement qui doit être renouvelé à chaque exercice financier du gouvernement fédéral. Ce type de financement pose problème parce que, par exemple, l'exercice financier du gouvernement ne correspond pas aux exercices financiers des universités ou des organismes d'accueil. Les organismes qui participent régulièrement au Programme trouvent qu'il est pénible de présenter chaque année une nouvelle demande de financement. D'autres contraintes ont été relevées, mais par un ou deux répondants seulement.

Améliorations recommandées

Dans l'ensemble, on constate que JPI a toujours sa raison d'être, que le Programme fonctionne efficacement et que le Programme a des incidences positives sur le Ministère et les participants, du moins à court terme. Toutefois, le Programme pourrait bénéficier de légers changements. En fonction des résultats de l'évaluation de JPI, nous soumettons au MAECI les recommandations suivantes :

  1. Revoir le modèle actuel de financement annuel. L'exercice financier de JPI ne correspond pas toujours à celui des organismes participants. Par exemple, l'exercice financier des organismes d'accueil, dans bien des cas, ne correspond pas à l'exercice financier du gouvernement fédéral (du 1er avril au 31 mars), et les universités (qui agissent à titre d'organismes parrains) ont du mal à recruter des participants à temps pour leur permettre d'effectuer un placement de six mois avant la fin de l'année. Les « partenaires qui ont fait leurs preuves » trouvent difficile et coûteux de rédiger une nouvelle proposition chaque année. GHY devrait envisager des moyens de rendre le financement mieux adapté aux besoins des organismes d'accueil et envisager la possibilité de conclure des ententes pluriannuelles de financement.
  2. Évaluer si l'allocation des participants est toujours suffisante. Différentes questions ont été soulevées au sujet du montant alloué aux participants pendant leur placement, quel que soit le pays. On a mentionné par exemple le coût de la vie en Europe occidentale ou le coût des billets d'avion et des fournitures médicales nécessaires dans les destinations « exotiques ». Par conséquent, GHY pourrait déterminer le coût relatif de la vie partout où il y a des placements et déterminer si l'allocation de 12 000 $ par participant est suffisante pour leur permettre d'assurer leur subsistance dans chaque endroit.
  3. Accroître les efforts déployés pour recueillir les données sur l'utilisation et l'efficacité de l'Outil d'auto-évaluation des compétences et du Campus virtuel. De nombreux représentants d'organismes parrains interrogés ont déclaré qu'ils ne savent pas combien de participants ont utilisé ces outils. Nous avons en effet eu du mal à obtenir des renseignements utiles sur l'utilisation de ces outils par les participants et sur leur satisfaction à l'égard de ces outils. La prochaine évaluation du Programme bénéficierait d'un accès à une plus grande quantité de données sur l'utilité et la popularité de ces outils, ce qui pourrait être possible si on incitait davantage les participants à utiliser l'outil d'auto-évaluation des compétences et le formulaire en ligne d'évaluation du Campus virtuel.
  4. Recueillir des renseignements sur le rendement auprès des organismes partenaires et en effectuer la synthèse. Bien que les organismes parrains soumettent régulièrement des rapports sur le rendement, GHY n'effectue pas la synthèse et l'analyse de ces rapports. De plus, les organismes parrains doivent obtenir des renseignements sur le rendement auprès de leurs organismes d'accueil au moyen d'un questionnaire qui porte notamment sur le degré de compatibilité entre les compétences des participants et les besoins des organismes d'accueil ainsi que leur satisfaction à l'égard du processus d'organisation de placements de leur organisme parrain. Toutefois, il semble que peu d'organismes d'accueil aient rempli ces questionnaires. Si cette information était recueillie régulièrement et versée dans une base de données, elle constituerait une bonne source de données sur le rendement du participant et de l'organisme d'accueil. GHY devrait envisager d'utiliser le modèle de sondage en ligne utilisé par le Programme de stages internationaux pour les jeunes de l'ACDI.
  5. Combler les lacunes concernant les données recueillies auprès des participants après le placement. Un certain nombre de problèmes concernant les sondages menés à la suite des placements font obstacle à la mesure du rendement, y compris le risque de biais dans les réponses, l'impossibilité de mesurer l'acquisition de compétences (en raison de l'impossibilité d'avoir accès à une évaluation complète du niveau des compétences de chaque participant avant le placement), le manque de précision des questions sur l'entrée dans le marché du travail international, le faible taux de réponse, en particulier en ce qui concerne le sondage réalisé 24 mois après le placement (bien que les participants signent une lettre dans laquelle ils s'engagent devant l'organisme parrain à participer aux sondages) ainsi que l'absence d'une mesure de la réussite à long terme. Pour améliorer les taux de réponse et la capacité de mesurer les résultats à long terme, il faudrait envisager les mesures suivantes : voir à ce que GHY mette à jour les coordonnées des participants en envoyant chaque année des cartes postales pour demander aux participants de mettre leurs coordonnées à jour et de répondre aux sondages postérieurs aux placements; idéalement, il faudrait mener des sondages au-delà de la période de 24 mois; inciter RHDSC (qui administre la SEJ) à permettre la collecte du numéro d'assurance sociale des participants pour qu'il soit possible de les suivre afin de mesurer les résultats obtenus à la suite de leur placement. Afin d'accroître la précision, il faudrait envisager de poser des questions sur le niveau de compétences des participants au début de leur placement dans le sondage réalisé six mois après le placement et poser dans tous les sondages réalisés après le placement des questions sur le caractère international des emplois qu'ils exercent.

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1.0 Introduction

1.1 Contexte et description du programme

Le principal objectif de Jeunes professionnels à l'international (JPI) consiste à aider les diplômés postsecondaires canadiens à réussir la transition entre l'école et le marché du travail et à entreprendre une carrière dans un contexte international en les aidant à acquérir des compétences avancées, des connaissances et une expérience professionnelle internationale et en les préparant à obtenir et à conserver un emploi.

À cette fin, JPI verse des contributions à des organismes parrains installés au Canada qui organisent des placements au sein d'organismes et employeurs étrangers (organismes d'accueil) et qui offrent ces placements à des jeunes sans emploi ou sous-employés qui sont admissibles et qui souhaitent obtenir une première expérience de travail internationale. Le Programme est administré par l'unité Jeunes professionnels à l'international (GHY) de la Direction générale de la sécurité humaine et des droits de la personne du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international(1) (MAECI). JPI se nommait au départ Programme de stages internationaux pour les jeunes.

JPI s'inscrit dans le volet Objectif carrière de la Stratégie emploi jeunesse (SEJ). La SEJ a été lancée en 1996 pour aider les jeunes à surmonter les obstacles liés à la transition entre l'école et le marché du travail. JPI est une initiative horizontale menée par Ressources humaines et Développement social Canada (RHDSC) en collaboration avec d'autres ministères et organismes fédéraux comme l'Agence canadienne de développement international, Industrie Canada, Environnement Canada et Patrimoine canadien.

MAECI verse à l'organisme parrain une contribution maximale de 15 000 $ par placement. Au moins 80 % de cette contribution (soit 12 000 $ par placement) doit servir aux dépenses liées aux participants, ce qui peut comprendre les cours de langue, les déplacements du participant, l'assurance-maladie, les visas, les vaccins, les frais de subsistance, le logement et les séances d'information et de compte rendu final. L'organisme parrain peut utiliser un maximum de 20 % (ou 3 000 $ par placement) de cette somme pour assumer une partie ou la totalité des frais administratifs réels et raisonnables qui sont liés au projet, par exemple le salaire du coordonnateur du projet et les retenues sur le salaire, les frais de télécommunications au bureau, les frais liés au recrutement et les frais généraux.

Les dépenses annuelles du programme s'élèvent à 6,4 millions de dollars (tableau 1.1). Les salaires et les dépenses de fonctionnement et de gestion s'élèvent à 510 000 $, ce qui représente environ 8 % des dépenses totales du Programme. Notons que pour 2006-2007 et 2007-2008, on s'attend à ce que le Ministère récupère 1,125 million de dollars en vertu de l'initiative d'examen des dépenses. L'exécution du Programme requiert cinq équivalents temps plein (ETP).

Tableau 1.1 : Fonds de Jeunes professionnels à l'international (en milliers de dollars), 2003-2004 à 2007-2008
Éléments2003-20042004-20052005-20062006-20072007-2008
Salaires et frais de fonctionnement et d'entretien (F & E)418,0505,0505,8505,8505,8
Subventions et contributions5 952,05 854,75 854,75 854,75 854,7
Frais de locaux de TPSGC30,039,539,539,539,5
Total6 400,06 400,06 400,06 400,06 400,0
Réduction attribuable à l'examen des dépenses   - 1 250,0- 1 250,0

Sources : Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats et renseignements supplémentaires fournis par GHY.

Les données sur le Programme révèlent que la participation à JPI est demeurée relativement stable depuis 2000-2001 (tableau 1.2). Au cours de la période en question, un peu plus de 400 jeunes, 40 organismes parrains et 300 organismes d'accueil ont participé à JPI en moyenne chaque année. Notons que JPI reçoit habituellement les fonds réaffectés d'autres programmes de la SEJ qui ne prévoient pas dépenser tous leurs fonds au cours de l'exercice financier, ce qui explique pourquoi on compte parfois plus de 385 participants JPI au cours d'une année. Ce ne fut toutefois pas le cas en 2005-2006, ce qui fait que le nombre de participants a été plus bas qu'au cours des années précédentes. En moyenne, GHY verse annuellement un financement qui permet à chaque organisme parrain de recruter 9 ou 10 participants par année; chaque organisme parrain place des participants dans 6 ou 7 organismes d'accueil. Chaque organisme d'accueil reçoit en moyenne 1,3 participant.

Tableau 1.2 : Participation au programme JPI, de 2000-2001 à 2005-2006
Élément2000-20012001-20022002-20032003-20042004-20052005-2006
Participants483406419409464373
Organismes parrains474543414146
Organismes d'accueil345308308306371294
Participants par organisme parrain (moyenne)10,39,09,710,011,38,1
Organismes d'accueil par organisme parrain (moyenne)7,36,87,27,59,06,4
Participants par organisme d'accueil1,41,31,41,31,31,3

Sources : Données sur le Programme - rapports soumis par GHY à la SEJ et reçues de GHY.

Pendant les sept premières années du Programme (de 1997 à 2004), 3 215 jeunes en tout ont participé aux projets JPI(2). Au cours de cette période, une centaine d'organismes parrains ont organisé des placements dans environ 1 580 organismes d'accueil situés dans plus de 140 pays.

Les données sur le Programme révèlent également que les organismes parrains se trouvent principalement dans les milieux universitaires et non gouvernementaux. De 2000-2001 à 2005-2006, près de sept projets sur dix (69 %, ou 181 projets) ont été parrainés par des organisations non gouvernementales (ONG), 29 % (76 projets) par des universités ou collèges, 1 % (trois projets) par des entreprises privées et un projet par un conseil de bande.

Le tableau 1.3 présente un profil des participants au Programme. Les résultats indiquent que les participants ont en moyenne 25,5 ans et qu'environ les trois quarts d'entre eux ont entre 23 et 29 ans (24,9 + 27,3 + 24,1 = 76,3 %). Près de deux participants sur trois (63,8 %) ont un baccalauréat, et un participant sur quatre a une maîtrise ou un doctorat (24,9 %). Un placement dure en moyenne 6,5 mois, et environ quatre placements sur cinq (81 %) durent exactement six mois. Environ le tiers des participants effectuent leur placement en Europe (35 %), et le reste des participants sont répartis également entre l'Afrique, l'Amérique du Nord et l'Asie (de 15 à 19 %).

Tableau 1.3 : Profil des participants JPI (%), 2005-2006
CaractéristiquePour cent
Âge (ans)
< 200,5
20 -2214,4
23-2424,9
25-2627,3
27-2924,1
30-318,5
Moyenne25,5 ans
Grade acquis le plus élevé
Études universitaires non terminées (au moins un an)0,8
Études postsecondaires non universitaires4,0
Baccalauréat63,8
Études de deuxième cycle non terminées6,4
Maîtrise ou doctorat24,9
Durée du placement (en mois)
< 60,3
681,0
7-816,0
9-122,9
Moyenne6,5 mois
Continent du placement
Europe35
Afrique19
Amérique du Nord17
Asie15
Amérique du Sud7
Océanie7
Total100

Source : Données sur le Programme transmises à EKOS par GHY.

La composition provinciale et territoriale des participants JPI correspond assez bien à celle de la population canadienne (tableau 1.4), selon les données du recensement de Statistique Canada(3).

Tableau 1.4 : Répartition des participants JPI par province ou territoire (%), de 2000-2001 à 2005-2006
Province / territoire2000-20012001-20022002-20032003-20042004-20052005-2006Moyenne 2000-2006Population 2005
Terre-Neuve-et-Labrador5,86,25,33,73,92,74,61,6
Île-du-Prince-Édouard0,60,50,20,50,21,10,50,4
Nouvelle-Écosse4,62,71,72,93,25,93,52,9
Nouveau-Brunswick1,72,02,40,73,03,52,22,3
Québec21,727,620,024,225,222,023,523,5
Manitoba2,52,51,91,02,42,92,23,6
Ontario34,828,137,537,236,238,635,438,9
Saskatchewan5,06,73,62,93,94,04,33,1
Alberta6,09,67,29,57,55,17,510,1
Colombie-Britannique16,412,617,915,614,013,715,013,2
Territoires du Nord-Ouest0,00,20,70,00,00,00,20,1
Nunavut1,01,51,41,50,40,31,00,1
Yukon0,00,00,00,20,00,30,10,1

Source : Données sur le Programme JPI obtenues de GHY et données du recensement de Statistique Canada.

1.2 Éléments évalués et objectifs

La présente évaluation sommative de JPI a été menée pour remplir une condition que le Conseil du Trésor a posée au renouvellement du financement du Programme par la SEJ. L'évaluation a porté sur le maintien de la pertinence, la rentabilité, la réalisation des objectifs et les questions de conception et d'exécution. Les éléments évalués et les questions utilisées dans l'évaluation ont été fondés sur les questions qui figurent dans le cadre de référence de ce projet d'évaluation. Un représentant de la Direction de l'évaluation du Bureau de l'inspecteur général du MAECI (chargé de projet) et le personnel et la direction du programme JPI ont amélioré les questions et élaboré les indicateurs et sources de données. Cette évaluation a été menée de novembre 2005 à mars 2006 et porte sur la période de 2001-2002 à 2005-2006.

1.3 Méthodologie

L'évaluation sommative du programme JPI repose sur plusieurs sources de données, notamment :

  • Examen des documents de JPI, des dossiers de projet et d'autres documents du Programme, y compris les résultats des sondages que les participants remplissent eux-mêmes après le placement.
  • Entretiens avec des répondants clés.
  • Études de cas de projets JPI.

a) Examen des documents du Programme et des données et dossiers de projet

Un examen des documents et dossiers disponibles sur le programme JPI a été mené sur tous les éléments à évaluer. Parmi les documents et données examinés, mentionnons :

  • Documents de base du Programme : présentation au Conseil du Trésor, modalités, critères sur le financement des propositions, formulaires de demande; accords de contribution, cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) pour 2003, budget et renseignements sur les dépenses.
  • Vingt dossiers de projet pour 2003-2004 et 2004-2005, ce qui comprend des propositions et des rapports provenant des organismes parrains.
  • Rapports des visites sur place (internes).
  • Résultats des sondages remplis par les participants après le placement, sondages menés par GHY, de 2000 à 2004.
  • Résultats des études menées après le placement par chaque organisme parrain (n=2).
  • Connect and Contribute - A Seven-Year Report of YPI (2005), qui présente notamment un profil des organismes parrains.
  • Entrevues après la participation à JPI (données non scientifiques sur les expériences des participants et les résultats obtenus).
  • Rapport de vérification interne de JPI (2005).
  • Rapport d'évaluation et examen de la documentation de la SEJ, 2005.
  • Rapports d'évaluation des programmes de stages destinés aux jeunes d'Industrie Canada et de l'Agence canadienne de développement international (Cyberjeunes et Programme de stages internationaux pour les jeunes).
  • Autres documents et données sur le Programme obtenus de GHY, par exemple les rapports à la SEJ, les statistiques sur les candidats et les données sur le profil des participants et des organismes parrains.
  • Données de Statistique Canada provenant principalement du recensement, qui ont été comparées au profil des participants.
  • Résultats de recherches canadiennes et américaines sur les besoins des jeunes en matière de compétences et d'emploi (consulter le prochain chapitre sur les résultats de l'évaluation pour obtenir des détails sur les sources).

b) Entretiens avec les répondants clés

En général, les entretiens avec les répondants clés permettent de mieux comprendre les perceptions et les opinions des personnes qui ont participé de près à la conception ou à l'exécution de JPI ou qui s'intéressent de près au Programme.

Nous avons interrogé 23 répondants clés. Nous avons posé des questions ouvertes afin de permettre aux répondants de donner des réponses approfondies et détaillées. Les entrevues ont duré de 20 à 60 minutes et ont été menées en anglais ou en français, au choix du répondant. La plupart des entretiens ont été menés au téléphone, sauf un, qui a été mené en personne.

La liste des personnes à interroger a été dressée conjointement par le chargé de projet et le personnel et la direction du programme JPI. Les personnes retenues avaient généralement une compréhension approfondie des différentes questions liées à la pertinence, à l'efficacité et à l'exécution du Programme. Les répondants clés exercent les fonctions suivantes :

  • Sous-ministres adjoints (n=2);
  • Gestionnaires et membres du personnel du programme JPI (n=2);
  • Représentants de missions à l'étranger (n=4);
  • Représentants d'organismes parrains (n=7);
  • Représentants d'organismes d'accueil (n=7).

c) Études de cas

Nous avons mené cinq études de cas sur des projets de JPI menés depuis 1999. Les données sur lesquelles reposent ces études de cas proviennent d'un entretien avec des participants JPI et d'un bref examen de la documentation. Ce volet de l'évaluation avait pour but de recueillir des opinions, des perceptions et des observations sur l'expérience des participants, en particulier sur les résultats de leur placement et leurs expériences depuis la fin de leur placement. Ces données qualitatives ont été recueillies pour ajouter de la couleur aux autres données sur la réussite, pour les compléter et en faciliter l'interprétation, mais ne doivent pas être considérées comme représentatives de tous les placements.

Pour choisir les projets à étudier, nous nous sommes fondés sur les suggestions des organismes parrains et de GHY. Nous avons choisi des projets auxquels avaient participé au moins deux hommes et au moins un francophone, dont l'un des participants travaille maintenant pour le MAECI et qui comptaient un participant autochtone. Nous avons également tenu compte de la représentation régionale à l'échelle du Canada et avons mené des études sur seulement un participant par organisme parrain. Nous avons sélectionné les projets en suivant les conseils du chargé de projet ainsi que du personnel et de la direction du Programme.

1.4 Limites de la méthodologie de l'évaluation

Nous avons noté deux principales limites relativement à notre évaluation. Premièrement, comme le prescrivait la demande originale de propositions pour cette évaluation, les données qualitatives ont été recueillies auprès d'un nombre restreint d'organismes parrains et d'organismes d'accueil, qui jouent un rôle important dans ce Programme. Bien que l'examen des données qualitatives et des dossiers de projet des organismes parrains permette de dresser un portrait de la situation, une méthode plus complète de collecte de données fondée sur des sondages aurait permis de recueillir davantage de renseignements définitifs sur les questions de l'exécution et de la réussite pour les organismes partenaires et, éventuellement, les participants.

Deuxièmement, nous avons relevé deux grandes lacunes dans les sondages que les participants remplissent après leur placement de JPI, sur lesquels est fondée la mesure de l'incidence sur les participants. Premièrement, les participants mesurent eux-mêmes les compétences qu'ils ont acquises (ce qui peut introduire certains biais), et les compétences ne sont pas mesurées au début des placements, ce qui empêche de mesurer les compétences acquises(4). Deuxièmement, il n'a pas été possible de mesurer les résultats à long terme en matière d'emploi au moyen des sondages puisque les données recueillies ne portent que sur les deux années qui suivent le placement; l'érosion de l'échantillon a également posé problème puisqu'une très faible proportion des participants originaux ont répondu au sondage mené 24 mois après le placement.

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2.0 Résultats de l'évaluation

Le présent chapitre présente les résultats de l'évaluation sur chaque élément évalué (le maintien de la pertinence, la réussite, les solutions de rechange et les contributions ainsi que la conception et l'exécution).

2.1 Maintien de la pertinence

a) Raison d'être du Programme

Lorsqu'on leur a demandé pour quelles raisons ils participaient au programme JPI, les organismes parrains et les organismes d'accueil ont donné diverses raisons. Une faible majorité des organismes ont mentionné des avantages précis pour l'organisme d'accueil (par exemple, présence dans l'organisation de personnes qui maîtrisent l'anglais, augmentation de la capacité du personnel, besoin d'assouplissement du processus de dotation ou réponse à des besoins en recrutement) ou l'organisme parrain (p. ex., renforcement de partenariats avec des organismes d'accueil et promotion de leurs propres objectifs en faisant connaître leur cause). Parmi les autres raisons citées, mentionnons le désir d'aider les jeunes à trouver un emploi (raison citée par un organisme parrain) et l'impression favorable dégagée par le Programme (raison citée par un organisme d'accueil).

La plupart des répondants clés estiment que le Programme a toujours sa raison d'être et répond à des besoins particuliers en matière d'accès. Lorsqu'on leur a demandé si un programme comme JPI répond à un besoin, les représentants des missions à l'étranger et des organismes parrains ont répondu à l'unanimité par l'affirmative. La plupart d'entre eux ont fait état des expériences et des connaissances professionnelles pratiques que les jeunes peuvent acquérir en participant au Programme et ne peuvent habituellement pas acquérir dans le cadre de leurs études postsecondaires. Par exemple, un répondant a déclaré « pour être crédible, vous devez avoir de l'expérience sur le terrain » [Traduction]. En effet, on dit souvent qu'il est impossible d'obtenir un emploi sans expérience et d'acquérir de l'expérience sans emploi. JPI et les programmes semblables comblent cette lacune en permettant aux diplômés postsecondaires d'obtenir l'expérience professionnelle qu'ils n'ont pas souvent l'occasion d'obtenir autrement. Un simple coup d'oeil aux offres d'emploi confirme que l'expérience professionnelle est une exigence fréquente. Selon certaines sources, ce problème est particulièrement présent dans certaines régions et certains groupes culturels du Canada (au Canada atlantique et chez les Autochtones). La recherche confirme que les personnes qui souhaitent poursuivre une carrière à l'international font face à des difficultés particulières comme le coût substantiel de la formation sur le terrain(5). De plus, les organismes internationaux ne peuvent habituellement pas embaucher plus d'un certain nombre d'employés provenant d'un même pays membre.

De plus, la recherche confirme la nécessité de s'attaquer, comme le fait le Programme, au problème du sous-emploi, qui représente pour la nation une sous-utilisation du capital humain(6). Une étude récente de Statistique Canada a révélé que trois diplômés universitaires sur dix (30 %) ayant des liens très forts avec le marché du travail(7) avaient occupé un emploi pour lequel ils étaient surqualifiés (un emploi nécessitant seulement un diplôme d'études secondaires) pendant au moins un mois au cours d'une période de suivi de six ans. La surqualification est particulièrement répandue chez les diplômés en commerce (37 %) et en arts, en lettres et sciences humaines et en sciences sociales (32 %), qui correspondent aux domaines dans lesquels la majorité des participants JPI sont diplômés. Par conséquent, le Programme procure à ces diplômés un avantage considérable sur les autres en leur permettant d'acquérir une expérience « professionnelle » internationale. De plus, la surqualification est particulièrement répandue (48 %) dans le groupe d'âge visé par JPI (les moins de 30 ans).

En outre, les documents examinés dans le cadre de notre évaluation confirment que JPI est axé sur les compétences dont les jeunes ont besoin. Une personne déclare que trois compétences essentielles sont ciblées dans la préparation à l'employabilité de jeunes ouverts sur le monde : habiletés interculturelles, spécialisation technique et professionnelle et habiletés personnelles(8). Le Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) de JPI stipule que les possibilités d'emploi internationales, en particulier celles qui comportent un volet de mentorat, permettent d'acquérir les compétences liées à la première compétence interculturelle (c.-à-d. les communications interculturelles et la capacité accrue de s'adapter rapidement au changement) dans un environnement à faible risque. De plus, les compétences acquises dans le cadre d'une participation à JPI correspondent en grande partie aux 11 principales compétences recherchées par les employeurs : savoir communiquer, gérer l'information, résoudre des problèmes, démontrer des attitudes et des comportements positifs, être responsable, être souple, travailler avec d'autres, participer aux projets(9).

Les recherches menées aux États-Unis confirment l'importance d'avoir des employés qui possèdent des compétences internationales(10). Bien qu'il s'agisse de données américaines, elles sont valables pour le Canada puisque les économies des deux pays sont très semblables et que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est considérable. Une enquête menée auprès de 111 entreprises américaines a permis de constater ce qui suit :

  • Près de 80 % des entreprises s'attendraient à ce que leurs affaires augmentent si leur personnel possédait davantage de compétences spécialisées internationales.
  • L'appréciation des différences culturelles est la compétence internationale la plus importante pour le personnel professionnel et les cadres hiérarchiques.
  • Près de 80 % des entreprises ont répondu qu'elles allaient augmenter l'importance accordée aux compétences internationales des cadres et des employés au cours des dix prochaines années.

Les données économiques et diplomatiques montrent bien l'importance de compter sur des employés qui possèdent des compétences internationales. Le CGRR stipule que pour réussir dans l'économie mondiale axée sur le savoir, le Canada doit être en mesure de produire une masse critique de personnes bien formées et hautement qualifiées. Il est également dit qu'il sera essentiel de donner aux jeunes Canadiens la possibilité d'acquérir, idéalement par des expériences professionnelles, les compétences requises pour pouvoir fonctionner dans une économie de plus en plus mondiale. Les dernières données selon les comptes nationaux (quatrième trimestre de 2005) illustrent l'importance des exportations pour l'économie canadienne, qui représentent 39 % du produit intérieur brut du Canada, soit 450 milliards de biens exportés en 2005(11). Cette situation permet de croire que le Canada dépend grandement du commerce international et qu'il a donc besoin de gens qui possèdent des compétences internationales. En outre, le Canada est membre de nombreuses organisations internationales(12) et doit donc préparer des jeunes qui possèdent des compétences internationales à travailler dans ces organisations et à contribuer à solidifier la place du Canada sur la scène internationale. Enfin, des répondants de certains organismes d'accueil et organismes parrains ont déclaré que la réputation internationale du Canada a souffert, surtout récemment, et que le pays a donc besoin de jeunes qualifiés, comme les participants JPI, pour redorer son blason dans le monde.

Le nombre de demandes soumises par des candidats, des candidats retenus et des organismes parrains illustre l'intérêt que suscite le Programme. Les données sur JPI transmises par GHY indiquent que sur les 5 219 jeunes pour lesquels des organismes ont demandé des placements dans le cadre du Programme de 2000-2001 à 2005-2006, seulement la moitié d'entre eux (47 % ou 2 444) ont été placés parce que le financement a été obtenu(13). Rappelons également que JPI reçoit habituellement des fonds réaffectés d'autres programmes de la SEJ pour permettre d'offrir un placement à plus de 385 participants. De même, sur les 445 propositions soumises par des organismes parrains du Programme, 262 ont été acceptées, ce qui donne un taux d'acceptation de 59 %. Ainsi, 41 % des organismes qui ont présenté une demande de financement au Programme pendant cette période ont été rejetés, ce qui indique que la demande et l'intérêt des organismes envers le Programme sont supérieurs à la capacité du Programme(14).

À ce sujet, notons qu'en raison de son financement limité et de la nécessité de concilier les attentes, GHY ne s'emploie pas activement à promouvoir le Programme auprès des organismes parrains potentiels ni des jeunes participants. Par exemple, de 2000 à 2005, des représentants de GHY n'ont que très rarement assisté à des salons de l'emploi, à l'exception d'un salon qui se tient annuellement au Québec.

L'analyse des données sur la nature des organismes parrains révèle que peu de demandes en provenance d'organismes privés sont présentées et acceptées. De 2001-2002 à 2005-2006, environ 3 % (n=11) des propositions provenaient du secteur privé, et de ces propositions, 27 % ont été acceptées. Du côté des ONG et des organismes universitaires, 67 % des propositions soumises à JPI sont acceptées. On ignore pour quelle raison les propositions du secteur privé sont moins souvent acceptées.

Il est également important de noter que bon nombre des organismes qui obtiennent du financement de JPI le font plus d'une fois. Les données indiquent que sur les 445 propositions soumises au Programme de 2000-2001 à 2005-2006, 41 % (n=186) ont été soumises par des organismes différents et qu'environ le tiers (32,1 %) des 262 propositions acceptées ont été soumises par des organismes différents (n=84). Autrement dit, les organismes ont reçu du financement en moyenne 3,1 fois (262/84) pendant cette période. Sur les 84 organismes qui ont présenté des demandes de financement qui ont été acceptées pendant cette période de six ans, 24 (29 %) ont reçu du financement à une reprise, et un nombre similaire (25) d'organismes ont reçu du financement cinq fois ou plus.

b) Mesure dans laquelle les attentes ont été satisfaites

Les représentants des organismes parrains et des organismes d'accueil interrogés estiment que leurs attentes à l'égard du programme JPI sont généralement satisfaites. (Comme nous l'avons déjà vu, ces attentes variaient considérablement d'un organisme à l'autre.) Cette satisfaction s'illustre par l'établissement et le renforcement de partenariats, une meilleure connaissance des organismes parmi les participants et un taux de satisfaction élevé quant au calibre des participants. Dans quelques cas, l'organisme d'accueil a engagé le participant à la fin de son placement. La seule plainte importante formulée par un organisme portait sur la trop courte durée des placements et sur le manque de « continuité ».

JPI améliore la façon dont le Canada est perçu. On a demandé aux représentants des organismes d'accueil si leur participation à JPI avait changé leur perception des Canadiens et des valeurs canadiennes(15). Bien que certains répondants aient déclaré que leur perception n'avait pas changé simplement parce qu'ils avaient déjà travaillé avec des Canadiens ou qu'ils avaient au départ une bonne impression du Canada, de nombreux répondants ont déclaré que les participants JPI avaient suscité chez eux ou chez leurs collègues étrangers une impression favorable des Canadiens. Par exemple, un représentant d'un organisme d'accueil croyait auparavant que le Canada éprouvait des lacunes dans certains domaines d'enseignement comme le marketing, mais sa perception a changé après son expérience avec JPI. Un autre répondant a indiqué que les participants JPI illustrent l'engagement du Canada envers les questions d'ordre humanitaire ainsi que la capacité du Canada à répondre adéquatement aux demandes des organisations internationales et à soutenir ces organisations.

Les participants qui ont fait l'objet des études de cas estiment généralement que leurs attentes à l'égard de JPI ont été satisfaites. Ils estiment tous avoir, en grande partie, vécu l'expérience qu'ils souhaitaient vivre. Un participant s'attendait toutefois à vivre une immersion dans la culture locale au lieu d'être logé dans un complexe avec d'autres étrangers.

c) Compatibilité avec les priorités du Ministère et de la SEJ

Toutes les personnes consultées à ce sujet ont répondu que JPI soutient les priorités du MAECI. Selon le personnel et la direction de JPI, le Programme a été conçu précisément pour réaliser les priorités du MAECI. Dans leurs propositions, les organismes parrains doivent indiquer pour quelle raison le MAECI devrait financer le projet proposé et de quelle manière les priorités du MAECI se manifesteront dans les projets financés (les déclarations de l'un des organismes parrains le confirment). Le comité de sélection de JPI examine toutes les demandes et détermine dans quelle mesure les projets soutiennent les priorités du Ministère, ce qui permet de voir à ce que les projets soutiennent les enjeux comme les droits de la personne, la consolidation de la paix, la prospérité et la promotion des relations avec les États-Unis. Des points sont accordés aux propositions en fonction de la mesure dans laquelle elles correspondent aux priorités du Ministère. De plus, on s'attend à ce que l'expérience, la perspective internationale et l'ouverture sur le monde acquises par les participants aident les entreprises canadiennes qui embauchent ces participants à mieux se préparer à exporter, ce qui constitue l'objectif du Ministère sur le plan du commerce international.

Les documents examinés révèlent que les activités du Programme s'inscrivent dans les priorités du MAECI. Le fait que JPI contribue aux trois priorités du Ministère en matière de politique étrangère est illustré par la conformité des projets financés avec ces priorités, comme on peut le voir dans ce qui suit (de 1997 à 2004(16)) :

  • Sécurité : La sécurité du Canada demeure une responsabilité fondamentale du gouvernement et une priorité clé en matière de politique étrangère. Au cours des sept premières années, 1 322 participants JPI (41 % des 3 215 participants) ont travaillé dans des domaines liés à la sécurité : prévention et règlement des conflits, droits de l'enfant, déminage, développement démocratique, élections, droits de la personne, santé, droit international, migration et démographie, prolifération des armes légères, armes de destruction massive, terrorisme et droits des femmes.
  • Identité : Au cours des sept premières années du Programme, le Ministère a organisé 783 placements (24 %) dans des domaines se rapportant aux industries culturelles et aux valeurs canadiennes, aux médias culturels, à l'enseignement à distance, à l'éducation internationale, aux questions autochtones, au journalisme, à la Francophonie, aux relations multiculturelles ou interculturelles, aux musées, aux arts de la scène, au cinéma et à la télévision.
  • Prospérité : La prospérité du Canada tient à la capacité des Canadiens de réussir dans un monde où les affaires connaissent de moins en moins les frontières. Au cours des sept premières années du Programme, JPI a fait en sorte que 1 110 placements (34 %) donnent à des jeunes la possibilité d'acquérir des compétences essentielles en commerce international. Les placements ont eu lieu dans des domaines très variés : affaires, expansion économique, expansion des investissements à l'exportation, industries environnementales, technologie de l'information, études de marché, science et technologie, développement durable, assistance technique, tourisme, organisation matérielle de missions commerciales et politique commerciale.

De même, la plupart des propositions de projet expriment une volonté de réaliser les priorités du Ministère. L'examen des dossiers de projet de 20 organismes parrains qui ont bénéficié d'un financement (2003-2004 et 2004-2005) révèle que 17 de ces organismes avaient précisé clairement dans leur proposition de quelle manière leur projet allait contribuer au mandat ou aux objectifs du MAECI.

De façon générale, les répondants clés de JPI estiment que les placements aident à renforcer « l'image de marque » du Canada et permettent au Canada d'établir des liens culturels ou commerciaux. D'autres répondants clés (représentants d'organismes parrains et de missions à l'étranger) souscrivent à cet avis, comme en font foi les commentaires suivants : « il s'agit d'un moyen par lequel nous manifestons notre volonté d'enrichir nos liens avec des instituts de nombreux pays » et « ce programme a réellement favorisé la participation du Canada aux affaires internationales et a contribué à la diffusion des valeurs canadiennes à l'étranger ».

Les objectifs du Programme sont également compatibles avec les objectifs de la Stratégie emploi jeunesse (SEJ). Le gouvernement du Canada a créé cette stratégie pour les jeunes Canadiens (de 15 à 30 ans) afin qu'ils puissent obtenir de l'information relative à la carrière, acquérir des compétences et trouver et conserver de bons emplois. Selon les sites Web de la SEJ et de JPI, le Programme est conçu précisément pour compléter les objectifs de la SEJ.

2.2 Réussite

a) Incidences sur les compétences des participants

Avant de présenter les résultats, il importe de voir quels sont les renseignements sur les compétences qui sont recueillis par le Programme. Ces renseignements proviennent de trois sources.

  • Dossiers de projet des organismes parrains : Les organismes parrains doivent désigner dans leurs propositions les compétences que les participants JPI devront acquérir pendant le placement proposé. Les compétences que le participant a effectivement acquises sont souvent décrites dans une section prévue à cette fin dans le rapport final de l'organisme parrain, mais la description des compétences est parfois intégrée à des exemples de réussite dans lesquels l'acquisition de compétences est implicite (ou passée sous silence). Les compétences ciblées sont celles qui sont susceptibles d'améliorer l'employabilité des participants dans un contexte international.
  • Outil d'auto-évaluation des compétences : On demande aux participants de remplir une évaluation de leurs compétences avant, pendant et après le placement. Cet exercice a pour but principal de concevoir et de mettre en oeuvre leur propre plan de perfectionnement des compétences et de mesurer les progrès qu'ils réalisent dans l'acquisition de compétences. Lorsqu'un nombre suffisamment important de participants utilisent cet outil à l'intérieur d'un organisme parrain ou d'un organisme d'accueil, il est possible de dégager des tendances en matière de perfectionnement des compétences au sein de cet organisme. Notons que cet outil n'est pas utilisé depuis suffisamment longtemps pour permettre la mesure du rendement (nous aborderons cette question dans la section « Conception et exécution »).
  • Sondages menés à la suite des placements de JPI : On demande aux participants de remplir des sondages en ligne à la suite de leur placement (6, 12 et 24 mois après leur placement). Ces sondages comportent des questions sur leurs niveaux de compétences. (On pose également des questions aux participants sur leur situation professionnelle actuelle et la mesure dans laquelle leur placement dans le cadre de JPI les a aidés à trouver un emploi après leur placement et à mieux connaître le Canada.) Les constatations qui suivent sont fondées sur les résultats de ces sondages que les participants remplissent eux-mêmes.

Notons que c'est l'organisme parrain qui se charge de voir à ce que les participants répondent aux sondages menés à la suite du placement. Selon le document Passeport JPI, il incombe à ces organismes d'informer les participants de l'importance de ces sondages pour l'évaluation de l'efficacité de JPI et de voir à ce que l'obligation de répondre à ces sondages fasse partie de l'entente ou du contrat conclu avec les participants. Ensuite, au moment opportun (6, 12 et 24 mois après la fin du placement), GHY envoie un rappel par courrier électronique à chaque organisme parrain, qui le transmet ensuite aux anciens participants, qui visitent ensuite le site Web pour répondre au sondage. Par conséquent, bien que les participants s'engagent par écrit envers l'organisme parrain à répondre aux sondages menés à la suite du placement et que les organismes aient l'obligation d'inciter les participants à y répondre, ces derniers ne sont pas tenus par la loi d'y répondre, et bon nombre d'entre eux ne le font effectivement pas, comme nous le verrons. Il serait toutefois difficile d'obliger les participants à répondre à ces sondages. (Nous reviendrons en détail sur l'utilité de ces sondages pour la mesure du rendement dans la section sur la conception et l'exécution [section 2.4e].)

Selon les résultats des sondages menés six mois après le placement de 2000 à 2004, une importante proportion des participants soutiennent posséder une grande partie des compétences ciblées à la suite de leurs placements. Les compétences qui sont le plus souvent améliorées, de l'avis des participants, sont l'efficacité interculturelle, la capacité d'adaptation et la souplesse ainsi que la patience et la tolérance. Ces compétences ont été qualifiées de « grandement améliorées » par environ 50 % des participants pour quatre des cinq années. L'examen des rapports des organismes parrains à JPI confirme cette constatation. Cet examen a révélé que plusieurs compétences sont toujours améliorées, quel que soit l'organisme parrain ou l'organisme d'accueil, ce qui est particulièrement vrai dans le cas des compétences liées aux communications interculturelles, à la recherche, à la langue, à l'organisation, à l'établissement de réseaux ainsi qu'à la souplesse et à la capacité d'adaptation.

Pour illustrer le niveau de réussite des participants, nous avons disposé dans le tableau de la page suivante les résultats du sondage mené six mois après le placement auprès de la cohorte de 2002 (il s'agit du sondage qui a obtenu le taux de réponse le plus élevé). Le tableau révèle que près de la moitié des participants ont déclaré que leur efficacité interculturelle, leur capacité d'adaptation et leur souplesse ainsi que leur patience et leur tolérance ont été grandement améliorées (soit cinq points sur l'échelle de cinq) et qu'en ce qui concerne l'ensemble des compétences, environ la moitié des participants se sont donnés une note de 4 ou de 5, ce qui permet de conclure que les participants estiment que leur placement dans le cadre de JPI les a aidés considérablement à améliorer toutes les compétences examinées.

Enfin, il importe de noter deux choses sur ces sondages. Premièrement, les résultats du sondage de 2002 correspondent à peu près aux résultats obtenus dans les sondages menés à la suite des placements au cours des cinq années visées par notre examen. Deuxièmement, l'examen des dossiers des organismes parrains a confirmé ces résultats. Cet examen a révélé que plusieurs compétences sont toujours améliorées, quel que soit l'organisme parrain ou l'organisme d'accueil, ce qui est particulièrement vrai dans le cas des compétences liées aux communications interculturelles, à la recherche, à la langue, à l'organisation, à l'établissement de réseaux ainsi qu'à la souplesse et à la capacité d'adaptation.

Perfectionnement des compétences des participants JPI 2002 - Six mois après le placement

b) Incidences pour les participants en matière d'emploi, d'éducation et de chômage

La majorité des participants ont déclaré avoir obtenu un emploi ou effectué un retour aux études à la fin de leur placement. Cette constatation est fondée sur des renseignements tirés d'un échantillon de 20 rapports de fin d'année soumis à GHY par des organismes parrains, soit 10 en 2003-2004 et 10 en 2004-2005. Les 17 dossiers de projet contenant des renseignements complets sur l'emploi après le placement de chaque participant portaient sur 182 participants en tout, dont 94 (52 %) occupaient un emploi, 18 (10 %) étaient retournés aux études et 70 (38 %) cherchaient un emploi. De 10 à 25 % des participants ont effectué un retour aux études. Quelques représentants d'organismes parrains ont avancé deux hypothèses pour expliquer cette décision de certains participants : 1) leur expérience dans JPI a changé leurs priorités et leur façon de voir la vie, et ils ont donc décidé de réorienter leur carrière ou 2) les participants avaient prévu de retourner aux études, et JPI leur a simplement permis d'acquérir l'expérience qu'ils souhaitaient ou devaient acquérir avant de poursuivre leurs études supérieures.

Plus il y a de temps écoulé depuis la fin du placement, plus la proportion des anciens participants qui occupent un emploi est élevée. Cette conclusion repose sur les résultats des sondages en ligne que les participants ont remplis après leur placement de 2000 à 2004 (les résultats pour la cohorte de 2005 n'étaient pas disponibles puisque la date limite à laquelle les sondages devaient être retournés n'était pas passée au moment de notre évaluation). Six mois après le placement, de 36 à 53 % des participants occupaient un emploi à plein temps et à long terme, contre 20 % environ au début du placement (dans le sondage mené six mois après le placement, on demande aux participants quelle était leur situation professionnelle au début du placement). Après 12 mois, les pourcentages augmentent et se situent de 49 à 66 %(17). Notons que cette situation est le reflet de la situation de la plupart des jeunes qui entament leur carrière et font leur entrée dans le monde du travail. Au cours de la période visée par l'examen, la proportion d'anciens participants JPI qui étaient aux études et qui occupaient des emplois à temps partiel ou à court terme est demeurée relativement stable et représente chaque année de 10 à 24 % environ des participants.

Le tableau qui figure à la page suivante montre, pour la cohorte de 2002 de JPI(18), une augmentation du nombre de participants qui occupaient un emploi au cours de la période postérieure au placement, en particulier des emplois à plein temps et à long terme, ainsi qu'une baisse du nombre de participants en chômage. Les résultats indiquent que le pourcentage de participants qui occupaient un emploi à plein temps et à long terme passe de 14 % au début du placement à 36 % six mois après le placement, à 49 % douze mois après le placement et à 55 % 24 mois après le placement (notons que les derniers résultats sont fondés sur un échantillon peu nombreux).

Situation avant et après le placement des participants JPI 2002

Certaines données révèlent que des participants JPI entrent sur le marché du travail international à la suite de leur placement. De 2001 à 2004, de 50 à 65 % des anciens participants JPI ont répondu dans le sondage mené six mois après le placement qu'ils avaient tenté de trouver un emploi dans le marché du travail international (les données de 2000 n'ont pas été incluses parce que seulement 14 participants ont répondu). Lorsqu'on a demandé aux participants s'ils estimaient que leur expérience dans le cadre de JPI avait facilité leur entrée dans le marché du travail international, de 33 à 38 % d'entre eux ont répondu que leur expérience avait eu une incidence favorable(19).

Les cinq anciens participants JPI interrogés pour les besoins des études de cas ont répondu que leur expérience dans le cadre de JPI les a aidés à obtenir leur emploi actuel. Voici quelques commentaires qui illustrent le rôle favorable joué par JPI : « très important », « m'a permis d'obtenir mon poste », « m'a aidé à m'orienter » et « très important, une grande incidence sur mes choix ».

Quelques organismes parrains ont mené des sondages auprès des participants qui nous éclairent sur les résultats à long terme du Programme. Toutefois, puisque ces sondages portent sur les participants de deux organismes seulement et pour d'autres raisons exposées ci-dessous, leurs résultats sont indicatifs seulement et ne sont pas nécessairement représentatifs des résultats de tous les participants. Voici les résultats de ces deux sondages :

  • L'International Institute for Child Rights and Development (IICRD), en s'appuyant sur les données qualitatives recueillies au cours d'entrevues avec 15 de ses anciens participants JPI (ayant participé au Programme au cours des sept années précédences), a conclu ce qui suit : la plupart des anciens participants JPI (13 ou 14 des répondants) ont déclaré qu'ils travaillaient dans un domaine lié à leur placement, la plupart ont déclaré que leur placement les a aidés à se rendre où ils sont aujourd'hui, plusieurs ont affirmé avoir eu une incidence favorable sur la communauté dans laquelle ils ont effectué leur placement, et l'IICRD estime que les participants contribuent au renforcement des liens avec les organismes d'accueil et contribuent aux prochains placements JPI(20). Quelques-uns des sept participants JPI qui ont effectué un placement dans les années 1990 poursuivent actuellement une carrière ou des activités éducatives d'orientation internationale.
  • L'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) a enquêté auprès de 109 anciens participants (dont certains avaient participé au Programme huit ans auparavant) à JPI et au PSIJ de l'ACDI(21). Les résultats révèlent qu'une importante majorité (de 80 à 90 %) des anciens participants à JPI et au PSIJ ont déclaré que leur placement avait contribué au perfectionnement de leurs compétences professionnelles ainsi qu'à leur connaissance et à leur compréhension des enjeux mondiaux. La plupart des répondants estimaient avoir contribué à leur lieu de travail et avoir contribué à promouvoir les valeurs canadiennes de tolérance à l'endroit des différences ethniques et religieuses.

Enfin, les participants JPI occupent divers types d'emploi à la suite de leur placement(22). Ils peuvent travailler comme agent de mise en marché, adjoint de circonscription, gestionnaire de programme, coordonnateur, adjoint aux communications et à la recherche, gestionnaire principal de la mise en marché, coordonnateur des communications, coordonnateur du perfectionnement des bénévoles, concepteur de pages Web, gestionnaire de la mise en marché, chercheur et agent de dépouillement des médias.

c) Avantages pour le MAECI

Les répondants clés que nous avons interrogés s'entendent pour dire que JPI bénéficie au MAECI. Les sous-ministres adjoints du Ministère et les membres de la direction et du personnel de JPI ont répondu que de nombreux participants JPI se sont joints au Ministère après leur placement (y compris au Service extérieur canadien) et que le Ministère emploie généralement de 50 à 70 anciens participants. Dans quelques cas, des participants, à leur retour au Canada et conséquemment à leur expérience, ont même fondé des ONG qui défendent des causes propres à des pays en développement en lien avec les priorités du MAECI comme la promotion des droits de la personne et du commerce international (voir la section sur la pertinence, qui illustre comment les projets JPI s'inscrivent dans les priorités du MAECI). On a également constaté que les anciens participants JPI embauchés par des entreprises étrangères deviennent de véritables représentants du Canada, ce qui contribue à la réalisation des objectifs commerciaux du Ministère. Les participants JPI qui travaillent pour des organismes étrangers défendent les intérêts du Canada à l'étranger en faisant la promotion du rôle du Canada dans le monde et en renforçant les échanges commerciaux entre le Canada et ses partenaires. C'est ce que confirment des représentants de certains organismes d'accueil, qui ont souligné que leur collaboration avec JPI avait amélioré leur opinion à l'égard des Canadiens et des valeurs canadiennes ou renforcé leur opinion déjà favorable. Même les participants qui travaillent pour des organismes canadiens bénéficient d'une ouverture sur le monde et d'une expérience internationale, ce qui profite à l'organisme sur le plan international et accroît ses chances de conclure des partenariats en investissement avec des entreprises étrangères.

Les entrevues avec les répondants clés ont permis de cerner d'autres avantages pour le Ministère. Certains ont déclaré qu'un programme comme JPI permettait au Ministère de « matérialiser » son engagement envers les jeunes. On a également déclaré que JPI permet au MAECI de soutenir des ONG et leurs travaux sur des enjeux comme les droits de la personne, qui sont importants pour le gouvernement, mais qu'il ne peut pas aborder directement. La majorité des représentants d'organismes parrains interrogés ont indiqué que JPI a permis de renforcer les liens entre le Ministère et leur organisme. Les répondants clés de JPI ont également dit des participants JPI qu'ils jouaient un rôle très utile dans le renforcement des liens et des réseaux entre l'ambassade et les entreprises et ONG de la région, en particulier dans le cas des ambassades qui possèdent peu d'effectifs; dans les faits, les participants deviennent de véritables « ambassadeurs » du Canada.

Un répondant clé a déclaré qu'il y aurait lieu de déployer plus d'efforts pour voir à ce que les organismes d'accueil participants se trouvent dans des pays qui partagent les intérêts du gouvernement du Canada comme la promotion des droits de la personne et du commerce international.

2.3 Solutions de rechange et contributions

a) Existence d'autres programmes

En général, les répondants clés ne connaissent pas d'autres programmes comparables à JPI à l'intention des jeunes du Canada ou de l'étranger. Un représentant d'un organisme parrain a déclaré : « Les gouvernements de chaque pays où je vais me demandent comment ils peuvent mettre sur pied un programme semblable; ils trouvent que JPI est fantastique. Dans de nombreux pays, l'État n'a tout simplement pas les moyens de mettre sur pied ce genre de programme. »

Il existe tout de même de nombreux programmes internationaux à l'intention des jeunes du Canada, bien qu'aucun n'ait le même mandat et la même structure que JPI. Comme nous l'avons déjà vu, l'ACDI offre un programme semblable, le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ). La principale différence entre les placements de JPI et les stages de l'ACDI tient à leur objet. Les stages de l'ACDI sont axés sur le développement. De leur côté, les participants JPI effectuent des placements dans des pays en développement, mais ces placements ont pour objet de soutenir les droits de la personne, la saine gouvernance, les questions juridiques et le commerce international, domaines qui correspondent directement au mandat du MAECI. Certains organismes parrains qui ont reçu un financement de JPI sont actifs dans le domaine du développement et accueillent des participants de JPI et du PSIJ.

Parmi les autres programmes de stages internationaux qui pourraient se comparer à JPI et qui ont été mentionnés dans les entrevues menées avec des répondants clés membres des organismes parrains et des organismes d'accueil, mentionnons les programmes suivants, que nous avons classés par types d'organisme :

La plupart des personnes interrogées ont donné peu de renseignements sur ces programmes. Dans les cas où elles ont donné des détails, on constatait que les objectifs et la structure organisationnelle de ces programmes étaient différents de ceux de JPI. On remarque en particulier que l'allocation offerte aux participants de ces programmes (le cas échéant) était généralement inférieure à celle offerte par JPI.

Les personnes interrogées ont également mentionné que le mode de fonctionnement par partenariats de JPI, qui est presque unique au Programme, contribuait à son succès. Selon le modèle utilisé, le MAECI collabore avec des organismes parrains qui collaborent à leur tour avec des organismes d'accueil pour organiser des placements à l'étranger à l'intention de jeunes Canadiens. Selon les répondants clés, cette méthode de collaboration qui utilise les ressources et les contacts de chaque partenaire facilite le financement des participants, la recherche de placements à l'intention des participants et la création d'occasions d'établissement de liens. Selon la plupart des répondants clés, le fait d'accorder une allocation aux participants, ce qui n'est pas courant à l'extérieur des programmes de stages de la SEJ, présente plusieurs avantages : les participants payés peuvent rester plus longtemps et apporter une contribution plus significative à leur organisme d'accueil, et l'allocation permet aux participants d'assumer le coût de leur voyage à l'étranger (l'accès aux programmes sans allocation est habituellement limité pour cette raison).

De plus, le critère de JPI selon lequel les participants doivent avoir obtenu un diplôme d'études postsecondaires fait en sorte que les participants ont davantage de compétences que les étudiants de premier cycle auxquels s'adressent habituellement les autres programmes de stages (la majorité de ces programmes n'ont pas cette exigence).

b) Optimisation du financement

Les contributions provenant des organismes partenaires varient considérablement d'un organisme à l'autre. Selon un échantillon de 20 projets JPI examinés pour les années 2003-2004 et 2004-2005, les organismes parrains ont versé aux projets JPI une contribution moyenne d'environ 39 000 $, qui va de 2 100 $ à 165 000 $ par organisme parrain, ce qui représente de 0,8 à 47,6 % du financement total des projets. La contribution moyenne par organisme d'accueil était d'environ 92 000 $ et s'élève de 0 $ à 235 000 $ par projet, ce qui représente de 0 à 68 % du financement total provenant de toutes les sources.

Les rapports de JPI à la SEJ indiquent également que les projets bénéficient de contributions importantes qui s'ajoutent à celles du gouvernement fédéral. Le rapport pour 2004-2005 révèle que les organismes parrains ont versé au Programme des contributions en espèces d'environ 393 000 $ en tout et des contributions en nature d'environ 1,1 million de dollars; les organismes d'accueil ont versé des contributions totales d'environ 540 000 $ en espèces et de 3,3 millions de dollars en nature. Les chiffres révèlent aussi que le gouvernement fédéral a versé des contributions en nature de 300 000 $ pour couvrir les coûts liés à l'évaluation des placements menée par le MAECI et les coûts associés au comité de sélection de projets.

Les membres du personnel de JPI et les représentants d'organismes parrains interrogés ont reconnu que le montant du financement et des contributions en nature que le MAECI est en mesure d'obtenir des organismes parrains et des organismes d'accueil varie grandement en fonction des ressources dont disposent ces organismes. Habituellement, le financement est plus élevé lorsqu'il provient des organismes parrains du secteur privé et des organismes d'accueil privés établis dans des pays plus riches. Le financement des organismes parrains est le plus souvent versé en nature, alors que les organismes d'accueil complètent parfois l'allocation versée aux participants par JPI. Certains organismes parrains collaborent uniquement avec des organismes d'accueil qui versent une contribution en espèces et en nature pour couvrir le coût des billets d'avion. La majorité des organismes parrains aident les participants à trouver un logement, offrent des conseils sur la gestion financière sur place ou offrent un supplément à l'allocation des participants. Les suppléments sont plus fréquents dans les organismes d'accueil privés du domaine du commerce, qui ont habituellement les moyens de compléter l'allocation des participants, contrairement aux ONG. Notons également que le comité de sélection des organismes parrains de JPI tient compte du fait que l'organisme verse ou non un supplément dans son évaluation des organismes parrains et de leurs projets JPI, mais que la priorité est accordée à la nature du placement lui-même.

La preuve révèle que les capacités des organismes partenaires varient grandement d'un organisme à l'autre. L'examen des dossiers de 20 projets de services axés sur la clientèle menés en 2003-2004 et en 2004-2005 indique que les contributions financières et en nature des organismes d'accueil variaient de 0 $ à 235 000 $ (de 0 à 68 % des contributions totales pour un projet par projet), alors que les contributions d'organismes parrains variaient de 2 100 $ à 165 000 $ (de 1 à 48 % des contributions totales). Toutefois, nous n'avons pas eu accès aux données financières sur les contributions pour chaque type d'organisme, ce qui aurait pu permettre de déterminer si le montant des contributions variait en fonction du type d'organisme. De plus, les données sur le nombre de participants pour chaque type d'organisme parrain n'ont révélé qu'une faible variation dans le nombre de participants par organisme, tant en ce qui concerne les valeurs moyennes que les valeurs minimales et maximales.

Nous avons comparé les contributions obtenues par JPI à celles obtenues par deux programmes gouvernementaux qui comportent un volet de stages internationaux, et nous avons constaté que l'un de ces deux programmes obtenait davantage de contributions que JPI. Le Programme de stages internationaux pour les jeunes de l'ACDI (PSIJ(23)) obtient des contributions beaucoup plus importantes que JPI. Dans le cas du PSIJ, les contributions non gouvernementales correspondaient à 91 % des contributions gouvernementales, contre 75 % dans le cas de JPI. Nous n'avons relevé aucune contribution dans le programme Cyberjeunes(24) (il est possible que ce programme ait bénéficié de contributions non gouvernementales, mais que l'évaluation n'ait pas porté sur cet élément).

2.4 Conception et exécution du Programme

a) Représentation des groupes visés par l'équité en matière d'emploi

Les données sur le Programme indiquent que la représentation des différents groupes visés par l'équité en matière d'emploi correspond à peu près aux proportions visées et aux proportions observées dans la population, sauf dans le cas des femmes. Chaque année, la représentation des femmes dépasse largement l'objectif, en particulier en 2005-2006 (74 %) (voir les pourcentages au tableau 2.1A et le nombre de participants dans chaque groupe au tableau 2.1B). La proportion des femmes parmi les participants est également supérieure à la proportion observée dans la population (50 % par rapport à 59 %). Même la comparaison des femmes parmi les participants JPI à la proportion des femmes parmi tous les diplômés postsecondaires pour la période de 1997 à 2003 (59 %) révèle une surreprésentation des femmes parmi les participants JPI. La proportion des personnes handicapées est quelque peu inférieure à la proportion visée et à la proportion observée dans la population canadienne (1 % par rapport à 3 ou 4 %), et ce, malgré les efforts déployés par GHY pour inciter les organismes à recruter des personnes handicapées, notamment en intégrant aux lignes directrices sur les propositions et au manuel du coordonnateur de projet des sections sur l'équité en matière d'emploi (et des sections sur les personnes handicapées) et en parrainant un séminaire de l'Institut national canadien pour les aveugles sur l'embauche de personnes qui ont une déficience visuelle. L'Institut national canadien pour les aveugles est un partenaire du Programme depuis 1997 et dirige vers le Programme de nombreux participants qui ont une déficience visuelle. L'une des difficultés soulevées à ce sujet est le manque de participation des organismes parrains qui défendent la cause des personnes handicapées.

Tableau 2.1a : Représentation des groupes visés par l'équité en matière d'emploi (%), de 2000-2001 à 2005-2006
Groupe
visé
2000-
2001
2001-
2002
2002-
2003
2003-
2004
2004-
2005
2005-
2006
Moy-
enne
2000-
2006
Prop-
ortion
visée
Canada
Femmes646066525974635059
Minorités
visibles
111321141720161216
Autochtones477556654
Personnes
handicapées
131< 0.5, > 011134
Participants
(nombre)
483406419409464373N.D.N.D.N.D.

Source : Données sur le Programme - rapport soumis par le Programme à la SEJ, et données de Statistique Canada :
Grades, diplômes et certificats universitaires décernés, selon le sexe (moyenne de 1999 à 2003);
Population des minorités visibles selon le groupe d'âge (de 15 à 24 ans);
Enquête sur la participation et les limitations d'activités: profil de l'incapacité au Canada (de 15 à 24 ans); et
Population ayant déclaré une identité autochtone, selon le groupe d'âge (de 15 à 24 ans).

Tableau 2.1B : Nombre de participants dans chaque groupe visé par l'équité en matière d'emploi, de 2000-2001 à 2005-2006
Groupe visé2000-20012001-20022002-20032003-20042004-20052005-2006
Femmes311245277214272277
Minorités visibles555286597873
Autochtones203031192123
Personnes handicapées6114265

Source : Données sur le Programme - rapport soumis par le Programme à la SEJ.

Les répondants ont soulevé quelques problèmes lorsqu'on leur a demandé de se prononcer sur l'efficacité des mesures adoptées par JPI pour assurer la représentation des groupes visés et sur les obstacles à la réalisation de ces mesures :

  • Femmes : Le personnel et les gestionnaires de JPI ont déclaré que le Programme est en fait victime de son succès en ce qui concerne la représentation des femmes, ce que confirment les résultats ci-dessus. Les organismes parrains et organismes d'accueil semblent être du même avis et déclarent dans de nombreux cas que la majorité de leurs participants sont des femmes et qu'il y aurait peut-être lieu de déployer des efforts pour attirer davantage de participants de sexe masculin. Les membres du personnel et de la direction interrogés ont soutenu que cette surreprésentation des femmes s'explique peut-être simplement par la proportion d'étudiants inscrits dans les facultés de lettres, opinion partagée par certains organismes parrains et organismes d'accueil. Les résultats illustrés ci-dessus dans le tableau 2.1A indiquent que les femmes sont quelque peu surreprésentées parmi les participants JPI.
  • Autochtones : Le personnel et la direction ont déclaré que GHY a atteint ses objectifs quant à la représentation des Autochtones, que plusieurs organismes parrains visent précisément les Autochtones et que l'unité collabore avec certains organismes pour accroître la représentation des Autochtones. Certains organismes parrains ont relevé certaines difficultés associées au recrutement des participants de ce groupe. Il est difficile de trouver des jeunes Autochtones qui ont poursuivi des études postsecondaires et qui se trouvent dans le groupe d'âge visé par le Programme. Un représentant d'un organisme parrain a souligné que les Autochtones entreprennent souvent des études postsecondaires à titre d'étudiants adultes. C'est ce qui ressort clairement d'une évaluation sur le Programme d'appui aux professeurs universitaires (APU) menée par les Associés de recherche EKOS pour le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG). Par ailleurs, les résultats que nous avons vus précédemment révèlent que le Programme a réussi à attirer une bonne proportion de participants autochtones; en effet, les Autochtones sont mieux représentés dans le Programme que dans la population canadienne (6 % par rapport à 4 %). Un représentant d'un organisme parrain a également souligné le problème des exigences linguistiques imposées par les organismes, qui ont parfois pour résultat d'exclure les Autochtones; les Autochtones parlent habituellement l'anglais, le français et leur langue maternelle, mais rarement une autre langue (comme l'espagnol).
  • Minorités visibles : Ces groupes semblent plutôt bien représentés, selon les réponses que les représentants d'organismes parrains et d'organismes d'accueil ont données dans les entrevues avec les répondants clés. Environ la moitié des représentants de ces organismes ont déclaré qu'ils savaient que des jeunes membres de minorités visibles participaient au Programme. Un représentant d'un organisme d'accueil a laissé entendre que certains organismes d'orientation internationale peuvent être naturellement portés à recruter des membres des minorités visibles en raison de besoins précis en compétences linguistiques. Le personnel et les gestionnaires estiment qu'il peut être difficile de mesurer exactement la représentation des minorités visibles puisque les membres de ce groupe se déclarent eux-mêmes comme des membres d'une minorité visible.
  • Personnes handicapées : Les gestionnaires et membres du personnel de JPI soutiennent qu'on demande aux organismes parrains ce qu'ils font pour recruter des personnes handicapées, en précisant qu'ils déploient des efforts pour recruter ces personnes (comme nous l'avons déjà vu). Certains organismes parrains ont relevé des obstacles associés au recrutement de participants handicapés, par exemple, l'accessibilité peut être un problème dans certains pays, et il peut être difficile de sortir ces participants de leur réseau de soutien.

b) Efficacité des mesures de sécurité

Tous les organismes parrains qui soumettent une proposition pour obtenir du financement de la Stratégie emploi jeunesse doivent décrire leur stratégie de sécurité, qui doit comprendre un plan d'urgence pour les participants et qui sera mise en oeuvre lorsqu'ils recevront le financement. Cette stratégie comprend les éléments suivants :

  • Chaque placement proposé par un organisme d'accueil étranger est examiné par les missions canadiennes (ambassades, etc.) afin d'assurer la sécurité des participants. Pour ce faire, on utilise le Formulaire d'évaluation de placement proposé (FEPP) du MAECI. L'organisme parrain transmet les coordonnées du placement proposé à GHY au MAECI, qui transmet ensuite le FEPP à l'examen de la mission concernée. (La direction géographique ou la Direction des affaires consulaires du MAECI peuvent également formuler des commentaires.) En cas de problème, GHY communique avec l'organisme parrain pour trouver une solution ou demander un autre placement. Notons que les organismes parrains savent qu'aucun placement de JPI ne peut être effectué dans un pays pour lequel le MAECI a émis un avertissement aux voyageurs.
  • Chaque participant doit s'inscrire par Internet au Registre consulaire des Canadiens à l'étranger (ROCA), dans le site Web des affaires consulaires du MAECI, afin qu'il soit plus facile d'entrer en communication avec lui et de lui porter assistance en cas d'urgence (conflit, catastrophe naturelle, etc.).
  • Au cours de la séance d'orientation qui précède le départ, les organismes parrains doivent orienter les participants sur la sécurité en utilisant une présentation PowerPoint accompagnée de commentaires sur la santé et la sécurité, qui ont été élaborés et transmis par JPI.
  • Une trousse d'information sur le pays est envoyée à tous les participants, que l'on invite fortement à consulter le site des Conseils aux voyageurs du MAECI.

Selon le personnel et les gestionnaires de JPI, la sécurité des participants est de toute première importance. Un membre du personnel de JPI s'occupe exclusivement de la sécurité. Les participants doivent lire les Conseils aux voyageurs et signer une renonciation. Dans les pays où la sécurité est particulièrement préoccupante (l'Afrique du Sud, par exemple), les organismes parrains qui versent un supplément peuvent prendre des mesures supplémentaires, par exemple voir à ce que les participants habitent dans des logements plus sûrs.

Dans l'ensemble, les organismes parrains, organismes d'accueil et missions à l'étranger sont satisfaits des mesures de sécurité de JPI. Certains organismes parrains estiment que les mesures de sécurité se sont améliorées au fil des ans. Parmi les mesures de sécurité considérées comme particulièrement utiles par les organismes parrains et les organismes d'accueil, mentionnons les séances d'orientation et de compte rendu présentées par les organismes parrains, les réseaux d'appel et les forums en ligne. Ces organismes ont su reconnaître le rôle crucial qu'ils peuvent jouer pour la sécurité et ont utilisé des fonds pour, par exemple, payer le premier mois de loyer des participants, les aider à trouver un logement sûr et leur offrir des services de transport. Malgré toute l'importance accordée à la sécurité des participants, quelques incidents ont été mentionnés par les personnes interrogées. Par exemple, une évacuation de la Côte d'Ivoire n'a pas été menée de façon optimale par les Services consulaires; un participant a été attaqué, et un autre s'est fait voler son sac. Au sujet de ces deux derniers incidents, les personnes interrogées ont indiqué qu'on ne peut pas tout prévoir et que des incidents peuvent également survenir au Canada. L'examen du rapport d'une visite sur place a révélé que des problèmes de sécurité se posent parfois. Par ailleurs, les répondants ont été élogieux sur la façon dont on a géré des situations comme le tsunami de 2005 dans l'Océan indien et un séisme en Inde, et sur la façon dont on a assuré la sécurité des participants JPI concernés.

Le document Passeport JPI, qui est maintenant en ligne, décrit les mesures de sécurité de JPI. Ce document accessible aux organismes parrains retenus compte trois sections : les renseignements essentiels, les formulaires de JPI ainsi que les ressources utiles et les autres renseignements. Ce document décrit les responsabilités des organismes parrains en matière de sécurité. L'édition 2005 de Passeport JPI décrit les mesures de sécurité prises par le Ministère. Ce document énumère les questions de sécurité qui devraient être abordées au cours des séances d'information qui précèdent le départ, notamment le processus détaillé d'évaluation préalable des placements proposés, les procédures d'évacuation, la marche à suivre en cas de catastrophe naturelle, les conditions de l'exonération de responsabilité concernant le voyage, les procédures d'inscription au Registre consulaire des Canadiens à l'étranger (ROCA), des renseignements sur les documents de voyage, les renseignements et documents du MAECI mis à la disposition des participants, les pratiques relatives aux voyages des participants, la façon de régler les problèmes et les personnes-ressources avec qui communiquer en cas d'urgence. Les questions de harcèlement sexuel et de santé et sécurité devraient être abordées avec les participants avant leur départ.

Les responsabilités des organismes parrains à l'égard de la sécurité des participants figurent également dans l'accord de contribution : « L'organisme parrain doit déployer tous les efforts raisonnables pour voir à ce que le placement se déroule dans un environnement sécuritaire et supervisé et à ce que les participants soient au courant des risques associés à un placement dans le pays ou la région où ils ont été envoyés. » [Traduction] L'accord stipule également : « L'organisme parrain doit tout mettre en oeuvre pour voir à ce que le placement se déroule dans un environnement sûr et supervisé, exempt de harcèlement. » [Traduction]

Les questions de sécurité qui suivent sont tirées du compte rendu d'une table ronde à laquelle participaient des organismes parrains. Premièrement, comme l'a souligné un participant à la table ronde de JPI qui a eu lieu à Halifax en 2004 :

« Il ne suffit pas de donner aux jeunes professionnels les détails des avis aux voyageurs du MAECI. Certains des jeunes professionnels sont des voyageurs expérimentés qui s'estiment suffisamment débrouillards. Or, on ne peut se permettre aucun relâchement quand on vit et travaille dans un environnement étranger. Les villes, régions ou pays qui sont sûrs aujourd'hui pourront être en conflit demain. Nos propres expériences à la Côte d'Ivoire en 2002 et au Kosovo en 2004 le prouvent. Dans les deux cas, on a vu l'un des pays les plus sûrs du continent africain et un pays stable des Balkans devenir deux des pays les plus dangereux, et ce, en moins d'une semaine! Il ne faut jamais céder à la complaisance; c'est le conseil que je vous donnerais ainsi qu'à vos jeunes professionnels. Effectuez chaque jour un survol des événements survenus dans votre pays hôte. » [Traduction](25)

Deuxièmement, les participants à une table ronde tenue à Vancouver en 2004 ont soulevé certains enjeux hommes-femmes et certaines questions de sécurité(26). La présentation a porté sur le travail dans les pays dans lesquels les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas perçues comme au Canada. Certaines recommandations ont été formulées, notamment :

  • Dresser la liste des perceptions et des attentes et les comparer aux différences possibles qui peuvent survenir dans d'autres contextes culturels.
  • Désigner les aspects clés de son comportement que le participant devra conserver ou modifier afin d'être en sécurité et d'être accepté, y compris l'utilisation d'un langage corporel approprié et respectueux, la tenue vestimentaire, le fait de ne pas sortir seul et le fait de ne pas faire preuve d'insouciance dans une foule.
  • Comprendre que le rôle du stagiaire consiste à apprendre et soutenir l'organisme d'accueil.

c) Utilité possible des outils d'auto-évaluation des compétences et du Campus virtuel

GHY a élaboré un outil de mesure des compétences de travail à l'international à l'intention des participants; il s'agit de l'Outil d'auto-évaluation des compétences. Passeport JPI stipule qu'il s'agit d'un outil de croissance personnelle conçu pour aider les participants à élaborer et à mettre en oeuvre leurs plans de perfectionnement des compétences. Cet outil a été conçu pour permettre aux participants de déterminer les aptitudes au travail à l'international qu'ils possèdent et celles qu'ils doivent améliorer ou acquérir. Une recherche indépendante a permis de désigner les compétences suivantes comme des compétences importantes pour quiconque souhaite entreprendre une carrière fructueuse à l'international : les relations interpersonnelles, les relations interculturelles, la capacité d'adaptation, la communication, la compréhension organisationnelle, la recherche et l'analyse, la résolution de problèmes, l'organisation matérielle, l'informatique et la gestion.

Les participants utilisent cet outil d'évaluation des compétences avant leur placement et, conjointement avec le coordonnateur, utilisent les résultats pour établir un plan personnel de perfectionnement des compétences qui précise les compétences qu'ils souhaitent le plus améliorer ou perfectionner, compte tenu de leur plan de carrière. Ce plan décrit également de quelle manière le participant a l'intention de combler ses besoins d'apprentissage (par exemple, par des activités avant le départ, le placement lui-même, le Campus virtuel ou d'autres mécanismes d'apprentissage officiels ou non). On incite également les participants à utiliser l'outil d'évaluation des compétences pendant et après leur placement afin de mesurer l'acquisition de compétences.

Le Campus virtuel est une série de modules d'apprentissage indépendants d'une durée d'une heure auxquels les participants peuvent accéder par Internet, sur CD-ROM et sur papier. Il s'agit d'un des moyens par lesquels le participant peut perfectionner les compétences qu'il a désignées comme importantes au moyen de l'outil d'évaluation des compétences. Environ 32 modules d'apprentissage sont offerts dans le Campus virtuel dans des domaines qui correspondent aux habiletés visées par l'outil d'évaluation. Le Campus offre aussi un module de témoignage conçu pour transmettre aux participants JPI des renseignements sur le choc du retour et les compétences et stratégies de recherche d'emploi, ainsi que des modules axés sur les connaissances sur les droits de la personne, l'intégration d'une perspective hommes-femmes, le développement durable et les Nations Unies.

Ces outils d'évaluation et d'apprentissage sont relativement nouveaux, et nous ne connaissons pas leur incidence. L'outil d'évaluation des compétences a été mis en place en 2003. Toutefois, au cours de la première année (2003-2004), les participants qui l'utilisaient devaient remplir une feuille de calcul; l'année suivante (2004-2005), la version interactive en ligne a été lancée, mais n'a pas bien fonctionné en raison de problèmes attribuables au fournisseur d'accès Internet. Depuis que ce fournisseur a été remplacé l'an dernier (2005-2006), l'outil en ligne fonctionne bien. Lorsqu'un certain nombre de participants d'un organisme donné l'utilisent, il peut produire des rapports pertinents pour l'organisme. Le Campus virtuel est également relativement nouveau (il a été lancé en 2003), ce qui fait qu'il est encore difficile de l'évaluer.

On dispose de certaines données d'évaluation limitées sur la façon dont est perçue l'efficacité du Campus virtuel. Après avoir terminé un module de formation, les participants sont invités à remplir un formulaire d'évaluation(27) sur le Campus, mais ne sont pas tenus de le faire. On demande aux participants s'ils ont atteint leurs objectifs d'apprentissage personnels, le degré dans lequel le module les a aidés à améliorer leurs connaissances et leurs compétences, l'efficacité du module et l'utilité des ressources en ligne. Toutefois, depuis le lancement du Campus virtuel en 2003, seulement 35 formulaires d'évaluation ont été remplis par les participants. Puisque les participants qui ont rempli les formulaires ne représentent qu'une faible proportion des participants qui ont utilisé les modules de formation(28), les résultats ne peuvent être considérés comme représentatifs de l'opinion de l'ensemble des utilisateurs.

Bien que peu d'évaluations aient été remplies, les participants semblent avoir une opinion généralement positive des modules de formation du Campus virtuel; seules quelques opinions négatives ont été exprimées. La principale remarque négative porte sur la courte durée des modules et sur leur manque de profondeur. Notons toutefois que l'on rappelle aux participants au début de chaque module de formation que le module n'est pas conçu pour offrir un tour d'horizon complet de chaque sujet. Il s'agit plutôt d'une entrée en matière pratique, et les participants sont invités à suivre les liens qui figurent tout au long et à la fin du module pour approfondir les éléments qui les intéressent. De plus, bon nombre des améliorations proposées dans les premières évaluations ont été mises en oeuvre (par exemple, un plus grand nombre de questionnaires, des versions imprimables, un plus grand nombre de suggestions sur la gestion du stress), et les plaintes formulées sur les difficultés liées à la navigation entre les modules ont été réglées par la mise en ligne de documents PDF imprimables.

Les représentants des organismes parrains ont exprimé des opinions mitigées sur l'utilité possible de l'Outil d'auto-évaluation des compétences et du Campus virtuel. Bon nombre des personnes interrogées estiment que ces outils sont bien conçus et « paraissent bien », mais ne sont pas toujours pratiques. Les deux principaux problèmes relevés par les répondants sont l'accès à Internet (les participants n'ont pas tous accès à Internet à haute vitesse sur le lieu de leur placement) et le temps (de nombreux participants ne souhaitent pas passer deux heures devant un module d'apprentissage du Campus virtuel après leur journée de travail). Un représentant d'un organisme parrain a déclaré que son organisme avait adapté l'outil d'évaluation des compétences en demandant aux participants de le remplir sur papier pour ensuite travailler directement avec eux. De nombreux représentants d'organismes parrains interrogés ont répondu qu'ils ne tiennent tout simplement aucune statistique sur l'utilisation de ces outils.

Notons enfin que des représentants d'autres programmes de stages de la SEJ ont adopté et adapté l'outil d'évaluation des compétences de JPI pour leurs programmes, ce qui peut donner une idée de son utilité; il s'agit de Patrimoine canadien (Jeunesse Canada au travail) et de l'ACDI (Programme de stages internationaux pour les jeunes).

d) Caractère adéquat des ressources

Le montant accordé pour couvrir les coûts associés à chaque placement est l'un des éléments de l'exécution de JPI qui ne fait pas l'unanimité. Les organismes parrains reçoivent 15 000 $ pour chaque placement, soit 3 000 $ pour couvrir les coûts administratifs et 12 000 $ pour couvrir les dépenses du participant (frais de subsistance, déplacements). Les membres d'organismes parrains interrogés sont satisfaits du montant accordé pour couvrir les coûts administratifs, mais s'inquiètent du montant de 12 000 $ accordé aux participants. Voici un résumé de leurs préoccupations :

  • Le montant du financement accordé n'a pas changé depuis la mise en place du Programme il y a près de dix ans, alors que le prix de nombreux biens et services a augmenté (notons toutefois que la hausse considérable du dollar canadien par rapport à la plupart des devises au cours des dernières années a contribué à compenser l'inflation enregistrée dans les pays d'accueil).
  • Le coût de la vie peut varier grandement d'un pays à l'autre, mais souvent, même dans les endroits traditionnellement « abordables » comme New Delhi, les gens ont compris qu'ils pouvaient exploiter les touristes et peuvent maintenant demander le triple du prix aux personnes qui ne sont pas originaires de l'endroit.
  • Les billets d'avion et les assurances sont des dépenses importantes qui monopolisent une grande partie des fonds; dans certains endroits, il n'est tout simplement pas judicieux de réaliser certaines économies, par exemple en achetant des billets fermés.
  • Le coût des médicaments dans les pays en développement est considérable - le médicament contre la malaria coûte 5 $ par jour, et certains vaccins peuvent coûter 900 $ (il s'agit toutefois de questions qu'il vaut mieux régler avant son départ du Canada).
  • Enfin, certains participants sont obligés d'assumer eux-mêmes de nombreuses dépenses, ce qui fait que certains candidats valables ne peuvent pas participer au Programme parce qu'ils n'en ont pas les moyens.

Le personnel et la direction du Programme sont conscients, dans une certaine mesure, de ces difficultés. Un représentant a déclaré que « dans certains cas, ce [montant] peut sembler insuffisant ». Toutefois, leurs observations semblent plutôt réfuter ou à tout le moins atténuer ces difficultés :

  • À Washington DC (où le coût de la vie est élevé), tous les participants ont déclaré que l'argent posait problème. Toutefois, une visite sur place a permis de constater qu'il s'agissait d'un problème réel pour quelques participants seulement.
  • Dans 80 % des pays, les participants vivent confortablement et touchent parfois un revenu supérieur à celui de leurs superviseurs et certainement supérieur à celui des autres stagiaires.
  • En Europe occidentale, les dépenses sont généralement élevées, mais les participants sont informés au départ des dépenses et ne doivent donc pas en être surpris, et les organismes d'accueil sont invités à contribuer au placement (par exemple en trouvant un logement abordable).
  • En Afrique du Sud, où la sécurité est préoccupante, l'allocation de 12 000 $ est souvent inadéquate - des suppléments doivent être versés aux participants afin de leur permettre de trouver un logement sécuritaire et, par conséquent, plus coûteux.
  • De nombreux organismes d'accueil aident les participants à trouver un logement, offrent des conseils sur la gestion financière sur place (ce qui constitue une importante connaissance de base) ou encore une allocation supplémentaire à celle de JPI (ces suppléments sont plus fréquents dans les organismes du domaine du commerce, qui en ont les moyens, contrairement aux ONG, qui versent toutefois des contributions en nature).
  • Il est important de se souvenir que l'objet de la participation à JPI consiste à acquérir une expérience professionnelle internationale sans s'endetter et que JPI ne constitue pas une source de rémunération ou d'économies pour les participants.

Certaines personnes interrogées ont discuté de la possibilité d'obtenir un soutien accru auprès des organismes d'accueil, mais les répondants estiment en général que cela n'est pas toujours possible. Comme le personnel et la direction de JPI l'ont suggéré, les organismes du secteur privé sont davantage en mesure de verser des sommes tirées de leurs propres ressources, alors que les ONG doivent souvent se contenter de contributions en nature. De plus, comme nous l'avons déjà vu dans la section sur les contributions, les organismes partenaires ont apporté des contributions qui varient grandement pour soutenir les projets, ce qui permet de croire que leur capacité varie elle aussi(29).

e) Efficacité des activités de surveillance et de production de rapports

Le CGRR de JPI désigne les sources de données à utiliser pour mesurer le rendement. Il s'agit des données et dossiers administratifs, des rapports sur le rendement soumis à intervalles réguliers à la SEJ par le Programme et des commentaires des jeunes obtenus au moyen des sondages. Nous avons utilisé ces sources de données pour les besoins de notre évaluation.

Le document Passeport JPI et le CGRR exposent en détail les exigences en matière de responsabilisation que doivent remplir le Programme et ses partenaires. L'accord de contribution conclu avec les organismes parrains contient un modèle de rapport. Les participants doivent soumettre des rapports bimensuels à leur organisme parrain. Les organismes parrains doivent à leur tour rendre compte chaque trimestre au MAECI, et 10 % du paiement de MAECI est retenu jusqu'à ce que le rendement de l'organisme soit jugé satisfaisant. Le CGRR explique que le rapport trimestriel doit comporter les sections suivantes : statistiques; liste de vérification sur la sécurité; faits saillants et réussites concernant les placements; Sommaire des activités et des résultats; leçons retenues et pratiques exemplaires; coordonnées à l'intention des participants et rapports financiers. L'examen des dossiers de projet révèle que la plupart des organismes respectent cette structure. Le rapport final qui figure dans les dossiers contient des sections supplémentaires sur les résultats et les recommandations.

Parmi les autres mesures de production de rapports et de responsabilisation, mentionnons :

  • L'évaluation des compétences -- Les participants sont invités à remplir des listes de vérification des compétences avant, pendant et après le placement et à les utiliser pour évaluer leurs besoins en compétences et les compétences acquises ainsi qu'en complément de l'outil de formation du Campus virtuel, au sujet duquel GHY demande aux participants de remplir des formulaires d'évaluation (comme nous l'avons vu dans une section précédente).
  • Sondages réalisés à la suite des placements -- Les participants sont invités à remplir des sondages en ligne 6, 12 et 24 mois après leur placement (nous avons déjà présenté les résultats de ces sondages). Ces sondages portent sur l'emploi, les compétences acquises, les contacts maintenus et la participation à des dossiers internationaux. La question du soutien accordé par l'organisme parrain avant, pendant et après le placement est abordée uniquement dans le sondage de suivi mené après six mois.
  • Rapports de fin d'exercice de JPI à la SEJ -- Les rapports de fin d'exercice de la SEJ sur GHY à l'intention de RHDSC comprennent des renseignements budgétaires, des renseignements sur les participants (nombre visé et réel de participants membres des groupes visés par l'équité en matière d'emploi, statut professionnel ou scolaire à la fin du placement, province ou territoire d'origine, emplacement des activités [s'il s'agit du Canada], pays du placement et nombre de participants au placement) et une liste de personnes-ressources membres des organismes parrains.

Les membres du personnel et de la direction interrogés pour notre évaluation ont souligné trois autres activités de responsabilisation du Programme :

  • Visites sur place -- Ces visites ont pour objet d'assurer l'intégrité de JPI (exactitude des rapports, définition des questions et des préoccupations). Les visites peuvent être effectuées par au plus trois membres du personnel de JPI - des pays et des régions différents sont visités chaque année, au moins 60 placements par année font l'objet d'une visite; des représentants d'organismes d'accueil et des membres du personnel des ambassades sont également interrogés au cours des visites, et le personnel de l'ambassade effectue parfois un suivi auprès des participants; les stagiaires de l'ACDI qui sont sur place peuvent aussi être visités.
  • Vérifications -- La Direction de l'évaluation du MAECI effectue chaque année des vérifications auprès de cinq organismes parrains et effectue cinq visites initiales par année auprès de nouveaux organismes. La dernière vérification a révélé qu'à l'exception de l'absence d'un document d'évaluation d'un projet et du bénéficiaire, le Programme est régi par des fonctions de contrôle adéquates et répond aux prescriptions législatives et réglementaires(30). Toutefois, notons que GHY a donné suite à cette constatation et résume maintenant les renseignements en question.
  • « Ligne d'aide » -- Les participants savent comment communiquer avec le MAECI en cas de problème au cours du placement.

Quatre observations peuvent être faites au sujet des exigences de responsabilisation du Programme énoncées dans le CGRR et les accords de contribution. Premièrement, l'examen des rapports des organismes parrains à JPI indique que la qualité et l'actualité des renseignements et des détails qui figurent dans les rapports des organismes parrains varient grandement d'un organisme à l'autre, malgré la présence d'un modèle de rapport dans les accords de contribution conclus avec les organismes parrains. Notre examen a révélé que le MAECI ou les organismes parrains posent parfois des questions supplémentaires pour obtenir des clarifications sur le contenu des rapports, et quelques dossiers d'organismes parrains que nous avons examinés contenaient des communiqués émis par l'organisme ou JPI au sujet des délais dans la transmission des renseignements. Certains organismes parrains transmettent à JPI des rapports qui répondent aux exigences, sans plus, alors que d'autres y intègrent des renseignements détaillés (par exemple la description de l'expérience de chaque participant; des articles de presse sur les activités des participants; des copies de lettres et de courriels échangés entre l'organisme parrain et JPI; des suggestions des participants; les réponses aux sondages d'opinion menés auprès des participants et des lettres d'appui provenant d'organismes d'accueil).

Deuxièmement, l'aperçu des rapports des organismes parrains révèle que les organismes doivent soumettre des renseignements sur les leçons retenues, les pratiques exemplaires ainsi que des recommandations à MAECI dans les rapports qu'ils soumettent à intervalles réguliers au Ministère dans le cadre du Programme. Le Ministère diffuse des renseignements recueillis auprès d'organismes parrains à l'occasion des tables rondes menées avec les organismes parrains participants et transmet des renseignements et des exemples de pratiques exemplaires dans le document Passeport (des données sur les questions de sécurité ont été présentées auparavant). La diffusion des pratiques exemplaires peut aussi s'inspirer du PSIJ de l'ACDI, dans lequel les organismes d'accueil regroupent les pratiques exemplaires et les publient dans le site Web du PSIJ(31).

Troisièmement, le CGRR demande aux organismes parrains de recueillir des renseignements sur le rendement auprès de leurs organismes d'accueil, ce qui doit être fait au moyen d'un questionnaire qui porte notamment sur la mesure dans laquelle les compétences des participants répondent aux besoins des organismes d'accueil, sur la mesure dans laquelle les attentes des organismes d'accueil sont comblées dans certains domaines ainsi que la satisfaction de l'organisme d'accueil à l'égard du processus d'organisation du placement de l'organisme parrain. Ces renseignements constitueraient une bonne source de données pour la mesure du rendement pour les participants et les organismes d'accueil, en particulier s'il y avait moyen de les verser dans une base de données et de les analyser. Toutefois, l'examen des dossiers de projet révèle que peu d'organismes d'accueil répondent aux sondages. Il pourrait aussi y avoir lieu de s'inspirer du sondage en ligne mené auprès des organismes d'accueil par l'unité d'évaluation de l'ACDI sur son Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), sondage qui permet de recueillir des renseignements sur la satisfaction des organismes à l'égard de la conception et de l'exécution du PSIJ, leurs opinions sur l'incidence sur les stagiaires et la mesure dans laquelle les attentes des organismes sont comblées(32).

Quatrièmement, bien qu'il soit louable que l'on recueille des données auprès des participants au moyen de sondages menés après les placements, ces renseignements présentent quelques lacunes, notamment :

  • les participants mesurent eux-mêmes leurs compétences, ce qui introduit certains biais (notons toutefois que la plupart des mesures des compétences fonctionnent de la même façon et qu'il serait coûteux et difficile de procéder autrement);
  • on n'interroge pas les participants sur les compétences qu'ils avaient au début de leur placement, ce qui fait que les participants ne connaissent pas en détail le niveau de compétences qu'ils avaient au début du placement, ce qui leur permettrait de comparer ce niveau au niveau de compétences qu'ils ont à la suite du placement et de mesurer les compétences acquises(33);
  • la question du sondage qui porte sur l'entrée dans le marché du travail international est imprécise.
  • le taux de réponse est habituellement inférieur à 60 %, ce qui permet de remettre en question la représentativité des données du sondage (malgré le fait que les participants signent des lettres dans lesquelles ils s'engagent envers les organismes parrains à répondre à ces sondages);
  • de plus, il est possible que les participants qui ont eu une expérience plus positive (ou négative) soient plus enclins que les autres à répondre au sondage (ce qui peut introduire un biais dans les réponses);
  • le taux de réponse au sondage diminue avec le temps, et le taux de réponse au sondage mené après 24 mois est particulièrement faible, ce qui rend difficile toute mesure fiable de l'incidence à moyen terme sur l'emploi (l'attrition est courante dans ce genre d'enquêtes longitudinales) et rend impossible toute mesure des incidences à long terme. Notons également qu'en vertu de l'entente conclue avec la SEJ, GHY n'est pas autorisé à conserver le numéro d'assurance sociale des participants, ce qui aurait permis de suivre plus facilement les participants à la suite du placement pour mesurer les résultats.

Enfin, les données qualitatives recueillies dans les entrevues menées pour les besoins de notre évaluation indiquent que les organismes parrains sont généralement satisfaits des activités de surveillance et de rapports de JPI. Certains répondants ont loué GHY pour sa participation active et, comme l'a exprimé un représentant d'un organisme parrain, pour « prendre le temps de lire et de commenter les rapports ».

Quelques réserves ont toutefois été soulevées. Un répondant estime qu'il y a beaucoup de rapports à produire. Un autre répondant a dit craindre que le MAECI ne tire pas pleinement parti des rapports parce qu'il ne recueille pas de données sur le nombre de participants par année (ce qui est faux, comme l'illustrent les données du premier chapitre) et sur le nombre de demandes de renseignements sur le programme, ce qui permettrait de mesurer l'intérêt suscité par le Programme, ainsi que sur l'incidence du Programme sur le Canada (ce qui serait très difficile à mesurer).

f) Efficacité et contraintes opérationnelles

Le personnel et la direction de JPI estiment que, du point de vue du gouvernement du Canada, le Programme ne fait face à aucune contrainte opérationnelle et soulignent plutôt un certain nombre de facteurs qui contribuent à l'efficacité du Programme. L'existence d'une direction consacrée à l'exécution de JPI fait en sorte que le personnel connaît très bien le Programme. De plus, les processus du Programme sont répartis également tout au long de l'année, ce qui permet de répartir également la charge de travail du personnel. De plus, les représentants des organismes parrains se réunissent régulièrement à l'occasion de tables rondes pour discuter de leurs expériences, de pratiques exemplaires et pour aborder des contraintes qui pourraient survenir. De plus, les accords de contribution de JPI et du PSIJ de l'ACDI ont le même format, ce qui facilite la tâche des organismes parrains qui reçoivent du financement des deux programmes(34). Les gestionnaires du Programme soulignent également que la composition du comité de sélection de JPI, qui compte des représentants de l'ensemble du Ministère, contribue à l'équité et à l'objectivité du processus de sélection des organismes parrains qui s'adressent au Programme pour obtenir du financement.

La direction de JPI avait une suggestion à formuler : combler le financement annulé par le Ministère (annulation qui découle de l'examen des dépenses du gouvernement fédéral), compte tenu de la demande suscitée par le Programme (confirmée dans la section 2.1, qui porte sur la pertinence). En fait, il serait même souhaitable d'élargir le Programme afin de répondre à la demande et de permettre à un plus grand nombre d'organismes parrains et de participants d'être acceptés.

Le financement par exercice financier a été également désigné comme une contrainte par tous les organismes parrains, sauf un. Ce cycle de financement annuel est imposé par GHY. Les personnes interrogées ont relevé un certain nombre de problèmes associés à cette politique. Les répondants ont souligné en particulier que l'exercice financier des organismes d'accueil ne correspond pas dans la plupart des cas à l'exercice du gouvernement fédéral. Ce cycle ne correspond pas à celui des universités et des collèges, dont l'année scolaire ne se termine qu'à la fin d'avril. Ces institutions ne disposent donc que d'un mois pour obtenir de la part des organismes d'accueil une confirmation de leur participation, pour voir à ce que les propositions des organismes parrains soient toujours valides, pour recruter et choisir des participants (à un moment où les étudiants sont difficiles à joindre) et pour les faire assister à la séance d'information qui précède le départ en juin. Dans ces conditions, il peut être difficile d'obtenir des visas. Ce modèle de financement par année est également frustrant pour les « partenaires qui ont fait leurs preuves » puisqu'il est difficile pour eux de planifier un an à l'avance seulement. De plus, ils doivent mobiliser des ressources précieuses à la rédaction d'une proposition chaque année.

Diverses autres contraintes ont été relevées, mais par un ou deux répondants seulement :

  • Financement inadéquat, comme nous l'avons déjà vu et comme l'illustre le fait que l'on compte 20 candidatures pour chaque placement offert (selon les données sur le Programme).
  • La façon dont le Programme est financé fait en sorte qu'il faut collaborer avec des organismes qui peuvent apporter d'importantes contributions en nature (les organismes valables ne peuvent pas tous le faire).
  • Les contraintes d'âge, qui empêchent de nombreux Autochtones qui, autrement, rempliraient les conditions requises de présenter une demande (voir la section sur la représentation des groupes désignés).
  • Bien que le Centre d'apprentissage interculturel relève du mandat du Ministère, seuls les stagiaires de l'ACDI y ont accès, alors que les organismes parrains de JPI doivent financer eux-mêmes les séances d'information sur les questions interculturelles.
  • Le gouvernement remet sans cesse en question le Programme et son efficacité.

g) Modes de rechange et améliorations possibles

Le personnel et la direction de JPI estiment que la mode de fonctionnement actuel, qui consiste à confier l'exécution et la gestion de JPI à une direction du MAECI, est le plus efficace. Ils ont indiqué qu'Industrie Canada a confié l'exécution de son programme Cyberjeunes à un groupe d'ONG, mais que dans le cas de JPI, la gestion à l'interne du Programme permet de tirer pleinement parti des liens directs avec les ambassades et les missions. Les répondants clés membres du personnel et de la direction ont relevé d'autres avantages du modèle actuel d'exécution :

  • La direction consacrée au Programme connaît bien les priorités du Ministère et est donc davantage en mesure de convaincre les organismes parrains de soutenir ces priorités.
  • De même, puisqu'il est intégré au Ministère, le Programme contribue directement à l'élaboration des politiques du Ministère.
  • De même, puisque la plupart des secteurs du Ministère sont représentés dans le comité de sélection, les projets correspondent réellement aux besoins de l'ensemble du Ministère.
  • Puisqu'il est intégré au Ministère, le Programme peut tirer parti des éléments du Ministère, en particulier les missions à l'étranger, qui permettent de recueillir des renseignements sur le pays d'accueil.
  • Le Ministère serait vraisemblablement moins au courant de détails importants sur le rendement du Programme si celui-ci ne collaborait pas d'aussi près avec le Ministère.
  • Le fait que le programme soit intégré au MAECI permet d'axer le Programme sur des organismes qui partagent les objectifs du Ministère.

Les organismes parrains et missions à l'étranger n'ont pas proposé de changements importants à l'exécution du Programme. En fait, certains répondants on même loué l'exécution de JPI. L'un d'eux a déclaré : « J'aime pouvoir m'adresser à une seule unité, au lieu de perdre du temps à chercher dans tout le Ministère. » Un autre représentant d'un organisme parrain a dit apprécier le fait que le personnel de JPI connaissait l'historique du projet de son organisme (qui était financé chaque année par le Programme), ce qui a contribué à l'efficacité du projet.

Quelques répondants clés et participants ont suggéré de légères améliorations :

  • Prolonger la durée des placements - les organismes privés ne sont pas traditionnellement très friands de stages parce qu'ils doivent contribuer au salaire et aux billets d'avion des stagiaires. Dans ce contexte, les organismes d'accueil du secteur privé ne sont pas intéressés à faire ce genre d'investissement pour un placement de six mois seulement.
  • Une coordination accrue entre le MAECI et l'ACDI faciliterait la tâche des participants et des organismes parrains (bien qu'il soit utile que leurs programmes de stages respectifs [JPI et le PSIJ] utilisent le même format d'accord de contribution).
  • Il pourrait y avoir un volet consacré spécialement aux participants qui souhaitent travailler aux Affaires étrangères, ce qui n'est actuellement pas possible pour les participants JPI. En fait, les jeunes peuvent effectuer des stages au MAECI en s'adressant à un autre programme fédéral à l'intention des jeunes, le Programme de stages pour les jeunes dans le secteur public fédéral.
  • Les participants devraient recevoir avant le début du placement la préparation qui leur est promise par les organismes parrains, ce qui n'est pas toujours le cas.
  • Le Programme exige, comme l'illustre le document Passeport JPI, que l'on présente à l'avance un plan de travail détaillé aux participants JPI à leur arrivée à l'organisme d'accueil, ce qui n'est pas fait systématiquement. Quelques participants qui ont fait l'objet des études de cas ont révélé qu'ils n'ont pas reçu de description de travail claire et qu'ils servaient trop souvent d'hommes ou de femmes à tout faire. Ainsi, les participants devraient recevoir une description d'emploi claire avant leur placement afin qu'ils comprennent bien ce que l'on attend d'eux.
  • Les participants ont parfois l'impression d'être laissés à eux-mêmes après leur placement; il y aurait peut-être lieu de les aider plus concrètement à trouver un bon emploi à la suite de leur placement, peut-être en leur communiquant des possibilités de placement ou d'établissement de réseaux. Notons toutefois que le Campus virtuel comprend un module sur la recherche d'emploi.
  • Les questionnaires auxquels les organismes parrains demandent régulièrement aux participants de répondre contiennent des questions qui ont été jugées redondantes par quelques participants qui ont fait l'objet d'une étude de cas, qui ont suggéré que l'on pose des questions plus significatives et intéressantes.

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3.0 Conclusions et points à améliorer

3.1 Conclusions

a) Maintien de la pertinence

JPI a toujours sa raison d'être. Bien que les raisons pour lesquelles elles participent au Programme puissent varier, toutes les personnes interrogées dans le cadre de notre évaluation estiment que JPI répond toujours à un besoin. La documentation indique que ce besoin est lié en particulier aux besoins en compétences et aux besoins en matière d'emploi des jeunes intéressés à poursuivre une carrière à l'international. L'accent que le programme met sur le sous-emploi se justifie par le fait que plus du tiers des étudiants universitaires canadiens diplômés dans les domaines privilégiés par les participants au Programme occupent des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés, tout comme près de la moitié des diplômés universitaires de moins de 30 ans. Le Canada a également besoin de JPI en raison de son ouverture sur le monde et parce que le pays a besoin de travailleurs qualifiés possédant des compétences internationales pour augmenter sa visibilité dans le monde. On constate également que la demande envers le Programme n'est pas toute comblée et que le financement ne permet pas d'accueillir les demandes de tous les organismes et de tous les jeunes qui souhaitent participer. Peu de demandes proviennent du secteur privé, et le taux d'acceptation de ces propositions est faible.

Le programme JPI répond aux attentes. Les organismes parrains et organismes d'accueil sont satisfaits des résultats. Selon les organismes d'accueil, l'expérience de JPI a une incidence favorable sur la façon dont sont perçus les Canadiens et les valeurs canadiennes. Les participants qui ont fait l'objet des études de cas estiment généralement que dans l'ensemble, ils ont vécu l'expérience qu'ils souhaitaient vivre en participant au Programme.

JPI soutient les priorités du MAECI, ce qui n'est pas surprenant puisque le Programme a été conçu précisément pour réaliser les priorités du Ministère. De plus, les objectifs de JPI sont compatibles avec ceux de la Stratégie jeunesse emploi (SEJ) du Canada.

b) Réussite

JPI bénéficie grandement aux jeunes qui participent au Programme. Les résultats aux sondages menés après leur placement indiquent qu'une proportion élevée de jeunes qui ont participé à JPI possèdent de nombreuses compétences ciblées par le Programme après leur placement, en particulier en ce qui concerne l'efficacité interculturelle, la capacité d'adaptation et la souplesse ainsi que la patience et la tolérance. La majorité des participants déclarent qu'ils occupent un emploi ou qu'ils ont poursuivi leurs études à la fin de leur placement, et plus il y a de temps écoulé depuis la fin de leur placement, plus le taux d'emploi des anciens participants augmente. Il n'a pas été possible de mesurer les incidences à long terme du Programme.

JPI bénéficie au MAECI d'un certain nombre de façons. De nombreux anciens participants JPI se sont joints au Ministère et au Service extérieur canadien après leur placement, des participants ont fondé des ONG qui défendent des causes propres à des pays en développement en lien avec les priorités du MAECI, et les anciens participants JPI embauchés par des entreprises étrangères deviennent de véritables représentants du Canada, ce qui contribue à la réalisation des objectifs du Ministère en matière de commerce et de prospérité. Les participants JPI qui travaillent pour des organismes étrangers défendent aussi les intérêts du Canada à l'étranger en faisant la promotion du rôle du Canada dans le monde et en renforçant les échanges commerciaux entre le Canada et ses partenaires.

c) Solutions de rechange et contributions

L'évaluation n'a pas permis de trouver de programmes comparables à JPI. De nombreux programmes internationaux sont offerts aux jeunes Canadiens, mais aucun n'a le même objectif ou la même structure que JPI. Ces programmes se distinguent surtout de JPI par leurs objectifs, leur structure organisationnelle et le montant de l'allocation offerte. Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est similaire, mais est axé sur les enjeux de développement dans les pays en développement, ce qui n'est pas le cas de JPI. Le mode de partenariat de JPI en particulier est considéré comme unique et comme un facteur clé de la réussite du Programme.

Le montant des contributions financières et en nature que le MAECI est en mesure d'obtenir de ses partenaires en vue des projets JPI varie grandement en fonction des ressources des organismes. Les organismes parrains du secteur privé et les organismes d'accueil privés établis dans les pays plus riches sont ceux qui offrent habituellement davantage de financement. Le financement apporté par les organismes parrains est souvent en nature, alors que les organismes d'accueil peuvent verser au participant une allocation qui s'ajoute à celle de JPI. Toutes proportions gardées, les contributions obtenues par JPI sont moins élevées que celles obtenues par le PSIJ.

d) Conception et exécution du Programme

La représentation des différents groupes visés par l'équité en matière d'emploi correspond à peu près aux proportions visées et aux proportions observées dans la population, sauf dans le cas des femmes, qui dépasse régulièrement l'objectif de 50 %. Malgré les efforts déployés par GHY pour inciter les organismes parrains à offrir des placements à des personnes handicapées, celles-ci demeurent quelque peu sous-représentées parmi les participants JPI.

Tout est mis en place pour assurer la sécurité des participants, et les mesures de sécurité mises en oeuvre par JPI suscitent généralement des commentaires positifs. Le document Passeport JPI, qui est maintenant en ligne, énumère les mesures prises par le Ministère.

GHY a également élaboré un outil d'auto-évaluation des compétences internationales à l'intention des participants ainsi que le Campus virtuel, qui consiste en une série de modules d'apprentissage indépendants d'une durée d'une heure auxquels les participants peuvent accéder par Internet, sur CD-ROM et sur papier. Bien que les commentaires recueillis sur les modules de formation soient généralement favorables, leur mise en oeuvre est encore récente, et nous disposons de peu de renseignements sur leur efficacité, en partie parce qu'ils sont peu utilisés. De plus, les représentants des organismes parrains ont des opinions mitigées sur l'utilité de ces outils, principalement en raison des problèmes d'accès à Internet.

Le montant alloué pour couvrir les coûts associés à chaque placement ne fait pas l'unanimité. Certains répondants craignent que l'allocation de 12 000 $ versée aux participants ne soit pas suffisante, bien que le personnel de JPI soutienne le contraire.

Le Programme comporte de nombreux mécanismes de responsabilisation et de mesure du rendement. Il s'agit notamment des données et des dossiers administratifs tenus par GHY; des rapports sur le rendement soumis à intervalles réguliers par GHY à la SEJ; des rapports courants soumis par les organismes parrains à GHY et des sondages auxquels tous les participants peuvent répondre à la suite de leur placement, sondages qui sont menés par GHY. Tous ces outils ont constitué de bonnes sources d'information pour les besoins de notre évaluation. Parmi les autres activités de surveillance, mentionnons les visites sur place effectuées par les gestionnaires de GHY dans le pays hôte, qui ont pour but d'assurer l'intégrité de JPI, ainsi que les vérifications menées par le Ministère auprès des organismes parrains.

Toutefois, certaines lacunes ont été observées au chapitre de la mesure du rendement. Parmi les lacunes des sondages menés après les placements, mentionnons le risque de biais dans les réponses (p. ex., risque que les répondants au sondage soient surtout des participants qui ont eu une expérience positive ou négative) et l'absence de mesure à long terme de l'incidence sur les participants, ce qui s'explique par le faible taux de réponse au sondage mené après 24 mois et par l'absence de sondage au-delà de 24 mois. On note également un manque de données quantitatives sur les incidences pour les organismes partenaires de JPI (organismes parrains et organismes d'accueil), ce qui aurait pu constituer une bonne source supplémentaire d'information sur les résultats pour les participants. Bien que la plupart des membres des organismes parrains interrogés se soient dits satisfaits des activités de surveillance et des rapports de JPI, la qualité et l'actualité des rapports des organismes parrains varient grandement d'un organisme à l'autre.

Bien que le personnel et les gestionnaires de JPI estiment que le Programme n'est soumis à aucune contrainte opérationnelle, des représentants d'organismes parrains se sont dits préoccupés principalement par la difficulté de s'adapter à l'exercice financier du gouvernement du Canada et par la nécessité de demander du financement chaque année, même après avoir soumis au Programme de nombreuses demandes qui ont été acceptées.

Le personnel et les gestionnaires de JPI estiment que le mode d'exécution et de gestion de JPI, qui relève d'une direction du MAECI consacrée au Programme, est le plus efficace, et les représentants des organismes parrains et des missions à l'étranger n'avaient pas de changement important à suggérer en matière d'exécution. En fait, certains répondants ont loué le mode d'exécution de JPI. Seules de légères améliorations ont été suggérées par un ou deux répondants.

3.2 Améliorations suggérées

En fonction des résultats de l'évaluation de JPI, nous formulons les recommandations suivantes au MAECI :

  1. Revoir le modèle actuel de financement annuel. L'exercice financier de JPI ne correspond pas toujours à celui des organismes participants. Par exemple, l'exercice financier des organismes d'accueil, dans bien des cas, ne correspond pas à l'exercice financier du gouvernement fédéral (du 1er avril au 31 mars), et les universités (qui agissent à titre d'organismes parrains) ont du mal à recruter des participants à temps pour leur permettre d'effectuer un placement de six mois avant la fin de l'année. Les « partenaires qui ont fait leurs preuves » trouvent difficile et coûteux de rédiger une nouvelle proposition chaque année. GHY devrait envisager des moyens de rendre le financement mieux adapté aux besoins des organismes d'accueil et envisager la possibilité de conclure des ententes pluriannuelles de financement.
  2. Évaluer si l'allocation des participants est toujours suffisante. Différentes questions ont été soulevées au sujet du montant alloué aux participants pendant leur placement, quel que soit le pays. On a mentionné par exemple le coût de la vie en Europe occidentale ou le coût des billets d'avion et des fournitures médicales nécessaires dans les destinations « exotiques ». Par conséquent, GHY pourrait déterminer le coût relatif de la vie partout où il y a des placements et déterminer si l'allocation de 12 000 $ par participant est suffisante pour leur permettre d'assurer leur subsistance dans chaque endroit.
  3. Accroître les efforts déployés pour recueillir les données sur l'utilisation et l'efficacité de l'Outil d'auto-évaluation des compétences et du Campus virtuel. De nombreux représentants d'organismes parrains interrogés ont déclaré qu'ils ne savent tout simplement pas combien de participants ont utilisé ces outils. Nous avons en effet eu du mal à obtenir des renseignements utiles sur l'utilisation de ces outils par les participants et sur leur satisfaction à l'égard de ces outils. La prochaine évaluation du Programme bénéficierait d'un accès à une plus grande quantité de données sur l'utilité et la popularité de ces outils, ce qui pourrait être possible si on incitait davantage les participants à utiliser l'outil d'auto-évaluation des compétences et le formulaire en ligne d'évaluation du Campus virtuel.
  4. Recueillir des renseignements sur le rendement auprès des organismes partenaires et en effectuer la synthèse. Bien que les organismes parrains soumettent régulièrement des rapports sur le rendement, ces rapports ne sont pas résumés ni analysés. De plus, les organismes parrains doivent obtenir des renseignements sur le rendement auprès de leurs organismes d'accueil au moyen d'un questionnaire qui porte notamment sur le degré de compatibilité entre les compétences des participants et les besoins des organismes d'accueil ainsi que leur satisfaction à l'égard du processus d'organisation de placements de leur organisme parrain. Toutefois, il semble que peu d'organismes d'accueil aient rempli ces questionnaires. Si cette information était recueillie régulièrement et versée dans une base de données, elle constituerait une bonne source de données sur le rendement du participant et de l'organisme d'accueil. GHY devrait envisager d'utiliser le modèle de sondage en ligne utilisé par le Programme de stages internationaux pour les jeunes de l'ACDI.
  5. Combler les lacunes concernant les données recueillies auprès des participants après le placement. Un certain nombre de problèmes concernant les sondages menés à la suite des placements font obstacle à la mesure du rendement, y compris le risque de biais dans les réponses, l'impossibilité de mesurer l'acquisition de compétences (en raison de l'impossibilité d'avoir accès à une évaluation complète du niveau des compétences de chaque participant avant le placement), le manque de précision des questions sur l'entrée dans le marché du travail international, le faible taux de réponse, en particulier en ce qui concerne le sondage réalisé 24 mois après le placement (bien que les participants signent une lettre dans laquelle ils s'engagent devant l'organisme parrain à participer aux sondages) ainsi que l'absence d'une mesure de la réussite à long terme. Pour améliorer les taux de réponse et la capacité de mesurer les résultats à long terme, il faudrait envisager les mesures suivantes : voir à ce que GHY mette à jour les coordonnées des participants en envoyant chaque année des cartes postales pour demander aux participants de mettre leurs coordonnées à jour et de répondre aux sondages postérieurs aux placements; idéalement, il faudrait mener des sondages au-delà de la période de 24 mois; inciter RHDSC (qui administre la SEJ) à permettre la collecte du numéro d'assurance sociale des participants pour qu'il soit possible de les suivre afin de mesurer les résultats obtenus à la suite de leur placement. Afin d'accroître la précision, il faudrait envisager de poser des questions sur le niveau de compétences des participants au début de leur placement dans le sondage réalisé six mois après le placement et poser dans tous les sondages réalisés après le placement des questions sur le caractère international des emplois qu'ils exercent.

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Annexe A - réponse de la direction

Lorsque notre évaluation a été terminée, le gouvernement du Canada a décidé d'annuler le financement de ce programme. Lorsque le gouvernement a annoncé ses mesures de restriction le 25 septembre, il a désigné JPI comme un programme non essentiel. Bien que JPI ait bénéficié à de nombreux jeunes professionnels canadiens ouverts sur le monde, d'autres stages internationaux sont offerts par ces programmes fédéraux, provinciaux ou privés. Le MAECI continue d'axer ses efforts sur les Programmes internationaux pour les jeunes, programmes complémentaires auxquels plus de 20 000 jeunes Canadiens participent chaque année. Ces Programmes visent le même groupe d'âge que JPI, mais permettent à un plus grand nombre de jeunes Canadiens d'acquérir une expérience de travail à l'international. Puisqu'il s'agit d'un programme d'échanges, il permet aussi à des jeunes de partout dans le monde de travailler et de vivre au Canada, ce qui permet de faire mieux connaître le Canada à l'étranger, de promouvoir l'immigration au Canada et de combler les besoins du marché du travail.

Recommandation 1

1. Revoir le modèle actuel de financement annuel. L'exercice financier de JPI ne correspond pas toujours à celui des organismes participants. Par exemple, l'exercice financier des organismes d'accueil, dans bien des cas, ne correspond pas à l'exercice financier du gouvernement fédéral (du 1er avril au 31 mars), et les universités (qui agissent à titre d'organismes parrains) ont du mal à recruter des participants à temps pour leur permettre d'effectuer un placement de six mois avant la fin de l'année. Les « partenaires qui ont fait leurs preuves » trouvent difficile et coûteux de rédiger une nouvelle proposition chaque année. GHY devrait envisager des moyens de rendre le financement mieux adapté aux besoins des organismes d'accueil et envisager la possibilité de conclure des ententes pluriannuelles de financement.

Réponse de la direction

Actuellement, la durée des accords peut être prolongée pendant les premiers six mois de l'exercice financier suivant. Toutefois, quelle que soit la durée de l'accord, les fonds dépensés pendant cet exercice financier doivent être déclarés à la fin de l'exercice.

Recommandation 2

2. Évaluer si l'allocation des participants est toujours suffisante. Différentes questions ont été soulevées au sujet du montant alloué aux participants pendant leur placement, quel que soit le pays. On a mentionné par exemple le coût de la vie en Europe occidentale ou le coût des billets d'avion et des fournitures médicales nécessaires dans les destinations « exotiques ». Par conséquent, GHY pourrait déterminer le coût relatif de la vie partout où il y a des placements et déterminer si l'allocation de 12 000 $ par participant est suffisante pour leur permettre d'assurer leur subsistance dans chaque endroit.

Réponse de la direction

Afin de mieux gérer les attentes des participants, JPI demande aux organismes parrains de communiquer clairement et exactement le coût de la vie dans chaque pays d'accueil aux candidats. JPI demande aux organismes parrains de continuer à explorer le recours à des contributions en nature et en espèces et à maintenir la pratique qui consiste à partager les fonds entre les participants. Le Programme incite les organismes parrains à offrir aux participants une formation sur la gestion d'un budget.

Recommandation 3

3. Accroître les efforts déployés pour recueillir les données sur l'utilisation et l'efficacité de l'Outil d'auto-évaluation des compétences et du Campus virtuel. De nombreux représentants d'organismes parrains interrogés ont déclaré qu'ils ne savent tout simplement pas combien de participants ont utilisé ces outils. Nous avons en effet eu du mal à obtenir des renseignements utiles sur l'utilisation de ces outils par les participants et sur leur satisfaction à l'égard de ces outils. La prochaine évaluation du Programme bénéficierait d'un accès à une plus grande quantité de données sur l'utilité et la popularité de ces outils, ce qui pourrait être possible si on incitait davantage les participants à utiliser l'outil d'auto-évaluation des compétences et le formulaire en ligne d'évaluation du Campus virtuel.

Réponse de la direction

Dans leur rapport final, les organismes parrains doivent rendre compte de l'utilisation par les participants de l'outil d'évaluation des compétences et du Campus virtuel. JPI analyse l'information qui figure dans les rapports finaux sur l'utilisation de l'outil d'auto-évaluation des compétences et du Campus virtuel et procède régulièrement à l'amélioration et à la promotion de ces outils.

Recommandation 4

4. Recueillir des renseignements sur le rendement auprès des organismes partenaires et en effectuer la synthèse. Bien que les organismes parrains soumettent régulièrement des rapports sur le rendement, ces rapports ne sont pas résumés ni analysés. De plus, les organismes parrains doivent obtenir des renseignements sur le rendement auprès de leurs organismes d'accueil au moyen d'un questionnaire qui porte notamment sur le degré de compatibilité entre les compétences des participants et les besoins des organismes d'accueil ainsi que leur satisfaction à l'égard du processus d'organisation de placements de leur organisme parrain. Toutefois, il semble que peu d'organismes d'accueil aient rempli ces questionnaires. Si cette information était recueillie régulièrement et versée dans une base de données, elle constituerait une bonne source de données sur le rendement du participant et de l'organisme d'accueil. GHY devrait envisager d'utiliser le modèle de sondage en ligne utilisé par le Programme de stages internationaux pour les jeunes de l'ACDI.

Réponse de la direction

JPI envoie au comité de RHDSC chargé de la SEJ un rapport annuel qui contient des statistiques globales sur la composition des participants du point de vue du sexe, des groupes visés par l'équité en matière d'emploi et des secteurs de recrutement au Canada. Ce rapport indique également le montant total des contributions en nature et en espèces des organismes partenaires.

En plus du rapport statistique, un rapport détaillé annuel est produit et contient une analyse des statistiques envoyées annuellement à RHDSC et de l'information tirée des rapports finaux produits par les organismes parrains.

Recommandation 5

5. Combler les lacunes concernant les données recueillies auprès des participants après le placement. Un certain nombre de problèmes concernant les sondages menés à la suite des placements font obstacle à la mesure du rendement, y compris le risque de biais dans les réponses, l'impossibilité de mesurer l'acquisition de compétences (en raison de l'impossibilité d'avoir accès à une évaluation complète du niveau des compétences de chaque participant avant le placement), le manque de précision des questions sur l'entrée dans le marché du travail international, le faible taux de réponse, en particulier en ce qui concerne le sondage réalisé 24 mois après le placement (bien que les participants signent une lettre dans laquelle ils s'engagent devant l'organisme parrain à participer aux sondages) ainsi que l'absence d'une mesure de la réussite à long terme. Pour améliorer les taux de réponse et la capacité de mesurer les résultats à long terme, il faudrait envisager les mesures suivantes : voir à ce que GHY mette à jour les coordonnées des participants en envoyant chaque année des cartes postales pour demander aux participants de mettre leurs coordonnées à jour et de répondre aux sondages postérieurs aux placements; idéalement, il faudrait mener des sondages au-delà de la période de 24 mois; inciter RHDSC (qui administre la SEJ) à permettre la collecte du numéro d'assurance sociale des participants pour qu'il soit possible de les suivre afin de mesurer les résultats obtenus à la suite de leur placement. Afin d'accroître la précision, il faudrait envisager de poser des questions sur le niveau de compétences des participants au début de leur placement dans le sondage réalisé six mois après le placement et poser dans tous les sondages réalisés après le placement des questions sur le caractère international des emplois qu'ils exercent.

Réponse de la direction

Les organismes parrains communiquent de nombreux renseignements sur l'acquisition de compétences par les participants dans leurs rapports trimestriels et finaux. Le perfectionnement et l'acquisition des compétences sont mesurés pendant le placement, alors que tout est encore frais à la mémoire des participants. JPI, en collaboration avec les organismes parrains, a normalisé et classé en catégories la communication de l'évaluation et de l'acquisition des compétences afin de préciser les renseignements contenus dans les rapports trimestriels et finaux.

En ce qui concerne les sondages menés après les placements, rappelons que ces sondages sont conçus pour donner une perspective supplémentaire sur les résultats deux ans après la fin du programme. JPI, en collaboration avec les organismes parrains, effectue davantage de suivi pour assurer la conformité.

En ce qui concerne la collecte du numéro d'assurance sociale des participants, la Direction de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels (DCP) a fourni les renseignements suivants :

Dans sa réponse à la révision par le Parlement de la Loi sur l'accès à l'information et de la Loi sur la protection des renseignements personnels, le gouvernement du Canada s'est engagé à examiner l'utilisation du numéro d'assurance sociale (NAS) au sein du gouvernement et à en limiter l'utilisation par le gouvernement fédéral. La Politique sur le couplage des données et le contrôle de l'utilisation du numéro d'assurance sociale du gouvernement du Canada a été publiée en 1989 par le Secrétariat du Conseil du Trésor et a été insérée à la politique actuelle sur la protection des renseignements personnels.

En vertu de cette Politique, les institutions fédérales doivent limiter l'utilisation qu'elles font du NAS aux fins administratives autorisés par une loi ou un règlement, en plus des cas suivants : administration des retraites, impôt sur le revenu, programmes sociaux et de santé (énumérés dans la Directive sur l'utilisation du numéro d'assurance sociale 35[1] et utilisations légales connexes).

En outre, les institutions fédérales ne peuvent suspendre aucun droit, avantage ou privilège, ni imposer aucune pénalité si un individu refuse de communiquer son NAS à une institution fédérale, à l'exception des fins énoncées dans la directive ou si le Parlement l'autorise autrement.

Toute institution qui souhaite utiliser le NAS d'une nouvelle façon par rapport aux usages prévus doit obtenir l'autorisation d'utilisation du NAS stipulée dans la loi dont elle dépend. Les lois et règlements exigeant l'utilisation du Numéro d'assurance sociale ainsi que les utilisations autorisées du NAS se trouvent sur le site Web du Secrétariat du Conseil du Trésor.

Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international n'est pas autorisé à recueillir, utiliser ni divulguer de numéros d'assurance sociale. Par conséquent, la Direction de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels (DCP) estime que GHY et le programme Jeunes professionnels à l'international ne pourront recueillir, utiliser ni divulguer des numéros d'assurance sociale de manière à mettre en pratique la recommandation 5 de l'inspecteur général.

De plus, la Direction de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels (DCP) n'est pas d'avis que l'utilisation du NAS aurait permis au Programme de disposer d'un mécanisme plus précis pour localiser les bénéficiaires. La recommandation ne propose ni technique, ni processus ni procédure pour expliquer en quoi la collecte des numéros d'assurance sociale aurait permis de localiser les bénéficiaires et de rester en contact avec eux. Notons que les organismes qui, comme RHSDC, sont autorisés à recueillir des numéros d'assurance sociale n'ont pas accès à l'adresse la plus récente des individus et ne conservent pas cette adresse dans leurs dossiers. Par conséquent, rien ne montre que cette recommandation permettrait d'atteindre l'objectif recherché.


1 Pendant que nous menions l'évaluation, JPI était administré par deux ministères distincts, soit Affaires étrangères Canada et Commerce international Canada, qui ont récemment été regroupés dans un seul ministère (MAECI).

2 Jeunes professionnels à l'international (2005). Connect and Contribute - A 7-Year Report, MAECI.

3 Statistique Canada, Données sur la population.

4 Notons que JPI propose aux participants des outils d'auto-évaluation qu'ils peuvent remplir au début de leur placement, mais que ces outils servent principalement à permettre aux participants d'évaluer leur niveau de départ et ne peuvent servir à mesurer de façon exhaustive l'obtention de compétences dans le cadre d'une évaluation.

5 Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (2003). Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats - Jeunes Professionnels à l'international. Direction générale des enjeux mondiaux et Bureau de l'inspecteur général, Direction de l'évaluation.

6 Chris Li, Ginette Gervais et Aurélie Duval (2006), « La dynamique de la surqualification : les universitaires sous-utilisés au Canada », Analyse en bref, Statistique Canada, no 11-621-MIE20060309.

7 Les diplômés possédant de très forts liens avec le marché du travail sont ceux qui ont travaillé pendant plus de quatre ans et demi au cours de la période de six ans visée par l'étude.

8 ARTHUR, Nancy (2004). Helping Youth Develop Multicultural Competencies, document présenté à une table ronde de la SEG, RHDCC, 2004.

9 Conference Board du Canada (2000). Compétences relatives à l'employabilité 2000+.

10 KEDIA, B. & DANIEL, S. (2003). U.S. Business Needs for Employees with International Expertise. Needs for a Global Challenge Conference.

11 Données économiques et financières de Statistique Canada.

12 Par exemple, les Nations Unies, le G8, l'Organisation mondiale du commerce, l'Organisation des États américains, l'Organisation internationale de la Francophonie (liste d'organizations internationale de worldstatesmen.org).

13 Calcul fondé sur les données administratives reçues de GHY.

14 Notons que l'on ne consigne pas la raison des refus des demandes de financement et qu'il n'est donc pas possible de déterminer dans quelle mesure les demandes des organismes sont refusées parce qu'elles ne remplissent pas les critères de financement ou simplement parce que le financement du Programme est insuffisant; cette deuxième raison permettrait d'illustrer précisément dans quelle mesure la demande n'est pas satisfaite.

15 Notons toutefois qu'il était nécessaire de nous entretenir avec le consultant pour mener notre évaluation, mais que bon nombre des personnes interrogées sont des Canadiens ou des Canadiens qui travaillent à l'étranger pour un organisme d'accueil. Certaines des personnes interrogées ont donc eu du mal à répondre à cette question, mais ont néanmoins été en mesure de se prononcer sur la question. Notons que les personnes-ressources dans les organismes d'accueil ne sont habituellement pas canadiennes.

16 Jeunes Professionnels à l'international (2005). Connect and Contribute - a 7 Year Report, MAECI. Notons que 3 215 jeunes ont participé au Programme au cours de ses sept premières années d'existence.

17 Nous ne présentons pas les résultats du sondage mené 24 mois après le placement en raison du nombre peu élevé de réponses : de 2000 à 2004, de 10 à 22 participants seulement ont répondu au sondage mené après 24 mois, ce qui indique qu'il faut faire preuve de circonspection devant le résultat selon lequel de 52 à 70 % des participants occupaient un emploi à plein temps et à long terme, compte tenu de l'erreur d'échantillonnage très importante. Nous aborderons cette situation et d'autres questions liées à la méthodologie des sondages menés après les placements lorsque nous aborderons la question de la mesure du rendement du Programme, dans la section 2.4(e).

18 Le sondage mené auprès de ce groupe de participants (cohorte de 2002) a obtenu un taux de réponse plus élevé que celui des autres cohortes et contient donc vraisemblablement les résultats les plus justes.

19 Notons toutefois qu'on ne demande pas précisément aux anciens participants s'ils travaillent dans le marché du travail international, mais plutôt s'ils estiment que leur expérience dans JPI a facilité leur entrée dans le marché du travail international, même s'ils n'ont pas trouvé d'emploi dans ce marché.

20 International Institute for Child Rights and Development (décembre 2005), Internship Program: Program Review, University of Victoria. Notons qu'il s'agit d'une preuve indicative seulement puisque les entretiens ont été réalisés avec seulement 15 anciens participants.

21 Association Canadienne pour les Nations Unies (aucune date), Building a Corps of Young Canadians, Report on a Survey of UNA-Canada's Participants in FAC's Young Professionals International and CIDA's International Youth Internship Program, 1997-2004. Notons que les résultats de cette enquête qui touchent les participants JPI ne peuvent être distingués des résultats qui touchent les participants au PSIJ.

22 Entrevues menées aux réunions de mars 2005.

23 Programme de stages internationaux pour les jeunes, résultats après 18 mois, 1999.

24 Évaluation formative du programme Cyberjeunes Canada international, 2003.

25 Conley, Dr. Marshall (2005). L'importance de la formation des jeunes professionnels (Tables rondes de JPI : site intranet d'AEC).

26 Table ronde (2005). Enjeux hommes-femmes et sécurité (Tables rondes de JPI : site intranet d'AEC).

27 Lien qui mène au formulaire d'évaluation.

28 En fait, on ne connaît pas le nombre d'utilisateurs des modules de formation du Campus virtuel depuis 2003, ce qui fait qu'il est impossible de mesurer précisément le pourcentage des utilisateurs qui remplissent le formulaire d'évaluation. On sait seulement que du 1er avril 2004 au 15 novembre 2004, chaque module de formation du Campus virtuel a été utilisé par de 38 à 100 participants. Nous ne connaissons pas le nombre d'utilisateurs depuis. Il est impossible de connaître le nombre précis des utilisateurs parce que lors du lancement du Campus virtuel, on a décidé, pour des raisons financières, de le combiner au système de gestion de cours d'AEC, qui est légèrement moins « avancé » que prévu; l'un de ses principaux défauts est la nature limitée des statistiques auxquelles il donne accès (selon un membre du personnel de JPI).

29 Comme nous l'avons déjà vu, il n'a pas été possible d'obtenir des données sur les contributions par type d'organisme, ce qui aurait permis de déterminer si le montant des contributions varie selon le type d'organisme.

30 Vérification de JPI, 2005.

31 IYIP Overseas Support - Best Practices (pratiques exemplaires sur le soutien à l'étranger aux participants du PSIJ) et IYIP Recruitment - Best Practices (pratiques exemplaires en matière de recrutement du PSIJ).

32 IYIP Overseas Host Organization Survey (sondage du PSIJ auprès des organismes d'accueil à l'étranger).

33 Toutefois, comme nous l'avons vu précédemment, les participants qui utilisent l'Outil d'auto-évaluation des compétences peuvent eux-mêmes mesurer les compétences qu'ils possèdent au début et à la fin de leur placement pour mesurer les compétences qu'ils ont acquises pendant leur placement. Toutefois, ces renseignements ne sont pas suffisamment exhaustifs pour permettre de mesurer globalement l'acquisition des compétences pour les besoins d'une évaluation.

34 Rappelons que certains organismes parrains financés par JPI sont également actifs sur le plan du développement et offrent des placements dans le cadre de JPI et du PSIJ. Chaque année, quatre ou cinq organismes placent des participants dans les deux programmes, mais il y a un certain chevauchement dans la nature du travail effectué par les jeunes.

Bureau de l'inspecteur général

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Date de modification :
2012-09-22