Comprendre la culture afghane

En novembre dernier, des membres des Forces canadiennes ont participé à un cours de deux jours sur la culture du Sud de l'Afghanistan, atelier organisé par le Centre d'apprentissage interculturel. Le groupe comprenait des représentants du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada (COMFEC) et du Centre de formation des Forces canadiennes pour le soutien de la paix (CFFCSP). Ce dernier offre des activités de formation ainsi que du matériel didactique connexe au personnel des Forces canadiennes déployé à l'occasion d'une opération de soutien de la paix. Le COMFEC est chargé de la conduite des opérations humanitaires, de soutien de la paix ou de combat sur la scène internationale.

«La demande en formation avant le déploiement et de sensibilisation générale à la culture en Afghanistan a connu une hausse marquée, a fait observer Brigitte Lapierre, la spécialiste en apprentissage au CAI qui est responsable de la formation. Les employés des Forces accomplissent un travail très difficile et dangereux; nous désirons les aider à mieux s'en tirer et, si possible, d'une façon plus sécuritaire, tout en aidant les Canadiens à établir une relation de confiance avec les Afghans.»

Les participants étaient tous impatients d'en connaître le plus possible sur la culture afghane, étant donné la complexité et l'importance de leurs tâches. «Ce genre de formation est de toute évidence important. Un simple faux pas pourrait mettre en péril notre mission dans la région, souligne le capitaine Steven France, qui travaille au CFFCSP. Les premières impressions restent gravées dans la mémoire.»

Le cours comprenait aussi bien des éléments d'apprentissage par l'expérience que des informations théoriques et pratiques comme des présentations par des experts en questions afghanes, par exemple Ahmed Toorayiai. «Il est très important que les Canadiens comprennent la population qu'ils tentent d'aider. Ils seront mieux en mesure de communiquer et de respecter la culture locale.» Selon M.Toorayiai, les Pachtounes, qui représentent la majorité de la population de la région de Kandahar, ont un très grand sens de l'honneur. «Je dirais que la pire chose que vous puissiez faire, c'est de déshonorer un Pachtoune. Les effets seraient particulièrement néfastes pour la relation à long terme et pourraient même s'avérer très dangereux.»

Parmi les sujets abordés, mentionnons la structure par tribu, les codes tribaux(Pashtunwali), le système de Jirga, le commerce de l'opium de l'Afghanistan, la question de l'égalité des sexes dans la société pachtoune et l'analyse des événements actuels. Selon le major David Marshall du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada, le cours a permis aux participants de s'extirper de leurs activités quotidiennes pour se pencher sur des enjeux importants. «J'ai particulièrement aimé la matinée de la première journée. Avant d'entrer dans le vif du sujet, nous avons tenté de définir ce qu'est la culture et l'efficacité interculturelle. C'était fascinant.»

Le major Marshall a donné le conseil suivant : «Je pense que nous aurions dû avoir ce type de formation dès le début. Il importe d'en organiser de toute urgence lorsque le Canada envisage de déployer un grand nombre de soldats, comme c'est actuellement le cas en Afghanistan. Je crois que ce type de formation profiterait à tous les membres de la direction, quel que soit leur niveau.»