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Historique de la guerre chimique

L'usage de poisons qui pourraient être considérés comme des armes chimiques (AC) remonte à l'antiquité. Pendant la guerre du Peloponnèse (431-404 av. J.-C.), par exemple, les Spartiates ont utilisé des vapeurs d'arsenic. Un millénaire plus tard, au siège Constantinople (en 637), les Grecs de l'Empire byzantin se sont servis du « feu grec » - un mélange de pétrole, de soufre bitumineux et de résines. Par ailleurs, la première utilisation des AC dans les temps modernes a eu lieu durant la Première Guerre mondiale. Lors de la deuxième bataille d'Ypres, en avril 1915, l'armée allemande a déversé des centaines de tonnes de chlore. Le nuage de gaz a fait des milliers de victimes dans les rangs des Alliés, dont près de 7 000 soldats canadiens (1 000 tués et 5 975 blessés). Pendant toute la guerre, les Alliés et les Puissances centrales ont mis au point des agents chimiques toxiques pouvant être employés sur les champs de bataille et des vecteurs efficaces. Ils ont également adapté leurs stratégies pour tenir compte de la nouvelle réalité de la guerre chimique.

Dès 1917, la tactique consistant à utiliser un nuage de gaz était devenue obsolète à cause de la fabrication de munitions d'artillerie pouvant libérer des agents chimiques et d'autres vecteurs (comme le projecteur Livens, un gros mortier destiné à répandre de grandes quantités d'agent chimique employé pour la guerre), et de l'utilisation de nouveaux agents persistants, comme le gaz moutarde. En 1918, les champs de bataille de la Première Guerre mondiale étaient saturés de divers produits chimiques persistants et non persistants qui ont fait des victimes parmi les soldats et accru le danger ainsi que la difficulté des opérations militaires. À la fin de la Première Guerre mondiale, environ 125 000 tonnes de produits chimiques toxiques avaient été utilisés, faisant plus de 1,3 million de victimes, dont plus de 100 000 morts. Aujourd'hui encore, des munitions de combat pouvant libérer des produits chimiques demeurent enfouies sous les champs de bataille de l'Europe depuis la Première Guerre mondiale.

Même si les séquelles de l'emploi de gaz durant la guerre - les images de longues files de soldats blessés et aveugles attendant de recevoir des soins - ont créé dans le grand public une haine viscérale pour les armes chimiques, la mise au point et l'utilisation d'AC se sont poursuivies pendant tout le vingtième siècle. Les troupes italiennes ont employé des armes chimiques lorsqu'elles ont envahi l'Éthiopie (1935-1936), et le Japon s'est servi d'AC pendant sa guerre contre la Chine (1937-1945). Durant la Seconde Guerre mondiale, tant les Alliés (notamment le Canada) que les puissances de l'Axe ont constitué des stocks importants d'armes chimiques. Bien que l'absence de vecteurs efficaces à grande échelle ait joué un rôle dans la décision des deux camps de ne pas y recourir, la crainte de représailles a été un autre facteur majeur de dissuasion. Les armes chimiques ont été utilisés par l'Égypte au Yémen du Nord (1963-1967); de plus, ils ont été utilisés à grande échelle pendant la guerre Iran-Irak (1983-1988). Malgré la conclusion et l'entrée en vigueur de la Convention sur les armes chimiques (CAC), certains États continuent de réaliser des programmes de mise au point d'AC à des fins offensives et (ou) de conserver des stocks d'armes chimiques.

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Date de modification :
2010-02-08