Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l'investissement – 2010

V. Points saillants de l’évolution du commerce des marchandises du Canada

Comme il ressort du chapitre précédent, les conditions dumarché ont provoqué un recul spectaculaire des échanges commerciaux du Canada en 2009, et la plus grande partie de l’impact s’est fait sentir du côté des biens. La faiblesse de la demandemondiale a eu deux conséquences. Alors que l’économie mondiale était aux prises avec le plus important ralentissement en quelque 80 ans, la demande de plusieurs produits canadiens a chuté. Cela s’est répercuté sur lemarché du travail et la confiance des consommateurs canadiens; ces derniers ont réduit leurs achats, ce qui a aussi contribué à affaiblir la demande de produits importés au Canada. La baisse des niveaux de production au Canada a entraîné une réduction concomitante de la demande de biens importés entrant dans les procédés de production au pays.

Mais comme nous l’avons vu, les régions et les secteurs ont été touchés à des degrés divers. Le présent chapitre examine plus en détail l’évolution du commerce des marchandises du Canada en 2009 – dans la perspective des partenaires commerciaux, des produits échangés et des provinces – à l’aide de statistiques sur le commerce canadien produites à un niveau détaillé pour les différents produits et pays1.

Les exportations de marchandises du Canada ont reculé à 359,7 milliards de dollars en 2009, tandis que les importations de marchandises baissaient à 365,2 milliards de dollars. Pour une bonne part, ces échanges sont concentrés dans quelques pays. Les six premiers – les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, le Mexique et l’Allemagne – comptaient pour près de sept dollars d’exportations de marchandises sur huit et six dollars d’importations de marchandises sur huit en 2009. Pour ce qui est des principaux partenaires commerciaux du Canada, la Chine est remontée au troisième rang des destinations des exportations canadiennes, alors que le Japon a glissé en quatrième position. L’Inde est passée du treizième au dixième rang, tandis que la Belgique ne figure plus parmi les dix principales destinations, ayant reculé de la neuvième à la onzième place. Du côté des importations, l’Algérie et la Corée du Sud ont échangé leur position respective, la première reculant de trois crans pour se retrouver en dixième position et la dernière faisant le parcours inverse. L’Italie est entrée dans le groupe des dix principales sources d’importations (au neuvième rang), tandis que la Norvège ne figure plus au palmarès des dix premiers pays.

Pour ce qui est des produits qui ont dominé la performance commerciale du Canada en 2009, les autres gaz de pétrole (principalement le gaz naturel) et le pétrole brut expliquent la part du lion du recul tant des niveaux d’échanges que du solde commercial. Ensemble, ces deux produits sont responsables de près de lamoitié de la détérioration du commerce en 2009. La baisse des prix de l’énergie est au coeur de ce déclin, ceux-ci étant retombés de leurs sommets historiques enregistrés un an plus tôt. Cependant, les volumes étaient également en retrait, traduisant les mauvaises conditions économiques. Du côté des exportations, la diminution des échanges avec les États-Unis explique le repli observé. La totalité du recul des exportations de pétrole brut et de gaz naturel et près de 70 p. 100 de celui des exportations de pétrole (non brut) sont survenus dans les échanges avec les États-Unis. Du côté des importations, le Canada a acheté moins de pétrole brut de l’Algérie, du Royaume-Uni, de la Norvège et de l’Angola, et moins de pétrole (non brut) des États-Unis.

Les difficultés financières éprouvées par les grands constructeurs de voitures nordaméricains et la chute de la demande sur les marchés américain et canadien ont sabré dans les échanges de produits de l’automobile. Les voitures et les pièces ont encaissé la plus grande partie du recul. En outre, les exportations de camions ont dégringolé de plus de moitié, tandis que les importations diminuaient à un taux beaucoup moins élevé. Enfin, les importations de moteurs à pistons ont chuté à un rythme près de deux fois supérieur à celui des exportations, reflétant le malaise qui a envahi ce secteur.

Pour les produits de ressources non énergétiques, les prix et les volumes étaient en baisse dans la plupart des cas, déprimant la valeur des exportations sur l’année. En agriculture, les exportations de boeuf ont continué à souffrir des restrictions commerciales, tandis que les exportations de porc ont dû affronter le ressac négatif de la fièvre porcine. Le blé compte pour bien au-delà de lamoitié du recul des exportations de céréales, tandis que l’orge, l’avoine et lemaïs expliquent le reste des pertes. Les exportations de graines et d’huile de canola affichent aussi des replis importants.

Du côté des minéraux et métaux, les échanges sont très sensibles à la conjoncture économique. Durant les périodes d’expansion, le commerce est très robuste mais lors d’un ralentissement de la production économique, la demande pour ces produits s’affaiblit. Ainsi, les échanges de ces produits ont subi durement les contrecoups de la récession synchronisée qui a sévi à l’échellemondiale l’an dernier. Les exportations ont régressé dans presque tous les pays développés, en particulier aux États-Unis. La baisse de la production du secteur nordaméricain de l’automobile a aussi contribué à la faiblesse de ce secteur. Les pertes commerciales étaient généralisées et ont touché notamment les produits en aluminium, en fer et en acier et en nickel.

Dans le secteur du bois, des pâtes et du papier, les exportations ont poursuivi la tendance à la baisse amorcée depuis un certain temps. Dans le cas des produits du bois, le ralentissement du secteur de la construction domiciliaire aux États-Unis a entraîné une baisse des exportations. Pour les produits du papier, l’effondrement du tirage des journaux et des recettes publicitaires dans le monde a déprimé le marché du papier journal. Les exportations de pâte ont aussi été touchées. Les exportations vers les États-Unis sont responsables de la plus grande partie du repli observé dans ce secteur.

Le commerce avec les dix principaux partenaires commerciaux

Les exportations de marchandises

En 2009, les exportations totales de marchandises du Canada ont régressé de 25,6 p. 100, à 359,7 milliards de dollars, un repli de 123,9 milliards de dollars. La part des États-Unis dans les exportations de marchandises a fléchi de 2,6 points de pourcentage l’an dernier, tandis que celle des autres grands partenaires commerciaux a augmenté, notamment la Chine (0,9 point de pourcentage) et le Royaume-Uni (0,7 point de pourcentage).

Les États-Unis ont reçu les trois quarts des exportations canadiennes en 2009, ce qui représente une baisse par rapport au niveau de 77,6 p. 100 enregistré en 2008. Les exportations vers les États-Unis ont chuté de 105,7 milliards de dollars l’an dernier, à 269,8 milliards de dollars. Ce recul de 28,1 p. 100 des exportations est le plus important parmi les dix principaux partenaires du Canada; il équivaut à plus de 85 p. 100 de la baisse totale des exportations vers toutes les destinations l’an dernier. La faiblesse des conditions du marché et la sévère correction des prix des produits de base ont été des facteurs clés à cet égard. Les produits énergétiques, en particulier le pétrole brut, en baisse de 25,0 milliards de dollars (37,1 p. 100) et le gaz naturel, en baisse de 18,1 milliards de dollars (49,8 p. 100), sont responsables de la plus grande partie de ce déclin, tandis que les exportations de produits de l’automobile ont continué à reculer fortement. Les exportations de voitures ont diminué de 7,9 milliards de dollars (23,4 p. 100), tandis que les exportations de pièces d’automobiles étaient en baisse de 3,6 milliards de dollars (36,2 p. 100). Les exportations de camions ont dégringolé de plus de 60 p. 100 pour la seconde année d’affilée, à 1,4 milliard de dollars; ils ne représentent plus que le septième du montant enregistré il y a seulement deux ans.

Le Royaume-Uni arrive au second rang, accueillant 12,1 milliards de dollars (2,7 p. 100) des exportations totales du Canada. Les perspectives d’exportation au Royaume-Uni ont été influencées par la récession persistante dans ce pays. Après six trimestres consécutifs de repli, le Royaume-Uni n’a renoué avec la croissance qu’au dernier trimestre de 2009. Néanmoins, les exportations canadiennes vers ce pays n’ont fléchi que de 7,1 p. 100, soit 920 millions de dollars. C’est la secondemeilleure performance parmi les dix principales destinations des exportations canadiennes, après le gain enregistré sur lemarché chinois. Les baisses les plus importantes étaient concentrées parmi quelques produits, au premier chef le nickel (633 millions de dollars), les déchets et débris de métaux précieux (402 millions de dollars), les diamants (204 millions de dollars), les isotopes radioactifs (179 millions de dollars), le pétrole non brut (124millions de dollars) et le matériel téléphonique et les pièces (105 millions de dollars).Une augmentation de 1,0 milliard de dollars des exportations d’or a permis éponger en partie ces pertes.

La Chine a repris la troisième position (délogeant le Japon) en 2009, alors que les exportations vers ce pays ont augmenté de 6,6 p. 100, à 11,2 milliards de dollars. Parmi les principales destinations, la Chine est le seul pays à afficher une augmentation des exportations en provenance du Canada. Les produits du canola ont dominé les gains, les exportations de graines de canola progressant de 628 millions de dollars (80,2 p. 100) et celles d’huile de canola augmentant de 127millions de dollars (47,1 p. 100). Les exportations de produits énergétiques étaient en forte hausse, malgré les importantes baisses de prix notées au chapitre précédent. Les exportations de charbon ont presque quadruplé et les exportations de pétrole brut ont presque triplé. Plusieurs minerais ont aussi fortement progressé, dont le fer, le cuivre et le zinc. Cependant, il y a eu recul des exportations de nickel (208 millions de dollars), de potasse (414 millions de dollars) et de soufre (662 millions de dollars) vers la Chine.

Le Japon a glissé au quatrième rang des principales destinations, les exportations canadiennes vers ce pays régressant de 25,0 p. 100, à 8,3 milliards de dollars. Le charbon affiche la perte la plus importante, soit 483 millions de dollars. Cela pourrait s’expliquer en partie par une situation exceptionnelle survenue l’année précédente, une perturbation des approvisionnements au niveau régional, qui a profité aux exportations canadiennes2. Néanmoins, les exportations de charbon vers le Japon étaient 85 p. 100 plus élevée en 2009 qu’en 2007. Les exportations de canola (graines) et de blé étaient en baisse de 418 millions de dollars et de 248 millions de dollars, respectivement. Certains métaux (p. ex. l’aluminium, le nickel et le cobalt) etminerais (notamment le cuivre, le fer et le molybdène) ont aussi vu leurs exportations au Japon chuter l’an dernier.

Le Mexique était la cinquième plus importante destination des exportations canadiennes en 2009. Les exportations vers le Mexique ont atteint 4,8 milliards de dollars, en baisse de 1,0 milliard de dollars (17,8 p. 100) sur 2008. Les graines de canola sont le produit qui a subi le recul le plusmarqué, soit 353millions de dollars, suivi de divers produits de l’automobile qui, ensemble, ont diminué de 261 millions de dollars. Parmi les autres replis notables, il y a divers produits en acier, le charbon, le matériel téléphonique et les pièces, et la potasse. Les exportations de circuits intégrés ont augmenté de 231 millions de dollars l’an dernier, ce qui a partiellement réduit les pertes mentionnées.

L’Allemagne arrivait au sixième rang en 2009. Les exportations vers ce pays ont diminué de 747 millions de dollars (16,7 p. 100), à 3,7 milliards de dollars. Trois produits expliquent la plus grande partie du déclin observé : le minerai de fer, en baisse de 399 millions de dollars (46,2 p. 100), le charbon, en baisse de 176millions de dollars (60,5 p. 100) et leminerai de cuivre, en baisse de 166 millions de dollars (66,4 p. 100). Pour la plupart, ces pertes effacent les gains enregistrés pour ces produits en 2008.

La Corée du Sud occupait le septième rang en 2009, mais les exportations vers ce pays ont régressé de 309,5 millions de dollars (8,1 p. 100), à 3,5 milliards de dollars. L’essentiel des pertes est attribuable au char bon, au nickel et à la pâte de bois, qui ont diminué, respectivement, de 216 millions de dollars (16,9 p. 100), 173 millions de dollars (78,5 p. 100) et 155 millions de dollars (40,2 p. 100).

Les Pays-Bas se classaient au huitième rang en 2009. Les exportations vers ce pays étaient en baisse de 942 millions de dollars (25,4 p. 100), à 2,8 milliards de dollars. Des baisses de 372millions de dollars (68,8 p. 100) des exportations d’aluminiumbrut, de 237millions de dollars (30,8 p. 100) de pétrole non brut, de 102millions de dollars (38,3 p. 100) de nickel brut, et de 98 millions de dollars (88,1 p. 100) de locomotives sont à l’origine de la plus grande partie des pertes observées.

La France détenait le neuvième rang en 2009, alors qu’elle se trouvait au dixième rang en 2008. Les exportations vers ce pays étaient en baisse de 559 millions de dollars (17,2 p. 100), à 2,7 milliards de dollars. Les pertes dans la plupart des catégories étaient relativement limitées, à l’exception du pétrole non brut, en recul de 228 millions de dollars (74,3 p. 100) et des turbines à gaz, principalement pour les avions, qui ont reculé de 90millions de dollars. Les exportations deminerai de fer ont enregistré une hausse notable de 154 millions de dollars l’an dernier.

Au dixième rang, l’Inde complète la liste des dix principaux marchés d’exportation du Canada. Ce pays est passé du treizième rang, devançant la Belgique (au neuvième rang en 2008), la Norvège et le Brésil. Les exportations canadiennes en Inde ont fléchi de 11,2 p. 100 (270millions de dollars) à 2,1 milliards de dollars. La potasse (248 millions de dollars) et le papier journal (175millions de dollars) sont les principaux responsables de ce recul, tandis que les légumes secs enregistraient un gain de 114 millions de dollars.

Les exportations canadiennes vers les régions des États-Unis, 1992-2009

Figure 1
Part des exportations canadiennes par reìgion des États-Unis

Ce graphique illustre la part, en pourcentage, des exportations globales du Canada vers les É. U. que représentait chacune des huit principales régions américaines en 1992, 2000, 2008 et 2009. La région de la Nouvelle-Angleterre représentait 8,1 % en 1992, 7,3 % en 2000, 7,6 % en 2008 et 7,9 % en 2009. La région du Centre Est représentait 20,9 % en 1992, 18,1 % en 2000, 16,7 % en 2008 et 16,4 % en 2009. La région des Grands Lacs représentait 38,8 % en 1992, 34,7 % en 2000, 32,9 % en 2008 et 31,2 % en 2009. La région des Plaines représentait 6,3 % en 1992, 6,7 % en 2000, 8,4 % en 2008 et 7,9 % en 2009. La région du Sud Est représentait 10,2 % en 1992, 11,9 % en 2000, 11,5 % en 2008 et 12,2 % en 2009. La région du Sud Ouest représentait 3,5 % en 1992, 5,0 % en 2000, 5,2 % en 2008 et 5,8 % en 2009. La région des Rocheuses représentait 1,7 % en 1992, 2,8 % en 2000, 4,5 % en 2008 et 4,2 % en 2009. La région de l’Ouest représentait 10,4 % en 1992, 13,6 % en 2000, 13,1 % en 2008 et 14,4 % en 2009.

Source : Statistique Canada

L’évolution des exportations canadiennes de biens vers les États-Unis entre 1992 et 2009 peut être divisée en trois périodes distinctes. De 1992 à 2000, les exportations canadiennes aux États-Unis ont augmenté rapidement, soit à un taux annuel moyen de 14,0 p. 100. De 2000 à 2008, elles ont stagné, croissant à un taux annuelmoyen de seulement 0,5 p. 100. Enfin, de 2008 à 2009, elles ont chuté de 28,1 p. 100 sous l’effet de la récession. Cependant, ces observations masquent le fait que les États-Unis ne constituent pas unmarché unique; plutôt, ils sont constitués demarchés régionaux identifiables, chacun ayant ses tendances et ses éléments moteurs propres. Il est donc possible de dégager un tableau plus précis de la performance des exportations canadiennes aux États-Unis en examinant séparément les résultats pour chacune des huit régions suivantes : la Nouvelle-Angleterre, leCentre-Est, les Grands Lacs, les Plaines, le Sud-Est, le Sud- Ouest, les Rocheuses et le Far West.

Globalement, les exportations canadiennes aux États-Unis se sont diversifiées à partir desmarchés traditionnels des Grands Lacs et du Centre-Est vers les marchés à croissance plus rapide du Sud et de l’Est (figure 1). Entre 1992 et 2009, la part combinée des exportations totales du Canada aux États-Unis allant aux régions desGrands Lacs et du Centre-Est a régressé de 59,7 p. 100, à 47,6 p. 100. Dans l’intervalle, les exportations vers les régions du FarWest, du Sud-Ouest et des Rocheuses et, dans une moindre mesure, celles du Sud-Est et des Plaines ont augmenté. Les exportations vers la Nouvelle-Angleterre sont demeurées relativement stables.

L’évolution des exportations de biens canadiens vers les régions des États-Unis peut être reliée à trois grands facteurs sousjacents1 :

  • La croissance nationale (CN), qui indique la façon dont les exportations canadiennes dans une région auraient changé si elles avaient suivi le rythme d’évolution des exportations totales du Canada aux États-Unis.
  • La composition industrielle (CI), qui révèle lamesure dans laquelle la région abrite des secteurs industriels où les exportations du Canada croissent soit plus rapidement soit moins rapidement que la moyenne nationale. Un indice CI positif indique que la région a une structure industrielle qui a une tendance supérieure à la moyenne à attirer des exportations canadiennes. À l’inverse, un indice CI négatif indique que la structure industrielle de la région a une tendance inférieure à la moyenne à attirer les exportations canadiennes.
  • La demande régionale (DR) traduit des facteurs ayant favorisé ou entravé la demande d’exportations canadiennes dans chaque région, compte tenu de la CN et de la CI de la région.

Comme la CNest lamême pour toutes les régions, l’analyse porte essentiellement sur les effets de CI et de DR pour aider à expliquer l’évolution des exportations canadiennes vers les huit régions américaines.

De 1992 à 2000, les exportations canadiennes aux États-Unis ont progressé rapidement, soit de 184,8 p. 100 (figure 2). C’est le niveau de référence de l’indice CN. DR est le facteur qui a le plus influencé la performance des exportations du Canada vers une région, tandis que l’impact de CI a étéminimal. Les exportations vers les régions des Plaines, du Sud-Est, du Sud-Ouest, des Rocheuses et du FarWest ont progressé plus rapidement que lamoyenne nationale, tandis que les exportations vers la Nouvelle-Angleterre, le Centre-Est et les Grands Lacs ont crû plus lentement.

De 2000 à 2008, tant le facteur CI que le facteur DR ont joué un rôle clé dans l’explication de la performance des exportations au niveau régional. Dans bien des cas, les deux facteurs ont eu des effets opposés. Sur l’ensemble de la période, les exportations canadiennes aux États-Unis (CN) ont augmenté de seulement 4,4 p. 100. Les exportations vers laNouvelle-Angleterre, les Plaines, le Sud-Ouest et les Rocheuses ont progressé plus rapidement que lamoyenne nationale, tandis que celles à destination du Sud-Est et du FarWest ont crû plus lentement.

Par contre, il y a eu recul des exportations canadiennes vers les régions du Centre-Est et desGrands Lacs (figure 3), sous l’influence de différents facteurs pour chaque région. Dans le cas des Grands Lacs, le facteur CI a fortement pesé sur les exportations canadiennes, essentiellement en raison des difficultés du secteur de l’automobile. Mais cet effet a été partiellement compensé par le facteur DR, conjugué à l’effet de CN; mais, dans les deux cas, l’effet combiné n’a pas été suffisant pour ramener les exportations dans l’intervalle de croissance positive sur la période. Dans la région du Centre-Est, l’indice DR négatif a été un important facteur explicatif de la baisse des exportations canadiennes vers la région.

L’impact de DR a aussi contribué à limiter la progression des exportations vers le Far West et les Plaines. L’effet de DR dans la région du Far West n’a pas entièrement compensé les effets de CN et de CI, et la croissance des exportations canadiennes vers cette région a été presque nulle. Cependant, malgré l’effet négatif de DR, la croissance des exportations canadiennes vers les Plaines a été relativement robuste – arrivant au second rang derrière les Rocheuses. Cela est imputable à un effet fortement positif de CI (gain de 36,1 p. 100), soutenu par l’augmentation des exportations d’énergie.

Figure 2
Contribution à la croissance des exportations canadiennes par reìgion, 1992-2000

Ce graphique illustre les facteurs qui influent sur la croissance des exportations canadiennes (en pourcentage) vers chacune des huit grandes régions des É. U. entre 1992 et 2000. L’ensemble des exportations vers la Nouvelle-Angleterre s’est accru de 153,9 %, découlant en même temps d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 184,8 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 20,3 % et d’une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 51,2 %. L’ensemble des exportations vers la région du Centre Est s’est accru de 146,2 %, découlant en même temps d’une diminution due aux facteurs de la croissance nationale (CN) de 184,8 %, d’une diminution due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 6,3 % et d’une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 32,4 %. L’ensemble des exportations vers la région des Grands Lacs a augmenté de 154,5 %, découlant en même temps de l’augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 184,8 %, d’une diminution due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 10,7 % et d’une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 19,6 %. L’ensemble des exportations vers la région des Plaines a augmenté de 202,1 %, à la fois à cause de l’augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 184,8 %, de l’augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 6,6 % et d’une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 10,7 %. L’ensemble des exportations vers la région du Sud Est a augmenté de 231,5 %, à cause d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 184,8 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 13,4 % et d’une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 33,3 %. L’ensemble des exportations vers la région du Sud Ouest s’est accru de 305,1 %, dû à une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 184,8 %, à une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 24,8 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 95,5 %. L’ensemble des exportations vers la région des Rocheuses s’est accru de 361,6 %, découlant d’une augmentation due aux facteurs de la croissance nationale (CN) de 184,8 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 7,3 % et d’une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 169,5 %. L’ensemble des exportations vers la région de l’Ouest s’est accru de 273,4 %, dû à une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 184,8 %, à une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 9,5 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 79,1 %.

Source : Statistique Canada

Figure 3
Contribution à la croissance des exportations canadiennes par reìgion, 2000-2008

Ce graphique illustre les facteurs qui influent sur la croissance des exportations canadiennes (en pourcentage) dans chacune des huit grandes régions des É. U., de 2000 à 2008. L’ensemble des exportations vers la région de la Nouvelle-Angleterre a augmenté de 9,6 %, à la fois à cause de l’augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, d’une diminution due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 0,2 % et d’une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 5,4 %. L’ensemble des exportations vers la région du Centre Est a chuté de 3,4 %, dû à la fois à une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, à une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 6,0 % et à une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 13,8 %. L’ensemble des exportations vers la région des Grands Lacs a baissé de 0,8 %, à cause à la fois d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, à une baisse due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 11,5 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 6,3 %. L’ensemble des exportations vers la région des Plaines a augmenté de 31,0 %, à la fois à cause d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 36,1 % et à une diminution due aux facteurs de la demande régionale de 9,5 %. L’ensemble des exportations vers la région du Sud Est a augmenté de 0,8 %, à la fois à cause de l’augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, d’une baisse due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 5,5 % et d’une augmentation due aux facteurs de la demande régionale de 1,9 %. L’ensemble des exportations vers la région du Sud Ouest a augmenté de 9,0 %, à la fois à cause d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale de 4,4 %, d’une diminution due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 10,6 % et d’une augmentation due aux facteurs de la demande régionale de 15,3 %. L’ensemble des exportations vers la région des Rocheuses a augmenté de 68,2 %, à la fois à cause d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, à une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 45,0 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 18,9 %. L’ensemble des exportations vers la région de l’Ouest s’est accru de 0,5 %, à la fois à cause d’une augmentation due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 4,4 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 3,2 % et d’une baisse due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 7,0 %.

Source : Statistique Canada

Figure 4
Contribution à la croissance des exportations canadiennes par reìgion, 2009

Ce graphique illustre les facteurs qui influent sur la croissance des exportations canadiennes (en pourcentage) dans chacune des huit grandes régions des É. U., de 2008 à 2009. L’ensemble des exportations vers la région de la Nouvelle-Angleterre a baissé de 25,9 %, à la fois à cause d’une baisse due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 3,4 % et d’une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 1,2 %. L’ensemble des exportations vers la région du Centre Est a chuté de 29,4 %, à la fois à cause d’une diminution due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 % et d’une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 1,2 %, mais sans influence des facteurs de la composition industrielle (CI). L’ensemble des exportations vers la région des Grands Lacs a baissé de 31,9 %, à la fois à cause d’une baisse due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 %, d’une baisse due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 1,8 % et d’une diminution due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 1,9 %. L’ensemble des exportations vers la région des Plaines a baissé de 32,5 %, à la fois à cause d’une baisse due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 %, d’une baisse due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 1,9 % et d’une baisse due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 2,5 %. L’ensemble des exportations vers la région du Sud Est a chuté de 23,7 %, à la fois à cause d’une diminution due aux facteurs de croissance nationale de 28,1 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 3,6 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 0,9 %. L’ensemble des exportations vers la région du Sud Ouest a chuté de 20,8 %, à la fois à cause d’une baisse due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 5,6 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 1,8 %. L’ensemble des exportations vers la région des Rocheuses a baissé de 32,6 %, à la fois à cause d’une diminution due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 %, d’une diminution due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 6,4 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 1,9 %. L’ensemble des exportations vers la région de l’Ouest a chuté de 20,9 %, à la fois à cause d’une baisse due aux facteurs de croissance nationale (CN) de 28,1 %, d’une augmentation due aux facteurs de la composition industrielle (CI) de 0,7 % et à une augmentation due aux facteurs de la demande régionale (DR) de 6,6 %.

Source : Statistique Canada

L’effet de CI a aussi été très positif dans la région des Rocheuses (gain de 45,0 p. 100), sous l’impulsion d’une expansion des exportations d’énergie. L’effetmarqué de DR, agissant de concert avec l’effet de CI, a entraîné une solide croissance des exportations canadiennes vers la région. Cependant, comme les exportations canadiennes vers cette région sont lesmoins élevées de toutes les régions, l’incidence globale sur les exportations canadiennes aux États-Unis a été limitée.

En ce qui a trait aux régions du Sud-Est et du Sud-Ouest, le facteur CI a aiguillonné la croissance des exportations canadiennes. Dans le Sud-Est, un effetmodestemais positif de DR, conjugué à l’effet de CN, a aidé les exportations canadiennes à enregistrer une croissance positive, bien que marginale. Dans le cas de la région du Sud-Ouest, DR a eu un effet plusmarqué que dans le Sud-Est, ce qui explique que la croissance des exportations y a été un peu plus vigoureuse.

Enfin, pour ce qui est de la Nouvelle- Angleterre, le facteur DR a produit des gains qui ont été faiblement appuyés par les effets de CI.

De 2008 à 2009, l’impact de la récession estmanifeste : le facteur CNa dominé la mauvaise performance des exportations du Canada partout aux États-Unis (figure 4); les exportations canadiennes aux États-Unis ont fléchi de 28,1 p. 100 (CN), les pertes touchant l’ensemble des huit régions. Les effets positifs mais limités de CI en Nouvelle- Angleterre, dans le Sud-Est et dans le Sud- Ouest ont aidé à atténuer le recul des exportations vers ces régions en 2009, comme c’est le cas des modestes effets positifs de DR dans les régions du Far West, du Sud-Est et du Sud-Ouest.

1. Source : Industrie Canada, base de données sur le commerce en direct. Les données utilisées dans cette analyse ont trait à la valeur des exportations canadiennes vers les États américains, agrégées au niveau des régions des États-Unis.

Les importations de marchandises

Les importations totales demarchandises du Canada ont régressé de 15,9 p. 100, à 365,2 milliards de dollars en 2009, une baisse de 68,8 milliards de dollars. Les changements survenus dans les parts demarché des dix principaux partenaires sont beaucoup plus évidents du côté des importations que des exportations. Certains grands fournisseurs du Canada ont vu leur part des importations fléchir l’an dernier, notamment les États-Unis (1,2 point de pourcentage), l’Algérie (0,7 point de pourcentage) et le Royaume-Uni (0,3 point de pourcentage). Par contre, la Chine (gain de 1,0 point de pourcentage), le Mexique et la Corée du Sud (gain de 0,4 point de pourcentage chacun) ont vu leur part des importations canadiennes augmenter en 2009.

Les États-Unis ont fourni un peu plus de la moitié des importations totales du Canada en 2009. Les importations des États-Unis ont néanmoins reculé à 186,8 milliards de dollars l’an dernier, contre 227,3 milliards de dollars un an plus tôt. Il s’agit d’une perte de 40,5 milliards de dollars (17,8 p. 100), qui représente près de 60 p. 100 de la baisse totale des importations de 2008 à 2009. Comme dans le cas des exportations, la baisse des prix des produits de base a eu un impact sur les valeurs du commerce d’importation. Ici aussi, les produits de l’automobile et les moteurs expliquent la plus grande partie du recul. Les importations de voitures ont le plus reculé, avec une baisse de 5,4 milliards de dollars, suivies des pièces d’automobiles, à 4,0 milliards de dollars. Les importations de remorques et de camions ont aussi régressé – de 0,8 milliard de dollars et de 0,6 milliard de dollars, respectivement. En outre, les importations de moteurs à pistons à allumage par étincelles étaient en baisse de 1,9 milliard de dollars et celles des moteurs à pistons à allumage par compression, de 0,5 milliard de dollars. Les produits énergétiques ont aussi inscrit des reculs importants, notamment le pétrole non brut (2,8 milliards de dollars), le gaz naturel (1,6 milliard de dollars), l’électricité (0,7 milliard de dollars) et le pétrole brut (0,6 milliard de dollars). Les médicaments ont enregistré la plus forte hausse parmi les importations des États-Unis en 2009, soit 0,5 milliard de dollars. Cela traduit vraisemblablement la campagnemenée par les divers gouvernements pour vacciner les citoyens contre le virus de la fièvre porcine dans les derniers mois de 2009.

Les importations de marchandises en provenance de la Chine, qui demeure la deuxième plus importante source d’importations au Canada, ont reculé de 3,0 milliards de dollars (7,0 p. 100) en 2009, à 39,7 milliards de dollars. Les reculs ont été dominés par le coke (270 millions de dollars), lesmoteurs à pistons à allumage par étincelles (191 millions de dollars) et lemagnésium(150millions de dollars). Les jouets, les barres en aluminium, les tubes et tuyaux en fer et en acier, ainsi que les sièges et leurs parties ont aussi reculé de plus de 100 millions de dollars. Le matériel téléphonique et les pièces sont la catégorie ayant enregistré la plus forte augmentation, soit 246 millions de dollars.

Le Mexique arrive au troisième rang des sources d’importations de marchandises au Canada. Les importations venant de ce pays ont fléchi de 1,4 milliard de dollars (7,8 p. 100) en 2009, à 16,5 milliards de dollars. Les produits électriques et électroniques, le pétrole brut et les véhicules et pièces sont responsables de la plus grande partie du recul. Les importations de téléviseurs ont connu le repli le plus marqué, cédant 531millions de dollars, devant le pétrole brut (512 millions de dollars), les voitures (365 millions de dollars), les fils et câbles isolés (140 millions de dollars) et les pièces d’automobiles (130millions de dollars). Comme dans le cas de la Chine, le matériel téléphonique et les pièces est la catégorie qui a récolté le gain le plus important du côté des importations, soit 254 millions de dollars.

Le Japon arrive au quatrième rang des dix principales sources d’importations au Canada. Entre 2008 et 2009, les importations en provenance du Japon ont reculé de 2,9 milliards de dollars (19,2 p. 100). Les voitures sont la catégorie qui a enregistré le recul le plus important, soit 1,3 milliard de dollars, tandis que les pièces d’automobiles sont la catégorie qui a connu la plus forte augmentation, soit 148 millions de dollars.

Les importations en provenance d’Allemagne, la cinquième plus importante source d’importations au Canada, ont baissé de 2,1 milliards de dollars (16,1 p. 100), à 10,7 milliards de dollars. C’est le premier recul enregistré par ce pays durant la dernière décennie. Les pertes ont été généralisées et, dans la plupart des cas, plutôt limitées. Les voitures sont la catégorie où l’on observe le repli le plus marqué, soit 227 millions de dollars, suivies des médicaments, à 217 millions de dollars.

Le Royaume-Uni arrivait au sixième rang des plus importantes sources d’importations au Canada en 2009, le même classement qu’en 2008. Les importations en provenance de ce pays étaient en baisse de 25,3 p. 100, à 9,4 milliards de dollars. Après l’Algérie, un fournisseur de pétrole, ce sont les importations en provenance du Royaume-Uni qui ont reculé le plus (3,2 milliards de dollars) parmi les plus importants fournisseurs d’importations autres que les États-Unis. Les produits énergétiques expliquent la plus grande partie de la baisse, les importations de pétrole brut reculant de 3,0 milliards de dollars. Les importations de voitures et de camions viennent ensuite, avec des baisses de 89 millions de dollars et de 71 millions de dollars, respectivement. Les importations d’or et de moteurs d’avions sont les catégories ayant affiché les hausses les plus importantes, soit 156 millions de dollars et 144 millions de dollars, respectivement.

Bien que les importations en provenance de la Corée du Sud aient fléchi en 2009, ce pays est passé du dixième au septième rang des principaux fournisseurs d’importations du Canada. Cette progression s’explique par le fait que les importations en provenance de la Corée du Sud n’ont fléchi que de 79 millions de dollars (1,3 p. 100), à 5,9 milliards de dollars, l’an dernier. C’est la plus faible baisse parmi les dix principaux fournisseurs du Canada. Parmi les produits qui étaient en recul, les pertes étaient assez limitées, la plus importante, soit 130millions de dollars, touchant le matériel téléphonique et les pièces. La Corée du Sud est le seul pays parmi les principaux fournisseurs d’importations de produits de l’automobile à avoir enregistré une augmentation des importations de voitures au Canada en 2009, de l’ordre de 153 millions de dollars.

La France a aussi amélioré sa position de 2008 à 2009, passant du neuvième au huitième rang. Les importations de France étaient en baisse de 426 millions de dollars (7,0 p. 100) l’an dernier, à 5,6 milliards de dollars. Bien que le nombre de produits en recul soit supérieur à celui des produits en hausse, la plupart des gains et des pertes étaient limités. Les médicaments dominaient les gains (148 millions de dollars), tandis que la perte la plus importante a touché le pétrole non brut (81 millions de dollars).

Après être demeurée juste en retrait de la liste des dix principales sources d’importations au Canada en 2008, l’Italie a rejoint ce groupe en 2009, prenant le neuvième rang. Malgré cette progression au classement, les importations d’Italie étaient en baisse de 13,2 p. 100 (677 millions de dollars), à 4,4 milliards de dollars. Les gains et les pertes n’ont pas été très importants, les médicaments affichant la plus forte hausse (87 millions de dollars), tandis que les tubes et tuyaux en fer et en acier ont inscrit le recul le plus marqué, soit 55 millions de dollars.

L’Algérie, passée de la dixième à la septième place en 2008, est retournée au dixième rang du classement l’an dernier, en raison d’une baisse de plus demoitié des importations en provenance de ce pays, soit 3,9 milliards de dollars ( 51,1 p. 100), à 3,8 milliards de dollars. La perte est entièrement attribuable au recul des importations de pétrole brut, qui constituaient 99,95 p. 100 des importations canadiennes d’Algérie l’an dernier.

Le commerce des marchandises par principaux produits

Sur environ 1 300 biens3, les 28 produits figurant au tableau 5-1 ont été choisis en raison de leur impact global sur l’évolution du solde commercial du Canada. Ensemble, ces produits comptent pour près de la moitié des exportations de marchandises du Canada en 2009, près de 30 p. 100 de importations de marchandises et environ 80 p. 100 de la variation du solde du commerce des marchandises du Canada entre 2008 et 2009. Comme l’indique le tableau 5-1, ces produits clés entrent dans deux grandes catégories : les produits montrant un excédent commercial et les produits montrant un déficit commercial. Dans chaque catégorie, les échanges peuvent être répartis entre le commerce principalement bidirectionnel et le commerce principalement unidirectionnel.

Tableau 5-1
Commerce desmarchandises du Canada par principaux produits
 Exportations en 2009Croissance des exportationsImportations en 2009Croissance des importationsSolde en 2009Variation du solde de 2008 à 2009
Produits affichant un excédent commercial
Exportations élevées et importations élevées
Gaz de pétrole18 214 900 000 $-49,8 %3 531 900 000 $-29,6 %14 683 000 000 $-16 575 100 000 $
Pétrole brut42 700 400 000 $-36,7 %21 233 200 000 $-37,5 %21 467 200 000 $-12 015 800 000 $
Pétrole (non brut)11 970 200 000 $-33,0 %6 944 000 000 $-33,7 %5 026 200 000 $-2 359 000 000 $
Voitures (particulières)26 565 000 000 $-23,0 %19 419 600 000 $-28,0 %7 145 500 000 $-407 100 000 $
Turbines à gaz4 750 900 000 $-9,1 %4 527 400 000 $4,0 %223 500 000 $-646 500 000 $
Total partiel104 201 500 000 $-35,4 %55 656 100 000 $-31,1 %48 545 400 000 $-32 003 500 000 $
Exportations élevées et importations limitées
Potassse3 662 800 000 $-42,0 %24 800 000 $19,4 %3 638 000 000 $-2 652 600 000 $
Aluminium brut4 861 800 000 $-33,9 %206 200 000 $-39,9 %4 655 700 000 $-2 361 200 000 $
Mattes de nickel1 505 400 000 $-55,5 %49 800 000 $-42,1 %1 455 600 000 $-1 840 200 000 $
Pâte chimique de bois3 649 100 000 $-30,2 %156 600 000 $-9,7 %3 492 500 000 $-1 560 300 000 $
Papier journal  rouleaux ou feuilles2 803 000 000 $-34,3 %43 300 000 $-26,9 %2 759 700 000 $-1 445 200 000 $
Nickel brut1 696 700 000 $-46,3 %12 300 000 $-71,7 %1 684 400 000 $-1 434 200 000 $
Bois scié3 944 500 000 $-26,5 %396 500 000 $-21,8 %3 548 000 000 $-1 315 500 000 $
Cuivre brut1 175 600 000 $-48,8 %80 000 000 $-55,4 %1 095 600 000 $-1 021 200 000 $
Blé et méteil6 021 300 000 $-13,8 %18 900 000 $56,0 %6 002 500 000 $-974 000 000 $
Charbon4 967 700 000 $-19,6 %1 051 500 000 $-20,9 %3 916 200 000 $-929 700 000 $
Polymères de l’éthylène sous forme primaire3 280 100 000 $-28,2 %980 700 000 $-27,3 %2 299 400 000 $-922 600 000 $
Aéronefs et pièces7 808 900 000 $13,2 %2 291 800 000 $-38,7 %5 517 000 000 $2 357 700 000 $
Minerais de fer et concentrés3 369 500 000 $9,2 %298 100 000 $-72,1 %3 071 300 000 $1 055 100 000 $
Total partiel48 746 500 000 $-24,2 %5 610 700 000 $-36,7 %43 135 800 000 $-13 044 100 000 $
Produits affichant un déficit commercial
Exportations élevées et importations élevées
Matériel téléphonique et pièces3 649 200 000 $-23,1 %6 214 400 000 $0,0 %-2 565 100 000 $-1 096 600 000 $
Médicaments  sous forme de doses5 633 400 000 $7,6 %9 512 100 000 $14,1 %-3 878 700 000 $-775 200 000 $
Total partiel9 282 600 000 $-7,0 %15 726 400 000 $8,1 %-6 443 800 000 $-1 871 800 000 $
Exportations limitées et importations élevées
Oxydes et hydroxydes d’aluminium98 100 000 $-30,0 %1 302 700 000 $-28,1 %-1 204 600 000 $465 900 000 $
Ordinateurs  lecteurs magnétiques  etc,1 962 400 000 $-19,4 %7 423 100 000 $-13,0 %-5 460 700 000 $631 800 000 $
Téléviseurs  y compris les moniteurs vidéos et projecteurs570 500 000 $63,7 %3 468 500 000 $-20,0 %-2 897 900 000 $1 086 600 000 $
Bulldozers  niveleuses  décapeuses  etc,216 700 000 $-54,4 %1 855 100 000 $-46,0 %-1 638 400 000 $1 324 100 000 $
Véhicules (transport des marchandises)1 592 400 000 $-57,4 %8 591 400 000 $-6,9 %-6 999 100 000 $-1 508 900 000 $
Remorques  etc, non propulsées mécaniquement et pièces263 800 000 $-37,5 %1 608 200 000 $-33,3 %-1 344 400 000 $644 300 000 $
Tracteurs707 700 000 $-62,7 %1 983 100 000 $-16,3 %-1 275 500 000 $-799 700 000 $
Moteurs à pistons2 090 600 000 $-16,3 %3 266 000 000 $-38,5 %-1 175 400 000 $1 641 000 000 $
Total partiel7 502 200 000 $-37,2 %29 498 100 000 $-21,2 %-21 995 900 000 $3 485 300 000 $
Total cumulatif169 732 800 000 $-31,7 %106 491 300 000 $-24,8 %63 241 500 000 $-43 434 100 000 $
Monde  total359 700 300 000 $-25,6 %365 151 400 000 $-15,9 %-5 451 100 000 $-55 054 600 000 $

Les produits pour lesquels il y a un important commerce bidirectionnel (un niveau élevé d’exportations et d’importations) et où le Canada enregistre un excédent commercial englobent les produits énergétiques, les voitures et les moteurs d’avion. Les produits axés sur les ressources figurant dans ce groupemontrent d’importants reculs, du côté tant des exportations que des importations à cause des effets de prix déjà signalés. Globalement, ces cinq produits ont été responsables de 58,1 p. 100 (32,0 milliards de dollars) du recul global du solde du commerce desmarchandises du Canada, le gaz naturel (30,1 p. 100 du solde commercial) et le pétrole brut (21,8 p. 100 du solde commercial) étant à l’origine de la plus grande partie de la baisse.

Les produits où le Canada enregistre un niveau élevé d’exportations mais un faible niveau d’importations sont principalement des ressources non énergétiques, telles que le blé, la potasse, les produits du bois et les métaux. Plusieurs de ces produits ont subi des corrections de prix importantes par rapport à leurs niveaux de 2008. Par contre, les pâtes et papiers affichent une tendance baissière à long terme, tandis que le bois d’oeuvre est touché par le ralentissement de la construction résidentielle aux États-Unis. Ensemble, ces produits expliquent 23,7 p. 100 de la détérioration du solde du commerce desmarchandises du Canada en 2009, soit 13,0 milliards de dollars.

Les produits pour lesquels il y a un important commerce bilatéral mais où le Canada enregistre un déficit sont notamment lematériel de télécommunications et les médicaments. Le contexte mondial peu favorable à l’investissement des entreprises explique la chute des exportations dematériel de télécommunications. Par contre, le commerce des médicaments était en hausse, ce qui pourrait être lié aux efforts visant à vacciner la population contre certaines souches de la grippe porcine. Le déficit commercial pour ces produits a augmenté de 1,9 milliard de dollars, soit 3,4 p. 100 de la détérioration globale du solde du commerce des marchandises l’an dernier.

Enfin, les produits où le Canada enregistre des importations plus élevées que ses exportations se retrouvent principalement dans le secteur manufacturier. Pour la plupart, les échanges de ces produitsmanufacturés étaient en baisse par rapport aux niveaux de 2008, de pair avec le ralentissement économique. Cependant, les exportations de téléviseurs ont connu une forte progression l’an dernier. Les huit produits entrant dans cette catégorie ont vu leur déficit commercial s’améliorer de 3,5 milliards de dollars, ce qui a partiellement compensé la détérioration du solde du commerce des marchandises dans les trois autres catégories examinées précédemment.

Le commerce des marchandises par grands groupes de produits

Dans cette section, nous examinons la performance commerciale en 2009 pour les groupes de produits suivants : énergie; véhicules et pièces; machines et appareils mécaniques; machines électriques et électroniques; matériel technique et scientifique; produits agricoles et agroalimentaires; minéraux et métaux; produits chimiques; plastiques et caoutchouc; bois, pâte et papier; textiles, vêtements et cuir; biens de consommation et produitsmanufacturés divers; et autrematériel de transport.

Produits énergétiques4

Tel qu’indiqué au chapitre précédent, les produits énergétiques ont joué un rôle important dans le recul des exportations et des importations canadiennes de biens en 2009, principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie qui s’est accompagnée d’une contraction des volumes d’échanges.

Les exportations canadiennes de combustibles et huiles minéraux ont plongé de 51,6 milliards de dollars (38,7 p. 100) en 2009, pour s’établir à 81,8 milliards de dollars, effaçant du même coup l’augmentation de 39,8 milliards de dollars enregistrée un an plus tôt. De façon similaire, les importations ont diminué, renversant entièrement la progression enregistrée en 2008; sur l’année, elles ont reculé de 19,4 milliards de dollars (36,1 p. 100), à 34,4 milliards de dollars. Étant donné que les exportations ont chuté davantage que les importations, l’excédent commercial pour les produits énergétiques s’est amenuisé de 32,2 milliards de dollars – passant de 79,6 milliards de dollars à 47,4 milliards de dollars.

En 2009, les États-Unis ont accueilli 91,7 p. 100 des exportations d’énergie du Canada, tandis qu’ils fournissaient 31,2 p. 100 de nos importations de produits énergétiques et ont été responsables de plus de la totalité de la baisse de l’excédent commercial à ce poste. En fait, le Canada a amélioré de 10,4 milliards de dollars son excédent commercial pour les produits énergétiques avec le reste du monde hors des États-Unis. L’essentiel de cette embellie provient du commerce avec l’Algérie, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Angola et l’Iraq, alors que le Canada a abaissé ses déficits commerciaux avec ces pays en réduisant ses importations de produits énergétiques. Des gains ont aussi été enregistrés avec la Chine, alors qu’une augmentation des exportations conjuguée à une diminution des importations explique le passage d’un déficit dans le commerce des produits énergétiques en 2008 à un excédent en 2009.

Trois produits – le pétrole brut, le pétrole non brut et les autres gaz de pétrole (principalement le gaz naturel) – représentent plus de 90 p. 100 des échanges de produits énergétiques, du côté tant des exportations que des importations. Le pétrole brut est le produit dominant, comptant pour plus de lamoitié de l’ensemble des exportations d’énergie et plus de 60 p. 100 des importations d’énergie. Les exportations de pétrole brut ont plongé de 36,7 p. 100 en 2009, cédant 24,7 milliards de dollars en valeur pour s’établir à 42,7 milliards de dollars. La totalité de la perte provient de la baisse des exportations aux États-Unis (25,0 milliards de dollars). De modestes gains ont été enregistrés dans les exportations vers certaines économies asiatiques, dont la Chine, la Malaisie et l’Inde. Du même coup, les importations ont fléchi à un rythme légèrement plus élevé – en recul de 37,5 p. 100, soit 12,7 milliards de dollars, à 21,2 milliards de dollars. Les pertes étaient concentrées parmi quelques partenaires commerciaux, avec en tête l’Algérie (3,9 milliards de dollars), le Royaume-Uni (3,0 milliards de dollars), la Norvège (2,6 milliards de dollars), l’Angola (1,4 milliard de dollars) et l’Iraq (0,9 milliard de dollars). Puisque la baisse des exportations a été plusmarquée que celle des importations, l’excédent des échanges de pétrole brut du Canada s’est refermé de 12,0 milliards de dollars, à 21,5 milliards de dollars.

Les gaz de pétrole (surtout le gaz naturel) ont représenté 22,3 p. 100 des exportations d’énergie et 10,3 p. 100 des importations d’énergie en 2009. La presque totalité des échanges de gaz de pétrole du Canada se déroule avec les États-Unis – plus de 99,9 p. 100 des exportations et 96,0 p. 100 des importations. Les exportations ont chuté de près de moitié entre 2008 et 2009, passant de 36,3 milliards de dollars à 18,2 milliards de dollars. Les importations ont été beaucoup plus limitées – elles ont fléchi de 29,6 p. 100, soit de 1,5 milliard de dollars, pour s’établir à 3,5 milliards de dollars. Par suite de ces mouvements, l’excédent commercial pour les gaz de pétrole a fondu de 16,6 milliards de dollars, à 14,7 milliards de dollars, représentant légèrement plus de lamoitié de la baisse de l’excédent du commerce des produits énergétiques.

Les huiles de pétrole autres que légères représentaient environ 60 p. 100 et les huiles de pétrole légères (dont l’essence) environ 40 p. 100 des échanges de pétrole non brut. Ces échanges étaient en baisse d’environ le tiers dans les deux directions. Les exportations totales de pétrole non brut ont reculé de 5,9 milliards de dollars, à 12,0 milliards de dollars, tandis que les importations se sont repliées de 3,5 milliards de dollars, à 6,9 milliards de dollars – principalement en raison du recul des échanges avec les États-Unis. L’excédent commercial s’est refermé de 2,4 milliards de dollars, diminuant d’un peu moins de 1,1 milliard de dollars pour le pétrole léger, à un peu plus de 1,1 milliard de dollars, tandis qu’il a régressé de 1,3 milliard de dollars pour les huiles de pétrole autres que légères, à 3,9 milliards de dollars.

Pour la plupart, les plus petites catégories de produits énergétiques ont vu leur excédent commercial se détériorer l’an dernier, notamment le charbon (0,9 milliard de dollars, à 3,9 milliards de dollars) et l’électricité (0,7 milliard de dollars, à 1,7 milliard de dollars).

Véhicules et pièces5

Les exportations de véhicules et de pièces ont reculé pour la cinquième année d’affilée en 2009, cédant 15,5 milliards de dollars (28,8 p. 100), à 38,3 milliards de dollars. Près de 95 p. 100 de la baisse est attribuable à la diminution de 14,7 milliards de dollars des exportations de ces produits aux États-Unis, alors que les difficultés financières des grands constructeurs d’automobiles nord-américains et la baisse de la demande aux États-Unis ont réduit les exportations. Trois produits – les voitures, les pièces d’automobiles et les camions – sont à l’origine des pertes enregistrées, leurs exportations reculant de 8,0 milliards de dollars, 4,2 milliards de dollars et 2,1 milliards de dollars, respectivement.

Les importations de véhicules ont chuté presque autant que les exportations l’an dernier, reculant de 13,8 milliards de dollars (21,9 p. 100), à 49,4 milliards de dollars. Les importations de produits de l’automobile ont souffert de l’affaissement des ventes intérieures. Les importations en provenance de quatre des cinq plus importants pays fournisseurs étaient en baisse en 2009. Le recul de 26,1 p. 100 des importations des États-Unis explique plus de 80 p. 100 du recul global. Les importations provenant du Japon étaient en baisse de 1,2 milliard de dollars, tandis que celles venant d’Allemagne et du Mexique ont fléchi de 370,3 millions de dollars et de 306,1 millions de dollars, respectivement. Seule la Corée du Sud, qui vient au cinquième rang, a résisté à la tendance, haussant la valeur de ses exportations au Canada de 11,3 p. 100, soit 195,8millions de dollars. Comme dans le cas des exportations, les voitures et les pièces d’automobiles expliquent les pertes survenues, les importations de ces produits ayant diminué de 7,5 milliards de dollars et de 4,0 milliards de dollars, respectivement. Les importations de remorques (0,8 milliard de dollars) et de camions (0,6 milliard de dollars) comptent pour la plus grande partie des pertes restantes..

Les exportations ayant reculé davantage que les importations, le déficit commercial pour les véhicules et les pièces s’est creusé de 1,7 milliard de dollars en 2009, à 11,1 milliards de dollars. L’augmentation de 3,3 milliards de dollars du déficit du commerce des produits de l’automobile avec les États-Unis dépasse la baisse totale, et la diminution des importations d’autres sources a contribué à améliorer les autres soldes commerciaux sectoriels. La plus grande partie de la détérioration du déficit commercial provient des échanges de camions. Les exportations de camions ont chuté de 2,1 milliards de dollars, à 1,6 milliard de dollars, tandis que les importations reculaient de seulement 0,6 milliard de dollars (à 8,6 milliards de dollars); le déficit des échanges de camions a donc augmenté de 1,5 milliard de dollars pour s’établir à 7,0 milliards de dollars. Le déficit commercial pour les pièces d’automobiles s’est aussi creusé, passant de 7,8 milliards de dollars à 8,0 milliards de dollars, tandis que l’excédent commercial pour les voitures s’est refermé de 0,4 milliard de dollars l’an dernier, à 7,1 milliards de dollars.

Exportations canadiennes aux États-Unis par camion

Figure 1
Exportations canadiennes aux États-Unis par camion

Ce graphique illustre la valeur et le volume des exportations canadiennes vers les É. U. transportées par camion, de 2000 à 2009. Les exportations par camion (en G$US) ont atteint 127,8 G$US en 2000; elles ont baissé à environ 117 G$US de 2001 à 2003, pour augmenter graduellement à 150,4 G$US en 2007, puis baisser à 141,4 G$US en 2008 et encore à 105,1 G$US en 2009. En termes de volume (millions de tonnes), les exportations ont atteint 65,7 millions de tonnes en 2000, puis ont baissé à 62,7 millions de tonnes en 2001, sont remontées à près de 65 à 66 millions de tonnes en 2002 2005 avant de baisser peu à peu à 43,5 millions de tonnes en 2009.

Source : U.S. Bureau of Transport Statistics (BTS).

Les États-Unis sont, de loin, la plus importante destination des exportations canadiennes, et le camionnage est le principal mode de transport utilisé pour les expédier. Les exportations par camion représentaient plus de 50 p. 100 des exportations totales aux États-Unis en 2004, mais la proportion a fléchi à 46,7 p. 100 en 20091. La hausse du volume et de la valeur du transport par pipeline et la stagnation ou le recul du transport par camion ont contribué à la baisse de la part relative des exportations transportées par camion. Après avoir très peu progressé entre 2000 et 2003, la valeur des exportations par camion a crû entre 2003 et 2007, principalement sous l’effet de l’augmentation des valeurs exprimées en dollars canadiens, avant de fléchir à nouveau à partir de 2007. En termes de volumes transportés par camion, les donnéesmontrent par contre un recul considérable (33,8 p. 100) sur la période 2000-2009.

Le camion est utilisé le plus souvent pour transporter des biens de valeur intermédiaire. Les exportations généralement transportées par camion sont des automobiles, des machines et des produits électroniques. Les biens demoindre valeur comme les produits agricoles et les ressources naturelles ont tendance à être expédiés par rail ou par bateau, ou encore par pipeline dans le cas du pétrole et du gaz naturel, tandis que les biens de grande valeur ou périmables – tels que les métaux précieux, le matériel technique et scientifique et les produits pharmaceutiques – sont le plus souvent expédiés par avion. Cela ressort des statistiques sur la valeur au kilogramme (voir le tableau 1). En 2009, la valeur moyenne des exportations expédiées aux États-Unis par camion s’établissait à 2,42 $É.-U. le kilogramme, alors que la valeur unitaire des marchandises transportées par rail ou par bateau était beaucoup plus basse, et que les biens transportés par avion avaient une valeur beaucoup plus élevée (206 $É.-U. le kilogramme).

La plupart des exportations canadiennes qui franchissent la frontière des États-Unis par camion passent par cinq grands points de passage, dont quatre sont situés dans le sud de l’Ontario et le cinquième, à proximité, celui de Lacolle, au Québec2. Ensemble, ces cinq points de passage frontaliers ont accueilli 72,5 p. 100 des exportations canadiennes par camion aux États-Unis en 2009. Cependant, l’importance de ces « cinq grands » points de passage frontaliers a diminué depuis 2000, année où ils ont reçu plus de 75 p. 100 des exportations canadiennes aux États-Unis transportées par camion. En 2009, la part des exportations totales par camion passant par ces postes frontaliers avait diminué, sauf pour celui de Lacolle.

Tableau 1
Exportations du Canada aux États-Unis, parmode de transport
 Exportations totales aux États-Unis*Valeur des exportations (É.-U. $)Valeur au kilogramme (É.-U. $)Ventilation des biens
Camion46,7 %105 100 000 000 $2,42 $
  • automobiles (16 %)
  • machines (13 %)
  • produits électroniques (6 %)
  • plastiques (5 %)
  • papier (5 %)
Pipeline20,3 %45 600 000 000 $0,53 $
  • pétrole et gaz (99 %)
Rail18,3 %41 100 000 000 $0,85 $
  • automobiles (36 %)
  • papier (7 %)
  • aluminium(6 %)
  • engrais (6 %)
  • plastiques (5 %)
  • pétrole et gaz (5 %)
  • bois (5 %)
Navire6,8 %15 300 000 000 $0,28 $
  • pétrole et gaz (82 %)
  • produits chimiques organiques (3 %)
  • minerais (3 %)
  • aluminium (3 %)
Avion3,8 8 600 000 000 $205,99 $
  • produits électroniques (23 %)
  • machines (16 %)
  • métaux précieux (16 %)
  • matériel technique/scientifique (10 %)
  • aérospatiale (9 %)
  • produits pharmaceutiques (5 %)

* Les pourcentages ne totalisent pas 100 parce que la poste et les autres modes (non indiqués) représentent 4 %.

Nous pouvons évaluer la concentration totale des exportations par camion franchissant les points de passage entre le Canada et les États-Unis à l’aide de l’indice Herfindahl-Hirschman (IHH). Cet indice a été mis au point dans le cadre de la théorie de l’organisation industrielle, mais il est aujourd’hui largement utilisé pour évaluer les degrés de concentration. L’indice IHH, qui varie de 0 à 1, a été calculé pour mesurer la concentration relative des exportations transportées par camion à divers points de passage de la frontière. Un score élevé indique une forte concentration de biens transportés passant par un plus petit nombre de postes frontaliers. Les données montrent que l’indice IHH a augmenté entre 2000 et 2006, qu’il est demeuré stable en 2007 et qu’il a ensuite chuté sensiblement en 2008 et 2009. Quelle que soit la mesure employée, les exportations transportées par camion sont actuellement moins concentrées qu’au début de la décennie.

Figure 2
Exportations canadiennes par camion aux cinq principaux postes frontaliers, 2009

Ce graphique illustre la part des exportations par camion (en pourcentage) aux cinq principaux postes frontaliers en 2009 : Windsor 28,4 %, Niagara Falls 18,1 %, Sarnia 12,6 %, Lacolle 8,2 %, Lansdowne 5,2 %, et le solde de 27,5 % à tous les autres postes frontaliers. On y présente aussi la composition des marchandises (en pourcentage) exportées par camion en 2009 à chacun des principaux postes frontaliers. Windsor : automobiles 31,4 %, matériel et outillage 19,0 %, matières plastiques 4,9 %, et 44,7 % pour toutes les autres marchandises. Niagara Falls : automobiles 15,2 %, matériel et outillage 17,7 %, matières plastiques 6,3 % et 60,8 % pour toutes les autres marchandises. Sarnia : automobiles 19,5 %, matériel et outillage 22,0 %, matières plastiques 6,7 % et 51,7 % pour toutes les autres marchandises. Lacolle : pierres et métaux précieux 15,1 %, automobiles 6,4 %, matériel et outillage 13,7 % et 64,8 % pour toutes les autres marchandises. Landsdowne : pierres et métaux précieux 13,4 %, papier et carton 12,7 %, aluminium 11,0 % et 62,9 % pour toutes les autres marchandises.

Source : U.S. Bureau of Transport Statistics (BTS).

Tableau 2
Les cinq principaux points d’entrée des exportations canadiennes aux États-Unis par camion ($É.-U.)
Port/district d’entrée200020002006200620092009Variation de 2000 à 2006Variation de 2006 à 2009
Windsor38 000 000 000 $29,7 %51 000 000 000 $33,9 %30 000 000 000 $28,4 %4,2 %-5,5 %
Niagara Falls25 000 000 000 $19,2 %27 000 000 000 $17,9 %19 000 000 000 $18,1 %-1,3 %0,2 %
Sarnia17 000 000 000 $13,0 %19 000 000 000 $12,6 %13 000 000 000 $12,6 %-0,4 %0,0 %
Lacolle10 000 000 000 $7,6 %10 000 000 000 $6,5 %9 000 000 000 $8,2 %-1,1 %1,8 %
Lansdowne7 000 000 000 $5,8 %7 000 000 000 $5,0 %5 000 000 000 $5,2 %-0,8 %0,2 %
Total, cinq principaux points d’entrée96 000 000 000 $75,2 %114 000 000 000 $75,8 %76 000 000 000 $72,5 %0,6 %-3,3 %

Les principaux facteurs derrière ces profils de concentration sont l’évolution du commerce nord-américain des produits de l’automobile et les effets de la crise économique mondiale. Entre 2000 et 2006, une quantité croissante d’échanges expédiés par camion ont transité par le corridorWindsor- Détroit, tandis que la part du transport par camion allant aux quatre autres « grands » points de passage a fléchi. Cela ressort de l’indice IHHpour la période, qui correspond aussi à une période d’expansion des exportations canadiennes d’automobiles (SH 87), dont 63,8 p. 100 étaient transportées par camion en passant par le poste frontalier Windsor-Détroit en 2007. En fait, les exportations de produits de l’automobile transportées par camion ont augmenté à un taux annuel moyen de 3,0 p. 100 entre 2000 et 2006, un taux plus élevé que pour toutes les autres exportations (à l’exclusion des produits de l’automobile) transportées par camion (2,6 p. 100). Au cours de cette période, la part de Windsor dans les exportations totales transportées par camion a progressé de 4,2 points de pourcentage, tandis que les quatre autres points de passage de la frontière voyaient leur part combinée fléchir de 3,6 points de pourcentage.

L’effondrement subséquent du commerce de l’automobile est la raison principale qui explique que la part des exportations transitant par camion au poste frontalier de Windsor-Détroit ait reculé de 5,5 points de pourcentage entre 2006 et 2009. La valeur des exportations canadiennes franchissant ce poste frontalier a diminué considérablement, passant de 51 milliards à 30 milliards de dollars É.-U. sur la période. Par contre, les autres points de passage de la frontière ont vu leur part augmenter (notamment celui de Lacolle, en raison surtout des exportations de pierres et métaux précieux). Mais la baisse de la part deWindsor durant cette période n’a pas été entièrement compensée par les gains des autres « cinq grands » points de passage frontaliers, ce qui s’est soldé par un profil plus diversifié des échanges transportées par camion outre-frontière.

Figure 3
Concentration des exportations canadiennes aux États-Unis par camion

Ce graphique illustre l’indice de concentration des exportations canadiennes transportées par camion par les cinq principaux postes frontaliers ainsi que la part que représentent les exportations par camion au poste frontalier Windsor-Detroit, de 2000 à 2009. En 2000 2001, l’indice de concentration au poste frontalier était de 0,15; il est peu à peu monté pour atteindre 0,17 en 2007 2008 avant de redescendre à 0,15 en 2008, puis à 0,14 en 2009. La part en pourcentage des exportations globales transportées par camion vers les É. U. en passant par le poste frontalier de Windsor-Detroit était de 30,0 % en 2000 2002; elle a peu à peu grimpé à 34,0 % en 2006 2007 avant de retomber à 30,8 % en 2008, puis à 28,4 % en 2009.

Source : U.S. Bureau of Transport Statistics (BTS).

Figure 4
Exportations canadiennes de produits de l’automobile aux États-Unis, 2009

Ce graphique illustre les exportations canadiennes de produits automobiles en 2009, par mode de transport et, pour les exportations transportées par camion, pour chacun des principaux postes frontaliers. La part des exportations par camion était de 52,6 %, par chemin de fer de 46,9 % et de 0,4 % par les autres modes de transport. Dans le cas des exportations par camion, la part transportée par Windsor était de 29,6 %, par Niagara Falls de 9,1 %, par Sarnia de 8,2 % et de 5,7 % par tous les autres postes frontaliers.

Source : U.S. Bureau of Transport Statistics (BTS).

Ainsi, presque toute la diversification observée durant cette période peut être imputée à la chute marquée des exportations de produits de l’automobile passant de Windsor à Détroit. Ces dernières ont diminué de 11,2 milliards de dollars É.-U. depuis 2007, comparativement à une baisse totale de 15,6 milliards de dollars É.-U. des exportations de produits de l’automobile transportées par camion pendant la même période. En conséquence, la part détenue par Windsor dans les exportations canadiennes de produits de l’automobile transportées par camion aux États-Unis a fléchi de 63,8 p. 100 en 2007 à 56,3 p. 100 en 2009. En dépit d’un important recul des exportations de produits de l’automobile (de 2,7 milliards de dollars É.-U.) àNiagara Falls, la part de ces exportations par camion passant par ce poste frontalier est demeurée constante, tandis que celle des trois autres grands postes frontaliers a augmenté.

L’influence du commerce de l’automobile sur la concentration des exportations aux cinq principaux points de passage de la frontière ressort clairement d’une analyse de la composition des exportations canadiennes de produits de l’automobile aux États-Unis. Comme l’indique la figure 4 cijointe, quelque 52,6 p. 100 des exportations canadiennes de produits de l’automobile aux États-Unis sont transportées par camion et la plupart franchissent la frontière à Windsor pour entrer aux États-Unis à Détroit. Si l’on inclutNiagara Falls et Sarnia, les points de passage de la frontière dans le sud de l’Ontario accaparent 89,1 p. 100 des exportations de produits de l’automobile transportées par camion.


1 Toutes les données présentées dans cette section proviennent du U.S. Bureau of Transportation Statistics (BTS). L’expression « exportations canadiennes » est utilisée pour parler des importations aux États-Unis en provenance du Canada telle que compilées par le BTS et exprimées en dollars É.-U. courants.

2 Les désignations canadiennes de ces points de passage frontaliers sont Windsor, Niagara Falls, Sarnia, Lacolle et Lansdowne. Aux États-Unis, les données du BTS utilisent les appellations suivantes : Détroit, Buffalo, Port Huron, Champlain-Rouses Point et Alexandria Bay, respectivement.

Machines et appareils mécaniques6

Les machines et appareils mécaniques (ciaprès, machines) constituent un chapitre du système de classification SH. C’est l’une des plus grandes catégories dans les échanges commerciaux du Canada, couvrant toute une variété d’articles allant des roulements à billes aux gruesmobiles et aux tours de forage. C’est aussi l’une des plus importantes catégories pour ce qui est de la valeur des importations, après celles des produits chimiques, des plastiques et du caoutchouc.

Les exportations de machines ont chuté de 6,4 milliards de dollars (17,5 p. 100) en 2009, à 30,2 milliards de dollars. Le recul a été généralisé, seules 13 sous-catégories sur 87 ayant enregistré des gains. En tête de liste des produits dont les exportations ont diminué, on retrouve les pièces destinées à diverses machines mobiles (comme les grues, les bulldozers et les chariots élévateurs), les turbines à gaz (principalement destinées aux aéronefs) et les ordinateurs et pièces, dont les exportations ont fléchi de 607,9 millions de dollars, 473,1 millions de dollars et 473,0 millions de dollars, respectivement. L’essentiel du recul s’est produit dans les exportations aux États- Unis. Les exportations vers ce pays ont chuté de 5,6 milliards de dollars, soit 88,1 p. 100 de la baisse globale des exportations de machines. Les exportations de ces produits vers l’Allemagne étaient aussi en baisse, mais dans une moindremesure (122,4 millions de dollars), de même que celles destinées à la Russie (111,7 millions de dollars) et à Cuba (100,2 millions de dollars). Des gainsmodestes ont été enregistrés avec certains pays du Moyen-Orient (p. ex. l’Algérie, leQatar, la Libye et Oman) et quelques économies asiatiques, dont la Malaisie, le Japon, Singapour, la Corée et la Chine.

Les importations de machines ont aussi battu en retraite en 2009, régressant de 10,7 milliards de dollars (16,9 p. 100), à 52,8 milliards de dollars. Comme pour les exportations, la grande majorité du recul a touché les États-Unis : les importations en provenance de ce pays ont fléchi de 7,1 milliards de dollars, ce qui représente environ les deux-tiers de la baisse totale des importations de machines. Les importations du Japon (900,8 millions de dollars), de Chine (555,2 millions de dollars) et d’Allemagne (496,6 millions de dollars) ont aussi régressé de façon significative. Quatre produits – les moteurs à pistons, les moteurs à allumage par étincelles, les bulldozers autopropulsés et les ordinateurs et pièces – expliquent la moitié du recul des importations demachines. Les turbines à gaz sont la catégorie ayant connu l’augmentation la plus importante, soit 173,4 millions de dollars, suivies des machines agricoles liées aux récoltes, à 126,9 millions de dollars.

Les importations dans cette catégorie ont retraité davantage que les exportations et le déficit commercial pour les machines et les appareils mécaniques s’est refermé de 4,3 milliards de dollars en 2009, à 22,6 milliards de dollars. Les déficits commerciaux avec les États- Unis (1,5 milliard de dollars), le Japon (0,9 milliard de dollars), la Chine (0,8 milliard de dollars) et l’Allemagne (0,4 milliard de dollars) ont tous diminué et sont à l’origine de plus de 80 p. 100 de l’amélioration du solde commercial de cette catégorie.

Machines et matériel électriques et électroniques7

Les exportations de produits électriques et électroniques se sont contractées de 3,0 milliards de dollars, à 16,2 milliards de dollars, notamment à destination des États-Unis (recul de 2,4 milliards de dollars, soit 82,2 p. 100 du total). Des baisses plus limitées ont été enregistrées avec l’Allemagne (94,4 millions de dollars), le Royaume-Uni (81,6millions de dollars) et la Thaïlande (72,7 millions de dollars). Par contre, les exportations avec le Mexique ont augmenté de 209,7 millions de dollars. Les pertes étaient généralisées, 39 des 48 principales sous-composantes de cette catégorie étant en baisse. Cependant, la plus grande partie du recul était concentrée dans cinq produits – le matériel téléphonique et les pièces, les circuits intégrés, les fils et câbles isolés, les moteurs et génératrices électriques, et les pièces de téléviseurs, de radios et d’équipement radar – qui, globalement, ont représenté près des troisquarts de la baisse enregistrée dans cette catégorie. Pour ces cinq produits, les exportations aux États-Unis ont reculé de 1,8 milliard de dollars, ce qui explique l’essentiel de la baisse observée. Les exportations de sept produits étaient en hausse en 2009, le gain le plus important, soit 222,0millions de dollars, ayant profité aux téléviseurs,moniteurs vidéos et projecteurs, principalement à destination des États-Unis, du Royaume-Uni et de certaines économies asiatiques (dont la Corée du Sud, le Japon, la Chine, l’Australie, les Philippines et Hong Kong).

Les importations de produits électriques et électroniques sont tombées à 38,3 milliards de dollars en 2009, un recul de 4,1 milliards de dollars par rapport à 2008. La baisse des importations en provenance des États-Unis (1,7 milliard de dollars), du Mexique (0,7 milliard de dollars), du Japon (0,4 milliard de dollars) et du Danemark (0,4 milliard de dollars) compte pour les trois quarts du recul, tandis que la Turquie a affiché le gain le plus important, soit 37,2millions de dollars. Comme dans le cas des exportations, le déclin était généralisé parmi les produits, 41 des 48 grandes sous-catégories ayant inscrit des pertes par rapport à l’année précédente. Cinq produits ont enregistré une baisse supérieure à 200 millions de dollars, dont les téléviseurs, divers matériels destinés à l’enregistrement sonore, les appareils de transmission pour les téléviseurs et les postes radio, les appareils de connexion de circuits électriques et les fils et câbles isolés. Lamajorité des pertes survenues pour ces cinq produits provient de la baisse des importations duMexique (0,8 milliard de dollars), des États-Unis (0,7 milliard de dollars), du Japon (0,3 milliard de dollars) et de la Chine (0,1 milliard de dollars).

Comme les exportations ont fléchi moins que les importations, le déficit commercial pour les machines et le matériel électriques et électroniques s’est amélioré de 1,1 milliard de dollars en 2009, à 22,1 milliards de dollars.

Matériel technique et scientifique8

Les exportations dematériel technique et scientifique ont glissé à 5,4 milliards de dollars en 2009, un recul de 0,5 milliard de dollars par rapport à 2008, alors que les exportations vers les États-Unis diminuaient de 369,7millions de dollars. Simultanément, les importations étaient en baisse de 0,4 milliard de dollars, à 11,2 milliards de dollars, les États-Unis étant à l’origine de la presque totalité du repli. Les importations d’Allemagne ont également diminué de 91,8 millions de dollars, tandis que celles provenant de la Chine progressaient de 68,9 millions de dollars. Du côté des exportations, les instruments et appareils d’analyses chimiques ou physiques sont la catégorie ayant reculé le plus (108,9 millions de dollars), suivis des instruments, appareils et machines de mesure et de contrôle divers (94,5 millions de dollars) et des instruments et appareils de mesure et de détection des grandeurs électriques et des radiations (88,3 millions de dollars). Parmi les importations, les baisses observées pour les thermostats (190,3millions de dollars), les instruments, appareils et machines de mesure et de contrôle divers (125,3 millions de dollars), les instruments météorologiques, de géodésie et de topographie (116,2millions de dollars) et les instruments et appareils de mesure et de contrôle de débit, niveau ou pression de liquides ou de gaz (110,8 millions de dollars) ont été partiellement compensées par des gains dans les dispositifs, appareils et instruments optiques divers (119,1 millions de dollars) et les instruments et appareilsmédicaux et chirurgicaux (121,7 millions de dollars).

Le déficit du commerce dumatériel technique et scientifique a augmenté de 0,1 milliard de dollars l’an dernier, pour atteindre 5,8 milliards de dollars.

Produits agricoles et agroalimentaires9

Les exportations canadiennes de produits agricoles et agroalimentaires sont redescendues des sommets atteints en 2008, reculant de 3,8 milliards de dollars (8,9 p. 100), à 38,8 milliards de dollars, en 2009. Tel qu’indiqué dans le chapitre précédent, tant les prix que les volumes étaient en baisse pour la plupart des produits; les exportations d’animaux vivants et de boeuf ont continué à subir les effets des restrictions commerciales et les exportations de porc ont souffert du lien fait par certains avec la grippe porcine. Parmi les produits agricoles, ce sont les exportations de céréales qui ont régressé le plus, cédant 1,7 milliard de dollars (19,2 p. 100), fournissant plus de 44 p. 100 du recul global. Le blé a été responsable d’un peu moins de 60 p. 100 du repli du groupe des céréales, alors que l’orge, l’avoine et le maïs expliquent le reste. Les exportations d’animaux vivants ont fléchi de 691,6millions de dollars, les bovins expliquant les trois quarts de la baisse et le porc, le reste. Nonobstant l’augmentation déjà soulignée des exportations en Chine, il y a eu d’importants reculs des exportations de graines de canola (406,5 millions de dollars) et d’huile de canola (326,7 millions de dollars). Au niveau des destinations, quatre pays comptent pour plus de la totalité du recul des exportations de produits agricoles et agroalimentaires; à elle seule, la baisse des exportations aux États-Unis explique environ les deux tiers du repli total. Le Japon, l’Algérie et leMexique suivent, avec des pertes de 742,5 millions de dollars, 458,8 millions de dollars et 361,8 millions de dollars, respectivement. En outre, huit autres pays – la Belgique, l’Iran, l’Indonésie, la Russie, la Turquie, la Malaisie, le Pakistan et le Soudan – ont accusé des baisses variant de 100 millions de dollars à 300 millions de dollars. Ces pertes ont toutefois été compensées par des gains à l’exportation vers l’Iraq, le Bangladesh et la Chine, de 316,3 millions de dollars, 334,9millions de dollars et 922,2 millions de dollars, respectivement.

Les produits agricoles et agroalimentaires sont le seul grand groupe de produits à avoir enregistré une augmentation des importations l’an dernier par rapport à 2008, soit 794,7millions de dollars (2,7 p. 100), à 29,8 milliards de dollars. Pour la plupart, les changements observés entre les pays fournisseurs ont été assez limités. Ainsi, la plus forte baisse, soit 44,2millions de dollars, a touché les importations provenant de la France. Trois pays expliquent plus de 80 p. 100 de l’augmentation totale : les États-Unis (54,9 p. 100), leMexique (15,2 p. 100) et le Brésil (11,2 p. 100). Les gains ont été dominés par une avancée de 239,4millions de dollars des préparations à base de céréales, de farines ou de lait (y compris le pain, les pâtisseries et les pâtes) et par divers fruits et légumes frais, y compris les baies (51,1 millions de dollars), les bananes (48,5 millions de dollars), la laitue (44,7 millions de dollars), les champignons (43,5 millions de dollars) et les raisins (42,9 millions de dollars).

Alors que les exportations diminuaient et que les importations augmentaient, l’excédent commercial du Canada pour les produits agricoles et agroalimentaires s’est détérioré de 4,6 milliards de dollars en 2009, à 9,0 milliards de dollars.

Minéraux et métaux10

Tel que noté, le commerce des minéraux et desmétaux est très sensible à la conjoncture économique. Durant les périodes d’expansion, les échanges commerciaux sont très robustes, mais lors d’un ralentissement de la production économique, la demande de ces produits doldégringole. En 2009, les exportations deminéraux et demétaux ont plongé de 21,8 milliards de dollars, à 48,5 milliards de dollars. Les pertes étaient généralisées, avec en tête l’aluminium, le fer et l’acier et les produits du nickel; les exportations de ces produits ont chuté de 4,2 milliards de dollars, 3,9 milliards de dollars et 3,7 milliards de dollars, respectivement.

Les exportations vers presque tous les pays développés ont fléchi, sauf pour les suivants : Singapour (gain de 104,6 millions de dollars), France (86,1 millions de dollars), Espagne (8,5 millions de dollars), Autriche (7,1 millions de dollars) et Irlande (1,4million de dollars). Aux prises avec une récession prolongée ayant débuté en 2007, les États-Unis sont à l’origine de la plus grande partie de la baisse. Le recul de la production dans le secteur de l’automobile et le malaise économique généralisé ont contribué à faire chuter les exportations d’aluminium, de fer et d’acier, et de produits en fer et en acier, de 3,4 milliards de dollars, 3,1 milliards de dollars et 2,2 milliards de dollars, respectivement, représentant plus de 60 p. 100 de la baisse des exportations de minéraux et métaux aux États-Unis. En outre, les exportations de cuivre et de nickel ont diminué sensiblement, expliquant une autre tranche de 20 p. 100 de la baisse générale des exportations aux États-Unis dans ce secteur. Les exportations vers le Japon et la Norvège ont aussi accusé un repli significatif en 2009. Dans le cas du Japon, les exportations étaient en baisse de 1,2 milliard de dollars, tandis qu’elles ont diminué de 1,1 milliard de dollars vers la Norvège.Dans le premier cas, la baisse est principalement attribuable auxminerais, à l’aluminium, au nickel et aux autres métaux communs, tandis que dans le second cas, le recul est imputable au nickel, aux autres métaux communs et au cuivre.

Du côté des importations, la catégorie des métaux etminéraux était en baisse de 10,6 milliards de dollars en 2009, à 39,5 milliards de dollars. Comme pour les exportations, les pertes étaient répandues et seuls les pierres et métaux précieux ont inscrit un gain par rapport à 2008. Ici également, en raison du ralentissement, notamment de la production du secteur de l’automobile, l’essentiel des pertes était concentré dans le fer et l’acier, les produits en fer et en acier et l’aluminium. Ces trois groupes comptaient pour plus de 70 p. 100 de la baisse totale des importations de métaux et de minéraux du Canada, avec des pertes de 3,9 milliards de dollars, 2,5 milliards de dollars et 1,2 milliard de dollars, respectivement. La plus grande partie du déclin s’explique par une baisse des importations en provenance des États-Unis (8,0 milliards de dollars, soit 75,1 p. 100 du total) et de la Chine (1,2 milliard de dollars, soit 11,3 p. 100 du total). Dans le cas des États-Unis, le fer et l’acier et les articles en fer et en acier sont les catégories ayant connu les baisses les plus marquées; les minerais, l’aluminium, lesmétaux précieux et le cuivre étaient également en repli. Pour la Chine, c’est à nouveau le fer et l’acier et les articles en fer et en acier qui ont régressé le plus, mais les autres métaux communs et l’aluminium ont aussi contribué au déclin.

Les importations de pierres et métaux précieux ont augmenté de 0,4 milliard de dollars – la seule catégorie du groupe des métaux etminéraux à avoir inscrit un gain. Une baisse de 0,8 milliard de dollars des importations des États-Unis a été compensée par la hausse des importations venant du Pérou (0,4 milliard de dollars), du Chili (0,3 milliard de dollars), du Royaume-Uni et de l’Argentine (0,2 milliard de dollars dans les deux cas) et de la Suisse et du Suriname (0,1 milliard de dollars dans les deux cas). La plus grande partie du recul observé pour les États-Unis provient de l’or et des déchets et débris de métaux précieux, des produits où le Pérou et le Chili ont fait les gains les plus importants.

Malgré le fait que les importations de métaux et minéraux ont reculé de 10,6 milliards de dollars, l’excédent commercial dans cette catégorie s’est refermé de 11,2 milliards de dollars en 2009 (à 9,0 milliards de dollars) en raison du fait que les exportations étaient en baisse de 21,8 milliards de dollars.

Produits chimiques, plastiques et caoutchouc11

Les exportations de produits chimiques, plastiques et caoutchouc ont diminué de 9,3 milliards de dollars, à 38,9 milliards de dollars, en 2009. Les engrais et les plastiques ont dominé le recul, cédant 3,0 milliards de dollars dans chaque cas, tandis que les exportations de produits chimiques organiques et inorganiques perdaient 1,8 milliard de dollars et 1,5 milliard de dollars, respectivement.Des pertes plus limitées sont survenues pour le caoutchouc, les teintures et peintures, les produits chimiques divers et les parfums,mais ces pertes ont été largement compensées par une augmentation des exportations de produits pharmaceutiques.

Pour l’essentiel, la baisse des exportations d’engrais est imputable au recul de 2,6 milliards de dollars des exportations de potasse, les engrais à base d’azote expliquant la plus grande partie du reste. Les États-Unis comptent pour un peu plus de 40 p. 100 de la baisse des exportations de potasse. Les pays en développement d’Asie expliquent une autre tranche de 40 p. 100 du déclin, notamment la baisse des exportations en Chine, en Inde, enMalaisie et en Indonésie. Le reste du recul est attribuable en bonne partie à l’Amérique latine, notamment le Brésil, le Mexique et la Colombie. Par ailleurs, la baisse de 375,3 millions de dollars des exportations aux États-Unis excède la totalité de la baisse de 369,5millions de dollars des exportations d’engrais à base d’azote.

Près de 90 p. 100 (2,7 milliards de dollars) du recul des exportations de plastiques provient de la baisse des exportations aux États- Unis. La plupart des sous-composantes de la catégorie des plastiques étaient en repli, mais les pertes les plus importantes ont été enregistrées pour le polyéthylène et le polyester.

Les exportations de produits chimiques organiques aux États-Unis ont fléchi de 1,3 milliard de dollars par rapport aux niveaux de 2008, tandis celles à destination de la Chine reculaient de 0,5 milliard de dollars, expliquant une bonne partie du repli observé dans cette catégorie. Les pertes étaient surtout concentrées dans les hydrocarbures cycliques (40,8 p. 100 du total), les alcools acycliques et leurs dérivés (27,4 p. 100 du total) et les hydrocarbures acycliques (25,9 p. 100 du total). La baisse des exportations de produits chimiques inorganiques aux États-Unis (0,8 milliard de dollars) et, dans unemoindremesure, au Royaume-Uni et en Chine (0,2 milliard de dollars dans chaque cas) est à l’origine du déclin observé dans cette catégorie, alors que cinq produits – l’ammoniac, le soufre, l’uraniumet les isotopes radioactifs, l’hydrogène et l’acide sulfurique – expliquent environ 87,0 p. 100 du recul global.

Les importations de produits chimiques ont diminué de 3,2 milliards de dollars en 2009, à 53,4 milliards de dollars. Les pertes ont été les plus importantes du côté des plastiques (1,9 milliard de dollars), des produits chimiques organiques (1,4 milliard de dollars) et des produits chimiques inorganiques (1,1 milliard de dollars); elles ont été partiellement annulées par une augmentation de 1,8 milliard de dollars des importations de produits pharmaceutiques. Le recul des importations provenant des États-Unis explique près des deux tiers de la baisse (2,1 milliards de dollars). Des pertes plus restreintes mais notables ont été enregistrées pour l’Allemagne, le Suriname, la Jamaïque, Israël, le Chili, et Trinidad et Tobago.

Les importations canadiennes de plastiques ont régressé dans la plupart des sous-catégories et plus particulièrement le polyéthylène (368,0 millions de dollars), le polypropylène (269,8 millions de dollars) et le PVC, ou chlorure de polyvinyle, (215,1 millions de dollars). Les importations en provenance des États-Unis ont fléchi de 1,7 milliard de dollars, soit près de 90 p. 100 de la baisse des importations de plastiques.

Les importations de produits chimiques organiques ont fléchi de 1,4 milliard de dollars et quatre produits – les alcools acycliques et leurs dérivés, les composés hétérocycliques, les hydrocarbures acycliques et les hydrocarbures cycliques – comptent pour près des deux tiers de la perte.Un peu plus de lamoitié de la baisse s’explique par la diminution des importations venant des États-Unis; les baisses plus limitées touchant la Suisse, la France, Israël, l’Inde, le Chili et Trinidad et Tobago expliquent la plus grande partie du reste.

Du côté des produits chimiques inorganiques, les importations étaient en recul de 1,1 milliard de dollars par rapport aux niveaux de 2008. Les importations en provenance des États-Unis ont fléchi (324,3 millions de dollars), comme c’est le cas de la Chine (219,0 millions de dollars), du Suriname (200,3millions de dollars) et de la Jamaïque (165,3 millions de dollars), représentant plus de 80 p. 100 de la baisse globale. Près de lamoitié des pertes s’expliquent par la baisse des importations d’oxydes d’aluminium.

Le recul de 9,3 milliards de dollars des exportations et la baisse de 3,2 milliards de dollars des importations ont contribué à faire grimper le déficit commercial du Canada pour les produits chimiques, les plastiques et le caoutchouc de 6,1 milliards de dollars à 14,5 milliards de dollars en 2009.

Bois, pâte et papier12

Les exportations de bois, pâte et papier ont chuté de 6,9 milliards de dollars en 2009, à 24,8 milliards de dollars, le bois et le papier et les produits du papier expliquant, chacun, environ le tiers du repli. Les exportations plus faibles de pâte expliquent la plus grande partie du reste de la baisse. Seules les exportations de paille étaient en hausse.

Les exportations de produits du bois ont reculé pour la cinquième année d’affilée, cédant 2,4 milliards de dollars, en 2009. Près de 90 p. 100 de la baisse s’explique par la diminution des exportations aux États-Unis. Le Japon arrive au deuxième rang avec 9,1 p. 100 du déclin. Les pertes ont été le plus durement ressenties du côté du bois d’oeuvre (1,4 milliard de dollars), des fenêtres, portes, bardeaux et panneaux (359,0 millions de dollars), des panneaux de particules (181,7 millions de dollars) et du contreplaqué (98,7 millions de dollars).

Les exportations de papier et de carton ont fléchi de 2,2 milliards de dollars en 2009, à 10,9 milliards de dollars. Les exportations aux États-Unis ont chuté de 1,5 milliard de dollars, tandis que celles à destination de l’Inde et du Brésil fléchissaient, respectivement, de 173,7 millions de dollars et de 77,5 millions de dollars. Les deux tiers du déclin, soit 1,5 milliard de dollars, s’expliquent par la baisse des exportations de papier journal, alors que les exportations de papiers non-couchés et de papiers kraft non-couchés ont subit des baisses de 0,5 milliard de dollars et 0,2 milliard de dollars, respectivement.

Les exportations de pâtes ont régressé de 2,0 milliards de dollars en 2009, les États-Unis comptant pour près de lamoitié de la baisse et diverses économies asiatiques (la Corée du Sud, le Japon, l’Indonésie, Taïwan et la Thaïlande) expliquant un quart du recul.

Les importations de bois, pâte et papier étaient en baisse de 1,1 milliard de dollars, les pertes étant largement réparties. Le bois dominait à ce titre, avec un recul des importations de 436,7millions de dollars, suivi du papier et du carton (290,0 millions de dollars), de la pâte (188,5 millions de dollars) et des livres et du papier journal (166,0 millions de dollars).

Avec des exportations en baisse de 6,9 milliards de dollars et des importations n’ayant reculé que de 1,1 milliard de dollars, l’excédent commercial dans le commerce du bois, de la pâte et du papier a fondu de 5,8 milliards de dollars en 2009, pour s’établir à 12,0 milliards de dollars.

Textiles, vêtements et cuir13

Les exportations canadiennes de textiles, de vêtements et de cuir (TVC) ont reculé l’an dernier pour la septième année d’affilée, cédant encore 678,6millions de dollars pour passer de 4,7 milliards de dollars en 2008 à 4,0 milliards de dollars en 2009. À l’exception de modestes gains dans les autres fibres végétales et la laine, les exportations étaient en baisse dans toutes les grandes catégories de ce groupe. Les exportations vers les États-Unis ont fléchi de 431,5 millions de dollars, ce qui représente un peu moins des deux tiers du repli global. Le quart de la baisse provient de la diminution des exportations de peaux et de pelleteries.

Le recul des exportations était généralisé, mais ce sont les exportations de vêtements tissés qui ont diminué le plus, soit de 116,1 millions de dollars en 2009, suivies des pelleteries et de la fourrure artificielle (95,7 millions de dollars). De façon générale, les exportations réduites vers les États-Unis expliquent l’essentiel des pertes. Les pelleteries constituent l’une des rares exceptions : la baisse des expéditions versHong Kong compte pour un peu plus de la moitié du recul – le reste étant expliqué pour l’essentiel par la baisse des exportations vers les pays de l’Union européenne, où l’opposition aux ventes de fourrures est assez vive.

Les importations de produits de TVC étaient en baisse de 770,9 millions de dollars, à 15,7 milliards de dollars. Comme pour les exportations, les pertes étaient généralisées et seules les importations de chaussures ont enregistré une légère augmentation l’an dernier. Les baisses ont été les plus marquées pour les fils synthétiques (115,5millions de dollars) et certain articles en cuir (108,9millions de dollars).

Au niveau régional, la baisse des importations provenant des États-Unis (366,7 millions de dollars) représentait un peu moins de la moitié du recul global. Les importations en provenance de Chine ont fléchi de 194,0 millions de dollars et celles venant d’Italie, de 130,7 millions de dollars. Suivent les importations du Mexique, de la Turquie, de Taïwan, de la Corée du Sud et de Hong Kong, où les pertes ont été, respectivement, de 56,8 millions de dollars, 38,8 millions de dollars, 33,3 millions de dollars, 31,6millions de dollars et 29,6millions de dollars, respectivement. Par contre, les importations en provenance de certains pays d’Asie ont inscrit des gains, dont le Pakistan, le Cambodge, l’Indonésie, le Vietnamet, notamment, le Bangladesh (162,1millions de dollars).

Biens de consommation et produits manufacturés divers14

Les exportations de biens de consommation et produitsmanufacturés divers ont chuté de 4,8 milliards de dollars en 2009. Plus de 60 p. 100 du déclin est attribuable aux dispositions spéciales, en particulier les réductions dans le montant des transactions à l'exportation de faible valeur et des produits confidentiels ainsi que des biens d’origine américaine retournant aux États-Unis. Si l’on fait abstraction de ces dispositions spéciales, les exportations de biens de consommation et produits manufacturés divers ont fléchi de 1,8 milliard de dollars, et plus de 90 p. 100 de la baisse est imputable auxmeubles et aux articles de literie, en recul de 1,7 milliard de dollars l’an dernier.

Les exportations demeubles, autres que les meubles employés à des fins médicales, chirurgicales ou dentaires, ont diminué de 1,0 milliard de dollars en 2009 en raison de la baisse des exportations aux États-Unis. Les exportations de sièges, autres que les sièges de barbier et de dentiste, ont également fléchi en 2009, cédant 0,5 milliard de dollars, encore une fois en raison de la baisse des exportations aux États-Unis.

Les exportations de jouets ont reculé de 141,6 millions de dollars, environ 95 p. 100 de la baisse étant attribuable aux expéditions vers les États-Unis.

Les importations de biens de consommation et produitsmanufacturés divers ont chuté de 3,5 milliards de dollars en 2009, la moitié du recul étant imputable aux dispositions spéciales. Après avoir pris en compte ces dispositions spéciales, les importations de biens de consommation et produits manufacturés divers étaient en baisse de 1,7 milliard de dollars. Les meubles et les articles de literie de même que les jouets et les articles de sport sont responsables de la plus grande partie du recul.

Les pertes du côté desmeubles et des articles de literie étaient répandues puisque toutes les sous-composantes de cette catégorie, sauf une, ont fléchi l’an dernier; les meubles utilisés à des fins médicales, chirurgicales ou dentaires constituent l’exception; dans ce cas, les importations ont progressé légèrement, soit de 2,5 millions de dollars. La plus grande partie des baisses se retrouve du côté des sièges et des meubles non destinés à des finsmédicales, chirurgicales ou dentaires, avec des pertes plus réduites pour les lampes et les appareils d’éclairage, les bâtiments préfabriqués et lesmatelas et articles de literie. Dans l’ensemble, les importations de meubles et d’articles de literie ont reculé de 1,2 milliard de dollars en 2009.

De même, toutes les sous-composantes de la catégorie des jouets et des articles de sports, sauf une, étaient en recul en 2009, les importations globales de cette catégorie diminuant de 365,8millions de dollars. Les importations de jouets arrivaient en tête, avec une baisse de 158,5 millions de dollars, tandis que les importations d’articles de pêche progressaient de 5,4 millions de dollars.

Autre matériel de transport15

Les exportations d’autre matériel de transport ont avancé de 2,9 p. 100 en 2009, soit 334,9 millions de dollars, pour s’établir à 12,0 milliards de dollars – le seul grand groupe à avoir fait des gains l’an dernier. Les avancées se retrouvent du côté des aéronefs et matériel connexe, où les exportations ont progressé de 776,5millions de dollars. Ces gains ont été en partie annulés par des reculs du côté dumatériel ferroviaire et des navires et bateaux, dont les exportations ont fléchi de 244,6 millions de dollars et de 196,9 millions de dollars, respectivement.

Les gains observés dans les exportations d’aéronefs et de matériel connexe ont touché principalement les aéronefs (909,0millions de dollars), appuyés par une hausse de 136,4millions de dollars des exportations de pièces d’aéronefs. En revanche, les exportations d’appareils de lancement et d’entraînement aérien au sol ont régressé de 267,0millions de dollars, limitant la progression d’ensemble. Les ventes d’aéronefs ont tendance à être nominalement élevées et concentrées en raison de la longue durée de vie et des coûts élevés de ce type de matériel. Par conséquent, en 2009, il n’y a pas eu de suite aux ventes de quelque 292,5 millions de dollars faites l’année précédente à l’Uruguay, au Yémen et à la Suède. Les producteurs canadiens ont toutefois recruté huit nouveaux clients en 2009, engendrant de nouvelles ventes totalisant 531,9 millions de dollars. Pour les autres clients établis, les producteurs canadiens ont accru leurs exportations vers l’Allemagne (320,2 millions de dollars), le Danemark (277,9 millions de dollars) et le Royaume-Uni (138,8 millions de dollars), tandis que les exportations vers les États-Unis chutaient de 345,2millions de dollars l’an dernier.

Du côté des importations, les pertes étaient assez généralisées, les importations d’aéronefs et de matériel connexe reculant de 1,3 milliard de dollars et les importations de matériel ferroviaire et de navires et bateaux perdant, respectivement, 356,6millions de dollars et 300,2 millions de dollars.

Le recul des importations de navires et bateaux a été dominé par une baisse de 304,2 millions de dollars des importations de yachts et autres embarcations de plaisance.

Du côté du matériel ferroviaire, les progrès enregistrés dans les wagons autopropulsés et non autopropulsés ont été annulés par des pertes plus importantes dans les importations de locomotives et de pièces, ce qui explique la baisse globale dans cette catégorie.

La diminution de 1,4 milliard de dollars des importations d’aéronefs est supérieure à la totalité du recul des importations d’aéronefs et matériel connexe. Ce recul a été en partie annulé par une augmentation de 118,9 millions de dollars des importations de pièces.

Le commerce au niveau des provinces et des territoires

Le commerce canadien de marchandises était en baisse dans toutes les provinces et territoires, sauf pour les importations au Nunavut, qui ont bondi de 56,2 p. 100, soit 17,9 millions de dollars.

Tableau 5-2
Commerce des marchandises par province et territoire, 2009
 ExportationsCroissance des exportationsPart des exportationsImportationsCroissance des importationsPart des importations
Ontario147 656 300 000 $-21,8 %41,0 %208 368 400 000 $-14,0 %57,1 %
Alberta70 430 500 000 $-36,5 %19,6 %17 841 200 000 $-19,3 %4,9 %
Québec58 170 200 000 $-18,1 %16,2 %63 194 900 000 $-19,6 %17,3 %
Colombie-Britannique25 792 800 000 $-23,3 %7,2 %36 648 600 000 $-14,8 %10,0 %
Saskatchewan21 791 800 000 $-26,4 %6,1 %7 243 700 000 $-19,8 %2,0 %
Manitoba10 577 000 000 $-18,9 %2,9 %12 998 200 000 $-15,0 %3,6 %
Nouveau-Brunswick9 911 600 000 $-22,7 %2,8 %9 387 000 000 $-12,6 %2,6 %
Terre-Neuve-et-Labrador8 514 000 000 $-41,7 %2,4 %2 642 600 000 $-37,4 %0,7 %
Nouvelle-Écosse4 336 300 000 $-24,5 %1,2 %6 657 500 000 $-20,9 %1,8 %
Territoires du Nord-Ouest1 526 400 000 $-34,7 %0,4 %2 000 000 $-86,5 %0,0 %
Île-du-Prince-Édouard861 000 000 $-2,0 %0,2 %41 300 000 $-65,3 %0,0 %
Yukon Territory128 600 000 $-2,6 %0,0 %76 200 000 $-17,2 %0,0 %
Nunavut4 000 000 $-83,0 %0,0 %49 800 000 $56,2 %0,0 %
Total359 700 300 000 $-25,6 %100,0 %365 151 400 000 $-15,9 %100,0  %

Source : Bureau de l’économiste en chef, MAECI, avec des données de Statistique Canada

L’Ontario est peut-être la province qui a été la plus durement touchée par le ralentissementmondial, absorbant le tiers du recul total des exportations de marchandises du Canada en 2009 et près lamoitié de la baisse des importations de marchandises. Dans l’ensemble, les exportations de l’Ontario ont chuté de 41,2 milliards de dollars (21,8 p. 100), à 147,7 milliards de dollars, tandis que les importations étaient en baisse de 33,9 milliards de dollars (14,0 p. 100), à 208,4 milliards de dollars (tableau 5-2). Du côté des exportations, le tiers de la baisse (14,8 milliards de dollars) provient du secteur de l’automobile. Les autres pertes importantes se retrouvent du côté des machines et du matériel (mécaniques et électriques) (5,6 milliards de dollars), du nickel (3,0 milliards de dollars), du fer et de l’acier (2,9 milliards de dollars) et de l’énergie (2,4 milliards de dollars). De façon similaire, le recul des importations de l’Ontario a été plus particulièrement prononcé du côté des produits de l’automobile, desmachines et dumatériel et de l’énergie. Ensemble, ces trois catégories représentent quelque 70 p. 100 de la baisse totale des importations de la province.

Les exportations de l’Alberta ont chuté presque autant que celles de l’Ontario (40,4 milliards de dollars), perdant ainsi 36,5 p. 100 de leur valeur entre 2008 et 2009. Les quatre cinquièmes environ du repli proviennent du secteur de l’énergie, où les pertes ont été assez également réparties entre le pétrole brut et le gaz naturel. Comme nous l’avons déjà souligné, une bonne partie de la baisse est liée aux corrections de prix survenues dans ce secteur, bien que les volumes aient aussi diminué légèrement. Les importations en Alberta étaient en baisse de 4,3 milliards de dollars (19,3 p. 100), à 17,8 milliards de dollars. La réduction des activités dans le secteur de l’énergie s’est traduite par une baisse de 0,9 milliard de dollars de la demande d’importations de fer et d’acier et de produits connexes. Les importations de machines et matériel électriques et non électriques étaient en recul de 0,7 milliard de dollars, tandis que les importations de véhicules chutaient de 0,6 milliard de dollars par rapport à 2008.

Les prix moins élevés de l’énergie ont aussi eu un impact sur le commerce à Terre- Neuve-et-Labrador, où la baisse de 5,5 milliards de dollars des exportations d’énergie explique environ 90 p. 100 du recul général de 6,1 milliards de dollars des exportations de la province. De même, les prix plus faibles ont réduit les importations d’énergie d’un peu plus de 1,6 milliard de dollars, ce qui explique la totalité de la baisse de 1,6 milliard de dollars des importations de marchandises de la province.

Partout au Canada, le recul des prix internationaux de l’énergie a eu un effet sur les échanges de produits énergétiques. En Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, l’énergie représente entre 61,4 p. 100 et 77,9 p. 100 de la baisse des exportations provinciales; du côté des importations, ces produits expliquent plus du quart du recul observé en Nouvelle-Écosse et la totalité du recul au Nouveau-Brunswick. Bien que l’énergie ait eu peu d’impact sur les importations, au Manitoba, ce secteur explique environ le cinquième de la baisse des exportations de la province, tandis qu’en Saskatchewan, la proportion atteint environ la moitié. En Colombie- Britannique, l’énergie est à l’origine du tiers de la baisse des exportations provinciales et du cinquième de la baisse des importations. Du côté des territoires, l’énergie explique environ 90 p. 100 du recul des importations dans les Territoires du Nord-Ouest et la totalité de la baisse des importations au Yukon.

À l’Île-du-Prince-Édouard, les exportations de fruits de mers frais et préparés et de fruits et légumes frais ont chuté de 61,8 millions de dollars, entraînant à la baisse les exportations de la province; celles-ci ont régressé de 2,0 p. 100 (17,1 millions de dollars), à 861,0 millions de dollars.

Les exportations de céréales ont fléchi de 17,6 p. 100 au Manitoba et de 18,8 p. 100 en Saskatchewan, représentant à peu près 10 p. 100 de la baisse des exportations de ces provinces. Le blé explique à lui seul plus de la moitié du recul dans chacune des provinces. En Saskatchewan, les exportations de potasse ont chuté de 2,4 milliards de dollars, expliquant une autre tranche de 30 p. 100 du recul des exportations de la province.

En Colombie-Britannique, la faiblesse du marché de l’habitation aux États-Unis est à l’origine de la baisse de 1,2 milliard de dollars des exportations de bois d’oeuvre, tandis que les exportations de pâte et papier reculaient d’un montant équivalent. Ensemble, ces trois catégories expliquent un peu plus de 30 p. 100 du recul des exportations de la province en 2009.

Du côté des importations, au-delà de l’énergie, la baisse des importations de machines et de matériel (mécaniques et électriques) et de véhicules a réduit dans une proportion de 40 à 60 p. 100 les importations au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie- Britannique. En Alberta, les importations moins élevées de ces produits ont abaissé les importations provinciales de 30 p. 100 par rapport à leurs niveaux de 2008.

Enfin, au Québec, la baisse des exportations était généralisée, les reculs les plus notables étant survenus dans les produits énergétiques, le bois d’oeuvre, la pâte, le papier, les plastiques et le fer et l’acier et leurs produits. Cependant, c’est dans le secteur des machines et dumatériel (2,2 milliards de dollars) et celui de l’aluminium (2,9 milliards de dollars) où la contraction des exportations a été la plus forte. Les prix moins élevés de l’énergie ont abaissé les importations provinciales de 9,5 milliards de dollars, soit 61,5 p. 100 du total.


1. Les statistiques sur le commerce canadien se présentent essentiellement sous deux formes : les statistiques compilées sur une base douanière et celles qui sont compilées sur la base de la balance des paiements. Au chapitre 4, l’analyse du commerce avec les « principaux partenaires » repose sur les données du commerce de la balance des paiements. Les statistiques sur les échanges commerciaux désagrégés au niveau des produits de base et des pays individuels sont produites uniquement sur une base douanière. Comme le chapitre 5 examine l’évolution du commerce à un niveau détaillé, les chiffres qu’il renferme reflètent les statistiques compilées sur une base douanière.

2. Pour plus de détails, voir le rapport intitulé Le commerce international du Canada 2009.

3. Le commerce des marchandises du Canada est habituellement présenté selon le Système harmonisé (SH), un système international de classification des produits échangés. Dans le SH, le commerce est ventilé en 97 chapitres, correspondant à la classification à deux chiffres. Chaque chapitre est ensuite ventilé en sous-catégories, correspondant à la classification à quatre chiffres, et chaque sous-catégorie à quatre chiffres est elle-même ventilée en produits individuels, correspondant à la classification à six chiffres. Dans cette section, nous examinons les principaux produits entrant dans les échanges commerciaux du Canada au niveau de la classification à quatre chiffres du SH.

4. Chapitre 27 du SH.

5. Chapitre 87 du SH.

6. Chapitre 84 du SH.

7. Chapitre 85 du SH.

8. Chapitre 90 du SH.

9. Chapitres 1 à 24 du SH.

10. Chapitres 25, 26 et 68 à 83 du SH, sauf le chapitre 77. Le chapitre 77, mis en réserve, n’existe pas à l’heure actuelle dans le système SH.

11. Chapitres 28 à 40 du SH.

12. Chapitres 44 à 49 du SH.

13. Chapitres 41 à 43 et 50 à 65 du SH.

14. Chapitres 66, 67 et 91 à 99 du SH.

15. Chapitres 86, 88 et 89 du SH.