Viabilité de l'environnement

Un petit garçon appuyé sur une pelle © ACDI-CIDADavid Trattle

Un petit garçon avec des outils offerts par le MAECD sur une terre destinée à la culture biologique à Membrillo, au Panama.

La viabilité de l'environnement dans le monde repose sur des écosystèmes sains et intacts. Or, la perturbation et la dégradation d'un grand nombre d'écosystèmes sur Terre sont telles que certains ne pourront être remis en état.

Les pauvres, qui dépendent davantage directement de leur environnement naturel pour se nourrir, bénéficier d'un abri et gagner leur vie, sont les premiers à subir les conséquences de la détérioration de leur environnement. Obligés de vivre sur des terres marginales, ils sont plus exposés à des facteurs externes, comme les changements climatiques. À défaut de ressources ou de connaissances pour assurer une gestion viable des ressources vulnérables, les pauvres n'ont souvent d'autre choix que de contribuer à la dégradation de leur milieu naturel pour survivre. Ils aggravent ainsi le problème et sombrent davantage dans la pauvreté.

La communauté mondiale collabore depuis plus d'une trentaine d'années pour protéger l'environnement. Elle a conclu des accords et réalisé certains progrès dans des domaines clés, notamment en ce qui a trait aux émissions de carbone, à la désertification, aux polluants organiques et à la biodiversité. À titre d'État partie aux conventions découlant de ces accords, le Canada est tenu d'aider ses partenaires des pays en développement à en assurer la mise en œuvre.

Améliorer la viabilité de l'environnement est l'un des thèmes transversaux du Canada en matière de développement international et l'un des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Le Canada évalue toutes ses activités d'aide au développement pour établir les risques et les possibilités qu'elles présentent sur le plan de la préservation de l'environnement, et il s'assure que ses pays partenaires peuvent en faire autant. Par exemple, il renforce les capacités des pays partenaires à gérer les ressources naturelles ou à s'attaquer à des problèmes comme la désertification et les changements climatiques.

Aperçu

Les neuf pays situés le long du Nil se sont regroupés pour gérer collectivement cette ressource commune, en accordant une attention spéciale à l'environnement, à la gestion des bassins hydrographiques, aux communications, à l'énergie et au renforcement des capacités des institutions. En Chine et au Honduras, des entreprises canadiennes partagent leur savoir-faire en matière de technologies de production non polluantes avec des industries locales. Au Guyana, au Sénégal et au Bangladesh, des collectivités améliorent leur milieu naturel, prennent des mesures pour s'adapter aux changements climatiques et trouvent de nouveaux moyens d'assurer leur subsistance.

Le MAECD appuie ces initiatives, et bien d'autres encore, pour aider ses partenaires à gérer leurs ressources naturelles, à adopter des technologies écologiques appropriées et se préparer à affronter des désastres naturels.

Le défi du développement dans le monde

Une bonne santé, la sécurité alimentaire, la croissance économique et la paix sociale sont grandement tributaires des écosystèmes. La viabilité de l'environnement - la capacité des espèces végétales et animales et des microorganismes à subvenir à leurs besoins et à ceux des humains dans leur habitat non biologique jusque dans un avenir éloigné - repose sur des écosystèmes sains et intacts. Elle repose par conséquent sur des écosystèmes sains et intacts. Or, les ressources naturelles des écosystèmes, comme l'eau potable et les sources de nourriture que fournit le milieu ambiant, ont subi de durs coups, et des phénomènes comme les changements climatiques et les désastres naturels aggravent ces problèmes.

Pour les pauvres, dont le savoir et les pratiques ancestrales contribuent grandement à la protection de l'environnement et des ressources naturelles, le milieu physique et la survie sont plus étroitement liés :

  • Les pauvres sont souvent les premiers à subir les conséquences de la détérioration de l'environnement.
  • Un grand nombre d'entre eux vivent sur des terres marginales ou dans des zones à risque élevé, menacées par des inondations ou des glissements de terrain et exposées aux périls de désastres naturels.
  • En général, les pauvres n'ont pas de droits garantis d'accès aux ressources naturelles.
  • Ils sont moins en mesure de protéger leur environnement et d'améliorer leurs modes de subsistance et leur bien-être faute d'information et du savoir-faire nécessaires.
  • Pour survivre, un grand nombre de pauvres sont souvent acculés à une exploitation non durable de leurs ressources naturelles, ce qui contribue à la dégradation de l'environnement et les fait sombrer davantage dans la pauvreté.
  • Les femmes, principales productrices de nourriture et responsables de la corvée d'eau et de bois dans le monde, sont durement frappées par la détérioration de l'environnement et par l'absence de droits fonciers et de contrôle sur les ressources.

La vision internationale

La communauté internationale collabore depuis plus d'une trentaine d'années pour protéger l'environnement. Le Canada a joué un rôle de premier plan dans le cadre de la négociation d'importants accords internationaux, notamment :

À titre d'état partie à ces conventions, le Canada aide également ses partenaires des pays en développement à les mettre en œuvre. Assurer un environnement durable est au nombre des Objectifs du Millénaire pour le développement (objectif 7). Il est également d'une importance fondamentale pour réaliser les autres objectifs. Ces accords mettent en évidence le lien entre la pauvreté, l'équité et la viabilité de l'environnement, ainsi que l'importance de la collaboration entre les pays relativement aux enjeux environnementaux mondiaux.

La stratégie

La viabilité de l'environnement fait partie intégrante de tous les aspects des activités de développement du MAECD. Son approche consiste à aider les pays partenaires à lancer, à maintenir et à améliorer des activités portant sur la viabilité de l'environnement, entre autres dans les domaines suivants :

  • Changements climatiques : réduction des émissions, protection de la végétation qui absorbe le carbone et adaptation aux changements climatiques;
    • Si l'on ne prend pas de mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les températures moyennes dans le monde augmenteront de 1,4 oC à 5,8 oC entre 1990 et 2100.
    • Outre l'augmentation des précipitations, le niveau des océans dans le monde augmentera en moyenne de 9 cm à 88 cm d'ici 2100, ce qui aura des répercussions sur 50 % à 70 % de la population mondiale qui habite actuellement les terres basses des régions côtières, surtout dans les pays en développement.
  • Dégradation des terres : amélioration de la gestion des ressources naturelles, remise en état des terres, conservation par la participation locale, accès accru des femmes à la propriété foncière et au crédit, ainsi que formation et sensibilisation;
    • Chaque année, près de 10 millions d'hectares de terres sont à jamais dégradées.
    • Les répercussions sont plus graves dans les zones arides, surtout en Afrique.
    • La dégradation des sols touche directement environ 250 millions de personnes, et les modes de subsistance de près d'un milliard de personnes de plus risquent d'être compromis.
    • Selon les estimations, les pertes s'élèveraient à quelque 50 milliards de dollars dans le monde.
  • Accès à l'eau potable et assainissement : programmes portant sur l'eau et l'assainissement élaborés et mis en œuvre par les pauvres, reposant sur une plus grande participation des femmes, et renforcement des capacités des institutions qui régissent la gestion des ressources hydriques;
    • Dans le monde, 783 millions de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable. Toutefois, entre 1990 et 2010, plus de 2 milliards de personnes ont obtenu l'accès à des sources améliorées d'eau potable comme des réseaux de canalisation ou des puits protégés, ce qui correspond à l'atteinte de l'un des objectifs du Millenaire pour le développement.
    • On estime que 2,5 milliards de personnes ne bénéficient pas d'installations sanitaires de base, ce qui provoque le décès de plus de 1,5 million d'enfants par année.
  • Urbanisation : amélioration de l'accès aux services essentiels, de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement, notamment pour les pauvres en milieu urbain, ainsi qu'aux technologies non polluantes.
    • D'ici 2015, plus de la moitié de la population mondiale vivra en milieu urbain. Selon les estimations, ce pourcentage s'élèverait à 95 % d'ici 2030.
    • Dans les pays en développement, la majorité des gens habiteront dans des logements mal équipés et insalubres, et souffriront des répercussions environnementales du surpeuplement et du manque d'infrastructures de base.

Le Canada travaillera également à renforcer les accords environnementaux mondiaux et à accroître la capacité de ses partenaires pour qu'ils puissent les mettre en œuvre. Par ailleurs, le MAECD continuera de s'acquitter de ses obligations juridiques en vertu de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale de 2012 et la directive du Cabinet de 2010 sur l'évaluation stratégique environnementale, pour veiller à ce que les considérations environnementales demeurent un aspect fondamental des activités de développement du Canada et de ses partenaires du développement.

L'égalité entre les sexes fait partie intégrante de toutes les activités portant sur la viabilité de l'environnement, afin que les femmes aient accès de manière équitable aux ressources et à la prise de décisions.

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