Programme pour les Caraïbes

Au total, 14 pays sont visés par le Programme de développement international du Canada pour les Caraïbes, soit 11 États insulaires (Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Dominique, Grenade, Jamaïque, Montserrat, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago) et 3 États continentaux (Belize, Guyana et Suriname).

Le Canada a aussi un programme bilatéral distinct pour Haïti.

Ces 14 pays comptent un total de 7 millions d'habitants. En raison de secteurs industriels peu diversifiés et de faibles économies d'échelle, ils se font concurrence dans l'industrie du tourisme, qui représente 20 % du produit intérieur brut (PIB) et 34 % de l'emploi dans la région.

En outre, ces pays demeurent très endettés – la dette publique s'élève en moyenne à 85 % du PIB (FMI, 2008) –, ce qui augmente les risques d'instabilité macroéconomique. Le niveau élevé du service de la dette est déjà un obstacle à la croissance économique dans la région.

Au cours des dix dernières années, la région a réalisé des progrès sur les plans de la réduction de la pauvreté et du développement social. Cependant, les événements récents ont aussi souligné la vulnérabilité des États des Caraïbes. L'assise économique traditionnelle, qui repose fortement sur le tourisme et les exportations (par exemple, de bananes et de sucre), est moins solide qu'auparavant. La criminalité, l'instabilité et la violence constituent de graves problèmes qui, en plus d’autres facteurs, ont un effet négatif sur le tourisme. En outre, les catastrophes naturelles sont plus fréquentes et le problème du VIH/sida persiste.

L'est des Caraïbes est une région sismique située dans une zone d'ouragans et elle est 12 fois plus exposée aux catastrophes naturelles que la moyenne des autres pays du monde. Cette situation représente un fardeau pour les finances publiques et limite la capacité du secteur privé de soutenir l'investissement et la croissance. La crise économique mondiale de 2009 s'est répercutée sur des secteurs clés de l'économie caribéenne, particulièrement le tourisme et les exportations de produits de base. L'argent envoyé par les travailleurs à l'étranger, qui représente de 8 % à 20 % du PIB des Caraïbes, diminue. Les gouvernements sont aux prises avec de sérieuses difficultés financières et sabrent les dépenses publiques. Les investissements du secteur privé et les flux de capitaux externes diminuent également. On s'attend à ce que cela entraîne une hausse du taux de chômage, une croissance des inégalités et une augmentation de la criminalité. Les pertes d'emplois pourraient se traduire par l'expansion du secteur informel, où les incertitudes sont grandes.

Des mesures audacieuses ont été prises pour réunir les économies distinctes de la région en un seul marché, le Marché unique des Caraïbes de la CARICOM (en anglais), mais le processus n'est pas tout à fait terminé. Malgré cela, il faudra encore plus de volonté politique, de leadership et de développement des capacités, jumelés à une croissance économique à grande échelle, pour faire avancer l'intégration régionale.

Dans l'ensemble, les gouvernements de la région sont politiquement stables et des élections démocratiques sont menées depuis longtemps. Néanmoins, il reste encore du travail à faire pour renforcer la capacité des institutions régionales et des gouvernements nationaux.

Une économie régionale plus concurrentielle servira de tremplin pour l'investissement, la croissance économique et la réduction de la pauvreté. La coopération visant à créer des services régionaux efficaces renforcera la sécurité et le développement social. Les États des Caraïbes adhèrent aux principes de la démocratie, du respect des droits de la personne et de la lutte contre la corruption.

Priorités

En 2014, la région visée par le Programme de développement régional des Caraïbes a été reconnue par le gouvernement du Canada comme secteur prioritaire pour le développement international.

Le Canada appuie les objectifs de développement établis par la CARICOM qui visent la coopération et l’intégration régionales.

À long terme, l’objectif du Canada dans la région des Caraïbes est de contribuer à l’essor et à l’intégration de la communauté des Caraïbes, lui permettant de générer une croissance économique durable et, peut-être, d’offrir à ses citoyens de meilleures possibilités et un environnement sécuritaire.

Le soutien du Canada est orienté vers l’établissement d’un environnement prévisible et favorable à la croissance économique grâce à la capacité accrue et à la responsabilisation des organismes publics ainsi qu’à la promotion d’un secteur privé plus compétitif. Le Canada défend le principe de la primauté du droit et renforce les institutions juridiques. Un des objectifs du Canada dans la région des Caraïbes est d’aider à améliorer la capacité des gouvernements à intervenir en cas de catastrophes naturelles, à gérer celles-ci et à renforcer les mécanismes de coordination régionaux à cet égard.

Croissance économique

Le Canada soutient les efforts qui favorisent une croissance économique durable grâce aux mesures suivantes :

  • renforcer la gestion des finances publiques, y compris la gestion de la dette;
  • augmenter l’accès aux compétences professionnelles pour les jeunes;
  • renforcer la productivité des petites et moyennes entreprises et accroître leur présence sur les marchés régionaux et mondiaux;
  • promouvoir l’établissement de partenariats public-privé qui créent des emplois et attirent les investissements favorables à la croissance.

Principaux résultats escomptés

  • Amélioration de l’environnement pour le commerce, l’intégration et le développement des entreprises.
  • Formation du personnel au sein des ministères des Finances et des banques centrales.
  • Élaboration de politiques et de procédures nationales relatives à la gestion de la dette dans huit pays.
  • Renforcement des capacités techniques et des capacités en matière de planification, de finances et de gestion pour les petites et moyennes entreprises.
  • Investissements conjoints public-privé dans quatre projets d’infrastructures matérielles.
  • Amélioration du système judiciaire.
  • Amélioration des mesures d’atténuation de l’effet des catastrophes naturelles.

Vers une aide plus efficace

La coordination des donateurs demeure forte grâce à des groupes de travail sectoriels actifs. Par exemple, l’harmonisation progresse et des initiatives modèles sont engagées sur la gestion des catastrophes naturelles, le commerce et la compétitivité, et la gestion des finances publiques. Le Canada joue un rôle actif dans tous ces domaines.

Comme région, les Caraïbes travaillent toujours à l’élaboration d’une vision partagée et cohérente en matière de développement. Les organisations régionales, comme la CARICOM, jouent un grand rôle, encore en deçà de l’importance qu’elles pourraient avoir, de médiateur et d’interprète des points de vue, des besoins et des intérêts, souvent divergents, des États membres.

L’appui du Canada aux organisations régionales et nationales contribuera à renforcer les capacités et à soutenir l’harmonisation de l’aide des donateurs, à favoriser la coopération et l’intégration régionales, et à réaliser des économies d’échelles impossibles à faire à l’échelle nationale.

Réalisations

2012-2013

Réalisations 2012–2013

Croissance économique

  • A appuyé des améliorations dans les institutions publiques, ce qui a permis à deux pays sur six de mener à bien des stratégies de gestion de dette à moyen terme et de donner une formation sur la négociation de prêts à 64 travailleurs des Caraïbes.
  • A aidé six pays à mener à bien des cadres de gestion stratégique pour une meilleure administration des impôts.
  • A aidé six pays des Caraïbes orientales à réaliser des analyses annuelles de viabilité de la dette.
  • A renforcé les institutions responsables de la supervision du secteur financier.
  • A amélioré l’administration des douanes dans la région, où quatre pays ont mis en œuvre des programmes de gestion du risque et de vérification postdédouanement.
  • A appuyé et financé les tout premiers « sondages auprès des entreprises » réalisés par la Banque mondiale dans les Caraïbes, dont les résultats ont fourni aux décideurs des données jusque-là inexistantes sur l’état des affaires dans les Caraïbes.
  • A amélioré l’accès au financement parmi les microentreprises et les petites et moyennes entreprises en offrant l’aide technique de l’Institute of Private Enterprise Development, l’institution de microfinancement la plus importante au Guyana.
  • A fourni une aide technique en appui à la réforme législative et au renforcement institutionnel lié aux partenariats public-privé.
  • A apporté un financement pour la tenue de 13 activités de dialogue public-privé dans la région, ce qui a mis l’accent sur les obstacles à la croissance et les façons de les surmonter.
  • A joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la nouvelle stratégie régionale du Marché commun des Caraïbes (CARICOM) pour la formation professionnelle et technique et la formation pour la compétitivité économique et le perfectionnement de la main-d’œuvre.

Sécurité

  • A élaboré un cadre stratégique pour les services de gestion des services d’administration judiciaire de façon à réduire les retards dans l’appareil judiciaire.
  • A aidé cinq programmes de travail sectoriels en cours (sur un objectif de six) à intégrer des politiques de gestion des risques de catastrophes d’ici 2014.
  • A élaboré et mis en œuvre dans cinq pays l’indice de sécurité des hôpitaux et une base de données permettant de faire le suivi des progrès enregistrés par le secteur de la santé en matière de prévention des catastrophes.
  • A aidé cinq pays à adapter et à mettre en œuvre au moins deux des outils modèles de gestion globale des catastrophes (politique, loi, stratégie et structure) élaborés dans le cadre du programme.
  • A formé 88 membres (22 hommes et 60 femmes) de la Croix-Rouge jamaïcaine au sein de son équipe d’intervention communautaire en cas de catastrophe au moment de l’ouragan Sandy en Jamaïque.
2011-2012

Réalisations 2011-2012

Croissance économique

  • A appuyé l'amélioration de la gestion des finances publiques, ce qui a permis à quatre pays membres sur huit de diminuer leur ratio dette-PIB.
  • A aidé quatre pays à mettre au point des plans nationaux sur la santé mentale après une catastrophe et a formé plus de 350 travailleurs de la santé dans les Caraïbes à la gestion des problèmes connexes.
  • A fourni une formation en premiers soins dans 916 collectivités.
  • A lancé le premier Rapport sur le développement humain pour la région des Caraïbes, qui traitait de sécurité et de criminalité.
  • A renforcé les compétences des sages-femmes dans la région.
  • A aidé le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à administrer un traitement contre le VIH/sida à 15 170 personnes, à détecter et à traiter 1 200 cas de tuberculose et à distribuer 150 000 moustiquaires de lit imprégnées d'insecticide, afin de prévenir le paludisme entre 2002 et 2012.
  • A aidé à établir un partenariat permanent d'apprentissage entre des agriculteurs, des institutions d'enseignement et des banques en Jamaïque, afin d'améliorer les modes de subsistance.
  • A permis à la Banque de développement des Caraïbes de construire ou d'améliorer 255 classes du primaire et du secondaire et de former plus de 1 330 enseignants, au profit de plus de 40 200 élèves dans la région.
2010-2011

Réalisations 2010-2011

Croissance économique

  • 5 pays ont instauré une taxe sur la valeur ajoutée plus efficiente, ce qui a permis d'augmenter les revenus des gouvernements.
  • 6 pays modernisent leurs procédures et leurs systèmes douaniers, ce qui facilite le commerce au sein de la région.
  • 8 pays ont adopté des plans d'action pour la réforme de la gestion des finances publiques.
  • 11 pays ont entrepris la supervision bancaire et des tests de tension, ce qui a donné lieu à une transparence et à une stabilité accrues.
  • A poursuivi le travail relatif à l'amélioration de la productivité agricole de la Jamaïque, grâce à l'achèvement de la construction de 40 serres commerciales (dont 23 au cours de la dernière année financière) et à la formation des participants, dont environ 42 % sont des femmes.
  • Grâce au Mécanisme d'assurance contre les risques de catastrophe dans les Caraïbes, les gouvernements de la Barbade, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines ont eu accès à 12,8 millions de dollars américains en assurance après le passage de l'ouragan Tomas en octobre 2010. Cela leur a permis de maintenir les services après la catastrophe naturelle et de réduire les pressions financières.

Projets de développement international dans les Caraïbes

Carte des projets dans les Caraïbes
Banque de projets - Programme pour les Caraïbes

Décaissements 2012-2013 de l'ACDI pour le programme des Caraïbes 

Total : 45,24 millions de dollars

Ce montant ne tient pas compte des décaissements de chaque pays pour ce programme.