Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l'investissement – 2010

II. Aperçu de l’évolution du commerce mondial

La crise financière qui a débuté aux États- Unis en 2008 et qui s’est rapidement propagée à l’Europe et aux autres pays s’est répercutée sur les échanges commerciaux, les transactions financières et la confiance générale et a provoqué une récession profonde et synchronisée à l’échelle mondiale. Vers le milieu de 2008, l’activité économique dans le monde a commencé à fléchir sensiblement. Au début de 2009, la plupart des grandes économies étaient en récession ou accusaient un ralentissement d’activité.

Les exportationsmondiales demarchandises ont atteint un sommet au deuxième trimestre de 2008, avant de fléchir pendant trois trimestres consécutifs. À la fin du premier trimestre de 2009, les exportationsmondiales de marchandises étaient de 38,2 p. 100 inférieures à leur niveau d’avant le déclin.Depuis, elles ont repris de la vigueur, enregistrant des taux de croissance trimestriels variant entre 8 et 10 p. 100, et elles ont terminé l’année à un niveau de 18,8 p. 100 inférieur à leur sommet précédent.

La crise économique mondiale s’est soldée par une réduction de 12,2 p. 100 du volume des échanges mondiaux en 2009 – le plus important déclin depuis la Seconde guerre mondiale. Exprimés en dollars É.-U. courants, les échanges commerciaux ont reculé encore davantage (baisse de 23 p. 100) qu’exprimés en volume, principalement en raison de la diminution des prix du pétrole et des autres produits de base. Par contre, en termes réels, la production économique mondiale n’a reculé que de 2,3 p. 100.

La forte contraction de la demandemondiale est considérée comme étant la cause première du déclin observé, aggravée par la composition du panier de produits dont la demande a diminué, la présence des chaînes d’approvisionnement mondiales et le fait que le recul des échanges commerciaux a été synchronisé dans les pays et les régions.

Les principaux pays et les grandes régions ont tous enregistré des baisses de leurs volumes d’exportations de marchandises en 2009. De même, les importations de tous les principaux pays et de toutes les grandes régions étaient en baisse, notamment en Russie et dans les autres pays de la Communauté des États indépendants.

Nonobstant le recul des échanges commerciaux, la Chine a délogé l’Allemagne au premier rang des nations exportatrices en 2009. La Chine a aussi devancé l’Allemagne pour devenir le deuxième plus grand importateur mondial l’an dernier, après les États-Unis.

Commerce des marchandises

Le commerce en valeur (nominale)

Après avoir connu une expansion de 15 p. 100 en 2008 et de 16 p. 100 en 2007, la valeur des exportations mondiales de marchandises a fléchi de 23 p. 100, à 12,15 billions de dollars É.-U. en 2009 (tableau 2-1).

Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce recul spectaculaire. Selon l’OMC1, les pertes de richesse subies pendant la récession ont incité lesménages et les entreprises à réduire leurs dépenses pour toutes les catégories de biens, notamment les biens de consommation durables (p. ex. les automobiles) et les biens d’investissement, comme les machines industrielles. Les achats de ces produits peuvent facilement être reportés lorsqu’il y a une plus grande incertitude économique, et ils pourraient aussi avoir été plus sensibles aux conditions de crédit que les autres catégories de biens. Même si ces produits détiennent une part relativement modeste de la production mondiale, ils représentent une part disproportionnée des échanges mondiaux. Ainsi, une baisse de la demande de ces produits a des répercussions plus profondes sur le commerce que sur le PIB. De plus, la chute de la demande de ces produits se répercute sur les marchés qui fournissent les intrants nécessaires à leur production, en particulier le fer et l’acier.

Tableau 2-1
Commercemondial desmarchandises, par région et pour certains pays (milliards de $É.-U. et pourcentage)
 ExportationsImportations
 Valeur G$É.-U. 20092009 Part (%)Variation annuelle (%)Valeur G$É.-U. 20082009 Part (%)Variation annuelle (%)
2008200920082009
Monde12 147100,015-2312 385100,016-24
Amérique du Nord1 60213,211-212 17717,68-25
États-Unis1 0578,712-181 60413,07-26
Canada3162,59-313302,77-21
Mexique2301,97-212422,010-24
Central & Amér. centrale et Amér. du Sud4613,821-244443,630-25
Brésil1531,323-231341,144-27
Europe4 99541,111-235 14241,512-25
UE (27)4 56737,611-234 71438,112-25
Allemagne1 1219,29-229317,512-21
France4753,99-215514,414-22
Italie4053,38-254103,38-26
Royaume-Uni3512,95-244803,92-24
CEI4523,735-363322,732-33
Russie3042,533-361921,631-34
Afrique3793,128-324003,227-16
Moyen-Orient6915,733-334934,028-18
Asie3 56629,415-183 39727,421-21
Chine1 2029,917-161 0068,118-11
Japon5814,89-265514,423-28
Inde1551,330-202442,040-24
NIE8537,010-178346,717-24

Sources : OMC et calculs de l’auteur.

Il est aussi possible qu’une partie du déclin soit attribuable à la « double comptabilisation » des produits intermédiaires entrant dans le commerce, un phénomène associé à l’émergence des chaînes de valeurs mondiales2. Cela se reflète dans le fait que les exportations ont crû plus rapidement que la production depuis les années 1980. Ce ratio a augmenté constamment depuis 1985, et a grimpé de près du tiers entre 2000 et 2008, avant de reculer en 2009, alors que les exportationsmondiales fléchissaient plus rapidement que le PIBmondial.

Un dernier facteur qui a accentué le ralentissement du commerce en 2009 est son synchronisme. Les exportations et les importations de tous les grands pays ont chuté simultanément et aucune région n’a été épargnée. Il est probable que le repli du commerce mondial aurait été plus modéré si la contraction survenue dans certaines régions avait été contrebalancée par une expansion dans d’autres régions.

Contrairement à 2008, l’année où l’on a enregistré des taux de croissance des exportations demarchandises plus élevés dans les économies en développement, les exportations ont reculé davantage dans ces économies que dans les économies développées en 2009, sauf en Asie.Une explication possible de cette situation est l’assouplissement de la plupart des prix des produits de base en 2009, lesquels comptent pour une part importante des exportations des économies en développement.

Le recul des prix pétroliers par rapport aux sommets enregistrés au milieu de 2008 a contribué à la chute de 36 p. 100 des exportations de la Communauté des États indépendants (CEI). La Russie, la plus grande économie de la CEI, a aussi vu ses exportations chuter de 36 p. 100.

Les exportations du Moyen-Orient, une autre région tributaire du pétrole, arrivent au second rang pour ce qui est de l’importance du déclin relatif, les exportations de cette région ayant chuté de 33 p. 100 par rapport à 2008. L’Afrique vient au troisième rang, avec une baisse de 32 p. 100 de ses exportations l’an dernier, tandis qu’en Amérique centrale et en Amérique du Sud la perte a atteint 24 p. 100.

Le déclin des exportations européennes correspond à la moyenne mondiale, soit 23 p. 100, comme c’est le cas des pays de l’UE. Les exportations allemandes ont fléchi de 22 p. 100, tandis que celles de la France reculaient de 21 p. 100, ce qui a aidé à atténuer les pertes plus importantes survenues ailleurs au sein de l’UE, notamment au Royaume-Uni et en Italie, où les exportations étaient en baisse de 24 p. 100 et de 25 p. 100, respectivement.

Les exportations nord-américaines ont fait un peu mieux que les exportations mondiales, ne diminuant que de 21 p. 100. On observe des écarts considérables dans la performance des divers pays de la région; les exportations des États-Unis sont celles qui ont le moins diminué (18 p. 100), tandis que celles du Canada ont reculé le plus (31 p. 100 en dollars É.-U.).Une partie de la baisse des exportations canadiennes est attribuable à la dépréciation de 6,7 p. 100 du dollar canadien puisque les taux de change sont calculés par rapport au dollar É.-U., tandis qu’une autre partie est due à la correction des prix des produits de base, notamment l’énergie.

La plupart des économies asiatiques ont étémoins exposées aux facteurs sous-jacents de la crise financière.Néanmoins, elles étaient très vulnérables à l’effondrement de la demande mondiale par le biais des échanges commerciaux et notamment par le jeu des chaînes d’approvisionnement en biens manufacturés. En 2009, les exportations de l’Asie ont été globalement inférieures de 18 p. 100 à leurs niveaux de 2008. La Chine a vu ses exportations fléchir de 16 p. 100, ce qui est légèrement inférieur à la baisse enregistrée par les NEI asiatiques3 (17 p. 100). L’Inde (20 p. 100) et le Japon (26 p. 100) ont enregistré des baisses supérieures à la moyenne asiatique.

Les importations mondiales demarchandises ont fléchi de 24 p. 100 en 2009. En Amérique du Nord, le recul a atteint 25 p. 100 en moyenne, les États-Unis accusant la perte la plus sérieuse (26 p. 100), devant le Mexique (24 p. 100) et le Canada (21 p. 100).

Les importations en Europe ont aussi reculé de 25 p. 100 l’an dernier. Les pertes plus limitées en Allemagne et en France (21 p. 100 et 22 p. 100, respectivement) ont été compensées par des reculs plus importants en Italie (26 p. 100) et ailleurs.

La plupart des régions en développement ont enregistré des baisses de leurs importations de marchandises inférieures à la moyenne mondiale. Les importations en Afrique sont celles qui ont lemoins diminué, ce qui traduit probablement la dépendance de cette région à l’égard des importations pour de nombreux produits. Néanmoins, les importations africaines ont fléchi de 16 p. 100 en 2009 par rapport à 2008.

Au Moyen-Orient, les importations ont diminué de 18 p. 100, tandis qu’en Amérique centrale et en Amérique du Sud, elles étaient 25 p. 100 moins élevées en 2009.

Les importations en Asie ont aussi fléchi de 21 p. 100, la baisse plus limitée en Chine (11 p. 100) ayant atténué les reculs plus importants au Japon (28 p. 100) et en Inde et dans les NEI (24 p. 100 dans les deux cas).

La CEI (baisse de 33 p. 100) est la seule autre région en développement, outre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, à avoir enregistré une baisse de ses importations de marchandises supérieure à la moyenne mondiale. Le recul de 34 p. 100 des importations en Russie explique en partie cette situation.

Le commerce en volume (réel)

Comme dans le cas des échanges exprimés en valeurs, tous les pays et toutes les régions ont vu leur volume d’exportations de marchandises diminuer en 2009. La plus grande économie développée, les États-Unis (13,9 p. 100), l’Union européenne (14,8 p. 100) et le Japon (24,9 p. 100) ont tous enregistré un déclin supérieur à la moyenne mondiale (12,2 p. 100). Par contre, les économies en développement ont essuyé des pertes plus modestes, notamment les régions exportatrices de pétrole du Moyen-Orient (baisse de 4,9 p. 100), de l’Afrique (baisse de 5,6 p. 100), de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale (baisse de 5,7 p. 100) et de la CEI (baisse de 9,5 p. 100). L’Asie a aussi vu ses exportations diminuer en volume (recul de 11,1 p. 100) avec, en tête, la Chine (10,5 p. 100) et l’Inde (6,2 p. 100), mais légèrement moins que la moyennemondiale.Globalement, le Japon est le pays qui a enregistré le recul le plus spectaculaire de ses exportations réelles l’an dernier, soit 24,9 p. 100.

C’est la situation opposée que l’on observe du côté des importations, où les deux régions ayant encaissé les reculs les plus importants sont la CEI (20,2 p. 100) et l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale (16.5 p. 100). Parmi les autres pays, les baisses observées aux États- Unis (16,5 p. 100) et dans l’Union européenne (14,5 p. 100) ont été supérieures à lamoyenne mondiale, tandis que le recul au Japon (12,8 p. 100) est presque égal à la moyenne mondiale (12,9 p. 100). Le Moyen-Orient (baisse de 10,6 p. 100), l’Asie (baisse de 7,9 p. 100) et l’Afrique (baisse de 5,6 p. 100) ont tous enregistré des reculs inférieurs à la moyennemondiale. Les importations ont aussi fléchi dans la plupart des pays développés d’Asie : baisse de 12,8 p. 100 au Japon et de 11,4 p. 100 dans les NEI, contre une perte de 4,4 p. 100 en Inde. La Chine est le seul pays à avoir vu ses importations réelles augmenter en 2009, soit de 2,8 p. 100, par rapport à l’année précédente.

Prix et taux de change

Mis à part le recul des volumes d’échanges commerciaux, les prix de l’énergie et de la plupart des produits de base (sauf l’or) ont aussi battu en retraite en 2009. Avec la chute des prix et des volumes d’échanges, il n’est pas étonnant qu’il y ait eu des répercussions significatives sur les valeurs nominales et les taux de croissance du commerce des marchandises l’an dernier.

Les prix du pétrole, qui avaient dépassé 145 $É.-U. le baril4 en juillet 2008, ont entrepris l’année 2009 dans la fourchette des 40-50 $É.-U. (figure 2-1). Le 12 février, le prix était retombé à 34,03 $É.-U., le niveau le plus bas de l’année. Les prix se sont raffermis pour remonter au-delà de 70 $É.-U. Pendant l’été et l’automne, les prix ont fluctué dans un intervalle variant entre 60 et 73 $É.-U. avant de grimper vers la mi-octobre pour inscrire le sommet de l’année, soit 81,03 $É.-U., le 21 octobre. Par la suite, les prix ont lentement retraité jusqu’à la mi-décembre, pour remonter légèrement par la suite. Ils ont terminé l’année à 79,39 $É.-U. le 31 décembre. En 2009, les prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) ont été de 37,8 p. 100 inférieurs à leur niveau de 2008.

Au Canada, les prix annuels moyens de l’énergie, exprimés en dollars É.-U., ont dégringolé de 42,4 p. 100 en 2009 selon les statistiques de la Banque du Canada, tandis que les prix des matériaux industriels régressaient de 15,2 p. 100 sur l’année précédente et ceux des aliments, de 21,7 p. 100.

Figure 2-1
Prix du pétrole en 2009

La figure 2-1 illustre la variation des prix quotidiens du pétrole en 2009, partant de 46,17 $US au début de l’année pour tomber au bas prix de 34,03 $US à la mi-février, puis atteindre leur maximum de 81,03 $US le 21 octobre et enfin descendre légèrement à 79,39 $US
vers la fin de l’année.

Source : US Energy Information Administration.

Par ailleurs, après avoir débuté 2009 à 874,50 $É.-U.5 (et touché un creux de 810 $É.-U. le 15 janvier), les prix de l’or ont suivi une pente ascendante tout au long de l’année et atteint un sommet de 1 212,50 $É.-U. au début de décembre, terminant l’année à 1 087,50 $É.-U. le 30 décembre.

Pour ce qui est des taux de change, le dollar canadien a fléchi par rapport à la devise américaine en 2009, se dépréciant de 6,7 p. 100 sur l’année. Le dollar canadien valait en moyenne 93,81 ¢É.-U. en 2008 et il a enregistré une valeur moyenne de 87,57 ¢É.-U. en 2009, ce qui représente une perte de valeur de 6,24 ¢É.-U. Cette dépréciation signifie que la valeur d’un dollar d’échanges commerciaux du Canada (exportations ou importations) convertie en dollars américains était moins élevée en 2009 qu’en 2008, ce qui a contribué à amplifier le recul de la performance commerciale du Canada.

Le dollar américain s’est aussi renforcé sur d’autresmarchés l’an dernier, notamment face à la livre sterling (gain de 18,4 p. 100) et à l’euro (gain de 5,7 p. 100), alors que les États- Unis sont devenus un refuge relativement sécuritaire pour le capital international en cette période d’instabilité. Cependant, les principales monnaies asiatiques se sont appréciées par rapport au dollar américain, dont le yen japonais et le yuan chinois (renminbi).

Principaux pays participant au commerce des marchandises en valeur

Nonobstant un recul de 16 p. 100 de ses exportations, la Chine est parvenue à déloger l’Allemagne au premier rang mondial des exportateurs de marchandises, alors que les exportations allemandes ont reculé davantage, soit de 22 p. 100 (tableau 2-2). La part des exportationsmondiales demarchandises détenue par la Chine a atteint 9,9 p. 100, contre 9,2 p. 100 pour l’Allemagne.

Les États-Unis et le Japon sont demeurés au troisième et au quatrième rang, leurs parts des exportations mondiales de marchandises atteignant 8,7 p. 100 et 4,8 p. 100, respectivement.

Les nations de l’UE occupent toutes les positions restantes au classement des dix premiers exportateurs, sauf une. Avec des taux de repli similaires, il n’y a eu aucun changement au classement de la cinquième à la huitième place, les Pays-Bas, la France, l’Italie et la Belgique conservant leur rang antérieur.

Douzième plus important exportateur en 2008, la Corée a grimpé au neuvième rang en 2009, alors que ce pays a enregistré la plus faible baisse des exportations (14 p. 100) parmi les principaux exportateurs de marchandises.

Le Royaume-Uni a glissé d’un rang de 2008 à 2009, pour occuper la dernière position au palmarès des dix principaux exportateurs.

Alors qu’il occupait le onzième rang en 2008, le Canada a glissé au douzième rang en 2009. Il a tenu tête à la Russie, qui se trouvait au dixième rang en 2008,mais il a été déclassé par Hong Kong et, bien sûr, la Corée, ce qui explique le glissement au tableau.

Tableau 2-2a
Principaux pays exportateurs dans le commerce mondial des marchandises 2009 ($É.-U.)
 2009 Rang2008 Rang2009 Valeur2009 Part
Chine121 202 000 000 000 $9,9 %
Alemagne211 121 000 000 000 $9,2 %
États-Unis331 057 000 000 000 $8,7 %
Japon44581 000 000 000 $4,8 %
Pays-Bas55499 000 000 000 $4,1 %
France66475 000 000 000 $3,9 %
Italie77405 000 000 000 $3,3 %
Belgique88370 000 000 000 $3,0 %
Corée912364 000 000 000 $3,0 %
Royaume-Uni109351 000 000 000 $2,9 %
Canada1211316 000 000 000 $2,5 %
Tableau 2-2b
Principaux pays importateurs dans le commerce mondial des marchandises 2009 ($É.-U.)
 2009 Rang2008 Rang2009 Valeur2009 Part
États-Unis111 604 000 000 000 $13,0 %
Chine231 006 000 000 000 $8,1 %
Alemagne32931 000 000 000 $7,5 %
France45551 000 000 000 $4,4 %
Japon44551 000 000 000 $4,4 %
Royaume-Uni66480 000 000 000 $3,9 %
Pays-Bas77446 000 000 000 $3,6 %
Italie88410 000 000 000 $3,3 %
Hong Kong912353 000 000 000 $2,8 %
Belgique109351 000 000 000 $2,8 %
Canada1111330 000 000 000 $2,7 %

Source: WTO and author’s calculations.

En dépit d’une correction partielle de ses déséquilibres externes, les États-Unis demeurent, de loin, le principal importateur de marchandises dans le monde. L’Allemagne et la Chine occupent les deux positions suivantes; la Chine est devenue le deuxième plus grand pays importateur, tandis que l’Allemagne a reculé au troisième rang. Comme dans le cas des exportations, la situation s’explique par la baisse moins marquée survenue en Chine, comparativement à l’Allemagne; la Chine a donc gravi un échelon. La France et le Japon occupent le quatrième rang sur un pied d’égalité; la baisse de 22 p. 100 des importations françaises en comparaison du recul de 28 p. 100 des importations japonaises a permis à la France de se retrouver nez-à-nez avec le Japon. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Italie occupent les sixième, septième et huitième places, alors qu’un repli relativement limité des importations à Hong Kong (10 p. 100) lui a permis de se hisser au neuvième rang (ce pays figurait en douzième place en 2008), tandis que la Belgique a reculé en dixième position. Le Canada a conservé le onzième rang et la Corée est passée du dixième rang en 2008 au douzième rang en 2009.

Le commerce des services

Les exportations mondiales de services ont fondu de 13 p. 100 (500 milliards de $É.-U.) pour s’établir à 3,31 billions de $É.-U. (tableau 2-3). C’est la première fois depuis 1983 que les échanges de services régressent d’une année à l’autre.

Le déclin du commerce des services a représenté un peu plus de lamoitié de celui du commerce des marchandises en 2009. Cela traduit en partie l’impact disproportionné que la crise mondiale a eu sur les biens durables et l’effet plus marqué des baisses de prix dans les échanges de biens. Cela pourrait aussi traduire le rôle plus limité des services dans les transactions propres aux chaînes d’approvisionnement.

Tableau 2-3
Commerce mondial des services, par région et pour certains pays (milliards de $É.-U. et pourcentage)
 ExportationsImportations
 Valeur G$É.-U. 20092009 Part (%)Variation annuelle (%)Valeur G$É.-U. 20092009 Part (%)Variation annuelle (%)
2008200920082009
Monde3 310100,012-133 115100,013-12
Amérique du Nord54216,49-1043013,87-10
États-Unis4714,210-933110,689
Canada571,7--12772,5--11
Mexique150,5--220,7--
Central & Amér. centrale et Amér. du Sud1003,016-81113,621-8
Brésil260,827-9441,428-1
Europe1 67550,612-141 42845,811-13
UE (27)1 51345,711-141 32942,711-13
Allemagne2156,511-112558,211-10
France1404,210-141244,010-12
Italie1013,17-151143,78-11
Royaume-Uni2407,32-161605,11-19
CEI692,128-18912,926-21
Russie421,330-17601,929-19
Afrique782,419-111173,827-11
Moyen-Orient962,920-121625,218-13
Asie75122,714-1377624,914-11
Chine1293,920-121585,1220
Japon1243,815-151464,710-11
Inde862,618-742,426-
NIE2477,5--2217,1--

Sources : OMC et calculs de l’auteur.

La CEI est la région qui a affiché le déclin relatif le plus élevé de ses exportations de services, avec un recul de 18 p. 100 sur 2008. L’Europe a aussi enregistré une baisse supérieure à la moyenne mondiale, soit 14 p. 100. La plupart des grandes économies de l’UE ont accusé des pertes de 14 p. 100 ou plus, sauf l’Allemagne, dont les exportations de services n’ont fléchi que de 11 p. 100. En Asie, les exportations de services sont demeurées autour de lamoyenne mondiale, avec un repli plusmarqué au Japon, soit 15 p. 100.

Les régions duMoyen-Orient (12 p. 100) et de l’Afrique (11 p. 100) ont vu leurs exportations de services ralentir à un rythme inférieur à la moyenne mondiale. On peut dire la même chose de l’Amérique du Nord, où les exportations de services du Canada et des États- Unis ont reculé de 12 p. 100 et 9 p. 100, respectivement. C’est en Amérique centrale et en Amérique du Sud que les exportations de services ont reculé le moins en 2009, soit de seulement 8 p. 100.

Le même scénario vaut pour les importations de services, qui ont régressé plus rapidement dans les régions de la CEI et de l’Europe, même si plusieurs grandes économies de l’UE ont affiché une tenue supérieure à lamoyennemondiale, sauf le Royaume-Uni. Les importations de services auMoyen-Orient ont aussi diminué plus rapidement que la moyenne mondiale.

Comme pour les exportations, la baisse des importations de services a été inférieure à la moyenne mondiale en Amérique du Nord, celles du Canada et des États-Unis reculant de 11 p. 100 et 9 p. 100, respectivement. Enfin, c’est en Amérique centrale et en Amérique du Sud que les importations de services ont diminué le moins rapidement, soit 8 p. 100, le même taux que pour les exportations de services.

Les exportations de services de transport ont régressé de 21 p. 100, le plus fort recul parmi les catégories de services, devant les voyages (11 p. 100) et les services commerciaux (10 p. 100). Le repli des services de transport est à peu près équivalant à celui du commerce des marchandises. Cela n’est pas étonnant puisque cette catégorie est étroitement liée aux échanges de biens. Les services commerciaux représentaient un peu plus de lamoitié de l’ensemble des services (53 p. 100), tandis que les voyages représentaient près du quart des exportations de services; les services de transport accaparent le reste (tableau 2-4).

Tableau 2-4
Exportations mondiales de services en 2009 ($É.-U.)
 ValeurPartCroissance 2008-2009
Ensemble des services3 312 000 000 000 $100,0 %-13 %
Transport704 000 000 000 $21,3 %-21 %
Voyages854 000 000 000 $25,8 %-11 %
Services commerciaux1 754 000 000 000 $53,0 %-10 %

Sources : OMC et calculs de l’auteur.

Principaux pays participant au commerce des services en valeur

En 2009, les États-Unis ont exporté près de deux fois plus de services, en valeur, que leur concurrent le plus rapproché, le Royaume-Uni; le premier a exporté 14,2 p. 100 des exportations mondiales de services, contre 7,2 p. 100 pour le second. L’Allemagne (6,5 p. 100) et la France (4,2 p. 100) occupent les deux rangs suivants (tableau 2-5).

La Chine (3,9 p. 100) a devancé le Japon (3,8 p. 100); ces deux pays occupent maintenant les cinquième et sixième places, respectivement. Les quatre derniers rangs au classement des dix principaux exportateurs de services sont tous occupés par des pays de l’Union européene : l’Espagne (3,7 p. 100), l’Italie (3,0 p. 100), l’Irlande (2,9 p. 100) et les Pays-Bas (2,8 p. 100).

Le Canada détenait 1,7 p. 100 du total mondial et se classait au dix-huitième rang des grands exportateurs de services en 2009.

Du côté des importations, les États-Unis arrivent aussi au premier rang des importateurs de services, en valeur, avec une part de 10,6 p. 100 du total, devant l’Allemagne (8,2 p. 100) et le Royaume-Uni (5,1 p. 100). Une baisse de 11 p. 100 des importations au Japon et l’absence de changement dans les importations de la Chine ont permis à ce dernier pays d’occuper le quatrième rang, le Japon glissant en cinquième position. La France (4,0 p. 100), l’Italie (3,6 p. 100) et l’Irlande (3,3 p. 100) ont toutes enregistré des importations de services dépassant les 100 milliards de dollars É.U., en dépit d’un recul de leurs importations de services en 2009. Les Pays-Bas et l’Espagne (les deux à 2,8 p. 100) viennent compléter le tableau des dix principaux importateurs de services.

Avec une part mondiale de 2,5 p. 100, le Canada se retrouvait au onzième rangmondial des importateurs de services en 2009. La baisse plus modérée des importations de services au Canada (11 p. 100) qu’en Corée (19 p. 100) a permis au premier de se hisser devant le second au classement entre 2008 et 2009.

Tableau 2-5a
Principaux pays exportateurs dans le commercemondial des services 2009 ($É.-U.)
 2009 Rang2008 Rang2009 Valeur2009 Part
États-Unis11470 000 000 000 $14,2 %
Royaume-Uni22240 000 000 000 $7,2 %
Alemagne33215 000 000 000 $6,5 %
France44140 000 000 000 $4,2 %
Chine56129 000 000 000 $3,9 %
Japon65124 000 000 000 $3,8 %
Espagne77122 000 000 000 $3,7 %
Italie88101 000 000 000 $3,0 %
Irlande9995 000 000 000 $2,9 %
Pays-Bas10992 000 000 000 $2,8 %
Canada182057 000 000 000 $1,7 %
Tableau 2-5b
Principaux pays importateurs dans le commercemondial des services 2009 ($É.-U.)
 2009 Rang2008 Rang2009 Valeur2009 Part
États-Unis11331 000 000 000 $10,6 %
Alemagne23255 000 000 000 $8,2 %
Royaume-Uni32160 000 000 000 $5,1 %
Chine45158 000 000 000 $5,1 %
Japon44146 000 000 000 $4,7 %
France66124 000 000 000 $4,0 %
Italie77114 000 000 000 $3,6 %
Irelande8887 000 000 000 $2,8 %
Pays-Bas91287 000 000 000 $2,8 %
Espagne10987 000 000 000 $2,8 %
Canada111177 000 000 000 $2,5 %

Sources : OMC et calculs de l’auteur.


1. Communiqué de presse de l’OMC/598, « Les échanges commerciaux devraient progresser de 9,5 p. 100 en 2010 après une sombre année 2009, selon l’OMC », 26 mars 2010.

2. « La fragmentation internationale de la production signifie que l’exportation d’un bien manufacturé comporte aujourd’hui de multiple passages transfrontaliers de biens intermédiaires avec une augmentation marginale de la valeur ajoutée à chaque étape de la production. Étant donné que les flux commerciaux sont mesurés en termes bruts tandis que le PIB est mesuré en valeur ajoutée, la variation des flux commerciaux est un multiple du changement dans la demande du bien final exporté », Département des Affaires économiques de l’OCDE, Document de travail n° 729, citant Yi, 2009.

3. Quatre économies constituent les nouvelles économies industrialisées (NEI) d’Asie : Hong Kong, la Corée, Singapour et Taïwan.

4. Prix du West Texas Intermediate (WTI) sur le marché au comptant à Cushing Oklahoma, tel que publié par le U.S. Energy Information Administration (USEIA) (anglais seulement)

5. Prix par once troy, selon le cours fixé pour l’or à la séance de l’après-midi sur le marché de Londres (anglais seulement).