Aide canadienne au développement en Égypte

Avec ses 90,7 millions d’habitants, l’Égypte est le pays arabe le plus populeux du Moyen-Orient. Elle est un intermédiaire important dans le processus de paix de la région, mais elle doit aussi relever ses propres défis, dont l’incertitude économique et politique. L’Égypte a été le théâtre d’importants changements depuis le printemps arabe de 2011, et l’assermentation, en 2016, des membres nouvellement élus au Parlement a marqué l’ultime étape de la transition vers la démocratie. L’économie de l’Égypte subit un ralentissement notable, en raison de l’incertitude occasionnée par la transition politique, des troubles sociaux, des attaques terroristes et de l’insécurité des cinq dernières années. Ces facteurs ont nui au tourisme, au secteur manufacturier et aux exportations, ce qui a entraîné une hausse appréciable des taux de chômage et de pauvreté, surtout dans les régions rurales. L’Égypte subit aussi les contrecoups de la crise en Syrie, alors qu’elle héberge encore plus de 100 000 réfugiés et leur fournit des services sociaux équivalents à ceux dont qu’elle offre à ses propres citoyens.

Selon l’Indice de développement humain de 2015 du Programme des Nations Unies pour le développement, l’Égypte se classe au 108e rang sur 188 pays — elle était110e en 2013. Le pays a réalisé d’importants progrès à l’égard de bon nombre d’indicateurs de développement humain importants : la mortalité infantile, l’espérance de vie, les taux d’inscription dans les écoles primaires et secondaires ainsi que les taux d’alphabétisation ont considérablement augmenté depuis une trentaine d’années. Toutefois, la croissance économique reste modeste et ne suffit pas à absorber l’augmentation rapide de la population et de la main-d’œuvre; la croissance du revenu moyen par habitant stagne à environ 2 p. 100 par année depuis 1980. Plus de 20 millions de personnes, soit 22 p. 100 de la population, vivent sous le seuil national de pauvreté. D’autres sources de tensions économiques sont les importants écarts de richesse, l’inadéquation entre l’éducation et l’acquisition de compétences, d’une part, et les besoins du marché du travail, d’autre part, et des possibilités limitées en matière de commerce et d’investissement. Plus du quart des Égyptiens ont entre 15 et 24 ans. Cette tranche d’âge est touchée de manière disproportionnée par le chômage, puisque 42 p. 100 des chômeurs ont moins de 30 ans. Les Égyptiennes font aussi l’objet de grandes restrictions dans leurs activités, ce qui explique leur faible participation à l’économie et dans les institutions sociales et politiques. Le taux de chômage chez les femmes est le double de celui enregistré chez les hommes. Selon le Rapport mondial sur l’inégalité entre les sexes de 2015 publié par le Forum économique mondial, l’Égypte se classe au 136e rang sur 145 pays en matière d’égalité entre les sexes.

Les réformes du marché du travail instaurées ces dernières années ont amélioré quelque peu la croissance économique, mais pas suffisamment pour élever considérablement le niveau de vie des Égyptiens moyens. Le gouvernement égyptien a également lancé diverses initiatives de lutte contre la corruption. Dans son Indice de perception de la corruption de 2015, Transparency International a classé l’Égypte au 88e rang mondial sur les 168 pays examinés, soit une amélioration par rapport à 2011, alors que le pays s’était classé au 112e rang sur 183.

L’Égypte est également aux prises avec d’importants problèmes d’énergie et d’approvisionnement en eau. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, le pays est extrêmement vulnérable aux effets néfastes des changements climatiques, notamment en ce qui concerne la disponibilité de l’eau et le risque d’élévation du niveau de la mer sur son littoral.

Si l’Égypte a réussi à atteindre certains Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment en ce qui a trait à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies, ainsi qu’à la viabilité de l’environnement, les circonstances et les événements de ces dernières années ont empêché le pays de réaliser les progrès souhaités pour la plupart des OMD, y compris la promotion de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.

Priorités thématiques

Le programme de développement international du Canada en Égypte cadre parfaitement avec son plan intitulé La vision de l’Égypte 2030, dévoilé en mars 2015, qui décrit la stratégie de développement durable à long terme du pays pour créer de l’emploi au moyen d’une réforme de l’économie, de la stimulation des investissements et d’une plus grande participation du secteur privé à l’économie.

Croissance économique durable

Conformément aux programmes antérieurs, le Canada axe toujours son aide bilatérale au développement sur une croissance économique durable, tout en privilégiant l’emploi des jeunes et des femmes. Les programmes du Canada aident l’Égypte à soutenir la croissance des microentreprises et des petites et moyennes entreprises, à développer l’entrepreneuriat et à encourager la productivité du secteur privé. Ces programmes contribuent aussi à renforcer la qualité et la portée des programmes de formation générale, technique et professionnelle offerts aux populations marginalisées, et notamment aux jeunes hommes et femmes.

Enfants et jeunes

L’aide au développement à l’Égypte vise également à accroître la résilience des autorités égyptiennes et des collectivités hôtes afin de gérer les répercussions de la crise des réfugiés syriens et en atténuer les effets. Le Canada et ses partenaires de développement collaborent avec le ministère de l’Éducation afin d’offrir des possibilités et des services d’éducation de qualité aux enfants égyptiens et syriens vulnérables, tout en renforçant la cohésion sociale au sein des collectivités hôtes.

Principaux résultats escomptés

  • Croissance du nombre et de la taille de microentreprises et de petites et moyennes entreprises grâce à l’aide au démarrage d’entreprises, à la formation pour favoriser l’expansion d’entreprises existantes, et à l’amélioration du contexte d’affaires pour qu’il soutienne la création d’entreprises
  • Création d’emplois et augmentation de l’employabilité des jeunes et des femmes grâce à la formation axée sur l’acquisition de compétences
  • Résilience accrue des autorités égyptiennes et des collectivités d’accueil pour gérer les répercussions de la crise syrienne et en atténuer les effets

Réalisations

2015-2016

Réalisations 2015-2016

  • Distribution de 12 millions de sachets de barres nutritives aux dattes à plus de 124 000 enfants syriens et égyptiens dans les écoles publiques où se trouve la plus grande concentration de réfugiés syriens
  • Formation de 168 professeurs aux techniques d’enseignement de la lecture; formation de 117 professeurs aux méthodes d’apprentissage actif; et distribution d’uniformes et de fournitures scolaires à 15 215 enfants
2014-2015

Réalisations 2014-2015

  • Création de 9 308 emplois grâce aux contributions à la Banque mondiale ou aux marges de crédit de la Société financière internationale
  • Formation en entrepreneuriat donnée à 21 700 diplômés de 21 collèges techniques et à 9 700 diplômés de plus de 40 centres de formation professionnelle publics