Déclaration du Canada, des États-Unis d'Amérique, de la Fédération de Russie, de la Finlande, de l'Islande, de la Norvège, du Royaume du Danemark et de la Suède à la 19e Conférence des Parties à la CCNUCC (COP 19)

Le 20 novembre 2013 - Varsovie, Pologne - En tant que président en exercice du Conseil de l’Arctique, le Canada se réjouit de faire cette déclaration au nom des États du Conseil de l’Arctique – le Canada, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la Finlande, l’Islande, la Norvège, le Royaume du Danemark et la Suède – et des six organisations autochtones ayant le statut de participant permanent. 

La présidence canadienne du Conseil de l’Arctique a pour thème « Le développement au service de la population du Nord » : il s’agit d’un développement qui améliore le bien-être et la prospérité, et qui valorise et favorise les modes de vie, la culture et les modes de subsistance traditionnels ainsi que la santé, tout en protégeant l’environnement. 

Les émissions de gaz à effet de serre dans le monde entraînent des changements rapides du climat et du milieu physique dans l’Arctique. Ce phénomène a des effets considérables sur les sociétés et les écosystèmes, y compris des répercussions dans le monde entier. 

Depuis la fin des années 1970, les habitants de l’Arctique et les scientifiques observent une diminution rapide du manteau neigeux et de la couverture de glace. Par ailleurs, en septembre 2012, on a enregistré une diminution record de la superficie de la banquise. Les habitants de l’Arctique sont extrêmement sensibles aux changements climatiques, de sorte qu’ils sont parmi les premiers à en subir les conséquences. 

Dernièrement, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a conclu que la masse de la calotte polaire du Groenland avait diminué, que la glace de mer dans l’Arctique et le manteau neigeux dans l’hémisphère septentrional avaient continué à diminuer, et que ces changements devraient se poursuivre pendant le XXIe siècle, à mesure que la température moyenne mondiale augmentera. 

Le changement du climat a des conséquences pour la biodiversité, les écosystèmes et les conditions de vie des êtres humains dans l’Arctique. Cette situation se traduit par différents enjeux liés à l’adaptation et à la diversité des ressources dont dépendent les communautés nordiques pour leur survie. Depuis sa création, en 1996, le Conseil de l’Arctique a joué, et continue de jouer, un rôle d’impulsion afin d’appeler l’attention sur les conséquences environnementales, culturelles et sociétales des changements climatiques pour les habitants de l’Arctique, avec un accent particulier sur les peuples autochtones. 

Selon des études scientifiques récentes du Conseil de l’Arctique, y compris l’Évaluation de la biodiversité de l’Arctique, qui se fondait à la fois sur la science occidentale et le savoir traditionnel, et l’Évaluation de l’acidification de l’océan Arctique, les changements climatiques constituent la menace la plus grave pour la biodiversité et les écosystèmes dans la région arctique. Les travaux du Conseil de l’Arctique ont aussi fait ressortir la nécessité impérieuse de réduire les polluants climatiques de courte durée de vie pour ralentir le réchauffement à court terme et améliorer les bilans climatique et sanitaire au profit des populations du Nord. 

Les activités du Conseil de l’Arctique sur le climat nous ont permis d’apprendre un certain nombre de choses. 

Au Conseil de l’Arctique, nous savons que nous pouvons tirer des enseignements de l’expérience de chacun, et coopérer en vue de trouver des solutions mondiales. C’est pourquoi les États du Conseil de l’Arctique demeurent fermement déterminés à collaborer avec d’autres pays dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). L’objectif consiste à adopter – de toute urgence – un protocole ou un autre instrument juridique ambitieux, inclusif, durable et souple ou une déclaration commune ayant force obligatoire en vertu de la CCNUCC. Un tel document, applicable à tous les États parties à partir de 2015, nous permettra d’atteindre notre objectif à long terme, qui consiste à réduire les gaz à effet de serre, pour que l’augmentation de la température mondiale moyenne reste inférieure à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux de l’époque préindustrielle. 

Pour s’attaquer efficacement aux répercussions des changements climatiques dans l’Arctique, il est évident que nous devons réduire les émissions de dioxyde de carbone et que ces efforts doivent être conjugués à des mesures visant à réduire les émissions de polluants climatiques de courte durée de vie, tout particulièrement le noir de carbone, le méthane et les hydrofluorocarbones, qui jouent un rôle important dans les répercussions à court terme dans l’Arctique. C’est pourquoi les États arctiques ont confié à un groupe de travail axé sur l’action et créé spécifiquement à cette fin le mandat d’élaborer des mécanismes qui permettront de réduire les émissions de noir de carbone et de méthane dans la région de l’Arctique. Des mesures ambitieuses pour lutter contre ces polluants climatiques de courte durée de vie pourraient se traduire par une réduction de jusqu’à 0,7 degré Celsius du réchauffement dans l’Arctique. Nous encourageons les États arctiques, les observateurs au Conseil de l’Arctique et d’autres parties prenantes à contribuer à ces efforts. 

Qui plus est, étant donné nos observations et notre expérience concernant les changements climatiques dans l’Arctique, nous sommes conscients qu’il faudra faire davantage pour nous adapter et accroître notre résilience face à ceux-ci. Au Conseil de l’Arctique, nous poursuivons ensemble des activités qui renforceront nos capacités en ce domaine. Nous continuons également à réaliser des études scientifiques et d’autres projets, qui permettent de mieux comprendre ces changements et de prendre des mesures judicieuses pour y remédier. 

Les effets des changements climatiques dans l’Arctique ne concernent pas seulement les États arctiques, mais suscitent d’importantes préoccupations à l’échelle internationale, du fait de leurs conséquences considérables pour le système climatique mondial ainsi que pour les sociétés et les écosystèmes du monde entier. 

Plus tôt cette année, le Conseil de sécurité a accueilli plusieurs nouveaux États ayant le statut d’observateur. Nous avons confiance dans leurs compétences, leurs outils et leur savoir, et nous sommes convaincus de leur désir de réaliser des avancées importantes dans la lutte contre les changements climatiques. Nous serons heureux de collaborer avec eux, pour que notre action face aux changements climatiques et à leurs répercussions progresse encore plus.