Nicaragua

Le Nicaragua est l’un des pays les plus pauvres des Amériques, malgré une diminution considérable de la pauvreté constatée au cours des dernières années. Son produit intérieur brut (PIB) par habitant occupe l’avant-dernier rang du continent, et 30 p. 100 de sa population vit sous le seuil national de pauvreté. Le Nicaragua occupe le 125e rang sur 188 pays dans l’Indice de développement humain de 2015 (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement.

Au Nicaragua, la pauvreté se concentre dans les régions rurales où 50 p. 100 des habitants vivent sous le seuil national de pauvreté. La majorité des pauvres des régions rurales habitent la région centrale du pays, une vaste zone aride où les ressources naturelles sont rares, où les terres ont été surexploitées et où l’accès à l’eau est restreint. Les familles dépendent de l’agriculture pour subvenir à leurs besoins et elles consacrent les deux tiers de leurs revenus à l’achat de nourriture. Les petits producteurs agricoles et les ouvriers agricoles sans terre sont également parmi les plus vulnérables au changement climatique.  

L’administration des institutions publiques nicaraguayennes ainsi que la gestion de l’économie et du budget national du pays s’améliorent constamment. Cependant, l’engagement du pays envers le respect de la démocratie, des droits de la personne et de la primauté du droit est remis en question par la société civile et les médias.

Le Nicaragua a réalisé des progrès par rapport à ses objectifs visant à assurer l’éducation primaire pour tous, à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes, et à réduire la mortalité infantile. Cependant, il lui reste des défis à relever en ce qui concerne la réduction de la pauvreté et la préservation de l’environnement. Le Nicaragua est aussi vulnérable aux catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et les ouragans, qui affligent fréquemment le pays et compromettent les progrès en matière de développement dans les régions rurales pauvres.

Les réalisations du gouvernement du Nicaragua dans le domaine du maintien de l’ordre et de la sécurité au niveau communautaire ont contribué à restreindre l’insécurité qui règne dans le triangle du nord de l’Amérique centrale (Honduras, Salvador et Guatemala). Cependant, bien que le taux d’homicides au Nicaragua soit le plus bas de la région, il existe toujours des risques liés aux réseaux criminels à l’œuvre dans les pays au nord de sa frontière, augmentant ainsi les défis en matière de sécurité.

Découvrez ce que fait le Canada pour soutenir le développement au Nicaragua.

Priorités

Le gouvernement actuel du Nicaragua est déterminé à mettre en place des politiques et des programmes qui auront un impact positif sur les membres les plus vulnérables de la société, y compris les pauvres des régions rurales et les femmes. Le programme canadien d’aide au développement international au Nicaragua s’harmonise étroitement avec le Plan national de développement humain du Nicaragua. Ce plan se concentre sur :

  • la croissance économique, la création d’emplois et la diminution de la pauvreté et des inégalités;
  • la reconstruction des infrastructures pour l’énergie, le réseau routier, le réseau électrique et les ports;
  • le développement des entreprises et du secteur agricole;
  • le renforcement de la sécurité alimentaire, grâce à l’amélioration des services financiers et de l’assistance technique offerts aux producteurs et à la mise sur pied d’associations de producteurs pour améliorer la commercialisation de leurs produits.

L’objectif du programme canadien d’aide au développement international au Nicaragua est d’aider le pays à augmenter sa croissance économique propre et à améliorer la vie des enfants et des jeunes. La mise en place de stratégies préventives telles que l’augmentation des possibilités économiques pour les pauvres et le soutien aux jeunes pour qu’ils puissent gagner leur vie dignement constitue un facteur clé pour diminuer la pauvreté, la migration et la criminalité.

Dans le cadre de l’Examen de l’aide internationale (PDF, 2.80 Mo, 30 pages) lancé par la ministre du Développement international et de la Francophonie, le Canada a mené des consultations au Nicaragua auprès du gouvernement, d’organismes locaux de la société civile, de coopératives, de groupes de réflexion, d’autres intervenants et de la population en général, au moyen d’un sondage en ligne adapté au contexte du pays. Les renseignements recueillis lors de ces consultations alimentent l’analyse globale menée par Affaires mondiales Canada pour élaborer ses nouvelles politiques et ses nouveaux programmes d’aide internationale.

1. Croissance économique propre

Le Canada appuie les efforts visant à aider le Nicaragua à augmenter les revenus des pauvres dans les régions rurales au moyen d’une productivité et d’une compétitivité accrues. Pour y parvenir, l’appui du Canada cible des projets visant à accroître l’accès à l’électricité et à aider les autorités locales à gérer les ressources de façon durable. Afin de promouvoir une croissance économique propre, l’aide du Canada se concentre sur le soutien aux petites entreprises, aux entrepreneurs et aux petits exploitants (hommes et femmes)  dans les secteurs agricoles et non agricoles. La priorité est accordée à l’amélioration de l’agriculture et de sa résistance aux changements climatiques, au perfectionnement des méthodes de transformation et de commercialisation des produits agroalimentaires, à l’accroissement de l’accès aux connaissances et à la technologie pour ajouter de la valeur aux produits agricoles et non agricoles, et à l’amélioration de l’accès aux marchés.

Principaux résultats escomptés

  • Améliorer la compétitivité et la rentabilité de 30 000 propriétaires de petites fermes et de 85 entreprises de transformation et de distribution de produits agroalimentaires, et créer 850 emplois dans le secteur agroalimentaire.
  • Améliorer la qualité de la production agricole et celle de ses procédés de transformation, et faciliter l’accès aux marchés de 900 regroupements de petits propriétaires agricoles.
  • Améliorer la qualité de vie et les perspectives économiques d’environ 75 000 personnes dans plus de 292 collectivités rurales éloignées, en facilitant l’accès à l’électricité.
  • Favoriser l’autonomisation économique des femmes en soutenant le développement d’entreprises, en particulier les petites entreprises dont des femmes sont propriétaires ou qu’elles gèrent.

2. Santé et droits des femmes et des enfants

Grâce aux progrès considérables réalisés par le Nicaragua pour assurer la sécurité alimentaire, le programme canadien d’aide au développement international au Nicaragua effectue une transition finalisant les programmes de sécurité alimentaire en faveur de nouveaux programmes dans les secteurs de la santé et des droits des femmes et des enfants. Les nouvelles initiatives seront axées sur les jeunes, afin d’accroître leurs possibilités d’emploi, leur esprit d’entreprise et leurs compétences essentielles, ainsi que sur les filles et des garçons afin de diminuer la pauvreté et les protéger ainsi contre les principaux facteurs de risque qui les incitent à migrer ou à se livrer à des activités illégales.

Principaux résultats escomptés

  • Réintégrer, dans les activités sociales et économiques du pays, 11 000 jeunes à risque de 38 municipalités ciblées qui présentent des problèmes de comportement, et soutenir l’entrée de ces jeunes à risque sur le marché du travail.  

Vers une aide plus efficace

Le Nicaragua adhère à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide (PDF, 317 Ko, 26 pages), en vertu de laquelle les donateurs s’efforcent d’harmoniser leurs efforts. Le Canada a joué un rôle de premier plan dans la coordination entre donateurs et gouvernements pour soutenir le développement rural. En sa qualité d’agent de liaison des donateurs au fonds commun pour le Programme sectoriel de développement rural productif, conclu en 2014-2015, le Canada a encouragé le gouvernement nicaraguayen à élaborer de nouvelles politiques et de nouveaux modèles de service pour élargir l’agro-industrialisation des entreprises familiales rurales dirigées par des femmes ou par des jeunes.

Le gouvernement du Nicaragua collabore de très près avec les donateurs afin d’assurer la prise en charge par le pays, la gestion axée sur les résultats et l’harmonisation des efforts des donateurs avec le Plan national de développement humain. Entre autres, la fonction publique stable et expérimentée du Nicaragua participe activement à la mise en œuvre des principes de l’efficacité de l’aide.

Réalisations 2015-2016

Croissance économique durable

  • Le rendement agricole des cultures ciblées a augmenté de 21 p. 100 dans certains cas, et les pertes de production ont diminué de 6 p. 100 grâce au programme de formation offert à 1 477 familles propriétaires de petites fermes (35 p. 100 des participants à cette formation étaient des femmes); 1 958 tonnes métriques de maïs et de haricots ont été vendues sur les marchés officiels; et l’accès au crédit a augmenté de 320 p. 100 comparativement à l’année précédente.
  • Dans le nord du Nicaragua, 59 collectivités ont été électrifiées, ce qui profite à 13 932 personnes, dont 56 p. 100 sont des femmes et des filles.
  • Le Nicaragua a été le premier pays à s’inscrire au Mécanisme d’assurance contre les risques liés aux catastrophes en Amérique centrale (doté d’une enveloppe de 16,6 millions de dollars) en 2015, ce qui a permis à son gouvernement d’acquérir une couverture d’assurance contre les risques de catastrophes naturelles, notamment les tremblements de terre et les ouragans, afin qu’il puisse continuer à offrir des services essentiels à la suite d’un cataclysme, et préserver ses gains dans la lutte contre la pauvreté.
  • Les femmes des régions rurales ont reçu de la formation et du soutien afin de leur permettre d’améliorer leurs rendements agricoles, la gestion après-récolte et leur accès au crédit et aux marchés locaux, ainsi que d’occuper des postes décisionnels au sein d’organisations de producteurs (les femmes occupent 38 p. 100 des postes décisionnels). En tout, 1 069 jeunes femmes ont reçu une formation technique agricole et la moitié d’entre elles ont acquis plus de poids dans la prise de décisions pour la ferme familiale.

Enfants et jeunes

  • Une formation technique dans le domaine de la production agro-écologique a été offerte à 2 380 jeunes femmes et hommes pauvres de régions rurales afin de leur permettre d’augmenter la productivité et la rentabilité de leur ferme, de s’adapter au changement climatique et de leur offrir de plus vastes perspectives économiques. Cette initiative a généré 189 269 $ américains en revenu, soit une augmentation de 286 p. 100 comparativement à l’année précédente.
  • De la formation a été offerte  à 1 586 femmes, principalement des jeunes femmes, par l’entremise de projets sur l’acquisition de compétences pour l’emploi.

Réalisations 2014-2015

Croissance économique durable

  • Le Canada a offert de la formation et du soutien à plus de 2 700 fermiers de régions rurales dans le but d’améliorer leur productivité et leur capacité à s’adapter au changement climatique, ce qui a permis d’augmenter de 13 à 21 p. 100 le rendement de productions ciblées, en dépit de la grave sécheresse qui a sévi en 2014 et 2015.
  • Du soutien technique a été offert à 26 154 femmes; des intrants agricoles et de la formation sur la gestion d’entreprises ont été fournis à 8 450 femmes; 5 980 producteurs ont eu accès à du crédit pour l’achat de semences.
  • La phase 1 du Projet d’électrification du Nicaragua, qui s’est terminée en mars 2015, a permis d’électrifier 444 collectivités du nord du Nicaragua et leurs 126 894 habitants (hommes, femmes et enfants), dont 26 318 habitants dans 65 collectivités ayant rejoint le réseau au cours de la dernière année de la phase 1 seulement.
  • Ce programme a facilité l’accès au crédit de plus de 2 600 fermiers, et a aidé à améliorer leurs prix et leurs volumes de vente.

Sécurité alimentaire

  • Du soutien a été apporté à 46 304 producteurs pour qu’ils puissent accroître leurs rendements agricoles grâce à une aide technique et au recours à de nouvelles technologies.
  • De l’aide a été fournie à 8 452 femmes pour leur permettre d’améliorer l’alimentation de leur ménage.
  • De la formation technique a été offerte à 1 650 jeunes producteurs agricoles de subsistance, ce qui leur a permis d’augmenter leur productivité de moitié. Au total, 45 p. 100 d’entre eux ont pu générer un revenu à partir de leur production tandis que 56 p. 100 d’entre eux ont pu assurer la sécurité alimentaire de leurs familles tout au long de l’année.

Des résultats qui en disent long : Pleins feux sur la prochaine génération d’agriculteurs au Nicaragua

Même si, partout dans le monde, la nourriture est produite dans les régions rurales, les personnes qui vivent dans ces régions ne sont pas à l’abri de la malnutrition, un phénomène qui frappe particulièrement les jeunes enfants. Les défis à relever pour améliorer la sécurité alimentaire sont nombreux : faible productivité, coûts élevés et pénuries de techniques et de technologies modernes. En ciblant les agriculteurs et agricultrices de demain dans le nord du Nicaragua, Solidarité Union Coopération (SUCO) aide la prochaine génération à relever ces défis et contribue à garantir la réussite et la viabilité futures des exploitants agricoles.

Depuis 2010, fort de l’appui du Canada, le projet PROGA Jeunes de SUCO a aidé plus de 2 378 jeunes Nicaraguayens à améliorer le rendement de leurs parcelles expérimentales. En outre, 456 hectares ont été cultivés au moyen de méthodes agroécologiques, 118 animateurs et techniciens ont été formés, 2 378 jeunes et leur famille ont reçu de la formation sur l’égalité entre les sexes, 988 ouvrages de protection de l’environnement ont été réalisés et 8 624 infrastructures de production ont été mises en place.

Parmi ces jeunes agriculteurs en devenir, Duglas Mendez Espinoza, un jeune homme âgé de 22 ans, exploite avec ses parents et ses quatre frères une ferme près de San Andrés. Grâce aux formations et aux conseils techniques offerts par PROGA Jeunes, Duglas et sa famille ont augmenté leurs revenus agricoles de 80 p. 100, essentiellement par la diversification de leurs cultures, l’adoption de pratiques agroécologiques et la commercialisation d’une partie de leur production.

« Je ne savais pas comment m’y prendre pour être efficace, avoue Duglas. Les méthodes traditionnelles étaient très coûteuses. Au départ, ma famille et moi doutions que nous puissions avoir du succès avec la méthode agroécologique, d’autant plus que nos voisins prédisaient que nous serions aux prises avec des maladies et des insectes ravageurs. »

Un autre de ces projets d’infrastructure fait la fierté de Dimas Ramón Olivas Sánchez, un jeune de 18 ans. Il s’agit d’un bassin d’élevage de tilapias qu’il a lui-même aménagé et qui peut contenir 200 poissons. Grâce à cet étang et aux nouvelles connaissances acquises par Dimas dans le cadre de PROGA Jeunes, la ferme familiale a triplé le nombre de produits alimentaires dont elle tire des revenus (ils sont passés de 5 à 15). « Grâce à tous ces produits, ma famille a accès à de la nourriture au moins 10 mois par année », explique Dimas.

Carte des projets de développement international dans les Amériques

Carte des projets dans les Amériques

Décaissements d'assistance internationale 2014-2015 au Nicaragua (en millions de dollars)

Source
Affaires mondiales Canada14,4
Autres départements et sources0,33
Total14,73