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Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l’investissement - 2008

À propos de ce document

Le commerce international du Canada – 2008 a été produit par le Bureau de l’économiste en chef d’Affaires étrangères et Commerce international Canada. Rick Cameron et Jean-Bosco Sabuhoro en sont les auteurs principaux. Ont aussi collaboré à la publication Erik Ens (chapitre 5), David Boileau (les exportateurs canadiens : conquérir le marché mondial), Bjorn Johansson (l’activité des filiales canadiennes à l’étranger), Aaron Sydor (les échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis), Lydia Gosselin-Couture (soutien statistiques) et Christine O’Connell (soutien administratif). Patricia Fuller, économiste en chef, a assuré la supervision éditoriale.

Vos commentaires sur le rapport de cette année seraient appréciés. Veuillez les transmettre à Rick Cameron, à richard.cameron@international.gc.ca.


Table des matières

  1. La performance de l'économie mondiale
  2. Aperçu de l'évolution du commerce mondial
  3. La performance économique du Canada
  4. Aperçu de la performance commerciale du Canada
  5. Aperçu de la performance du Canada en matière d'investissement
  6. L'investissement direct du Canada à l'étranger : catalyseur de l'intégration à l'économie mondiale

Figures

Article Vedette

Tableaux

Article Vedette


Message de l’honorable David Emerson, Ministre des Affaires étrangères et du commerce international et ministre de la porte d’entrée du pacifique et des Olympiques de Vancouver-Whistler

David Emerson, Ministre

Àtitre de ministre du Commerce international du Canada, c’est avec un grand plaisir que je vous présente l’édition 2008 du Rapport sur le commerce international du Canada.

Cette publication en est à sa neuvième année et, à en juger par sa popularité continue auprès des auditoires canadiens et internationaux, elle est en passe de devenir un repère fiable et informatif pour prendre la mesure des tendances du commerce et de l’investissement du Canada sur la scène mondiale.

L’économie canadienne a terminé une autre année marquée par une solide croissance en 2007, faisant bonne Figure devant la turbulence qui a secoué les marchés financiers internationaux et le ralentissement de l’économie américaine. Bien que ces événements aient freiné le rythme d’expansion de notre économie vers la fin de l’année et qu’ils continueront probablement de ralentir la croissance – au Canada comme à l’étranger – en 2009, l’économie canadienne est bien placée pour résister à ces tensions grâce à des atouts tels qu’un faible chômage, une bonne situation budgétaire au sein du G-7 et une abondante dotation en ressources naturelles – qui demeurent en demande partout dans le monde.

La force du dollar canadien présente toutefois un défi particulier pour notre économie. Si elle accroît le pouvoir d’achat des Canadiens et contribue à maintenir l’inflation à un bas niveau, elle signifie aussi que nos exportateurs reçoivent moins en devises canadiennes. Le défi auquel sont confrontés les exportateurs est aggravé par le ralentissement de la demande aux États-Unis, notre plus important marché.

Les exportateurs canadiens démontrent une grande détermination en cherchant à composer avec ces difficultés. Les exportations ont poursuivi leur expansion en 2007 et, même si la croissance a été concentrée dans les produits liés aux ressources, on a observé une forte progression des expéditions de biens manufacturés vers les marchés autres que les États-Unis. Les entreprises canadiennes ont aussi démontré une souplesse renouvelée en s’efforçant de développer leurs activités sur les marchés en croissance rapide et de s’ajuster à la réalité nouvelle au chapitre des coûts.

Ces réalisations sont certes remarquables, mais nous ne pouvons faire preuve de complaisance. La concurrence mondiale ira en s’intensifiant dans les années à venir. Les économies émergentes qui sont à l’origine de l’expansion mondiale de la demande pour les produits de base progressent dans la chaîne de valeur et s’établissent graduellement comme de redoutables concurrents dans un éventail de plus en plus large de secteurs d’activité. Un contexte commercial concurrentiel propice à l’innovation est la clé de notre avenir économique. Avec Avantage Canada, notre gouvernement a mis en place un plan détaillé en vue de bâtir une économie canadienne plus compétitive et résiliente.

Dans le cadre de ces efforts, mon ministère a entrepris la mise en oeuvre de la Stratégie commerciale mondiale, laquelle vise à aider les entreprises et les investisseurs canadiens à rivaliser et à réussir sur le marché mondial. Grâce à cette Stratégie, nous aidons les sociétés canadiennes à établir des liens avec les chaînes de valeurs mondiales, à accroître l’investissement entrant et sortant, à promouvoir les partenariats en innovation et à améliorer globalement l’accès du Canada au marché international.

Cette année, nous avons franchi deux étapes importantes vers la réalisation de cet objectif : deux nouveaux accords de libre-échange ont été conclus, l’un avec le Pérou et l’autre avec les pays de l’Association européenne de libre-échange, soit la Suisse, le Liechtenstein, l’Islande et la Norvège. Pour l’avenir, nous poursuivrons une stratégie dynamique de négociations axées sur le libre-échange avec d’autres partenaires stratégiques, de même que de négociations portant sur l’investissement, les services aériens et la coopération en science et technologie. Nous continuerons aussi de soutenir les entreprises et les investisseurs canadiens à l’étranger en étendant notre réseau de délégués commerciaux dans des marchés clés tels que l’Inde, la Chine et le Brésil.

Grâce à cette Stratégie ainsi qu’au dynamisme et aux efforts soutenus des entreprises canadiennes, je suis tout à fait confiant que le Canada réussira non seulement à s’adapter au contexte concurrentiel de l’économie mondiale, mais à s’y tailler une place enviable afin de soutenir la qualité de vie et la prospérité dont dépendent tous les Canadiens.

Minister Emerson Signature

L’honorable David L. Emerson, c.p., député

Aperçu

La production économique mondiale réelle a continué de faire bonne Figure, ne fléchissant que marginalement, soit de 5,0 p. 100 en 2006 à 4,9 p. 100 en 2007. Cependant, l’activité économique mondiale a commencé à décélérer durant la seconde moitié de l’année et demeure sur cette trajectoire en 2008, notamment dans les économies développées. Cela reflète le ralentissement de l’éco - nomie américaine et la dislocation des marchés financiers mondiaux.

Pour la troisième année d’affilée, l’activité réelle aux États-Unis a ralenti, enregistrant un taux de croissance de seulement 2,2 p. 100 en 2007; elle s’est affaiblie considérablement au quatrième trimestre, à un taux d’expansion annualisé de 0,6 p. 100. Dans la zone euro, la croissance a reculé à 2,6 p. 100 l’an dernier, alors qu’elle avait été de 2,8 p. 100 en 2006. Là aussi, des signes de tension sont apparus, alors que la croissance du PIB a ralenti à un taux annualisé de 1,5 p. 100 au quatrième trimestre. On peut dire la même chose du Royaume-Uni. Pour sa part, l’économie asiatique semble moins durement touchée.

Ainsi, le Japon continue de résister au ralentissement de l’économie mondiale et la cadence s’est même accélérée dans la seconde moitié de l’année. La Chine, qui affiche depuis quelques années des taux d’expansion dans les deux chiffres, a vu sa croissance grimper à 11,9 p. 100 l’an dernier, en comparaison de 11,6 p. 100 l’année précédente. L’Inde, tout en connaissant un ralentissement durant la seconde moitié de l’année, a tout de même réalisé un taux de croissance assez robuste de 8,7 p. 100 pour l’ensemble de l’année.

À la lumière des difficultés qu’éprouve l’économie mondiale, la performance enregistrée par le Canada l’an dernier témoigne de la résilience de notre économie. La croissance du PIB réel s’est poursuivie à peu près au même rythme qu’en 2006, soit à un taux de 2,7 p. 100, comparativement à 2,8 p. 100 l’année précédente. Toutes les catégories de dépenses ont progressé, sauf les exportations. L’inflation a été légèrement supérieure au niveau cible de 2,0 p. 100, soit 2,2 p. 100 pour l’année. La création d’emploi a atteint un record en trois décennies, ramenant le taux de chômage à 6,0 p. 100 pour 2007, le plus bas niveau depuis 1974. Au niveau des provinces, celles qui possèdent d’abondantes ressources naturelles ont affiché une meilleure tenue, avec en tête Terre-Neuve et Labrador dont l’économie a crû à un rythme de plus de 9 p. 100, suivie des provinces de l’Ouest, où les taux de croissance ont tourné autour de 3 p. 100. Le ralentissement survenu aux États-Unis et l’appréciation de 5,5 p. 100 du dollar canadien par rapport à la devise américaine ont constitué des sources de faiblesse au Canada central, où le taux de croissance du PIB a été légèrement inférieur à la moyenne nationale.

En dollar américains, le commerce mondial des marchandises a progressé de 14,8 p. 100 en 2007, tandis que le commerce mondial des services a crû de 17,8 p. 100. Les exportations de marchandises du Canada connu une croissance d’environ la moitié de celle du commerce mondial, soit 7,8 p. 100, tandis que la croissance des exportations canadiennes de services a été d’environ le tiers de la moyenne mondiale. Ces mesures reposent toutefois sur des données converties en dollars É.-U.; elles intègrent donc l’appréciation du dollar canadien par rapport à la devise américaine.

En dollars canadiens, les exportations de biens et de services ont progressé de 1,9 p. 100. Les exportations de marchandises du Canada ont augmenté de 2,1 p. 100 en 2007, tandis que les exportations de services avançaient de seulement 0,3 p. 100. Par ailleurs, les importations de biens et de services au Canada ont augmenté de 3,2 p. 100; les importations de marchandises étaient en hausse de 2,8 p. 100 et les importations de services, de 5,5 p. 100. En termes simples, les exportateurs canadiens traversent une période difficile. Néanmoins, malgré la valeur relativement élevée du dollar canadien par rapport aux autres grandes devises, les exportateurs canadiens ont fait preuve de dynamisme et de souplesse en enregistrant une croissance positive dans un contexte particulièrement difficile.

Le ralentissement de l’économie américaine s’est accompagné d’un léger déclin de 1,6 p. 100 des exportations canadiennes de biens vers ce pays. En revanche, les exportateurs canadiens ont trouvé de nouveaux débouchés en Europe et ailleurs dans le monde (sauf au Japon). Les exportations de biens vers l’UE ont bondi de quelque 20,6 p. 100 en 2007, tandis que les exportations vers des destinations autres que les États-Unis, les pays de l’UE et le Japon ont grimpé de 17,1 p. 100. Les exportations de biens au Japon ont reculé de 3,4 p. 100 l’an dernier. Manifestement, les exportateurs canadiens évoluent progressivement d’une perspective régionale vers une perspective mondiale.

D’autres indices de cette tendance à la diversification ressortent de la composition des échanges au niveau de l’entreprise et des activités des sociétés affiliées à des entreprises canadiennes à l’étranger. Entre le début et le milieu de la présente décennie, on a observé un déclin significatif du nombre d’entreprises exportant uniquement aux États-Unis et une augmentation presque aussi importante du nombre d’entreprises exportant vers le monde. Les entreprises vendent aussi davantage de biens et de services directement sur les marchés étrangers, en particulier les marchés d’outre-mer – la croissance des ventes des filiales étrangères a été plus élevée que celle des exportations au cours des dernières années.

Néanmoins, les États-Unis demeurent de loin notre principal partenaire commercial et nos deux économies sont étroitement intégrées. Ainsi, le Canada est un partenaire fiable et sûr pour le commerce des produits énergétiques. De nombreux constructeurs et rénovateurs américains misent toujours sur le bois d’oeuvre canadien de haute qualité pour répondre à leurs besoins. Il y a aussi les chaînes d’approvisionnement intégrées, notamment dans le secteur de l’automobile, où les intrants traversent plusieurs fois la frontière avant que le produit final ne sorte de la chaîne de montage. Trente pour cent de nos échanges avec les États-Unis se déroule entre des sociétés apparentées – un peu plus du tiers de nos exportations et environ le quart de nos importations. La part des échanges intra-entreprises a diminué au cours des deux dernières décennies, mais on ne devrait pas y voir l’indication d’un contexte commercial plus fluide ou du besoin réduit d’avoir une présence commerciale outre-frontière pour faciliter les échanges.

Les tendances et les événements auxquels on assiste un peu partout dans le monde aident aussi à expliquer le profil sectoriel des échanges commerciaux du Canada. Toutes les grandes catégories d’exportations ont enregistré une hausse, sauf les produits de la forêt et les produits de l’automobile. Les États-Unis représentent 71,5 p. 100 des exportations canadiennes de produits forestiers et 95,3 p. 100 des exportations de produits de l’automobile, ce qui veut dire que la conjoncture dans ce pays se répercute sur nos exportations de ces produits. Plus précisément, la sévère correction qui se poursuit sur le marché de l’habitation aux États-Unis a fait chuter les exportations canadiennes de produits forestiers (baisse de 12,8 p. 100). De même, le recul de la richesse, le resserrement des conditions de crédit et le fléchissement du marché du travail, s’ajoutant à l’augmentation des coûts du carburant et à la faiblesse du dollar américain, ont réduit la demande d’automobiles et de camions canadiens aux États-Unis, entraînant une diminution de 6,5 p. 100 des exportations canadiennes de produits de l’automobile.

Les biens et matériaux industriels ont dominé la liste des secteurs d’exportation en croissance au Canada l’an dernier, avec un gain de 11,1 p. 100. Cette catégorie englobe des produits tels que les minerais métalliques, les produits chimiques, les plastiques et les engrais, ainsi que les métaux et les alliages. La croissance des exportations de biens industriels a été stimulée par la vigueur continue des prix des minerais et alliages métalliques, qui résulte de la forte demande de métaux primaires des économies émergentes d’Asie et de l’UE.

Les exportations de produits de l’agriculture et de la pêche ont progressé de 10,0 p. 100 en 2007. La reprise des exportations de bétail aux États-Unis et de nouveaux débouchés pour le blé et le canola ont contribué à l’augmentation des exportations. Les exportations de produits énergétiques ont continué de profiter de la montée des prix du pétrole brut. Même si les États-Unis demeurent le plus important consommateur de produits énergétiques canadiens, la demande récente de pétrole brut de la Chine et de Singapour a contribué à hausser les exportations d’énergie du Canada de 6,8 p. 100 l’an dernier. Les deux autres catégories – les biens de consommation et les machines et le matériel – ont aussi enregistré une croissance positive de leurs exportations avec des taux de 5,9 p. 100 et de 0,6 p. 100, respectivement.

La modeste augmentation des exportations de services (0,3 p. 100) est attribuable au recul des exportations de services commerciaux (baisse de 0,6 p. 100). Cette baisse a partiellement été compensée par des gains dans les exportations de services de transport (hausse de 2.9 p. 100) et les exportations de services de voyage (hausse de 0.3 p. 100).

En raison de la vigueur de l’économie intérieure, la croissance des importations de biens et de services, soit 3,2 p. 100, a dépassé celle des exportations. Les importations ont augmenté en provenance de tous les grands partenaires commerciaux, notamment des États-Unis (1,0 p. 100), du Japon (2,6 p. 100), de l’UE (3,1 p. 100) et du reste du monde (5,5 p. 100). Il y a eu hausse des importations dans toutes les grandes catégories, sauf les produits forestiers (recul de 3,0 p. 100). Cependant, comme les produits forestiers ne représentent que 0,7 p. 100 de l’ensemble des importations de biens, l’effet de cette baisse a été modeste en termes absolus.

L’augmentation des prix des aliments et de l’énergie s’est répercutée sur l’évolution des importations canadiennes : ces deux catégories ont affiché les taux de croissance des importations les plus élevés, soit 8,7 p. 100 et 4,5 p. 100, respectivement. Les importations de biens de consommation étaient aussi en forte hausse (5,3 p. 100), tandis que les importations de machines et de matériel, de biens industriels et de produits de l’automobile ont enregistré des augmentations de 1,7 p. 100, 1,4 p. 100 et 0,1 p. 100, respectivement, en 2007.

Les importations de services étaient en forte hausse l’an dernier, avec un taux de croissance de 5,5 p. 100. La hausse du dollar canadien a propulsé les importations canadiennes de services de voyage (gain de 15,5 p. 100), les Canadiens profitant de la force de leur devise par rapport au dollar américain pour se rendre aux États-Unis. Tant les voyages d’affaires que les voyages à des fins personnelles montrent une forte progression. Le coût plus élevé du pétrole a également contribué à l’augmentation des importations de services de transport, en hausse de 5,3 p. 100. Annulant en partie ces gains, les importations de services commerciaux au Canada ont fléchi de 0,3 p. 100 par rapport à l’année précédente.

L’appréciation du dollar canadien a entraîné une importante réévaluation à la baisse de l’investissement direct canadien à l’étranger (IDCE) en 2007, notamment l’investissement libellé en dollars américains, mais aussi l’investissement évalué en euros et en livres sterling. Le portefeuille d’investissement direct des Canadiens à l’étranger atteignait 514,5 milliards de dollars en 2007, soit 15,4 milliards de dollars de moins qu’en 2006. L’évolution du portefeuille en 2007 fait ressortir d’importants flux d’investissement extérieur, soit un peu plus que 53,0 milliards de dollars, et une réévaluation à la baisse des actifs libellés en monnaie étrangère (un peu plus de 67,0 milliards de dollars). Ainsi, malgré des ajouts importants au portefeuille des investisseurs canadiens, l’effet des mouvements de taux de change a été supérieur aux acquisitions, entraînant une réduction nette de la valeur de l’investissement direct du Canada à l’étranger de 2006 à 2007.

Parallèlement, les entrées de fonds des entreprises étrangères au Canada étaient en plein essor, résultant en une progression du portefeuille d’investissement étranger direct au Canada de 14,4 p. 100 par rapport à 2006. À la fin de 2007, le stock d’IED au Canada a dépassé le seuil du demi-billion de dollars pour la première fois.

Néanmoins, en fin d’année, le stock d’investissement direct canadien à l’étranger était toujours supérieur à celui de l’investissement étranger direct au Canada.

Article vedette : l’expansion rapide de l’investissement direct sortant

L’investissement étranger direct (IED) dans le monde s’est accéléré de façon spectaculaire depuis le début des années 90, avec un repli après l’éclatement de la bulle technologique au début de la présente décennie; la dislocation récente des marchés financiers mondiaux entraînera vraisemblablement une autre correction. Néanmoins, les données les plus récentes sur les flux sortants (2006) indiquent qu’ils étaient 22,6 fois plus élevés qu’en 1980, alors que le stock d’IED détenu dans le monde était 20,8 fois plus grand. En outre, le stock mondial d’IED à la fin de 2006 était supérieur au PIB mondial et aux importations mondiales cette année-là. Une bonne partie de cette croissance a été alimentée par l’IED dans les services, qui représente aujourd’hui plus des deux tiers du stock mondial d’IED comparativement à moins de la moitié en 1990.

Le Canada a participé activement à ce phénomène. Depuis 1990, le stock d’investissement direct canadien à l’étranger a augmenté à un rythme de 11 p. 100 l’an, en moyenne, contre un taux de croissance de 6,9 p. 100 des échanges de biens et de services et de 4,8 p. 100 du PIB nominal du Canada.

Comme pour le commerce, le Canada a progressivement diversifié ses investissements directs à l’étranger au-delà des États-Unis, quoique ce pays demeure la principale destination de l’IDCE.

L’investissement étranger direct est souvent présenté comme l’alternative du commerce. Les entreprises ont le choix de produire dans leur pays d’origine et d’exporter, ou encore de produire à l’étranger – les ventes des filiales étrangères venant remplacer l’exportation. Les écrits sur la complémentarité ou l’effet de substitution entre l’IED et l’exportation ne sont toutefois pas concluants puisqu’on trouve des données appuyant l’une et l’autre hypothèses. Dans le cas du Canada, une analyse a révélé une relation de complémentarité – une augmentation de 10 p. 100 du stock d’investissement direct du Canada à l’étranger entraînerait une hausse de 1,2 p. 100 des expor - tations. Ainsi, il n’y a pas de preuve que l’IDCE entraîne une réduction des exportations canadiennes. Bien au contraire, ce résultat empirique corrobore l’opinion voulant que la hausse rapide du stock d’IDCE pendant les années 1990 et 2000 ait facilité et non entravé l’augmentation importante des exportations canadiennes.

table des matières

I.  La performance de l’économie mondiale

Aperçu et perspectives globales

La hausse continue des prix du pétrole, l’un des faits marquants de la conjoncture économique en 2006, a été reléguée au second plan, vers le milieu de 2007, par le problème des hypothèques à rabais aux États-Unis, lequel a précipité les marchés mondiaux dans la tourmente. Sous l’effet du repli marqué de l’économie américaine et de la générali - sation de la crise des marchés financiers, l’activité économique mondiale a ralenti durant la seconde moitié de 2007. Néanmoins, pour l’année entière, la croissance de la production mondiale n’a fléchi que marginalement, à 4,9 p. 100, alors qu’elle avait été de 5,0 p. 100 en 20061.

Les marchés des produits de base ont poursuivi leur expansion en dépit du ralentissement récent de l’activité mondiale. La forte demande des économies émergentes, qui est à l’origine de la plus grande partie de l’augmentation de la consommation des produits de base depuis quelques années, a été un facteur déterminant de la montée des prix, et la demande de biocarburants a fait bondir les prix des principales denrées alimentaires. Simultanément, le rajustement de l’offre à la hausse des prix s’est fait avec un certain retard, notamment dans le cas du pétrole. De façon quelque peu perverse, la vigueur des prix des produits de base semble aussi en partie imputable à des facteurs financiers, les produits de base étant progressivement devenus une catégorie d’actifs attrayante pour les investisseurs. Par conséquent, le taux d’inflation de référence a augmenté un peu partout dans le monde et en particulier dans les pays en développement2.

Le choc financier provoqué par le marché hypothécaire à taux modiques aux États-Unis s’est répandu rapidement et de manière imprévisible, causant de sérieux dommages aux marchés et aux institutions qui sont au coeur même du système financier3. L’onde de choc a réduit la liquidité du marché interbancaire, affaibli la capitalisation des grandes banques et déclenché un mouvement de réévaluation du risque associé à toute une gamme d’instruments financiers. Les cours boursiers se sont repliés à mesure que se précisaient les signes de faiblesse économique, et les données révèlent un resserrement généralisé du crédit. Néanmoins, les effets sur le commerce du ralentissement des économies avancées ont été jusqu’à maintenant limités et touchent principalement les économies ayant un commerce important avec les États-Unis. Les difficultés des marchés financiers ont aussi eu un impact sur les marchés de change, et le dollar É.-U. s’est déprécié encore depuis le milieu de 2007. En revanche, cela a eu pour effet de stimuler les exportations nettes des États-Unis.

Les projections laissent entrevoir un ralentissement marqué en 2008 qui se prolongera durant la plus grande partie de 2009. Les problèmes qui sévissent aux États-Unis se sont répandus en Europe de l’Ouest et touchent maintenant l’économie réelle partout dans le monde. Le taux prévu de croissance de l’économie mondiale en 2008 a été ramené à 3,7 p. 100 (Tableau 1-1). Cependant, pour atteindre ce taux, il faudra que la plupart des économies avancées ne connaissent qu’un léger ralentissement et que plusieurs économies en développement réussissent à maintenir à peu près intact leur taux d’expansion relativement rapide.

Les États-Unis

Pour la troisième année d’affilée, le rythme de l’activité économique aux États-Unis a ralenti, le produit intérieur brut (PIB) ne progressant que de 2,2 p. 100 en 2007, comparativement à 2,9 p. 100 un an plus tôt et à 3,1 p. 100 l’année précédente. La croissance réelle de l’économie a fortement chuté au quatrième trimestre, à un taux annualisé de seulement 0,6 p. 100.

La performance de l’économie américaine au cours de la dernière année a été dominée par trois facteurs : la forte correction qui s’est poursuivie sur le marché de l’habitation à travers le pays, les problèmes non résolus du secteur financier, d’abord apparus dans le segment des prêts hypothécaires à rabais mais qui se sont ensuite propagés, et la dépréciation généralisée du dollar américain par rapport aux autres devises.

En 2007, les consommateurs américains sont devenus de plus en plus réticents à délier les cordons de leur bourse, plusieurs facteurs contribuant à limiter leur pouvoir d’achat et à miner leur confiance. La baisse des évaluations immobilières s’est répercutée directement sur la richesse des ménages et la marge d’emprunt sur la valeur nette des maisons. De nombreux ménages ont dû affronter des conditions plus rigoureuses sur le marché du crédit bancaire, dans le sillage de la tourmente financière provoquée par la crise des prêts hypothécaires à taux réduit. La hausse des coûts de la nourriture et de l’essence a aussi amputé le revenu disponible et les achats discrétionnaires; enfin, le ralentissement récent des gains d’emploi est venu assombrir encore davantage les intentions d’achat. La croissance des dépenses de consommation a fléchi à 2,9 p. 100 en 2007, alors qu’elle avait été de 3,1 p. 100 un an auparavant; au quatrième trimestre, elles n’ont progressé qu’à un taux annualisé de 2,3 p. 100. Pour l’ensemble de 2007, les dépenses de consommation ont fourni environ 2 points de pourcentage à la variation du PIB réel américain.

Tableau 1-1
Croissance du PIB réel dans certaines économies entre 2004 et 2007 et prévisions pour 2008

 20042005200620072008
Monde4,94,45,04.03,7
Économies avancées3,23,63,02,71,3
Canada3,13,12,82,71,3
États-Unis3,63,12,92,20,5
Royaume-Uni3,31,82,93,11,6
Japon2,71,92,42,11,4
Zone euro2,11,62,82,61,4
 France2,51,72,01,91,4
 Allemagne1,10,82,92,51,4
 Italie1,50,61,81,50,3
Économies en développement7,57,17,87,96,7
Chine10,110,411,611,99,3
Inde7,99,19,78,77,9
Russie7,26,47,48,16,8
Brésil5,73,23,85,44,8
Mexique4,22,84.83,32,0
ANASE-5
Indonésie5,05,75,56,36,1
Malaisie6,85,05,96,35,0
Philippines6,44,95,47,35,8
Thailande6,34,55,14,85,3
Vietnam7,88,48,28,57,3
NEI
Hong Kong (Chine)8,57,17,06,34,3
Corée4,74,25,15,04,2
Singapour9,07,38,27,74,0
Taiwan6,24,24,95,73,4

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2008, sauf les données de 2006 et 2007 pour la Chine qui correspondent à la révision d’avril du Bureau national de la statistique de Chine, et les données de 2007 pour l’Inde, qui traduisent les estimations préliminaires publiées par l’Organisation centrale de statistique de l’Inde.

La correction sévère et persistante que traverse le marché de l’habitation aux États-Unis a aussi contribué à faire régresser l’investissement résidentiel de 17 p. 100 en 2007, retranchant ainsi un point de pourcentage à la croissance économique du pays. L’investissement réel dans ce secteur a diminué à chacun des huit derniers trimestres, la contraction s’accélérant au cours des deux derniers trimestres de 2007. L’investissement privé dans les stocks a aussi fait une contribution négative au PIB réel américain, équivalant à un tiers de point de pourcentage du taux de croissance de l’économie en 2007. Les gains enregistrés dans l’investissement non résidentiel ont partiellement compensé ces pertes. Dans l’ensemble, l’investissement privé brut sur le marché intérieur a fléchi pour l’année et a ainsi contribué à abaisser la croissance du PIB d’un peu plus de 0,8 point de pourcentage en 2007.

Le commerce extérieur est l’élément positif de la performance économique des États-Unis en 2007. La faiblesse du dollar américain a rendu les exportations plus concurrentielles et les importations moins concurrentielles. Même si le pays enregistre toujours un important déficit commercial, qui ne diminue que très lentement, la principale contribution à la croissance de l’économie américaine au cours de la dernière année est venue de l’amélioration des exportations réelles nettes. Le volume des exportations a augmenté de quelque 8 p. 100 sur l’année – un taux quatre fois plus élevé que celui des importations – et le gain de 68,9 milliards de dollars des exportations réelles nettes est venu ajouter 0,6 point de pourcentage à la croissance du PIB américain en 2007.

Enfin, les dépenses gouvernementales expliquent environ 0,4 point de pourcentage de la croissance de l’activité économique aux États-Unis en 2007. Pour l’avenir, on prévoit que le marché de l’habitation aux États-Unis traversera encore des turbulences. Après avoir touché un sommet durant la seconde moitié de 2005, le marché résidentiel a subi une correction importante, la baisse des prix des maisons atteignant jusqu’à 10 p. 100, selon la mesure employée. En 2008, les mises en chantier se sont repliées de plus de 50 p. 100 par rapport à leur sommet. Le marché demeure loin de l’équilibre et les stocks de maisons invendues sont presque à des niveaux record, tandis que les indicateurs de la valeur des maisons demeurent bien au-dessus des normes historiques4. Malgré cela, la valeur nette négative d’un nombre croissant d’habitations et le renouvellement des prêts hypothécaires à taux variables devraient faire augmenter encore le nombre de prêts en souffrance et de saisies, ce qui exercera une pression à la baisse sur les prix des maisons tout en accroissant l’incitation à cesser de verser des paiements. Reflétant ces préoccupations, les prix sur le marché de l’habitation aux États-Unis pourraient reculer de 14 à 22 p. 100 en 2007-2008.

La propagation de la crise des marchés financiers a déjà provoqué un resserrement du marché de l’emprunt, mais on ne peut pas vraiment parler d’une crise du crédit. Les marges de risque ont augmenté, entraînant une réévaluation à la baisse des actifs. Globalement, l’expansion économique a ralenti et le marché du travail s’est détérioré. Selon les projections, l’économie américaine devrait subir une récession modeste en 2008, suivie par une reprise graduelle en 2009. Tous les grands secteurs de la demande intérieure seront touchés en 2008 : l’investissement résidentiel poursuivra sa contraction, la consommation diminuera sous l’effet de la baisse de la richesse, du resserrement du crédit et de la détérioration du marché du travail, tandis que l’investissement des entreprises connaîtra un repli. En 2009, la consommation demeurera léthargique, les ménages haussant leur épargne après une longue période durant laquelle les gains en capital sur l’actif ont gonflé la richesse personnelle. Les exportations nettes continueront de s’améliorer. Sur une base annuelle, la croissance américaine devrait ralentir à 0,5 p. 100 avant de remonter légèrement à 0,6 p. 100 en 2009. La trajectoire semble plus claire si on la mesure en comparant le quatrième trimestre des deux années. Selon cette mesure, l’économie américaine devrait fléchir de 0,7 p. 100 en 2008 avant de renouer avec la croissance en 2009, avec un taux de 1,6 p. 100.

La zone euro

Après avoir connu sa meilleure année depuis 2001, la croissance économique dans la zone euro a fléchi légèrement à 2,6 p. 100 en 2007, contre 2,8 p. 100 un an plus tôt. La vigueur de la demande intérieure s’explique par la croissance soutenue de l’emploi et le dynamisme de l’investissement. Cependant, les signes de tension se sont précisés vers la fin de 2007. Au quatrième trimestre, la croissance du PIB a ralenti à un taux annualisé de 1,5 p. 100. La dislocation du secteur financier et l’effet de la montée des prix pétroliers sur le revenu réel disponible ont miné la confiance des consommateurs et des entreprises. L’appréciation de l’euro et l’affaiblissement du marché de l’exportation ont aussi assombri les perspectives de croissance. Ces effets ne se sont toutefois pas fait sentir de façon uniforme partout en Europe, et les pays de plus petite taille comme l’Autriche, les Pays-Bas et la Suède ont continué de bénéficier d’une croissance nettement supérieure à leur potentiel durant la seconde moitié de 2007.

Pour l’avenir, le FMI prévoit que la croissance dans la zone euro ralentira à 1,4 p. 100 en 2008 et à 1,2 p. 100 en 2009. L’expansion des exportations se maintiendra probablement durant la première moitié de 2008, en raison de carnets de commandes déjà complets, notamment en Allemagne, mais on prévoit un certain ralentissement dans la seconde moitié de l’année, alors que la modération de la demande mondiale et l’appréciation de l’euro feront fléchir la croissance des exportations. L’impact de ce ralentissement se fera sentir avec un léger décalage : la croissance prévue entre le quatrième trimestre de 2007 et le quatrième trimestre de 2008 devrait reculer à 0,9 p. 100 avant de remonter à 1,6 p. 100 un an plus tard, soit entre le quatrième trimestre de 2008 et le quatrième trimestre de 2009.

Le Royaume-Uni

La croissance réelle du PIB du Royaume-Uni s’est accélérée au cours des trois dernières années, passant de 1,8 p. 100 en 2005 à 2,9 p. 100 l’année suivante et à 3,1 p. 100 en 2007. Cependant, comme dans la zone euro, des signes de ralentissement sont apparus au quatrième trimestre de 2007, alors que la croissance du PIB a ralenti pour s’établir à un taux annualisé de 2,5 p. 100.

En 2007, la croissance a été alimentée par les dépenses de consommation, qui ont progressé de 3.1 p. 100. La formation brute de capital fixe est demeurée robuste, avec un taux de croissance de 5,0 p. 100, lequel est néanmoins inférieur au taux de 7,9 p. 100 enregistré un an plus tôt. Le solde des stocks était en hausse de 6,5 milliards £. L’augmentation du déficit commercial en termes réels, passé de 36 milliards £ à 44 milliards £, est venue freiner l’expansion de l’économie en 2007, retranchant 0,6 point de pourcentage au taux de croissance du PIB.

Le Royaume-Uni ressent les effets de la turbulence que traverse le marché mondial : le taux d’expansion du secteur des services financiers a fléchi, tandis que le crédit aux entreprises et aux ménages s’est resserré. Les prix des maisons en Grande-Bretagne ont été en baisse pendant six mois consécutifs et la diminution devrait aller en s’accélérant5. On prévoit que la croissance ralentira à 1,6 p. 100 au Royaume-Uni en 2008, alors que les effets décalés du resserrement monétaire survenu en 2007, le retournement du cycle des prix des maisons et l’instabilité des marchés financiers viendront freiner le niveau d’activité. L’économie devrait demeurer sous son potentiel tout au long de 2009, avec un taux de croissance projeté de 1,6 p. 100, mais la croissance devrait commencer à s’accélérer durant la seconde moitié de l’année, avec un taux prévu de 2,3 p. 100 entre le quatrième trimestre de 2008 et le quatrième trimestre de 2009.

Le Japon

Après avoir haussé la cadence en 2006, la croissance au Japon a légèrement fléchi en 2007, notamment en raison de problèmes apparus durant la première moitié de l’année. Pour l’ensemble de l’année, le taux de croissance a diminué à 2,1 p. 100, comparativement à 2,4 p. 100 en 2006. Cependant, l’économie japonaise a continué pour l’essentiel de résister jusqu’en fin d’année au ralentissement survenu dans le monde. Au quatrième trimestre, le PIB a progressé à un taux annualisé de 3,5 p. 100 grâce à la vigueur des exportations nettes et de l’investissement des entreprises fait beaucoup mieux. Ce dernier poste a fait beaucoup mieux après une contraction au cours de la première moitié de l’année. Les exportations continuent de profiter de la forte demande venant d’Asie et d’Europe. Les économies asiatiques émergentes accaparent maintenant près de la moitié des exportations japonaises, tandis que les États-Unis et la zone euro ont cédé du terrain pour ne représenter qu’un peu plus du tiers des exportations totales. Dans la foulée du resserrement des normes de construction en juin, le ralentissement de l’investissement résidentiel s’est poursuivi et les dépenses des ménages sont demeurées à un faible niveau.

Le rythme de croissance observé au début de 2008 semble avoir souffert de la détérioration de la confiance des entreprises et des consommateurs. L’expansion des exportations montre aussi des signes d’essoufflement. Les prix plus élevés des aliments et du combustible et la léthargie des salaires continuent de freiner la consommation, et l’investissement des entreprises pourrait ralentir advenant que la tourmente du marché financier mondial s’aggrave et que les conditions du crédit se resserrent davantage, bien que le système financier japonais soit peu exposé aux titres hypothécaires américains à bas taux d’intérêt. Du côté positif du bilan, les mises en chantier de maisons semblent avoir repris de la vigueur et l’investissement résidentiel devrait fournir un certain appui à la croissance dans la première moitié de 2008. Reflétant ces différents facteurs, l’expansion de l’économie japonaise devrait baisser à 1,4 p. 100 en 2008 avant de remonter légèrement à 1,5 p. 100 en 2009.

Les économies émergentes d’Asie

Dans les pays émergents d’Asie, la croissance s’est maintenue durant une bonne partie de la seconde moitié de 2007, bien que des signes de ralentissement se soient manifestés. La croissance a été principalement alimentée par la Chine et l’Inde. La forte demande intérieure, stimulée par la consommation, a soutenu l’activité en Indonésie, en Malaisie, à Hong Kong (Chine), aux Philippines et à Singapour. L’expansion des exportations est demeurée forte en Corée et en Thaïlande. Toutefois, la vigueur de la demande intérieure dans la région et la hausse des prix des aliments et de l’énergie ont accentué les pressions inflationnistes dans certains pays. Les perspectives de croissance dépendent de la résilience de ces économies et de leur système financier face aux soubresauts du marché financier mondial et au ralentissement concomitant des économies avancées. Le maintien d’une forte demande intérieure, le degré élevé d’ouverture de la région et l’augmentation de la part des exportations intra-asiatiques aideront à amortir les effets du contexte externe chancelant.

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La Chine

2007 marque la cinquième année d’affilée où l’éco - nomie chinoise a enregistré un taux de croissance dans les deux chiffres. En outre, la croissance s’est accélérée sur une base annuelle au cours de la période. En 2007, l’expansion de l’économie chinoise a atteint 11,9 p. 100, contre 11,6 p. 100 en 2006. Le secteur manufacturier et celui des services ont dominé la croissance (ce que la Chine appelle officiellement les secteurs « secondaire » et « tertiaire »), avec des taux de croissance de 13,4 p. 100 et de 12,6 p. 100, respectivement.

Le gouvernement chinois tente de freiner quelque peu l’économie, visant une croissance à la fois saine et rapide et, comme objectif prioritaire, la stabilité des prix. D’un côté, il souhaite maintenir un taux de croissance élevé pour réduire la pauvreté. De l’autre, il resserre sa politique monétaire pour tenter de limiter l’inflation mais sans trop affaiblir la croissance économique. En mars 2008, les prix à la consommation étaient en hausse de 8,3 p. 100 par rapport au même mois un an plus tôt, soit un peu moins que le taux de 8,7 p. 100 observé de février 2007 à février 2008, le taux le plus élevé en près de douze ans. La plus grande partie de la hausse est imputable à une augmentation de 21 p. 100 du coût des aliments au premier trimestre, notamment le porc et les légumes. Les autorités craignent les conséquences d’une progression trop rapide des prix. Dans les années 80 et 90, les poussées d’inflation avaient donné lieu à des manifestations. Par ailleurs, le gouvernement tente de ralentir quelque peu l’investissement dans le secteur immobilier et certaines industries en plein essor, redoutant que cela ne déclenche une crise financière.

En 2007, la Chine a enregistré d’importants excédents dans son compte de revenu et son compte courant. Le pays maintient des réserves croissantes de devises étrangères et est devenu un important investisseur sur la scène internationale; il tire des revenus appréciables de ses placements à l’étranger. Selon les estimations, en 2007, l’excédent du compte courant a augmenté à 381,3 milliards de dollars É.-U., alimenté par l’excédent commercial – luimême propulsé par la forte croissance des exportations et une demande à l’importation relativement faible. L’excédent commercial demeurera élevé en 2008. Les entrées liées au tourisme pendant la période des Jeux olympiques auront probablement pour effet de gonfler brièvement le compte des services pour l’amener en territoire excédentaire, mais l’augmentation des importations de services devrait à nouveau produire un solde déficitaire en 2009. La croissance des exportations de biens demeurera forte, même si l’on prévoit qu’elle ne sera pas aussi rapide qu’en 2007 en raison de la hausse des coûts intérieurs, de l’appréciation de la monnaie par rapport au dollar américain (de 5 p. 100 environ) et de la baisse de la demande mondiale.

La monnaie chinoise – le renminbi – est liée au dollar américain selon une formule de parité à crémaillère. En 2007, en raison de la faiblesse du dollar américain, le renminbi a reculé par rapport à l’euro. Les effets secondaires des excédents du compte de revenu et du compte courant sont notamment une croissance plus rapide de l’offre de monnaie et de l’investissement.6 On s’attend donc à ce que l’investissement poursuive sa forte progression et demeure le principal déterminant de la croissance économique. Les faibles coûts d’emprunt – les taux de crédit sont inférieurs au taux réel d’expansion de l’économie – concourent également à ces attentes. Globalement, la croissance en Chine devrait ralentir à 9,3 p. 100 en 2008.

L’Inde

L’estimation préliminaire des dépenses du PIB réel situe la croissance de l’économie indienne à 8,7 p. 100 en 2007-2008, comparativement à un taux de croissance de 9,7 p. 100 en 2006-2007.7 Les dépenses en formation de capital étaient en hausse de 15,7 p. 100 en termes réels, tandis que les dépenses de consommation ont progressé de 6,8 p. 100. Tant les exportations réelles que les importations réelles ont augmenté de 6,4 p. 100 en 2007-2008. La croissance a ralenti dans la seconde moitié de l’année, la consommation ayant perdu de la vigueur en réponse au resserrement de la politique monétaire.8 Le taux de croissance du PIB réel de l’Inde a ralenti à 8,4 p. 100 sur la période octobre-décembre 2007. C’est le plus bas taux de croissance trimestriel en trois ans. Les estimations préliminaires pour l’année entière publiées par l’Organisation statistique centrale indiquent que la croissance aurait ralenti encore au dernier trimestre de 2007-20089.

Le niveau de dépendance de l’Inde à l’égard du commerce est l’un des plus bas en Asie. Ainsi, malgré la perspective d’un ralentissement généralisé dans le sillage des difficultés qui sévissent aux États-Unis, le PIB réel de l’Inde ne devrait ressentir que faiblement les effets de cette conjoncture. Néanmoins, les États- Unis sont le principal marché d’exportation de l’Inde et une récession dans ce pays ferait mal à certains exportateurs indiens, notamment dans le secteur des textiles. D’autres grands marchés d’exportation, en particulier la Chine, devraient toutefois demeurer vigoureux. L’irruption de la crise des prêts à bas taux d’intérêt aux États-Unis en août 2007 a contribué à freiner la poussée des entrées de capitaux en Inde. Cependant, l’Inde est toujours une destination prisée des investisseurs et l’investissement demeurera le poste du PIB qui croît le plus rapidement. Les entrées de capitaux continueront d’exercer une pression à la hausse sur la monnaie indienne, la roupie. La consommation privée demeurera forte, appuyée par la robuste croissance des salaires réels. Les exportations nettes freineront la croissance économique alors que les importations de biens et de services continueront de devancer les exportations. En somme, la croissance de l’économie indienne devrait s’établir à un peu moins de 8 p. 100 pour l’année à venir.

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Les nouvelles économies industrialisées(NEI) d’Asie

Cette région composite englobe la Corée, Taïwan, Hong Kong (Chine) et Singapour. Collectivement, la croissance des NEI est demeurée inchangée de 2006 à 2007, soit 5,6 p. 100. Le ralentissement de la croissance du PIB à Hong Kong (de 0,7 point de pourcentage, à 6,3 p. 100), à Singapour (de 0,5 point de pourcentage, à 7,7 p. 100) et en Corée (de 0,1 point de pourcentage, à 5,0 p. 100) a été compensé par une hausse de 0,8 point de pourcentage à Taïwan (à 5,7 p. 100). Les prévisions pour 2008 indiquent que la croissance devrait fléchir à 4,0 p. 100 pour l’ensemble de la région alors que la plupart des économies connaîtront un taux de croissance variant entre 4,0 p. 100 et 4,3 p. 100. L’exception est Taïwan, qui devrait enregistrer un taux d’expansion économique de seulement 3,4 p. 100 en 2008. La consommation devrait ralentir dans les quatre économies de la région; enfin, l’investissement demeurera stationnaire, les gains prévus pour Hong Kong (Chine) étant annulés par le recul prévu à Singapour.

En 2007, l’inflation dans les NEI a été faible, variant de 1,8 p. 100 à Taïwan à 2,5 p. 100 en Corée. Le taux d’inflation devrait augmenter en Corée (pour passer à 3,4 p. 100) et encore plus à Hong Kong (Chine) (de 2,0 p. 100 à 3,6 p. 100) et à Singapour (de 2,1 p. 100 à 4,7 p. 100). À Taïwan, la progression des prix devrait ralentir à 1,5 p 100.

L’ANASE-5

L’ANASE-5 (Indonésie, Thaïlande, Philippines, Malaisie et Vietnam) a enregistré une croissance globale de 6,3 p. 100 en 2007, comparativement à 5,7 p. 100 un an plus tôt. La croissance a été la plus forte au Vietnam (8,5 p. 100) et aux Philippines (7,3 p. 100). L’Indonésie et la Malaisie ont affiché un taux de croissance de 6,3 p. 100 l’an dernier, tandis que la Thaïlande a vu son économie progresser de 4,8 p. 100. En 2008, la croissance globale de la région devrait fléchir d’un demi-point de pourcentage par suite de la performance variable des divers pays. La demande intérieure devrait se maintenir raisonnablement bien dans les cinq économies. On prévoit toutefois que la croissance de la consommation baissera de 0,7 point de pourcentage, sous l’effet du ralentissement de la croissance, notamment en Malaisie et au Vietnam. Par ailleurs, l’investissement devrait croître de 1,6 point de pourcentage dans la région entre 2007 et 2008, dominé par la Thaïlande. La dotation en ressources de la région devrait aussi contribuer à soutenir la croissance, et les exportations réelles en Malaisie et au Vietnam devraient bondir de plus de 5,5 points de pourcentage.

Selon les prévisions, l’inflation dans la région devrait grimper à 6,1 p. 100 en 2008, alors qu’elle avait été de 4,5 p. 100 en 2007. Néanmoins, ce taux d’inflation sera inférieur de deux points de pourcentage au taux de 8,1 p. 100 observé en 2006. La Malaisie devrait être le pays où la hausse de l’inflation sera la plus modeste – 0,3 point de pourcentage, à 2,4 p. 100 – tandis que le taux d’inflation au Vietnam doublera presque pour passer de 8,3 p. 100 à 16,0 p. 100.

En 2008, la croissance réelle en Indonésie devrait ralentir à 6,1 p. 100, une baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à l’année précédente. Au Vietnam, en Malaisie et aux Philippines, l’activité économique réelle ralentira vraisemblablement de 1,2 à 1,5 point de pourcentage, pour s’établir à 5,0 p. 100, 5,8 p. 100 et 7,3 p. 100, respectivement. En revanche, la production réelle en Thaïlande devrait progresser de 5,3 p. 100, alors qu’elle avait gagné 4,8 p. 100 en 2007.

L’Amérique latine et les Caraïbes

Le rythme de l’activité économique en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté légèrement en 2007, soit à 5,6 p. 100, contre 5,5 p. 100 un an plus tôt. C’est en Amérique centrale que la croissance a été la plus rapide, avec un taux de 6,5 p. 100. Le rythme de l’activité économique a augmenté en Amérique latine, passant de 5,3 p. 100 à 5.6 p. 100, grâce aux pays exportateurs de produits de base d’Amérique du Sud comme le Pérou (9,0 p. 100), l’Argentine (8,7 p. 100), le Venezuela (8,4 p. 100) et la Colombie (7,0 p. 100). Au Brésil la croissance a augmenté dans le contexte des baisses de taux d’intérêt réels et de la vigueur de l’emploi. Le pays a enregistré un taux de croissance de 5,4 p. 100, en comparaison de 3,8 p. 100 un an auparavant. Les effets du ralentissement aux États-Unis se sont toutefois fait sentir au Mexique et la croissance dans ce pays a fléchi à 3,3 p. 100, contre 4,8 p. 100 en 2006. De même, le rythme d’expansion de l’activité économique réelle dans les Caraïbes a reculé à 5,7 p. 100, alors qu’il avait été de 7,8 p. 100 un an plus tôt, la région étant elle aussi touchée par le ralentissement survenu aux États-Unis.

La demande intérieure a été le principal moteur de la croissance en Amérique latine et dans les Caraïbes. Stimulée par le taux élevé d’utilisation de la capacité dans certains pays et la poussée des prix des aliments et de l’énergie, l’inflation s’est accélérée dans la région. Cela a entraîné un resserrement de la politique monétaire au Chili, en Colombie et au Pérou et, dans une moindre mesure, au Mexique; le Brésil a pour sa part interrompu sa politique d’assouplissement monétaire.

Par le passé, la région de l’Amérique latine et des Caraïbes était inévitablement frappée de plein fouet par un ralentissement de l’économie américaine. Dans le présent cycle économique, on prévoit que l’activité économique modérera mais ne sera pas ébranlée par la faiblesse de l’économie américaine et des autres économies avancées, ou par la turbulence que traversent les marchés financiers. Globalement, la croissance dans la région devrait décélérer à 4,4 p. 100 en 2008 et à 3,6 p. 100 en 2009. Dans certains pays, la croissance sera modérée en raison d’un resserrement de la politique monétaire et de conditions de financement moins favorables sur les marchés extérieurs, mais les prix élevés des produits de base devraient aider à soutenir la demande intérieure. Ailleurs, la croissance sera gênée de façon appréciable par les contraintes de capacité qui entreront en jeu. Les taux d’inflation devraient augmenter dans certains pays en 2008, avant de reculer légèrement en 2009.

Hypothèses et risques

Tel qu’indiqué dans la note 1, toutes les projections présentées dans ce chapitre proviennent de l’édition d’avril 2008 de Perspectives de l’économie mondiale du FMI. Les projections du FMI reposent sur un certain nombre d’hypothèses. Parmi les plus importantes, notons celles-ci : 1) pour la plupart des pays, les taux de change effectifs réels demeureront constants à leur niveau moyen enregistré entre le 30 janvier et le 27 février 2008; 2) les politiques en vigueur (budgétaires et monétaires) seront maintenues; 3) le prix moyen du pétrole, mesuré par la moyenne simple des prix du pétrole brut des catégories Brent (R.-U.), Dubaï et West Texas Intermediate, sera de 95,50 ¢ É.-U. en 2008 et de 94,50 ¢ É.-U. en 2009 et demeurera inchangé en termes réels à moyen terme. En outre, un certain nombre d’hypothèses ont été faites au sujet des taux d’intérêt sur les dépôts dans le secteur financier sur les divers marchés internationaux. Le lecteur devrait consulter Perspectives de l’économie mondiale pour plus de détails. Tout écart par rapport aux hypothèses énoncées ci-dessus risque d’influer sur la fiabilité des projections présentées. Divers risques et incertitudes pourraient nuire à la performance de l’économie.

Parmi les principales incertitudes, il y a les effets éventuels de la crise financière qui se poursuit toujours. Comme nous l’avons mentionné, les problèmes qui sévissent dans ce secteur ont rejailli sur l’activité économique réelle et ses effets définitifs demeurent inconnus.

En outre, au-delà de la forte correction du marché de l’habitation aux États-Unis, il y a la possibilité que les prix des maisons s’ajustent sensiblement à la baisse dans les économies avancées. L’habitation pourrait dorénavant jouer un rôle plus marqué dans le cycle économique, étant liée à la richesse et à la confiance des consommateurs.

Autre élément de vulnérabilité, le prix des produits de base. La montée rapide des prix des produits de base a contribué à la bonne tenue des économies reposant sur ces produits depuis quelques années. Mais selon le FMI, les prix des produits de base ont reculé en moyenne de près de 30 p. 100 lors des ralentissements les plus sérieux de l’économie mondiale ces 30 dernières années. Une baisse importante des prix des produits de base se traduirait vraisemblablement par un ralentissement marqué de la croissance des pays producteurs de matières premières.

Alors que les baisses de prix feront sentir leurs effets, il en sera de même des hausses de prix. Malgré la perspective d’un ralentissement de l’économie mondiale, plusieurs économies en développement sont aux prises avec des pressions inflationnistes, notamment du côté des aliments et du pétrole. Par conséquent, au moment même où des mesures visant à contrer les effets du cycle semblent s’imposer, de nombreuses économies en développement s’efforcent de juguler l’inflation.

Enfin, même si les prévisions du FMI tiennent compte d’une récession mineure de l’économie américaine, une récession plus sévère ou prolongée accentuerait la gravité des facteurs de vulnérabilité dans l’ensemble des économies du monde. Du côté positif du bilan, si les États-Unis devaient afficher une performance supérieure à celle prévue, les facteurs de vulnérabilité s’en trouveraient atténués. Il y a aussi un certain potentiel à la hausse dans les projections de la demande intérieure des économies émergentes, lequel devrait contribuer à amortir les retombées négatives du cycle actuel dans les économies avancées.

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II.  Aperçu de l’évolution du commerce mondial

En 2007, la valeur du commerce mondial des marchandises a augmenté de 14,8 p. 100 en dollars É.-U., tandis la valeur du commerce des services progressait de 17,8 p. 10010. À ce rythme, l’expansion des exportations de services a été beaucoup plus rapide qu’en 2006 et a été supérieure à celle du commerce des marchandises. En bonne partie, l’accélération du commerce des services est attribuable aux mouvements des taux de change et, dans certains cas, au coût plus élevés des carburants. L’Europe, où la valeur des monnaies est en hausse, représente une part plus élevée des exportations de services que des exportations de marchandises.

La demande plus faible dans les pays développés a engendré des conditions moins propices à l’expansion du commerce international en 2007 par comparaison avec les années antérieures. En termes réels, la croissance du commerce mondial des marchandises a ralenti à 5,5 p. 100, alors qu’elle avait été de 8,5 p. 100 en 2006, et l’on prévoit qu’elle ralentira encore en 2008, à environ 4,5 p. 100. La baisse de trois points de pourcentage a ramené la croissance réelle des exportations de marchandises au taux annuel moyen de l’expansion du commerce durant la période 1997-2007. Malgré la baisse observée, la croissance réelle du commerce a dépassé la croissance réelle de la production mondiale par une marge d’environ 2 points de pourcentage.

La variation de la croissance réelle des échanges commerciaux entre régions demeure importante, traduisant les différences marquées dans l’activité économique et les mouvements des prix relatifs. Les pays et les régions qui exportent principalement des combustibles et des minéraux ont continué d’enregistrer d’importants gains liés aux termes d’échange11. Plus récemment, les pays qui ont un solde exportateur net dans leur commerce de produits alimentaires ont aussi fait des gains en raison de l’évolution favorable des termes d’échange.

Le commerce des marchandises

Le commerce en valeur (nominal)

En termes nominaux, les exportations mondiales de marchandises ont augmenté de 14,8 p. 100 en 2007, pour atteindre 13,9 billions de dollars É.-U. – un taux légèrement inférieur à celui de 15,5 p. 100 enregistré un an auparavant (tableau 2-1). Environ les deux tiers de l’augmentation en valeur monétaire est attribuable à la hausse des prix.

Les taux de croissance les plus élevés tant des exportations que des importations de marchandises ont été observés dans la région de la Communauté des États indépendants (CEI)12. Cette région a bénéficié d’une forte demande intérieure, d’un accroissement des entrées d’IED, et de l’évolution favorable des prix relatifs ces dernières années. Les importations de la région ont augmenté de plus du tiers par rapport à 2006, tandis que les exportations progressaient de près d’un cinquième.

Les prix élevés des produits de base, en particulier le pétrole et les métaux, sont à l’origine de la forte expansion des échanges commerciaux en Amérique du Sud et en Amérique centrale en 2007. Alors que les exportations avançaient de 14,9 p. 100, les importations enregistraient une hausse encore plus importante, soit 25,6 p. 100. Le Brésil, qui reçoit près du quart des importations de la région et fournit le tiers de ses exportations, a largement contribué à cette progression. Le Chili, l’Argentine, la Colombie et le Pérou ont aussi affiché une solide croissance, tant des exportations que des importations, tandis que les importations au Venezuela ont bondi de 44,5 p. 100.

Tableau 2-1
Commerce mondial des marchandises par région et pour certains pays (milliards $ É.-U. et pourcentage)

 ExportationsImportations
Valeur enPart enVariation annuelleValeur enPart enVariation annuelle
20072007200620072007200720062007
Monde13 898,0100,015,514,814 211,0100,014,514,4
Amérique du nord1 853,813,313,310,72 704,419,011,26,3
États-Unis1 163,28.414,612,22 017,014,210,75,2
Canada418,53,07,67,8389,72,710,99,0
Mexique272,02,017,18,6296,62,115,710,6
Amérique centrale et Amérique du Sud1495,63,621,214,9454,63,221,525,6
Brésil160,61,216,316,6126,60,923,532,1
Europe5 768,841,513,115,96 054,642,614,515,6
 UE(27)5 312,638,212,915,75 452,238,414,615,3
  Allemagne1 326,59,514,119.71 059,47,516,716,8
  France552,24,07,011,4613,24,37,513,2
  Italie491,53,511,717,9504,63,615,014,0
  Royaume-Uni435,63,116,7-2,9617,24,317,02,7
 CEI507,83,725,019,3377,22,730,633,6
  Russie355,22,624,716,9223,11,631,335,4
Afrique421,93,018,815,2355,12,513,922,4
Moyen-Orient720,95,221,49,6461,83,212,522,5
Asie4 129,029,716,915,53 802,926,815,414,1
 Chine1 217,98,827,225,7955,86,719,920,8
 Japon712,85,18,810,2621,04,412,67,1
 Inde145,21,021,320,2216,71,522,723,6
 NEI1 266,99,113,910,81 210,29,515,111,4

1 Englobe les Caraïbes.
Source : OMC et calculs de l’auteur.

L’Europe est la seule grande région où le taux de croissance des exportations a augmenté de 2006 à 2007. Au sein de l’UE, les gains étaient généralisés et particulièrement notables chez certains nouveaux pays membres, tels que la Slovaquie (38,8 p. 100), la Lettonie (34,0 p. 100), la Slovénie (29,2 p. 100) et la République tchèque (29,0 p. 100). Cependant, l’Allemagne a accaparé 30 p. 100 de l’augmentation en valeur absolue, tandis que les Pays-Bas, l’Italie et la Belgique représentaient une autre tranche de 30 p. 100 des gains enregistrés. Le Royaume-Uni et le Luxembourg ont vu leurs exportations de marchandises vers le monde chuter de 2006 à 2007.

La croissance des importations en Europe a été légèrement inférieure à celle des exportations, soit 15,6 p. 100. Les importations étaient en hausse dans tous les pays, les taux de croissance variant de 2,7 p. 100 au Royaume-Uni à 48,5 p. 100 au Monténégro. Cette augmentation des valeurs nominales du commerce (exportations et importations) est largement attribuable à la forte appréciation des monnaies européennes par rapport au dollar américain.

De bien des façons, 2007 a été l’année de la Chine. Tout d’abord, le commerce de la Chine (exportations et importations réunies) a dépassé pour la première fois le commerce combiné du Japon et de la Corée, les deuxième et troisième plus importants pays d’Asie pour les échanges de marchandises. Ensuite, la Chine a devancé pour la première fois le Canada comme première source d’importations de marchandises aux États-Unis. Enfin, la Chine a remplacé les États-Unis comme deuxième plus important exportateur de marchandises vers le monde après l’Allemagne. Sur l’année, les exportations chinoises ont progressé de près d’un quart de billion de dollars, ce qui représente une augmentation de plus du quart par rapport à 2006.

L’Inde a aussi connu une forte expansion de ses exportations, soit 20,2 p. 100. Ailleurs dans les grandes économies d’Asie, l’expansion des exportations a été plus modérée, les exportations du Japon enregistrant un gain de 10,2 p. 100, tandis que celles des quatre nouvelles économies industrialisées d’Asie (les NEI – Hong Kong (Chine), Corée, Singapour et Taïwan) étaient en progression de 10,8 p. 100. Le tableau des importations dans la région de l’Asie est à peu près comparable à celui des exportations. Pour la première fois depuis 2002, les exportations de marchandises de l’Afrique ont augmenté moins rapidement que ses importations. En revanche, l’Afrique du Sud, le plus important pays commerçant de la région, a vu ses importations croître moins rapidement que ses exportations.

Dans le contexte de la forte décélération de la croissance des importations aux États-Unis et d’un ralentissement de la croissance des importations au Canada et au Mexique, les importations en Amérique du Nord n’ont progressé que de 6,3 p. 100 en 2007. Les exportations nord-américaines ont augmenté plus rapidement que les importations, soit à un rythme de 10,7 p. 100, ce qui est néanmoins inférieur au taux de 2006. Les exportations canadiennes ont connu une légère accélération de 2006 à 2007, bien que l’augmentation soit en partie attribuable à l’appréciation du dollar canadien lorsque les données sur le commerce du Canada sont converties en dollars É.-U. Par contre, les États-Unis et le Mexique ont vu leurs exportations de marchandises croître moins rapidement l’an dernier en termes nominaux.

Le commerce en volume (réel)

En 2007, les régions qui ont connu la meilleure performance commerciale en termes réels sont la Communauté des États indépendants et l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale (y compris les Caraïbes). Ces régions ont vu leurs importations réelles bondir de 18 à 20 p. 100, plus de trois fois la moyenne mondiale en 2007. Les volumes d’exportations en Amérique du Sud et en Amérique centrale étaient en hausse de 5 p. 100, tandis que ceux de la CEI augmentaient de 6 p. 100.

L’Afrique et le Moyen-Orient ont profité de l’évolution des prix relatifs ces dernières années en raison du fait que plus de la moitié de leurs exportations de marchandises sont constituées de produits primaires, mais les volumes exportés ont généralement stagné. Parallèlement, ces régions ont vu leurs importations augmenter de quelque 12,5 p. 100 en volume.

En Asie, les exportations réelles ont progressé plus rapidement que les importations réelles – 11,5 p. 100 contre 8,5 p. 100. On observe de fortes variations du côté des importations au sein de la région, la Chine et l’Inde affichant des taux de croissance des importations dans les deux chiffres, alors qu’au Japon l’augmentation n’a été que de 1 p. 100. La performance commerciale des NEI asiatiques13 a été un peu moins reluisante que celle de l’ensemble de la région, mais ces pays ont néanmoins enregistré une croissance des exportations supérieure à celle des importations.

La croissance réelle de 3,5 p. 100 des exportations de marchandises de l’Europe a été contrebalancée par une augmentation des importations de 3,5 p. 100; en volume, l’expansion du commerce de la région est inférieure à celle du commerce mondial. C’est la situation observée en Europe depuis 2002. Au niveau des pays, la performance commerciale a varié largement en 2007, la plupart des nouveaux pays membres et la Turquie enregistrant une croissance des exportations réelles et des importations réelles de plus de 10 p. 100. Un second groupe, formé de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Belgique et de la Suisse, a vu ses échanges com - merciaux croître d’environ 5 p. 100. Enfin, un troisième groupe de pays commerçants, soit la France, l’Espagne, l’Irlande et Malte, a affiché un bilan presque stagnant.

Pour conclure, les exportations réelles de marchandises de l’Amérique du Nord ont suivi le rythme des exportations mondiales en 2007, à un taux de 5,5 p. 100, qui représente plus du double du taux de croissance des importations dans la région, soit 2,5 p. 100. L’excédent de la croissance des exportations de la région sur la croissance des importations peut être imputé à la performance commerciale des États-Unis où, en volume, les importations n’ont augmenté que de 1 p. 100, tandis que les exportations progressaient de 7 p. 100. Le Canada et le Mexique, deux exportateurs nets de produits axés sur les ressources dont la monnaie s’est fortement appréciée par rapport au dollar américain, ont vu leurs importations de marchandises augmenter beaucoup plus rapidement que leurs exportations.

table des matières

Prix et taux de change

L’évolution des prix relatifs et des taux de change a influé sur la composition du commerce en 2007. Les prix des métaux, des combustibles, des aliments et boissons et d’autres produits de base étaient en hausse et ces mouvements ont fait la manchette à divers moments durant l’année. Les prix des métaux, qui avaient bondi de plus de la moitié en 2006, ont poursuivi leur progression à des niveaux record au cours de la première moitié de 2007, avant de retomber durant la seconde moitié de l’année. Sur l’ensemble de l’année, les prix des métaux ont augmenté de 18 p. 100, ceux des aliments et boissons, de 15 p. 100, ceux des combustibles, de 10 p. 100, et ceux des matières premières agricoles, de 5 p. 10014.

Selon les estimations, les prix des exportations de biens manufacturés ont progressé de 9 p. 100 en 2007, mais les taux varient sensiblement d’un pays à l’autre. Ainsi, l’OMC affirme que les prix des exportations manufacturières allemandes ont augmenté de 10,2 p. 100, tandis qu’ils n’avançaient que de 3,2 p. 100 aux États-Unis et n’étaient que marginalement en hausse au Japon. Par contre, les prix des exportations coréennes ont baissé légèrement. L’indice de la valeur unitaire des importations chinoises de produits manufacturés a gagné près de 5 p. 100 en 2007. De plus, les prix n’ont pas évolué de la même façon pour les différentes catégories de biens manufacturés. Les prix des exportations des produits en fer et en acier ont grimpé de plus 10 p. 100, tandis que ceux des exportations de matériel de bureau et de télécommunication ont fléchi. Les prix des exportations de produits chimiques ont augmenté plus rapidement que la moyenne des biens manufacturés, mais ceux des produits liés à l’automobile ont progressé à un rythme plus lent.

Pour la quatrième année consécutive, les prix des biens manufacturés ont été moins robustes que ceux des produits primaires. En conséquence, les mouvements des prix relatifs ont eu d’importantes répercussions sur les valeurs unitaires des exportations des régions (prix), les hausses variant de 10 à 13 p. 100 pour les régions de l’Afrique et du Moyen-Orient et de la CEI, à entre 4 et 5 p. 100 pour l’Asie et l’Amérique du Nord.

Par ailleurs, l’évolution des taux de change en 2007 a eu un impact significatif sur les prix en dollars des biens entrant dans le commerce international. Le dollar américain s’est fortement déprécié (moyennes annuelles) par rapport aux grandes monnaies européennes et aux monnaies des principaux pays exportateurs de produits axés sur les ressources, comme le Canada, l’Australie et la Russie. En Asie, les monnaies de Hong Kong (Chine) et de Taïwan sont demeurées relativement inchangées par rapport au dollar américain, tandis que celles de l’Inde, de la Thaïlande et des Philippines ont gagné environ 10 p. 100. Le renminbi chinois, ou yuan, lié au dollar américain selon une formule de taux flottant restreint, s’est apprécié d’environ 5 p. 100 par rapport à ce dernier. Selon l’OMC, l’effet conjugué d’une structure d’exportation largement concentrée sur les produits électroniques et les autres biens manufacturés et d’une appréciation moyenne modérée des monnaies asiatiques par rapport au dollar américain a fait en sorte que la progression des prix des exportations asiatiques n’a pas dépassé environ la moitié de la moyenne mondiale en 2007. À l’opposé, les prix des exportations européennes auraient augmenté à des taux supérieurs à 10 p. 100, essentiellement en raison des fluctuations des taux de change.

Principaux pays participant au commerce des marchandises

Si l’on tient compte de la variation annuelle des échanges commerciaux, on observe un certain nombre de changements parmi les principaux pays exportateurs et importateurs (tableau 2-2). Tel qu’indiqué ci-dessus, les États-Unis ont été devancés par la Chine au second rang des pays exportateurs de marchandises. L’Italie a inscrit une solide performance à l’exportation en 2007, avec un gain de 17,9 p. 100 par rapport à 2006. Par contre, le Royaume-Uni a vu ses exportations baisser entre 2006 et 2007. En conséquence, les exportations italiennes ont dépassé celles du Royaume-Uni, l’Italie accédant au 7e rang du classement des principaux pays exportateurs alors que le Royaume-Uni glissait au 8e rang. De même, les exportations de la Belgique ont augmenté de 17,8 p. 100 en 2007, en comparaison d’un gain de 7,8 p. 100 au Canada. Grâce à cette performance, la Belgique est passée du 10e au 9e rang, délogeant du même coup le Canada.

Il y a deux cas où des pays ont changé de place sur la liste des principaux importateurs de 2006 à 2007. À nouveau, le taux de croissance plus rapide des importations au Japon a permis à ce pays de devancer le Royaume-Uni, tandis que les importations belges ont devancé les importations canadiennes. Le Japon est donc passé au 4e rang des pays importateurs, déclassant tout juste le Royaume-Uni, qui a reculé au 5e rang, tandis que la Belgique progressait du 10e au 9e rang, changeant de place ici aussi avec le Canada.

Tableau 2-2
Principaux pays exportateurs et importateurs dans le commerce mondial des marchandises, 2007 (milliards $ É.-U. et pourcentage)

Exportateurs
ExportateursRang en 2007Rang en 2006Valeur en 2007Part en 2007
Allemagne111 326,59,5
Chine231 217,98,8
États-Unis321 163,28,4
Japon44712,85,1
France55552,24.0
Pays-Bas66550,64,0
Italie78491,53,5
Royaume-Uni87435,63,1
Belgique910432,33,1
Canada109418,53,0
Importateurs
ImportateursRang en 2007Rang en 2006Valeur en 2007Part en 2007
États-Unis112 017,014,2
Allemagne221 059,47,5
Chine33955,86,7
Japon45621,04,4
Royaume-Uni54617,24,3
France66613,24,3
Italie77504,63,6
Pays-Bas88490,63,5
Belgique910415,82,9
Canada108Canada2,7

Source: OCM Statistique, avril 2007

Le commerce des services

Les exportations mondiales de services15 ont augmenté de près d’un demi-billion de dollars pour atteindre 3,3 billions de dollars É.-U. en 2007, un gain de 17,8 p. 100 par rapport à 2006 (tableau 2-3). L’expansion du commerce des services s’est donc accélérée par rapport à l’année précédente (12,0 p. 100) et a été clairement supérieure à la moyenne annuelle de 11,9 p. 100 pour la période 2000-2007. À ce niveau, les services représentaient un peu moins du quart des exportations mondiales de marchandises (23,4 p. 100).

Parmi les trois grandes catégories de services, les services de transport et les services de voyage comptaient pour un peu moins de 22,8 p. 100 et de 26,5 p. 100, respectivement, des exportations de services en 2007 (tableau 2-4), le reste allant aux services commerciaux (50,7 p. 100). Les services commerciaux ont connu l’expansion la plus rapide en 2007, avec un taux de 19,4 p. 100, suivis des services de transport (18,3 p. 100) et des services de voyage (14,4 p. 100).

Dans la plupart des régions, la croissance des exportations et des importations de services s’est s’accélérée, sauf au Moyen-Orient, où tant les exportations que les importations de services ont augmenté plus lentement qu’en 2006, et en Amérique du Nord, où le commerce des services a connu la progression la plus faible de toutes les grandes régions, du côté tant des exportations que des importations. Les taux de croissance ont été inférieurs à la moyenne mondiale au Mexique, au Canada et aux États-Unis. La décélération de la croissance des importations de services aux États-Unis explique le léger déclin du taux d’expansion global des importations de services dans la région, tandis que le ralentissement de l’économie américaine a été un facteur clé qui est venu limiter l’expansion des exportations de services du Canada.

La croissance a été plus robuste dans les régions de la CEI et de l’Afrique, suivies de l’Asie et de l’Europe. Ces régions ont enregistré des taux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale tant pour les exportations que pour les importations de services. Il y a eu accélération du commerce des services en Amérique centrale et en Amérique du Sud (y compris les Caraïbes); cependant, l’expansion des exportations, à 16,3 p. 100, a été inférieure à la moyenne mondiale.

Tableau 2-3
Commerce mondial des services par région et pour certains pays (milliards $ É.-U. et pourcentage)

 ExportationsImportations
Valeur enPart enVariation annuelleValeur enPart enVariation annuelle
20072007200620072007200720062007
Monde3 257,3100,012,017,83 059,1100,011,316,4
Amérique du Nord533,016,49,412,9439,914,49,59,3
États-Unis454,413,910,014,2335,611,09,38,8
Canada61,21,97,15,980,02,611,211,5
Mexique17,40,51,76,424,30,86,88,9
Amérique centrale et Amérique du Sud190,62,812,616,396,53,214,618,4
Brésil22,50,720,825,433,61,121,223,9
Europe1 662,051,010,018,61 443,846,99,117,4
 UE(27)1 512,146,410,318,61,337,343,79,317,3
  Allemagne197,36,111,618,2245,48,06,215,0
  France130,44,0-0,310,9120,13,92,212,3
  Italie108,93,310,312,1116,73,811,019,0
  Royaume-Uni263,48,19,716,6193,36,36,813,1
 CEI64,22,023,325,189,62,916,428,9
  Russie38,31,224,124,856,91,915,330,2
Afrique83,92,619,121,497,23,214,019,3
Moyen-Orient78,62,416,415,4124,54,119,116,8
Asie745,022,916,719,1777,625,414,017,1
 Chine126,73,923.738,6128,94,220,628,5
 Japon135,64,213,610,6157,45,18,69,3
 Inde86,42,735,215,178,12,632,623,8
 NEI242,97,513,415,4230,17,512,614,7

1 Englobe les Caraïbes.
Source : OMC et calculs de l’auteur.

La Chine et le Brésil sont, parmi les principaux pays, ceux ayant enregistré les plus haut taux de croissance de leurs exportations de services, soit 38,6 p. 100 et 25,4 p. 100, respectivement. Ils sont aussi les deux destinations où les importations ont augmenté le plus rapidement, soit de 28,9 p. 100 et de 23,9 p. 100, respectivement. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont affiché des hausses notables de leurs exportations de services en 2007, avec un taux de 18,2 p. 100 dans le premier cas et de 16,6 p. 100 dans le second. De façon similaire, il y a eu une forte croissance des importations de services en Inde et en Italie l’an dernier, avec des taux de 23,8 p. 100 et 19,0 p. 100, respectivement.

Tableau 2-4
Exportations mondiales de services en 2007 (milliards $ É.-U. et pourcentage)

 Valeur (milliards $ É.-U.)Part (%)Croissance 2006-2007 (%)
Ensemble des services3 257,3100,017,8
 Transportations742,122,818,3
 Voyages862,326,514,4
 Services commerciaux1 652,850,719,4

Source: OMC et calculs de l’auteur.

table des matières

III.  La performance économique du Canada

Le produit intérieur brut

Figure 3-1 Croissance du PIB réel canadien, 2003-2007

La croissance du produit intérieur brut réel (PIB) du Canada s’est bien poursuivie en 2007, avec un gain de 2,7 p. 100, principalement sous l’effet des dépenses de consommation. Ce rythme représente un léger fléchissement par rapport au taux de 2,8 p. 100 observé en 2006, mais correspond néanmoins au taux de croissance moyen des cinq dernières années. Toutefois, l’économie a décéléré de façon abrupte au quatrième trimestre en raison du ralentissement de l’économie américaine et les prévisions pour 2008 laissent entrevoir une croissance plus lente.

En termes réels, tous les segments du PIB mesuré en fonction des dépenses ont progressé en 2007, sauf les exportations réelles nettes (Figure 3-2). Les dépenses personnelles réelles en biens et services de consommation ont apporté la contribution la plus importante, avec une progression de 4,7 p. 100 en 2007, la meilleure performance depuis 1985. Le revenu du travail (hausse de 6,1 p. 100) et les bénéfices des entreprises (hausse de 5,8 p. 100) ont aussi contribué à la vigueur de la croissance. Un faible taux d’inflation et de bas taux d’intérêt ont aidé à stimuler les dépenses personnelles des consommateurs. La catégorie des biens durables est celle qui a connu la croissance la plus rapide parmi les dépenses réelles des consommateurs, avec un gain de 7,7 p. 100, le plus important depuis 2002. Les achats de voitures (hausse de 7,2 p. 100 en 2007) qui avaient déjà augmenté de 2,1 p. 100 l’année précédente, ont stimulé les dépenses en biens durables. Comme en 2006, les Canadiens ont accru de 5,4 p. 100 leurs dépenses consacrées aux meubles et aux appareils ménagers en 2007. Les dépenses en biens semi-durables ont encore fait bonne Figure, avec un gain de 6,1 p. 100 en termes réels. Les achats de vêtements et de chaussures ont progressé de 6,0 p. 100 en 2007, après une hausse de 8,1 p. 100 en 2006. Les achats réels de services ont augmenté de 4,5 p. 100 durant l’année écoulée. La vigueur du dollar a rendu plus abordables les destinations étrangères et, en conséquence, les dépenses en services de transport aérien ont connu une autre année de croissance robuste, avec un taux de 7,1 p. 100. Dans l’ensemble, les dépenses de consommation ont fait une contribution de 2,6 p. 100 au taux de croissance du PIB réel, dominant toutes les autres catégories.

Figure 3-2 Produit intérieur brut réel

En 2007, la part du taux de croissance économique provenant de l’investissement réel des entreprises n’a été que de 0,8 p. 100, l’investissement dans les structures non résidentielles dépassant l’investissement dans les structures résidentielles comme source de croissance. Cela s’est produit en dépit du ralentissement des dépenses réelles en structures non résidentielles à 3,9 p. 100 en 2007, contre une hausse de 12,9 p. 100 en 2006, et d’une accélération des dépenses réelles en structures résidentielles, en progression de 3,2 p. 100 en 2007 en comparaison d’une augmentation de 2,1 p. 100 en 2006. Dans la catégorie des structures non résidentielles, les dépenses consacrées aux structures d’ingénierie ont connu la plus forte croissance (4,7 p. 100). Malgré une légère décélération par rapport à 2006, l’investissement réel des entreprises en machines et en matériel a progressé au taux robuste de 5,1 p. 100 en 2007, dominé par la forte expansion de l’investissement allant au matériel de transport et de télécommunication, à l’ameublement, au matériel et aux logiciels.

En comparaison avec l’année précédente, la contribution des exportations nettes à la croissance du PIB réel a été encore plus négative (-1,6 p. 100), alors que la croissance des importations réelles (5,7 p. 100) a surpassé celle des exportations réelles (0,9 p. 100). En termes nominaux, les exportations et les importations canadiennes de biens et de services ont atteint des niveaux record, soit 532,7 milliards de dollars et 502,5 milliards de dollars, respectivement, en 2007; le solde commercial nominal est tombé à son second niveau le plus bas des dix dernières années.

En ce qui a trait au PIB des secteurs et des industries en 2007, la croissance réelle des industries de production de services (hausse de 3,4 p. 100) a dépassé celle des industries de production de biens (hausse de 0,8 p. 100) pour la septième année consécutive. Parmi les industries de production de services, les finances et les assurances, le commerce de gros et de détail et la construction ont été les principales sources de contribution à la croissance en 2007. Dans le secteur des finances et des assurances, l’activité a progressé de 5,4 p. 100 pour faire à nouveau un apport significatif à la croissance de l’économie. L’activité bancaire a augmenté de 7,5 p. 100, tandis que le commerce des titres bondissait de 10,2 p. 100 grâce au volume sans cesse croissant des opérations sur les marchés boursiers canadiens. La valeur ajoutée du secteur du commerce de détail a enregistré une forte hausse en 2007, soit 5,6 p. 100. Les consommateurs ont continué d’acheter des meubles et des ordinateurs à un rythme élevé. Les achats de voitures usagées et de pièces, de nouvelles voitures, de matériel électronique de maison et de vêtements ont contribué à cette vigueur. Dans le secteur du commerce de gros, l’activité était en hausse de 4,3 p. 100, dominée par les biens ménagers et personnels et les matériaux de construction. Dans le secteur de la construction, l’expansion s’est poursuivie (gain de 4,2 p. 100) stimulée à nouveau par la croissance des travaux de réparation et de génie (gain de 6,3 p. 100). Tant la construction résidentielle que la construction non résidentielle ont fait des gains sur l’ensemble de l’année.

Dans le secteur manufacturier, certaines industries ont ressenti la pression de la montée du dollar canadien, notamment celles qui sont sensibles aux exportations ou qui sont vulnérables à la concurrence des importations. Ainsi, la production réelle des usines de textiles et de vêtements et de produits du bois a baissé, respectivement, de 8,5 p. 100 et 10,7 p. 100. Le recul marqué du marché de l’habitation aux États-Unis a été un facteur clé dans l’industrie des produits du bois. Du côté positif du bilan, l’industrie de la fabrication alimentaire a poursuivi son expansion, à un taux de 2,2 p. 100, tout comme la pro - duction réelle de l’industrie des minéraux non métalliques (5,5 p. 100), des produits métalliques ouvrés (2,6 p. 100), des machines (2,5 p. 100) et des ordinateurs et des produits électroniques (3,5 p. 100).

La croissance du PIB par province

Dopée par les ressources naturelles, la croissance du PIB a dépassé la moyenne nationale dans cinq provinces, le taux enregistré à Terre-Neuve et Labrador atteignant le triple de la moyenne nationale. Encore une fois, les provinces situées à l’ouest de l’Ontario ont enregistré des taux de croissance supérieurs à la moyenne canadienne, soit 2,7 p. 100. Cependant, l’écart des taux de croissance entre les provinces de l’Ouest a été moins prononcé que l’an passé. En particulier, la croissance en Alberta est retombée de 6,6 p. 100 en 2006 à 3,3 p. 100 l’an dernier, tandis que le taux de croissance en Saskatchewan passait de -0,4 p. 100 à 2,8 p. 100 durant la même période. Pour la cinquième année d’affilée, l’Ontario et le Québec ont affiché des taux de croissance inférieurs à la moyenne nationale.

Figure 3-3 Croissance du PIB réel par province, 2007

En 2007, Terre-Neuve et Labrador a dominé le palmarès des provinces au chapitre de la croissance, avec un taux impressionnant de 9,1 p. 100. Ce dernier est attribuable à la forte progression des activités d’extraction minière, pétrolière et gazière. L’expansion continue du projet White Rose a fait bondir la production de pétrole brut. En dépit d’une grève, la production à la mine de Voisey’s Bay s’est également intensifiée et une nouvelle mine de cuivre et de zinc est entrée en exploitation à Duck Pond. La fabrication a aussi contribué à cette expansion, rebondissant en 2007 après trois années de déclin. Ces facteurs positifs ont tous fait sentir leurs effets sur les exportations de la province, en avance de 14 p. 100 en 2007, inscrivant le gain le plus important depuis 2002. Les bénéfices des entreprises étaient en hausse, propulsés par les prix des produits de base, tandis que les dépenses personnelles ont augmenté plus rapidement qu’au cours des années précédentes, notamment pour les voitures et les camions.

Le taux de croissance du PIB de l’Alberta est demeuré élevé en 2007, à 3,3 p. 100, mais cela représente une baisse d’au moins deux points de pourcentage par rapport aux taux enregistrés lors des deux années précédentes. Le ralentissement des activités d’exploration et d’extraction pétrolières et gazières explique cette modération de la croissance. Cependant, la forte croissance démographique et le resserrement des marchés du travail ont continué de faire pression sur le revenu personnel et, partant, les dépenses personnelles. La hausse de l’emploi a été la plus forte enregistrée au Canada. Le revenu du travail a inscrit une troisième année de croissance de plus de 11 p. 100, tandis que l’épargne personnelle est demeurée la plus élevée au pays. En outre, l’investissement du gouvernement dans les structures (hausse de plus de 20 p. 100), la forte croissance des services de santé, d’éducation et d’administration publique, ainsi que les dépenses élevées du gouvernement en biens et services ont tous fait un apport à la robuste expansion de l’économie albertaine.

L’activité économique en Colombie-Britannique a décéléré légèrement en 2007, à 3,1 p. 100, alors que la croissance avait été de 3,3 p. 100 en 2006; ce taux demeure néanmoins supérieur à la moyenne nationale. La vigueur du revenu du travail et le deuxième taux de chômage le plus bas au pays (4,2 p. 100) expliquent le niveau élevé des dépenses personnelles, principal moteur de la croissance. La progression des services a aussi aidé à soutenir l’économie, et la croissance dans ce secteur a été généralisée en 2007. Avec le parachèvement de plusieurs projets liés aux Jeux olympiques et les effets du ralentissement de la construction de maisons au sud de la frontière, le secteur de la construction a progressé plus lentement qu’au cours des quatre années précédentes.

L’économie de la Saskatchewan a connu le redressement le plus rapide en 2007 avec un taux de croissance de 2,8 p. 100, après une contraction (de 0,4 p. 100) un an plus tôt. Les mines, les services financiers et le commerce de gros et de détail ont été les moteurs de cette expansion. La hausse rapide des prix des produits de base s’est révélée providentielle pour l’économie de la province. Les mines de potasse ont rebondi après un recul important l’année précédente. En outre, les prix des céréales ont gonflé le revenu tiré des récoltes. La robustesse du marché de l’habitation a stimulé la demande de services financiers, et les services d’hébergement, d’alimentation et de boisson ont bénéficié de cette effervescence. L’emploi a augmenté de 2,1 p. 100 – le meilleur bilan depuis 1997 – ramenant le taux de chômage à 4,2 p. 100; la hausse du revenu du travail a stimulé les dépenses de consommation pour toute une variété de biens et de services, avec pour résultat que le commerce de gros et de détail a fait des gains importants.

L’économie du Manitoba a progressé de 3,3 p. 100 en 2007, un taux presque identique à celui de l’année précédente, mais supérieur à la moyenne nationale. L’activité dans le secteur de la construction a été le principal facteur de croissance, avec un gain de 13,7 p. 100 pour la seconde année consécutive. Parmi les principaux projets, mentionnons l’expansion continue de l’aéroport de Winnipeg et la construction du canal de dérivation de la rivière Rouge. L’investissement résidentiel suivait d’assez près, avec un gain de 5,5 p. 100 – le huitième d’affilée. L’expansion de l’activité économique a entraîné une augmentation de 4,3 p. 100 des exportations et de 6,4 p. 100 du revenu disponible, tout en maintenant le taux de chômage à un bas niveau. En conséquence, les dépenses personnelles ont connu leur progression la plus rapide (5,0 p. 100) depuis 1984.

Avec un taux de croissance économique de 2,1 p. 100 en 2007, l’Ontario tire toujours de l’arrière sur la moyenne canadienne (2,7 p. 100). Comme l’année précédente, le secteur manufacturier était en contraction alors que 16 des 21 sous-catégories ont subi un recul. La catégorie du matériel de transport est la plus durement touchée, avec une baisse de 2,8 p. 100. La poussée continue du dollar canadien par rapport au dollar américain et le ralentissement de l’économie américaine ont conjugué leurs effets pour affaiblir l’économie ontarienne. Comme en 2006, les industries de services ont mieux fait que les industries de biens, et les gains d’emploi dans les diverses industries de services (revente de maisons, activité boursière, banques et courtage de valeurs mobilières) ont plus ou moins compensé les pertes d’emplois dans le secteur manufacturier. En définitive, le taux de chômage est demeuré relativement stable.

L’activité économique a accéléré la cadence au Québec pour enregistrer un taux de croissance de 2,4 p. 100 en 2007, contre 1,7 p. 100 en 2006. La construction et les dépenses personnelles ont stimulé l’économie. Dans le secteur de la construction, l’activité était largement répandue, plusieurs grands projets de génie, notamment des centrales hydroélectriques, menant la marche. L’investissement dans la construction résidentielle a continué de progresser en 2007, compensant largement deux années de repli. La croissance de l’emploi a été forte, avec pour résultat que le taux de chômage a reculé pour la quatrième année consécutive. La forte augmentation du revenu du travail (5,8 p. 100) et un important règlement portant sur l’équité salariale dans le secteur public ont contribué à gonfler les dépenses personnelles de 4,6 p. 100, le gain allant en grande partie aux biens durables. Le niveau élevé de la production dans l’industrie de l’aérospatiale et celle des machines et du matériel a permis au secteur manufacturier d’enregistrer une croissance modérée.

La croissance économique au Nouveau-Brunswick a ralenti à 1,6 p. 100 en 2007, alors qu’elle avait été de 3,0 p. 100 en 2006. Malgré le fléchissement de l’activité manufacturière, la construction est demeurée un facteur positif pour l’économie de la province. Les grands projets de construction, dont l’usine d’énergie nucléaire de Point Lepreau et le terminal de gaz naturel liquéfié Canaport à Saint-Jean, ont stimulé l’investissement en structures non résidentielles. L’investissement dans la construction résidentielle était aussi en forte hausse, comme en témoigne le nombre de maisons mises en chantier. La croissance de l’emploi au Nouveau-Brunswick a été la plus élevée de l’ensemble des provinces situées à l’est du Québec, ce qui a permis au taux de chômage de descendre à son plus bas niveau en 32 ans, soit 7,5 p. 100.

L’économie de la Nouvelle-Écosse a progressé à un rythme de 1,6 p. 100 en 2007, alors qu’elle avait crû de 0,9 p. 100 en 2006. Les industries de production de services ont soutenu cette avancée, alors que le commerce de détail et le commerce de gros étaient en expansion et que les dépenses de consommation et le revenu du travail ont tous les deux fait une contribution positive.

Le PIB de l’Île-du-Prince-Édouard a progressé de 2,0 p. 100 en 2007, ce qui est inférieur au taux de 2,6 p. 100 enregistré l’année précédente. L’activité manufacturière a crû de 5,2 p. 100, stimulant les exportations et les bénéfices des entreprises. Parmi les secteurs qui ont freiné l’économie, il y a la production agricole, la construction non résidentielle et l’hébergement.

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L’emploi

En 2007, la création d’emploi au Canada a atteint un sommet en trois décennies. L’emploi a progressé de 2,3 p. 100, ce qui représente une création nette de 382 100 nouveaux emplois. Les nouveaux emplois à temps plein ont été plus de trois fois plus nombreux que les emplois à temps partiel (293 400 contre 88 600), mais l’expansion de l’emploi à temps partiel a été plus rapide, avec un taux de 3,0 p. 100, que celle de l’emploi à temps plein, en hausse de 2,2 p. 100, contrairement à ce que l’on a observé au cours des deux années précédentes, où la croissance de l’emploi à temps plein avait dépassé celle de l’emploi à temps partiel.

Figure 3-4 Taux de chômage au Canada, 2003-2007

Au niveau des provinces, l’Alberta et la Colombie- Britannique ont, pour la deuxième année d’affilée, affiché la plus forte création d’emplois, avec des taux de 4,7 p. 100 et de 3,2 p. 100, respectivement. En Alberta, les gains ont porté sur l’emploi à temps plein, principalement dans le secteur des ressources naturelles, celui de la construction et quelques industries de production de services; en Colombie- Britannique, la croissance de l’emploi a été concentrée dans les secteurs de la construction, des services publics, des ressources naturelles et de l’agriculture, ainsi que dans des industries de services telles que l’information, la culture et les loisirs, le transport et l’entreposage, l’administration publique et le commerce. Les gains d’emploi ont aussi été importants au Québec (hausse de 2,3 p. 100) et au Nouveau- Brunswick (hausse de 2,1 p. 100). Au Québec, les gains d’emploi proviennent principalement de la construction, des services publics, des services d’hébergement et d’alimentation, ainsi que des autres services. Avec un taux de 1,6 p. 100, la croissance de l’emploi en Ontario a été modeste en 2007, principalement en raison de la faiblesse du secteur manufacturier, notamment les industries de l’automobile, des carrosseries et pièces, des métaux ouvrés et des produits du bois, mais la faiblesse était aussi palpable dans les secteurs de l’agriculture, des ressources naturelles et de la construction.

Comme au cours des années précédentes, le secteur de la production des services a été à l’origine de la presque totalité des gains d’emploi en 2007, avec un taux d’augmentation de 3,0 p. 100 (375 100 emplois), comparativement à une modeste progression de 0,2 p. 100 (7 100 emplois) dans le secteur des biens. Dans le secteur de la production des biens, la fabrication a subi un autre recul en 2007, l’emploi régressant de 3,4 p. 100 (72 800 emplois). Cette perte est imputable à une combinaison de facteurs, dont la hausse rapide du dollar canadien, les coûts plus élevés de l’énergie et des autres matières premières, ainsi que la vive concurrence provenant de l’étranger. Il y eu inversion de rôles entre le secteur de la production des biens non durables et celui des biens durables : c’est dans ce dernier que l’emploi a été le plus durement frappé (baisse de 4,9 p. 100, soit 63 300 emplois). L’industrie de la pêche, de la chasse et du piégeage a enregistré le déclin le plus marqué de l’emploi, tandis que le secteur des services publics a connu une excellente année, l’emploi y progressant de 13,1 p. 100 (16 000 emplois). L’industrie de la construction a connu une autre bonne année en 2007, avec une hausse de l’emploi de 6,0 p. 100 (63 800). Dans le secteur de la production des services, l’hébergement et l’alimentation (gain de 5,4 p. 100) et l’information, la culture et les loisirs (gain de 5,0 p. 100) ont affiché le plus haut taux de croissance de l’emploi en 2007. Les services professionnels, scientifiques et techniques, et les soins de santé et l’aide sociale ont aussi très bien fait, avec des taux de croissance de l’emploi de 4,3 p. 100 (47 000 emplois) et de 3,4 p. 100 (60 600 emplois), respectivement.

Figure 3-5 Taux de chômage au Canada et dans les provinces

Contrairement aux deux années antérieures, le taux de participation est monté à 67,6 p. 100 en 2007. En conséquence, le taux d’emploi a augmenté de 0,5 point de pourcentage et le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau en 32 ans, soit 6,0 p. 100, alors qu’il était de 6,3 p. 100 en 2006.

Au niveau des provinces, le taux de chômage présente un tableau plus inégal en 2007 qu’au cours des deux années précédentes. Même si la moyenne nationale a touché un plancher en 32 ans, le taux de chômage a augmenté légèrement en Nouvelle-Écosse, en Ontario, au Manitoba et en Alberta. En outre, on observe une variation assez importante à ce chapitre. Encore une fois, toutes les provinces situées à l’est de l’Ontario ont enregistré des taux de chômage supérieurs à la moyenne nationale, tandis que c’est l’inverse que l’on observe dans les provinces situées à l’ouest de l’Ontario. C’est en Alberta, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique que les taux de chômages ont été les plus bas en 2007, soit 3,5 p. 100, 4,2 p. 100 et 4,2 p. 100, respectivement. Mentionnons également que quatre provinces situées à l’est de l’Ontario – Terre-Neuve et Labrador, le Nouveau- Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et le Québec – ont enregistré les baisses de chômage les plus marquées en 2007.

Le dollar

Figure 3-6 Indices des taux de change

Le cours annuel moyen du dollar canadien s’est apprécié par rapport aux principales monnaies en 2007 – de 5,5 p. 100 par rapport au dollar américain et de 6,9 p. 100 par rapport au yen japonais – poursuivant la tendance amorcée en 2003 (voir la Figure 3-6). La situation s’est par contre modifiée par rapport à l’euro et à la livre, le dollar canadien fléchissant de 3,1 p. 100 et de 2,8 p. 100, respectivement, sur une base annuelle moyenne. L’augmentation observée par rapport au dollar américain traduit non seulement la hausse des prix des produits de base, mais aussi les préoccupations que suscitent les perspectives de l’économie américaine et, notamment, l’ampleur des deux principaux déficits dans ce pays – celui du compte courant et celui du budget. Les prix des produits de base ont grimpé depuis 2002 sous l’effet des prix de l’énergie et des matériaux industriels (Figure 3-7).

Figure 3-7 Indices des prix des produits de base

Les taux d’intérêt

Les taux d’intérêt à court terme ont augmenté en juillet 2007, mais ils sont retombés vers la fin de l’année. Comme le montre la Figure 3-8, la Banque du Canada a haussé son taux directeur de 25 points de base en juillet 2007, le portant à 4,50 p. 100. Le contrecoup de la crise des prêts hypothécaires à taux réduits aux États-Unis, ainsi que le risque de ralentissement économique ont incité la Banque du Canada à abaisser résolument son taux directeur depuis lors, mais dans une mesure moindre que la Réserve fédérale aux États-Unis. En date du 22 avril 2008, le taux directeur de la Banque s’établissait à 3,00 p. 100.

Les prix

Figure 3-8 Taux directeur de la Banque du Canada

En 2007, les consommateurs canadiens ont payé, en moyenne, 2,2 p. 100 de plus qu’en 2006 pour les biens et services composant le panier de l’indice des prix à la consommation (IPC). Les principaux facteurs qui ont contribué à cette hausse globale sont l’augmentation des prix des assurances résidentielles et hypothécaires (hausse de 6,7 p. 100), des frais d’intérêts sur les emprunts hypothécaires (hausse de 6,0 p. 100), du coût de remplacement des habitations (hausse de 5,9 p. 100)16 et des autres dépenses de logement (hausse de 5,8 p. 100). Parmi les autres facteurs intervenant, il y a le logement détenu en propriété (hausse de 4,9 p. 100), l’essence (hausse de 4,5 p. 100), les produits du tabac et fournitures connexes (hausse de 4,4 p. 100), ainsi que les services d’entretien et de réparation des véhicules automobiles (hausse de 4,3 p. 100). En revanche, la baisse des dépenses consacrées aux véhicules automobiles, achetés ou loués (recul de 1,5 p. 100 et de 1,3 p. 100, respectivement) a contribué à limiter la progression de l’IPC.

Figure 3-9 Augmentations annuelles de l’IPC
 
Figure 3-10 Augmentation de l’IPC par province

L’IPC de référence, qui exclut les éléments instables tels que l’énergie et les aliments, a augmenté un peu moins que l’IPC total, soit de 2,1 p. 100 en 2007, en hausse de 0,2 point de pourcentage sur le taux de 1,9 p. 100 observé en 2006 (Figure 3-9). Le taux d’inflation a ralenti ou est demeuré stable dans la plupart des provinces, sauf au Nouveau- Brunswick et dans les trois provinces situées à l’ouest du Manitoba (Figure 3-10). L’Alberta et la Saskatchewan sont les deux provinces ayant enregistré l’augmentation la plus marquée de l’IPC, reflet de l’effervescence que connaît leur économie.

L’IPC de référence, qui exclut les éléments instables tels que l’énergie et les aliments, a augmenté un peu moins que l’IPC total, soit de 2,1 p. 100 en 2007, en hausse de 0,2 point de pourcentage sur le taux de 1,9 p. 100 observé en 2006 (Figure 3-9).

Le taux d’inflation a ralenti ou est demeuré stable dans la plupart des provinces, sauf au Nouveau- Brunswick et dans les trois provinces situées à l’ouest du Manitoba (Figure 3-10). L’Alberta et la Saskatchewan sont les deux provinces ayant enregistré l’augmentation la plus marquée de l’IPC, reflet de l’effervescence que connaît leur économie.

L’écart de productivité

La croissance de la productivité est la clé de l’augmentation du niveau de vie car elle constitue la principale source de croissance du revenu par habitant et est étroitement liée à la progression des salaires. La performance du Canada au chapitre de la productivité demeure inférieure à celle de ses principaux concurrents. La Figure 3-11 montre les niveaux de productivité du travail au Canada par rapport aux États-Unis17. En 2007, la productivité du travail dans le secteur des entreprises au Canada n’était que 73,8 p. 100 de celle des États-Unis, accusant un sérieux recul par rapport au niveau de 83,5 p. 100 enregistré en 1994. De façon similaire, la productivité du travail dans le secteur manufacturier canadien n’était que d’environ 62 p. 100 de celle des États- Unis, encore une fois un niveau nettement inférieur à celui de 90,1 p. 100 atteint en 1994.

Un nombre croissant de pays de l’OCDE font mieux que le Canada au chapitre de la productivité. Non seulement 16 des 20 pays de l’OCDE examinés affichent- ils une performance supérieure à celle du Canada, mais 13 présentent aussi un meilleur bilan à ce chapitre que les États-Unis18 (Figure 3-12).

Figure 3-11 Productivité relative du travail au Canada

La productivité mesure l’efficience avec laquelle l’économie transforme les intrants en extrants. Les mesures partielles de la productivité n’envisagent qu’un seul intrant : le travail ou le capital. La mesure de la productivité du travail correspond au produit intérieur brut (PIB) par heure travaillée, tandis que la mesure de la productivité du capital équivaut au PIB par unité de capital. La productivité multifactorielle est une mesure complexe fondée sur le PIB par unité combinée des intrants travail et capital. La croissance de la productivité du travail est étroitement liée à l’évolution de la rémunération réelle du travail. La croissance de la productivité du travail peut provenir de l’utilisation d’une plus grande quantité de capital (machines, matériel et structures) dans le procédé de production ou d’un changement technologique. La productivité peut se mesurer en termes de niveau ou de croissance. Comme pour le PIB, l’attention se porte principalement sur la croissance de la productivité et sur les comparaisons de la croissance de la productivité entre pays.

table des matières

IV.  Aperçu de la performance commerciale du Canada

Les nouveaux sommets atteints par les prix des produits de base et le dollar canadien et le ralentissement de la croissance aux États-Unis ont été les principaux faits marquants ayant influé sur le commerce des biens et services du Canada en 2007. Les prix élevés des produits de base ont gonflé les exportations qui sont principalement à l’origine de la croissance : les biens et matériaux industriels, les produits agro-alimentaires et les produits énergétiques. Parallèlement, les effets de l’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain19 et du ralentissement de la croissance aux États-Unis, notamment vers la fin de l’année, sont venus modérer la croissance globale des exportations.

Les importations moins coûteuses en dollars canadiens ainsi que la vigueur continue de l’économie du pays ont favorisé une forte croissance des importations de biens et services. Ce sont les importations de services qui ont connu l’expansion la plus marquée, les Canadiens profitant de la vigueur de leur dollar pour voyager aux États-Unis.

Le ralentissement de l’économie américaine et la vigueur continue de la demande sur les marchés émergents ont contribué à diversifier davantage les échanges commerciaux du Canada. La Chine a remplacé le Japon comme troisième plus important marché d’exportation des marchandises canadiennes, tandis que la part des États-Unis dans le commerce total des biens et services du Canada se situe maintenant à 68,8 p. 100, comparativement à 74,0 p. 100 en 2003.

Dans ce chapitre, nous examinons la situation du commerce des biens et services du Canada, en commençant par un tour d’horizon des faits marquants du commerce des biens et services avec les principaux partenaires commerciaux du pays, suivi d’un examen du commerce des biens, du commerce des services et d’une brève analyse du solde global du compte courant. Enfin, nous examinons plus en détail le commerce des marchandises avec les principaux partenaires commerciaux du Canada20.

Les biens et services

Les exportations de biens et services du Canada ont progressé de 1,9 p. 100 en 2007 pour atteindre 532,7 milliards de dollars; tant les exportations de biens (465,2 milliards de dollars) que les exportations de services (67,5 milliards de dollars) ont atteint de nouveaux sommets en valeur. Les importations de biens et services ont augmenté plus rapidement que les exportations de biens et services et cela, par une marge appréciable, avançant de 3,2 p. 100, à 502,5 milliards de dollars; comme pour les expor -tations, la valeur des importations de biens (415,6 milliards de dollars) et celle des importations de services (86,9 milliards de dollars) ont touché de nouveaux sommets.

Figure 4-1 Exportations de biens et de services
Figure 4-2 Importations de biens et de services

Les exportations et les importations de biens et services vers et en provenance des principaux marchés (les États-Unis, les 27 pays membres de l’Union européenne, le Japon et le reste du monde) ont augmenté dans tous les cas, à l’exception des exportations de biens et services aux États-Unis et au Japon, qui ont reculé (Figures 4-1 et 4-2). Les exportations de biens et services aux États-Unis ont diminué de 1,7 p. 100, à 391,7 milliards de dollars, tandis que les importations de biens et services en provenance de ce pays ont augmenté de 2,6 p. 100, à 320,2 milliards de dollars (Figure 4-3). L’excédent commercial avec les États-Unis s’est donc refermé de 17,2 p. 100 pour enregistrer son plus bas niveau depuis 1999, soit 71,5 milliards de dollars. Cependant, cet excédent a été plus que suffisant pour éponger le déficit commercial du Canada avec les autres destinations, le pays enregistrant globalement un solde commercial positif.

Les exportations de biens et services vers l’UE ont augmenté de 17,6 p. 100, à 52,8 milliards de dollars en 2007, stimulées par la forte croissance des exportations de biens au Royaume-Uni. La progression des exportations vers l’UE a été beaucoup plus rapide que celle des importations en provenance de cette région, qui n’ont augmenté que de 3,1 p. 100. Néanmoins, comme c’est le cas depuis 1983, les importations de l’UE ont dépassé les exportations vers cette région, laissant le Canada avec un déficit commercial. En 2007, celui-ci a atteint 5,0 milliards de dollars, soit 6,2 milliards de dollars de moins qu’en 2006, où il était de 11,2 milliards de dollars.

Figure 4-3 Croissance des exportations et des importations de biens

En 2007, les exportations de biens et services canadiens au Japon ont reculé de 3,9 p. 100, à 11,5 milliards de dollars, tandis que les importations de biens et services japonais augmentaient de 1,0 p. 100, à 15,3 milliards de dollars. En conséquence, le déficit commercial avec le Japon s’est établi à près de 3,9 milliards de dollars pour l’année. Pour ce qui est du reste du monde, le taux de croissance des exportations canadiennes de biens et services a représenté plus du double du taux de croissance des importations en 2007. Les exportations ont progressé de 13,3 p. 100, à 76,7 milliards de dollars, tandis que les importations augmentaient de 5,5 p. 100, à 109,1 milliards de dollars. Pour la première fois depuis 1995, le déficit commercial avec le reste du monde a diminué, tombant à 32,5 milliards de dollars l’an dernier comparativement à 35,8 milliards de dollars en 2006.

Bien que les importations de biens et services aient augmenté plus rapidement que les exportations de biens et services (3,2 p. 100 c. 1,9 p. 100), le solde global du commerce des biens et services du Canada a fondu de 6,0 milliards de dollars en 2007, à 30,2 milliards de dollars. Tant le solde du commerce des biens (baisse de 1,7 milliard de dollars) que le solde du commerce des services (baisse de 4,3 milliards de dollars) ont régressé, les importations ayant crû plus rapidement que les exportations, tant pour les biens que pour les services. La détérioration du déficit du commerce des services a représenté plus du double du recul de l’excédent du commerce des biens.

Parts Régionales du commerce des biens et services du Canada, 2003 et 2007 (pourcentage)

 ExportationsImportationsCommerce total
200320072003200720032007
Monde100,0100,0100,0100,0100,0100,0
É.-U.79,173,568,263,774,068,8
UR7,59,911,311,59,310,7
Japon2,42,23,23,12,82,6
Autres pays de l’OCDE3,64,45,75,74,65,1
Pays non membres de l’OCDE7,510,011,616,09,412,9

Diversification du commerce du Canada

Au cours des cinq dernières années, la part des échanges commerciaux du Canada détenue par les États-Unis a diminué de façon assez marquée, même si ce pays demeure toujours notre plus important partenaire commercial par une marge importante. Les parts des exportations et des importations de biens et services du Canada détenues par les États-Unis ont reculé d’environ 5 points de pourcentage, les États- Unis accaparant aujourd’hui 68,8 p. 100 de notre commerce total. La part du Japon a aussi reculé, bien que légèrement. L’UE a vu sa part augmenter, principalement du côté des exportations. Mais le grand gagnant a été la région du reste du monde, notamment les pays non membres de l’OCDE, qui comptent aujourd’hui pour 12,9 p. 100 des échanges totaux du Canada, une progression de 3,5 points de pourcentage au cours de cinq dernières années.

table des matières

L’activité des filiales canadiennes à l’étranger

Les biens et services canadiens ne sont pas vendus à l’étranger seulement par voie d’exportations, mais aussi par l’entremise des sociétés affiliées (SA) à des entreprises canadiennes1 à l’étranger. Les ventes des filiales d’entreprises canadiennes21 à l’étranger représentent environ les trois quarts de la valeur des exportations canadiennes de biens et services. Ces ventes à l’étranger constituent une autre mesure des intérêts canadiens hors du pays et procurent d’importants avantages au Canada. Ceux-ci proviennent non seulement des gains rapatriés, mais peuvent aussi prendre la forme d’un accès plus facile aux marchés étrangers et à des technologies nouvelles, ou permettre une compétitivité accrue grâce à la participation à des chaînes de valeurs ou à leur création. Cependant, ces ventes n’ont pas la même incidence que les exportations sur l’économie canadienne en termes de création d’emplois ou de contribution à la croissance économique.

Les ventes de biens et services des filiales étrangères d’entreprises canadiennes ont atteint 385 milliards de dollars en 2005, l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles. Il s’agit d’un gain de 25 milliards de dollars (6,9 p. 100) par rapport à l’année précédente, et la seconde année de hausse consécutive après trois ans de recul. Les ventes totales ont atteint leur niveau le plus élevé depuis que des statistiques sur le commerce des sociétés affiliées à l’étranger ont commencé à être recueillies en 1999 (Figure 1).

Figure 1 Ventes de biens et services des sociétés

Les ventes ont progressé à la fois pour les producteurs de biens et les producteurs de services. Les ventes des producteurs de biens ont gagné 9 milliards de dollars (3,7 p. 100) pour atteindre le niveau record de 248 milliards de dollars, tandis que les ventes des producteurs de services ont grimpé de 16 milliards de dollars (13,2 p. 100) à 137 milliards de dollars. Le commerce de détail (gain de 12 milliards de dollars), les finances (gain de 9 milliards de dollars), la fabrication (gain de 5 milliards de dollars), ainsi que l’extraction minière, pétrolière et gazière (gain de 4 milliards de dollars) sont les secteurs qui ont fait les contributions les plus importantes à la croissance des ventes des filiales canadiennes à l’étranger. Dans le secteur manufacturier, la hausse des ventes résulte de la vigueur des industries du matériel de transport et des métaux primaires.

La répartition géographique des ventes et de l’emploi des sociétés affiliées à l’étranger est présentée sous forme sommaire au tableau 1. La part des ventes des filiales d’entreprises canadiennes aux États-Unis a fléchi, passant de 64,3 p. 100 en 1999 à 56,3 p. 100 en 2005. Deux facteurs contribuent à expliquer cette situation. Premièrement, l’investissement direct du Canada à l’étranger s’est diversifié hors des États-Unis, comme en témoigne le recul de la part des ventes totales des sociétés affiliées à l’étranger représentée par les États-Unis. Deuxièmement, la hausse du dollar canadien par rapport au dollar américain s’est traduite par une diminution de la valeur des ventes exprimée en dollars canadiens.

Par ailleurs, la part des ventes des sociétés affiliées situées dans l’UE a augmenté, passant de 19,6 p. 100 à 23,3 p. 100 durant la même période, tout comme il y a eu progression des parts des ventes totales détenues par les sociétés affiliées dans les autres pays de l’OCDE et dans les pays non membres de l’OCDE.

Tableau 1
Répartition géographique des ventes et de l’emploi des filiales canadiennes, 2005

 VentesEmploi
Millions $Croissance
2004/05
(%)
Part
(%)
MilliersCroissance
2004/05
(%)
Part
(%)
Monde384 9556,9100,01 0299,6100,0
États-Unis216 7174,556,359710,458,0
Union européenne89 74210,323,32117,120,5
Autres pays de l’OCDE25 6599,06,7626,96,0
Pays non membres de l’OCDE52 83710,813,715911,215,5

Les sociétés affiliées à l’étranger appartenant à des intérêts canadiens avaient à leur emploi 90 000 personnes de plus en 2005, portant l’emploi total à 1 029 000, un gain de 9,6 p. 100 par rapport à l’année précédente. Le commerce de détail (+35 000), la fabrication (+28 000), l’extraction minière, pétrolière et gazière (+12 000) et les finances (+11 000) sont les principaux secteurs qui ont contribué à la hausse de l’emploi au cours de l’année.

Sur la période 1999-2005, la part des États-Unis dans l’emploi des filiales canadiennes à l’étranger a reculé, passant de 62 p. 100 à 58 p. 100. Simultanément, la part des pays autres que les États-Unis et les pays de l’UE est demeurée relativement stable, variant entre 21 et 22 p. 100. Ainsi, l’UE a accaparé la plus grande partie de la diminution de la part de l’emploi des filiales d’entreprises canadiennes aux États-Unis.

Valeur des ventes des filiales à l’étranger en comparaison des exportations

Figure 2 Ventes des filiales à l’étranger en proportion des exportations totales
Figure 3 Parts des exportations canadiennes et des ventes

Les ventes totales des filiales à l’étranger équivalaient à 74,2 p. 100 des exportations canadiennes de biens et services en 2005 (Figure 2). Comme les entreprises canadiennes ont beaucoup plus de chance de desservir le marché américain en y exportant que par l’entremise de filiales dans ce pays, la part correspondante n’était que de 53.4 p. 100 pour les États-Unis. Cependant, les ventes des filiales à l’étranger occupent une place plus importante dans les entreprises canadiennes qui écoulent leurs produits sur des marchés plus éloignés. Ainsi, en 2005, les ventes des filiales à l’étranger représentaient plus du double de la valeur des exportations vers l’UE et elles dépassaient la valeur des exportations vers les pays non membres de l’OCDE par une marge de 25 p. 100.

En 2005, les États-Unis recevaient 78,2 p. 100 des exportations mondiales du Canada, mais ne comptaient que pour 56,3 p. 100 des ventes des filiales canadiennes à l’étranger (Figure 3). Par contre, l’UE ne représentait que 7,8 p. 100 des exportations, mais une part beaucoup plus élevée (23,3 p. 100) des ventes des filiales canadiennes à l’étranger. Dans le cas des pays de l’OCDE autres que les États-Unis et les pays de l’UE, les parts des exportations et des ventes des filiales canadiennes étaient assez similaires, soit autour de 6 p. 100. Pour ce qui est des pays non membres de l’OCDE, la part des ventes totales des sociétés affiliées à des entreprises canadiennes atteignait environ 13,7 p. 100, tandis que les exportations canadiennes vers ces pays recueillaient une part plus modeste, soit 8,2 p. 100.

table des matières

Le commerce des biens

Les exportations de biens ont augmenté de 2,1 p. 100 en 2007, à 465,2 milliards de dollars, un gain de 9,5 milliards de dollars par rapport à 2006. Les gains ont été dominés par les exportations vers l’Union européenne et le reste du monde. Annulant en partie cette augmentation, les exportations aux États-Unis et au Japon ont diminué. Les importations ont augmenté plus rapidement, soit à un taux de 2,8 p. 100, gagnant 11,2 milliards de dollars. Les exportations de biens aux États-Unis ont reculé de 1,6 p. 100, à 355,3 milliards de dollars, tandis que les importations de biens de ce pays ont progressé de 2,1 p. 100, à 270,3 milliards de dollars. L’excédent du commerce des biens avec les États-Unis s’est donc résorbé d’environ 11,5 p. 100 pour toucher son plus bas niveau depuis 1999, soit 85,0 milliards de dollars, ce qui représente néanmoins 35 milliards de dollars de plus que l’excédent global des échanges commerciaux du Canada et en fait la principale composante du solde global de notre commerce des biens.

En 2007, les exportations de biens vers l’UE ont bondi de 20,6 p. 100, à 39,6 milliards de dollars, stimulées par la croissance rapide des exportations de biens au Royaume-Uni. Ce pays est devenu la seconde destination en importance des exportations de biens du Canada. Par une forte marge, la croissance des exportations vers l’UE a devancé la croissance des importations de cette région (0,5 p. 100), se soldant par une baisse de 6,6 milliards de dollars du déficit de nos échanges de biens avec l’UE, à 2,6 milliards de dollars.

Les exportations de biens canadiens au Japon ont fléchi de 3,4 p. 100, à 10,1 milliards de dollars, tandis que les importations de biens en provenance de ce pays ont augmenté de 0,8 p. 100, à 12,0 milliards de dollars. Il en est résulté un solde déficitaire de près de 1,9 milliard de dollars.

Pour le reste du monde, le taux d’expansion des exportations a représenté plus du double du taux de croissance des importations : en 2007, les exportations de biens canadiens ont progressé de 17,1 p. 100, à 60,2 milliards de dollars, tandis que les importations augmentaient de 6,4 p. 100, à 91,1 milliards de dollars. Le déficit du commerce des biens avec le reste du monde a ainsi reculé à 30,8 milliards de dollars, comparativement à 34,1 milliards de dollars en 2006.

FIGURE 4-4 Croissance des exportations de biens par grand groupe, 2007
Performance sectorielle du commerce des biens

Comme il ressort de la Figure 4-4, sauf pour les produits forestiers et les produits de l’automobile, qui ont reculé de 12,8 p. 100 et de 6,1 p. 100, respectivement, toutes les grandes catégories d’exportations ont progressé en valeur, avec en tête les biens et matériaux industriels22 et les produits agroalimentaires. La croissance des exportations de biens industriels a été stimulée par la vigueur continue de la demande et des prix des minerais métalliques et des alliages, qui ont propulsé tant la valeur que le volume des ventes. La valeur des exportations de biens et matériaux industriels a atteint 104,5 milliards de dollars en 2007, marquant la quatrième année consécutive d’expansion de cette catégorie. L’industrialisation rapide des économies émergentes d’Asie a joué un rôle clé dans la hausse des prix des métaux primaires (nickel, cuivre, zinc et minerai de fer).

Les exportations de produits agricoles et de poisson ont profité de la reprise des exportations de bétail aux États-Unis et de nouveaux débouchés pour le blé et le colza. Sous l’effet de la hausse des prix des aliments, l’accroissement de la valeur des exportations de produits agroalimentaires a été plus rapide que l’augmentation mesurée en volume et cela, par une marge considérable. Les exportations d’énergie ont aussi augmenté, principalement en volume, alors que l’appréciation du dollar canadien a presque annulé la hausse des prix énergétiques en dollars É.-U. Les États-Unis demeurent le plus important consommateur de produits énergétiques du Canada, alors que la demande nouvelle de pétrole brut de la Chine et de Singapour a gonflé les exportations d’énergie du Canada en Asie. Les exportations de biens de consommation étaient aussi en forte croissance.

Les États-Unis accaparent 71,5 p. 100 des exportations canadiennes de produits forestiers et 95,3 p. 100 des exportations de produits de l’automobile, et la conjoncture dans ce pays a influé sur nos exportations de ces produits. Ainsi, la forte correction qui se poursuit sur le marché de l’habitation aux États-Unis a été à l’origine de la contraction de la demande de bois d’oeuvre canadien dans ce pays; tant en valeur qu’en volume, les exportations canadiennes de produits forestiers ont fortement chuté. De même, le recul de la richesse, les conditions de crédit plus rigoureuses et la détérioration des conditions du marché du travail, s’ajoutant à l’augmentation des coûts de l’essence et à un dollar É.-U. plus faible, ont réduit la demande d’automobiles et de camions canadiens aux États-Unis, provoquant une baisse de 6,1 p. 100 de la valeur des exportations canadiennes de produits de l’automobile. En volume, les exportations de produits de l’automobile ont moins diminué du fait que les prix à l’exportation ont fléchi.

Les exportations de machines sont demeurées à peu près stables en valeur, mais ont augmenté légèrement en volume, alors que les prix à l’exportation ont aussi baissé dans cette catégorie. Les deux tiers des exportateurs canadiens sont aussi des importateurs et près de la moitié ont importé plus qu’ils n’ont exporté23; ces entreprises ont ainsi pu compenser la baisse des prix à l’exportation par des importations moins coûteuses en dollars canadiens.

Figure 4-5 Croissance des importations de biens, 2007

Pour ce qui est des parts des exportations totales de biens, les machines et le matériel (20,5 p. 100), les biens et matériaux industriels (22,5 p. 100), les produits énergétiques (19,7 p. 100) et les produits de l’automobile (16,7 p. 100) ont représenté environ 79,3 p. 100 des exportations canadiennes en 2007.

Les importations ont augmenté dans toutes les catégories, sauf celle des produits forestiers, qui accuse une baisse de 3,0 p. 100 en valeur mais est demeurée à peu près stable en volume (Figure 4-5). Dans toutes les catégories sauf l’énergie, la baisse des prix à l’importation en dollars canadiens a fait en sorte que les volumes ont crû plus rapidement que les valeurs correspondantes. Dans le cas des importations d’automobiles, de biens industriels, de machines et de biens de consommation, la croissance en volume a représenté près du double de la croissance en valeur.

Alors que les importations de biens et matériaux industriels ont augmenté en valeur de seulement 1,2 p. 100, à 85,0 milliards de dollars, l’excédent du commerce des biens industriels a presque doublé, passant de 10,0 milliards de dollars en 2006 à 19,5 milliards de dollars en 2007. Les importations de biens de consommation ont progressé de 5,3 p. 100, à 54,8 milliards de dollars, en raison d’une forte demande pour les produits pharmaceutiques, les jouets, les vêtements et l’ameublement de maison. Cette catégorie a enregistré le plus gros déficit commercial de tous les secteurs en 2007, soit 35,9 milliards de dollars.

Pour ce qui est des parts des importations totales, quatre catégories – les machines et le matériel (28,1 p. 100), les biens et matériaux industriels (20,5 p. 100), les produits de l’automobile (19,2 p. 100) et les biens de consommation (13,2 p. 100) – ont accaparé plus de 80,9 p. 100 des importations au Canada en 2007.

Excédent du commerce des biens

Après avoir touché un sommet à 70,7 milliards de dollars en 2001, l’excédent du commerce des biens du Canada a retraité à 49,6 milliards de dollars en 2007, sa valeur la plus basse en huit ans. Dans l’intervalle, des changements structurels se sont produits dans les relations commerciales du Canada avec le monde. En 2007, l’excédent du commerce des biens s’explique par les gains faits dans les secteurs de l’énergie, des biens et matériaux industriels et des produits agroalimentaires (Figure 4-6), qui ont contrebalancé les reculs subis dans les échanges de biens de consommation, de machines et de matériel, de produits de l’automobile et de produits forestiers.

Figure 4-6 Solde du commerce des biens par grand groupe, 2006-2007

table des matières

L’évolution de l’excédent commercial du Canada

Des sept grandes catégories de biens, trois ont toujours affiché un excédent commercial au cours des 28 dernières années. Ce sont les grands secteurs de ressources traditionnels du Canada : produits agricoles et poisson, foresterie et produits énergétiques. En dollars nominaux, l’excédent du commerce des produits agricoles et du poisson a atteint un sommet en 2001, à 10,7 milliards de dollars. L’excédent du commerce des produits énergétiques a inscrit un nouveau record en 2007, à 55,1 milliards de dollars, mais l’excédent du commerce des produits forestiers avait touché son point le plus élevé en 2000, à 39,7 milliards de dollars, pour se replier par la suite. Les catégories où le Canada a toujours enregistré un déficit commercial sont celles des machines et du matériel et des biens de consommation; ces déficits se sont creusés au cours des dernières années.

Les produits de l’automobile et les bien et matériaux industriels sont les seuls secteurs qui ont enregistré à la fois des excédents et des déficits au cours des 28 dernières années. Mais ces renversements de tendance ont été l’exception plutôt que la règle et ont été de courte durée. En 2007, le secteur de l’automobile a enregistré son premier déficit depuis 1987, essentiellement en raison d’une baisse des exportations, les importations étant demeurées relativement stables. Les biens et matériaux industriels ont systématiquement enregistré des excédents, sauf entre 1998 et 2001, une période caractérisée par la faiblesse des prix des métaux et les prix élevés des importations d’acier et de produits chimiques.

Solde du commerce des biens par grand groupe, 1990-2007

Le commerce des services

En 2007, les exportations canadiennes de services ont progressé marginalement, soit de 0,3 p. 100, à 67,5 milliards de dollars. Par contre, les importations de services ont augmenté de 5,5 p. 100, atteignant un sommet de 86,9 milliards de dollars. En conséquence, le déficit du commerce des services a grimpé au niveau record de 19,5 milliards de dollars, alors qu’il avait été de 15,2 milliards de dollars en 2006, ce qui se traduit par une détérioration de 4,3 milliards de dollars du solde du commerce des services.

L’essentiel de cette détérioration est imputable au déficit croissant du commerce des services de voyage, qui a atteint 10,3 milliards de dollars. Ce déficit montre une forte tendance à la hausse depuis 2002, les Canadiens profitant de la vigueur de leur dollar pour voyager aux États-Unis. Une ventilation par sous-catégories indique que tant les voyages d’affaires que les voyages à des fins personnelles ont vu leur déficit augmenter de façon spectaculaire. Le déficit du commerce des services de transport s’est aussi creusé, passant de 7,1 milliards de dollars en 2006 à 7,7 milliards de dollars en 2007, tandis que celui des services commerciaux demeurait stable. Les déficits des services de voyage et des services de transport sont les plus élevés jamais enregistrés.

Parmi les grandes catégories, les exportations de services de transport ont connu une solide croissance (2,9 p. 100), tandis que les exportations de services de voyage ne progressaient que marginalement (0,3 p. 100). Les services commerciaux sont la seule catégorie à avoir accusé un recul en 2007 (baisse de 0,6 p. 100), les baisses observées dans les services de construction (-36,9 p. 100), les services de recherchedéveloppement (-8,3 p. 100), les services audiovisuels (-7,0 p. 100) et les autres services financiers (-2,0 p. 100) étant en partie compensées par des gains dans les services de communication (4,2 p. 100) et les redevances et droits de licences (6,1 p. 100). Du côté des importations, les services de voyage et de transport ont augmenté respectivement de 15,5 p. 100 et de 5,3 p. 100 en 2007, tandis que les importations de services commerciaux fléchissaient de 0,3 p. 100. Les baisses observées dans les services d’architecture, de génie et les autres services techniques (-8,2 p. 100), les services de communication (-7,8 p. 100) et les services de recherche-développement (-6,3 p. 100) ont été le principal facteur à l’origine du repli des importations de services commerciaux, tandis que les autres services financiers connaissaient une forte croissance (12,7 p. 100), qui a contribué à limiter globalement les pertes de ce groupe.

La ventilation par destination géographique révèle que le déficit du commerce des services avec les États-Unis a augmenté, passant de 9,8 milliards de dollars à 13,5 milliards de dollars, tandis que les déficits du commerce des services avec l’UE et le Japon ont atteint 2,3 milliards de dollars et 2,0 milliards de dollars, respectivement (tableau 4-1). L’aggravation du déficit avec les États-Unis est principalement attribuable à l’augmentation des importations de services de voyage et de transport, tandis que la hausse des importations de services de voyage avec l’UE explique le déficit plus important enregistré avec cette région.

Tableau 4-1
Solde du commerce des services par catégorie (milliards $)

Solde du commerce des services par catégorie: Monde
Monde200520062007
 Services (total)-12,2-15,2-19,5
 Voyages-5,4-6,7-10,3
 Transportations-5,8-7,1-7,7
 Services commerciaux-1,6-2,2-2,3
Solde du commerce des services par catégorie: É.-U
É.-U.200520062007
 Services (total)-9,5-9,8-13,5
 Voyages-3,2-4,3-7,1
 Transportations-1,4-1,8-2,3
 Services commerciaux-5,0-3,9-4,3
Solde du commerce des services par catégorie: UE
UE200520062007
 Services (total)-0,9-1,9-2,3
 Voyages-1.2-1.3-1.8
 Transportations-1,1-1,4-1,3
 Services commerciaux1,50,80,7
Solde du commerce des services par catégorie: Japon
Japon200520062007
 Services (total)-0,9-1,8-2,0
 Voyages0,40,40,2
 Transportations0,0-0,1-0,1
Services commerciaux-1,2-2,1-2,1

Le compte courant

Outre le commerce des biens et services que nous venons d’examiner, le compte courant englobe aussi les paiements et les rentrées au titre des revenus de placements et les transferts courants. L’an dernier, le solde du compte courant a reculé à 14,2 milliards de dollars, alors qu’il était de 23,6 milliards de dollars en 2006, un repli d’environ 40 p. 100. Près de deux tiers de la diminution du solde du compte courant sont attribuables à la baisse de près de 6,0 milliards de dollars du solde du commerce des biens et services. Le reste provient du solde net des flux de revenus de placements, alors que l’écart entre les bénéfices réalisés par les investisseurs étrangers et ceux qu’ont touchés les investisseurs canadiens à l’étranger s’est creusé de 5,9 milliards de dollars et n’a été que partiellement compensé par une amélioration nette des 3,8 milliards de dollars dans les flux de revenus sur les placements de portefeuille. Le solde du commerce des biens s’est affaibli au cours de la seconde moitié de 2007 et, pour la première fois en neuf ans, le compte courant du Canada est devenu déficitaire au quatrième trimestre.

table des matières

Le commerce des biens et services dans l’économie

Le ratio du commerce au PIB sert à mesurer l’ouverture d’une économie au commerce ou encore l’importance des échanges commerciaux pour une économie (il ne faut pas interpréter faussement ces mesures comme une indication des pourcentages du PIB attribuables aux échanges commerciaux : au sens comptable, la contribution du commerce au PIB provient du solde des exportations et des importations). Les exportations canadiennes de biens et services équivalaient à 34,8 p. 100 du PIB en 2007, tandis que le commerce total (exportations plus importations) représentait 67,6 p. 100 du PIB, le second ratio le plus élevé au sein du G8. Ces ratios sont en baisse au Canada depuis quelques années, ce qui illustre les limites inhérentes à leur utilisation comme mesure de l’ouverture au commerce ou de son importance. Leur déclin au Canada ne signifie pas que le Canada est moins ouvert au commerce ou qu’il compte moins sur les échanges commerciaux : il traduit simplement l’appréciation du dollar canadien et l’amélioration des termes de l’échange du Canada. Les prix des biens qui entrent dans le commerce ont diminué par rapport à ceux des biens qui ne sont pas échangés sur le marché international, avec pour résultat que la valeur du commerce a baissé relativement au PIB canadien.

Exportations de biens et services en proportion du PID (pourcentage)

 200520062007
Canada37,736,234,8
France26,026,926,7
Allemagne40,945,146,8
Italie26,027,8n.a.
Japon14,316,1n.a.
Royaume-Uni26,528,525,9
É.-U.10,511,111,9
Russie35,233,830,3
Mexique30,031,9n.a.

Commerce total des biens et services en proportion du PID (pourcentage)

 200520062007
Canada71,769,867,6
France53,055,155,2
Allemagne76,784,786,5
Italie52,056,5n.a.
Japon27,330,9n.a.
Royaume-Uni56.560.655.4
É.-U.26,828,028,8
Russie56,754,952,2
Mexique61,565,1n.a.

Tableau 4-2
Exportations et importations de marchandises du Canada par région

Exportations de marchandises du Canada par région (milliards $ et pourcentage)

Pays20062007Part en 2007Croissance annuelle en 2007
Monde440,3450,3100,02,3
É.-U.359,3356,079,1-0,9
Royaume-Uni10,112,82,826,3
Chine7,79,32,121,3
Japon9,49,22,0-2,5
Mexique4,45,01,113,2
Pays-Bas3,14,00,932,0
Allemagne43,90,9-1,8
Norvège1,93,70,895,0
France2,93,10,78,5
Corée3,33,00,7-7,9
UE29,234,87,719,4

Importations de marchandises du Canada par région (milliards $ et pourcentage)

Pays20062007Part en 2007Croissance annuelle en 2007
Monde396,6406,6100,02,5
É.-U.217,6220,454,21,3
Chine34,538,39,411,0
Mexique16,017,24,27,2
Japon15,315,43,80,8
Allemagne11,111,52,83,7
Royaume-Uni10,911,52,85,6
Corée5,85,41,3-6,9
Norvège5,45,31,3-2,1
France5,25,11,3-1,9
Italie4,95,11,33,3
UE49,349,412,10,2

Source: Statistique Canada

Le commerce des marchandises avec les principaux partenaires commerciaux

Tel qu’indiqué, le Canada a diversifié son commerce hors des États-Unis depuis quelques années. L’an dernier, les exportations totales de marchandises du Canada aux États-Unis ont fléchi de 0,9 p. 100, à 356,0 milliards de dollars24. La part des États-Unis dans les exportations totales de marchandises a ainsi reculé de 2,6 points de pourcentage, à 79,1 p. 100 – la première fois où cette part s’est retrouvée sous la barre des 80 p. 100 depuis 1995. Cependant, les exportations de marchandises vers les destinations autres que les États-Unis ont progressé de 16,5 p. 100.

Figure 4-7A Dix principales exportations de marchandises aux États-Unis, 2007

Le tableau 4-2 fait voir les 10 principaux partenaires commerciaux du Canada. Les exportations de marchandises canadiennes ont enregistré leur plus forte croissance avec la Norvège (95,0 p. 100), les Pays-Bas (32,0 p. 100) et le Royaume-Uni (26,3 p. 100). La hausse des prix des exportations de métaux est responsable de la forte croissance des exportations vers ces trois pays européens, en particulier le nickel qui représentait près de 90 p. 100 de l’accroissement total des exportations vers la Norvège, environ le tiers de l’augmentation des exportations aux Pays-Bas et près de 30 p. 100 de la hausse des exportations vers le Royaume-Uni. Les exportations du Canada en Chine ont progressé de 21,3 p. 100 en 2007, ce pays devançant le Japon pour prendre le troisième rang des principaux marchés d’exportation du Canada.

Les États-Unis détiennent toujours la part du lion des importations de marchandises au Canada, soit 54,2 p. 100 en 2007. La Chine et le Mexique suivent avec des parts respectives de 9,4 p. 100 et de 4,2 p. 100. L’Italie a devancé l’Algérie au dixième rang des principales sources d’importations au Canada. En termes de croissance, les importations de Chine (11,0 p. 100), du Mexique (7,2 p. 100) et du Royaume-Uni (5,6 p. 100) ont enregistré la croissance la plus forte parmi les 10 principales sources d’importations en 2007.

table des matières

Le commerce des marchandises avec certains des principaux partenaires commerciaux par secteur

Les États-Unis

Comme nous l’avons déjà indiqué, les exportations aux États-Unis ont diminué en 2007. Les baisses étaient particulièrement notables pour les produits de l’automobile, le bois d’oeuvre de résineux, le papier et le carton, ainsi que les plastiques qui, ensemble, ont accumulé des pertes de près de 11,8 milliards de dollars. Comme il ressort de la Figure 4-7a, les exportations canadiennes de marchandises aux États-Unis demeurent concentrées dans trois grandes catégories : les combustibles et huiles minéraux (25,3 p. 100), les véhicules automobiles et pièces (18,4 p. 100) et les machines et le matériel mécaniques (7,5 p. 100). Globalement, ces trois catégories représentent quelque 51,1 p. 100 de toutes nos exportations de marchandises aux États-Unis. Les 10 principaux produits canadiens exportés aux États-Unis accaparaient 71,1 p. 100 de l’ensemble des exportations vers ce pays, soit 253,3 milliards de dollars. Les exportations étaient en baisse dans sept des 10 principales catégories l’an dernier, les exceptions étant les combustibles et huiles minéraux, les machines mécaniques et les aéronefs, qui ont progressé de 7,0 p. 100, de 3,3 p. 100 et de 22,2 p. 100, respectivement.

Les importations de marchandises au Canada en provenance des États-Unis ont augmenté de 1,3 p. 100, à 220,4 milliards de dollars, en 2007, représentant 54,2 p. 100 des importations totales de marchandises du Canada. À ce niveau, la part des États-Unis est de 0,7 point de pourcentage inférieure à celle de l’année précédente. Les véhicules automobiles et pièces, ainsi que les machines et le matériel – mécaniques et électriques – ont représenté 45,6 p. 100 des importations totales de marchandises des États-Unis en 2007 (Figure 4-7b). Les 10 principales marchandises importées au niveau de la classification à deux chiffres du système harmonisé (SH) représentaient environ 67,2 p. 100 des importations totales de marchandises des États-Unis, soit 148,2 milliards de dollars.

Comme dans le cas des exportations, les produits liés aux aéronefs et aux astronefs sont ceux qui ont affiché la croissance la plus rapide parmi les 10 principales catégories d’importations en 2007, avec un gain de 38,9 p. 100, tandis que les machines et le matériel (-3,0 p. 100) et les produits en plastique (-4,5 p. 100) sont les catégories ayant accusé les replis les plus importants.

Les échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis

Part des échanges intra-entreprises dans le commerce entre le Canada et les États-Unis

En 2005, la plus récente année pour laquelle des données sont disponibles, 30,3 p. 100 du commerce des biens entre le Canada et les États-Unis était constitué d’échanges intraentreprises, en baisse par rapport au niveau de près de 45 p. 100 de la fin des années 80. Le Canada est aussi l’un des pays développés qui affiche les parts les plus faibles d’échanges intraentreprises parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Cela traduit le fait qu’une bonne partie de l’investissement direct canadien aux États-Unis est dirigé vers les services financiers et d’autres secteurs où l’on ne devrait pas observer beaucoup d’échanges de biens intraentreprises. Cela témoigne aussi du niveau élevé d’adaptation des exporteurs canadiens au marché américain et vice-versa.

Les échanges intra-entreprises sont des échanges entre des entreprises apparentées situées de part et d’autre de la frontière. Dans le cas du Canada et des États-Unis, il y a six catégories d’échange intra-entreprises :

  1. Les importations par une société mère canadienne d’une société affiliée aux États-Unis;
  2. Les exportations d’une société mère canadienne vers une société affiliée aux États-Unis;
  3. Les exportations d’une filiale américaine située au Canada vers sa société mère aux États-Unis;
  4. Les importations par une filiale de sa société mère aux États-Unis;
  5. Les exportations d’une filiale canadienne d’une société mère étrangère (ni canadienne ni américaine) vers une société affiliée du même groupe aux États-Unis;
  6. Les importations par une filiale étrangère au Canada (ni canadienne ni américaine) d’une société affiliée aux États-Unis.

Les contraintes de données nous empêchent de mesurer les échanges entre les sociétés affiliées à une société mère d’un pays tiers (catégories 5 et 6 ci-dessus)25.

En 2005, 30,3 p. 100 du commerce canadoaméricain, soit environ 153,4 milliards de dollars É.-U., se déroulait au sein des entreprises. Les échanges intra-entreprises représentaient quelque 34,0 p. 100 des exportations canadiennes, mais une part beaucoup moins élevée des importations, soit 25,2 p. 100. Dans une large mesure, cet écart entre les importations et les exportations reflète la différence qui existe entre les entreprises canadiennes et américaines. Plus des trois-quarts des exportations canadiennes qui constituent des échanges intra-entreprises sont le fait d’une filiale exportant vers sa société mère aux États-Unis, alors que seulement 22,8 p. 100 est constitué d’expéditions d’une société mère canadienne vers une filiale aux États-Unis. Dans le cas des importations intra-entreprises, l’écart est encore plus marqué. Quelque 94,4 p. 100 des importations intra-entreprises est imputable à des filiales au Canada qui importent de leur société mère aux États-Unis, contre seulement 5,6 p. 100 qui est le fait de filiales aux États-Unis expédiant des biens à leur société mère canadienne.

Échanges intra-entreprises Canada–États-Unis par industrie, 2005

Le secteur du matériel de transport est à l’origine de près de la moitié des échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis, avec en tête les véhicules automobiles – une industrie dominée par les grands constructeurs américains qui ont des activités des deux côtés de la frontière. Une autre tranche de 15,1 p. 100 des échanges intraentreprises allait aux « autres produits manufacturés », mais le second secteur en importance après le matériel de transport était celui du commerce de gros. En 1990, 85,1 p. 100 des échanges intraentreprises de biens entre le Canada et les États- Unis se passaient dans le secteur manufacturier; en 2005 la proportion avait reculé à 71,4 p. 100, le secteur du commerce de gros accaparant la plus grande partie de la différence.

Parmi les pays du G-7, le Canada affiche la deuxième part la plus faible des échanges intraentreprises avec les États-Unis, après l’Italie. Les trois autres grands pays européens – l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France – ont des parts assez similaires, allant de 58,2 p. 100 pour l’Allemagne à 46,2 p. 100 pour la France. C’est le Japon qui, de loin, a la part la plus élevée d’échanges intraentreprises avec les États-Unis, soit 94,1 p. 100.

Part des échanges intra-entreprises dans le commerce avec les États-Unis, 2005

La part relativement faible des échanges entre sociétés apparentées dans le commerce canadoaméricain est le reflet du profil de l’investissement direct. Notamment, une grande part de l’investissement direct du Canada aux États-Unis va dans des secteurs où les échanges de biens intra-entreprises ne sont pas très importants. Ainsi, parmi les pays du G-7, le Canada occupe l’avant-dernier rang pour la valeur de l’IED dans le secteur manufacturier aux États-Unis (ici aussi, devant l’Italie) même si, globalement, l’IED canadien aux États-Unis se compare à celui du Japon ou des trois grands pays européens.

Nonobstant cette part relativement faible, il y a lieu de signaler que les échanges de biens intraentreprises entre le Canada et les États-Unis sont loin d’être négligeables. À vrai dire, le Canada occupe le second rang des partenaires commerciaux des États-Unis à ce titre, après le Japon. Cela s’explique par le volume même du commerce canado-américain.

Il est bien connu que le Canada et les États-Unis sont les deux plus grands partenaires commerciaux au monde. Si les grandes entreprises sont à l’origine d’une bonne partie de ces échanges, une proportion assez élevée d’entreprises canadiennes de plus petite taille exportent aux États-Unis. En fait, 18.8 p. 100 des exportations manufacturières canadiennes aux États-Unis sont le fait d’entreprises exportant moins de 25 millions de dollars par année, contre seulement 15,0 p. 100 pour les marchés autres que les États-Unis. Cela pourrait indiquer un niveau accru d’adaptation des exportateurs canadiens au marché américain.

En outre, le Canada n’a pas toujours affiché une part aussi faible d’échanges intra-entreprises avec les États-Unis. En 1996, elle équivalait à peu près à celle des trois grands pays européens et était même supérieure à celle du Royaume-Uni. Cela incite à penser que les deux accords commerciaux conclus au cours de la période (l’ALE entre le Canada et les États-Unis et l’ALENA) ont facilité les échanges commerciaux entre les deux pays sans qu’il soit nécessaire d’avoir une présence à l’étranger.

Part des échanges intra-entreprises dans le commerce entre le Canada et les États-Unis
Part des échanges intra-entreprises dans le commerce avec les États-Unis
L’Union européenne

Les exportations de marchandises du Canada vers l’UE ont bondi en 2007, propulsées par les exportations vers le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Globalement, les exportations vers cette région étaient en hausse de 19,4 p. 100, à 34,8 milliards de dollars. En particulier, le Royaume-Uni explique près du tiers de la croissance des exportations totales du Canada. Les 10 principales catégories d’exportations représentaient 70,7 p. 100 de l’ensemble des exportations vers l’UE l’an dernier (Figure 4-8a). Les exportations de produits chimiques inorganiques, d’aluminium et de nickel ont plus que doublé en 2007, avec des taux de croissance de 143,5 p. 100, de 105,8 p. 100 et de 103,4 p. 100, respectivement. L’augmentation de la demande d’uranium explique la forte hausse des exportations de produits chimiques inorganiques. Les minerais (+59,1 p. 100) et les machines et le matériel mécaniques (+11,5 p. 100) ont aussi affiché une solide croissance sur le marché d’exportation en 2007, tandis que les exportations de produits liés aux aéronefs et aux astronefs (-14,7 p. 100), de combustibles et huiles minéraux (-13,0 p. 100) et de machines et matériel électriques (-12,2 p. 100) ont reculé.

À l’instar de l’année précédente, les importations canadiennes de marchandises de l’UE ont progressé moins vite que les exportations vers cette région en 2007, ne gagnant que 0,2 p. 100, à 49,4 milliards de dollars. Quatre produits – les machines et le matériel mécaniques, les combustibles et huiles minéraux, les produits pharmaceutiques et les véhicules automobiles – sont à l’origine de 53,1 p. 100 des impor - tations en provenance de l’UE (Figure 4-8b). Les importations de produits chimiques organiques (-14,1 p. 100), de produits en fer et en acier (-13,3 p. 100), de produits liés aux aéronefs et astronefs (-5,5 p. 100), et de combustibles et huiles minéraux (-4,3 p. 100) ont toutes reculé en 2007, alors que les importations de boissons augmentaient de 10,1 p. 100.

Figure 4-8A Dix principales exportations de marchandises vers l'Union européenne, 2007
Figure 4-8B Dix principales importations de marchandises de l'Union européenne, 2007
Le Japon

Les exportations canadiennes de marchandises au Japon ont reculé de 2,5 p. 100 en 2007, à 9,2 milliards de dollars. C’est la première baisse depuis 2003. Ce repli est principalement attribuable à la diminution des exportations de minerais, de bois, de pâte de bois et de combustibles et huiles minéraux. Une augmentation marquée des exportations de nickel est venue limiter les pertes. Les 10 plus importants produits exportés au Japon ont accaparé plus de 75 p. 100 des exportations totales de marchandises vers ce pays (Figure 4-9a). Cinq produits – le bois, les minerais, les combustibles et huiles minéraux, les oléagineux et la viande – ont représenté à eux seuls plus de la moitié de l’ensemble des exportations.

Les importations de marchandises du Japon ont progressé 0,8 p. 100 en 2007, à 15,4 milliards de dollars, alors qu’elles avaient été de 15,3 milliards de dollars en 2006. Comme au cours des années précédentes, les importations étaient concentrées dans quelques secteurs (Figure 4-9b). Les trois plus importants – les véhicules automobiles (43,0 p. 100), les machines et matériel mécaniques (22,2 p. 100) et les machines et le matériel électriques (12,7 p. 100) – ont été à l’origine de plus des trois quarts des importations totales de marchandises du Japon; si l’on ajoute les sept plus importantes catégories suivantes, la part du total atteint 92,8 p. 100.

Figure 4-9A Dix principales exportations/importations de marchandises du Japon, 2007
Figure 4-9B Dix principales importations de marchandises du Japon, 2007
La Chine

L’accroissement des exportations canadiennes de marchandises en Chine a compté pour près du cinquième de l’augmentation totale des exportations du Canada vers toutes les destinations l’an dernier, alors que les exportations vers ce pays grimpaient de 21,3 p. 100, à 9,3 milliards de dollars en 2007, contre 7,7 milliards de dollars un an auparavant. En 2007, les 10 principaux produits exportés représentaient près de 70 p. 100 des exportations totales vers ce pays (Figure 4-10a). Les exportations de pâte de bois ont augmenté de 32,0 p. 100 pour atteindre 1,5 milliard de dollars l’an dernier, tandis que les exportations de produits chimiques organiques ont franchi la barre du milliard de dollars pour la première fois, soit 1,1 milliard de dollars, alors qu’elles avaient été de 881,0 millions de dollars un an aupa - ravant. La hausse des exportations d’oléagineux (92,3 p. 100), d’engrais (69,9 p. 100) et de produits en nickel (42,8 p. 100) a contribué à ce gain. Bien que les exportations de produits axés sur les ressources aient été le principal moteur de l’exportation, on a aussi observé une progression de 15,4 p. 100 des exportations de machines mécaniques. Ce gain a toutefois été tempéré par un recul des exportations de véhicules automobiles (-22,4 p. 100) et de machines et matériel électriques (-5,9 p. 100).

Les importations au Canada de marchandises provenant de la Chine ont augmenté plus lentement que les exportations en 2007, soit 11,0 p. 100, pour atteindre 38,3 milliards de dollars. Les 10 principales catégories d’importations ont toutes enregistré un taux de croissance positif l’an dernier, à l’exception des machines et du matériel mécaniques. Les machines mécaniques, les machines et le matériel électriques ainsi que les jouets et les articles de sport sont les trois plus importantes catégories d’importations (Figure 4-10b), les jouets et les articles de sport (gain de 25,0 p. 100), les machines électriques (gain de 16,9 p. 100) et les vêtements tricotés (gain de 16,5 p. 100) ayant dominé la croissance. La Chine est la deuxième plus importante source d’importations au Canada depuis 2002.

Figure 4-10A Dix principales exportations de marchandises de la Chine, 2007
Figure 4-10B Top-10 Dix principales importations de marchandises de la Chine, 2007
Le Mexique

Au niveau des pays, le Mexique est le cinquième plus important marché d’exportation de marchandises du Canada et la troisième plus importante source d’importations au pays. Les exportations de marchandises au Mexique ont progressé au taux robuste de 13,2 p. 100 l’an dernier pour atteindre 5,0 milliards de dollars, alors qu’elles étaient de 4,4 milliards de dollars en 200626. Dix produits représentent près des trois-quarts de l’ensemble des exportations au Mexique, avec, en tête, les véhicules automobiles (18,6 p. 100), les machines électriques (11,3 p. 100) et les oléagineux (9,3 p. 100) (Figure 4-11a). Sur les 10 principaux produits d’exportation au Mexique en 2007, les produits liés aux aéronefs et aux astronefs ont affiché un taux de croissance supérieur à 100 p. 100, soit 137,0 p. 100. Les exportations de produits du tabac ont aussi progressé fortement (72,2 p. 100).

En 2007, les importations en provenance du Mexique ont progressé de 7,2 p. 100, à 17,2 milliards de dollars, un nouveau record. De façon générale, les importations de marchandises du Mexique sont très concentrées et l’année 2007 n’a pas fait exception à cet égard; les trois plus importants produits d’importation représentaient 69,0 p. 100 de toutes les importations en provenance de ce pays. Dans l’ensemble, les 10 principaux produits d’importation représentaient environ 87,8 p. 100 des importations totales en provenance de ce pays (Figure 4-11b). La croissance a été particulièrement notable dans les importations de tabac, qui ont presque doublé (hausse de 95,5 p. 100), de légumes (hausse de 28,8 p. 100) et de machines électriques (hausse de 16,2 p. 100). Les importations de combustibles et huiles minéraux ont par contre reculé de 24,3 p. 100 l’an dernier.

Figure 4-11A Dix principales exportations de marchandises du Mexique, 2007
Figure 4-11B Dix principales importations de marchandises du Mexique, 2007

table des matières

Les exportateurs canadiens : conquérir le marché mondial

L’analyse du nombre d’entreprises canadiennes qui exportent, par contraste à celle de la valeur des exportations, jette un éclairage supplémentaire sur les tendances du commerce du Canada. Les données du Registre des exportateurs27 montrent que les entreprises canadiennes exportent de plus en plus sur le marché mondial et le nombre de celles qui exportent seulement aux États-Unis diminue avec le temps.

En 2005, il y avait 42 600 entreprises exportatrices au Canada, soit un peu moins qu’en 2000 (43 600) et qu’en 2002 (44 800), année où ce nombre a atteint un niveau record. Cela représente un recul de 2 p. 100 par rapport à 2000 et de 5 p. 100 par rapport au sommet de 2002.

La diminution du nombre d’exportateurs canadiens est essentiellement attribuable à la baisse du nombre d’entreprises exportant seulement aux États-Unis. Le nombre d’entreprises qui n’exportent que sur le marché américain a baissé de 18 p. 100, passant de 33 000 en 2000 à 27 200 en 2005. Cette tendance a été en partie compensée par l’augmentation du nombre d’entreprises qui exportent à la fois aux États-Unis et vers d’autres marchés, qui a grimpé de 1 900, un gain de 29 p. 100. Le nombre d’entreprises exportant seulement vers des pays autres que les États-Unis a progressé encore davantage, soit de 2 900 entreprises (70 p. 100).

Nombre d’entreprises exportatrices selon la destination
 
Valeur moyenne des exportations
 

Tableau 1
Établissements exportateurs selon la taille de l’effectif

Nombre d’employésNombre d’exportateurs% de la population des exportateursValeur des exportations (millions $)Valeur des exportations (%)
Moins de 5033 06272,3121 91030,4
50-996 02913,260 78615,1
100-1993 7418,242 83710,7
200 et plus2 9056,4175 97243,8
Total45 737100,0401 504100,0

Source: Registre des exportateurs de Statistique Canada, 2005

Tandis que le nombre d’entreprises exportatrices diminuait, la valeur totale des exportations canadiennes augmentait. Ainsi, la valeur moyenne des exportations par entreprise est passée de 8,7 millions de dollars en 2000 à 9,4 millions de dollars en 2005. On observe toutefois des variations importantes dans la valeur moyenne des exportations vers les diverses régions. Comme on pouvait s’y attendre, la valeur moyenne des exportations est beaucoup plus élevée pour les entreprises qui exportent à la fois aux États-Unis et vers d’autres destinations, mais elle est allée en diminuant. Le nombre croissant de petites entreprises qui exportent dans le monde a contribué à la baisse de la valeur moyenne des exportations.

La baisse du nombre d’entreprises exportant seulement aux États-Unis est principalement attribuable au recul du nombre de petites entreprises exportatrices28. Plusieurs petites entreprises ont complètement cessé d’exporter, mais certaines semblent avoir réussi à diversifier leurs exportations pour accéder au groupe des entreprises qui exportent à la fois aux États-Unis et vers d’autres pays, les petites entreprises exportatrices étant celles dont le nombre a augmenté le plus au sein de ce groupe29.

Bien que ces tendances aient été concentrées parmi les entreprises de plus petite taille, il importe de signaler que du fait que ces entreprises ont une taille limitée, toute variation dans leurs activités d’exportation a un effet relativement modeste sur les exportations globales. Les entreprises de plus grande taille (celles comptant plus de 200 employés) ne représentaient que 6,4 p. 100 des exportateurs canadiens en 2005 mais fournissaient près de la moitié de la valeur des exportations totales (tableau 1)30.

Tableau 4-3
Exportations de marchandises par province et territoire, 2003-2007 (millions $ et pourcentage)

Province/Territoire20032004200520062007Part en 2007Croissance annuelle 2007
Ensemble des provinces381 071,4412 290,0436 257,2440 266,2450 315,51002,3
Ontario189 095,5199 007,3200 791,8198 663,9202 406,344,91,9
Alberta57 639,764 539,277 419,578 999,982 874,418,44,9
Québec64 190,968 478,271 005,273 195,869 919,915,5-4,5
Colombie-Britannique29 334,632 261,035 575,034 878,232 375,87,2-7,2
Saskatchewan10 389,113 460,514 932,616 409,619 970,44,421,7
Manitoba9 328,79 438,09 388,410 428,011 830,72,613,5
Terre-Neuve et Labrador4 798,77 165,68 106,99 599,311 593,82,620,8
Nouveau-Brunswick8 573,79 479,710 722,910 408,911 179,92,57,4
Nouvelle-Écosse5 477,45 810,45 802,95 193,75 451,31,25,0
Territoires du Nord-Ouest1 587,81 975,21 687,11 605,21 882,00,417,2
Île-du-Prince-Édouard647,7666,8810,0838,0802,80,2-4,2
Yukon4,84,811,439,722,60,0-42,3
Nunavut2,93,23,65,95,60,0-6,1

Source: Statistique Canada

La performance commerciale des provinces

Figure 4-12 Part des exportations de marchandises par province

Trois provinces et deux territoires – le Québec, la Colombie-Britannique, l’Île-du-Prince-Édouard, le Yukon et le Nunavut – ont vu leurs exportations de marchandises vers le monde reculer en 2007 (tableau 4-3). Le Yukon a été le plus durement touché, avec une baisse de 43,1 p. 100 de ses exportations totales. À l’opposé, la Saskatchewan et Terre-Neuve sont les provinces qui ont enregistré les plus fortes hausses de leurs exportations de marchandises, dominées par les combustibles et huiles minéraux, les céréales et les engrais, pour la Saskatchewan, et les combustibles et huiles minéraux, les minerais et le poisson et les fruits de mer, pour Terre-Neuve.

Parmi les provinces et territoires canadiens, l’Ontario était à l’origine de 44,9 p. 100 de l’ensemble des exportations canadiennes vers le monde en 2007, suivie de l’Alberta à 18,4 p. 100, du Québec à 15,5 p. 100, et de la Colombie-Britannique, à 7,2 p. 100 (Figure 4-12).

En 2007, les importations en provenance du monde étaient légèrement en baisse dans quatre provinces – le Nouveau-Brunswick, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l’Alberta (tableau 4-4). Par contre, une province et deux territoires ont inscrit un taux de croissance dans les deux chiffres – l’Île-du-PrinceÉdouard, le Yukon et le Nunavut. Dans ce dernier cas, le gain est imputable à l’augmentation des importations de produits liés aux aéronefs et aux astronefs, qui représentaient la presque totalité des importations mondiales du Nunavut l’an dernier.

Parmi les provinces, l’Ontario détenait une part plus élevée des importations de marchandises canadiennes (59,1 p. 100) que sa part des exportations, suivie du Québec (17,5 p. 100) et de la Colombie-Britannique (9,5 p. 100) (Figure 4-13).

Tableau 4-4
Importations de marchandises par province et territoire, 2003-2007 (millions $ et pourcentage)

Province/Territoire20032004200520062007Part en 2007Croissance annuelle en 2007
Ensemble des provinces336 141,3355 886,2380 859,2396 645,3406 620,01002,5
Ontario210 191,8220 619,6228 646,7233 597,8240 216,659,12,8
Québec52 412,757 493,865 284,968 680,970 978,517,53,3
Columbie-Britanique31 269,632 885,035 295,938 891,438 687,99,5-0,5
Alberta13 257,613 638,816 455,818 494,518 437,84,5-0,3
Manitoba10 398,610 565,411 795,612 426,213 153,03,25,8
Nouveau-Brunswick5 974,16 899,08 002,67 521,67 470,41 8-0 7
Nouvelle-Écosse5 816,36 377,36 992,67 488,57 452,51,8-0,5
Saskatchewan4 151,74 669,05 596,46 496,26 958,91,77,1
Terre-Neuve2,567.62,552.92,653.82,892.93,092.30.86.9
Yukon75,285,476,986,396,00,011,2
Île-du-Prince-Édouard19,736,553,949,454,40,010,1
Nunavut2,90,02,916,017,60,010,3
Territoires du Nord-Ouest3,563,61,13,74,00,08,0

Source: Statistique Canada


 Figure 4-13 Part des importations de marchandises par province

table des matières

V.  Aperçu de la performance du Canada en matière d’investissement

Entrées d’investissement étranger direct dans le monde

Figure 5-1 Entrées mondiales d’IED

L’investissement étranger direct (IED) procure des avantages à l’économie d’accueil grâce au transfert de savoir, de technologie et de com - pétences, et à un accroissement des échanges commerciaux liés à l’investissement, ce qui favorise la productivité et la compétitivité, et est l’une des façons dont un pays peut intégrer son économie aux chaînes de valeur mondiales.

L’IED a joué un rôle clé dans la mondialisation, les flux d’investissement progressant de 600 p. 100 entre 1990 et 2000. Depuis 1980, l’expansion du stock mondial d’IED a devancé de façon spectaculaire la croissance des exportations et du PIB dans le monde. Après avoir ralenti au début de la décennie, les entrées mondiales d’IED ont crû à un taux annuel moyen de 28,5 p. 100 depuis 2003 pour atteindre 1,5 billion de dollars É.-U. en 2007 (Figure 5-1), dépassant ainsi l’ancien record enregistré en 2000.

L’augmentation continue de l’IED traduit la vigueur de l’expansion de l’économie mondiale, la hausse des bénéfices des entreprises, les cours plus élevés des actions, la croissance du capital privé et des fonds de couverture, ainsi que la présence accrue des agences gouvernementales de placement dans les économies émergentes. Cependant, même si les flux mondiaux d’IED ont doublé entre 2004 et 2007, les perspectives sont incertaines pour 2008. La croissance de l’économie mondiale s’essouffle et les perturbations récentes sur les marchés du crédit ont entraîné un ralentissement de l’activité liée aux fusions et acquisitions transfrontières dans la seconde moitié de 2007, une tendance qui pourrait se poursuivre en 2008.

Les flux d’IED ont crû plus rapidement dans les pays développés en 2007, soit à un rythme de 16,8 p. 100, les entrées totalisant plus d’un billion de dollars É.-U. (tableau 5 1). Les États-Unis détiennent la part la plus élevée, soit 192,9 milliards de dollars É.-U., mais les pays membres de l’Union européenne31 ont collectivement accueilli 39,7 p. 100 des entrées totales d’IED, soit 610,0 milliards de dollars É.-U. Trois pays ont reçu les deux tiers de la part de l’UE : le Royaume- Uni, avec 28,0 p. 100 (171,1 milliards de dollars É.-U.), la France, avec 20,2 p. 100 (123,3 milliards de dollars É.-U.) et les Pays-Bas, avec 17,0 p. 100 (104,2 milliards de dollars É.-U.).

Les pays en développement ont aussi enregistré un taux de croissance élevé, soit 15,6 p. 100, haussant les flux totaux d’IED pour 2007 à 438,4 milliards de dollars É.-U., un gain de 145 p. 100 par rapport à 2003. Les flux d’IED en Amérique latine et dans les Caraïbes ont atteint un niveau record, soit 125,8 milliards de dollars É.-U., les entrées d’investissement ayant presque doublé au Mexique, au Chili et au Brésil. La croissance dans cette région a été alimentée par les investissements en installations nouvelles32 plutôt que par les fusions et acquisitions.

Tableau 5-1
Entrées mondiales d’investissement étranger direct, certaines régions et économies, 2003-2007 (milliards $ É.-U. et pourcentage)

Région/économie d'accueil20032004200520062007Croissance annuelle en 20072007 ShareCroissance annuelle 2003-20071
Monde564.1742.1945.81,305.91537.917.8100.028.5
Économies développées361.2418.9590.3857.51,001.916.865.129.1
Canada28,1-0,430,161,1118,193,37,795,5
États-Unis53,1135,8101,0175,4192,910,012,538,0
Europe277,1209,2495,0566,4651,014,942,323,8
UE 25256,7204,2486,4531,0610,014,939,724,2
France42,532,681,181,1123,352,18,030.5
Allemagne32.4-9.235,942,944,84,52,98,5
Italie16,416,820,039,228,1-28,21,814,4
Pay-Bas21,02,141,54,4104,22 284,16,849,2
Royaume-Uni16,856,0193,7139,5171,122,611,178,7
République tchèque2,15,011,76,07,627,60,537,9
Japon6,37,82,8-6,528,8-542,71,946,1
Économies en développement178,7283,0314,3379,1438,415,728,525,2
Asie et Océanie115,3170,7209,1259,8277,06,618,024,5
Chine53,560,672,469,567,3-3,14,45,9
Hong Kong (Chine)13,634,033,642,954,426,83,541,4
Inde4,35,86,716,915,3-9,41,037,2
Singapour11,719,815,024,236,952,42,433,4
Amérique latine et Caraïbes44,794,375,583,8125,850,28,229,5
Brésil10,118,115,118,837,499,12,438,6
Chili4,37,27,08,015,392,41,037,3
Mexique15,322,419,719,036,792,82,424,4
Afrique18,718,029,635,535,60,22,317,5
Russie8,015,412,828,748,970,43,257,4

1 Taux de croissance annuel moyen composé.
2 Les données sur le Canada ne sont pas disponibles auprès de la CNUCED pour 2007; celles-ci proviennent de Statistique Canada et ont été converties en dollars É.-U. au taux de clôture à la fin de chaque année.
Nota : Les parts et les taux de croissance ont été calculés à l'aide des données brutes et peuvent ne pas correspondre à ceux obtenus avec les données du tableau, qui sont arrondies.
Sources : CNUCED, Investment Brief 2008 No.1, et CNUCED, Rapport sur l’investissement dans le monde 2007.

En 2007, les entrées d’investissement en Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est ont progressé de 24,5 milliards de dollars É.-U., à 224,0 milliards de dollars É.-U., Singapour venant en tête de liste avec un gain de 52,5 p. 100 (12,7 milliards de dollars É.-U.), à 36,9 milliards de dollars É.-U., suivi de Hong Kong (Chine) où les entrées d’investissement ont augmenté de 26,9 p. 100 (11,5 milliards de dollars É.-U.), à 54,4 milliards de dollars É.-U. Les entrées d’investissement en Chine ont fléchi de 3,1 p. 100, à 67,3 milliards de dollars É.-U., se maintenant à un niveau relativement stable au cours des cinq dernières années, avec un taux d’expansion annuel moyen de moins de 10 p. 100, c’est-à-dire sous le taux de croissance moyen dans le monde33. Les entrées d’investissement en Inde ont reculé de 9,4 p. 100, à 15,3 milliards de dollars É.-U., et demeurent modestes par rapport à la norme mondiale, soit autour de 1 p. 100 des flux mondiaux d’investissement.

Les entrées d’IED dans les pays africains sont demeurées pratiquement inchangées en 2007, à 35,6 milliards de dollars É.-U., mais atteignent près du double du niveau de 2003. La croissance des flux d’investissement sur le continent africain a connu une poussée entre 2003 et 2006, en partie sous l’effet des prix plus élevés du pétrole et du gaz qui ont stimulé les fusions et acquisitions transfrontières dans les industries extractives. L’Égypte a été le plus important pays d’accueil de l’IED en 2007, à 10,2 milliards de dollars É.-U., suivie du Maroc avec 5,2 milliards de dollars É.-U.

En 2007, les entrées d’IED en Russie, la plus importante des économies en transition, ont augmenté de 70,3 p. 100 pour atteindre 48,9 milliards de dollars É.-U., après une hausse de 125,1 p. 100 en 2006. Les flux d’IED en Russie ont bondi de près de 500 p. 100 depuis 2003 en dépit des restrictions croissantes à l’IED dans les industries extractives. Il reste à voir si, dans l’avenir, les flux d’investissement subiront l’effet des nouvelles lois adoptées en 2008, qui imposent des restrictions supplémentaires à l’investissement étranger dans certains secteurs, dont le pétrole et le gaz, mais qui pourraient aussi garantir une plus grande clarté aux investisseurs.

L’IED entrant et sortant du Canada

Le Canada a été un participant actif à l’augmentation des flux d’IED mondiaux et a enregistré une solide croissance de ses stocks d’IED entrant et sortant au cours de 25 dernières années. Malgré cela, la part de l’investissement mondial détenue par le Canada a reculé au fil des années 80, 90 et 2000. Une croissance plus rapide dans les pays en développement a accentué la concurrence pour l’IED; parallèlement, ces pays deviennent des investisseurs de plus en plus importants à l’étranger, comme en témoigne la diversification progressive du portefeuille d’investissement du Canada.

Figure 5-2 Stocks d’IED entrant et sortant du Canada

En 2007, l’expansion rapide des flux mondiaux d’IED a contribué à une hausse de 14,4 p. 100 du stock d’IED au Canada (à 500,9 milliards de dollars), la progression la plus forte en sept ans (Figure 5-2). Cette augmentation résulte principalement d’une forte progression des fusions et acquisitions transfrontières. Les flux d’investissement direct du Canada à l’étranger ont été importants en 2007, dépassant légèrement 53,1 milliards de dollars. En raison de l’appréciation du dollar canadien par rapport à plusieurs grandes devises, la valeur des actifs canadiens à l’étranger – une fois convertie en monnaie canadienne – a cependant reculé de 67,0 milliards de dollars. L’effet net est une baisse du stock d’investissement direct du Canada à l’étranger, de 530,0 milliards de dollars en 2006 à 514,5 milliards de dollars en 2007.

Le solde net des investissements étrangers directs du Canada, qui représente l’écart entre l’investissement direct du Canada à l’étranger et l’IED au Canada, a diminué à seulement 13,7 milliards de dollars en 2007, alors qu’il était de 92,2 milliards de dollars en 2006. En dépit de cette baisse, 2007 est la onzième année consécutive où l’investissement direct du Canada à l’étranger a dépassé l’investissement étranger direct au Canada.

table des matières

Le stock d’investissement étranger direct au Canada en 2007

Les investisseurs américains détiennent toujours la majorité du stock d’IED au Canada, avec une part de 57,6 p. 100, soit 288,6 milliards de dollars (tableau 5-2, Figure 5-3). Cependant, la croissance de l’investissement américain a été inférieure à la moyenne des autres pays, et la part des États-Unis a reculé de 5 points de pourcentage par rapport au niveau de 62,9 p. 100 observé il y a deux ans, poursuivant la tendance à une plus grande diversification des sources d’IED au Canada. Une partie de la diminution de la part des États-Unis est allée aux pays de l’UE dans les années 90 mais, depuis 2000, le recul de la part des États-Unis est comblé par des pays non-européens. En 2007, la part des entrées totales d’IED au Canada détenue par des investisseurs de l’extérieur des États-Unis et de l’UE était de 15,1 p. 100, soit près de 75,8 milliards de dollars, en hausse par rapport au niveau de 29,6 milliards de dollars, correspondant à une part de 9,3 p. 100, en 2000.

Tableau 5-2
Stock d'investissement étranger direct au Canada par région (milliards $ CAN et pourcentage)

Région200020062007Part en 2000Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
Monde319,1437,8500,9100,0100,014,46,7
Amérique du Nord et Caraïbes196,8271,9293,861,758,78,15,9
Amérique centrale et Amérique du Sud0,712,013,10,22,69,151,2
Europe107,0124,8157,533,531,426,25,7
Afrique0,11,42,90,00,6110,259,1
Asie/Océanie14,427,732,74,56,517,912,4

10 principales destinations

Région200020062007Part en 2000Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
États-Unis193,7267,2288,660,757,68,05,9
Royaume-Uni24,039,854,87,510,937,512,5
Pays-Bas15,324,731,54,86,327,510,9
France37,016,917,411,63,53,0-10,2
Suisse5,813,913,81,82,8-0,313,1
Japon8,012,913,42,52,73,67,6
Brésil0,611,912,80,22,68,154,1
Allemagne7,410,310,52,32,11,55,2
Suède2,62,38,50,81,7269,518,3
Luxembourg3,07,27,00,91,4-2,512,9

Économies émergentes

Région200020062007Part en 2000Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
Chine0,2n.a.0,60,10,1n.d.18,1
Inden.d.0,20,4n.d.0,1100,9n.d.

Données : Statistique Canada, stocks.
1 Taux de croissance annuel moyen composé.
Nota : Les parts et les taux de croissance ont été calculés à l'aide des données brutes et peuvent ne pas correspondre à ceux obtenus avec les données du tableau, qui sont arrondies.


 Figure 5-3 Stock d’IED au Canada par pays, 2007

En 2007, l’investissement provenant d’Europe a fait un bond substantiel, soit 26.2 p. 100, pour atteindre 157,5 milliards de dollars, l’expansion étant alimentée par les investisseurs du Royaume-Uni dont le stock a grimpé de 37,5 p. 100, à 54,8 milliards de dollars, et ceux des Pays-Bas, qui ont vu leur stock augmenter de 27,5 p. 100, à 31,5 milliards de dollars. L’investissement européen continue d’être dominé par ces deux pays, de même que la France; ensemble, ils représentent les deux tiers de l’investissement européen au Canada et 20,7 p. 100 du stock total d’IED au Canada.

La croissance de l’IED en provenance d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale a ralenti quelque peu par rapport à 2006, augmentant de 9,1 p. 100, à 13,1 milliards de dollars. Malgré une croissance inférieure à la moyenne en 2007, l’IED provenant de cette région ne totalisait que 724 millions de dollars il y a sept ans. La croissance de l’IED originaire de cette région est presque entièrement attribuable au Brésil, qui détient 98,1 p. 100 du stock d’IED de la région au Canada et qui a enregistré un taux de croissance annuel moyen composé de 54,1 p. 100 depuis 2000.

La croissance des investissements provenant d’Asie et d’Océanie est demeurée robuste en 2007, à 17,9 p. 100, portant le stock total d’IED originaire de cette région à 32,7 milliards de dollars. Les investisseurs de cette région venaient au troisième rang avec une part de 6,5 p. 100 du stock total d’IED au Canada; le Japon dominait la liste avec un stock d’IED de 13,4 milliards de dollars. En dépit du rôle croissant qu’ils jouent sur les marchés internationaux, la Chine et l’Inde ne détiennent toujours qu’une part modeste du stock d’IED au Canada, avec respectivement 616 millions de dollars et 446 millions de dollars.

Tableau 5-3
Stock d'investissement étranger direct au Canada, certaines industries (milliards $ et pourcentage)

 20062007Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
Fabrication155,1193,538,624,73,3
 Métaux primaires10,333,26,6223,229,5
 Produits chimiques27,828,85,83,85,5
 Matériel de transport22,626,35,216,31,2
 Pétrole et charbon19,324,24,825,414,9
 Produits de bois et papier13,716,33,319,33,2
Mines et extraction pétrolière et gazière78,281,816,34,616,1
 Extraction pétrolière et gazière et  soutien55,257,211,43,613,5
 Mines23,024,64,97,125,0
Finances et assurances59,967,613,513,08,9
Gestion d'entreprises44,846,09,22,78,2
Autres99,8111,922,312,26,5
Toutes les industries437,8500,9100,014,46,7

1 Taux de croissance annuel moyen composé.
Nota : SLes parts et les taux de croissance ont été calculés à l'aide des données brutes et peuvent ne pas correspondre à ceux obtenus avec les données du tableau, qui sont arrondies.

Le stock d’IED en provenance des pays d’Afrique a plus que doublé en 2007 pour atteindre 2,9 milliards de dollars. Bien que l’Afrique ne représente que 0,6 p. 100 de l’IED total au Canada, notons que l’IED provenant des pays africains n’atteignait que 114 millions de dollars en 2000. L’Afrique du Sud détient un peu plus du tiers des investissements venant du continent africain, soit 1,1 milliard de dollars.

Les entrées d’investissement direct en 2007 ont été marquées par la hausse rapide des investissements manufacturiers et l’augmentation continue observée dans le secteur des finances et des assurances. Le stock d’IED dans le secteur manufacturier a fait un bond de 38,3 milliards de dollars, à 193,5 milliards de dollars (tableau 5-3) en 2007, après des années de stagnation. La hausse la plus importante (22,9 milliards de dollars) est survenue dans l’industrie de la transformation des métaux primaires, suivie de celle des produits dérivés du pétrole et du charbon (4,9 milliards de dollars). Malgré l’expansion de l’IED en 2007, la part du secteur manufacturier a reculé à 38,6 p. 100 de l’investissement entrant total, alors qu’elle atteignait près de la moitié en 2000.

Le secteur minier et celui du pétrole et du gaz ont continué d’attirer les investissements en 2007, avec une augmentation de 4,6 p. 100, à 81,8 milliards de dollars, soit 16,3 p. 100 de l’IED total au Canada. L’investissement dans ces secteurs a progressé de façon spectaculaire ces dernières années : l’IED dans les activités d’extraction du pétrole et du gaz est passé de 21,5 milliards de dollars en 2000 à 51,5 milliards de dollars en 2007, un gain de 30 milliards de dollars; l’IED dans le secteur minier a bondi d’environ 5,2 milliards de dollars en 2000 à 24,6 milliards de dollars en 2007, une augmentation de 19,4 milliards de dollars. Les activités de soutien axées sur ces deux secteurs étaient aussi en hausse, soit de 3,6 milliards de dollars par rapport au niveau de 2000, à 5,7 milliards de dollars.

L’investissement dans les industries de services a poursuivi sa progression en 2007. La plus importante, celle des finances et des assurances, a inscrit un taux de croissance de 13,0 p. 100 (7,8 milliards de dollars) pour atteindre 67,6 milliards de dollars.

Tableau 5-4
Stock d'investissement direct du Canada à l'étranger par région (milliards $ et pourcentage)

Région200020062007Part en 2000Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
Monde356,5530,0514,5100,0100,0-2,95,4
Amérique du Nord et Caraïbes224,0334,3320,462,962,3-4,15,2
Amérique centrale et Amérique du Sud21,321,423,06,04,57,31,1
Europe84,6140,0134,623,726,2-3,96,8
Afrique2,43,84,00,70,85,07,5
Asie/Océanie24,030,532,56,76,36,64,4

10 principales destinations

Région200020062007Part en 2000Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
États-Unis177,9230,4226,149,944,0-1,83,5
Royaume-Uni35,258,054,69,910,6-5,96,5
Barbados19,738,636,25,57,0-6,29,1
Irlande7,319,619,32,03,8-1,315,0
Îles Cayman3,818,517,51,13,4-5,024,2
Bermudes9,522,617,42,73,4-22,79,1
France4,615,414,61,32,8-5,017,8
Bahamas7,0n.a.13,72,02,7n.a.10,1
Australie3,16,98,90,91,728,116,2
Brésil6,78,48,81,91,75,64,1

Économies émergentes

Région200020062007Part en 2000Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
Chine0,61,61,80,20,314,218,0
Inde0,10,50,20,00,0-58,97,0

Données : Statistique Canada, stocks.
1 Taux de croissance annuel moyen composé.
Nota : Les parts et les taux de croissance ont été calculés à l'aide des données brutes et peuvent ne pas correspondre à ceux obtenus avec les données du tableau, qui sont arrondies.

table des matières

Le stock d’investissement direct du Canada à l’étranger

Les États-Unis demeurent la première destination en importance de l’investissement direct du Canada à l’étranger, avec 226,1 milliards de dollars en 2007 (tableau 5-4, Figure 5-4), soit 44,0 p. 100 du total. Il faut cependant noter que la part de ce pays baisse de façon marquée : en 2000, les États-Unis recevaient près de la moitié des investissements canadiens à l’étranger. Les investissements canadiens sur les autres marchés ont progressivement pris plus d’importance, notamment en Europe et dans les centres financiers internationaux tels que la Barbade, les Bahamas et les Bermudes. Malgré la tendance à une plus grande diversité géographique de l’investissement canadien à l’étranger, le stock d’investissement canadien aux États-Unis a enregistré une baisse plus modeste que les investissements canadiens dans la plupart des autres pays en 2007.

Tableau 5-5
Stock d'investissement direct du Canada à l'étranger, certaines industries (milliards $ et pourcentage)

 20062007Part en 2007Croissance annuelle en 2007Croissance annuelle 2007-20071
Fabrication107,7100,519,5-6,7-1,7
Mines et extraction pétrolière et gazière79,679,315,4-0,49,0
 Extraction pétrolière et gazière et soutien56,356,411,00,216,2
 Mines23,322,94,4-1,8-0,5
Finances et assurances164,5192,637,417,19,6
Gestion d'entreprises92,161,311,9-33,415,5
Transport et entreposage19,718,13,5-8,3-0,1
Industries de l'information et industries culturelles16,416,93,33,4-8,5
Autres50,045,88,9-8,48,3
Ensemble des industries530,0514,5100,0-2,95,4

1 Taux de croissance annuel moyen composé.
Nota : Les parts et les taux de croissance ont été calculés à l'aide des données brutes et peuvent ne pas correspondre à ceux obtenus avec les données du tableau, qui sont arrondies.

L’investissement direct en Europe accuse un déclin plus prononcé que dans les autres régions en 2007, le stock d’investissement canadien reculant de 3,9 p. 100, à 134,6 milliards de dollars. Les trois principales destinations – le Royaume-Uni (54,6 milliards de dollars), l’Irlande (19,3 milliards de dollars) et la France (14,6 milliards de dollars), représentaient près des deux-tiers de la part de l’investissement étranger direct du Canada en Europe, tandis que le Royaume-Uni accaparait à lui seul 10,6 p. 100 du stock total d’investissement du Canada à l’étranger.

L’investissement direct du Canada en Amérique du Sud et en Amérique centrale a crû de 7,3 p. 100 en 2007, atteignant un stock total de 23,0 milliards de dollars; la plus grande partie se trouve au Brésil (8,8 milliards de dollars) et au Chili (7,0 milliards de dollars).

Figure 5-4 Stock d’IDCE par pays, 2007

L’investissement direct du Canada dans la région de l’Asie et de l’Océanie a progressé de 6,6 p. 100, à 32,5 milliards de dollars, en 2007; la croissance a été dominée par l’Australie, la principale destination de l’investissement canadien dans la région, où l’investissement est passé de 6,9 milliards de dollars à 8,9 milliards de dollars. Cette expansion a contribué à combler les baisses observées sur d’autres marchés, comme à Hong Kong (Chine), qui accuse un recul de 469 millions de dollars, à 4,5 milliards de dollars, et au Japon où le stock d’IDCE a fléchi de 412 millions de dollars, à 3,6 milliards de dollars. Les parts de l’investissement direct du Canada à l’étranger détenues par la Chine et l’Inde demeurent modestes, quoi que le stock d’investissement du Canada en Chine ait enregistré une forte croissance depuis 2000. Les stocks d’investissement direct du Canada en Inde ont fondu de près de 300 millions de dollars, à seulement 207 millions de dollars en 2007, tandis que le stock d’investissement canadien en Chine atteignait 1,8 milliard de dollars, contre 1,6 milliard de dollars un an plus tôt, marquant la septième année de croissance ininterrompue de l’investissement canadien dans ce pays, à un taux annuel moyen composé de 18,0 p. 100.

Figure 5-5 Répartition des flux d’IED entrant en Amérique du Nord

Le stock d’investissement direct du Canada en Afrique a augmenté de 5,0 p. 100 en 2007, à 4,0 milliards de dollars. Bien qu’il ne représente qu’une faible part de l’investissement total du Canada à l’étranger, le stock d’investissement canadien dans les pays africains a augmenté par rapport au niveau de 2,4 milliards de dollars observé en 2000 – à un taux annuel moyen composé de 7,5 p. 100, ce qui est plus rapide que le taux de croissance moyen de l’investissement canadien dans d’autres régions.

L’investissement direct du Canada à l’étranger s’est déplacé du secteur des biens vers le secteur des services, qui représente aujourd’hui plus de la moitié de l’investissement canadien à l’étranger. L’industrie la plus importante à ce chapitre est celle des finances et des assurances, qui détenait 37,4 p. 100 de l’investissement direct du Canada à l’étranger en 2007, soit 192,6 milliards de dollars (tableau 5-5). Cela correspond à un gain de 17,1 p. 100 par rapport à 2006, malgré l’appréciation du dollar canadien qui influe sur l’évaluation des investissements à l’étranger. Dans le secteur des services, la seconde catégorie en importance de l’investissement canadien à l’étranger est celle de la gestion d’entreprises et de sociétés, avec 61,3 milliards de dollars (11,9 p. 100 du stock total d’investissement sortant du Canada), ce qui représente une baisse de 30,8 milliards de dollars par rapport au niveau de 2006.

Le stock d’investissement direct du Canada dans le secteur manufacturier a poursuivi son déclin en 2007, cédant 6,7 p. 100, à 100,5 milliards de dollars. La tendance à la baisse de ce secteur, en termes absolus et relatifs, se poursuit depuis 2000 : le stock total d’IDCE dans le secteur des communications a baissé de 13 milliards de dollars au cours des sept dernières années et la part du secteur manufacturier a reculé du tiers environ, à seulement 19,5 p. 100 du stock total d’investissement direct du Canada à l’étranger en 2007. Dans le secteur manufacturier, la fabrication d’ordinateurs et de matériel électronique est l’industrie dont la part a reculé le plus, soit de 11,5 p. 100 en 2000 à seulement 2,6 p. 100 en 2007. La croissance du stock d’investissement canadien dans le secteur du pétrole et du gaz (extraction et soutien) a été stable en 2007, à 56,4 milliards de dollars. L’investissement dans le secteur pétrolier et gazier représente 11,0 p. 100 du stock total d’investissement canadien à l’étranger, en hausse par rapport au niveau de 36,7 milliards de dollars observé en 2000.

La performance du Canada dans le contexte nord-américain

Figure 5-6 Part du Canada dans le stock d’IED entrant en Amérique du Nord

La part des entrées totales d’IED en Amérique du Nord détenue par le Canada (qui englobent les flux intra nord-américains) a progressé ces dernières années (Figure 5-5). La part du Canada est tombée en 1982 en regard des niveaux élevés des années 60 et 70 où, certaines années, la part du Canada a dépassé 60 p. 100 de l’IED total en Amérique du Nord. Par la suite, la part du Canada s’est stabilisée autour de 10 p. 100 jusqu’à la fin des années 80, durant les années 90 et au début des années 2000. Au cours des trois dernières années, la situation du Canada en tant que destination de l’investissement s’est améliorée sensiblement, sa part des entrées d’IED atteignant en moyenne 26 p. 100. En 2007, elle s’établissait à 34,0 p. 100, le plus haut niveau depuis 1979. La part du stock d’IED nord-américain détenue par le Canada est demeurée stable autour de 16,0 p. 100 en 2006 – la dernière année pour laquelle des données sont disponibles – après avoir baissé constamment au cours des 25 dernières années, et l’on s’attend à ce qu’elle augmente en 2007 en raison d’entrées plus importantes d’IED (Figure 5-6).

table des matières

VI.  Article vedette : L’investissement direct du Canada à l’étranger - catalyseur de l’intégration à l’économie mondiale

Introduction

Propulsées par le changement technologique, la déréglementation des industries et la libéralisation des règles du commerce et de l’investissement, les sorties d’investissement étranger direct (IED) dans le monde ont crû de façon exponentielle au cours des cinq dernières années, atteignant 1,2 billion de dollars É.-U. en 2006. En conséquence, la croissance annuelle moyenne du stock mondial d’IED (12,8 p. 100) a été plus rapide que celle du PIB mondial nominal (4,8 p. 100) et celle du commerce mondial des marchandises (8,1 p. 100) au cours des deux dernières décennies. L’IED l’un des principaux moteurs de la mondialisation.

La production internationale – les ventes des filiales étrangères des sociétés multinationales – a augmenté partout dans le monde, passant de 6,1 billions de dollars É.-U. en 1990 à 21,4 billions de dollars É.-U. en 2006, et représentait près du double des exportations mondiales cette année-là. Ainsi, l’investissement étranger direct et la production internationale sont maintenant plus importants que les exportations en termes d’expéditions de biens et de services vers les marchés étrangers.

Le présent article s’attaque à trois tâches. Premièrement, il recense les tendances de l’investissement étranger direct sortant dans le monde, tant les flux que les stocks, au cours de la période 1980-2006, en mettant l’accent sur la performance observée en 2006, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles34. L’examen porte sur la performance des 15 principales sources d’IED. Deuxièmement, l’article examine les tendances de l’investissement direct du Canada à l’étranger (IDCE). Enfin, il jette un regard empirique sur la mesure dans laquelle l’IDCE est lié aux exportations.

Tendances des flux et des stocks mondiaux d’investissement sortant

Au cours des dernières années, le principal moteur de l’augmentation spectaculaire de l’IED dans le monde a été la vague sans précédent de fusions et acquisitions (F et A) transfrontières. Cette vague résulte elle-même d’un certain nombre de facteurs, y compris la libéralisation du commerce, de l’inves - tissement et des marchés de capitaux (notamment l’assouplissement des contrôles sur les F et A dans le monde), la déréglementation et la privatisation des industries de services et, enfin, l’intensification des pressions concurrentielles découlant de la mondialisation et du changement technologique, qui accroissent la nécessité de profiter d’économies d’échelle grâce à une expansion à l’étranger. Les facteurs macro-économiques derrière cette performance englobent une solide croissance dans les principales économies avancées et les grandes économies émergentes, le niveau élevé des bénéfices des entreprises et les faibles taux d’intérêt. Tout au long de la période, il y avait suffisamment de liquidités à la disposition des entreprises qui souhaitaient investir à l’étranger.

En outre, la dépréciation du dollar É.-U. par rapport aux autres grandes devises a transformé l’équilibre entre les entreprises qui investissent outre-frontière, favorisant l’investissement aux États-Unis et dans les autres économies liées au dollar au cours des dernières années. Un autre fait important qui soustend l’investissement direct dans le monde a été l’émergence d’entreprises dans les économies en développement et les économies émergentes qui sont devenues des investisseurs actifs à l’étranger.

Définition de l’investissement étranger direct

L’investissement étranger direct se définit comme un investissement durable, à long terme, par un investisseur étranger dans une entreprise établie dans une économie autre que celle où est établi l’investisseur étranger direct. La relation de l’IED fait intervenir une entreprise mère et une filiale étrangère qui, ensemble, forment une entreprise multinationale (EM). L’IED peut être le fait de particuliers ou d’entreprises constituées en sociétés. Afin d’être considéré comme de l’IED, l’investissement doit permettre à l’entreprise mère d’exercer un contrôle sur ses filiales étrangères c’est-à -dire que celle-ci doit détenir 10 p. 100 ou plus des actions ordinaires ou des droits de vote d’une entreprise constituée en société ou d’une entreprise structurée de façon équivalente sans pour autant être constituée en société.

Un investissement dans une installation nouvelle correspond aux dépenses faites pour mettre en place une nouvelle entreprise ou permettre à une entreprise existante de prendre de l’expansion (parfois appelé investissement dans des installations existantes). Les fusions et acquisitions correspondent au transfert d’actifs existants d’entreprises locales à des entreprises étrangères. Les prêts ou les transactions sur titres de créances intra-entreprises sont les emprunts à court ou à long terme et les avances de fonds entre un investisseur direct (entreprise mère) et ses entreprises affiliées, mais ne sont pas considérés comme faisant partie de l’IED.

Le stock d’IED est la valeur de la part du capital et des réserves (y compris les bénéfices non répartis) attribuable à l’entreprise mère, à laquelle s’ajoute l’endettement net des filiales envers l’entreprise mère. Pour un grand nombre d’économies, les stocks d’IED sont estimés soit en cumulant les flux d’IED sur une certaine période, soit en additionnant les flux à un stock d’IED qui a été calculé pour une année donnée à partir des sources officielles nationales de statistiques ou des séries de données du FMI sur l’actif et le passif lié à l’investissement direct.

Source : CNUCED

Tableau 1
L’IED dans l’économie mondiale35

Flux d’IED sortant

 1980199020052006Croissance en 2006Croissance annuelle moyen 1990-2006Ratio 2006/1980
Monde542308371 21645,211,022,6
Économies développées512187071 02344,710,220,2
Économies en développement31211617450,518,355,3

Stocks d’IED sortant

 1980199020052006Croissance en 2006Croissance annuelle moyen 1990-2006Ratio 2006/1980
Monde5991 8156 20912 47417,912,820,8
Économies développées5271 6695 32910 71017,112,320,3
Économies en développement721468591 60024,616,222,1
PIB mondial11 79722 88444 88148 4367,94,84,1
Importations mondiales de marchandises2 0753 55010 85312 42714,511,86,0

Sources : CNUCED, Rapport sur l’investissement dans le monde, 2007; FMI, Perspectives de l’économie mondiale, et OMC, Statistiques du commerce.

table des matières

Flux d’investissement sortant

En 2006, les sorties d’IED dans le monde ont été 22 fois plus élevées qu’en 1980. Depuis 1990, elles ont crû à un taux annuel moyen de 11,0 p. 100 (tableau 1). Les sorties d’IED ont progressé de façon remarquable dans la seconde moitié des années 90, touchant un sommet en 2000, pour ralentir durant les trois années suivantes, à la faveur du ralentissement généralisé de l’économie mondiale; puis, elles se sont accélérées à nouveau en 2004 (Figure 1). Les taux de croissance ont été plus élevés dans les économies en développement que dans les économies développées. En conséquence, la part des pays en développement est passée de 5,9 p. 100 en 1980 à plus de 14 p. 100 en 2006.

Au niveau des pays, les États-Unis continuaient de dominer la liste des investisseurs étrangers en 2006 (tableau 2). Après un recul de 27,7 milliards de dollars É.-U. en sorties d’inves tissement en 2005, en raison des modifi cations apportées au code fiscal des entreprises, les États-Unis ont repris le premier rang des pays investisseurs en 2006, avec des sorties d’investissement direct de 216,6 milliards de dollars É.-U. – près du double du montant investi par le second pays en importance (la France). Les bénéfices réinvestis ont constitué la principale composante de l’IED à l’origine de cette augmen ta tion, ce qui contraste nettement avec la situation observée en 2005, année où il y a eu un retrait massif de fonds. En dépit de la poussée d’activité liée aux fusions et acquisitions dans le monde en 2006, les entreprises multi nationales établies aux États-Unis n’ont pas été particulièrement actives en ce qui a trait à l’acquisition de nouveaux actifs de sociétés à l’étranger.

Le niveau élevé des investissements étrangers directs de la France en 2006, après des sorties encore plus élevées l’année précédente (121,0 milliards de dollars É.-U.), traduit la forte acti vité sur le marché des acquisitions étrangères. Sur un total estimatif de 115,0 milliards de dollars É.-U., environ le tiers des sorties d’investissement concernait cinq grandes F et A d’entreprises étrangères par des sociétés fran çaises, notamment l’acquisition par Alcatel de la société Lucent aux États-Unis et la prise de contrôle par le groupe AXA de l’assureur suisse Wintherthur.

Flux d’investissement sortant dans le monde, 1980-2006
 

Tableau 2
Flux et stocks d’investissement sortant : 15 principales économies (milliards $ É.-U., 2006)

RangPaysFlux d’IED sortantRangPaysStocks d’IED sortant
1États-Unis216,61États-Unis2 384,0
2France115,02Royaume-Uni1 486,9
3Espagne89,73France1 080,2
4Suisse81,54Allemagne1 005,1
5Royaume-Uni79,55Hong Kong689,0
6Allemagen79,46Pays-Bas652,6
7Belgique63,07Suisse545,4
8Japon50,38Espagne508,0
9Canada45,29Belgique462,0
10Hong Kong43,510Japon449,6
11Italie42,011Canada449,0
12Brésil28,212Italie375,8
13Suède24,613Suède263,0
14Pays-Bas22,714Australie226,8
15Australie22,315Russie156,8

Source : CNUCED, Rapport sur l’investissement dans le monde, 2007

En 2006, les sociétés espagnoles ont mis à contribution certains incitatifs spéciaux et leur robuste croissance dans divers secteurs (immobilier, construction et banque) pour investir à l’étranger la somme record de 89,7 milliards de dollars É.-U. Des trois plus importantes F et A transfrontières en 2006, deux provenaient d’Espagne.

En Suisse, l’IED sortant a augmenté – du niveau déjà élevé de 54,3 milliards de dollars É.-U. en 2005 – à 81,5 milliards de dollars É.-U. en 2006, le plus haut niveau jamais atteint. Une part significative de cet investissement traduit l’accroissement de la capitalisation des filiales étrangères, en particulier d’institutions financières dont le siège se trouve en Suisse. Cependant, de nouvelles acquisitions à l’étranger figuraient au tableau, notamment des sociétés de finances et de gestion, des banques, des entreprises de produits chimiques et certaines entreprises évoluant dans d’autres industries de fabrication.

Les flux d’investissement sortant des entreprises au Royaume-Uni ont régressé d’environ 5,1 p. 100, à 79,5 milliards de dollars É.-U., reléguant ce pays derrière non seulement les États-Unis, mais aussi la France, l’Espagne et la Suisse. Cette situation traduit en partie la cession d’actifs précédemment acquis par des entreprises du Royaume-Uni, tandis que le niveau d’activité lié aux F et A transfrontières a été limité au Royaume-Uni.

En Allemagne, les flux d’investissement sortant ont atteint 79,4 milliards de dollars É.-U. en 2006, le niveau le plus élevé depuis les années 90. Cela traduit en partie un petit nombre d’acquisitions de grandes entreprises aux États-Unis et au Royaume- Uni, mais aussi le niveau historiquement élevé des bénéfices réinvestis.

L’investissement du Canada à l’étranger a aussi progressé en 2006 – de plus de 30 p. 100 – pour atteindre 45,2 milliards de dollars É.-U. Bien que les entreprises canadiennes aient été relativement actives au niveau des prises de contrôle à l’étranger, une part significative de ce montant semble provenir de transactions en capital avec des filiales existantes aux États-Unis.

Stock d’investissement sortant

Les stocks d’IED sortant ont aussi progressé à un taux robuste d’environ 18 p. 100 pour atteindre 12,5 billions de dollars É.-U. en 2006 (tableau 1 et Figure 2). Depuis 1980, les stocks d’IED sortant se sont multipliés par un facteur d’environ 20,8. Sur la période 1990-2006, les stocks d’IED sortant dans le monde ont progressé à un taux annuel moyen de 12,8 p. 100, ce qui est plus rapide que la progression du produit intérieur brut nominal mondial (4,8 p. 100 l’an) et des importations mondiales de marchandises (11,8 p. 100 l’an). Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont été les principales sources d’IED dans le monde, mesuré en fonction des stocks. Même si les États-Unis demeuraient le pays détenant le plus important stock d’IED en 2006, huit des quinze premières économies pour ce qui est des stocks d’IED appartenaient à l’Union européenne. Les économies développées représentaient 85,9 p. 100 du total des stocks d’IED sortant en 2006, comparativement à 84,1 p. 100 des flux d’IED sortant.

Stocks d’investissement sortant dans le monde, 1980-2006
 
Répartition sectorielle du stock d’IED sortant, 1990 et 2005

table des matières

Répartition par secteur

L’expansion rapide de l’IED, qui a devancé la croissance de la production et les échanges mondiaux, a été l’un des principaux moteurs de la mondialisation. En fait, cette expansion a été dominée par l’IED dans le secteur des services. L’influence de l’IED comme instrument de mondialisation a été beaucoup plus grande dans les industries de services que dans la fabrication, du fait que de nombreux services ne peuvent pas faire l’objet d’échanges commerciaux et que l’implantation de filiales étrangères est souvent la seule façon d’avoir accès aux marchés étrangers. D’autres raisons incitent à desservir les marchés étrangers par l’entremise de filiales, par exemple la nécessité de se trouver à proximité des clients afin de garantir les livraisons ou une réglementation qui requiert une présence locale – deux facteurs qui jouent tant dans les industries de services que dans les industries de biens mais qui ont plus d’importance dans les premières.

En raison de ces facteurs, la part des services dans l’IED mondial a augmenté aux dépens du secteur de la fabrication et du secteur primaire (Figure 3). Le secteur des services représentait 46,6 p. 100 du stock d’IED mondial en 1990; en 2005, cette part atteignait 67,1 p. 100. Par contre, la part du secteur de la fabrication a reculé, passant de 44,0 p. 100 en 1990 à 26,2 p. 100 en 2005, tandis que celle du secteur primaire glissait de 9,0 p. 100 à 5,9 p. 100 sur la même période. Le profil observé au niveau mondial vaut pour les pays développés, qui sont la principale source d’investissement étranger direct : les services représentaient 65,5 p. 100 du stock d’IED dans les pays développés en 2005. La part du stock d’IED représentée par les services dans les pays en développement était encore plus élevée, soit 82,7 p. 100, en 2005.

Au sein des industries de services, les services d’affaires36, les finances et les activités liées au commerce ont enregistré la plus forte croissance annuelle moyenne des stocks d’IED sur la période 1990- 2005 (Figure 4). Ces trois catégories ont dominé les stocks d’IED dans le secteur des services, accaparant 72 p. 100 du total en 1990 et 80 p. 100 en 2005. Cependant, les stocks d’IED allant aux services d’affaires ont augmenté aux dépens des autres catégories : la part des services d’affaires est passée de 7 p. 100 en 1990 à 34 p. 100 en 2005 dans les pays développés, et de 11 p. 100 à 55 p. 100 dans les pays en développement sur la même période.

Taux de croissance du stock d’IED sortant dans les services par sous-secteur

Investissement nouveau ou fusions et acquisitions

Les F et A ont devancé les investissements en installations nouvelles comme principale forme d’IED. Selon les données de la CNUCED, la valeur des F et A transfrontières a atteint 880,5 milliards de dollars É.-U. en 2006, équivalant à plus de 72 p. 100 du total des flux d’investissement sortant pour la même année. La rapidité et l’accès aux actifs appartenant à l’entreprise sont les deux principaux facteurs qui expliquent pourquoi les entreprises préfèrent de plus en plus investir à l’étranger par voie de fusion et acquisition, plutôt que d’y implanter de nouvelles installations. Établir une présence étrangère ou acquérir une entreprise déjà active sur un marché étranger constitue souvent une solution plus rapide pour pénétrer un marché que la voie traditionnelle de l’exportation. Cela est notamment vrai des fusions et acquisitions, grâce auxquelles les entreprises peuvent rapidement exploiter de nouveaux débouchés et acquérir la masse critique nécessaire sans ajouter de capacité supplémentaire dans l’industrie. La prise de contrôle d’une entreprise étrangère permet souvent d’avoir accès immédiatement à un réseau de fournisseurs, de clients et de canaux de distribution. Les cycles de vie plus courts des produits obligent les entreprises à réagir rapidement aux occasions qui surgissent dans leur contexte concurrentiel. Le second facteur – la recherche d’actifs stratégiques – est lié à la nécessité pour les entreprises d’acquérir de la R-D ou un savoir-faire technique exclusif, des brevets, des marques de commerce, des permis et licences locaux, ou encore un réseau de fournisseurs et de distributeurs. L’accès instantané aux actifs détenus en propriété exclusive grâce aux F et A peut revêtir beaucoup d’importance parce que ces actifs ne sont souvent pas disponibles ailleurs sur le marché ou demandent trop de temps à développer à l’interne.

L’investissement dans des installations nouvelles est habituellement le choix optimal pour entrer sur un marché étranger s’il n’y a pas de cible appropriée pour une prise de contrôle dans le pays hôte. L’investissement en installations nouvelles a donc constitué la forme dominante d’entrée sur le marché dans les économies en développement ou émergentes. En outre, les entreprises peuvent préférer investir dans des installations nouvelles même lorsqu’il y a des cibles potentielles de prise de contrôle, notamment si le coût de l’adaptation d’une entreprise existante aux techniques de production, de gestion et de commercialisation de la société acquéreuse est jugé trop élevé.

Croissance de l’IDCE, du PIB et du commerce, 1990-2007

Tendances de l’investissement direct du Canada à l’étranger (IDCE)

La croissance significative des stocks totaux d’IED entrant et sortant du Canada au cours des 25 dernières années témoigne de l’ouverture de l’économie canadienne et de l’importance du commerce inter - national. À l’instar des stocks d’IED sortant dans le monde, l’investissement direct du Canada à l’étranger (IDCE) a progressé plus rapidement en moyenne que les échanges commerciaux et le PIB du pays entre 1990 et 2007 (Figure 5). Alors que l’IDCE a crû à un taux annuel moyen de 10,2 p. 10037, les échanges totaux de biens et services et le PIB nominal ont augmenté à des taux de 6,6 p. 100 et de 4,9 p. 100, respectivement, durant cette période.

Si l’on examine les stocks, le Canada est devenu un exportateur net de capital en 1997 (Figure 6). L’IDCE a plus que quintuplé entre 1990 et 2007, et il était 3 p. 100 plus élevé que l’IED au Canada en 2007. En dépit de ces gains, des analystes ont attiré l’attention sur le fait que le Canada perdait du terrain en termes de stock d’IED sortant. Cette opinion s’appuie sur le recul de notre part du stock mondial d’IED sortant, notamment après 1998. Le Canada détenait 4,7 p. 100 du stock mondial d’IED sortant en 1990, mais seulement 3,6 p. 100 en 2006. Cependant, en pourcentage du PIB (Figure 7), l’IDCE a augmenté depuis 1996, bien qu’il se soit stabilisé plus récemment. En outre, ce ratio n’a été dépassé que par ceux du Royaume-Uni et de la France parmi les pays examinés en 2001 et 2006.

Stocks d’IED entrant et sortant du Canada, 1990-2007
 
Stock d'IED sortant en pourcentage du PIB, certains pays

table des matières

Pourquoi les entreprises investissent-elles à l’étranger?

L’investissement direct sortant, la production internationale et la taille des entreprises sont étroitement liés. Les entreprises qui réussissent le mieux sur la scène mondiale sont aussi celles qui sont très actives au niveau des flux d’investissement direct transfrontières et de la production internationale. Ainsi, une présence dans plusieurs pays constitue une meilleure stratégie internationale pour les entreprises en forte croissance. L’expansion rapide des flux d’IED dans les années 1990 et 2000 a suscité un regain d’intérêt parmi les universitaires et les décideurs dans le monde à l’égard des raisons pour lesquelles les entreprises font des investissements directs à l’étranger.

Avantages liés à la propriété, à la localisation et à l’internalisation

L’IED existe parce qu’il permet d’exploiter un bénéfice éventuel qui ne peut être obtenu dans son propre pays. Parmi les nombreuses théories cherchant à expliquer pourquoi les entreprises choisissent de s’engager dans des activités d’IED, le paradigme éclectique de la production internationale de Dunning (Dunning, 1980; 1988) a souvent été invoqué pour expliquer l’IED. Selon cette théorie, le profil et la croissance des activités à valeur ajoutée des EM dépendent de leurs avantages concurrentiels par rapport aux entreprises locales. Ces avantages sont souvent de trois ordres : les avantages liés à la propriété, à la localisation et à l’internalisation. Les avantages liés à la propriété découlent d’actifs mobiles, intangibles que possèdent exclusivement leurs propriétaires. Entre autres exemples, il y a le capital humain, qui comprend l’expertise en com - mercialisation, de même que le savoir-faire organisationnel et technique, la différenciation des produits, l’image de marque, la qualité du produit, ainsi que les droits de propriété, dont les brevets, les formules et les marques de commerce. Ces avantages peuvent être exploités à l’étranger et confèrent à l’entreprise un pouvoir dominant sur le marché étranger.

Les avantages liés à la localisation découlent des actifs exogènes, non exclusifs que l’on tire de l’environnement – région ou pays étranger – où le capital et les biens de l’entreprise font l’objet de transactions. Ils peuvent prendre la forme d’un meilleur accès aux consommateurs, d’économies sur les coûts de transport ou les droits tarifaires, de coûts de production moins élevés, de la structure du marché (par exemple, nombre d’entreprises et différenciation des produits) et de la proximité des ressources naturelles.

Les avantages liés à l’internalisation sont ceux qui découlent de l’administration des transactions internationales au sein d’une même entreprise par le truchement d’une filiale, plutôt que par le recours à des licences ou la vente des produits et des procédés de l’entreprise à une entreprise étrangère non apparentée. En internalisant au sein de l’entreprise les activités visant de nombreux pays, les multinationales sont en mesure de réduire leurs coûts de transaction associés aux imperfections du marché. À titre d’exemple, en employant des filiales plutôt qu’en exportant pour desservir des marchés étrangers, les EM peuvent éviter les coûts afférents aux droits de douane et aux fluctuations des taux de change. Les économies réalisées sur les coûts de transaction sont souvent invoquées pour décrire cet avantage. Elles se concrétisent souvent sous forme d’économies d’échelle et de synergie; plus une entreprise repousse ses frontières, plus ces économies sont importantes. De tels avantages sont essentiellement propres à l’entreprise plutôt qu’au pays, et peuvent provenir d’éléments tels que la rationalisation des marchés, l’organisation de l’entreprise, la diversification du risque et le partage des ressources dans l’ensemble de l’organisation au niveau de la R-D, des services, de la commercialisation, de l’information, de la distribution, des achats et du financement. L’internalisation permet aussi aux EM de mieux exploiter et de protéger les avantages des actifs à caractère monopolistique, comme les marques de commerce et le savoir-faire.

Selon la théorie de Dunning, ces trois avantages – propriété, localisation et internalisation (PLI) – doivent être présents pour qu’une entreprise envisage l’IED. Ainsi, une entreprise investira dans des opérations hors de son marché national lorsqu’elle possède des actifs exclusifs qui peuvent être exploités de façon efficace au sein de l’entreprise.

Le lien entre l’investissement direct du Canada à l’étranger et le commerce

Tel qu’indiqué, l’investissement sortant permet aux entreprises de demeurer concurrentielles. Cette solution offre aux entreprises canadiennes la possibilité de s’exposer à de nouvelles pratiques et technologies qu’elles peuvent ensuite ramener au pays, aidant ainsi l’entreprise mère à demeurer à la fine pointe des progrès technologiques et des procédés de production. Une telle stratégie peut aussi contribuer à stimuler l’exportation de machines et d’autres biens d’équipement (notamment si l’entreprise mère a mis au point des machines uniques dans son procédé de production) et accroître la demande de produits intermédiaires, de savoir-faire et de services spécialisés. En outre, en réalisant des rendements sur les capitaux qu’elles possèdent à l’étranger plutôt qu’au pays, les entreprises canadiennes se trouvent à rapatrier des bénéfices, des redevances de propriété intellectuelle et d’autres paiements de même nature.

Liens entre les exportations et l’IDCE : tests de causalité et modèles de gravité

Les exportations et l’investissement direct à l’étranger sont souvent présentés comme des stratégies alternatives. Les entreprises peuvent soit produire au pays et exporter, soit produire à l’étranger et remplacer les exportations par les ventes locales de leurs filiales étrangères. Il n’est donc pas étonnant que l’on ait exprimé des craintes devant la possibilité que l’investissement direct sortant puisse entraîner une perte d’investissements, d’exportations et d’emplois au Canada. Cependant, des travaux de recherche récents en économique incitent à penser que l’investissement direct sortant profite à l’économie d’origine sous certaines conditions. Ainsi, en permettant aux multinationales et à leurs fournisseurs nationaux de prendre de l’expansion sur de nouveaux marchés et d’avoir accès à des technologies nouvelles, l’investissement direct à l’étranger peut protéger des emplois bien rémunérés au Canada. De même, l’investissement direct sortant peut aider à faciliter la restructuration d’une industrie au Canada en faisant progresser les entreprises dans la chaîne de valeur. Cela se fait en déplaçant une partie des procédés de production à forte intensité de main-d’oeuvre à l’étranger, là où les coûts sont moins élevés, permettant ainsi à l’entreprise de se concentrer au pays sur des activités stratégiques à grande valeur ajoutée offrant une meilleure rémunération.

Les résultats d’études empiriques sur le lien entre l’IED et les exportations du pays d’origine sont partagés, mais des études récentes révèlent une relation de complémentarité entre l’IED sortant et les exportations. Les travaux de Mundell (1957) et de Svensson (1996) ont conclu que l’IED avait un impact négatif sur les exportations du pays d’origine. Cependant, d’autres ont constaté que l’IED sortant avait un effet positif sur les exportations (Lipsey et Weiss, 1981; Helpman, 1984; Grossman et Helpman, 1989; Hejazi et Safarian, 2001). Plus récemment, Head et Ries (2004) ont observé que l’IED augmentait à la faveur d’une expansion des marchés étrangers. L’IED et les exportations peuvent être complémentaires même si l’IED porte sur une spécialisation verticale ou sur l’implantation de succursales. Plus récemment, Hejazi (2007) a montré que l’IDCE transitant par l’intermédiaire des centres financiers extraterritoriaux entraînait une augmentation des exportations canadiennes.

Pour tenter d’éclaircir la question, nous avons examiné la relation entre le stock d’IED sortant et les exportations du Canada. Nous commençons par rechercher des preuves de causalité entre l’investissement direct et les exportations. Puis, nous procédons à un test plus direct sur la nature du lien éventuel à l’aide de données en panel pour 44 pays et d’un modèle de gravité.

Causalité de Granger

Une corrélation ne signifie pas nécessairement qu’il y a causalité. De nombreuses corrélations sont simplement fortuites et sans signification. La façon dont Granger (1969) aborde la question de savoir si l’IDCE engendre des exportations (X) ou des importations (M) consiste à mesurer quelle proportion de la valeur actuelle de X peut être expliquée par les valeurs passées de l’IDCE, et ensuite tenter de voir si, en ajoutant des valeurs décalées de l’IDCE, on parvient à améliorer l’explication. On peut affirmer qu’il y a causalité de Granger entre X et l’IDCE si ce dernier aide à prédire X, ou encore si les coefficients de l’IDCE décalé sont statistiquement significatifs. À noter qu’il y a souvent causalité réciproque; l’IDCE est la cause de X (à la Granger) et X est la cause de l’IDCE (à la Granger).

Tableau 3
Causalité pairée de Granger entre les exportations et l’IDCE, 1946-2006

Hypothèse nulleNombre d’observationsStatistique FProbabilité
L’IDCE n’est pas la cause de X (à la Granger)492,320,04
X n’est pas la cause de l’IDCE (à la Granger)493,550,00

Il importe de signaler que l’expression « l’IDCE est la cause de X (à la Granger) » ne signifie pas que X est l’effet ou le résultat de l’IDCE. La causalité de Granger mesure la préséance et le contenu en information, mais elle n’indique pas qu’il y a causalité au sens commun du terme.

Aux fins du calcul, il faut choisir un décalage correspondant à ce que l’on croit raisonnablement être la plus longue période de temps pendant laquelle l’une des variables peut aider à prédire l’autre. Aux fins de notre étude, un décalage de 12 ans a été choisi. Le modèle a été appliqué à des séries de données temporelles sur les exportations totales et le stock total d’IDCE pour la période 1946-2006. L’analyse vérifie la validité de l’hypothèse conjointe selon laquelle tous les coefficients des variables décalées sont nuls, ce qui voudrait dire qu’il n’y a pas de causalité.

Les résultats indiquent que nous ne pouvons pas rejeter ces deux hypothèses, à savoir que « L’IDCE n’est pas la cause de X (à la Granger) » et que « X n’est pas la cause de l’IDCE (à la Granger) » (Tableau 3). Ainsi, il semble que la causalité de Granger irait de l’IDCE aux exportations et des exportations à l’IDCE. En termes simples, cela signifie que si l’on considère la relation entre les exportations canadiennes et l’IDCE, les valeurs passées des exportations aident à expliquer l’IDCE et les valeurs passées de l’IDCE aident à prédire les exportations.

table des matières

Modèle de gravité

Ayant établi qu’il existe un lien réciproque entre le commerce et l’investissement direct à l’étranger, il reste à savoir si ces deux éléments ont une relation de complémentarité ou de substitution. Afin de répondre à cette question dans le cas du Canada, un modèle de gravité a été utilisé pour décrire la relation entre les flux commerciaux du Canada et l’investissement direct du Canada à l’étranger (IDCE). On fait couramment appel aux modèles de gravité pour expliquer les flux bilatéraux d’échanges de marchandises entre différents pays ou régions en utilisant la taille de l’économie et l’éloignement comme variables explicatives. D’autres variables viennent généralement s’ajouter au modèle pour tenir compte de l’effet de divers facteurs sur la formation et l’intensité des courants commerciaux internationaux.

À cette fin, les valeurs des exportations et des importations canadiennes avec 44 pays38 entre 1996 et 2006 ont été intégrées au modèle.

Dans le modèle de gravité de base, les flux commerciaux bilatéraux sont expliqués par la taille de l’éco - nomie des deux pays, représentée par leur PIB. Un pays qui a un plus gros PIB produit et dépense davantage; par conséquent, il aura une offre plus grande à l’exportation et une demande plus grande pour les importations. On s’attend donc à observer une relation étroite et positive entre les flux commerciaux et la taille économique des pays. De façon similaire, plus est grande la distance séparant deux pays, plus limité devrait être leur commerce bilatéral. L’éloignement sert de variable représentative pour le temps et les coûts de transport, qui rendent les échanges commerciaux plus coûteux et plus complexes. Ici, l’éloignement a été pondéré à l’aide de données sur les principales villes de chaque pays, ce qui a permis de tenir compte de la répartition de la population entre les territoires de chaque pays.

Comme l’étude s’intéresse à la relation entre le commerce et le stock d’IED sortant du Canada, l’IDCE a été inclus comme variable explicative. Une relation négative signifierait que l’IDCE et le commerce sont des substituts, tandis qu’une relation positive serait le signe d’une relation complémentaire. La complémentarité voudrait dire que lorsque les entreprises canadiennes investissent davantage dans un pays, les flux commerciaux du Canada avec ce pays devraient être plus importants.

Tableau 4
Effet estimatif de l’IDCE sur les exportations et les importations

Exportations en tant que variable dépendante

ConstanteGDPDistanceCDIAFTALanguageR2
11,65 (14,32)0,86 (39,56)-0,35 (-3,99)0,12 (5,58)0,74 (5,42)0,40 (5,44)86,15

Nombre d’observations : 483.

Importations en tant que variable dépendante

ConstanteGDPDistanceCDIAFTALanguageR2
7,631,04-0,020,031,220,1783,57

Nombre d’observations : 483.

D’autres déterminants des flux commerciaux ont été intégrés au modèle afin de saisir leurs effets possibles sur les flux commerciaux du Canada. Des variables instrumentales pour la présence d’un accord de libre-échange (ALE) et une langue officielle commune avec le Canada ont été incluses dans le modèle. Sous forme algébrique, le modèle se présente ainsi : 

Exportsc,f = ßo + ß1GDPc,f + ß2 DISTANCEc,f + ß3CDIAc,f
+ ß4FTAc,f + ß5LANGUAGEc,f + e,

ou GDP est le produit interieur brut, DISTANCE est l'eloignement, CDIA est l'investissement direct du Canada a l'étranger, FTA signifie la presence d'un accord de libre-echange, LANGUAGE represente une langue officielle commune et à est le terme d'erreur. Les indices c et f designent le Canada et le pays etranger. Une equation semblable a ete utilisee pour les importations.

Avant d’estimer l’équation, les variables quantitatives ont été transformées en logarithmes naturels pour que les coefficients obtenus correspondent aux élasticités, c’est-à-dire qu’ils mesurent la sensibilité des exportations (ou des importations) à un changement donné d’une variable quantitative. Les résultats sont présentés au tableau 4. Les chiffres entre parenthèses sont les valeurs du coefficient statistique t. R2 représente la proportion de la variation des exportations ou des importations qui est expliquée par les variables indépendantes. Dans le cas des exportations, tant le PIB que l’éloignement portent les signes attendus et sont statistiquement signifi - catifs au seuil de 5 p. 100. Cela veut dire qu’un accroissement de 10 p. 100 du PIB et de l’éloignement entre le Canada et ses partenaires commerciaux entraînera, respectivement, une augmentation de 8,6 p. 100 des exportations et une baisse de 3,5 p. 100 des exportations. Nous constatons que les exportations et l’IDCE sont complémentaires puisqu’une augmentation de 10 p. 100 de l’IDCE haussera les exportations de 1,2 p. 100.

C’est là un effet plus limité que celui qui ressort d’une étude de 1998 de l’OCDE auprès des pays membres. Cette étude39 arrivait à la conclusion qu’un dollar d’investissement direct sortant était associé à 2,00 $ d’exportations supplémentaires et à un excédent commercial de 1,70 $. Cela expliquerait le niveau élevé du commerce intraentreprise entre les sociétés mères et leurs filiales étrangères, en particulier l’exportation, à partir du pays d’origine, de services liés aux redevances et licences, aux services-conseils et à d’autres services du « siège social ».

Si nous examinons l’équation des importations, tant le PIB que l’éloignement affichent le bon signe, mais la variable de l’éloignement n’est pas statistiquement significative. Une relation légèrement positive est aussi observée entre l’IDCE et les importations, bien que, encore une fois, l’estimation ne soit pas statistiquement différente de zéro. En d’autres termes, le modèle n’établit pas un lien significatif entre le stock d’investissement direct sortant du Canada et les importations de marchandises. Cela est conforme à l’opinion selon laquelle l’IDCE est utilisé pour desservir localement des marchés étrangers et non principalement à des fins de consommation ou de production intérieure.

Globalement, les données n’indiquent pas que l’IDCE des multinationales canadiennes ait entraîné une baisse des exportations du Canada. Au contraire, l’augmentation rapide du stock d’IED sortant du Canada durant les années 90 et la présente décennie a coïncidé avec une expansion des exportations canadiennes. Le modèle fait ressortir une relation positive et significative entre les exportations et l’IDCE.

table des matières

Conclusions

Tant au niveau mondial qu’au niveau du Canada, l’IED sortant a progressé plus rapidement que le produit intérieur brut et les échanges commerciaux au cours des dernières décennies. La croissance rapide de l’IED, qui s’est faite à un rythme supérieur à celui de la production mondiale et du commerce, a été l’un des principaux moteurs de la mondialisation. L’IED dans le secteur des services a joué un rôle important, sa part de l’IED total ayant augmenté aux dépens de celles du secteur manufacturier et du secteur primaire. L’utilisation d’un test de causalité de Granger et d’un modèle de gravité a permis de démontrer que l’IDCE avait un lien positif avec les exportations. Les données empiriques correspondantes appuient l’hypothèse d’une relation de complémentarité entre les exportations et l’IDCE. Le modèle incite à penser qu’une hausse de l’IDCE entraîne une augmentation des exportations vers les pays concernés : un accroissement de 10 p. 100 de l’IDCE ferait augmenter les exportations de 1,2 p. 100.

Bibliographie :

CNUCED (2007), Rapport sur l’investissement dans le monde, 2007 : Sociétés transnationales, industries extractives et développement, Organisation des Nations unies, New York et Genève.

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Dunning, John H. (1988), Explaining International Production. Unwin Hymus, Londres.

Granger, Clive W.J. (1969), « Investigating Causal Relations by Econometric Models and Cross-spectral Methods », Econometrica, vol. 37, p. 424-438.

Grossman, Gene, et Elhanan Helpman (1991), Innovation and Growth in the Global Economy, MIT Press.

Head, Keith, et John Ries (2004), « Exporting and FDI as Alternative Strategies », Oxford Review of Economic Policy, vol. 20, p. 409-423.

Hejazi, Walid, et A.E. Safarian (2001), « The Complementarity Between U.S. Foreign Direct Investment Stock and Trade », Atlantic Economic Journal, vol. 29, p. 420-437.

Hejazi, Walid (2007), « Offshore Financial Centers and the Canadian Economy », Rotman School of Management, Toronto, Canada.

Helpman, Elhanan (1984), « A Simple Theory of International Trade with Multinational Corporations », Journal of Political Economy, vol. 92, p. 451-471.

Lipsey, Robert, et Merle Yahr Weiss (1981), « Foreign Production and Exports in Manufacturing Industries », Review of Economics and Statistics, vol. 63, p. 488-494.

Mundell, Robert (1957), « International Trade and Factor Mobility », American Economic Review, vol. 47, p. 321-33

OCDE (1998), Open Markets Matter: The Benefits of Trade and Investment Liberalisation, OCDE, Paris.

Svensson, R. (1996), « Effects of Overseas Production on Home Coluntry Exports: Evidence Based on Swedish Multinationals », Weltwirtschaftliches Archiv, vol. 132, p. 304-329.


1 Toutes les projections présentées dans ce chapitre proviennent de Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international (FMI), avril 2008.
2 L’inflation primaire mesure le taux auquel progresse le coût de la vie. Autrement dit, elle mesure le taux de variation de l’indice des prix à la consommation (IPC).
3 FMI, Perspectives de l’économie mondiale, Sommaire.
4 FMI, Perspectives de l’économie mondiale, chapitre 2.
5 Economist Intelligence Unit, United Kingdom Country Report, avril 2008.
6 Selon le China Monthly Report de mars 2008, publié par The Economist Intelligence Unit.
7 PIB réel aux prix du marché. L’Organisation statistique centrale présente les données pour l’exercice allant du début d’avril à la fin de mars de l’année suivante. Les données sont tirées de Press Note: Advance Estimate of National Income 2007-08, Bureau d’information de la presse, Gouvernement de l’Inde, 7 février 2008.
8 FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2008.
9 Selon le India Monthly Report d’avril 2008, publié par The Economist Intelligence Unit, le Statisticien en chef de l’Inde aurait affirmé que « la croissance de l’économie indienne avait ralenti à un taux tendanciel se situant autour de 8-8,5 p. 100. » (Traduction)
10 Les données utilisées dans ce chapitre proviennent du communiqué PRESS/520/Rev.1 de l’Organisation mondiale du commerce, intitulé World Trade 2007, Prospects for 2008, du 17 avril 2008. Toutes les données sont exprimées en dollars É.-U. et les taux de croissance sont calculés à partir de ces données. Les services englobent les services de transport et de voyage et les services commerciaux, mais excluent les services gouvernementaux.
11 L’expression « termes d’échange » a trait au ratio des prix des exportations aux prix des importations.
12 Cette région comprend l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Moldavie, la Russie, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ukraine et l’Ouzbékistan
13 Les quatre nouvelles économies industrialisées (NEI) sont Hong Kong (Chine), la Corée, Singapour et Taïwan.
14 Selon un communiqué de presse de l’OMC citant des statistiques du FMI.
15 Afin d’éviter toute confusion possible entre l’analyse du commerce des services présentée dans cette section et le chapitre 4, nous avons adopté la nomenclature de Statistique Canada pour les services. Autrement dit, ce que l’OMC appelle les « services commerciaux » devient ici les « services » ou l’« ensemble des services », tandis que ce que l’OMC désigne les « autres services commerciaux » devient ici simplement les « services commerciaux ». Les deux dernières catégories, les services de transport et de voyage, demeurent les mêmes.
16 Le coût de remplacement est le coût nécessaire pour remplacer les composantes structurelles usées des logements, mais il est estimé à partir du prix des nouvelles maisons (en excluant le terrain), qui est lié à la demande courante de maisons nouvelles, alimentée par la hausse de l’emploi et le dynamisme des économies des provinces de l’Ouest.
17 La productivité du travail est définie comme étant le PIB par heure travaillée, sur la base de la parité des pouvoirs d’achat. Les séries sont extrapolées à partir des estimations de référence de 1999 de l’écart de productivité du travail entre le Canada et les États-Unis, en utilisant les indices de la productivité du travail de Statistique Canada et du Bureau of Labor Statistics des États-Unis.
18 La mesure de la productivité du travail correspond au PIB réel par heure travaillée.
19 Le dollar a débuté l’année à 85,8 ¢ É.-U.; à la fin de septembre, il avait atteint la parité avec la devise américaine; il a ensuite touché un sommet au début de novembre à 1,09 $ É.-U., avant de retomber un peu au-dessus de la parité en fin d’année. Cependant, sur la base des moyennes annuelles, le dollar canadien s’est apprécié de 5,5 p. 100, passant d’environ 88,2 ¢ É.-U. en 2006 à 93,0 ¢ É.-U. l’an dernier.
20 L’expression « commerce des biens » a trait au commerce mesuré sur la base de la balance des paiements, par contraste avec le « commerce des marchandises » qui rend compte des échanges de biens sur une base douanière. Les données de la balance des paiements (BdP) sont tirées des données douanières, avec des rajustements pour tenir compte d’éléments tels que l’évaluation, la couverture, la date et la résidence. Les données sur le commerce calculées sur une base douanière sont disponibles pour tous les pays individuellement, tandis que les données du commerce selon la balance des paiements ne sont disponibles que pour les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni.
21 Les données portent uniquement sur les sociétés affiliées dans lesquelles la société mère détient une participation majoritaire et exclut les établissements de dépôt et les divisions étrangères des entreprises, conformément à la mesure employée au niveau international dans les statistiques commerciales des société affiliées à l’étranger.
22 Les biens et matériaux industriels englobent les minerais métalliques, les produits chimiques, les plastiques et engrais, ainsi que les métaux et alliages.
23 Statistique Canada, Commerce international des marchandises : revue annuelle, no 65-208-XWF au Catalogue, 2007.
24 Tel qu’indiqué précédemment, l’expression « commerce de marchandises » décrit les échanges de produits sur une base douanière, par opposition au « commerce des biens » qui fait état des échanges commerciaux selon la balance des paiements. Les données douanières sont produites en vertu du système harmonisé (SH) de classification harmonisé à l’échelle internationale, qui est ventilé en chapitres numérotés 1 à 99. Les chapitres 98 et 99 du système SH représentent des transactions spéciales, qui sont exclues de l’analyse qui suit.
25 Les données proviennent du U.S. Bureau of Economic Analysis et couvrent les activités des multinationales étrangères aux États-Unis et des multinationales américaines à l’étranger.
26 Comme au cours des années précédentes, les écarts entre les statistiques canadiennes et mexicaines étaient significatifs en 2007. Les importations du Mexique en provenance du Canada dépassaient les exportations du Canada au Mexique de 3,6 milliards de dollars. Réciproquement, les importations canadiennes du Mexique étaient de 10,2 milliards de dollars supérieures aux exportations mexicaines au Canada. Des études de rapprochement entre le Canada et le Mexique ont permis d’identifier certains problèmes de mauvaise affectation et de sous-dénombrement comme causes principales de ces divergences. La mauvaise affectation par un pays et l’attribution d’échanges commerciaux à un pays qui n’est pas la destination finale des biens, ce qui engendre une situation où les deux pays imputent des échanges à différents pays. À titre d’exemple, le Canada peut expédier des biens vers une destination finale au Mexique en passant par les États-Unis. Il y a sous-dénombrement lorsque des échanges commerciaux ne sont pas consignés par le pays qui compile les statistiques; ils sont donc tout à fait absents des statistiques officielles qu’il publie.
27 Le Registre des exportateurs est une base de données de Statistique Canada. Au moment de la rédaction du présent article, les dernières données disponibles portaient sur 2005.
28 Les entreprises qui exportent pour une valeur inférieure à 1 million de dollars annuellement représentent 85 p. 100 de la baisse du nombre d’entreprises exportant uniquement aux États-Unis entre 2000 et 2005.
29 Les entreprises qui exportent moins de 1 million de dollars annuellement représentaient 81 p. 100 de la hausse du nombre d’entreprises exportant à la fois aux États-Unis et vers d’autres destinations de 2000 à 2005.
30 À noter que les données sur les exportateurs selon la taille de l’effectif ont été compilées au niveau de l’établissement, une mesure statistique différente de celle employée dans les données précédemment citées, compilées au niveau de l’entreprise. L’entreprise est le plus haut niveau hiérarchique associé à un ensemble complet (consolidé). Un établissement est une unité de production, par exemple une usine ou une fabrique, à l’égard de laquelle les données comptables requises pour mesurer la production sont disponibles. Une entreprise peut compter de nombreux établissements.
31 À l’exclusion de la Roumanie et de la Bulgarie qui ne figurent pas encore dans les données de l’UE.
32 Les investissements en installations nouvelles sont les déboursés faits pour implanter une nouvelle entreprise ou pour agrandir une entreprise existante.
33 En dépit du ralentissement récent de l’IED en Chine, le stock d’IED entrant est passé de 20,7 milliards de dollars É.-U. en 1990 à 292,6 milliards de dollars É.-U. en 2006.
34 La CNUCED a publié des donnés sur les entrées d’investissement dans le monde pour 2007, mais les données sur les sorties pour la même année ne sont publiées que vers la fin de l’année.
35 La somme des économies développées et des économies en développement n’équivaut pas au total mondial. Une troisième catégorie, qui englobe certaines économies en transition, n’est pas décrite ici. Les nations omises sont l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la Roumanie, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et les pays de la Communauté des États indépendants (CEI), soit l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Moldavie, la Fédération de Russie, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ukraine et l’Ouzbékistan.
36 Les services d’affaires comportent la prestation d’un soutien spécialisé aux procédés d’affaires d’autres organisations. Ces activités englobent les services suivants : R-D, génie, informatique, conseils juridiques, comptabilité et conseils en gestion, ainsi que la commercialisation.
37 Taux de croissance annuel moyen composé.
38 Argentine, Australie, Barbade, Belgique, Bolivie, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Chypre, République tchèque, Danemark, France, Allemagne, Hong Kong (Chine), Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Corée du Sud, Luxembourg, Malaisie (1997-2006), Mexique, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Panama, Pérou, Philippines, Pologne, Singapour, Afrique du Sud, Espagne, Suède, Suisse, Taïwan (province de Chine), Turquie, Royaume-Uni, États-Unis, Venezuela et Zimbabwe.
39 Voir OCDE, Open Markets Matter: The Benefits of Trade and Investment Liberalisation, 1998