Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l'investissement – 2010

IV. Aperçu de la performance commerciale du Canada

Au début de 2009, les économies des diverses régions dumonde se trouvaient dans la phase aiguë d’une récession à la fois profonde et synchronisée. Le commerce mondial desmarchandises s’est contracté légèrement au troisième trimestre de 2008, avant de dégringoler de 21,0 p. 100 au quatrième trimestre; il a encore reculé dans une proportion presque aussi grande au premier trimestre de 2009. Les échanges commerciaux ont commencé à reprendre le terrain perdu au deuxième trimestre. La baisse du commerce des marchandises du Canada et sa reprise subséquente ont débuté plus tard que dans les autres économies, soit d’environ un trimestre.

Les exportations canadiennes de biens et services ont reculé de 22,1 p. 100, passant de 560,3 milliards de dollars en 2008 à 436,3 milliards de dollars en 2009. Les exportations de biens ont chuté de 24,5 p. 100 à 369,6 milliards de dollars, les prix et les volumes battant en retraite. En volume, les exportations ont fléchi pour une seconde année d’affilée, tandis que la tendance des prix s’est renversée, effaçant les augmentations notables enregistrées en 2008. Les pertes ont été dominées par les produits de l’énergie, qui ont représenté environ 40 p. 100 du recul global des exportations. Comme nous l’avons indiqué au chapitre précédent, la valeur moyenne du dollar canadien a été plus faible en 2009, bien qu’elle ait augmenté à mesure que l’année progressait, rendant les exportations canadiennes plus coûteuses en termes relatifs. Cette tendance a coïncidé avec la période de reprise du commerce mondial et a probablement contribué à tempérer l’expansion des exportations canadiennes au second semestre. Les exportations de services ont accusé une légère perte, soit de 5,4 p. 100, à 66,7 milliards de dollars.

Le Canada a importé pour 463,2 milliards de dollars de biens et services l’an dernier, ce qui représente une baisse de 13,6 p. 100 par rapport au niveau de 536,0 milliards de dollars enregistré en 2008. Comme dans le cas des exportations, tant les importations de biens que les importations de services ont décliné. Les importations de biens ont fléchi de 15,6 p. 100, à 374,0 milliards de dollars, tandis que les importations de services étaient en baisse de 4,0 p. 100, à 89,2 milliards de dollars. Les baisses étaient généralisées dans l’ensemble des importations de biens et de services, seuls les produits de l’agriculture et de la pêche réalisant un gain parmi les grandes catégories d’importation. Comme pour les exportations, le recul des importations de biens a été dominé par les produits énergétiques. Les importations de biens ont renoué avec la croissance au début du troisième trimestre de 2009, tandis que les importations de services ont commencé à se rétablir au dernier trimestre.

Le solde du compte courant a reculé de 49,4 milliards de dollars, passant d’un excédent de 8,1 milliards de dollars en 2008 à un déficit de 41,3 milliards de dollars en 2009. La perte est entièrement attribuable à la détérioration du solde des échanges de biens et services, qui a fléchi de 51,3 milliards de dollars.

Dans les sections suivantes, nous examinons la performance du commerce des biens et services du Canada, en débutant par un aperçu de l’évolution des échanges des biens et services avec les principaux partenaires commerciaux, 1 suivi d’un examen du commerce des biens et du commerces des services, pour terminer par une brève explication du solde du compte courant.

Les biens et services

Dans un contexte de récessionmondiale, les exportations canadiennes de biens et services vers le monde ont chuté de 22,1 p. 100 (124,1 milliards de dollars) en 2009. Dumême coup, l’appétit du Canada pour les biens et services importés a diminué de 13,6 p. 100 (72,8 milliards de dollars) (tableau 4-1). Pour le Canada, cela signifie que la succession ininterrompue d’excédents du commerce des biens et services depuis 15 ans a pris fin, le pays enregistrant un déficit commercial de 26,9 milliards de dollars pour la première fois depuis 1993. C’est un recul de 51,3 milliards de dollars par rapport à l’excédent commercial de 24,4 milliards de dollars enregistré en 2008. La presque totalité du déclin est attribuable au commerce des biens, le solde de ces échanges s’étant détérioré de 51,2 milliards de dollars.

Table 4-1a
Commerce des biens et services du Canada par région, 2009
 Exportations de biens et servicesImportations de biens et servicesSolde du commerce des biens et services 2009
 2009Part en 2009Croissance par rapport à 20082009Part en 2009Croissance par rapport à 2008
Monde436 284 000 000 $100,0 %-22,1 %463 200 000 000 $100,0 %-13,6 %-26 916 000 000 $
U.S.305 917 000 000 $70,  %-25,0 %286 820 000 000 $61,9 %-14,2 %19 097 000 000 $
UE44 545 000 000 $10,2 %-14,7 %53 563 000 000 $11,6 %-14,2 %-9 018 000 000 $
Japon10 143 000 000 $2,3 %-24,2 %11 341 000 000 $2,4 %-18,8 %-1 198 000 000 $
Reste du monde75 680 000 000 $17,3 %-13,0 %111 476 000 000 $24,1 %-11,0 %-35 796 000 000 $
Table 4-1b
Commerce de biens du Canada par région, 2009
 Exportations de biensImportations de biensSolde du commerce de biens 2009
 2009Part en 2009Croissance par rapport à 20082009Part en 2009Croissance par rapport à 2008
Monde369 633 000 000 $100,0 %-24,5 %373 968 000 000 $100,0 %-15,6 %-4 335 000 000 $
U.S.271 001 000 000 $73,3 %-26,7 %236 280 000 000 $63,2 %-15,8 %34 721 000 000 $
UE32 258 000 000 $8,7 %-18,5 %38 776 000 000 $10,4 %-17,0 %-6 518 000 000 $
Japon8 873 000 000 $2,4 %-25,3 %9 307 000 000 $2,5 %-20,2 %-434 000 000 $
Reste du monde57 501 000 000 $15,6 %-16,1 %89 605 000 000 $24,0 %-13,7 %-32 104 000 000 $
Table 4-1c
Commerce de services du Canada par région, 2009
 Exportations de servicesImportations de servicesSolde du commerce de services 2009
 2009Part en 2009Croissance par rapport à 20082009Part en 2009Croissance par rapport à 2008
Monde66 651 000 000 $100,0 %-5,4 %89 233 000 000 $100,0 %-4,0 %-22 582 000 000 $
U.S.34 915 000 000 $52,4 %-7,6 %50 540 000 000 $56,6 %-5,6 %-15 625 000 000 $
UE12 287 000 000 $18,4 %-2,7 %14 789 000 000 $16,6 %-5,9 %2 502 000 000 $
Japon1 270 000 000 $1,9 %-15,9 %2 033 000 000 $2,3 %-11,2 %-763 000 000 $
Reste du monde18 179 000 000 $27,3 %-1,9 %21 872 000 000 $24,5 %2,0 %-3 693 000 000 $

Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-001.

Figure 4-1
Exportations de biens et services du Canada par grande reìgion, 2004-2009

La figure 4-1 illustre l’exportation de biens et de services par grande région, de 2004 à 2009, en milliards de dollars canadiens (G$). Les exportations vers tous les pays du monde ont augmenté régulièrement de 494 G$ en 2004 à 560 G$ en 2008, mais elles sont tombées à 436 G$ en 2009. Les exportations vers les É. U. ont augmenté de 388 G$ en 2004 à 408 G$ en 2008, puis ont chuté à 306 G$ en 2009. Les exportations vers l’UE ont augmenté, passant de 38 G$ en 2004 à 52 G$ en 2008, mais elles sont tombées à 45 G$ en 2009. Les exportations vers le Japon se chiffraient à 11 G$ en 2004; elles ont augmenté à 13 G$ en 2008 et sont retombées à 10 G$ en 2009. Les exportations vers les autres régions ont régulièrement augmenté de 57 G$ en 2004 à 87 G$ en 2008, mais elles sont redescendues à 76 G$ en 2009.

Source : Statistique Canada.

Figure 4-2
Importations de biens et services du Canada par grande reìgion, 2004-2009

La figure 4-2 illustre les importations de biens et de services des grandes régions, de 2004 à 2009, en CG$. Les importations de tous les pays du monde ont régulièrement augmenté, passant de 440 G$ en 2004 à 536 G$ en 2008, mais elles sont redescendues à 463 G$ en 2009. Les importations des É. U. ont peu à peu augmenté, passant de 295 G$ en 2004 à 334 G$ en 2008, mais elles sont retombées à 287 G$ en 2009 Les importations de l’UE ont passé de 49 G$, niveau atteint en 2004, à 62 G$ en 2008, puis sont redescendues à 54 G$ en 2009 Les importations du Japon ont passé de 13 G$ en 2004 à 15 G$ en 2007, mais elles sont retombées à 14 G$ en 2008 et à 11 G$ en 2009. Les importations des autres régions ont peu à peu augmenté de 83 G$ en 2004 à 125 G$ en 2008, avant de retomber à 111 G$ en 2009.

Source : Statistique Canada.

Les exportations canadiennes de biens et services ont atteint un sommet au troisième trimestre de 2008, pour reculer au cours des trois trimestres suivants, avant de remonter dans la seconde moitié de 2009. Au deuxième trimestre, les exportations totales du Canada étaient 29,0 p. 100 inférieures à leur précédent sommet. En fin d’année, les exportations totales étaient toujours 23,5 p. 100 sous ce niveau. Encore une fois, les biens sont responsables de la plus grande partie des pertes, les exportations de biens étant 26,0 p. 100 inférieures à leur point culminant du troisième trimestre de 2008. Par contre, les exportations de services ont continué de croître jusqu’au quatrième trimestre de 2008, avant de fléchir pendant trois trimestres. Au quatrième trimestre de 2009, elles étaient 6,3 p. 100 sous le sommet de l’année précédente.

Dans cette conjoncture récessionniste à l’échelle mondiale, les exportations et les importations canadiennes de biens et services à destination et en provenance de tous les grands marchés (États-Unis, Union européenne, Japon et reste du monde [RdM]2) ont régressé entre 2008 et 2009 (figures 4-1 et 4-2). La diminution des échanges commerciaux avec les États-Unis est responsable de la plus grande partie de ce déclin. Les importations américaines en provenance du Canada ont atteint un sommet au deuxième trimestre de 2008, mais elles ont dégringolé de près de 43 p. 100 (en dollars É.-U.) au premier trimestre de 2009, avant d’entreprendre une lente remontée. Au quatrième trimestre, elles étaient toujours près de 32 p. 100 (en dollars É.-U.) sous leur sommet trimestriel. Principal partenaire commercial du Canada, les États-Unis ont ainsi eu un impact considérable sur les échanges bilatéraux : ce pays a accueilli 70,1 p. 100 des exportations canadiennes de biens et services en 2009; pourtant, il est responsable de 82,0 p. 100 du recul des exportations du Canada de 2008 à 2009. De façon similaire, les États-Unis représentaient 61,9 p. 100 des importations du Canada et sont responsables de 65,2 p. 100 de la baisse enregistrée à ce poste. Globalement, les exportations canadiennes vers les États-Unis étaient en baisse de 101,8 milliards de dollars en 2009, ce qui représente une réduction de 25,0 p. 100 par rapport à 2008. Les importations en provenance des États-Unis ont diminué dans une proportion moindre, soit 14,2 p. 100 (47,5 milliards de dollars). Les échanges bilatéraux de biens ont accusé des baisses beaucoup plus importantes que les échanges bilatéraux de services. Nonobstant l’écart considérable entre la diminution des exportations et celle des importations, le Canada a maintenu un excédent commercial de 19,1 milliards de dollars avec les États-Unis. Ce pays est le seul grand partenaire commercial avec lequel le Canada enregistre toujours un excédent commercial.

Les exportations de biens et services vers l’UE ont reculé 14,7 p. 100 en 2009, les exportations de biens étant en baisse de 18,5 p. 100 et les exportations de services, de seulement 2,7 p. 100 (figure 4-3).De façon réciproque, les importations en provenance de l’UE ont fléchi de 14,2 p. 100 – les importations de biens étaient en baisse de 17,0 p. 100 et les importations de services, de 5,9 p. 100. Étant donné que les importations du Canada de l’UE sont plus élevées que ses exportations vers cette région, le déficit commercial du Canada avec l’UE s’est refermé de 1,2 milliard de dollars, à 9,0 milliards de dollars. Les gains ont été répartis également entre les biens et les services, le déficit de chacun de ces postes ayant diminué de 0,6 milliard de dollars.

Figure 4-3
Croissance des exportations et des importations de biens et services du Canada par grande reìgion, 2009

La figure 4-3 illustre, en pourcentage, la croissance des exportations et des importations canadiennes de biens et de services, par grande région, en 2008. Les exportations vers tous les pays du monde ont diminué de 22,1 %, et les importations de 13,6 %. Les exportations vers les É. U. ont diminué de 25,0 %, et les importations de 14,2 %. Les exportations vers l’UE ont diminué de 14,7 %, et les importations de 14,2 %. Les exportations vers le Japon ont diminué de 24,2 %, et les importations de 18,8 %. Les exportations vers les autres destinations ont diminué de 13,0 %, et les importations de 11,0 %.

Source : Statistique Canada.

Après s’être amélioré en 2008, le déficit commercial du Canada avec le Japon a augmenté de 0,6 milliard de dollars en 2009, à 1,2 milliard de dollars. Les pertes se sont produites du côté des biens, alors que le Canada a amélioré de 16 millions de dollars son déficit dans les échanges de services l’an dernier. Les exportations de biens canadiens au Japon ont reculé de 25,3 p. 100 (3,0 milliards de dollars), tandis que les importations étaient en baisse de 20,2 p. 100 (2,4 milliards de dollars). Par conséquent, le modeste excédent commercial enregistré dans les échanges de biens en 2008 (0,2 milliard de dollars) a cédé la place à un déficit de 0,4 milliard de dollars en 2009. Le déficit des échanges de services avec le Japon est demeuré constant à 0,8 milliard de dollars.

Le commerce du Canada avec le RdM a été le moins touché par la récession mondiale parmi toutes les grandes régions qui ont des échanges commerciaux avec le Canada. Les exportations de biens et services ont fléchi relativementmoins (13,0 p. 100, soit 11,4 milliards de dollars), tandis que les importations ont reculé de seulement 11,0 p. 100 (13,8 milliards de dollars). La baisse des importations étant plus grande que celle des exportations, le solde commercial avec cette région s’est amélioré de 2,5 milliards de dollars. Les gains proviennent des échanges de biens, où le déficit a fondu de 3,2 milliards de dollars. L’effet combiné d’une baisse des exportations de services et d’une augmentation des importations de services a haussé le déficit des échanges de services de 0,8 milliard de dollars, à 3,7 milliards de dollars. Les importations de services de cette région est le seul volet où les échanges du Canada avec l’un de ses grands partenaires commerciaux étaient en expansion en 2009.

Les exportations canadiennes continuent de se diversifier hors des États-Unis

Part des exportations canadiennes allant vers desmarchés autres que les États-Unis

Ce graphique illustre les parts, en pourcentage, des exportations canadiennes de marchandises ainsi que le total des biens et des services, respectivement, pour la période de 2002 à 2009. La part globale du commerce de marchandises avec des marchés autres que les É. U. a augmenté, passant de 12,9 % en 2002 à 16,2 % en 2005, puis à 25,0 % en 2009. La part des exportations de biens et de services vers des marchés autres que les É. U. est passée de 20,9 % en 2002 à 21,5 % en 2005, pour atteindre 30,0 % en 2009.

Source : Statistique Canada.

Les exportations canadiennes se sont diversifiées sensiblement au-delà dumarché des États-Unis depuis 2002 et cette tendance s’est poursuivie en 2009. En 2002,moins de 20 p. 100 des exportations de biens et services du Canada prenait la destination de marchés autres que les États-Unis; en 2009, cette part avait augmenté à près de 30 p. 100. Pour le seul commerce des marchandises, la part des destinations autres que les États-Unis a grimpé de moins de 13 p. 100 à 25 p. 100 sur cette période. Jusqu’en 2008, cette tendance était attribuable à la croissance plus rapide des exportations canadiennes vers les marchés autres que les États-Unis,mais en 2009, elle est plutôt due au fait que les exportations vers les marchés non américains ont reculé moins rapidement que les exportations vers les États-Unis. Dans l’avenir, la tendance pourrait ralentir, ou peut-êtremême se renverser à court terme. Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont diminué plus rapidement que les exportations canadiennes vers lesmarchés non américains en 2009 principalement à cause de la baisse des prix de l’énergie et de la mauvaise performance du secteur de l’automobile; elles pourraient cependant rebondir plus rapidement avec l’amélioration de la conjoncture. À plus long terme, cependant, les exportations canadiennes devraient poursuivre leur diversification vers les marchés émergents en croissance rapide.

Le commerce des biens

Tel qu’indiqué précédemment, la presque totalité de la baisse des échanges commerciaux s’est produite du côté des biens et a été concentrée de façon disproportionnée dans les échanges avec les États-Unis. Le recul des exportations de biens vers notre voisin du Sud a atteint un peu moins de 99 milliards de dollars sur une baisse totale de 120 milliards de dollars à ce poste. Parallèlement, il y a eu 45 milliards de dollars d’importations demoins au Canada en provenance des États-Unis (sur une baisse totale des importations de 69 milliards de dollars).

La région du reste du monde venait au second rang pour ce qui est de la détérioration des échanges de biens du Canada en 2009. Cette région a représenté près de la moitié des pertes restantes, abstraction faite des États-Unis. Les exportations de biens du Canada vers le RdM ont fléchi de 16,1 p. 100 en 2009, à 57,5 milliards de dollars, soit 11,0 milliards de dollars de moins que l’année précédente. Les importations de biens de cette région ont diminué un peu plus (13,7 p. 100), à 14,3 milliards de dollars. L’écart s’est traduit par une amélioration du solde commercial avec cette région.

En 2009, les exportations canadiennes de biens vers l’UE ont reculé à peu près au niveau où elles se trouvaient en 2006, diminuant de 18,5 p. 100 (7,3 milliards de dollars), à 32,3 milliards de dollars. Les importations de biens en provenance de l’UE ont fléchi un peu plus, soit de 17,0 p. 100 (7,9 milliards de dollars), pour s’établir à 38,8 milliards de dollars.

Enfin, en termesmonétaires, les exportations de biens au Japon sont celles qui ont cédé le moins de terrain (3,0 milliards de dollars) parmi tous les grands partenaires commerciaux. Cela représentait toutefois un recul de 25,3 p. 100 par rapport à 2008, le deuxième repli le plus important en pourcentage dans les exportations de biens du Canada (après les États-Unis, où elles ont régressé de 26,7 p. 100). Les importations de biens du Japon étaient en baisse de 20,2 p. 100 (2,4 milliards de dollars) en 2009, à 9,3 milliards de dollars. Comme nous l’avons déjà indiqué, le Canada est passé d’un excédent dans ses échanges de biens avec le Japon en 2008 à une situation déficitaire en 2009.

Performance sectorielle du commerce des biens3

Les effets du ralentissement économique dans le monde se sont répercutés à tous les niveaux du commerce des biens du Canada. Les grands secteurs d’exportation ont tous enregistré des pertes, avec en tête les produits énergétiques et les biens et matériaux industriels, qui sont à l’origine de près des deux tiers du recul total.Demême, tous les secteurs d’importation étaient en baisse, sauf les produits de l’agriculture et de la pêche qui ont affiché un léger gain de 2,9 p. 100.

Figure 4-4
Croissance des exportations de biens du Canada par grand groupe, 2009

La figure 4-4 illustre la croissance (variation annuelle en pourcentage) des exportations de produits, par grand groupe de marchandises, en 2009. Les exportations de tous les produits ont baissé de 24,5 % en valeur et de 16,6 % en volume, et les prix sont tombés de 9,5 %. Les exportations de produits et de matériaux industriels ont baissé de 29,0 % en valeur et de 19,9 % en volume, alors que les prix sont tombés de 11,4 %. Les exportations de produits de l’agriculture et de la pêche ont baissé de 8,8 % en valeur et de 1,8 % en volume, et les prix ont diminué de 7,1 %. Les exportations de produits énergétiques ont baissé de 38,0 % en valeur et de 2,1 % en volume, et les prix ont chuté de 35,4 %. Les exportations des autres produits à la consommation ont diminué de 1,3 % en valeur et de 3,2 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 2,0 %. Les exportations de matériel et d’outillage ont baissé de 13,4 % en valeur et de 17,2 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 4,4 %. Les exportations de produits automobiles ont baissé de 28,3 % en valeur et de 32,4 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 6,1 %. Les exportations de produits de la forêt ont diminué de 24,0 % en valeur et de 18,5 % en volume, et les prix ont baissé de 6,7 %.

Source : Statistique Canada.

La baisse globale de 24,5 p. 100 des exportations canadiennes de biens en 2009 s’observe autant en volume qu’en valeur. En volume, les exportations ont fléchi de 16,6 p. 100 par rapport aux niveaux de 2008, après un recul de 7,7 p. 100 l’année précédente. Simultanément, les prix des exportations ont régressé de 9,5 p. 100, cédant deux tiers du gain de 14,6 p. 100 inscrit en 2008 (figure 4-4). Parmi les 62 grands produits à la base des statistiques sur les exportations dans la balance des paiements, seuls quatre groupes – les préparations céréalières diverses, les métaux et alliages précieux, l’amiante, et les aéronefs, moteurs et pièces – ont marqué des gains par rapport aux valeurs exportées en 2008. Ces gains n’atteignent au total que 561millions de dollars, dont environ les trois quarts proviennent du groupe des métaux et alliages précieux.

Les produits de l’énergie ont dominé le mouvement généralisé à la baisse dans les exportations de biens du Canada en 2009, représentant près de 40 p. 100 du déclin. Une chute de 35,4 p. 100 des prix a été le principal facteur à l’origine de la baisse des échanges de produits énergétiques, bien que les volumes aient aussi été en léger déclin. Les biens et matériaux industriels ont été responsables d’environ le quart du déclin, les produits de l’automobile (14,4 p. 100) et lesmachines et le matériel (10,4 p. 100) expliquant la plus grande partie du reste des pertes.

Les exportations de produits énergétiques ont chuté de 38,0 p. 100 (45,7 milliards de dollars) en 2009, à 80,1 milliards de dollars. Avec un tel recul, les produits énergétiques ont glissé au second rang des secteurs d’exportation de 2008 à 2009, cédant la première place au secteur desmachines et dumatériel. Les biens tels que le pétrole brut et le gaz naturel qui demeurent essentiellement en Amérique duNord ont été fortement touchés par le ralentissement économique aux États-Unis, tandis que le charbon a souffert du ralentissement de l’activité industrielle en Asie.

Après avoir progressé pendant une bonne partie de la présente décennie, les prix du pétrole brut ont plongé de plus de 30 p. 100 en 2009.Une légère augmentation (1,9 p. 100) du volume exporté a partiellement compensé le recul des prix. La diminution des exportations de pétrole représente un peu plus de 40 p. 100 de la baisse globale de la valeur des exportations d’énergie.

La valeur des exportations de gaz naturel a chuté de plus demoitié, passant de 33,0 milliards de dollars à 16,0 milliards de dollars. Le recul est notamment attribuable à une baisse de 48,1 p. 100 des prix, qui traduit la baisse de la demande industrielle et les stocks élevés, tant au Canada qu’aux États-Unis. Les volumes exportés étaient en baisse sur l’année, cédant 7,0 p. 100. La baisse des exportations de gaz naturel a été responsable d’environ 37,4 p. 100 du recul global des exportations d’énergie.

Une demande moins forte en Asie explique la diminution de 25,9 p. 100 des exportations de charbon, qui avaient profité d’approvisionnements insuffisants dans cette région en 2008. Les volumes ont reculé de près de 20 p. 100 et les prix, de 8 p. 100. Globalement, les exportations de charbon ont fléchi de 1,5 milliard de dollars, à 4,3 milliards de dollars en 2009.

Une légère augmentation du volume des exportations d’électricité (7,6 p. 100) a été annulée par une baisse de 41,5 p. 100 des prix, et les exportations globales d’électricité ont chuté de près de 40 p. 100 en 2009. Le solde net est un repli de près de 1,4 milliard de dollars des exportations d’électricité, à 2,4 milliards de dollars l’an dernier.

En 2009, les exportations de biens et matériaux industriels ont régressé de 29,0 p. 100 (32,3 milliards de dollars), à 79,2 milliards de dollars. C’est la première baisse annuelle après cinq années de croissance continue. Lesmétaux et alliages ont dominé la liste des pertes, suivis des produits chimiques, plastiques et engrais. Ces deux groupes sont à l’origine de près de 70 p. 100 du déclin observé dans les exportations de biens et matériaux industriels. Cependant, les pertes étaient assez généralisées et seul l’or (métaux et alliages précieux) a gagné du terrain. Les biens etmatériaux industriels divers et les minerais métalliques expliquent le reste de la baisse des exportations de biens etmatériaux industriels, les pertes étant assez également réparties entre ces deux groupes. Dans l’ensemble, ce secteur représente près de 30 p. 100 de la baisse totale des exportations de biens l’an dernier. Tant les prix (11,4 p. 100) que les volumes (19,9 p. 100) ont contribué au repli. Avec ces pertes, les biens et matériaux industriels sont passés du deuxième au troisième rang des principales catégories d’exportation en 2009.

Les exportations de produits de l’automobile ont fléchi à nouveau en 2009, poursuivant une tendance qui s’est amorcée en 2005. L’an dernier, les produits de l’automobile ont reculé de 28,3 p. 100 (17,3 milliards de dollars), à 43,8 milliards de dollars. Les volumes exportés ont diminué de près du tiers, alors que les constructeurs établis au Canada ont réduit leur production devant l’affaiblissement de la demande aux États-Unis. En volume, les exportations de produits de l’automobile ne représentaient qu’un peumoins de lamoitié de leur niveau de 2005.

Les trois composantes des produits de l’automobile – les voitures de tourisme, les camions et les pièces – ont vu leurs exportations régresser en 2009, cédant 22,9 p. 100 (7,8 milliards de dollars), 48,3 p. 100 (3,5 milliards de dollars) et 30,5 p. 100 (6,0 milliards de dollars), respectivement. En dépit des programmes de « primes à la casse » mis en place aux États- Unis à partir de juillet 2009, les constructeurs sont demeurés avec des stocks invendus, les entreprises et consommateurs reportant à plus tard les achats de biens durables tels que camions et voitures. Le volume des exportations de camions a plongé de plus de 50 p. 100, tandis que celui des automobiles perdait 28,8 p. 100. La réduction de la production du secteur de l’automobile de part et d’autre de la frontière a fait en sorte que le volume des exportations de pièces a aussi diminué de près du tiers l’an dernier.

De façon similaire, les effets combinés de la baisse de l’investissement des entreprises en matériel et du recul des dépenses discrétionnaires consacrées aux produits électroniques de consommation aux États-Unis et à l’étranger ont contribué à une diminution de 13,5 p. 100 des exportations canadiennes de machines et matériel l’an dernier. Elles ont chuté à 80,5 milliards de dollars, le niveau le plus bas depuis 1997. La baisse est entièrement attribuable à un recul de 17,2 p. 100 des volumes exportés, les prix ayant progressé de 4,4 p. 100. Les volumes étaient en baisse pour tous les produits de ce secteur, à l’exception des aéronefs, moteurs et pièces, qui ont profité d’une légère augmentation par rapport aux niveaux de 2008.

Figure 4-5
Croissance des exportations de biens du Canada par grand groupe, 2009

La figure 4-5 illustre la croissance (variation annuelle en pourcentage) des importations canadiennes de marchandises par grand groupe de produits en 2009. L’importation de tous les produits a baissé de 15,5 % en valeur, soit un enchaînement d’une diminution de 16,0 % en volume et d’une augmentation des prix de 0,7 %. Les importations des produits de l’agriculture et de la pêche ont augmenté de 2,9 % en valeur, mais ont diminué de 0,2 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 3,1 %. Les importations de produits énergétiques ont baissé de 36,0 % en valeur et de 6,2 % en volume, et les prix ont chuté de 31,8 %. Les importations d’autres produits à la consommation ont baissé de 0,1 % en valeur et de 9,2 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 10,0 %. Les importations de matériel et outillage ont diminué de 12,0 % et de 18,5 % en volume, alors que les prix sont montés de 8,0 %. Les importations de produits et de matériaux industriels ont baissé de 18,0 % en valeur et de 16,0 % en volume, et les prix ont baissé de 2,6 %. Les importations de produits automobiles ont diminué de 18,0 % en valeur et de 25,6 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 3,2 %. Les importations de produits de la forêt ont baissé de 16,9 % et de 17,0 % en volume, alors que les prix ont augmenté de 0,2 %.

Source : Statistique Canada.

xplique plus de 60 p. 100 de la baisse des exportations de machines et de matériel. Les exportations dans cette catégorie, qui englobe les téléviseurs, les machines et le matériel de bureau, et les outils et pièces d’équipement divers, étaient en recul de 7,6 milliards de dollars sur 2008. Notamment, les exportations d’outils et pièces d’équipement divers, qui comprennent des articles tels que les processeurs et contrôleurs électroniques, ont fléchi de 18,6 p. 100 (4,3 milliards de dollars). Les machines industrielles et agricoles sont responsables, pour l’essentiel, du reste de la baisse des exportations de machines et matériel (4,2 milliards de dollars), les machines industrielles subissant la presque totalité des pertes (4,1 milliards de dollars).

Nonobstant ces reculs, le secteur des machines et dumatériel est devenu le premier secteur d’exportation en importance en 2009, reléguant l’énergie au second rang et dépassant au passage le secteur des biens et matériaux industriels.

À l’exception des préparations céréalières diverses, les exportations de tous les grands produits agricoles étaient en retrait en 2009, et tant les prix que les volumes ont fléchi pour la plupart des produits. Dans l’ensemble, les exportations de produits de l’agriculture et de la pêche ont régressé de 3,6 milliards de dollars, avec en tête de liste le blé (1,0 milliard de dollars), les animaux vivants (0,7 milliard de dollars) et le canola (0,4 milliard de dollars). Les prix du blé et du canola ont chuté de façon substantielle (28,4 p. 100 et 23,7 p. 100, respectivement), alors que les volumes exportés étaient en hausse de 17 p. 100 et de 18 p. 100, respectivement. Au sein du groupe des animaux vivants, les exportations de boeuf ont encore souffert des restrictions commerciales, tandis que la baisse des exportations de porc traduit le lien négatif fait avec la grippe porcine. Les produits de l’agriculture et de la pêche demeurent la cinquième catégorie d’exportation en importance après les produits de l’automobile, qui occupent le quatrième rang.

Les exportations de produits forestiers suivent une tendance à la baisse depuis 2004. Cette tendance s’est poursuivie en 2009 avec un recul de 24,0 p. 100 (6,2 milliards de dollars) des exportations par rapport à 2008, à 19,5 milliards de dollars. Le bois d’oeuvre et les produits de scieries ont été responsables d’environ 40 p. 100 de la baisse. La diminution du nombre de mises en chantier aux États-Unis a ralenti la demande de bois d’épinette, de pin et de sapin; les volumes étaient en baisse de 18,9 p. 100, tandis que les prix cédaient 9,0 p. 100 par rapport à 2008. Le reste des pertes était assez également réparti entre la pâte de bois et le papier journal.

La dernière catégorie d’exportation en importance est celle des autres biens de consommation, qui englobent des produits tels que les chaussures et vêtements, les fournitures médicales, les jouets et les biens ménagers. Les exportations de ces biens de consommation ont fléchi de 1,3 p. 100, à 17,9 milliards de dollars, alors que les volumes reculaient de 3,2 p. 100 et que les prix progressaient de 2,0 p. 100.

Les importations ont également diminué dans tous les secteurs, sauf celui des produits de l’agriculture et de la pêche, qui a inscrit un léger gain de 2,9 p. 100. Les volumes importés étaient en baisse de 16,0 p. 100, tandis que les prix ont augmenté légèrement, soit de 0,7 p. 100, entraînant un recul de 15,5 p. 100 de la valeur des importations totales (figure 4-5).

Les pertes du côté des importations ont été assez également réparties entre l’énergie (27,9 p. 100), les produits de l’automobile (24,2 p. 100), les biens industriels (24,0 p. 100) et les machines et lematériel (21,4 p. 100). Sur les 61 grands produits à la base des statistiques sur les importations dans la balance des paiements, seulement 15 ont fait des gains, de 4,0 milliards de dollars au total, les métaux précieux et les produits finis divers en récoltant plus du tiers.

La baisse des importations de produits énergétiques a presque égalé celle des exportations, avec un recul de 36,0 p. 100 (19,1 milliards de dollars), à 34,0 milliards de dollars. C’est le premier repli après six années d’augmentation consécutives. Le recul des importations de pétrole brut (13,2 milliards de dollars) est responsable de la plus grande partie du déclin. Parallèlement, les importations de charbon et de produits de pétrole et du charbon fléchissaient de 1,5 milliard de dollars et de 4,4 milliards de dollars, respectivement. Comme dans le cas des exportations, la baisse des prix (31,8 p. 100) est presque entièrement responsable des pertes observées, bien que les volumes aient aussi été en retrait (6,2 p. 100).

Les mauvaises conditions économiques ressortent aussi des statistiques négatives sur les importations de produits de l’automobile. En 2009, la valeur des importations de ces produits a diminué de 23,1 p. 100 (16,6 milliards de dollars), à 55,3 milliards de dollars, en raison du recul des volumes importés.Devant la faiblesse du marché de l’automobile, les importations ont fléchi en tandem avec la production intérieure. Les importations de voitures de tourisme étaient en baisse de 27,8 p. 100, tandis que les importations de camions reculaient de 15,3 p. 100. Comme dans le cas des exportations, les niveaux inférieurs de production se sont traduits par une baisse des importations de pièces d’automobiles, qui ont chuté de 23,0 p. 100 par rapport à 2008. C’est la seconde année où les importations de produits de l’automobile diminuent au Canada.

Le ralentissement économique a aussi fait sentir ses effets sur les importations de biens et matériaux industriels. La baisse des niveaux de production a réduit la demande d’intrants manufacturés importés. Dans l’ensemble, les importations de biens et matériaux industriels ont fléchi de 18,0 p. 100 (16,5 milliards de dollars), à 75,1 milliards de dollars, en 2009. Le recul des importations demétaux etminéraux métalliques est à l’origine de près de la moitié du déclin observé; tant les prix que les volumes ont été durement touchés. Dans ce groupe, le seul produit à avoir inscrit un gain est celui des métaux précieux, qui comprend les alliages. Comme nous l’avons indiqué plus tôt, la demandemondiale d’or a été assez robuste l’an dernier et le Canada n’a pas fait exception. Les importations demétaux et alliages précieux ont grimpé de 27,2 p. 100, avec une hausse des volumes (7,6 p. 100) et une forte progression des prix (18,2 p. 100).

L’autremoitié du repli des biens etmatériaux industriels a été assez également répartie entre les produits chimiques et les plastiques, d’une part, et les biens etmatériaux industriels divers, de l’autre. Les importations de produits chimiques et de plastiques ont reculé pour la première fois depuis 2003, accusant une perte de 14,0 p. 100, à 27,1 milliards de dollars. Les volumes étaient en baisse de 10,3 p. 100, tandis que les prix fléchissaient dans une moindre mesure (4,1 p. 100). Les volumes importés de biens et matériaux industriels divers étaient aussi en recul de près de 20 p. 100, tandis que les prix augmentaient de plus de 5 p. 100, entraînant une baisse de la valeur globale de ces importations de 15,4 p. 100, à 23,2 milliards de dollars.

Le recul des importations de machines et matériel était généralisé et tous les produits du groupe ont inscrit de pertes en 2009. Le volume des importations de machines et matériel a fléchi de 18,5 p. 100, parallèlement à la baisse de 19,2 p. 100 de l’investissement réel des entreprises en machines et en matériel. Par contre, les prix ont augmenté de 8,0 p. 100, ce qui a contribué à atténuer le déclin global de la valeur des importations de ces produits. Dans l’ensemble, les importations de machines et matériel ont fléchi de 12,0 p. 100, à 107,9 milliards de dollars.

Les importations moins élevées de machines et matériel industriels et agricoles (43,9 p. 100) expliquent la plus grande partie des pertes observées. Cette catégorie, en particulier lesmachines etmatériel industriels divers et les machines et matériel d’excavation, a été largement responsable du recul. Les importations de machines d’excavation ont subi les effets des baisses de production dans le secteur pétrolier.

Les importations d’autres machines et matériel étaient en baisse de 7,8 p. 100, à 52,0 milliards de dollars, les importations de matériel de communication divers et dematériel connexe reculant de 6,9 p. 100 et les importations d’autres matériels et outils cédant 8,2 p. 100. Cela vientmettre fin à cinq années de croissance consécutives.

Les produits de l’agriculture et de la pêche sont le seul grand groupe de produits à avoir vu ses importations augmenter en 2009 – pour la cinquième année d’affilée – et les gains ont été généralisés au sein du groupe. Les importations ont progressé de 2,9 p. 100 (0,8 milliard de dollars), à 29,3 milliards de dollars. Le gain de 6,2 p. 100 des volumes de fruits et légumes importés a été en partie annulé par la baisse de 1,3 p. 100 des prix, et la valeur totale des importations de fruits et légumes a augmenté de 0,4 milliard de dollars. Par contre, la hausse de 4,9 p. 100 des prix a dominé le groupe des autres produits de l’agriculture et de la pêche, où les volumes étaient en recul de 2,6 p. 100. Dans l’ensemble, les importations d’autres produits de l’agriculture et de la pêche ont progressé de 0,5 milliard de dollars l’an dernier.

Les importations d’autres biens de consommation ont légèrement fléchi, soit de 0,1 p. 100, alors qu’une hausse de 10,0 p. 100 des prix n’a pas suffi à compenser la baisse de 9,1 p. 100 des volumes importés. Les importations de chaussures ont progressé mais celles des vêtements étaient en baisse. Du côté des biens de consommation divers, la plus grande partie du gain de 1,4 milliard de dollars enregistré dans les produits finis divers a été annulée par les baisses des valeurs importées pour les montres, les articles de sport et les jouets (0,4 milliard de dollars), le matériel de photographie (0,4 milliard de dollars), les téléviseurs, radios et phonographes (0,3 milliard de dollars) et lematériel imprimé (0,2 milliard de dollars).

Enfin, les importations de produits forestiers, la plus petite catégorie d’importation, ont fléchi de 16,9 p. 100 (0,5 milliard de dollars), à 2,4 milliards de dollars. L’essentiel du recul (94,0 p. 100) est attribuable à la baisse des importations de semi-produits en bois.

Le commerce des services

Le commerce des services s’est aussi contracté l’an dernier, les exportations chutant plus vite que les importations. En 2009, les exportations de services ont reculé de 5,4 p. 100, à 66,7 milliards de dollars, tandis que les importations de services baissaient à 89,2 milliards de dollars, entraînant un déficit à ce poste de 22,6 milliards de dollars pour l’année, lequel est 0,1 milliard de dollars plus élevé que le déficit enregistré en 2008. L’augmentation du déficit est attribuable à une hausse de 0,7 milliard de dollars du déficit des services commerciaux, qui a été partiellement compensée par le recul des déficits aux postes des voyages et des transports, conjugué à une augmentation de l’excédent des échanges de services gouvernementaux.

Au niveau régional, l’augmentation du déficit du commerce des services est imputable à un déficit plus élevé avec le RdMl’an dernier, alors que le Canada a réduit ses déficits avec les États-Unis, l’UE et le Japon.Dans le cas de l’UE, le déficit avec le Royaume-Uni s’est creusé de 354 millions de dollars, mais celui enregistré avec le reste de l’UE a diminué de 942millions de dollars, ce qui s’est soldé par une baisse du déficit global avec cette région.

Néanmoins, le Canada enregistre des déficits dans ses échanges de services avec tous ses principaux partenaires (tableau 4-2). Le plus important est le déficit avec les États-Unis (15,6 milliards de dollars), suivi du déficit avec le RdM (3,7 milliards de dollars). Viennent ensuite le déficit avec l’UE (2,5 milliards de dollars) et le déficit plus modeste enregistré avec le Japon, soit 0,8 milliard de dollars.

Table 4-2
Commerce des services par grande catégorie, 2009
 ExportationsImportationsSolde
 2009Variation par rapport à 2008Croissance par rapport à 20082009Variation par rapport à 2008Croissance par rapport à 20082009Variation par rapport à 2008
Ensemble des services
Monde66 651 000 000 $-3 827 000 000 $-5,4 %89 233 000 000 $-3 744 000 000 $-4,0 %-22 582 000 000 $-83 000 000 $
États-Unis34 915 000 000 $-2 892 000 000 $-7,6 %50 540 000 000 $-2 978 000 000 $-5,6 %-15 625 000 000 $86 000 000 $
UE12 287 000 000 $-341 000 000 $-2,7 %14 789 000 000 $-929 000 000 $-5,9 %-2 502 000 000 $588 000 000 $
Japon1 270 000 000 $-241 000 000 $-15,9 %2 033 000 000 $-257 000 000 $-11,2 %-763 000 000 $16 000 000 $
Reste du monde18 179 000 000 $-354 000 000 $-1,9 %21 872 000 000 $422 000 000 $2,0 %-3 693 000 000 $-776 000 000 $
Voyages
Monde15 592 000 000 $-527 000 000 $-3,3 %27 759 000 000 $-975 000 000 $-3,4 %-12 167 000 000 $448 000 000 $
États-Unis7 095 000 000 $-530 000 000 $-7,0 %15 716 000 000 $-859 000 000 $-5,2 %-8 621 000 000 $329 000 000 $
UE3 100 000 000 $-22 000 000 $-0,7 %4 725 000 000 $-308 000 000 $-6,1 %-1 625 000 000 $286 000 000 $
Japon312 000 000 $-125 000 000 $-28,6 %177 000 000 $3 000 000 $1,7 %135 000 000 $-128 000 000 $
Reste du monde5 086 000 000 $151 000 000 $3,1 %7 141 000 000 $190 000 000 $2,7 %-2 055 000 000 $-39 000 000 $
Transport
Monde10 501 000 000 $-2 097 000 000 $-16,6 %19 414 000 000 $-2 176 000 000 $-10,1 %-8 913 000 000 $79 000 000 $
États-Unis4 687 000 000 $-838 000 000 $-15,2 %7 102 000 000 $-1 278 000 000 $-15,3 %-2 415 000 000 $440 000 000 $
UE2 684 000 000 $-599 000 000 $-18,2 %4 528 000 000 $-487 000 000 $-9,7 %-1 844 000 000 $-112 000 000 $
Japon450 000 000 $-141 000 000 $-23,9 %591 000 000 $-25 000 000 $-4,1 %-141 000 000 $-116 000 000 $
Reste du monde2 680 000 000 $-519 000 000 $-16,2 %7 192 000 000 $-387 000 000 $-5,1 %-4 512 000 000 $-132 000 000 $
Services commerciaux
Monde36 682 000 000 $-1 292 000 000 $-3,2 %40 885 000 000 $-599 000 000 $-1,4 %-2 230 000 000 $-693 000 000 $
États-Unis22 480 000 000 $-1 611 000 000 $-6,7 %27 358 000 000 $-842 000 000 $-3,0 %-4 878 000 000 $-769 000 000 $
UE6 276 000 000 $283 000 000 $4,7 %5 183 000 000 $-138 000 000 $-2,6 %1 093 000 000 $421 000 000 $
Japon473 000 000 $24 000 000 $5,3 %1 234 000 000 $-235 000 000 $-16,0 %-761 000 000 $259 000 000 $
Reste du monde9 453 000 000 $12 000 000 $0,1 %7 110 000 000 $614 000 000 $9,5 %2 343 000 000 $-602 000 000 $
Services gouvernementaux
Monde1 876 000 000 $89 000 000 $5,0 %1 175 000 000 $5 000 000 $0,4 %701 000 000 $84 000 000 $
États-Unis653 000 000 $88 000 000 $15,6 %364 000 000 $1 000 000 $0,3 %289 000 000 $87 000 000 $
UE228 000 000 $-1 000 000 $-0,4 %352 000 000 $2 000 000 $0,6 %-124 000 000 $-3 000 000 $
Japon35 000 000 $00,0 %31 000 000 $00,0 %4 000 000 $0 000 000 $
Reste du monde961 000 000 $3 000 000 $0,3 %427 000 000 $2 000 000 $0,5 %534 000 000 $1 000 000 $

Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-001.

Les dépenses de voyage des Canadiens à l’étranger ont reculé de 3,4 p. 100 en 2009. Cependant, il est un peu étonnant de constater que l’essentiel de la baisse ne provient pas des dépenses de voyage personnelles, qui n’ont fléchi que de 1,6 p. 100,mais plutôt des dépenses pour les voyages d’affaires, en recul de 14,3 p. 100. La situation est similaire du côté des dépenses de voyage des étrangers au Canada : les dépenses de voyage personnelles ont diminué de 0,2 p. 100,mais les dépenses consacrées aux voyages d’affaires ont chuté de 16,7 p. 100. Ainsi, les Canadiens ont réduit davantage leurs dépenses de voyage à l’étranger que les étrangers ont réduit leurs dépenses de voyage au Canada, ce qui a contribué à refermer le déficit commercial des services de voyage de 448 millions de dollars, à 12,2 milliards de dollars.

Individuellement, les Canadiens semblent avoir choisi des destinations plus exotiques ou plus éloignées. Les dépenses de voyage des Canadiens ont augmenté au Japon et dans le RdM, tandis qu’elles étaient en baisse aux États-Unis et dans l’UE. Parallèlement, les dépenses des Américains, des Japonais et des Européens au Canada étaient en baisse; celles en provenance du RdMont été les seules à progresser l’an dernier.

Parallèlement à la baisse des échanges de biens avec tous les principaux partenaires, les échanges de services de transport avec toutes les régions ont régressé. Les exportations de services de transport ont diminué de 16,6 p. 100 (2,1 milliards de dollars), alors que les exportations ont en registré des baisses allant de 15,2 p. 100 pour les États-Unis à 23,9 p. 100 pour le Japon. Les exportations de services de transport maritime ont reculé de près de 21 p. 100, tandis que les exportations de services de transport aérien fléchissaient de 17,2 p. 100 et que les services de transport terrestre cédaient 10,5 p. 100. Les importations de services de transport étaient en baisse dans toutes les régions, mais plus particulièrement des États-Unis (15,3 p. 100). Dans l’ensemble, les importations de services de transport ont fléchi de 10,1 p. 100. Encore une fois, ce sont les services de transport maritime qui ont reculé le plus (13,6 p. 100), suivis des services de transport aérien (7,8 p. 100) et des services de transport terrestre (4,7 p. 100). Sur une base régionale, il y a eu baisse des importations en provenance des États-Unis (15,3 p. 100), de l’UE (9,7 p. 100), du RdM (5,4 p. 100) et du Japon (4,1 p. 100).

Les services commerciaux sont la plus importante catégorie de services, représentant près de 60 p. 100 des exportations de services et plus de 45 p. 100 des importations de services en 2009. Les exportations de services commerciaux ont fléchi de 3,2 p. 100 (1,3 milliard de dollars) alors que les importations reculaient de 1,4 p. 100 (0,6 milliard de dollars), ce qui a accentué le déficit commercial à ce poste, qui est passé de 1,5 milliard de dollars en 2008 à 2,2 milliards de dollars en 2009. Les exportations de services commerciaux étaient en hausse vers toutes les principales destinations, sauf les États-Unis. Cependant, puisque ce pays reçoit 60 p. 100 des exportations de services du Canada, la perte enregistrée avec ce dernier a été suffisante pour déprimer les exportations totales de services commerciaux en 2009. Les importations de services commerciaux étaient aussi en baisse avec tous les principaux partenaires du Canada, à l’exception du RdM, où elles ont inscrit une hausse de 9,5 p. 100.

La plus grande partie du recul des exportations de services commerciaux provient des autres services financiers (autres que les assurances), qui ont fléchi de 0,7 milliard de dollars. Des reculs importants mais de moindre amplitude ont été enregistrés dans les services divers aux entreprises et les services d’informatique et d’information (0,3 milliard de dollars dans les deux cas), ainsi que dans les services de recherche-développement et les services audio-visuels (0,2 milliard de dollars chacun). Quatre secteurs – les communications, la construction, les services de gestion et les services d’architecture, de génie et autres services techniques – ont vu leurs exportations augmenter l’an dernier, le gain le plus important étant survenu dans les communications, soit 0,4 milliard de dollars.

Du côté des importations, les reculs étaient aussi généralisés, avec en tête de liste les redevances et droits de licence (0,7 milliard de dollars) et les services de recherche-développement (0,3 milliard de dollars).Des gains importants ont été enregistrés dans les services audio-visuels (0,6 milliard de dollars), les services d’architecture, de génie et autres services techniques (0,2 milliard de dollars) et les communications (0,1 milliard de dollars).

Le compte courant

Le compte courant consigne les flux de transactions entre le Canada et ses partenaires commerciaux. Comme nous l’avons indiqué précédemment, les échanges de biens et services en sont la composante la plus importante. Les deux autres composantes du compte courant saisissent les flux de paiements et rentrées de revenus de placement et les transferts courants.

Le compte courant est passé d’un excédent de 8,1 milliards de dollars en 2008 à un déficit de 41,3 milliards de dollars en 2009, un recul de 49,4 milliards de dollars. C’est la plus importante variation annuelle du solde du compte courant enregistrée depuis que cette série de données a commencé à être publiée en 1926. La dernière fois où le Canada a enregistré un déficit de son compte courant remonte à 1998.

La diminution du solde du compte courant est entièrement imputable au recul de 51,3 milliards de dollars du solde des échanges de biens et services. La forte contraction du commerce des biens explique la totalité du recul des échanges, sauf 0,1 milliard de dollars.

Même si l’on observe une amélioration globale de 3,0 milliards de dollars du déficit au poste des revenus de placements, ce gain résulte d’une contraction des flux de revenus dans les deux sens. Les rentrées totales de revenus de placement au Canada ont fléchi de 13,9 milliards de dollars en 2009 par rapport à 2008, une baisse de 19,3 p. 100. Les bénéfices gagnés par les investisseurs directs canadiens à l’étranger étaient en recul de 7,7 milliards de dollars, tandis que les paiements de dividendes et d’intérêts aux détenteurs de portefeuilles d’actions et d’autres placements chutaient de 1,8 milliard de dollars et de 4,4 milliards de dollars, respectivement. Parallèlement, le flux entrant de transferts courants a diminué de 1,6 milliard de dollars l’an dernier.

Cependant, les Canadiens ont réduit leurs paiements aux investisseurs étrangers dans une proportion de 19,4 p. 100 (16,9 milliards de dollars). Comparativement à 2008, les investisseurs étrangers directs ont récolté 11,0 milliards de dollars demoins l’an dernier, les autres détenteurs de placements ont reçu 6,9 milliards de dollars demoins, tandis que les investisseurs détenant des portefeuilles de titres ont encaissé 1,1 milliard de dollars de plus. Les transferts courants du Canada à l’étranger étaient aussi en recul, soit de 0,5 milliard de dollars sur l’année.

Le Canada a toujours enregistré un déficit au poste des revenus de placement. En 2009, en raison de la diminution plus marquée des sorties que des entrées, ce déficit a diminué, passant de 15,2 milliards de dollars à 12,2 milliards de dollars.


1 Les « principaux partenaires » est une expression employée dans le contexte de la balance des paiements internationaux du Canada pour désagréger les transactions internationales au niveau plus détaillé des partenaires par rapport au total pour tous les pays. Dans ce chapitre, les principaux partenaires sont les États-Unis, l’Union européenne (UE), le Japon et le reste du monde (RdM).

2 Les économies du monde à l’exclusion des États-Unis, de l’UE et du Japon.

3 Cette section s’appuie sur l’analyse présentée dans la publication de Statistique Canada intitulée Commerce international des marchandises : revue annuelle 2009, n° 65-208-X (2010) au Catalogue.