Rapport statistique sur l'aide internationale, année fiscale 2012–2013

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Table des matières

Introduction

Tableaux statistiques

Annexes - Notes techniques et statistiques additionnelles

Fusion de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI)

Le 26 juin 2013, la Loi d'exécution du budget (projet de loi C-60) a reçu la sanction royale, ce qui a entraîné la création du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement. Le nouveau ministère, Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada (MAECD), continuera de remplir les mêmes fonctions que celles préalablement remplies par le MAECI et l'ACDI.

Puisque le présent rapport statistique couvre une période antérieure à la fusion (2012-2013), l'ancienne Agence canadienne de développement international et l'ancien ministère des Affaires étrangères et du Commerce international y sont représentés en tant que deux entités distinctes. À compter de l'exercice 2013-2014, toutes les dépenses du MAECD concerneront cette seule entité.

À propos du présent rapport

Le Rapport statistique sur l'aide internationale est préparé chaque année par le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (MAECD), au nom du gouvernement du Canada. Publié conformément aux exigences de la Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle (la LRADO, ou la Loi), le présent rapport brosse un tableau complet et détaillé de l'aide internationale accordée par le Canada en 2012-2013.

En vertu de la Loi, le ministre du Développement international doit publier, au nom du gouvernement, deux rapports clés : un rapport sommaire six mois après la fin de chaque exercice, et un rapport statistique annuel un an après la fin de chaque exercice. Ce rapport répond aux exigences de la Loi et rassemble en une seule source les statistiques sur les dépenses d'aide internationale, dont l'aide au développement officielle (ADO), et d'autres formes d'aide publique, pour l'ensemble du Canada.

Le Rapport statistique présente des renseignements en fonction des dépenses, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres rapports ministériels. Les dépenses sont comptabilisées une fois que le paiement est inscrit dans les systèmes comptables, étant entendu que les organisations qui reçoivent des fonds du Canada les utiliseront tout au long du projet. Les remboursements de prêts consentis aux pays en développement sont indiqués à titre d'information seulement dans ce rapport. Les données ventilées présentées dans les divers tableaux reposent sur les renseignements les plus récents fournis au MAECD par d'autres ministères fédéraux et d'autres ordres de gouvernement (provinces et municipalités).

Le rapport est établi en fonction de normes internationales qui facilitent la comparaison dans le temps de même que la comparaison avec les rapports d'autres donateurs d'aide internationale. Certains coûts, par exemple ceux liés à la réinstallation des réfugiés, sont calculés en fonction de normes convenues à l'échelle internationale. De telles normes sont révisées périodiquement au sein de tribunes comme le Comité d'aide au développement de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (CAD de l'OCDE) en vue d'améliorer l'établissement de rapports et de mieux rendre compte de l'évolution de l'aide internationale.

Comprendre ce rapport

Dans la mesure du possible, les définitions et les termes utilisés ici respectent les normes internationales sur la présentation de rapports, telles qu'elles ont été adoptées lors de la rencontre du Comité d'aide au développement de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (CAD de l'OCDE). Pour obtenir plus de renseignements à ce sujet, veuillez consulter le glossaire à l'annexe 5.

L'« aide internationale » s'entend de toutes les ressources financières consenties par les gouvernements canadiens (aux échelons fédéral, provincial et municipal) en faveur du développement. Il importe de souligner que ce n'est pas toute l'aide internationale qui est considérée comme étant une aide au développement officielle (ADO).

Au Canada, deuxdéfinitions de l'ADO régissent ce domaine: l'une est établie par le CAD de l'OCDE, et l'autre par la Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle (LRADO).

  • La vaste majorité (97 %) de l'aide internationale du Canada est considérée comme de l'ADO, telle qu'elle est définie par le CAD de l'OCDE(appelée « aide publique au développement, ou APD). L'APD représente « tous les apports de ressources qui sont fournis aux pays et territoires sur la Liste des bénéficiaires d'aide publique au développement et qui répondent aux critères suivants :
    • Émaner d'organismes publics, y compris les États et les administrations locales, ou d'organismes agissant pour le compte d'organismes publics;
    • Sachant que chaque transaction doit en outre:
      • avoir pour but essentiel de favoriser le développement économique et l'amélioration du niveau de vie des pays en développement; et
      • être assortie de conditions favorables et comporter un élément de libéralité au moins égal à 25 % (sur la base d'un taux d'actualisation de 10 %). »
  • Dans le contexte fédéral, l'ADO telle qu'elle est définie par la Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle (LRADO) est compatible avec la définition donnée ci-dessus, et doit répondre aux troiscritères énoncés au paragraphe4(1) de la Loi, c'est-à-dire contribuer à la réduction de la pauvreté, tenir compte des points de vue des pauvres, et être compatible avec les normes internationales en matière de droits de la personne. En raison de sa nature même, l'ADO exclut, dans le contexte fédéral, l'aide internationale fournie par les provinces, les territoires et les municipalités.
  • L'enveloppe de l'aide internationale(EAI) est un regroupement de ressources spécialisées qui permet au gouvernement du Canada de déployer son aide internationale de manière souple et responsable. L'EAI finance 88 % de l'aide internationale du Canada. Cette enveloppe est utilisée pour financer la majorité des activités liées à la LRADO du Canada et d'autres activités précises qui ne correspondent pas à la définition d'ADO, par exemple certaines interventions de paix et de sécurité et les prêts nonpréférentiels pour des initiatives internationales touchant les changements climatiques.

Figure 1 – Aide internationale

Graphique représentant la portée des statistiques sur l'aide internationale et expliqué dans les paragraphes précédent

Note : Les programmes à l'étranger qui ne constituent pas de l'ADO, et qui ne sont pas financés par l'EAI, comme les opérations militaires, ne sont pas considérés comme étant de l'aide internationale.

Autres notes techniques à propos du rapport

Calendrier des paiements : Les données du rapport sont présentées en fonction des dépenses d'aide, tandis que le budget de l'EAI est établi sur une base d'émission. Il importe de faire cette distinction, car la plupart des projets d'aide internationale s'échelonnent sur plusieurs années, et les sommes affectées au budget d'un projet ne sont pas nécessairement dépensées pendant le même exercice.

Les termes « bilatéral » et « multilatéral » employés dans ce rapport renvoient aux définitions mondialement reconnues (se reporter au glossaire, à l'annexe 5). Pour l'aide multilatérale, l'objet (secteur) au tableau B1 et la destination (bénéficiaire) au tableau D3 sont des données estimatives fondées sur des rapports de dépenses de l'année précédente préparés par les organisations multilatérales. Les estimations sont établies en fonction des normes internationales et fournissent une ventilation de l'aide multilatérale du Canada (se reporter à la définition d'« aide multilatérale » dans le glossaire pour obtenir une explication complète).

Conformément aux normes internationales, les paiements sont déclarés dans l'année au cours de laquelle le gouvernement les verse, plutôt que dans l'année au cours de laquelle ils sont utilisés par le bénéficiaire ultimeNote de bas de page 1. Par exemple, les dépenses relatives à un soutien institutionnel multilatéral à long terme aux pays en développement sont estimées au moment de consigner le paiement versé à l'organisation, et elles ne rendent pas nécessairement compte de l'utilisation réelle des fonds. En outre, de nombreux fonds d'affectation spéciale qui visent à mobiliser du financement supplémentaire auprès d'autres investisseurs et donateurs doivent habituellement atteindre un certain seuil avant que les décaissements commencent.

Les erreurs d'arrondissement (aussi appelées erreurs d'arrondi) sont fréquentes dans les rapports financiers ou statistiques en raison de l'arrondissement à l'unité supérieure attribuable à la suppression des décimales. Par conséquent, les montants ayant été arrondis, la somme des chiffres contenus dans les tableaux de ce rapport peut ne pas correspondre aux totaux.

L'engagement du gouvernement du Canada à l'égard de la transparence de l'aide

Ce rapport statistique s'inscrit dans l'engagement du gouvernement du Canada en matière de transparence. Pour accroître davantage l'efficience et la responsabilisation concernant l'aide internationale du Canada, le MAECD :

  • fournit tous les rapports au gouvernement au besoin (comme le Rapport ministériel sur le rendement);
  • dépose les rapports sommaires annuels au Parlement sur les dépenses préliminaires d'aide au développement officielle;
  • publie un rapport périodique, intitulé Le développement axé sur les résultats;
  • divulgue sur son site Web, chaque trimestre, toutes les attributions de contrats de plus de 10 000 $ et toutes les attributions de subventions et de contributions de plus de 25 000 $;
  • présente sur la page « Développement » de son site Web le plan national pour chaque pays ciblé, y compris les décaissements des programmes pays et les objectifs qu'il soutient;
  • tient à jour la Banque de projets de développement international, laquelle comprend une liste à jour des profils de projets financés par l'ex-ACDI et le MAECD;
  • tient à jour le portail de données ouvertes, une source en ligne unique pour toutes les données statistiques du MAECD sur le développement international;
  • rend ses rapports d'évaluation, ses rapports de vérification et ses évaluations environnementales stratégiques (EES) accessibles au public par l'entremise de son site Web;
  • rend compte au Comité d'aide au développement (CAD) de toute l'aide internationale canadienne par l'entremise de sa réputée base de données « DAC.Stats », laquelle contient des statistiques provenant de la plupart des pays donateurs et des grandes organisations multilatérales.

De plus, l'ex-ACDI s'est jointe à l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA) en novembre 2011, soulignant ainsi son engagement à faire preuve d'une plus grande transparence. En date du 31 janvier 2014, le MAECD avait publié son sixième ensemble de données trimestrielles.

Par ailleurs, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) donne librement accès à des renseignements portant sur tous les projets qu'il a réalisés depuis 1970. Au moyen du site idris.idrc.ca, on peut connaître, par exemple, l'emplacement d'un projet, ses objectifs, ses bénéficiaires, le financement accordé et les évaluations.

Tableau 1 – Aide internationale canadienne, par ministère ou source

Dépenses en millions de dollars canadiens, base brute, 2012-2013
Ministère/sourceAide internationaledont
Programmes financés à partir de l'EAIADO : LRADO (rapport statistique)Note de bas de page *APD : CAD de l'OCDENote de bas de page **Différence (CAD de l'OCDE moins la LRADO)
Ministères faisant rapport en vertu de la LRADO
Agence canadienne de développement international3 446,323 440,313 445,563 445,56-
Ministère des Finances604,85604,85544,57544,57-
Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international431,35427,78333,53333,53-
Centre de recherches pour le développement international254,59254,59254,59254,59-
Exportation et développement Canada (Official Bilateral Debt Relief)197,43-197,43197,43-
Santé Canada11,87na11,8711,87-
Agence de la santé publique du Canada11,74na11,7411,74-
Environnement Canada52,6129,8552,6152,61-
Gendarmerie royale canadienne34,1934,1934,1034,10-
Ressources naturelles Canada3,573,573,573,57-
Parcs Canada2,16na2,162,16-
Emploi et Développement social Canada1,90na1,901,90-
Industrie Canada0,87na0,870,87-
Transports Canada0,29na0,290,29-
Citoyenneté et Immigration Canada112,51na112,51112,51-
Services reçus par l'ACDI d'autres ministères25,189,8525,1825,18-
Total partiel - Ministères faisant rapport en vertu de la LRADO5 191,424 805,005 032,495 032,49-
Pourcentage de l'aide internationales. o.93 %97 %97 %na
Autres ministère ou sources
Coûts pour les réfugiés au Canada (coûts provinciaux)97,44nana97,4497,44
Coûts imputés relatifs aux étudiants étrangers165,32nana165,3165,3
Programmes d'aide provinciaux et municipaux28,99nana28,9928,99
Total partiel - Autres ministère ou sources291,74--291,74291,74
Total5 483,164 805,005 032,495 324,23na
Pourcentage du total de l'aide internationales. o.88 %92 %97 %na

Footnotes for Table 1

Footnote *

Tout écart entre les chiffres contenus dans la colonne « ADO (Rapport statistique) » et ceux qui figurent dans le Rapport au Parlement sur l'aide au développement officielle du gouvernement du Canada pour 2012-2013 (le rapport sommaire) peut être attribué à la nature préliminaire du rapport sommaire. Le Rapport statistique contient des données plus à jour.

Return to footnote * referrer

Footnote **

Note : Dans ce tableau, les chiffres de la colonne « APD de l'OCDE » sont présentés en fonction de l'année financière, en dollars canadiens, afin de pouvoir comparer les rapports établis en vertu de la Loi avec les données sur l'APD déclarées à l'OCDE. Dans les rapports qu'il présente au CAD de l'OCDE, le Canada déclare ses chiffres en fonction de l'année civile, en dollars américains. Ils figurent dans ce tableau à titre indicatif seulement. En outre, les remboursements de prêts sont exclus du tableau afin de pouvoir établir des comparaisons entre les diverses colonnes. La Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle précise que les ministères doivent faire état de leurs décaissements bruts, tandis que l'OCDE fait état des décaissements bruts et des décaissements nets. Les remboursements de prêts sont inscrits dans le tableau A à titre d'information.

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Bilan de l'exercice 2012-2013

Répartition de l'aide internationale, par source

Répartition de l'aide internationale par source

Pendant l'exercice 2012—2013, l'aide internationale fournie par le Canada, toutes sources confondues (gouvernement fédéral, gouvernements provinciaux et municipalités), a atteint 5,48 milliards de dollars. Voici comment l'aide était répartie, selon les sources :

L'ACDI a versé 63 % de cette aide (3 446,32 millions de dollars).

Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) a versé 8 % de cette aide (431,35 millions de dollars).

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) a fait une contribution de 5 % (254,59 millions de dollars).

Le ministère des Finances a versé 11 % de cette aide (604,85 millions de dollars).

Pour obtenir d'autres détails, veuillez consulter le tableau A de ce rapport.

Répartition géographique de l'aide internationaleDiagramme à secteur représentant les données des paragraphes précédents.

Voici un aperçu de la répartition géographique de l'aide :

L'Afrique a reçu la plus grande part de l'aide internationale fournie par le Canada en 2012-2013, c.-à-d. 2,45 milliards de dollars (45 % du total), soit un peu plus qu'en 2011-2012 (2,39 milliards de dollars).

L'Asie a reçu 1,12 milliard de dollars, soit 20 % du total de l'aide internationale.

Les Amériques ont reçu 714 millions de dollars (13 % du total).

L'Europe de l'Est a reçu 130 millions de dollars (2 % du total).

Le Moyen-Orient a reçu 153 millions de dollars (3 % du total), soit davantage qu'en 2011-2012 (122 millions de dollars).

Le terme « Fonds non attribuables » se rapporte aux dépenses engagées à l'échelle mondiale, lesquelles ne sont pas liées à un bénéficiaire ou à une région donnée (p. ex. les coûts engagés pour les réfugiés au Canada; pour plus de détails, voir le glossaire). En 2012-2013, les fonds non attribuables représentaient 17 % du total. Pour plus de détails, veuillez consulter le tableau D1 du présent rapport.

Vingt principaux pays bénéficiaires de l'aide internationale du Canada

Voici quelques détails sur les 20 principaux pays bénéficiaires de l'aide internationale du Canada. En 2012-2013, les trois principaux pays bénéficiaires ont été la Tanzanie (188,99 millions de dollars), l'Éthiopie (181,14 millions de dollars) et la République démocratique du Congo (157,09 millions de dollars). Pour plus de détails, veuillez consulter les tableaux D2 et D3 du présent rapport.

Vingt principaux pays bénéficiaires de l'aide internationale du Canada
Description du graphique : Les 20 principaux bénéficiaires de l'aide internationale du Canada
en millions de dollars $C
Top 20BilatéralMultilatéralAllégement de la detteTotalRang
Tanzanie 140 697 436 43 863 681 4 430 644 188 991 761 1
Éthiopie 127 110 532 52 726 233 1 303 131 181 139 896 2
Congo  République démocratique 53 540 528 38 816 783 64 738 191 157 095 503 3
Côte d'Ivoire 4 232 444 7 633 274 135 554 696 147 420 413 4
Ghana 100 739 721 37 239 099 4 560 957 142 539 777 5
Haïti 124 922 942 13 206 880 1 303 131 139 432 952 6
Afghanistan 108 865 827 23 019 032 65 157 131 950 016 7
Bangladesh 74 164 707 53 051 853 0 127 216 561 8
Mali 108 432 771 8 861 785 2 019 852 119 314 407 9
Mozambique 80 506 130 22 606 188 2 801 731 105 914 049 10
Vietnam 22 372 229 72 264 118 0 94 636 347 11
Pakistan 54 614 088 34 415 543 0 89 029 631 12
Nigéria 44 222 750 42 996 860 0 87 219 610 13
Soudan du Sud 80 955 662 5 252 685 0 86 208 347 14
Kenya 46 961 169 36 386 464 0 83 347 633 15
Sénégal 63 535 680 15 001 637 4 430 644 82 967 961 16
Inde 11 528 790 50 112 881 0 61 641 671 17
Burkina Faso 33 288 274 19 907 575 1 172 818 54 368 667 18
Ouganda 11 978 401 31 415 308 4 821 583 48 215 292 19
Ukraine 41 854 845 4 604 785 0 46 459 630 20

La Tanzanie, située en Afrique de l'Est, a réalisé d'importants progrès sur le plan économique et du développement. Toutefois, la pauvreté continue d'affliger environ 30 % de la population (l'Indice du développement humain place la Tanzanie au 152e rang sur 186 pays). Les programmes qu'y exécutait l'ACDI visaient essentiellement à assurer la sécurité des enfants et des jeunes, à favoriser une croissance économique durable et à promouvoir une gouvernance plus responsable et inclusive. En octobre 2012, le Canada a dévoilé six nouvelles initiatives d'aide au développement en Tanzanie, lesquelles touchent entre autres la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE), le soutien à la gestion des finances publiques, et l'augmentation de la transparence dans les industries extractives. Les initiatives de SMNE contribuent à la réalisation de progrès soutenus en matière de survie des enfants et de santé maternelle. Parmi les résultats obtenus en 2012-2013, citons l'utilisation accrue de moustiquaires de lit imprégnées d'insecticide pour la lutte contre le paludisme chez les femmes enceintes et les enfants, ainsi qu'un nombre accru d'établissements sanitaires qui fournissent des services de santé génésique et des soins aux enfants. Le soutien stratégique apporté relativement tôt par le Canada dans le cadre de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en Tanzanie contribue à la croissance économique et à une meilleure responsabilisation dans les milieux gouvernementaux et les industries extractives.

L'Éthiopie continue d'afficher l'un des niveaux de pauvreté les plus élevés dans le monde (l'Indice du développement humain place l'Éthiopie au 173e rang sur 186 pays). L'insécurité alimentaire est l'un des plus graves problèmes auxquels ce pays est confronté. Les programmes menés par le MAECD portent sur les causes structurelles de cette insécurité. Ils visaient avant tout à aider les agriculteurs à augmenter leur production agricole et les entreprises du secteur privé agricole, à accroître leur productivité. En 2012-2013, l'ACDI a contribué à nourrir 6,9 millions de personnes en Éthiopie grâce à un programme de « vivres contre travail » et de « travail contre rémunération ». Ainsi, les personnes dans le besoin ont pu subvenir à leurs besoins alimentaires de base sans avoir à vendre leur bétail. Les programmes mis en oeuvre par l'ACDI ont contribué à mettre au point des méthodes visant à accroître la valeur des récoltes, à donner à des groupes de petits exploitants agricoles l'accès aux marchés, et à mettre à la disposition des riziculteurs des techniques grâce auxquelles leur revenu s'est accru en moyenne de 32 %.

La République démocratique du Congo (RDC) a été durement touchée par un conflit qui perdure, lequel touche particulièrement l'Est du pays. Malgré une croissance économique soutenue et d'abondantes ressources naturelles, la pauvreté extrême persiste dans tout le pays : 59 % de la population vit avec moins de 1,25 $US par jour, et le pays accuse encore du retard sur le plan du développement (l'Indice du développement humain classe la RDC au 186e rang des 187 pays répertoriés). La capacité du gouvernement congolais d'offrir à ses citoyens des services de santé, d'éducation, d'approvisionnement en eau et d'assainissement est encore limitée. La criminalité et la violence sexuelle, surtout à l'égard des femmes et des filles, se poursuivent avec une relative impunité. Les besoins humanitaires ont augmenté en 2012 et en 2013, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Katanga. De janvier 2012 à mars 2013, un conflit qui perdure dans trois territoires de la province du Katanga, où demeurent les plus riches du pays, a entraîné le déplacement de 300 000 personnes. Ces personnes faisaient partie des 2,6 millions de personnes déplacées en RDC, en date de mars 2013, qui ont besoin d'aide humanitaire pour répondre à leurs besoins fondamentaux quotidiens. À la suite de la ratification d'un cadre régional de paix, de sécurité et de coopération par la RDC et les pays voisins en février 2013, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé la mise en place d'une Brigade d'intervention afin d'aider à neutraliser les groupes armés.

En 2012-2013, le gouvernement du Canada a allégé de 63,83 millions de dollars la dette de la RDC. L'ACDI lui a consenti une aide bilatérale de 51,31 millions de dollars, afin d'aider ce pays à renforcer son système de santé, à soutenir les victimes de violence sexuelle, à établir des institutions, et à fournir de l'aide humanitaire. Lors du Sommet de la Francophonie, tenu à Kinshasa en septembre 2012, le premier ministre a annoncé une initiative 18,5 millions de dollars pour continuer à soutenir les survivants de violence sexuelle, et à lutter contre l'impunité des auteurs de tels crimes. Le Canada fournit également un soutien à des organisations canadiennes qui travaillent en RDC, et à des initiatives régionales et multilatérales touchant la paix, la bonne gouvernance, la santé, la gestion durable des ressources naturelles et la protection des droits humains.

Le Canada et la Côte d'Ivoire entretiennent des relations bilatérales étroites et cordiales. Un important fardeau de la dette a empêché la Côte d'Ivoire d'investir dans ses infrastructures sociales de base. En août 2012, le gouvernement du Canada a annoncé qu'il effacerait la dette de 133,6 millions de dollars de ce pays, dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Le montant radié permettra au gouvernement de la Côte d'Ivoire d'accroître les investissements en santé et en assainissement.

Aide humanitaire du Canada en 2012-2013

Le Canada a fourni 528 millions de dollars en aide humanitaire en 2012-2013, et il a répondu à des crises humanitaires complexes dans 37 pays, y compris au Soudan du Sud, en Somalie, en Syrie, en République démocratique du Congo et au Pakistan. Il a aussi offert des secours à la suite de 32 catastrophes naturelles. Quelque 80 % de cette aide a été fournie à titre de financement réactifNote de bas de page 2 , et le reste a été versé en tant que soutien institutionnel à long terme à des organisations humanitaires multilatérales et à la Banque canadienne de grains.

Les 15 principaux bénéficiaires de l'aide humanitaire bilatérale du Canada en 2012-2013

Les 15 principaux bénéficiaires de l'aide humanitaire bilatérale du Canada en 2012-2013
Description du graphique : Les 15 principaux bénéficiaires de l'aide humanitaire bilatérale du Canada en 2012-2013
en millions de dollars $C
PaysRangTotal IHA
Soudan du Sud 1 29 453 069,13
Somalie 2 27 196 946,66
Syrie 3 23 183 120,00
Congo République démocratique 4 21 445 240,45
Pakistan 5 18 869 102,87
Cisjordanie et bande de Gaza 6 18 482 813,61
Djibouti 7 16 099 714,98
Yémen 8 15 568 050,00
Soudan 9 15 128 492,26
Kenya 10 14 327 418,27
Afghanistan 11 13 650 000,00
Éthiopie 12 13 187 943,00
Haïti 13 11 562 651,44
Tchad 14 10 444 189,03
Mali 15 10 126 409,45

Juillet 2013 marquait le deuxième anniversaire de l'indépendance de la République du Soudan du Sud. Malgré l'optimisme initial, la situation humanitaire du pays est demeurée fragile en 2012-2013. La violence frontalière accrue, l'insécurité interne, la vulnérabilité sous-jacente et les préoccupations croissantes liées à la sécurité alimentaire ont continué de générer d'importants besoins humanitaires tout au long de l'année. En outre, les piètres récoltes, la flambée des prix des aliments et du carburant, les conflits et les déplacements ont entraîné une hausse de la faim et de la malnutrition dans l'ensemble du pays. Plus de la moitié de la population du pays, chiffrée à 10 millions de personnes, souffrait d'insécurité alimentaire. De plus, ce pays continuait d'héberger plus de 200 000 réfugiés. À la lumière de ces besoins, le Canada, par l'entremise de ses partenaires humanitaires, a fourni une aide alimentaire d'urgence, des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, des soins de santé et un soutien nutritionnel d'urgence, ainsi qu'un abri et une protection aux personnes vulnérables dans l'ensemble du Soudan du Sud.

Bien que la sécheresse catastrophique qui a dévasté la Corne de l'Afrique en 2011 se soit beaucoup atténuée au début de 2012, ses effets se sont fait longtemps sentir l'année suivante. Plusieurs millions de personnes au Djibouti, en Érythrée, en Éthiopie, au Kenya et en Somalie sont demeurées dans une situation de crise, aux prises avec l'insécurité alimentaire et la malnutrition, et un million de Somaliens ont continué à vivre comme réfugiés dans les pays voisins. Par conséquent, le Canada a continué de fournir un soutien humanitaire important à la région au moyen de ses programmes multilatéraux et mondiaux. Par l'entremise de ses partenaires, le Canada a fourni une aide alimentaire d'urgence, des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, des soins de santé et un soutien nutritionnel d'urgence, ainsi qu'un abri et une protection aux personnes dans le besoin. Pendant ce temps, les pays de la région du Sahel ont souffert d'une crise alimentaire et nutritionnelle. Le Canada a été l'un des principaux fournisseurs d'aide humanitaire dans cette région, et l'un des premiers pays à intervenir : il a pris des mesures pour prévenir une famine et une grave crise humanitaire en Afrique de l'Ouest.

Syriea commencé en mars 2011 et se poursuit encore à ce jour. En date de février 2014, le bilan approximatif faisait état de plus de 140 000 morts, et des millions de Syriens se sont réfugiés dans les pays voisins. D'après les Nations Unies, 9,3 millions de personnes en Syrie ont besoin d'aide humanitaire, dont 6,5 millions sont déplacées à l'intérieur du pays. La crise syrienne est l'une des pires catastrophes humanitaires du XXIe siècle, et le soutien du Canada permettra d'offrir des services de santé d'urgence, des abris, des aliments, de l'eau et une protection aux personnes touchées par le conflit, tant en Syrie que dans les pays voisins. La difficulté d'accès des travailleurs humanitaires continue d'entraver considérablement l'acheminement d'une aide aux personnes dans le besoin. Le conflit qui s'aggrave en Syrie continue de poser un problème important et les besoins humanitaires demeurent élevés en Syrie et dans les pays voisins. Le Canada achemine son aide humanitaire par l'entremise de partenaires chevronnés et, malgré les difficultés, il atteint des résultats considérables en fournissant une aide vitale, en réduisant les souffrances et en s'efforçant de protéger la dignité des personnes touchées par le conflit en Syrie.

Le Canada s'est engagé à fournir plus de 630 millions de dollars en aide humanitaire, en aide au développement et en aide à la sécurité depuis le début du conflit en mars 2011. Cette aide inclut 353,5 millions de dollars affectés aux efforts internationaux d'aide humanitaire en Syrie et dans les pays voisins, 210,6 millions de dollars en appui aux projets de développement dans la région afin de renforcer les infrastructures et les services gouvernementaux, et 67,6 millions de dollars en aide liée à la sécurité afin de parer aux conséquences de la crise syrienne.

Le Canada respecte ses engagements au chapitre de l'aide internationale

L'exercice 2012-2013 a constitué une période cruciale à l'égard de certains des principaux engagements du Canada sur la scène internationale. Par exemple, c'est au cours de l'exercice 2012-2013 que le Canada a atteint l'objectif de 1,2 milliard de dollars du programme Financement accéléré pour la lutte contre les changements climatiques, en lui affectant l'enveloppe la plus importante jamais consacrée à cette problématique, soit 432 millions de dollars. Le Canada a également atteint son engagement de 220 millions de dollars au chapitre de l'aide humanitaire et de l'aide à la reconstruction pour Haïti, à la suite du séisme de janvier 2010.
Parmi les autres grands engagements du Canada au chapitre de l'aide internationale, mentionnons les suivants :

Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE)

Le Canada demeure un chef de file sur la scène mondiale en matière d'amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants dans les pays en développement. En 2010, le Canada, qui assurait alors la présidence du G8, en a profité pour lancer l'Initiative de Muskoka, laquelle a pour but d'intensifier les efforts touchant la santé des femmes, des nouveau-nés et des enfants dans les pays en développement. Les partenaires, membres ou non du G8, se sont engagés à verser un total de 7,3 milliards de dollars américains de fonds nouveaux ou supplémentaires sur cinq ans (de 2010 à 2015). Le Canada a promis 1,1 milliard de dollars de nouveaux fonds pendant cette même période de cinq ans, tout en maintenant le financement actuel (1,75 milliard de dollars), ce qui a porté son engagement total sur cinq ans à 2,85 milliards de dollars.

Le Canada se concentre sur la prestation de services de santé intégrés et complets aux mères et aux enfants. Pour ce faire, il établit des programmes qui visent à renforcer les systèmes de santé en place, à réduire le fardeau des maladies et à améliorer la nutrition.

À la fin de l'exercice 2012-2013, sur les 2,86 milliards de dollars qu'il s'était engagé à verser d'ici 2015 dans le cadre de l'Initiative de Muskoka, le Canada avait décaissé 1,85 milliard de dollars, dont 635 millions de dollars affectés à de nouvelles initiatives.

Engagement total relatif à la SMNE (2,85 milliards de dollars)

 

Diagramme représentant les données des paragraphes précédents

Nouvel engagement relatif à la SMNE en vertu de l'initiative de Muskoka (1,1 millard de dollars)Diagramme représentant les données des paragraphes précédents

Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Engagement du Canada à l'égard du Fonds mondial en 2010 (540 millions de dollars)Diagramme représentant les données des paragraphes précédents

Le soutien du Canada au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme représente un volet clé de l'aide de 2,85 milliards de dollars versée au titre de l'Initiative de Muskoka. Le Canada a été un important donateur au Fonds mondial depuis la création de ce dernier en 2002, et il continue de jouer un rôle de chef de file pour sauver la vie des mères, des enfants et des nouveau-nés particulièrement vulnérables à des maladies comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida. Le Fonds mondial investit dans des programmes de prévention, de traitement et de soins à grande échelle afin d'épauler les systèmes de santé nationaux. On estime que les contributions du Canada et de donateurs étrangers ont permis jusqu'ici de sauver quelque 8,7 millions de vies, y compris 100 000 vies par mois, en moyenne, au cours des dernières années. Pendant l'exercice 2012-2013, le Canada a versé 160 millions de dollars au Fonds mondial, et il a atteint en 2013-2014 l'engagement qu'il avait pris d'apporter une aide de 540 millions de dollars. En décembre 2013, le gouvernement du Canada s'est engagé à verser 650 millions de dollars supplémentaires au cours des trois prochaines années (de 2014 à 2016). Au total, c'est donc plus de 2,1 milliards de dollars que le pays aura versés au Fonds mondial depuis sa création en 2002.

Vers une sécurité alimentaire accrue et une meilleure nutrition

Engagement du Canada à l'égard du PAM et de la Banque canadienne de grains en 2011 (350 millions de dollars)

Diagramme représentant les données des paragraphes précédents

En octobre 2011, le ministre de la Coopération internationale annonçait que le Canada continuait à soutenir le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies et la Banque canadienne de grains en leur affectant 350 millions de dollars, soit 125 millions de dollars (sur cinq ans) affectés aux objectifs généraux du PAM, 100 millions de dollars (sur quatre ans) aux programmes de cantines scolaires du PAM, et 125 millions de dollars (sur cinq ans) aux activités de la Banque canadienne de grains. En 2012-2013, le Canada a fourni au total quelque 340 millions de dollars au Programme alimentaire mondial. Ce montant comprend l'engagement susmentionné et d'autres fonds consacrés à des programmes de développement réalisés dans certains pays et à des programmes d'aide humanitaire mis en place lors de certaines crises. Il place le Canada au troisième rang des donateurs au PAM. Le Programme alimentaire mondial et la Banque canadienne de grains sont d'importants alliés dans la lutte contre la faim dans le monde.

Pour le gouvernement du Canada, il demeure prioritaire d'améliorer l'accès à des quantités suffisantes d'aliments nutritifs et d'accroître la qualité et l'efficacité de sa distribution. Afin d'assurer des avantages durables aux personnes démunies en mettant fin à la pauvreté et en répondant à leurs besoins fondamentaux, le Canada s'est engagé, en mai 2012, à verser 219 millions de dollars sur trois ans afin de faciliter la mise en œuvre par le G8 de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition. En 2012-2013, le Canada a versé 133 millions de dollars pour épauler les efforts collectifs déployés au Ghana et en Éthiopie dans le cadre de la Nouvelle Alliance, afin d'accroître la productivité agricole, d'améliorer l'état nutritionnel des populations et de donner un élan à la croissance économique en Afrique. En 2013-2014, le Canada a officiellement établi un cadre de coopération avec le Sénégal. Ce cadre permettra d'investir dans la sécurité alimentaire et la nutrition, pour un total de 299 millions de dollars sur cinq ans.

Le gouvernement du Canada a ratifié la nouvelle Convention relative à l'assistance alimentaire, entrée en vigueur le 1er janvier 2013. La Convention relative à l'assistance alimentaire s'est fixée comme objectifs de sauver des vies, de combattre la faim, de renforcer la sécurité alimentaire et d'améliorer l'état nutritionnel des personnes les plus vulnérables. Le Canada s'est engagé à verser au moins 250 millions de dollars par année pour répondre aux besoins des personnes qui souffrent de la faim dans le monde.

Pour obtenir des renseignements à jour sur les programmes d'aide internationale mis en œuvre par le Canada, consultez les sites Web suivants :

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Cela comprend les « comptes à payer à la fin de l'exercice (CAFE) » (se reporter au glossaire, à l'annexe 5).

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L'aide humanitaire fournie par le Canada est remise à des partenaires humanitaires multilatéraux et non gouvernementaux, et non aux gouvernements des pays touchés par une crise.

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