Louis Garneau commente l’importance des chaînes de valeur mondiales
Québec, le 13 juillet 2009
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Louis Garneau : Moi j’ai ouvert aussi les États-Unis parce qu’on avait le premier ministre de l’époque, Brian Mulroney, avait dit il va avoir libre-échange avec le, les États-Unis et le Canada, donc ça va être un libre-échange où la douane va diminuer sur 10 ans de façon linéaire. Moi je trouvais que c’était bien mais je trouvais que ça allait pas assez vite. C’est pour ça que j’ai été aux États-Unis. Moi je pense que si on veut faire affaires aux États-Unis, il faut avoir une entreprise aux États-Unis, au moins avoir un bureau. Moi j’avais décidé de vraiment m’impliquer puis répondre en américain puis vraiment m’établir là-bas.
Ensuite de ça, j’ai voulu aussi ouvrir une entreprise en Europe parce que le marché de l’Europe se développait, donc lorsqu’on a parlé du marché commun de l’Europe, lorsque l’Europe s’est, s’est unie, j’ai dit je vais aller en France ouvrir un bureau ou je vais faire une acquisition. Alors on avait décidé de faire une acquisition en France et on était associé avec des français et on avait dit à partir de la France, on va pouvoir livrer à travers toute l’Europe parce que les douanes tombaient, parce que ça devenait un marché commun et j’ai dit j’ai réussi aux États-Unis, donc je vais le faire en Europe et ça a été plus compliqué un peu. Ça, ça a été pour moi un échec.
Je m’étais associé avec des personnes qui étaient peut-être pas les bonnes et on, on avait un partenariat qui était peut-être 50-50 et après un an et demi, il a fallu que je revende mes actions, que je quitte la France et je me suis, je suis revenu au Canada. On a perdu de l’argent, oui, on a perdu de l’argent à l’époque. On n’aurait peut-être pas dû le faire de la même façon mais on a travaillé après avec des distributeurs indépendants sur les marchés européens, et je vous dirais que ça l’a très bien marché. Ça nous a empêché même d’avoir une usine qui était pas nécessaire d’avoir, pas besoin d’avoir d’entrepôt et d’être obligé de financer en fin de compte tous les inventaires pour le marché européen.
Alors on a choisi plutôt de travailler individuellement avec un allemand, un français, un italien puis, bien parce que c’est plus facile d’avoir, de travailler, moi je crois, avec des distributeurs qui sont indépendants qui eux achètent le produit chez nous et moi je leur fais la livraison au lieu de, d’essayer de financer, surtout une entreprise qui est petite, c’est, on peut pas lui demander de supporter les inventaires d’une dizaine de pays et de faire la, la collection des comptes, faire le crédit, faire les ventes, faire l’entreposage, le financement. Alors moi je suggère d’avoir des distributeurs indépendants sur, sur des marchés qui sont très loins.
Les États-Unis, si vous remarquez qu’est-ce que je vous ai dit tout à l’heure, mon usine et mon bureau est à deux heures et 45. Donc, c’est très, très proche. Je peux y aller dans la même journée et revenir. Mais l’Europe, c’est le décalage, c’est les délais, donc plus t’es loin, plus je recommande d’avoir des distributeurs ou des supers distributeurs qui sont capables de, de prendre en mains un réseau. Puis en même, les distributeurs connaissent mieux qu’un canadien comment on fait les affaires en Italie, comment on fait les affaires en Allemagne, ils connaissent la langue, ils connaissent mieux la culture, ils connaissent mieux leur marché que nous les canadiens.
On fait faire en Pologne, on possède pas l’usine en Pologne, on fait faire. Écoutez, aujourd’hui on a plus de 50 fournisseurs sur la Chine. On a un, une usine en Pologne qui fabrique des vêtements en sous-traitance pour nous mais la plus grosse sous-traitance qu’on a à l’heure actuelle, c’est, c’est la Chine et dernièrement, on vient d’ouvrir une usine au Mexique. Alors on voulait encore là profiter des programmes gouvernementaux, du libre-échange NAFTA Canada, États-Unis, Mexique. Donc, on a ouvert il y a un an une usine. On a 31 employés et on prévoit aller à environ 50 employés. Donc le Mexique nous aide. On a, pour les productions moyennes, le Mexique, pour les grosses productions, l’Asie, pour les productions à haute valeur ajoutée, on les fait au Canada et aux États-Unis parce qu’on a même 85 employés aux États-Unis.
Donc, notre modèle d’affaires s’est adapté, a changé. Le modèle d’affaires a beaucoup changé, je vous dirais, et ce qui est la beauté de chez Louis Garneau Sports, c’est notre, la force de notre équipe, la force d’évaluer les marchés puis la capacité de s’adapter. Alors autrefois on était 100% manufacturiers, aujourd’hui on est 50% manufacturiers, on est designer, distributeur. On manufacture encore, on est hybride comme modèle mais on s’adapte. Mais c’est pas parce que ça nous tente de faire un modèle d’affaires différent, c’est juste qu’on doit s’adapter. Les règles gouvernementales sont en train de changer. On parle d’ouverture des marchés, mondialisation. On parle de traité de libre-échange, alors à chaque fois qu’il se passe quelque chose au niveau mondial, on, on regarde, on étudie puis on dit qu’est-ce qu’on fait? Est-ce qu’on ouvre une usine? Est-ce qu’on est mieux de travailler avec un distributeur? Est-ce qu’on achète des produits d’Asie et on les livre directement à nos clients à travers le monde? Donc c’est un modèle extrêmement complexe mais qui est, je dirais, pas si compliqué mais complexe alors c’est, il faut avoir beaucoup de connaissances, il faut être très prudent de la façon qu’on l’opère, et nous on a décidé de choisir la planète, la planète Terre comme le marché de Louis Garneau Sports et ça nous va très, très bien.