Le point sur le commerce et l'investissement – 2009

III. La performance économique du Canada

Le produit intérieur brut

Avec la détérioration de la situation économique dans le monde, la cadence de l'activité économique réelle au Canada a fortement ralenti en 2008. La croissance réelle du PIB est tombée d'un peu plus de 2,7 p. 100 en 2007 à un peu moins de 0,5 p. 100 l'an dernier.

2008 a débuté par une contraction au premier trimestre, après 18 trimestres de croissance ininterrompue (figure 3-1). Il y a eu une légère reprise vers le milieu de l'année, avant que l'économie ne se contracte à nouveau au dernier trimestre.

Figure 3-1
Croissance du PIB réel canadien, 2004-2008

Équivalent textuel - Croissance du PIB réel canadien

Source : Statistique Canada

Un examen des catégories de dépenses du PIB (figure 3-2) révèle que la croissance des dépenses personnelles réelles en biens et services de consommation a décéléré à un peu moins de 3,0 p. 100 l'an dernier, contre 4,5 p. 100 en 2007 – le taux d'expansion le plus bas depuis 2001.

Figure 3-2
PIB réel en termes de dépenses, 2004-2008 (milliards de dollars enchaînés de 2002)

Équivalent textuel - PIB réel en termes de dépenses

Source : Statistique Canada

Le taux de croissance des dépenses des consommateurs en biens et le taux de croissance des dépenses des consommateurs en services ont été presque identiques l'an dernier, soit 3,0 p. 100 et 3,1 p. 100, respectivement. Les dépenses en biens durables, comme les voitures et les articles de maison, ont contribué à la croissance plus lente en 2008. Néanmoins, les achats de biens durables ont augmenté de 5,2 p. 100 en 2008, après avoir augmenté de plus de 7 p. 100 les deux années précédentes. Les achats de biens semi-durables et non-durables ont connu une progression encore plus lente, soit 4,0 p. 100 et 1,2 p. 100, respectivement. Dans l'ensemble, la croissance plus faible des dépenses a été généralisée en 2008, et la contribution de cette catégorie à la croissance réelle du PIB n'a été que de 1,6 p. 100, contre 2,5 p. 100 en 2007. Malgré cela, les dépenses personnelles en biens et services de consommation ont été la plus importante source de contribution à la croissance l'an passé.

L'investissement réel des entreprises en immobilisations a augmenté de 1,7 p. 100 en 2008. La hausse de l'investissement en machines et matériel a été moins robuste, tombant à 2,0 p. 100, alors qu'elle avait été de 7,1 p. 100 un an auparavant. L'investissement en structures non résidentielles était en progression de 1,1 p. 100 pour l'année, avec un gain de 1,8 p. 100 de l'investissement dans les structures d'ingénierie et un repli de 0,6 p. 100 de l'investissement dans les autres bâtiments non résidentiels. La construction de structures d'ingénierie a tendance à être associée à de grands projets qui sont difficiles à interrompre ou à freiner en période d'incertitude. Une fois ces projets démarrés, les entreprises ont tendance à compléter la phase en cours plutôt que de perdre la mise de fonds initiale.

L'investissement en construction résidentielle, qui englobe la construction de nouvelles maisons, les coûts de transfert de propriété et les rénovations, a fléchi de 2,9 p. 100 en 2008, le premier recul enregistré depuis 1998. L'activité sur le marché de la revente, qui se reflète dans les coûts de transfert de propriété, est le poste ayant accusé la baisse la plus importante (-17 p. 100) depuis 1990. Par contre, les activités de rénovation, en expansion depuis 1999, ont poursuivi leur avancée avec un gain de 3,2 p. 100.

Les stocks des entreprises agricoles et non agricoles ont augmenté en 2008. Parmi ces dernières, la hausse des stocks a été inférieure à la moitié de celle enregistrée en 2007, tandis que parmi les entreprises agricoles, les stocks ont augmenté de 3,6 milliards de dollars alors qu'ils avaient diminué l'année précédente.

Dans l'ensemble, l'investissement réel des entreprises a retranché 0,2 point de pourcentage de la croissance économique en 2008, après un apport positif de 0,8 point de pourcentage en 2007.

Avec la baisse de la demande étrangère pour les produits canadiens, la contribution négative des exportations nettes à la croissance réelle du PIB a augmenté à 1,8 point de pourcentage l'an dernier, par rapport à 1,5 point de pourcentage un an plus tôt. Cette situation est due à l'effet combiné de la baisse des exportations réelles et de l'augmentation des importations réelles.

En volume, les exportations de biens et services canadiens ont reculé de 4,7 p. 100 en 2008, les exportations de biens diminuant de 5,0 p. 100 tandis que les exportations de services glissaient de 2,7 p. 100. La baisse des exportations de voitures (-23,0 p. 100 en termes réels) et de produits forestiers (-14,2 p. 100) est responsable de la plus grande partie des pertes inscrites du côté des biens, alors que les rentrées dans les trois grandes catégories d'exportations de services (voyages, transport et services commerciaux) ont été moins élevées en 2008.

Par contre, la demande canadienne de biens et services étrangers a augmenté légèrement en termes réels, soit de 0,8 p. 100, sous l'effet combiné d'une augmentation de 1,0 p. 100 des importations de biens et d'une baisse de 0,3 p. 100 des importations de services étrangers. Les produits énergétiques (gain de 10,1 p. 100) et les machines et le matériel (gain de 3,7 p. 100) ont dominé la progression des importations de biens. Le recul de 2,6 p. 100 des importations de services commerciaux et la baisse de 1,1 p. 100 des importations de services de transport ont annulé la hausse de 3,7 p. 100 des importations réelles de services de voyage.

Un examen du PIB par activité industrielle révèle la faiblesse de l'économie tout au long de l'année; le mouvement s'est accentué au dernier trimestre, notamment en novembre et décembre.

La production de biens a fléchi de 2,8 p. 100 en 2008, la première baisse observée depuis 2001. À l'exception de la construction, la production dans tous les secteurs de biens s'est contractée en 2008. En revanche, le secteur des services a progressé de 2,1 p. 100, toutes les industries du secteur enregistrant des gains.

La construction a été le point fort des industries de production de biens en 2008, progressant de 2,3 p. 100. La croissance du secteur a été dominée par les travaux d'ingénierie et de réparation, en hausse de 4,1 p. 100 sur l'année; la construction résidentielle et la construction non résidentielle ont avancé, mais à un rythme plus lent, soit 0,6 p. 100 et 0,4 p. 100, respectivement. Le ralentissement de la construction de nouvelles maisons individuelles et le recul de la construction de bâtiments industriels ont été les principales causes à l'origine de cette faiblesse.

La fabrication, qui est le plus important secteur de production de biens, a battu en retraite de 5,1 p. 100 en 2008, marquant la troisième année consécutive de repli. Le recul a été généralisé, avec en tête le vêtement (-22,1 p. 100), les produits du bois (-17,5 p. 100), le cuir (-14,6 p. 100) et le matériel de transport (-12,7 p. 100). À l'exception des produits et des pièces d'aéronefs, la plupart des soussecteurs du matériel de transport étaient en baisse l'an dernier. Cependant, la plus grande partie des pertes sont survenues du côté des véhicules automobiles, notamment la fabrication de voitures et de pièces. Ensemble, ces deux sous-secteurs expliquent environ la moitié du déclin du secteur manufacturier. Des 21 industries qui composent le secteur de la fabrication, seulement quatre ont vu leur production augmenter en 2008 : la fabrication d'aliments (1,6 p. 100), de machines (0,3 p. 100), de produits informatiques et électroniques (0,1 p.100) et de produits manufacturés divers (3,7 p. 100).

La foresterie et l'exploitation forestière ont aussi été touchées par la baisse de la demande étrangère, reculant pour la quatrième année consécutive (-16,4 p. 100) en 2008.

Les produits de l'énergie ont fait face à de fortes fluctuations des prix sur les marchés internationaux en 2008. En janvier, le prix moyen d'un baril de pétrole brut8 était de 94 dollars canadiens; la hausse s'est poursuivie jusqu'en juin où le prix a touché un sommet, à 136 dollars, avant de redescendre pour terminer l'année à un prix moyen de 52 dollars en décembre. Le prix du gaz naturel a suivi la même tendance. La production du secteur a fléchi de 3,3 p. 100 en 2008.

Toutes les industries de production de services ont enregistré des gains en 2008 avec, en tête, les industries de services divers, le commerce de détail, les soins de santé, l'administration publique, l'éducation, ainsi que les finances, les assurances et l'immobilier (FAI), dont la progression a varié entre 2,7 p. 100 et 3,1 p. 100. Dans le secteur des FAI, les finances et les assurances ont enregistré un gain de 3,1 p. 100, ce qui est le taux de croissance le plus lent depuis 2003. L'intermédiation financière et les assurances ont participé à cette avancée, tandis que le courtage de valeurs mobilières et les activités connexes demeuraient stationnaires après avoir connu une croissance annuelle moyenne de 8,8 p. 100 entre 1999 et 2007.

La production du secteur du commerce de détail a progressé de 3,1 p. 100 en 2008, soit environ la moitié du taux enregistré au cours de chacune des deux années précédentes. Tous les grands soussecteurs du commerce de détail ont réalisé des gains.

La croissance du secteur du commerce de gros a été essentiellement nulle, une faiblesse non observée depuis le déclin de 1991. Les grossistes, qui participent aussi aux activités d'exportation-importation, ont été touchés par la baisse des volumes d'échanges avec l'extérieur.

Après neuf années d'expansion essentiellement ininterrompue, le marché de la revente des maisons a reculé, alors que le nombre d'unités résidentielles vendues a diminué d'environ 17,1 p. 100, contribuant ainsi au repli des industries de l'immobilier et du courtage.

La croissance du PIB par province

Bien que le PIB ait augmenté légèrement au niveau national en 2008, la détérioration de la situation économique dans le monde a touché certaines provinces plus tôt que les autres. Cinq provinces – l'Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Québec, le Manitoba et la Saskatchewan – et deux territoires – le Nunavut et le Yukon – ont enregistré un taux de croissance positif en 2008, tandis qu'il y a eu contraction de l'activité économique dans les Territoires du Nord-Ouest et les cinq autres provinces. Plusieurs provinces ont subi les effets du ralentissement survenu aux États-Unis et du marasme dans lequel se trouve le marché de l'habitation de ce pays. Cette évolution se profile derrière la baisse de 4,7 p. 100 des exportations en volume et seuls la NouvelleÉcosse, la Saskatchewan et le Yukon ont vu leurs exportations réelles progresser en 2008.

L'économie de Terre-Neuve et Labrador s'est contractée de 0,1 p. 100 en 2008, après une expansion de son PIB réel de 9,1 p. 100 en 2007 (figure 3-3).

Figure 3-3
Croissance du PIB réel par province, 2008

Équivalent textuel - Croissance du PIB réel par province

Source : Statistique Canada

La croissance de la province a été freinée par la baisse de la production de pétrole et de gaz, notamment en provenance du gisement White Rose. Les dépenses personnelles ont fortement progressé, propulsées par le gain le plus important de l'emploi depuis 2003 et la première augmentation de la population enregistrée depuis 1992. Les dépenses en biens durables, tels que les automobiles et les camions, ont augmenté de 13,0 p. 100 pour la deuxième année d'affilée. L'investissement des entreprises dans les structures résidentielles était en hausse de 7,3 p. 100, mais l'investissement des entreprises dans les structures non résidentielles a reculé pour la troisième année consécutive. Après deux années de solide croissance, les exportations réelles ont fléchi de 0,2 p. 100, mais les importations réelles ont augmenté plus rapidement, soit de 3,7 p. 100.

L'économie de l'Île-du-Prince-Édouard a affiché un taux de croissance de 0,9 p. 100 en 2008, grâce à la vigueur des dépenses de consommation et à l'accélération des dépenses gouvernementales. Les récoltes étaient en baisse pour une deuxième année, alors que les agriculteurs ont réduit les superficies en culture et que la production de pommes de terre a souffert des conditions pluvieuses qui ont sévi durant la saison de la récolte. Les exportations réelles ont reculé de 3,0 p. 100, reflet du fléchissement des récoltes et des baisses survenues dans la production de bétail et la production manufacturière. Dans ce dernier cas, la transformation des aliments est demeurée stable au niveau de 2007, tandis que la fabrication de matériel de transport a progressé; cependant, la forte baisse observée dans la fabrication de produits chimiques a contribué à freiner la croissance.

Une augmentation des dépenses a aussi donné du tonus à l'économie néo-écossaise : les dépenses de consommation ont progressé de 3,1 p. 100 en 2008, la plus forte hausse depuis 2002. Les dépenses gouvernementales se sont accélérées en 2008, avançant de 3,8 p. 100, dans la foulée d'une hausse de 2,3 p. 100 en 2007. L'investissement des entreprises dans les structures non résidentielles a rebondi après un net repli en 2007. Cependant, les dépenses des entreprises en machines et matériel ont fléchi de 20 p. 100, tandis que l'investissement dans les structures résidentielles a reculé avec la baisse des mises en chantier. Les exportations réelles ont ralenti, mais sont demeurées positives, inscrivant un gain de 0,8 p. 100 comparativement à 1,7 p. 100 un an plus tôt. De façon similaire, les importations ont progressé plus lentement en 2008, glissant à 1,3 p. 100 pour l'année, à comparer à une croissance de 2,0 p. 100 en 2007. Dans l'ensemble, le PIB réel de la NouvelleÉcosse a progressé de 2,0 p. 100 en 2008, ce qui est supérieur au gain de 1,7 p. 100 réalisé en 2007.

L'activité économique au Nouveau-Brunswick est demeurée pratiquement inchangée en 2008 par rapport à 2007, l'économie se contractant par une marge infime – deux centièmes de points de pourcentage. La croissance des dépenses des consommateurs a ralenti à 3,4 p. 100, alors qu'elle avait été de 4,1 p. 100 en 2007. Les exportations réelles ont fléchi de 2,8 p. 100, subissant le déclin du secteur de la forêt et celui de la fabrication. Dans le secteur forestier, la production a ralenti face au repli du marché de l'habitation aux États-Unis. La production de cette industrie a reculé de 27 p. 100 en 2008, après une baisse de 9 p. 100 en 2007. Le ralentissement s'est propagé à la fabrication des produits liés à la forêt. La fabrication de produits en bois a chuté de 23 p. 100, après avoir régressé en 2007, tandis que la fabrication de papier a ralenti considérablement. La transformation des aliments était aussi en baisse, soit de 5,9 p. 100, après trois années de croissance. Ce déclin reflète un recul des récoltes, les fortes précipitations de l'été ayant entraîné une baisse de la récolte de pommes de terre. Les importations réelles ont progressé de 1,0 p. 100, dans la foulée d'une expansion de 4,4 p. 100 en 2007.

L'économie du Québec a crû de 1,0 p. 100 en 2008, alors que l'investissement dans les structures non résidentielles a continué à soutenir l'économie pour une troisième année d'affilée. Cependant, l'investissement dans les structures résidentielles a accusé un léger recul, le nombre de mises en chantier de maisons étant en baisse. Tant les dépenses des consommateurs que celles des gouvernements ont ralenti, mais elles ont tout de même augmenté plus rapidement que l'économie provinciale. La hausse des dépenses des consommateurs a ralenti à 3,1 p. 100, contre 4,3 p. 100 en 2007, tandis que les dépenses des gouvernements glissaient à 2,7 p. 100, comparativement à 3,2 p. 100 un an plus tôt. La fabrication manufacturière a reculé de 2,6 p. 100 en 2008, après des baisses plus légères au cours des deux années précédentes. La fabrication de vêtements et de textiles a poursuivi sa correction amorcée ces dernières années, tandis que la fabrication de produits liés au bois était en déclin, témoignant de la faiblesse générale de ce secteur. Les exportations réelles ont fléchi de 2,5 p. 100 en 2008, tandis que la croissance des importations totales a ralenti à 1,4 p. 100, de 4,6 p. 100 qu'elle était en 2007.

L'activité économique en Ontario s'est contractée de 0,4 p. 100 en 2008, ce qui est un recul marqué par rapport au gain de 2,3 p. 100 inscrit un an plus tôt. Le ralentissement du secteur manufacturier s'est aggravé après deux années de retraite, et cela est l'un des principaux facteurs à la base du déclin. Le ralentissement de l'activité manufacturière s'est fait sentir de façon généralisée, touchant 16 des 21 sousgroupes du secteur. Le ralentissement de l'économie américaine a continué à causer des difficultés dans le secteur de la fabrication, en particulier pour les fabricants de matériel de transport. La construction de voitures et l'industrie des pièces d'automobile ont dû composer avec des fermetures d'usines et des baisses de régime, et la production de cette industrie a dégringolé de 21 p. 100 sur l'année. Baisses marquées également du côté de la confection de vêtements (28 p. 100) et de la fabrication de produits en bois (14 p. 100). L'activité dans le secteur de la construction a fléchi, parallèlement à la baisse de l'investissement dans les structures non résidentielles. L'investissement des entreprises dans les structures résidentielles a aussi régressé pour la première fois depuis 1998. Les dépenses gouvernementales ont ralenti à 3,2 p. 100, contre 3,7 p. 100 l'année précédente, tandis que les dépenses de consommation ont fléchi à 2,6 p. 100, par rapport à 3,8 p. 100 en 2007. Les exportations réelles et les importations réelles affichent des pertes pour 2008, à hauteur de 5,3 p. 100 dans le premier cas et de 2,0 p. 100 dans le second.

Le Manitoba a enregistré un taux de croissance économique supérieur à la moyenne nationale pour la troisième année d'affilée en 2008, l'économie de la province ayant progressé de 2,4 p. 100. L'investissement dans les structures non résidentielles a été une importante source de stimulation, avec un taux de croissance dans les deux chiffres pour une troisième année consécutive. Certains grands projets, par exemple la réalisation de l'édifice de Manitoba Hydro et la poursuite des travaux à l'aéroport de Winnipeg et autour du canal de dérivation de la Rivière Rouge, ont contribué à ces gains. L'investissement dans les structures résidentielles a aussi progressé au cours de l'année. Après avoir connu une augmentation de 5,3 p. 100 en 2007, la production du secteur manufacturier n'a progressé que marginalement l'an dernier. Les gains observés dans les industries de l'impression, du matériel de transport et des machines agricoles ont été en partie annulés par les baisses survenues dans la fabrication de métaux de première transformation, de produits du bois et de papier. La croissance des dépenses personnelles a ralenti à 4,2 p. 100, contre 5,0 p. 100 en 2007. De façon similaire, la croissance des dépenses gouvernementales a fléchi à 2,4 p. 100, en regard de 2,7 p. 100 l'année précédente. Les exportations réelles se sont contractées, perdant 1,1 p. 100, tandis que les importations ont progressé de 3,3 p. 100.

La Saskatchewan est la province ayant enregistré le taux de croissance le plus élevé en 2008, soit 4,4 p. 100, dans le sillage d'un gain de 2,5 p. 100 en 2007. Stimulée par la fermeté des prix des produits de base et une récolte exceptionnelle, la production agricole a bondi de 22 p. 100. La production manufacturière a aussi progressé en 2008, notamment la fabrication de machines agricoles et de métaux de première transformation; cependant, le secteur des produits du bois a fléchi pour une troisième année d'affilée. La croissance des dépenses des consommateurs a ralenti à 5,5 p. 100, ce qui demeure un taux robuste, après avoir augmenté de 6,4 p. 100 en 2007. Les dépenses gouvernementales se sont accélérées, gagnant 3,1 p. 100, contre 2,3 p. 100 un an plus tôt. Les exportations de la province ont affiché une légère hausse en termes réels, soit 0,2 p. 100, ce qui est inférieur à la croissance de 2,8 p. 100 réalisée en 2007, tandis que la croissance des importations totales ralentissait à 5,2 p. 100, contre 5,8 p. 100 l'année précédente.

L'activité économique en Alberta s'est contractée de 0,2 p. 100 en 2008. La croissance de l'emploi et de la population a ralenti (mais demeure néanmoins la plus élevée au pays), ce qui a vraisemblablement eu un effet sur les dépenses personnelles, qui n'ont augmenté que de 2,7 p. 100 en 2008, après avoir grimpé de 6,5 p. 100 en 2007 et de 8,7 p. 100 l'année précédente. L'investissement dans les structures résidentielles a reculé de 11 p. 100. Les exportations réelles accusent un déclin de 1,5 p. 100, le premier depuis 1986. La croissance des importations réelles a ralenti à 1,6 p. 100, alors qu'elle avait été de 3,6 p. 100 un an plus tôt. L'activité manufacturière a régressé en 2008 et la faiblesse s'observe dans l'ensemble du secteur. Seize des 21 sous-groupes montrent un repli. Les activités de fabrication liées à l'industrie pétrolière ont notamment souffert, alors que les usines de produits chimiques et les raffineries de pétrole ont réduit leur production. La production de bois continue de subir les contrecoups du ralentissement du marché de l'habitation aux États-Unis et plusieurs usines ont fermé leurs portes. Cependant, les fabricants de tuyaux et de tubes en fer et en acier n'ont pas suivi cette tendance, inscrivant au contraire de fortes hausses.

Le PIB de la Colombie-Britannique a fléchi de 0,3 p. 100 en 2008, après avoir profité d'une expansion de 3,0 p. 100 en 2007. Le ralentissement de la construction d'habitations aux États-Unis et la fermeté du dollar canadien durant la première moitié de 2008 sont à l'origine du recul sévère (18 p. 100) de la production du secteur forestier, qui s'est répercuté comme une onde de choc dans l'économie. La fabrication de produits de la forêt, y compris les scieries et les usines de papier, accuse d'importantes pertes. Les exportations réelles ont diminué de 6,8 p. 100 l'an dernier, après un léger repli l'année précédente. Le ralentissement survenu en 2008 est principalement attribuable à la baisse observée pour les produits de l'industrie du bois d'oeuvre. Les importations réelles ont régressé de 1,2 p. 100. La croissance des dépenses personnelles a décéléré à 2,8 p. 100 en 2008, le taux le plus bas depuis 2001. Les achats de biens durables ont fléchi, et les ventes de voitures et de camions étaient en baisse.

La croissance de l'économie du Yukon a accentué la cadence en 2008 pour atteindre 5,2 p. 100, contre 3,6 p. 100 l'année précédente. Une année complète de production à la nouvelle mine de cuivre et d'or s'est soldée par un bond dans les expéditions de minerais métalliques. Reflet de cette activité plus intense, l'industrie du transport et de l'entreposage a fait des gains. Les exportations réelles ont aussi progressé grâce à cette production nouvelle, affichant une hausse de 23,3 p. 100. Cependant, avec la fin des travaux de construction de la nouvelle mine en 2007, l'activité du secteur de la construction a chuté en 2008. L'investissement est en baisse pour l'année, alors que l'investissement dans les structures résidentielles a reculé pour la troisième année consécutive et que l'investissement dans les structures non résidentielles a dégringolé de 37 p. 100, après un essor de 32 p. 100 un an plus tôt. La réalisation partielle d'une nouvelle ligne de transmission a stimulé l'activité dans le secteur de la construction d'ouvrages de génie pour la production d'électricité. Enfin, l'investissement des gouvernements en structures a progressé de 23 p. 100. La croissance des dépenses personnelles a ralenti à 4,2 p. 100, contre 4,5 p. 100 en 2007, tandis que la progression des importations réelles a ralenti à 3,1 p. 100, contre 6,0 p. 100 un an auparavant.

L'économie des Territoires du Nord-Ouest a été le théâtre d'un revirement complet de situation entre 2007 et 2008. Après avoir profité d'une expansion de 11,5 p. 100 en 2007, l'activité économique s'est contractée de 6,5 p. 100 en 2008. La production des mines de diamants a fléchi l'an dernier en raison du ralentissement de la demande mondiale. L'extraction pétrolière et gazière était aussi en baisse. Les volumes d'exportation ont diminué de 11,3 p. 100 après avoir augmenté de 15,7 p. 100 l'année précédente. Mais les importations réelles étaient aussi en recul, cédant 5,8 p. 100 en 2008. La croissance des dépenses de consommation a ralenti à 2,3 p. 100, alors qu'elle avait été de 3,9 p. 100 un an plus tôt, tandis que la progression des dépenses gouvernementales a ralenti à seulement 0,2 p. 100, après une hausse de 3,0 p. 100 en 2007. L'activité dans le secteur de la construction a ralenti une fois que la construction de la mine de Snap Lake a été complétée. L'investissement des entreprises dans les constructions non résidentielles a tout de même enregistré un gain de 0,3 p. 100, après avoir affiché des taux de croissance dans les deux chiffres pendant quatre années.

Le Nunavut est la plus petite économie parmi les régions du Canada. L'expansion de l'activité économique au Nunavut a ralenti à 5,5 p. 100, après une avancée de 9,0 p. 100 en 2007. La construction de la mine Meadowbank Gold s'est poursuivie au cours de l'année, ce qui a stimulé l'activité économique. L'investissement des entreprises dans les structures non résidentielles a grimpé de 52 p. 100, tandis que l'investissement en machines et en matériel bondissait de 76 p. 100. Reflétant ces achats, les importations réelles ont progressé de 17,2 p. 100. La production minière a encaissé un recul en 2008, les expéditions de la mine Jericho Diamond ayant chuté sensiblement. En conséquence, les exportations réelles ont fléchi de 14,6 p. 100. Les dépenses des consommateurs ont décéléré, passant de 5,4 p. 100 en 2007 à 4,9 p. 100 en 2008, tandis que les dépenses gouvernementales se sont contractées pour la seconde année d'affilée, diminuant de 1,9 p. 100 en 2008.

L'emploi

En 2008, la création d'emploi au Canada a glissé à son plus bas niveau depuis 2005. L'emploi a augmenté de 1,5 p. 100, avec la création nette de 259 400 nouveaux postes. Environ les deux tiers des emplois étaient à temps plein, bien que l'augmentation des postes à temps partiel ait représenté plus du double de celle des postes à temps plein (respectivement 2,8 p. 100 et 1,3 p. 100). C'est la deuxième année d'affilée où la croissance de l'emploi à temps partiel progresse plus rapidement que celle de l'emploi à temps plein. Le taux de chômage national a augmenté légèrement, soit de 0,1 point de pourcentage, pour s'établir à 6,1 p. 100 (figure 3-4).

Figure 3-4
Taux de chômage au Canada 2008

Équivalent textuel - Taux de chômage au Canada

Source : Statistique Canada

Pour la seconde année, toutes les provinces ont enregistré des gains d'emplois; dans certains cas, toutefois, le nombre de personnes entrant dans la population active a été supérieur à celui des emplois créés, entraînant une hausse du taux de chômage dans quelques provinces (figure 3-5).

Figure 3-5
Taux de chômage au Canada et dans quelques provinces, 2007-2008

Équivalent textuel - Taux de chômage au Canada et dans quelques provinces

Source : Statistique Canada

La création d'emplois a progressé le plus rapidement dans les provinces de l'Ouest, avec en tête l'Alberta, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique, qui ont affiché des taux respectifs de 2,8 p. 100, 2,2 p. 100, et 2,1 p. 100. Les trois quarts des nouveaux emplois au Canada ont été créés en Ontario (36,0 p. 100), en Alberta (20,8 p. 100) et en Colombie-Britannique (18,5 p. 100).

Sur l'ensemble de l'année, neuf emplois sur dix ont été créés dans le secteur des services, le dixième emploi étant créé dans le secteur de la production des biens. La forte augmentation de l'emploi dans la construction (gain de 98 700 postes) et les services publics (gain de 13 800 postes) a été en partie annulée par des pertes en agriculture (10 200 postes) et dans la fabrication (74 600 postes). Dans ce dernier cas, il s'agit de la quatrième année consécutive de recul de l'emploi. En outre, l'emploi manufacturier a glissé sous la barre des 2 millions en 2008; la dernière année où l'emploi manufacturier s'est trouvé sous ce niveau était 1996. Globalement, les industrie de production de biens ont enregistré une croissance de l'emploi de 0,7 p. 100.

L'emploi dans les industries de production de services a augmenté à un rythme plus rapide, soit 1,8 p. 100, ce qui représente 231 000 emplois rémunérés supplémentaires. Les services professionnels, scientifiques et techniques, l'administration publique et les soins de santé ont été à l'origine de la majorité des gains, tandis que les baisses survenues dans les industries de l'information, de la culture et des loisirs, le commerce de gros et de détail et les affaires, les services de construction et les autres services de soutien ont freiné la progression.

L'analyse qui précède repose sur des moyennes annuelles et donne un tableau assez positif de la situation de l'emploi. Cependant, le marché du travail canadien a été secoué par le ralentissement économique survenu durant la seconde moitié de 2008. L'année avait débuté avec un taux de chômage national de 5,8 p. 100 en janvier, un plancher en 33 ans, suivi par un taux d'emploi record de 63,9 p. 100 en février. L'emploi a poursuivi sur sa lancée et atteint un sommet en octobre. Seulement deux mois plus tard, il avait baissé de 83 700 postes et le taux de chômage a grimpé à 6,6 p. 100 au tournant de l'année. En outre, les données préliminaires pour le début de 2009 montrent que le rythme des pertes d'emplois s'est accéléré et que le taux de chômage a fortement augmenté.

Le dollar canadien

Par rapport aux grandes devises et selon les moyennes annuelles, le dollar canadien a gagné du terrain sur le dollar américain et la livre sterling en 2008, avec des gains de 0,8 p. 100 et 9,5 p. 100, respectivement. Cela marque la sixième année consécutive au cours de laquelle le dollar canadien s'est apprécié par rapport au dollar américain (figure 3-6). Poursuivant une tendance amorcée un an plus tôt, le dollar s'est déprécié encore par rapport à l'euro, cédant 5,8 p. 100 l'an dernier. Enfin, le dollar canadien a reculé devant le yen, accusant une baisse d'environ 12,0 p. 100 sur l'année.

Figure 3-6
Indices des taux de change annuels (2002=100)

Équivalent textuel - Indices des taux de change annuels

Source : Statistique Canada

Les principales monnaies ont été sensibles aux inquiétudes grandissantes face à la récession mondiale, à l'évolution des attentes à l'égard de la politique de taux d'intérêt et des rajustements de portefeuille résultant des dislocations financières survenues tout au long de l'année. Le dollar canadien s'est échangé dans une fourchette variant de 77,1 cents É.-U. à près de 1,03 dollar É.-U. Il avait débuté l'année au-dessus de la parité, dopé par les prix élevés de l'énergie et des métaux, mais il a terminé aux environs de 84 cents É.-U., traduisant la dégringolade des prix des produits de base par rapport à leur niveau record, ou quasi-record, et d'autres facteurs déjà mentionnés (figures 3-7a et 3-7b).

Figure 3-7a
Indices des prix des produits de base et des taux de change

Équivalent textuel - Indices des prix des produits de base et des taux de change

Source : Statistique Canada

Figure 3-7b
Indices mensuels des prix des produits de base et des taux de change en 2008

Équivalent textuel - Indices mensuels des prix des produits de base et des taux de change

Source : Statistique Canada

Les taux d'intérêt

Les tensions sur les marchés financiers mondiaux se sont propagées et aggravées à mesure que l'année avançait, culminant au début de l'automne 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. Du coup, l'agitation qui avait débuté en août 2007 au sein du système financier s'est transformée en plus important choc financier depuis la Grande Crise. Devant l'aggravation des difficultés sur les marchés financiers, des mesures ont été prises par les principaux gouvernements et les banques centrales en vue de faciliter le crédit. Au début de l'année, la faiblesse de l'activité économique et le resserrement des conditions de crédit ont incité la Banque du Canada à abaisser à trois reprises son taux directeur, d'un total cumulatif de 1,75 point de pourcentage, à 3 p. 100. Cependant, vers le milieu de l'année, la Banque est devenue préoccupée par les risques accrus de pressions inflationnistes et le taux du financement à un jour est demeuré inchangé. À l'automne, les pressions inflationnistes se sont dissipées, la crise financière mondiale s'est intensifiée, la croissance économique a ralenti et la Banque a recommencé à abaisser son taux directeur. En outre, le 8 octobre 2009, la Banque du Canada s'est jointe à d'autres grandes banques centrales pour abaisser son taux de financement à un jour de 50 points de base dans un effort concerté pour réduire les tensions sur les marchés financiers (figure 3-8). D'autres initiatives de politique destinées à améliorer les conditions financières ont été mises en oeuvre en 2009, la Banque réduisant encore d'un demi-point son taux directeur pour le porter à 1 p. 100 en janvier, suivi d'une autre baisse de 50 points de base, à 0,5 p. 100, en mars 2009.

Figure 3-8
Taux directeur de la Banque du Canada, 2008

Équivalent textuel - Taux directeur de la Banque du Canada

Source : Statistique Canada

L'inflation

Tel qu'indiqué, les prix ont été fermes durant la première moitié de 2008, mais ils se sont affaiblis vers la fin de l'année. Dans l'ensemble, les prix à la consommation ont fluctué sensiblement d'un mois à l'autre. En termes désaisonnalisés, les prix à la consomma tion ont progressé légèrement, soit de 0,1 p. 100 en janvier, puis ils ont augmenté rapidement (0,8 p. 100) en mai, avant de subir trois baisses consécutives dans les trois derniers mois de l'année.

En dépit de cette volatilité, les prix ont augmenté à un taux légèrement supérieur à celui de 2007 pour l'ensemble de l'année (figure 3-9). En 2008, les consommateurs ont payé, en moyenne, 2,3 p. 100 de plus pour les biens et services du panier de l'indice des prix à la consommation (IPC) qu'en 2007. C'est la plus forte hausse de l'inflation depuis le taux de 2,8 p. 100 enregistré en 2003.

Figure 3-9
IPC et IPC de référénce, 2004-2008

Équivalent textuel - IPC et IPC de référénce

Source : Statistique Canada

Les prix de l'essence, du gaz, naturel, du mazout et des autres combustibles ont fortement augmenté en 2008, ce qui a contribué pour beaucoup à l'augmentation générale de l'IPC. Cependant, le repli important des prix de l'essence, du mazout et des autres combustibles a aussi contribué à la baisse des prix à la consommation en fin d'année.

Les coûts d'hébergement ont augmenté de 4,4 p. 100 en 2008, représentant environ la moitié de l'augmentation de l'IPC pour l'année. Malgré le ralentissement du marché du logement au Canada, celui-ci est demeuré assez robuste au cours de la plus grande partie de 2008. La vigueur continue du marché a haussé les coûts des logements occupés par leurs propriétaires, ce qui a largement contribué à l'augmentation annuelle de l'IPC. Comme pour l'énergie, les coûts des logements occupés par leurs propriétaires ont commencé à fléchir dans la dernière partie de l'année, notamment les frais d'intérêts sur les prêts hypothécaires et les coûts de remplacement.

La hausse des prix de certains produits alimentaires, notamment les produits céréaliers, a été à l'origine d'une augmentation marquée des prix des aliments en 2008. En revanche, la diminution des prix des produits électroniques, des vêtements et des chaussures ainsi que la baisse du prix d'achat ou de location des voitures ont freiné l'augmentation de l'IPC, comme ce fut le cas de la réduction de la taxe sur les produits et services (TPS), passée de 6 p. 100 à 5 p. 100 en janvier 2008. Globalement, sept des huit grandes composantes du panier de l'IPC ont enregistré des hausses, dominées par le logement et l'alimentation. Les vêtements et chaussures ont été la seule grande composante où les prix ont reculé.

Au niveau provincial, la progression des prix à la consommation a continué à varier sensiblement au pays en 2008, mais moins qu'en 2007. Les hausses ont varié entre 1,7 p. 100 au Nouveau-Brunswick et deux fois ce taux à l'Île-du- Prince-Édouard (figure 3-10). Les écarts observés dans l'augmentation du coût du logement, qui ont varié de 3,1 p. 100 en Colombie-Britannique à 9,7 p. 100 en Saskatchewan, sont largement responsables de la forte disparité entre les provinces. Le Nouveau-Brunswick et l'Alberta sont les seules provinces où les prix à la consommation ont fléchi entre 2007 et 2008.

Figure 3-10
IPC par province, 2008

Équivalent textuel - IPC par province

Source : Statistique Canada


8. En dollars canadiens par baril (moyennes mensuelles), pétrole brut West Texas Intermediate, tel que publié dans Produit intérieur brut par industrie, Statistique Canada, publication no 15 001 au Catalogue, décembre 2008., December 2008.