S’attaquer à l’impunité au Guatemala

Des parents des victimes du massacre manifestent à l’extérieur du tribunal.
Des parents des victimes du massacre manifestent à l’extérieur du tribunal.
Le témoignage d'un survivant du massacre de Las Dos Erres en 1982.
Le témoignage d'un survivant du massacre de Las Dos Erres en 1982.
Des applaudissements ont retenti dans le tribunal après le verdict.
Des applaudissements ont retenti dans le tribunal après le verdict.

Au lendemain des atrocités commises pendant la guerre civile au Guatemala, la justice ne semblait être qu’un vœu pieux. Toutefois, l’aide apportée par le Groupe de travail pour la stabilisation et la reconstruction (GTSR) du MAECI et par l’ONG canadienne Avocats sans frontières Canada (dont le siège est situé dans la ville de Québec) a redonné espoir aux victimes de crimes de guerre et à leur famille souhaitant obtenir justice. 

Avocats sans frontières Canada forme des juges, des procureurs et des avocats des droits de la personne au Guatemala, et a mis sur pied le premier cabinet spécialisé dans le litige des crimes les plus graves. Ce cabinet offre de l’aide juridique gratuite aux groupes les plus vulnérables de la société, notamment les femmes et les peuples autochtones.

Depuis 2009, ASFC et ses partenaires locaux ont appuyé 40 litiges stratégiques et offert de l’assistance à 3000 personnes, 1200 familles et 127 communautés.

Dans une salle d’audience de la ville de Guatemala, cinq anciens militaires ont chacun été condamnés à plus de 6000 ans de prison pour le massacre de 201 personnes dans le village de Las Dos Erres en 1982, auxquels s'ajoutent 30 années supplémentaires pour crimes contre l’humanité. Les villageois  de Las Dos Erres avaient été abattus par balles ou battus à mort et leurs corps, jetés dans un puit. En 2013, un tribunal guatémaltèque avait ordonné l’ouverture d’un procès contre l’ancien président José Efrain Rios Montt (1982-1983)  qui fait face à des accusations de génocide pour la mort de milliers d'Autochtones alors qu’il était au pouvoir. Ce procès historique, le premier pour génocide en Amérique latine, contribue à la mémoire historique du pays et représente une forme de réparation pour les victimes.