18ème Réunion des dirigeants de l'APEC

Yokohama (Japon)
Les 13 et 14 novembre 2010

« La Vision de Yokohama – Bogor et au-Delà »

Nous, les dirigeants des économies membres de l'APEC, nous sommes réunis à Yokohama, sous le thème de 2010 « Changement et action », pour exprimer clairement notre vision quant à la poursuite de la construction et de l'intégration de la région de l'Asie-Pacifique au 21e siècle et aux moyens de réaliser cette vision.

Chemin parcouru par l'APEC à ce jour

Il y a vingt-et-un ans, les fondateurs de l'APEC ont vu la nécessité d'intensifier les consultations et la coopération pour guider les économies de plus en plus interdépendantes de l'Asie-Pacifique et établir un système économique régional plus étroitement intégré. De cette approche novatrice et originale est né le consensus, énoncé dans les objectifs de Bogor, voulant que la libéralisation et l'ouverture de l'investissement et du commerce constituent la meilleure façon d'assurer une prospérité commune accrue et la stabilité de la région de l'Asie-Pacifique. Depuis, l'APEC a respecté la vision de ses fondateurs et les orientations données par les objectifs de Bogor, au point que la région de l'Asie-Pacifique est devenue l'âme et le moteur de la croissance de l'économie mondiale.

Par des efforts particuliers et collectifs en vue de la réalisation des objectifs de Bogor, la région de l'Asie-Pacifique est parvenue à réduire sensiblement les obstacles au commerce et à l'investissement. Ces efforts ont entraîné une augmentation des flux du commerce et de l'investissement, soutenu la croissance économique et suscité une amélioration notable du bien-être des populations de la région. Nous sommes persuadés que l'APEC est en bonne voie de réaliser ses objectifs de libéralisation et d'ouverture du commerce et de l'investissement dans les économies qui la composent. Cette année, nous avons effectué un examen des réalisations de cinq économies industrialisées et de huit économies en développement qui se sont portées volontaires à l'égard des objectifs de Bogor. Nous avalisons le rapport de l'APEC de 2010 sur les progrès accomplis en vue de la réalisation des objectifs de Bogor et concluons que, même s'il reste du travail à faire, ces treize économies ont fait des pas importants en vue de leur réalisation.

De 1994 à 2009, le volume total du commerce de biens des économies de l'APEC a augmenté de 7,1 p. 100 par année; pendant la même période, le commerce entre les États membres de l'APEC a triplé. L'investissement étranger direct dans la région de l'APEC et en provenance de cette région a augmenté de 13 p. 100 par année de 1994 à 2008. Les droits effectivement appliqués ont été réduits de 10,8 p. 100 en 1996 à 6,6 p. 100 en 2008 dans la région.

Ces solides avancées vers les objectifs de Bogor pour la libéralisation du commerce et de l'investissement ont été rendues possibles grâce aux décisions prises par les dirigeants de l'APEC de libéraliser leurs propres économies, persuadés que d'autres dirigeants feraient de même. Cette confiance dans l'ouverture des économies nationales n'aurait pas été possible sans l'APEC. Nous réaffirmons notre engagement indéfectible en faveur de la libéralisation du commerce et de l'investissement dans la région.

Occasions et défis actuels

Le 21e siècle est porteur de nouvelles promesses et suscite de nouveaux défis. La transformation de l'économie mondiale et régionale s'appuie sur l'influence croissante de la région de l'Asie-Pacifique, le développement de chaînes d'approvisionnement à grande échelle et l'adoption rapide de nouvelles technologies de l'information et des communications. Sous l'effet de ces changements, notre région est devenue plus intégrée et plus interdépendante. Si cette transformation historique a nourri le remarquable dynamisme économique de la région, les événements des dernières années ont montré que les crises peuvent se propager rapidement d'une économie à l'autre, peser lourdement sur l'ensemble du système économique de la région et du monde entier et ralentir la croissance et l'emploi.

L'économie de la région de l'Asie-Pacifique se remet des récentes crises économiques et financières, mais l'incertitude demeure. Nous sommes également confrontés à des défis de taille quant à la protection de nos environnements et de nos ressources naturelles, dont celui de la nécessité de s'attaquer ensemble au changement climatique. Nous devons tirer les leçons du passé récent, reconnaître l'importance croissante du rôle que nous jouons sur l'échiquier économique mondial à titre de région la plus dynamique du globe et chercher à renforcer les piliers de chacune de nos économies et de ceux du système multilatéral du commerce pour étayer le cadre d'une croissance forte, durable et équilibrée prôné par le G20.

À cet égard, nous souscrivons aux résultats du Sommet du G20 de Séoul. Comme le souligne le rapport des ministres des Finances présenté à Kyoto sur la stratégie de croissance et les finances, nous allons rééquilibrer et renforcer la demande mondiale, assurer une saine gestion de la fiscalité et améliorer les finances des secteurs clés, comme l'infrastructure, les petites et moyennes entreprises, les ménages et les investissements verts. Nous sommes toujours déterminés à prendre des mesures pour édifier un système financier mondial renforcé et plus résilient. Nous sommes toujours résolus à maintenir l'ouverture des marchés et à lutter contre le protectionnisme. Nous réaffirmons notre détermination commune à appuyer la reprise de façon collaborative et coordonnée.

Nous réitérons notre engagement sans équivoque à mener rapidement à bon terme le programme de développement de Doha. Conscients que 2011 nous offrira la conjoncture favorable tant attendue, nous demandons à nos ministres d'habiliter nos représentants à entamer des négociations exhaustives avec un sentiment d'urgence à cette fin sur la base des progrès déjà réalisés, ainsi que sur les modalités de mise en œuvre, conformément au mandat du protocole de Doha. Nous affirmons notre volonté de gagner le soutien interne pour une entente solide dans nos systèmes respectifs. Dans le cadre de nos efforts soutenus contre le protectionnisme, nous convenons de prolonger jusqu'à la fin de 2013 notre engagement à l'égard du statu quo établi en 2008, à savoir de nous abstenir d'imposer de nouveaux obstacles à l'investissement ou au commerce des biens et services, d'imposer de nouvelles restrictions aux exportations ou d'imposer des mesures contraires aux règles de l'Organisation mondiale du commerce dans quelque secteur que ce soit, incluant ceux qui stimulent l'exportation. Nous nous engageons à prendre les mesures nécessaires pour abolir les entraves au commerce mises en place pendant la crise. En outre, nous continuerons à faire preuve de réserve, au plus haut degré possible, dans l'application de mesures pouvant être considérées comme conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce si ces mesures ont un effet protectionniste important et nous les rectifierons, selon le cas.

L'une priorité urgente pour toutes les nations consiste à lutter contre la menace que constituent les changements climatiques est. Nous réitérons notre engagement de prendre des mesures solides ayant pour but l'action et nous demeurons entièrement attachés aux négociations des Nations Unies sur les changements climatiques. Nous réaffirmons l'objectif, les dispositions et les principes de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, y compris nos responsabilités communes, mais distinctes et nos capacités respectives. Ceux d'entre nous qui sont Partie à l'Accord de Copenhague réaffirment leur soutien et la mise en œuvre de l'accord. Nous souhaitons tous atteindre un résultat positif et équilibré qui englobe les enjeux importants que sont la réduction, la transparence, les finances, la technologie, l'adaptation et la préservation de la forêt. Nous apprécions à sa juste valeur le travail acharné qu'effectue le Mexique pour préparer et animer cette conférence.

La voie à suivre pour l'APEC

Nous envisageons une région de l'Asie-Pacifique capable de relever les défis et de tirer pleinement parti des occasions de mieux s'intégrer, d'assurer une croissance de meilleure qualité et un environnement économique plus sûr et plus sécuritaire.

Nous cherchons à bâtir une collectivité de l'Asie-Pacifique où le commerce et l'investissement sont plus libres; où les chaînes d'approvisionnement sont mieux connectées; où il est moins coûteux, plus rapide et plus facile de faire des affaires; où la croissance est plus équilibrée, inclusive, durable, novatrice et sûre; et où nous sommes mieux en mesure de faire face aux menaces pour la sécurité humaine et l'activité économique.

  1. Notre vision de l'APEC

    Une collectivité à l'économie intégrée qui encourage une intégration économique plus poussée et plus forte Nous visons à poser des fondations solides pour la prospérité et le bien-être de la région en faisant la promotion d'une intégration économique régionale plus vigoureuse et plus profonde en poursuivant notre œuvre de libéralisation et de facilitation du commerce et de l'investissement, qui constituent la mission fondamentale de l'APEC. Les obstacles à la circulation des biens, des services et des capitaux doivent être davantage réduits, et les gens d'affaires doivent pouvoir se déplacer plus facilement. Il faut améliorer les mesures qui facilitent et accélèrent le commerce et les activités des entreprises de la région tout en réduisant les coûts. Les procédures douanières doivent être simplifiées davantage et uniformisées. La coopération en matière de réglementation doit être élargie et approfondie. Les coûts du commerce doivent être allégés et les impérities bureaucratiques, éliminées. Il faut promouvoir et renforcer le réseau de commerce multilatéral.

    Une collectivité robuste jouissant d'une croissance de plus grande qualité

    Nous visons accroître la qualité de la croissance pour que la région de l'Asie-Pacifique puisse croître de façon soutenue et demeurer un moteur de l'activité économique et du progrès de l'économie mondiale. Nous devons adopter des politiques faisant la promotion d'une croissance équilibrée dans les économies des pays de l'APEC et dans l'ensemble de l'APEC. Il faut offrir à tous les secteurs de la société, en particulier aux groupes susceptibles d'être marginalisés ou désavantagés, des occasions de réaliser leur plein potentiel. Il faut favoriser tant la croissance économique que la viabilité environnementale de manière globale et stimuler les progrès vers une économie verte par la promotion du commerce et de l'investissement dans les biens et services liés à l'environnement, un secteur qui devrait être développé dans les économies de l'APEC, tout comme l'amélioration de l'efficacité énergétique, ainsi que la gestion et la réhabilitation durables de la forêt. Une croissance novatrice doit être encouragée dans nos économies respectives et entre elles, par l'adoption de politiques et de règlements qui permettent à ces économies de favoriser au mieux l'innovation, le recours aux technologies de l'information et des communications, le développement d'une main-d'œuvre compétente et l'intensification de la recherche et du développement.

    Une collectivité sûre qui offre un milieu économique sûr

    Nous visons à construire une collectivité régionale au sein de laquelle personne n'aura à craindre la pauvreté, la violence, le crime, la maladie et la faim, dans laquelle chacun pourra vaquer à ses activités économiques librement et facilement, dans l'optique des objectifs de développement du millénaire. Nous devons accroître la capacité de nos économies à réduire les risques de leurs activités pour nature et l'homme et viser l'instauration d'un climat économique sécuritaire et souple. Il faut réduire la pauvreté pour assurer la dignité intrinsèque de la condition humaine. L'environnement régional du commerce, des finances et des déplacements doit continuer d'être strictement protégé contre le terrorisme. Nos économies doivent renforcer leur résilience et leur capacité à faire face aux urgences et aux catastrophes naturelles. Nous devons améliorer nos préparatifs de lutte contre les maladies infectieuses, nos contrôles des maladies non transmissibles et nos réseaux de santé. Nous devons mieux améliorer l'accès à une alimentation fiable, nutritive, saine et abordable. Nous devons redoubler d'efforts pour lutter contre la corruption et le commerce illicite et améliorer notre gouvernance.

  2. La voie à suivre pour réaliser notre vision de la collectivité de l'APEC

    Nous avons résolu de prendre des mesures concrètes, pratiques et quantifiables pour réaliser cette vision de notre collectivité. Dans cette optique, nous appuyons sans réserve la déclaration conjointe de la 22e réunion des ministres de l'APEC.

    La voie à suivre pour réaliser une collectivité économiquement intégrée

    Nous allons poursuivre la promotion de l'intégration économique de la région, en vue de la réalisation d'ici 2020 des objectifs de Bogor sur l'ouverture et la libéralisation du commerce et de l'investissement dans toutes les économies de l'APEC. Nous allons prendre des mesures concrètes pour créer la Zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique (ZLEAP), un outil de travail de premier ordre pour poursuivre le programme d'intégration économique régionale de l'APEC. Nous allons prendre des mesures concrètes pour créer la Zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique (ZLEAP), un outil de travail de premier ordre pour poursuivre le programme d'intégration économique régionale de l'APEC. Une ZLEAP devrait prendre la forme d'un accord complet de libre-échange fondé sur les engagements régionaux déjà en place comme le Partenariat transpacifique, l'ANASE+3 et l'ANASE+6, entre autres. À cette fin, l'APEC apportera une contribution importante à titre d'incubateur d'une ZLEAP en assumant la direction du processus d'élaboration et en faisant part de ses réflexions, tout en jouant un rôle critique dans la définition, la description et la résolution des problèmes « de nouvelle génération » en matière de commerce et d'investissement que cette ZLEAP devrait faire naître. L'APEC doit également poursuivre la réalisation d'une ZLEAP en poursuivant et en peaufinant ses travaux sur des initiatives sectorielles dans des domaines comme l'investissement, les services, le commerce en ligne, les règles d'origine, les normes et la conformité, la facilitation du commerce ainsi que les produits et services liés à l'environnement.

    Nous œuvrerons à régler les questions des obstacles non tarifaires au commerce, notamment en accroissant la coopération en matière de réglementation entre les économies de l'APEC et en faisant la promotion de bonnes pratiques réglementaires. Nous appliquerons certaines des mesures de la Stratégie de l'investissement de l'APEC, comme l'engagement d'un dialogue public-privé sur l'investissement au sein de l'APEC.

     Parallèlement, nous maintiendrons notre engagement à organiser des activités de coopération économique et technique efficace (ECOTECH) pour aider lfes économies membres de l'APEC, en particulier les économies en développement, à améliorer leur capacité à poursuivre la libéralisation et la facilitation du commerce et de l'investissement.

    Nous nous engageons à abattre les entraves au déplacement des produits et des services par l'entremise des chaînes d'approvisionnement de l'Asie-Pacifique en mettant en œuvre le Plan d'action sur le cadre de connectivité des chaînes d'approvisionnement de l'APEC afin d'atteindre un objectif à l'échelle de l'APEC, soit une amélioration de 10 p. 100 du rendement des chaînes d'approvisionnement d'ici 2015 quant à la réduction des délais, des coûts et de l'incertitude liée au déplacement des produits et services dans la région de l'Asie-Pacifique, tout en tenant compte des circonstances propres à chaque économie. Ce travail sera propice à l'élaboration d'une infrastructure et d'un réseau logistique plus avancés et facilitera le dédouanement des biens au-delà et à l'intérieur des frontières. Nous poursuivrons également le travail que nous effectuons dans le cadre des programmes d'opérateurs économiques agréés.

    Nous rendrons nos politiques et nos méthodes nationales respectives plus transparentes et nous réaffirmerons l'objectif auquel nous aspirons, soit une amélioration de 25 p. 100, d'ici 2015, dans les cinq domaines primordiaux suivants : le démarrage d'entreprise; l'obtention du crédit; les échanges transfrontaliers; la mise en application des conditions des marchés; l'obtention des permis. De la sorte, il sera moins coûteux, plus rapide et plus facile de faire des affaires dans la région de l'Asie-Pacifique.

    Le chemin à suivre pour créer une collectivité vigoureuse

    Nous avons adopté la Stratégie de croissance des dirigeants de l'APEC comme étant le premier effort d'envergure déployé par l'organisation pour établir un cadre durable et exhaustif destiné à promouvoir une croissance de haute qualité dans la région. Nous mettrons la Stratégie en œuvre jusqu'en 2015 en mettant l'accent sur les cinq qualités souhaitées : une croissance équilibrée, inclusive, durable, novatrice et assurée. Notre Stratégie de croissance comprend un plan d'action qui prévoit des travaux sur la réforme structurelle, le perfectionnement des ressources humaines et des entrepreneurs, la croissance verte, l'économie du savoir et la sécurité humaine. Le plan d'action sera appuyé et mis en évidence par des programmes de travail précis qui mettront à contribution tous les atouts de l'APEC, y compris les réunions ministérielles sectorielles, les comités, les sous-tribunes de l'APEC, les vastes réseaux régionaux d'experts et l'étroite coopération de l'APEC avec les milieux d'affaires. Nous collaborerons avec d'autres forums internationaux, y compris le G20, pour réaliser la Stratégie de croissance. En 2015, nous évaluerons dans quelle mesure nous aurons réussi à la mettre en œuvre.

    Nous savons que notre priorité première consiste à garantir une reprise durable de la demande dans le secteur privé. Nous devons prendre des mesures pour jeter les fondements d'une croissance plus solide, plus durable et plus équilibrée dans l'avenir. Nous soulignons l'importance de renforcer la coopération multilatérale afin de promouvoir la viabilité extérieure et de poursuivre la mise à exécution de toute la gamme des politiques favorables à la réduction des déséquilibres excessifs et au maintien des déséquilibres courants à des niveaux gérables.

    Nous chercherons à adopter des régimes de taux de change qui seront davantage axés sur le marché et à accroître la souplesse des taux de change en fonction des facteurs économiques fondamentaux, et nous nous garderons de faire des dévaluations de surenchère des devises. Les économies avancées, y compris celles qui disposent de monnaies de réserve, feront preuve de vigilance afin d'éviter une volatilité excessive et une variation désordonnée des taux de change. Ces mesures serviront à atténuer le risque de volatilité excessive des flux de capitaux dans certaines économies de marché émergentes. La réforme structurelle fait partie intégrante des efforts que nous déployons pour réaliser une croissance de meilleure qualité. Afin d'appuyer la Stratégie de croissance et en faisant fond sur les progrès importants accomplis depuis 2005 relativement au Programme des dirigeants pour la mise en œuvre de la réforme structurelle (LAISR), nous nous engageons à poursuivre ces efforts et à entreprendre une réforme structurelle manifeste et digne de mention dans nos économies, dans l'esprit de l'objectif consistant à favoriser une croissance solide, inclusive et équilibrée. Nous entérinons la Nouvelle stratégie de l'APEC sur la réforme structurelle (ANSSR) et nous instruisons nos fonctionnaires de la mettre en œuvre avec constance, en encourageant l'emploi d'indicateurs quantitatifs et qualitatifs, au besoin, d'ici 2015. Nous convenons que le renforcement des capacités et l'aide technique seront primordiaux pour que les économies en développement puissent atteindre leurs objectifs au chapitre de la réforme structurelle.

    Dans le cadre de notre programme de perfectionnement des ressources humaines et des entrepreneurs, nous adopterons des politiques qui nous permettront de créer des emplois plus nombreux et meilleurs, d'améliorer les régimes d'éducation et de formation professionnelle en offrant des chances égales aux femmes, aux jeunes, aux personnes âgées et à tous les secteurs, et de renforcer les filets de sécurité sociale. Nous créerons plus de débouchés pour les petites et moyennes entreprises et nous encouragerons l'adoption de mesures destinées à accroître leur participation dans les secteurs à forte croissance et leur accès aux marchés mondiaux. Nous reconnaissons que le plein potentiel des femmes de contribuer à l'économie régionale demeure inexploité, et nous améliorerons l'accès des femmes à l'aide financière, à l'éducation, à la formation professionnelle, à la technologie et aux régimes de santé en développant l'esprit d'entreprise et le leadership des femmes dans les milieux d'affaires et dans l'appareil gouvernemental. Dans le cadre de notre programme de croissance verte, nous évaluerons la possibilité de réduire l'intensité énergétique de la production économique des pays de l'APEC au-delà du seuil convenu dans notre Déclaration de Sydney faite en 2007. Nous doublerons d'efforts pour atteindre l'objectif idéal énoncé dans la Déclaration de Sydney, à savoir étendre la couverture forestière, pour tous les types de forêts, d'au moins 20 millions d'hectares dans l'ensemble de la région de l'APEC d'ici 2020, et nous instruirons nos fonctionnaires de prendre des mesures concrètes en ce sens. Par ailleurs, nous intensifierons notre coopération pour endiguer l'exploitation forestière illicite et le commerce connexe et pour promouvoir la gestion durable et la remise en état des forêts. Nous appliquerons des politiques pour créer des technologies, des industries et des emplois respectueux de l'environnement afin d'améliorer la sécurité énergétique régionale, de réduire la dégradation de l'environnement et les effets des changements climatiques et de promouvoir la croissance durable. Nous encouragerons le transport éconergétique. Nous accroîtrons la distribution et l'utilisation des biens et des services environnementaux, nous réduirons les obstacles actuels au commerce de tels biens et services et à l'investissement dans de tels biens et services et nous éviterons d'en ériger d'autres, et nous renforcerons notre capacité de développer ce secteur en accordant la priorité aux travaux relatifs aux mesures non tarifaires visant les biens, technologies et services environnementaux. Nous rationaliserons et éliminerons progressivement les subventions inefficaces accordées pour les combustibles fossiles, subventions qui encouragent la surconsommation, tout en reconnaissant l'importance de fournir des services énergétiques essentiels à ceux qui en ont besoin, et nous examinerons nos progrès vers cet objectif en vertu d'un régime volontaire. Nous stimulerons le déploiement de sources d'énergie peu polluantes (énergies renouvelables, énergie nucléaire, combustibles fossiles avec captage et stockage du carbone) pour accroître la propreté de nos approvisionnements énergétiques. Nous créerons des collectivités à faible taux d'émission de carbone dans la région. Nous faciliterons la diffusion de technologies ne portant pas atteinte au climat, notamment par l'intermédiaire d'ECOTECH et d'activités de renforcement des capacités. Nous garantirons la mise en valeur durable de nos océans, mers et côtes, y compris celle de leurs ressources, et la conservation de l'environnement marin.

    Dans le cadre de notre programme visant l'économie du savoir, nous accélérerons notre croissance novatrice en favorisant la mise sur pied d'une infrastructure pour les services à large bande, en stimulant l'utilisation des technologies de l'information et des communications (TIC), en adoptant des politiques et des règlements pour encourager l'innovation et l'application des TIC. Nous favoriserons l'adoption de normes acceptées à l'échelle mondiale et nous stimulerons la coopération au sujet des questions relatives aux normes et à la conformité. Nous prendrons des mesures pour nous doter d'une main-d'œuvre qualifiée, adaptable et professionnelle. Nous réaffirmons notre engagement en faveur de l'amélioration de la protection et de l'application des droits de propriété intellectuelle et nous réitérons l'importance de mettre en place des régimes de la propriété intellectuelle exhaustifs et équilibrés qui prévoient et protègent les incitatifs visant à favoriser la créativité et l'innovation et qui fournissent les outils nécessaires pour une gestion et une utilisation fructueuses de la propriété intellectuelle. Nous renforcerons la coopération scientifique et technologique. Nous améliorerons le contexte de l'investissement et la coopération en matière de réglementation pour stimuler l'innovation dans les sciences de la vie. En adoptant des mesures concrètes dans ces domaines, nous encouragerons l'innovation et le développement de nouveaux secteurs économiques.

    Le chemin à suivre pour établir une collectivité sûre

    Nous protégerons les principes fondamentaux de la sécurité humaine dans toute la région et nous exhorterons toutes les économies membres à continuer de travailler à l'amélioration de notre capacité collective de garantir cette sécurité en prenant des mesures concrètes pour réduire au minimum les menaces graves susceptibles de faire dérailler l'économie régionale, se préparer à les enrayer et y réagir.

    Nous combattrons la pauvreté et la faim en prenant des mesures concrètes pour aider toutes les populations de la région à conserver un niveau de vie raisonnable. Nous adopterons et mettrons en œuvre des initiatives pour protéger les systèmes économiques de la région contre les attaques terroristes, les perturbations et les abus, pour faire échec au financement du terrorisme, pour faciliter la reprise commerciale et pour renforcer la cybersécurité. Nous poursuivrons nos efforts afin de lutter contre la corruption et de promouvoir la transparence et nous exhorterons l'APEC à rendre compte plus efficacement et régulièrement des efforts qu'elle déploie pour respecter ses engagements dans ce domaine. Nous veillerons à parfaire davantage nos mécanismes pratiques de gestion des risques de catastrophe afin d'accroître la capacité de nos économies de gérer les situations d'urgence et les désastres naturels. Nous améliorerons la capacité des économies de lutter contre les maladies infectieuses, de contenir les maladies non contagieuses et de renforcer les régimes de soins de santé. Nous faciliterons la production agricole durable, le commerce des produits agricoles et l'investissement dans l'agriculture, la coopération technique, l'élaboration et l'application de règlements fondés sur la science et d'autres initiatives visant à accroître la sécurité alimentaire régionale et mondiale, en gardant à l'esprit que la nourriture constitue une nécessité absolue dans toutes les sociétés humaines. Nous encouragerons tous les économies à renforcer la coopération internationale et régionale pour accroître l'innocuité des aliments.

    La coopération économique et technique pour progresser sur tous les plans

    Étant donné la diversité des économies membres, nous ferons en sorte que le Groupe de travail ECOTECH joue un rôle clé sur le chemin que nous suivrons pour réaliser notre vision de la collectivité de l'APEC et pour aider à réduire les écarts en matière de développement. Nous l'intégrerons dans les programmes que nous avons adoptés et nous mettrons davantage à profit ses activités, notamment en ce qui concerne le renforcement des capacités, le perfectionnement des ressources humaines et la diffusion de la technologie, en adoptant une démarche stratégique axée sur la demande, les objectifs visés et l'axe choisi et en mettant l'accent sur des plans pluriannuels pour produire les résultats optimaux. Nous réaffirmons notre engagement à l'égard du cadre de Manille, et nous renforcerons l'ECOTECH pour aider nos économies membres, surtout les économies en développement, qui s'efforcent d'atteindre les objectifs de Bogor, à accroître leur capacité de libéraliser et de faciliter davantage le commerce et l'investissement et de mettre en œuvre la Stratégie de croissance, et pour mieux répondre aux besoins et relever les défis de la nouvelle ère.

Adhésion à l'APEC

Conscients des avantages inhérents à l'adhésion à l'APEC et de la nécessité de l'efficacité pour atteindre les résultats voulus, nous continuerons d'examiner la question de l'adhésion de nouveaux membres dans l'avenir.

Conclusion

L'APEC entre dans sa troisième décennie et elle est devenue un moteur du progrès dans la région la plus dynamique du monde sur le plan économique, région dont la croissance a engendré la prospérité partout sur la planète. Grâce aux efforts soutenus des économies membres, l'APEC s'est grandement rapprochée des idéaux de ses fondateurs. Faisant fond sur ces progrès, nous réitérons notre engagement à favoriser dans la région une intégration économique encore plus grande et une croissance solide, durable et équilibrée, notamment en prenant des mesures concrètes nous prendrons pour créer une ZLEAP qui devrait prendre en compte les questions de commerce et d'investissement relatives à la prochaine génération, et à susciter de nouvelles possibilités et à relever de nouveaux défis au cours du 21e siècle, à la faveur de la mise en œuvre de la Stratégie de croissance des dirigeants de l'APEC. Nous nous engageons à prendre les mesures concrètes nécessaires pour faire de cette vision une réalité; nous avons bon espoir que cela accroîtra la prospérité et le bien-être de toutes les populations de la région de l'Asie-Pacifique et d'ailleurs. Nous instruisons nos ministres et nos hauts fonctionnaires d'accélérer les travaux pour renforcer et approfondir l'intégration économique régionale au cours de la prochaine année et, dans l'esprit de la vision exprimée dans le présent document, pour concevoir et mettre à exécution des initiatives précises afin de faire échec aux obstacles existants et nouveaux au commerce et à l'investissement, et pour garantir une croissance durable de haute qualité dans l'avenir. Nous comptons que l'APEC accomplira de grands progrès dans tous ses programmes en 2011, sous la direction des États-Unis.