Corée du nord

La prolifération nucléaire favorisée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en Asie du Nord Est demeure une préoccupation constante pour le Canada et la communauté internationale. Elle influe sur la paix et la sécurité internationales et elle a des effets directs sur nos intérêts stratégiques et commerciaux dans la région.

Histoire

La RPDC s’est engagée dans une coopération en matière d’énergie nucléaire avec l’ancienne Union soviétique dans les années 1960, ayant abouti, entre autres, à l’achèvement du réacteur nucléaire à Yongbyon. Dans les années 1970 et 1980, la RPDC a tenté clandestinement de détourner des matières nucléaires destinées à son programme énergétique vers un programme d’armes nucléaires que les services de renseignements des États Unis ont découvert en 1985. En réponse aux pressions internationales, la RPDC a adhéré au Traité sur la non prolifération des armes nucléaires (TNP), mais un accord de garanties généralisées avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (disponible en anglais seulement) (AIEA) n’a pas été conclu avant 1992. En janvier 1993, des inspecteurs de l’AIEA se sont vu refuser l’accès à des installations que l’on croyait être des installations nucléaires non déclarées. La crise s’est aggravée en mars 1993 lorsque la RPDC a annoncé son intention de se retirer du TNP. Les États Unis et la RPDC ont tenu des rencontres à Genève en juin 1993 en vue de résoudre la crise. Ces pourparlers ont débouché sur un accord cadre en octobre 1994 qui exigeait, entre autres, que la RPDC gèle et démantèle ultérieurement son programme d’armes nucléaires, y compris ses réacteurs nucléaires, en échange de mazout et d’un plan de construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires plus puissants, plus sûrs et moins propices à la prolifération. La RPDC a aussi suspendu sa décision de se retirer du TNP et autorisé les inspections par l’AIEA.

En octobre 2002, les États Unis ont annoncé que la RPDC avait admis l’existence d’un programme clandestin d’enrichissement de l’uranium visant le développement d’armes nucléaires. En réponse à cette violation de l’accord cadre, les États Unis ont suspendu les envois de mazout et interrompu la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. La RPDC a donc expulsé les inspecteurs de l’AIEA, a redémarré le réacteur de Yongbyon et s’est retirée du TNP. En avril 2003, la RPDC a déclaré avoir mis au point des armes nucléaires. En août, les premiers pourparlers à six entre les États Unis, la RPDC, la Chine, la Russie, le Japon et la Corée du Sud ont eu lieu dans le but de résoudre la crise de sécurité. Ils ont abouti à un accord en septembre 2005 qui exige, entre autres, que la RPDC démantèle son programme d’armes nucléaires en échange d’une aide dans le domaine énergétique et la normalisation des relations avec les États Unis. Peu de temps après la conclusion de l’accord, la RPDC a exigé un réacteur nucléaire civil, sans quoi elle ne tiendrait pas ses engagements. En novembre 2005, les États Unis ont imposé des sanctions financières à la RPDC qu’ils accusaient de fabrication de faux dollars américains. En réponse, la RPDC a boycotté les pourparlers à six. Le 9 octobre 2006, la RPDC a procédé à un essai nucléaire. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 1718 qui prévoit l’imposition de sanctions économiques à la RPDC. Les pourparlers à six ont repris en février 2007 et ils ont débouché sur un accord prévoyant l’application de l’accord de septembre 2005 et la levée des sanctions financières américaines.

Position du Canada et mesures adoptées

L’objectif final du Canada est la dénucléarisation de la RPDC et son adhésion au TNP et à l’accord de garanties généralisées avec l’AIEA.

En février 2001, le Canada a établi des relations diplomatiques avec la RPDC dans le but de la faire entrer dans la communauté internationale et de promouvoir la bonne gouvernance et les droits de la personne. Suivant la révélation en octobre 2002 de l’existence d’un programme secret d’enrichissement de l’uranium, le Canada a limité les relations bilatérales avec la RPDC. Il a déploré son retrait du TNP en 2003 et l’a exhortée à adhérer de nouveau au régime, de permettre les inspections de l’AIEA et de respecter ses engagements en matière de non prolifération nucléaire.

En septembre 2005, à l’appui des pourparlers à six, le Canada a fait de légers ajustements à son engagement à l’égard de la RPDC pour permettre de petites initiatives de formation et de renforcement des capacités locales, définies dans l’accord de septembre 2005. Toutefois, la modeste relance de la politique d’engagement du Canada a été freinée encore une fois après l’essai nucléaire en octobre 2006, montrant la réticence du Canada à engager le dialogue avec la RPDC et à l’aider, pour aussi longtemps qu’elle poursuit un programme d’armes nucléaires. En ce qui concerne l’essai nucléaire, c’est une station de surveillance à Yellowknife, faisant partie du régime de vérification mondial prévu par le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) (disponible en anglais seulement), qui a détecté des particules radioactives dans l’atmosphère. L’on a réussi à établir qu’elles provenaient du site d’essai nucléaire, ce qui a servi à confirmer la nature de l’explosion.

Le Canada s’est acquitté de ses obligations en vertu des résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Néanmoins, nous devons aussi reconnaître que la restriction de notre engagement limite la capacité du Canada de promouvoir les valeurs canadiennes et de progresser vers des objectifs à long terme comme la réforme politique et l’amélioration des droits de la personne et de la sécurité régionale. Le degré d’engagement du Canada dépendra des progrès réalisés en vue de résoudre la crise nucléaire.