Le point sur le commerce et l'investissement – 2009

IV. Aperçu de la performance commerciale du Canada

Au chapitre du commerce, l'année 2008 a débuté sur une note résolument expansionniste. Cependant, avec la propagation de la turbulence financière et le repli progressif de l'économie mondiale, le commerce a commencé à montrer des signes de faiblesse vers la fin de l'année.

Le Canada a exporté des biens et services pour une valeur de 557,9 milliards de dollars en 2008, comparativement à 530,3 milliards de dollars en 2007. Sous l'effet d'une forte progression des prix, les exportations de biens ont atteint 489,9 milliards de dollars, tandis que les volumes exportés fléchissaient de 7,7 p. 100. La valeur du commerce a été grandement influencée par la hausse des prix des produits de base. La robustesse des prix de ces produits a aussi eu un impact sur la valeur du dollar canadien, qui s'est maintenu autour de la parité avec le dollar É.-U. durant la première moitié de l'année. Cependant, le mouvement haussier des prix n'est pas allé au-delà des trois premiers trimestres de 2008, les prix chutant au dernier trimestre lorsque les effets de la crise économique ont commencé à se manifester. Les exportations de services ont enregistré un léger gain en 2008, pour s'établir à 68,0 milliards de dollars.

Les importations de biens et services au Canada ont atteint 533,3 milliards de dollars l'an dernier, un gain par rapport au niveau de 501,5 milliards de dollars enregistré en 2007. Tant les biens que les services étaient en hausse, atteignant respectivement 442,7 milliards de dollars et 90,5 milliards de dollars. La croissance des importations de biens a cessé après le troisième trimestre. Les importations ont fléchi au quatrième trimestre avec le recul des volumes importés. Les prix à l'importation ont augmenté durant les trois premiers trimestres, reflétant notamment la hausse des prix des produits de base; la tendance s'est poursuivie au quatrième trimestre, mais cette fois sous l'effet de la dépréciation rapide du dollar canadien.

Dans les sections suivantes, nous examinons la performance du Canada dans ses échanges de biens et services, en débutant par un aperçu de l'évolution du commerce des biens et services avec nos principaux partenaires9, suivi d'un examen du commerce des biens et du commerce des services et d'une brève analyse du solde du compte courant.

Les biens et services

La valeur des exportations canadiennes de biens et services dans le monde a progressé de 5,2 p. 100 l'an dernier, les prix des ressources naturelles, notamment de l'énergie, ayant joué un rôle clé dans cette performance. Les exportations de biens ont dominé les gains, avec une croissance de 5,8 p. 100, tandis que les exportations de services avançaient de 1,1 p. 100 (figure 4-1). gains avec une hausse de 6,7 p. 100, tandis que les importations de services augmentaient de 4,7 p. 100. Les importations totales de biens et services ayant progressé plus rapidement que les exportations totales, le solde commercial du Canada a diminué de 4,2 milliards de dollars, à 24,7 milliards de dollars, en 2008. L'essentiel de la baisse, soit quelque 3,4 milliards de dollars, est imputable au secteur des services, où le déficit s'est creusé pour atteindre 22,5 milliards de dollars. L'excédent du commerce des biens a diminué de 0,9 milliard de dollars pour s'établir à 47,2 milliards de dollars.

Tableau 4-1a
Commerce des biens et services du Canada avec ses principaux partenaires, 2008
 ExportationsPartCroissanceImportationsPartCroissanceSolde
Monde557 922 000 000 $100,0 %5,2 %533 271 000 000 $100,0 %6,3 %24 651 000 000 $
É.-U.407 129 000 000 $73,0 %3,8 %332 395 000 000 $62,3 %4,6 %74 735 000 000 $
UE52 689 000 000 $9,4 %3,1 %62 224 000 000 $11,7 %6,8 %-9 536 000 000 $
Japon13 294 000 000 $2,4 %16,5 %14 237 000 000 $2,7 %-6,5 %-943 000 000 $
Reste du monde84 810 000 000 $15,2 %12,1 %124 415 000 000 $23,3 %13,0-39 605 000 000 $
Tableau 4-1b
Commerce des biens du Canada avec ses principaux partenaires, 2008
 ExportationsPartCroissanceImportationsPartCroissanceSolde
Monde489 916 000 000 $100,0 %5,8 %442 724 000 000 $100,0 %6,7 %47 193 000 000 $
É.-U.369 934 000 000 $75,5 %3,9 %280 711 000 000 $63,4 %4,1 %89 224 000 000 $
UE39 650 000 000 $8,1 %3,4 %46 591 000 000 $10,5 %10,2 %-6 941 000 000 $
Japon11 874 000 000 $2,4 %18,9 %11 615 000 000 $2,6 %-3,0 %259 000 000 $
Reste du monde68 458 000 000 $14,0 %16,8 %103 807 000 000 $23,4 %14,1-35 350 000 000 $
Tableau 4-1c
Commerce des services du Canada avec ses principaux partenaires, 2008
 ExportationsPartCroissanceImportationsPartCroissanceSolde
Monde68 006 000 000 $100,0 %1,1 %90 547 000 000 $100,0 %4,7 %-22 541 000 000 $
É.-U.37 195 000 000 $54,7 %3,2 %51 684 000 000 $57,1 %7,4 %-14 489 000 000 $
UE13 038 000 000 $19,2 %2,1 %15 633 000 000 $17,3 %-2,1 %-2 595 000 000 $
Japon1 420 000 000 $2,1 %-0,2 %2 623 000 000 $2,9 %-19,4 %-1 203 000 000 $
Reste du monde16 352 000 000 $24,0 %-4,0 %20 608 000 000 $22,8 %7,7 %-4 255 000 000 $

Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-001

Les exportations et les importations de biens et services étaient en hausse sur tous les marchés (États-Unis, Union européenne, Japon et reste du monde), à l'exception des importations de biens et services du Japon, qui ont accusé un recul (figures 4-1 et 4-2).

Figure 4-1
Exportations de biens et services par grande région, 2003-2008

Équivalent textuel - Exportations de biens et services par grande région

Source : Statistique Canada

Figure 4-2
Importations de biens et services par grande région, 2003-2008

Équivalent textuel - Importations de biens et services par grande région

Source : Statistique Canada

Le dollar canadien a relativement bien fait face au dollar É-U. pendant une bonne partie de l'année, ce qui a exercé des pressions sur les exportateurs. L'économie des États-Unis était déjà en récession en 2008 (voir le chapitre 3) et il n'est pas étonnant de constater que la croissance des échanges commerciaux du Canada avec ce pays ait été inférieure à celle des échanges avec le reste du monde. Les exportations de biens et services du Canada aux États-Unis ont progressé de 3,8 p. 100 l'an dernier, tandis que les importations ont crû de 4,6 p. 100 (figure 4-3). Nonobstant une croissance plus lente, il y a eu augmentation absolue des exportations, et le Canada a réussi à bonifier son excédent commercial avec les États-Unis de 0,5 milliard de dollars, à 74,7 milliards de dollars, en 2008. Les États-Unis sont le seul grand partenaire commercial avec lequel le Canada enregistre un excédent. En outre, cet excédent a été suffisamment important en 2008 pour compenser les déficits affichés avec les autres grands partenaires commerciaux du Canada et permettre à ce dernier de maintenir un excédent commercial net avec le monde.

Figure 4-3
Croissance des exportations et des importations de biens et services par grande région, 2008

Source : Statistique Canada

Équivalent textuel - Croissance des exportations et des importations de biens et services par grande région

Diversification du commerce du Canada

Au cours des cinq dernières années, le commerce du Canada s'est progressivement diversifié. La part des États-Unis dans les échanges du Canada a reculé sensiblement sur la période 2004-2008, cédant 5,3 points de pourcentage pour s'établir à 67,8 p. 100 du commerce total. La baisse a été plus prononcée du côté des exportations (-5,5 points de pourcentage) que du côté des importations (-4,7 points de pourcentage). Néanmoins, les États-Unis demeurent, de loin, le plus important partenaire commercial du Canada. La part du Japon dans les échanges totaux a aussi reculé en raison d'une progression plus lente des importations. La part de l'UE est allée en augmentant, surtout du côté des exportations. Le principal gagnant en termes de part de marché est le groupe des pays non membres de l'OCDE, qui représente aujourd'hui 13,9 p. 100 du commerce total du Canada, ce qui signifie une hausse de 3,6 points de pourcentage durant les cinq dernières années.

Parts Régionales du commerce des bien et services du Canada, 2004-2008
 Exportations 2004Exportations 2008Importations 2004Importations 2008Ensemble des commerce 2004Ensemble des commerce 2008
Monde100,0 %100,0 %100,0 %100,0 %100,0 %100,0 %
É.-U.78,5 %73,0 %67,1 %62,3 %73,1 %67,8 %
UE7,7 %9,4 %11,2 %11,7 %9,3 %10,5 %
Japon2,3 %2,4 %2,9 %2,7 %2,6 %2,5 %
Autres pays de ROCDE3,6 %4,6 %5,8 %6,0 %4,6 %5,2 %
Pays non membres l'OECD8,0 %10,6 %13,0 %17,4 %10,3 %13,9 %

Les exportations totales vers l'UE ont progressé de 3,1 p. 100 en 2008, la faible croissance des exportations de biens et le recul des exportations de services au Royaume-Uni ayant limité les gains. Par contre, les importations totales en provenance de cette région ont augmenté à un rythme beaucoup plus élevé, soit 6,8 p. 100, entraînant une aggravation de 2,4 milliards de dollars du déficit commercial bilatéral avec la région, qui atteint 9,5 milliards de dollars. Cette situation a fait disparaître environ 60 p. 100 de la baisse de 3,9 milliards de dollars du déficit commercial observée en 2007.

Le déficit du commerce des biens et services avec le Japon a fondu de près de 2,9 milliards de dollars, à moins de 1 milliard de dollars (943 millions de dollars), en 2008. Les importations de biens ont fléchi de 3,0 p. 100, tandis que les importations de services se repliaient de 19,4 p. 100, résultant en une baisse globale des importations de 6,5 p. 100. Parallèlement, la croissance de 16,5 p. 100 des exportations canadiennes au Japon a constitué la meilleure performance à l'exportation du Canada avec l'ensemble de ses grands partenaires commerciaux, selon les chiffres de la balance des paiements. Les exportations de biens au Japon ont bondi de 18,9 p. 100, tandis que les exportations de services s'inclinaient légèrement (0,2 p. 100).

Le commerce du Canada avec le reste du monde (c.-à-d. le monde à l'exclusion des États-Unis, de l'UE et du Japon) a été très robuste en 2008. Malgré une baisse de 4,0 p. 100 des exportations de services, les exportations totales de biens et services ont progressé de 12,1 p. 100, tandis que les importations augmentaient de 13,0 p. 100. Le bilan net est un accroissement du déficit commercial avec cette région de 5,1 milliards de dollars, à 39,6 milliards de dollars.

Les ventes à l'étranger des filiales étrangères de sociétés canadiennes

Les ventes à l'étranger des filiales de sociétés canadiennes représentent un moyen important pour les entreprises canadiennes de faire des affaires sur le marché international – elles équivalent à près de 85 p. 100 de la valeur des exportations canadiennes de biens et services. Les données les plus récentes indiquent que la croissance des ventes des filiales étrangères de sociétés canadiennes dépasse celle des exportations par une marge grandissante. En 2006, ces ventes ont augmenté de plus de 6 p. 100, tandis que les exportations, sous l'effet d'un dollar fort et d'autres facteurs, croissaient à un rythme inférieur à 1 p. 100. La progression des ventes a été la plus forte dans les filiales établies dans les pays non membres de l'OCDE : un bond de 40 p. 100 des ventes mondiales de ces filiales en 2006 a porté la valeur de leurs ventes à peu près au même niveau que celui des ventes des filiales canadiennes situées en UE. Parallèlement, la part des ventes des filiales canadiennes aux États-Unis a diminué à un peu plus de la moitié des ventes mondiales des filiales canadiennes. Cette tendance traduit la croissance plus forte de l'investissement direct du Canada dans les pays non membres de l'OCDE qu'aux États-Unis ces dernières années et l'effet de l'appréciation du dollar canadien sur les ventes converties en dollars É.-U.D1 un bond de 40 p. 100 des ventes mondiales de ces filiales en 2006 a porté la valeur de leurs ventes à peu près au même niveau que celui des ventes des filiales canadiennes situées en eu. Parallèlement, la part des ventes des filiales canadiennes aux États-Unis a diminué à un peu plus de la moitié des ventes mondiales des filiales canadiennes. Cette tendance traduit la croissance plus forte de l'investissement direct du Canada dans les pays non membres de l'OCDE qu'aux États-Unis ces dernières années et l'effet de l'appréciation du dollar canadien sur les ventes converties en dollars É.-U.

Les ventes de biens et services des filiales à l'étranger détenues majoritairement par des entreprises canadiennes ont augmenté de 26 milliards de dollars (6,4 p. 100) en 2006 pour atteindre 441 milliards de dollars. C'est la troisième augmentation annuelle consécutive après trois années de repli, portant les ventes totales à leur plus haut niveau depuis que des statistiques sur le commerce des filiales ont commencé à être compilées en 1999.

Les ventes étaient en hausse tant chez les producteurs de biens que chez les fournisseurs de services – les ventes de biens ont augmenté plus rapidement que les ventes de services (figure 1). La solide croissance observée dans le secteur des mines et de l'extraction pétrolière et gazière a été le principal moteur de l'expansion des ventes des producteurs de biens. Parmi les fournisseurs de services, la forte expansion du secteur des finances et des assurances non bancaires a été largement contrebalancée par une baisse dans le secteur des industries de l'information et des industries culturelles, limitant ainsi le taux de croissance pour les fournisseurs de services à environ la moitié de celui observé les deux années précédentes.

Figure 1
Les ventes à l'étranger des filiales étrangères de sociétés canadiennes

Équivalent textuel - Les ventes à l'étranger des filiales étrangères de sociétés canadiennes

Source : Statistique Canada, publication no 67-001 au Catalogue

Répartition géographique des ventes et de l'emploi

La part des ventes totales détenue par les filiales de sociétés canadiennes aux États-Unis a régressé de 64,3 p. 100 en 1999 à 54,4 p. 100 en 2006 (Tableau 1). Divers facteurs peuvent expliqeur cette tendance. Premièrement, l'investissement direct du Canada à l'étranger (IDCE) s'est diversifié hors des États-Unis. Deuxièmement, l'appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain diminue la valeur des ventes exprimée en dollars canadiens. Troisièmement, la croissance de la consommation aux États-Unis a ralenti ces dernières années.

Tableau 1
Répartition géographique des ventes et de temploi des filiales de sociétés canadiennes à l'étranger, 2006
 VentesCroissance des ventesPart des ventesEmploiCroissance de l'emploiPart des l'emploi
Monde441 121 000 000 $6,4 %100,0 %1 084 000-0,3 %100,0 %
États-Unis240 094 000 000 $27,0 %54,4 %595 000-4,8 %54,9 %
Union Européene86 100 000 000 $-7,1 %19,5 %225 0001,8 %20,8 %
Autre pays de l'OECD32 875 000 000 $10,9 %7,5 %73 0000,0 %6,7 %
Pays non OECD membres82 053 000 000 $40,1 %1 806,0 %192 00015,0 %17,7 %

En 2006, le recul des ventes des filiales de sociétés canadiennes en Union européenne (hors du Royaume-Uni) s'est soldé par une baisse globale des ventes en UE, interrompant la tendance haussière observée au cours des années précédentes.En conséquence, la part des ventes mondiales des filiales de sociétés canadiennes détenue par les filiales établies en UE (19,5 p. 100) a glissé légèrement sous le niveau enregistré en 1999, soit 19,6 p. 100.

Par ailleurs, les ventes des filiales de sociétés canadiennes dans les autres pays de l'OCDE et les pays non membres de l'OCDE (les deux autres régions outre les États-Unis et l'UE pour lesquelles nous disposons de données sur le commerce des filiales à l'étranger) ont vu leur part respective des ventes mondiales des filiales de sociétés canadiennes à l'étranger augmenter durant la même période. L'effet conjugué d'un déclin des ventes en UE et d'une progression de 40 p. 100 des ventes des sociétés affiliées sur les marchés des pays non membres de l'OCDE l'année précédente a permis aux filiales établies sur les marchés des pays non membres de l'OCDE d'atteindre une part des ventes totales des filiales canadiennes à l'étranger (18,6 p. 100) à peu près égale à celle des filiales de sociétés canadiennes présentes en UE.

Les sociétés affiliées de propriété canadienne employaient 3 000 personnes de moins en 2006 que l'année précédente – un renversement de la tendance à la hausse observée depuis plusieurs années –portant l'emploi à un peu plus de 1 million de postes (baisse de 0,3 p. 100). Avec, en tête, le secteur des mines et de l'extraction pétrolière et gazière, les producteurs de biens ont vu leur effectif total augmenter de 10 000 postes. Cependant, la baisse de l'emploi dans les industries de l'information et les industries culturelles ainsi que dans le secteur de la gestion d'entreprises ont joué un rôle de premier plan dans la perte de 13 000 postes parmi les fournisseurs de services en 2006.

Ces pertes d'emplois sont survenues entièrement aux États-Unis où 30 000 postes ont disparu au cours de l'année. Entre 1999 et 2006, la part des États-Unis dans l'emploi total des filiales de sociétés canadiennes à l'étranger a reculé de plus de 62 p. 100 à environ 55 p. 100. Les pays de l'UE et les pays non membres de l'OCDE ont accaparé l'essentiel de la part de l'emploi total des filiales de sociétés canadiennes à l'étranger perdue par les filiales situées aux États-Unis.

Valeur des ventes des filiales de sociétés canadiennes à l'étranger en comparaison des exportations

Avec la croissance récente des ventes des filiales canadiennes établies sur les marchés des pays non membres de l'OCDE, celles-ci représentent aujourd'hui 177 p. 100 des exportations canadiennes vers les pays non membres de l'OCDE (figure 2). De façon similaire, les ventes des filiales canadiennes situées en UE atteignent près du double de la valeur des exportations vers cette région. Comme il est beaucoup plus probable que les entreprises canadiennes desservent le marché américain par des exportations que par des ventes de sociétés affiliées dans ce pays, les ventes totales des filiales de sociétés canadiennes aux États-Unis demeurent largement inférieures aux exportations canadiennes vers ce pays. Même à cela, le ratio de ces ventes aux exportations a augmenté légèrement en 2006 pour atteindre un peu plus de 60 p. 100, à la faveur d'une expansion plus rapide des ventes des filiales que des exportations.

Figure 2
Ventes des sociétés affiliées à l’étranger en proportion des exportations totales (pourcentage des exportations de biens et services, 2006)

Sources : Statistique Canada, Statistiques sur le commerce des sociétés affiliées à l’étranger, tableau 376-0061, Solde des paiements, tableau 376-0001.

Équivalent textuel - Ventes des sociétés affiliées à l’étranger en proportion des exportations totales

1. Les pays non membres de l'OCDE sont les pays de l'extérieur de l'UE qui ne sont pas membres de l'OCDE.

Le commerce des biens

Les biens constituent le volet le plus important des échanges commerciaux, équivalant à plus de sept fois les services du côté des exportations et à environ cinq fois les services du côté des importations. Les exportations de biens ont progressé de 5,8 p. 100 en 2008 pour atteindre 489,9 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 26,9 milliards de dollars par rapport à 2007. Les gains ont été généralisés et les exportations vers tous les grands partenaires commerciaux étaient en hausse.

Plus de la moitié du gain total observé dans les exportations de biens provient de l'augmentation des exportations aux États-Unis, qui ont avancé de 3,9 p. 100 (13,8 milliards de dollars) sur l'année. Les exportations étaient en hausse au cours des trois premiers trimestres, mais elles ont régressé fortement au quatrième trimestre, reculant de 12,2 p. 100 (11,9 milliards de dollars) en comparaison du troisième trimestre. Pour l'ensemble de l'année, les exportations de biens aux États-Unis ont atteint 369,9 milliards de dollars.

La catégorie « reste du monde » vient au second rang pour ce qui est de la hausse globale des exportations de biens du Canada. Les exportations vers cette région ont bondi – de 16,8 p. 100 (9,8 milliards de dollars) à 68,5 milliards de dollars – ce qui équivaut à un peu plus du tiers de l'augmentation totale des exportations de biens.

Les exportations plus élevées au Japon (18,9 p. 100, soit 1,9 milliard de dollars) et dans l'UE (3,4 p. 100, soit 1,3 milliard de dollars), accaparent le reste des gains.

Les importations de biens ont augmenté de 6,7 p. 100 (27,7 milliards de dollars), à 442,7 milliards de dollars, en 2008. Comme dans le cas des exportations, les États-Unis et le reste du monde sont responsables de la plus grande partie de la hausse, les autres grands partenaires commerciaux du Canada ayant fait des contributions plus modestes. Le gain le plus important du côté des importations a été inscrit par le reste du monde, suivi des États-Unis. Les importations de biens en provenance du reste du monde ont augmenté de 12,8 milliards de dollars, pour atteindre 103,8 milliards de dollars, tandis que les importations de biens des États-Unis se sont accrues de près de 11,0 milliards de dollars, à 280,7 milliards de dollars.

Vient ensuite l'UE : les importations de cette région ont progressé de 4,3 milliards de dollars, à 46,6 milliards de dollars. Les importations de biens du Japon ont fléchi de 0,4 milliard de dollars en 2008, ce qui a contribué à limiter la progression totale.

Nonobstant l'augmentation marquée des exportations aux États-Unis l'an dernier, la part détenue par ce pays dans les exportations totales de biens du Canada a reculé de 76,9 p. 100 à 75,5 p. 100 d'une année à l'autre. Néanmoins, les États-Unis demeurent la principale destination des exportations de biens canadiens, suivis du reste du monde, à 14,0 p. 100 (hausse de 1,3 p. 100), de l'UE, à 8,1 p. 100 (baisse de 0,2 p. 100) et du Japon, à 2,4 p. 100 (hausse de 0,3 p. 100). Du côté des importations, les États-Unis ont fourni 63,4 p. 100 des importations totales de biens (baisse de 1,6 p. 100), suivis du reste du monde, à 23,4 p. 100 (hausse de 1,5 p. 100), de l'UE, à 10,5 p. 100 (hausse de 0,3 p. 100) et du Japon, à 2,6 p. 100 (baisse de 0,3 p. 100).

Les importations de biens ayant progressé plus rapidement que les exportations de biens, le solde du commerce des biens s'est refermé légèrement en 2008, soit de 0,9 milliard de dollars, à 47,2 milliards de dollars. Ces dernières années, le Canada a généralement enregistré un excédent dans ses échanges de biens avec les États-Unis mais des déficits avec tous les autres grands partenaires commerciaux. L'an dernier, cette situation a changé et le Canada a enregistré un léger excédent dans son commerce des biens avec le Japon – 0,3 milliard de dollars.

Performance sectorielle du commerce des biens10

L'effet des fortes hausses de prix qui ont dominé les marchés des produits de base durant la plus grande partie de 2008 se reflète dans la performance commerciale des secteurs axés sur les ressources – la croissance des exportations s'est limitée aux produits énergétiques, aux biens et matériaux industriels11, ainsi qu'aux produits de l'agriculture et de la pêche. L'augmentation des exportations a été gonflée par les prix, alors que les volumes diminuaient de 7,7 p. 100 en 2008 comparativement à l'année précédente (figure 4-4). Les prix à l'exportation ont commencé à régresser dans la seconde moitié de l'année, lorsque les prix des produits de base ont battu en retraite et que le ralentissement économique s'est confirmé.

Figure 4-4
Croissance des exportations de biens par grand groupe, 2008 (variation annuelle en pourcentage)

Équivalent textuel - Croissance des exportations de biens par grand groupe

Les exportations de produits énergétiques ont progressé de 37,2 p. 100 en 2008 par rapport à l'année précédente, pour atteindre 125,7 milliards de dollars. Bien que les États-Unis demeurent le principal consommateur de produits énergétiques canadiens, la demande croissante de charbon dans la région de l'Asie-Pacifique a stimulé les exportations d'énergie vers cette région. L'approvisionnement en charbon des pays d'Asie-Pacifique a été perturbé en début d'année en raison de tempêtes de neige et d'inondations subites qui ont frappé les principaux fournisseurs de la région. Avec un bond de 36,1 p. 100 sur l'année, les prix à l'exportation des produits énergétiques sont à l'origine de la plus grande partie des gains affichés. Les volumes ont tout de même augmenté légèrement, soit de 0,8 p. 100.

Les gains enregistrés dans les exportations d'orge, de canola et de blé ont contribué à la hausse de 18,9 p. 100 des exportations de produits de l'agriculture et de la pêche par rapport aux niveaux de 2007. Sous l'effet des hausses de prix, la valeur des exportations d'orge a bondi de 42,8 p. 100 pour atteindre 693 millions de dollars. La remontée des exportations de canola s'explique par la demande venant de l'industrie du biodiésel. Une récolte record de canola et des prix plus élevés expliquent le bond de 71,3 p. 100 des exportations de ce produit, qui ont atteint 3,9 milliards de dollars. Les hausses de prix (58,6 p. 100) expliquent aussi l'augmentation de 48,1 p. 100 des exportations de blé.

Le secteur des biens et matériaux industriels était en progression pour la cinquième année de suite, les exportations ayant augmenté de 6,3 p. 100, à 111,3 milliards de dollars, en 2008. Près des deux tiers des gains inscrits sont imputables aux exportations de produits chimiques, de plastiques, d'engrais et de métaux et alliages. Les exportations de produits chimiques, de plastiques et d'engrais ont crû de 8,2 p. 100, à 35,9 milliards de dollars, en raison d'expéditions plus importantes d'uranium et de potasse. La croissance des exportations de potasse est due à une demande accrue aux États-Unis, mais aussi en Inde, au Brésil, en Chine et en Malaisie.

Les exportations de métaux et alliages sont demeurées robustes en 2008, gagnant 4,5 p. 100 pour atteindre 39,9 milliards de dollars, sous l'effet de prix et de volumes plus élevés. Les exportations de métaux précieux étaient aussi en expansion à cause de la forte demande et des prix plus élevés – notamment pour l'or – sur les marchés mondiaux.

Les exportations de machines et de matériel ont fléchi légèrement (0,5 p. 100) en 2008, pour s'établir à 92,9 milliards de dollars. Le recul des exportations d'aéronefs et d'autres matériels de transport, ainsi que d'autres machines et matériel, traduit des volumes moins élevés. Le secteur plus restreint des machines et du matériel industriels et agricoles a vu ses exportations avancer de 4,9 p. 100, grâce à des prix et des volumes plus élevés.

Pour la quatrième année d'affilée, les exportations de produits forestiers ont régressé en 2008 (12,3 p. 100), à 25,7 milliards de dollars. Plus de 95 p. 100 de la baisse absolue provient du bois d'oeuvre et des produits de scierie. Une demande chancelante et l'affaiblissement des prix ont fait plonger de 27,3 p. 100 les exportations de ces produits. La chute des exportations de pâte de bois a été en partie compensée par une augmentation des exportations de papier journal et de papier.

Parallèlement à l'essoufflement de la demande à la consommation aux États-Unis, en Europe et ailleurs, les exportations de biens de consommation ont baissé de 3,0 p. 100 en 2008, à 18,2 milliards de dollars, tandis que les volumes exportés fléchissaient de 3,3 p. 100.

Les exportations de produits de l'automobile ont reculé de 21,0 p. 100 en 2008 par rapport à l'année précédente, pour s'établir à 61,1 milliards de dollars. Ces produits affichent une tendance à la baisse depuis 2002. Celle-ci est imputable à une diminution des volumes – la crise économique ayant déprimé les ventes de voitures et de camions légers aux États-Unis et laissé les constructeurs de voitures avec des stocks croissants. Les exportations de voitures ont diminué de 14,8 p. 100, tandis que les exportations de camions et de pièces de véhicules automobiles chutaient de 44,4 p. 100 et de 18,7 p. 100, respectivement.

Du côté des importations, la plupart des secteurs étaient en progression en 2008 (figure 4-5). Cette expansion est attribuable à une combinaison de prix et de volumes plus élevés : les prix ont monté de 6,2 p. 100 sur l'année, tandis que les volumes étaient en hausse de 0,5 p. 100. L'augmentation des prix s'explique par la hausse des prix des produits de base dans la première moitié de 2008 et par la dépréciation du dollar canadien face au dollar É.-U. durant la seconde moitié de l'année.

Figure 4-5
Croissance des importations de biens par grand groupe, 2008 (variation annuelle en pourcentage)

Équivalent textuel - Croissance des importations de biens par grand groupe

Les importations de produits énergétiques étaient en hausse pour la sixième année consécutive, gagnant 44,9 p. 100, à 53,0 milliards de dollars, sous l'effet de prix et de volumes plus élevés.

Le pétrole brut a dominé la liste des gains grâce à une augmentation des prix au cours des trois premiers trimestres de l'année; durant cette période, les importations ont avancé de 44,4 p. 100, à 34,2 milliards de dollars. Les importations de pétrole, de charbon et d'autres produits connexes ont aussi augmenté grâce à des prix et des volumes croissants. L'essence, le carburant diesel et le carburant pour avion ont aussi contribué à l'augmentation des importations de produits énergétiques, alors que les prix du pétrole étaient en forte hausse dans la première moitié de l'année. Les importations de gaz naturel des États-Unis ont aussi progressé en 2008.

Des prix plus élevés et une demande accrue se sont traduits par une augmentation de 11,8 p. 100 des importations de produits de l'agriculture et de la pêche. Les importations de fruits et légumes étaient en hausse de 8,8 p. 100 l'an dernier, tandis que les importations d'autres produits de l'agriculture et de la pêche progressaient de 13,0 p. 100.

La montée des prix durant la plus grande partie de l'année explique le gain de 7,6 p. 100 des importations de biens et matériaux industriels en 2008, puisque les volumes étaient en retrait. La valeur accrue des importations de métaux et alliages précieux (gain de 30,6 p. 100 à 5,5 milliards de dollars) a contribué à cette hausse à la faveur d'un raffermissement du prix de l'or.

Les métaux et minerais métalliques ont profité de prix plus élevés en 2008 (12,7 p. 100), les volumes importés n'augmentant que marginalement. Les prix et les volumes plus élevés se sont soldés par une progression de 13,3 p. 100 de la valeur des importations de ces produits.

Les importations de produits chimiques et de plastiques étaient aussi en hausse – de 4,6 p. 100 – à 31,6 milliards de dollars. L'essentiel de l'augmentation est attribuable à l'importation d'ingrédients actifs utilisés dans la production de divers médicaments.

Les importations de produits forestiers ont reculé de 3,0 milliards de dollars en 2007, à 2,9 milliards de dollars en 2008, en raison de la faiblesse de la demande et du fléchissement des prix.

Les importations de biens de consommation ont augmenté grâce à des prix et à des volumes plus élevés. La demande de vêtements et de chaussures a dominé les gains, les volumes importés progressant de 5,2 p. 100; la progression des importations d'autres biens de consommation a été plus modeste, soit 2,1 p. 100. Les prix des produits de consommation importés ont augmenté de 2,2 p. 100 l'an dernier.

Enfin, les importations de produits de l'automobile étaient en baisse de 10,1 p. 100 sur l'année précédente, à 72,0 milliards de dollars, mettant fin à quatre années de croissance. Les pièces d'automobiles ont dominé le tableau des pertes, chutant de 14,9 p. 100, en partie à cause d'une grève en début d'année chez un fabricant de pièces américain et d'un climat de vente défavorable.

Les importations de camions et d'autres véhicules automobiles ont diminué de 13,5 p. 100, la hausse des prix de l'essence durant la première moitié de l'année contribuant à un ralentissement des ventes. Les importations de voitures de tourisme ont aussi fléchi dans un contexte de prix à la baisse.

Le commerce des services

En 2008, les exportations de services canadiens ont crû de 1,1 p. 100, à 68,0 milliards de dollars, tandis que les importations avançaient de 4,7 p. 100, à 90,5 milliards de dollars, entraînant un déficit du commerce des services de 22,5 milliards de dollars pour l'année. C'est 3,4 milliards de dollars de plus qu'en 2007. L'écart est largement imputable à une détérioration de 2,6 milliards de dollars du déficit des voyages et, dans une moindre mesure, à une hausse de 0,8 milliard de dollars du déficit des transports. Le déficit des services commerciaux s'est refermé légèrement, tandis que l'excédent des services gouvernementaux a augmenté.

Le Canada enregistre des déficits dans son commerce des services avec tous ses grands partenaires (tableau 4-2). Les États-Unis viennent en tête, à 14,5 milliards de dollars, suivis du reste du monde, à 4,3 milliards de dollars. Les déficits enregistrés avec l'UE et le Japon sont plus modestes, soit 2,6 milliards de dollars et 1,2 milliard de dollars, respectivement.

Commerce des services par grande catégorie, 2008

Tableau 4-2a
Ensemble des services
 ExportationsVariationCroissanceImportationsVariationCroissanceSoldeVariation
Monde68 006 000 000 $726 000 000 $1,1 %90 548 000 000 $4 080 000 000 $4,7 %-22 542 000 000 $-3 354 000 000 $
É.-U.37 195 000 000 $1 148 000 000 $3,2 %51 684 000 000 $3 577 000 000 $7,4 %-14 489 000 000 $-2 429 000 000 $
UE13 038 000 000 $265 000 000 $2,1 %15 633 000 000 $-330 000 000 $-2,1 %-2 595 000 000 $595 000 000 $
Japon1 420 000 000 $-3 000 000 $-0,2 %2 623 000 000 $-633 000 000 $-19,4 %-1 203 000 000 $630 000 000 $
Reste du monde16 352 000 000 $-686 000 000 $-4,0 %20 608 000 000 $1 465 000 000 $7,7 %-4 256 000 000 $-2 151 000 000 $
Tableau 4-2b
Services de voyages
 ExportationsVariationCroissanceImportationsVariationCroissanceSoldeVariation
Monde16 212 000 000 $-422 000 000 $-2,5 %28 855 000 000 $2 192 000 000 $8,2 %-12 643 000 000 $-2 614 000 000 $
É.-U.7 655 000 000 $-637 000 000 $-7,7 %16 541 000 000 $1 274 000 000 $8,3 %-8 886 000 000 $-1 911 000 000 $
UE3 109 000 000 $-48 000 000 $-1,5 %5 177 000 000 $376 000 000 $7,8 %-2 068 000 000 $-424 000 000 $
Japon423 000 000 $-43 000 000 $-9,2 %193 000 000 $-5 000 000 $-2,5 %230 000 000 $-38 000 000 $
Reste du monde5 025 000 000 $306 000 000 $6,5 %6 945 000 000 $548 000 000 $8,6 %-1 920 000 000 $-242 000 000 $
Tableau 4-2c
Services de transport
 ExportationsVariationCroissanceImportationsVariationCroissanceSoldeVariation
Monde13 025 000 000 $869 000 000 $7,1 %21 716 000 000 $1 683 000 000 $8,4 %-8 691 000 000 $-814 000 000 $
É.-U.5 355 000 000 $233 000 000 $4,5 %8 416 000 000 $928 000 000 $12,4 %-3 061 000 000 $-695 000 000 $
UE3 481 000 000 $111 000 000 $3,3 %5 190 000 000 $303 000 000 $6,2 %-1 709 000 000 $-192 000 000 $
Japon535 000 000 $31 000 000 $6,2 %509 000 000 $3 000 000 $0,6 %26 000 000 $28 000 000 $
Reste du monde3 655 000 000 $495 000 000 $15,7 %7 600 000 000 $450 000 000 $6,3 %-3 945 000 000 $45 000 000 $
Tableau 4-2d
Services commerciaux
 ExportationsVariationCroissanceImportationsVariationCroissanceSoldeVariation
Monde36 905 000 000 $130 000 000 $0,4 %38 870 000 000 $179 000 000 $0,5 %-1 965 000 000 $-49 000 000 $
É.-U.23 639 000 000 $1 471 000 000 $6,6 %26 376 000 000 $1 360 000 000 $5,4 %-2 737 000 000 $111 000 000 $
UE6 194 000 000 $170 000 000 $2,8 %4 971 000 000 $-1 012 000 000 $-16,9 %1 223 000 000 $1 182 000 000 $
Japon425 000 000 $6 000 000 $1,4 %1 886 000 000 $-632 000 000 $-25,1 %-1 461 000 000 $638 000 000 $
Reste du monde6 646 000 000 $-1 517 000 000 $-18,6 %5 638 000 000 $463 000 000 $8,9 %1 008 000 000 $-1 980 000 000 $
Tableau 4-2e
Services gouvernementaux
 ExportationsVariationCroissanceImportationsVariationCroissanceSoldeVariation
Monde1 864 000 000 $150 000 000 $8,8 %1 105 000 000 $23 000 000 $2,1 %759 000 000 $127 000 000 $
É.-U.546 000 000 $81 000 000 $17,4 %350 000 000 $15 000 000 $4,5 %196 000 000 $66 000 000 $
UE254 000 000 $34 000 000 $15,5 %296 000 000 $4 000 000 $1,4 %-42 000 000 $30 000 000 $
Japon37 000 000 $3 000 000 $8,8 %35 000 000 $1 000 000 $2,9 %2 000 000 $2 000 000 $
Reste du monde1 027 000 000 $32 000 000 $3,2 %425 000 000 $5 000 000 $1,2 %602 000 000 $27 000 000 $

Source : Statistique Canada, publication no 67-001 au Catalogue

Soutenues par une devise relativement forte durant la plus grande partie de l'année, les dépenses de voyage des Canadiens à l'étranger ont augmenté de 8,2 p. 100 en 2008. Parallèlement, les dépenses de voyage des étrangers au Canada ont fléchi de 2,5 p. 100, ce qui a creusé le déficit au poste des voyages. Les dépenses de voyage aux États-Unis, qui représentent environ 57,0 p. 100 des dépenses totales à l'étranger, ont progressé de 8,3 p. 100, tandis que les dépenses de voyage dans l'UE et le reste du monde ont crû de 7,8 p. 100 et de 8,6 p. 100, respectivement; par contre, elles étaient en recul de 2,5 p. 100 pour le Japon. Une augmentation de 6,5 p. 100 des dépenses des visiteurs en provenance du reste du monde n'a que partiellement comblé la baisse de 7,7 p. 100 des dépenses des visiteurs américains. Les visiteurs européens et japonais ont aussi réduit leurs dépenses au Canada l'an dernier en comparaison avec 2007.

Les exportations de services de transport ont augmenté de 7,1 p. 100 l'an dernier. Elles étaient en hausse vers tous les grands partenaires commerciaux, la région du reste du monde chapeautant la liste des gains (15,7 p. 100). Le déficit commercial s'est toutefois creusé dans cette catégorie, les importations des services de transport progressant plus vite (8,4 p. 100) que les exportations. Encore une fois, la hausse s'applique aux importations en provenance de tous les grands partenaires commerciaux du Canada avec, en tête, les États-Unis (gain de 12,4 p. 100).

Les échanges de services commerciaux du Canada sont dominés par le commerce avec les États-Unis. En 2008, ce pays a reçu 64,1 p. 100 des exportations et fourni 67,9 p. 100 des importations dans cette catégorie. Le commerce des services commerciaux du Canada avec les États-Unis a fortement progressé l'an dernier, les exportations aux États-Unis gagnant 6,6 p. 100, tandis que les importations en provenance de ce pays avançaient de 5,4 p. 100. Par contre, les échanges de services commerciaux du Canada avec ses autres partenaires ont régressé, les exportations cédant 9,2 p. 100 et les importations, 8,6 p. 100. Les modestes gains faits dans les exportations vers l'UE et le Japon ont été entièrement annulés par un recul de 18,6 p. 100 des exportations vers le reste du monde. C'est la situation opposée que l'on observe pour les importations, où les fortes baisses des importations venant de l'UE et du Japon (16,9 p. 100 et 25,1 p. 100, respectivement) ont été compensées par des gains dans les importations en provenance du reste du monde.

En ce qui a trait aux services de voyage, la plus grande partie de la détérioration du déficit s'explique par la baisse des exportations de voyages personnels (3,9 p. 100) et la progression de 10,0 p. 100 des importations. Les voyages personnels ont représenté plus de 80 p. 100 des exportations et des importations de services de voyage. Les exportations de voyages d'affaires ont avancé de 4,0 p. 100, tandis que les importations reculaient de 1,3 p. 100 l'an dernier, limitant l'augmentation du déficit global du commerce des services de voyage.

Dans le cas des services de transport, les exportations ont été d'environ 7,9 milliards de dollars inférieures aux importations en 2007. Le déficit s'est creusé en 2008 alors que la croissance des exportations a été inférieure à celle des importations. Le Canada a inscrit des déficits pour les voyages maritimes et aériens, mais un léger excédent pour les voyages terrestres et par d'autres modes de transport. En 2008, le transport maritime est celui qui a connu l'expansion la plus rapide, les exportations ayant progressé de 15,3 p. 100 et les importations, de 14,1 p. 100. Les importations et les exportations de services de transport aérien ont crû au même rythme, soit 4,9 p. 100. Pour le transport maritime et le transport aérien, la valeur des exportations équivalait à environ la moitié de celle des importations, de sorte que les gains absolus du côté des exportations ont été inférieurs à ceux des importations; le déficit commercial a donc augmenté dans les deux sous-catégories. Du côté du transport terrestre et des autres modes de transport, la faible augmentation de 0,4 p. 100 (12 millions de dollars) a été inférieure à celle de 1,5 p. 100 des importations (35 millions de dollars), entraînant une légère réduction de l'excédent de 1,0 milliard de dollars observé dans ce groupe.

La performance a été très inégale dans les services commerciaux, alors que cinq des onze souscatégories ont marqué des gains et que les six autres ont accusé des baisses – du côté tant des exportations que des importations, bien que les mouvements ne touchent pas nécessairement les mêmes souscatégories. Tel qu'indiqué ci-dessus, il y a eu une légère détérioration de 49 millions de dollars du déficit global du commerce des services commerciaux en 2008.

Les exportations de services commerciaux ont augmenté de 0,4 p. 100 (130 millions de dollars) l'an dernier, alors que les baisses survenues dans les services de gestion (6,9 p. 100), les autres services financiers (6,6 p. 100), les redevances et droits de licences (5,1 p. 100), les services de communication (4,9 p. 100) et les services d'informatique et d'information (4,0 p. 100) ont été entièrement contrebalancées par des hausses dans les services de construction (64,8 p. 100), les services d'architecture, de génie et autres services techniques (13,8 p. 100), la recherche développement (9,6 p. 100) et les services audiovisuels (7,3 p. 100).

Du côté des importations, les gains largement concentrés dans les sous-catégories des redevances et des droits de licences (9,8 p. 100) et des services de gestion (5,5 p. 100) n'ont été que partiellement annulés par les reculs des autres services financiers (15,1 p. 100), des services d'informatique et d'information (11,9 p. 100) et la recherche-développement (9,6 p. 100). Dans l'ensemble, les importations de services commerciaux ont crû de 0,5 p. 100 (179 millions de dollars) en 2008 par rapport aux niveaux de 2007.

Il importe de signaler que, dans le contexte des bouleversements qui ont secoué le secteur financier en 2008, l'activité commerciale dans le secteur des finances et les services connexes était en baisse, alors que les conditions du crédit se sont resserrées et qu'il est devenu de plus en plus difficile d'évaluer les risques liés à toute une variété d'instruments financiers. En 2008, les exportations globales de services d'assurances et d'autres services financiers ont retraité de 187 millions de dollars, tandis que les importations ont chuté de 603 millions de dollars.

L'évolution de l'excédent commercial du Canada

Parmi les sept grandes catégories de produits, trois – les produits de l'agriculture et de la pêche, les produits de la forêt et les produits énergétiques – ont constamment affiché des excédents commerciaux depuis 1990 et, à ce jour, ils demeurent excédentaires. Deux autres produits – les machines et les biens de consommation – ont toujours accusé des déficits commerciaux. Les biens et matériaux industriels ont enregistré des excédents croissants depuis 2002, mais cet excédent s'est stabilisé en 2008. Les produits de l'automobile ont inscrit des excédents jusqu'en 2007, mais par la suite ils ont montré un solde déficitaire qui a augmenté sensiblement en 2008. Les exportations canadiennes de produits de l'automobile ont chuté pendant quatre années consécutives, tandis que importations ont continué à augmenter jusqu'en 2008, année où la tendance s'est renversée.

Solde du commerce par grand groupe, 1990-2008

Équivalent textuel - Solde du commerce par grand group

Le compte courant

Le compte courant saisit les flux de transactions entre le Canada et ses partenaires commerciaux. Le plus important volet du compte courant est celui des échanges de biens et services, comme nous l'avons déjà mentionné. Les deux autres volets rendent compte des paiements et des rentrées au titre des revenus de placement, ainsi que des transferts courants.

En 2008, le solde du compte courant a diminué de 3,4 milliards de dollars, à 10,2 milliards de dollars. Bien que le compte courant ait été excédentaire pour l'ensemble de l'année, il a enregistré un déficit de 7,5 milliards de dollars (sur une base désaisonnalisée) au quatrième trimestre de 2008, le premier à survenir depuis le second trimestre de 1999.

Les biens et services expliquent la totalité de la baisse de l'excédent global du compte courant en 2008, le principal facteur ayant été le déficit plus important du commerce des services, notamment les services de voyage. De même, l'excédent du commerce des biens a continué à s'amenuiser, les importations progressant plus rapidement que les exportations.

On observe une légère amélioration du déficit au poste des revenus de placement, qui a rétréci de 0,2 milliard de dollars, à 14,0 milliards de dollars. La baisse marquée des bénéfices tirés des investissements directs du Canada à l'étranger a été presque entièrement compensée par la baisse des intérêts versés sur les avoirs bancaires. Le déficit des transferts courants s'est contracté de 0,7 milliard de dollars, à 0,4 milliard de dollars, contre 1,1 milliard de dollars en 2007.

Les échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis

La part du commerce canado-américain représentée par les échanges intra-entreprises – les échanges entre des entreprises liées de part et d'autre de la frontière1– a diminué constamment depuis le début des années 90. Cela incite à penser qu'en facilitant le commerce transfrontière, la mise en oeuvre de l'ALÉ Canada-États-Unis (1989) et de l'ALÉNA (1994) a réduit le besoin pour les entreprises américaines et canadiennes d'être présentes des deux côtés de la frontière pour y faire des affaires. En d'autres termes, dans un contexte de libre-échange, des chaînes d'approvisionnement fiables peuvent être créées entre des entreprises non liées. L'effet des deux accords sur la baisse des échanges intra-entreprises entre les États-Unis et le Canada ressort aussi de la part beaucoup plus élevée des échanges intra-entreprises entre les États-Unis et les autres partenaires commerciaux de ce pays dans le monde développé. Il est notable que près de 90 p.100 des échanges intra-entreprises entre les États-Unis et le Canada survienne entre des sociétés mères américaines et leurs filiales, mais que les échanges entre des sociétés mères canadiennes et leur filiales soient beaucoup plus limités.

En 2006, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, 28,7 p. 100 du commerce des biens entre le Canada et les États-Unis était constitué d'échanges intra-entreprises, contre plus de 40 p. 100 au début des années 90. Cela équivaut à des échanges bilatéraux d'une valeur de 153,9 milliards de dollars É.-U2. Bien que la part des échanges intra-entreprises dans le commerce canado-américain ait diminué, leur valeur a doublé depuis 1990. Le fait que le commerce bilatéral des biens entre le Canada et les États-Unis ait triplé durant cette période explique la diminution de la part des échanges intra-entreprises.

En 2006, environ 31,0 p. 100 de toutes les exportations de biens canadiens aux États-Unis ont eu lieu à l'intérieur d'entreprises, tandis qu'un peu plus du quart (25,6 p. 100) des importations de biens au Canada en provenance des États-Unis étaient de même nature. En grande majorité (87,5 p. 100), les échanges intra-entreprises ont trait à des biens échangés par des sociétés mères américaines plutôt que par des sociétés mères canadiennes, et environ la moitié de ces échanges entre des sociétés mères américaines et leurs filiales canadiennes est constituée de matériel de transport. Plus de 80 p. 100 des exportations intra-entreprises canadiennes concernaient des filiales canadiennes exportant vers leur société mère aux États-Unis, tandis que seulement 17,2 p. 100 des exportations intra-entreprises canadiennes étaient le fait de sociétés mères canadiennes expédiant des biens vers leurs filiales aux États-Unis. Du côté des importations, 95,2 p. 100 des importations intra-entreprises au Canada concernaient des filiales canadiennes important de leur société mère américaine, tandis que seulement 4,8 p. 100 des importations intra-entreprises au Canada étaient le fait de filiales aux États-Unis réexpédiant des biens vers leur société mère au Canada.

Environ 72,4 p. 100 des échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis sont survenus dans le secteur manufacturier en 2006, contre 79,6 p. 100 en 2000. Le secteur manufacturier englobe le matériel de transport, les produits chimiques, les machines et le matériel et les autres produits manufacturés. Près de la moitié des échanges intra-entreprises canado-américains ont porté sur du matériel de transport, principalement des véhicules automobiles. La diminution de l'importance des échanges intra-entreprises dans le secteur du matériel de transport explique en bonne partie la baisse observée de la part totale des échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis.

Part des échanges intra-entreprises dans le commerce des biens entre le Canada et les États-Unis

Équivalent textuel - Part des échanges intra-entreprises dans le commerce des biens entre le Canada et les États-Unis

Source: Bureau de l’économiste en chef, MAECI

Données : U.S. Bureau of Economic Analysis

Échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis par industrie, (2006)

Équivalent textuel - Échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis par industrie

Source: Bureau de l’économiste en chef, MAECI

Données : U.S. Bureau of Economic Analysis

En 2006, le commerce de gros occupait une part importante des échanges intra-entreprises (16,7 p. 100); cette part est demeurée stable au cours des dernières années. Les mines et « les autres industries » représentaient un peu plus de 10 p. 100 des échanges intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis.

Part des échanges intra-entreprises dans le commerce avec les États-Unis, 2006

Équivalent textuel - Part des échanges intra-entreprises dans le commerce avec les États-Unis

Source: Bureau de l’économiste en chef, MAECI

Données : U.S. Bureau of Economic Analysis

Parmi les pays du G7, le Canada occupe l'avantdernier rang pour ce qui est de la part des échanges intra-entreprises avec les États-Unis, devant l'Italie. Le Japon affiche, de loin, la part la plus élevée d'échanges intra-entreprises avec les États-Unis (89,1 p. 100), suivi de l'Allemagne (66,3 p. 100). La part élevée du Japon met en relief l'importance des filiales engagées dans le commerce de gros, qui représentent près des trois-quarts des échanges intra-entreprises entre le Japon et les États-Unis. Les parts du Royaume-Uni et de la France étaient, respectivement, de 52,2 p. 100 et 42,8 p. 100. Malgré une part relativement modeste, la valeur absolue des échanges de biens intra-entreprises entre le Canada et les États-Unis n'est pas négligeable; en effet, le Canada vient au second rang derrière le Japon à ce chapitre en raison de la taille même du commerce canado-américain.

1 Pour une explication plus détaillée des échanges intraentreprises, voir Le commerce international du Canada, Le point sur le commerce et l'investissement - 2008, p. 44.

2 Les données proviennent du U.S. Bureau of Economic Analysis et couvrent les activités des multinationales étrangères aux États-Unis et des multinationales américaines à l'étranger.


9. L'expression « principaux partenaires » est employée dans la balance des paiements pour ventiler les transactions internationales à un niveau plus détaillé que le commerce total avec l'ensemble des pays. Dans ce chapitre, les principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, le Japon, l'Union européenne et le reste du monde (RdM).

10. Cette section est fondée sur l'analyse présentée dans la publication de Statistique Canada, Commerce international des marchandises : revue annuelle 2008, no 65-208-X au Catalogue, 2009.

11. Les biens et matériaux industriels englobent les minerais métalliques, les produits chimiques, les plastiques, les engrais, les métaux et alliages, ainsi que divers autres produits et matériaux de base.