Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l'investissement – 2011

La performance de l’économie mondiale1

Aperçu et perspectives globales

La reprise mondiale, qui s’est confirmée vers le milieu de 2009, a accéléré la cadence au début de 2010 avant de ralentir dans la secondemoitié de l’année. Ce ralentissement reflète l’évolution normale du cycle des stocks. Lorsque, au début de l’année, les entreprises ont commencé à reconstituer leurs stocks partiellement épuisés, l’activité économique a connu une expansion plus rapide.

Cependant, le rythme de l’activité demeure inégal d’une région à l’autre, l’emploi tirant de l’arrière dans plusieurs pays. Les économies qui accusent un retard sur lemouvement de reprise mondiale sont généralement celles qui ont subi de sérieux chocs financiers durant la crise, souvent liés à un boomimmobilier et à un lourd endettement extérieur, ou qui doivent faire face aux pressions du marché financier. Dans l’ensemble, on assiste à une reprise à deux vitesses : il y a encore d’importants écarts de production dans la plupart des économies avancées, tandis que ces écarts se sont déjà refermés ou sont en voie de le faire dans les économies émergentes ou en développement.

Dans les grandes économies avancées, la croissance économique a été modeste, notamment devant la sévérité de la récession, atteignant tout juste 3,0 p. 100 en 2010 (tableau 1-1). Aux États-Unis et dans la zone euro, le rythme de la reprise économique est aussi faible qu’au sortir des récessions du début des années 1990, en dépit d’un recul beaucoup plus prononcé. Par ailleurs, les économies avancées d’Asie ont connu une reprise beaucoup plus vigoureuse. Globalement, la croissance n’est pas assez forte pour produire une amélioration notable des taux de chômage, en particulier dans les économies occidentales avancées.

À l’opposé, plusieurs économies émergentes ou en développement ont enregistré une croissance robuste, qui a atteint 7.3 p. 100 en 2010, et les taux de chômage y sont plus bas. Dans un nombre croissant de ces économies, on observe les premiers signes d’un resserrement des contraintes de capacité. Parmi ces économies, celles qui sont situées en Asie arrivent en tête de liste, suivies des économies d’Amérique latine et des Caraïbes, tandis que les économies d’Europe de l’Est ne font que commencer à profiter d’une expansion significative.

Dans la plupart des économies avancées, la transition de la demande publique vers la demande privée se déroule sans heurts, apaisant ainsi les craintes que la diminution du soutien provenant de la politique budgétaire puisse provoquer une récession à « double creux ». Les conditions financières continuent de s’améliorer, bien qu’elles demeurent somme toute fragiles. Dans un certain nombre d’économies de marché en émergence, la demande est robuste et le risque de surchauffe commence à préoccuper les responsables des politiques. La hausse des prix des aliments et des produits de base représente une menace pour les ménages démunis et aggrave les tensions sociales et économiques, notamment auMoyen-Orient et en Afrique du Nord.

La croissance réelle du PIB mondial devrait se situer autour de 4,5 p. 100 en 2011 et 2012, ce qui est légèrement inférieur au taux de 5,0 p. 100 enregistré en 2010. Dans les économies avancées et les économies émergentes ou en développement, le PIB réel devrait progresser de près de 2,4 p. 100 et de 6,5 p. 100, respectivement. Les risques à la baisse demeurent plus grands que les risques à la hausse. Dans les économies avancées, la faiblesse des bilans souverains et la fragilité continue desmarchés immobiliers suscitent toujours de sérieuses préoccupations, notamment dans quelques économies de la zone euro. Les risques financiers sont aussi une source d’inquiétude à cause des besoins de financement considérables des banques et des États. La progression des prix des produits de base, notamment le pétrole, s’ajoutant à la frénésie et à la surchauffe des marchés d’actifs dans les économies demarché émergentes engendrent des risques baissiers supplémentaires.

Tableau 1-1
Croissance du PIB réel dans certaines économies, en pourcentage (2007-2010 et prévisions pour 2011-2012)
 200720082009201020112012
1 Prévisions du FMI pour 2010.
Monde5,42,9-0,55,04,44,5
Économies avancées2,70,2-3,43,02,42,6
Canada2,20,5-2,53,12,82,6
États-Unis1,90,0-2,62,92,82,9
Royaume-Uni2,7-0,1-4,91,31,72,3
Japon2,4-1,2-6,33,91,42,1
Zone euro2,90,4-4,11,71,61,8
dont la France2,30,1-2,51,51,61,8
dont l’Allemagne2,80,7-4,73,52,52,1
dont Italie1,5-1,3-5,21,31,11,3
NEI5,91,8-0,88,44,94,5
Hong Kong6,42,3-2,76,85,44,2
Corée15,12,30,26,14,54,2
Singapour8,81,5-0,814,55,24,4
Taiwan6,00,7-1,910,85,45,2
Économies en développement8,86,12,77,36,56,5
Asie en développement11,47,77,29,58,48,4
dont la Chine14,29,69,210,39,69,5
dont l’Inde9,96,26,810,48,27,8
dont l’ANASE-56,44,71,76,95,45,7
Indonésie6,36,04,66,16,26,5
Malaisie6,54,7-1,77,25,55,2
Philippines7,13,71,17,35,05,0
Thaïlande15,02,5-2,37,84,04,5
Vietnam8,56,35,36,86,36,8
CEI9,05,3-6,44,65,04,7
dont la Russie18,55,2-7,84,04,84,5
Moyen-Orient6,25,11,83,84,14,2
Amérique latine/Caraïbes5,74,3-1,76,14,74,2
dont le Brésil16,15,2-0,67,54,54,1
dont le Mexique3,21,5-6,15,54,64,0
Afrique7,25,62,85,05,55,9
Pays émergent d’Europe5,53,2-3,64,23,74,0

Source : FMI, base de données de Perspectives de l'économie mondiale, avril 2011 et U.S. Bureau of Economic Analysis

Cependant, il est aussi possible que la croissance soit plus robuste que prévu à court terme, en raison de la solidité des bilans des sociétés dans les économies avancées et de la forte demande dans les économies émergentes ou en développement.

Les États-Unis

Après une poussée expansionniste alimentée par la reconstitution des stocks à la fin de 2009 et au début de 2010, la croissance économique a ralenti aux États-Unis, puis elle a repris de la vigueur dans la seconde moitié de 2010. Sur l’ensemble de l’année, le PIB réel a progressé de 2,9 p. 100 après avoir fléchi de 2,6 p. 100 en 2009. C’est le taux d’expansion réel le plus élevé enregistré aux États-Unis depuis 2005. Le gain est principalement attribuable à la reprise des exportations, de l’investissement fixe non résidentiel, des dépenses de consommation et de l’investissement dans les stocks, ainsi qu’à une baisse plusmodeste de l’investissement fixe résidentiel; l’augmentation des importations est le principal facteur ayant freiné la croissance intérieure.

Le revirement de 1,7 p. 100 des dépenses des consommateurs en 2010 est venu ajouter 1,26 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, après en avoir retranché 0,84 point de pourcentage un an plus tôt; cette remontée traduit une reprise des secteurs des biens durables, des biens non-biens durables et des services. En particulier, les biens durables étaient en forte hausse – 7,7 p. 100 en termes réels par rapport à 2009 – suivis des biens non durables (2,7 p. 100) et des services (0,5 p. 100). Les revenus personnels ont avancé de 3,1 p. 100 en termes nominaux, tandis que l’inflation totale a atteint 1,6 p. 100 en 2010.

L’augmentation de l’investissement fixe non résidentiel est venue ajouter 0,55 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, reflétant une hausse de 15,3 p. 100 des investissements en matériels et en logiciels et une baisse plus modérée de l’investissement en structures (13,7 p. 100 en 2010 après un recul de 20,4 p. 100 en 2009).

L’investissement fixe résidentiel a retranché 0,07 point de pourcentage de la croissance du PIB réel en 2010. Cependant, après une dégringolade de 24,0 p. 100 en 2008 et de 22,9 p. 100 en 2009, la baisse observée en 2010 a été beaucoup plus limitée, soit de 3,0 p. 100.Mais elle a tout demême eu un effet négatif sur l’expansion du PIB réel.

La reprise de l’investissement dans les stocks a ajouté 1,40 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, après avoir soustrait 0,55 point de pourcentage de cet indicateur en 2009.

Les exportations réelles de biens et services des États-Unis ont avancé de 11,7 p. 100 en 2010, après un recul de 9,5 p. 100 en 2009. L’amélioration des exportations a fait une contribution positive de 1,34 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, traduisant la reprise généralisée des exportations de biens. Les exportations de services ont également retrouvé le chemin de la croissance. Cependant, les importations réelles de biens et services ont affiché une reprise plus robuste en 2010, avec un gain de 12,6 p. 100, après avoir reculé de 13,8 p. 100 l’année précédente. Le niveau plus élevé des importations traduit essentiellement la reprise généralisée des importations de biens et a réduit la croissance du PIB réel de 1,83 point de pourcentage. Ainsi, les exportations nettes sont devenues un frein à la croissance de l’économie américaine en 2010, ralentissant l’expansion économique réelle de 0,49 point de pourcentage.

Les dépenses gouvernementales ont décéléré par suite d’une diminution plus marquée des dépenses des États et des administrations locales et d’un ralentissement des dépenses du gouvernement fédéral.

La reprise du marché du travail demeure léthargique. Après avoir perdu 8,75 millions d’emplois entre janvier 2008 et février 2010, le marché du travail a regagné moins de 1,5 million d’emplois depuis le creux cyclique, suivant à peine le rythme de croissance de la population en âge de travailler. Le ratio emploi/population est demeuré essentiellement inchangé depuis le début de la reprise2. Environ le tiers de la baisse du taux de chômage observée depuis octobre 2009 – à 8,8 p. 100 en mars 2011 – est imputable à la baisse de la participation à la population active, qui est aujourd’hui à son plus bas niveau depuis plus d’un quart de siècle3.

En outre, le chômage à long terme et les mesures plus larges du sous-emploi – y compris la part des travailleurs qui travaillent involontairement à temps partiel ou qui ne sont que marginalement attachés la population active – demeurent bien audessus des sommets antérieurs, selon le FMI. L’organisme affirme que la crise pourrait avoir haussé le chômage structurel aux États-Unis en raison du fait que des chocs sectoriels et régionaux plus graves ont créé des déséquilibres entre l’offre et la demande de compétences.

L’économie américaine devrait croître de 2,8 p. 100 cette année, un taux qui augmentera légèrement à 2,9 p. 100 en 2012, alors que le raffermissement progressif de la demande finale privée compensera le soutien décroissant provenant de la politique budgétaire fédérale. Les mesures budgétaires présentées à la mi-décembre se traduiront par une contribution d’un peu plus d’un demipoint de pourcentage à la croissance cette année, bien que les propositions récentes visant à freiner les dépenses fédérales réduiront vraisemblablement l’impact global de ces dépenses. Le FMI prévoit que la hausse des prix pétroliers annulera en bonne partie l’effet stimulateur des politiques quantitatives expansionnistes de la Réserve fédérale et d’unmeilleur bilan net à l’exportation sur la croissance en 2011. Le chômage devrait rester élevé, ne diminuant que légèrement à environ 7,8 p. 100 en 2012.

Le Japon

Parmi les grandes économies avancées, c’est au Japon que la croissance a été la plus rapide en 2010 grâce à un imposant programme de mesures budgétaires et à une reprise des exportations. Après deux années consécutives de contraction, l’économie japonaise a rebondi en 2010 avec un taux de croissance du PIB réel de 3,9 p. 100. Cette reprise s’appuie sur une forte expansion des exportations, une poussée de l’investissement dans les stocks et une augmentation de la consommation des gouvernements et des ménages, mais les gains ont été en partie neutralisés par une hausse des importations.

La reconstitution des stocks a ajouté 0,6 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, après en avoir soustrait 1,5 point de pourcentage en 2009 et 0,2 point de pourcentage l’année précédente.

De façon similaire, la consommation privée au Japon a mis fin à deux années de contraction en augmentant de 1,8 p. 100 l’an dernier. La consommation des ménages venait en tête avec un gain de 1,9 p. 100. Dans l’ensemble, la croissance de la consommation privée a ajouté 1,1 point de pourcentage à l’expansion du PIB en 2010.

Le secteur de l’habitation montre toujours des signes de faiblesse au Japon. La baisse de l’investissement fixe résidentiel, qui a retranché 0,2 point de pourcentage à la croissance du PIB réel en 2010, traduit un recul de 6,3 p. 100 de l’investissement résidentiel.

L’investissement fixe résidentiel au Japon a régressé de 14,0 p. 100 en 2009, de 8,0 p. 100 en 2008 et de 9,6 p. 100 en 2007.

L’investissement fixe non résidentiel a augmenté de 2,1 p. 100 en 2010, ajoutant 0,3 point de pourcentage à la croissance du PIB réel. En comparaison, il avait reculé de 16,7 p. 100 en 2009 et de 1,4 p. 100 en 2008.

Enfin, la consommation gouvernementale a progressé de 2,3 p. 100 l’an dernier, tandis que l’investissement public a fléchi de 3,2 p. 100. Globalement, la demande publique a ajouté 0,3 point de pourcentage à la croissance du PIB réel en 2010.

Pour l’avenir, beaucoup d’incertitude persiste à l’égard du Japon au lendemain du tremblement de terre de Tohoku. Les estimations officielles des dommages au stock de capital varient entre 3 et 5 p. 100 du PIB, ce qui est environ deux fois plus élevé que lors du tremblement de terre de Kobe en 1995. Cependant, ces chiffres ne tiennent pas compte des effets des pénuries possibles de courant et des risques encore présents à la centrale de production nucléaire de Fukushima Daiichi. En supposant que les pénuries de courant et la crise nucléaire seront résolues dans les mois à venir, le FMI prévoit que la croissance du Japon ralentira à 1,4 p. 100 en 2011 avant de remonter à 2,1 p. 100 en 2012.

La zone euro

En Europe, la reprise procède lentement. Dans l’ensemble, l’activité réelle dans la région demeure en-deçà de son niveau potentiel et le chômage est toujours élevé, avec d’importantes variations entre les économies. Selon le FMI, les craintes suscitées par les pertes du secteur bancaire et la viabilité budgétaire ont creusé des écarts grandissants entre les titres souverains des pays de la zone euro qui, dans certains cas, atteignent de nouveaux sommets depuis le lancement de l’Union économique et monétaire.

Après un recul de 4,1 p. 100 du PIB réel en 2009, la croissance de la production réelle dans la zone a progressé de 1,8 p. 100 l’an dernier. Les gains ont été modestes dans la plupart des sous-composantes du PIB, à l’exception du commerce, qui montre des taux d’expansion robustes.

Les exportations réelles étaient en hausse de 11,6 p. 100 en 2010, tandis que les importations réelles avançaient de 10,7 p. 100, ce qui s’est traduit par une contribution des exportations nettes de 0,8 point de pourcentage à la croissance globale du PIB.

Le 1,0 p. 100 restant de la croissance provient de la demande intérieure. La consommation privée et la reconstitution des stocks ont fourni l’une et l’autre 0,5 point de pourcentage à la croissance réelle, la consommation augmentant de 0,8 p. 100. La consommation gouvernementale était aussi en hausse, soit de 0,7 p. 100, ce qui a apporté 0,2 point de pourcentage à la croissance; toutefois, une diminution de 0,8 p. 100 de la formation brute de capital fixe au sein de la zone euro (FBCF) a retranché 0,2 point de pourcentage de la croissance. Il s’agit de la troisième année consécutive de baisse de la FBCF.

La zone euro n’est pas exempte de problèmes et les perspectives laissent entrevoir la poursuite d’une expansion graduelle,mais inégale. En 2011, les plus grandes économies de la région (celles de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne) mettront en oeuvre desmesures visant à réduire leur déficit, tandis que les autres pays qui subissent les pressions du marché (comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal) poursuivront un important effort de consolidation axé sur des mesures immédiates. En outre, les systèmes financiers européens demeurent vulnérables et plusieurs problèmes sérieux doivent être réglés. En particulier, les questions entourant la qualité des actifs demeurent pour l’essentiel non résolues, tandis que certaines banques de la zone euro font face à d’importantes pénuries de capital.

Le PIB réel dans la zone euro devrait, selon les projections, croître à un rythme de 1,6 p. 100 en 2011 et de 1,8 p. 100 en 2012. Cependant, les perspectives diffèrent au sein de la région, ce qui traduit pour l’essentiel des écarts dans les bilans des secteurs public et privé et l’orientation des politiques macroéconomiques.

En particulier, la croissance en Allemagne devrait ralentir à 2,5 p. 100 cette année et à 2,1 p. 100 l’an prochain, après avoir inscrit un gain de 3,5 p. 100 l’an dernier, principalement en raison du retrait des mesures de soutien budgétaires et du ralentissement de la croissance de la demande externe. En France, la croissance devrait diminuer au même rythme que la moyenne de la zone euro, avec un taux de 1,6 p. 100 cette année et de 1,8 p. 100 en 2012, alors que l’expansion de la consommation est ralentie par l’arrivée à terme des mesures de stimulation budgétaire et que la croissance des exportations subira les effets d’un ralentissement de la demande extérieure. En Italie, la reprise devrait demeurer faible, alors que de sérieux problèmes de compétitivité à long terme freinent la croissance des exportations et que les mesures de consolidation budgétaire envisagées pèseront sur la demande privée. La croissance en Italie devrait tomber sous lamoyenne de la zone euro au cours des prochaines années, soit 1,1 p. 100 en 2011 et 1,3 p. 100 l’année suivante. Les mesures d’austérité prises en réponse à la crise de l’endettement souverain se répercuteront plus particulièrement sur les économies les plus étroitement associées à cette crise : la Grèce devrait subir une contraction de 3,0 p. 100 en 2011, le Portugal devrait aussi encaisser un recul de 1,5 p. 100 cette année, tandis que l’Irlande et l’Espagne enregistreront vraisemblablement de modestes gains, soit de 0,5 p. 100 et 0,8 p. 100 respectivement.

Le Royaume-Uni

Après avoir connu la plus importante contraction de son histoire en 2009 (4,9 p. 100), l’économie du Royaume-Uni a rebondi avec un taux de croissance de 1,3 p. 100 l’an dernier. L’expansion économique a été soutenue durant quatre trimestres consécutifs à compter du quatrième trimestre de 2009. Cependant, la reprise semble s’essouffler et le Royaume-Uni a terminé l’année 2010 sur un repli de 0,5 p. 100 de l’activité économique au quatrième trimestre.

À l’instar de ses voisins de la zone euro, les gains du Royaume-Uni au chapitre du commerce ont été importants. Les exportations réelles de biens et services ont progressé de 5,3 p. 100 en 2010 après s’être contractées de 10,1 p. 100 en 2009. Les biens ont dominé la hausse, avec une progression de 10,7 p. 100, tandis que les exportations de services fléchissaient de 2,3 p. 100. Dans l’ensemble, les exportations ont fait une contribution positive de 1,4 point de pourcentage à la croissance économique en 2010.

Du côté des importations, le rebond a été un peu plus important que pour les exportations. Les importations réelles ont grimpé de 8,5 p. 100 l’an dernier après avoir reculé de 11,9 p. 100 l’année précédente. Encore une fois, les biens venaient en tête avec une hausse de 11,2 p. 100, tandis que les services montraient une légère progression, soit de 1,1 p. 100. L’augmentation des importations, que l’on doit soustraire du PIB, a privé de 2,4 points de pourcentage le taux de croissance réelle l’an dernier.

Sur le plan intérieur, la consommation finale desménages a augmenté de 0,8 p. 100 en 2010, après avoir connu une baisse de 3,3 p. 100 l’année précédente. Les dépenses en biens durables venaient en tête avec une hausse de 2,9 p. 100, suivies des biens non durables (1,3 p. 100) et des services (0,5 p. 100), tandis que les biens semi-durables ont fléchi de 0,4 p. 100. Le retournement des dépenses de consommation a ajouté 0,5 point de pourcentage à la croissance du PIB réel.

Les dépenses générales des gouvernements ont aussi augmenté de 0,8 p. 100 en 2010, faisant un apport de 0,2 point de pourcentage à la croissance sur l’année.

La formation brute de capital fixe a progressé de 3,0 p. 100 en 2010, après avoir chuté de 15,4 p. 100 en 2009. Cette expansion a haussé de 0,5 point de pourcentage la croissance de la production réelle en 2010.

Les stocks ont aussi enregistré un léger gain net en 2010, de près de 2,6milliards de livres sterling constantes de 2006, ce qui contraste avec la baisse de 16,0 milliards de livres sterling observée un an plus tôt.

Au Royaume-Uni, la croissance devrait atteindre 1,7 p. 100 en 2011 alors que les mesures de consolidation budgétaires à court terme viendront freiner la demande intérieure. Cependant, l’expansion devrait s’accélérer pour atteindre un taux de 2,3 p. 100 en 2012.

Décomposition de la croissance du PIB par habitant

Les économistes utilisent souvent le PIB réel par habitant comme indicateur du niveau de vie des citoyens d’un pays. À l’aide d’une méthode appelée la comptabilité de la croissance, il est possible de décomposer la croissance du PIB réel par habitant en trois grandes composantes, qui sont ensuite analysées pour déterminer leurs effets individuels : la productivité du travail, le taux de participation à la population active et le taux d’emploi. La relations entre ces composantes est donnée par l’équation suivante :

Variation en pourcentage du PIB par habitant = Variation en pourcentage de la productivité du travail + Variation en pourcentage du taux de participation à la population active + Variation en pourcentage du taux d’emploi

La productivité du travail indique combien chaque travailleur employé produit dans une économie. Le taux de participation à la population active indique la proportion de la population qui est disponible pour participer à la production des biens et services. Enfin, le taux d’emploi indique la proportion de la population disponible qui travaille réellement au sein de l’économie.

Décomposition de la comptabilité de la croissance du PIB réel total baitant, 1991-2010**

Équivalent textuel pour Décomposition de la comptabilité de la croissance du PIB réel total baitant

Données : Global Insight

Source : Bureau de l’économiste en chef, MAECI.

* Les pays du Moyen-Orient comprennent Israël, l’Iran et l’Arabie saoudite.

** Asie-Pacifique en développement, 1996-2010.

Cetteméthodologie a été appliquée à dix économies (voir le graphique) qui, ensemble, comptent pour une très grande partie de l’économie mondiale. Les résultatsmontrent dans quellemesure chacune des trois composantes décrites précédemment a influé sur la croissance du PIB réel par habitant entre 1991 et 2010 dans chaque économie.

Dans tous les cas, c’est la productivité du travail qui a été le plus important – et, parfois, le seul – déterminant de la croissance du PIB par habitant. En Chine et en Inde, la croissance de la productivité du travail a été le principal déterminant. En Inde, les changements dans le taux de participation à la population active ont aussi eu un effet positif, bien quemodeste, sur la croissance du PIB par habitant. En Chine, le recul du taux d’emploi a exercé un léger effet négatif sur la croissance du PIB par habitant.

Au Japon, la population vieillissante a poussé à la baisse le taux de participation à la population active, laissant la productivité du travail comme unique déterminant de la croissance du PIB par habitant. C’est l’inverse que l’on observe auMoyen- Orient, en Amérique latine et dans les Caraïbes, où une jeune population continue d’entrer sur le marché du travail, ce qui a un effet positif sur la croissance population active dans la région, lequel vient s’ajouter à la croissance de la productivité. Dans ce cas, toutefois, la croissance de la productivité a joué un rôle prépondérant en Amérique latine et dans les Caraïbes, à l’instar de la région des pays d’Asie-Pacifique en développement.

Entre 1991 et 2010, le Canada et les États-Unis ont enregistré une croissance similaire du PIB réel par habitant. Au Canada, le PIB réel par habitant a crû de 34,6 p. 100, pour atteindre 35 318 dollars É.-U. en 2010; aux États-Unis, le PIB par habitant a augmenté de 35,0 p. 100, pour s’établir à 42 623 dollars É.-U. Sur cette période, la croissance de la productivité du travail n’a été que 23,5 p. 100 au Canada, mais elle s’est ajoutée à la croissance du taux de participation à la population active et du taux d’emploi pour soutenir la croissance du PIB par habitant. Par contre, la productivité du travail a progressé de 40,0 p. 100 aux États-Unis, mais cet effet a été en partie annulé par le déclin du taux de participation à la population active et du taux d’emploi.

La leçon à tirer de ces données est que l’expansion de l’emploi et de la population active peut jouer un rôle important dans l’amélioration du niveau de vie. De nombreux pays qui ont une population vieillissante sont davantage sensibilisés au fait que la façon la plus durable et la plus efficace d’assurer la croissance continue du niveau de vie à long terme est d’augmenter la productivité, comme en témoignent les gains de productivité considérables qui sous-tendent la croissance en Chine, en Inde et dans les pays en développement de la région Asie-Pacifique.

Les économies émergentes

Les économies émergentes d’Asie

La croissance dans les économies émergentes d’Asie a été supérieure à celle de toutes les autres régions en 2010, la Chine et l’Inde dominant le classement avec, respectivement, des taux d’expansion de 10,3 p. 100 et de 10,4 p. 100. La croissance s’est appuyée sur une solide performance à l’exportation, une robuste demande intérieure privée et, dans certains cas, une expansion rapide du crédit. Pour l’ensemble des pays émergents de la région, le taux de croissance a atteint 9,5 p. 100.

Cependant, des signes de surchauffe se manifestent dans certaines économies. La forte croissance soutenue signifie que certaines économies de la région fonctionnent actuellement à leur niveau potentiel sinon au-dessus. Les écarts de production dans la plus grande partie de la région se sont rapidement refermés ou sont en voie de le faire. L’inflation est aussi à la hausse. L’augmentation de l’inflation globale au cours des derniersmois est principalement attribuable aux prix de l’énergie et à la poussée des prix des aliments,mais l’inflation de base a également progressé dans un certain nombre d’économies, notamment en Inde. De plus, les prix du marché immobilier ont progressé à un rythme de plus de 10 p. 100 dans certaines économies. En parallèle, la croissance du crédit s’est accélérée dans quelques économies (p. ex. en Inde et en Indonésie) et demeure forte en Chine.

Dans un tel contexte, l’expansion des pays émergents d’Asie devrait ralentir un peu, bien qu’elle continuera de progresser rapidement cette année et l’an prochain, à un taux projeté de 8,4 p. 100 pour les deux années. La croissance des exportations devrait ralentir par rapport au rythme élevé de l’an dernier, mais elle demeurera robuste alors que les gains dans les parts demarché et l’augmentation du commerce intrarégional viendront compenser en partie la faiblesse de la demande finale provenant des économies avancées. Les flux de capitaux vers l’Asie devraient se poursuivre, alimenté à la fois par des facteurs cycliques et structurels. Par ailleurs, la croissance de la consommation privée autonome devrait demeurer forte, soutenue par le niveau toujours élevé d’évaluation des éléments d’actif et l’amélioration des conditions du marché du travail.

La croissance en Chine devrait dominer la région, demeurant à un taux robuste de 9,6 p. 100 cette année et de 9,5 p. 100 l’an prochain. Les déterminants de cette expansion devraient se déplacer progressivement de la demande publique vers la demande privée à mesure que les programmes de stimulation prendront fin. La consommation sera stimulée par l’expansion rapide du crédit, les conditions favorables du marché du travail et d’autres initiatives au niveau des politiques visant à hausser le revenu disponible des ménages. En Inde, la croissance devrait ralentir un peu mais demeurera supérieure à la tendance, l’expansion du PIB étant projetée à 8,2 p. 100 en 2011 et à 7,8 p. 100 en 2012. L’infrastructure restera un facteur clé de la croissance, et l’investissement des entreprises devrait s’accélérer alors que des contraintes de capacité commenceront à faire sentir leurs effets dans un contexte où les conditions de financement demeurent favorables. Les économies de l’ANASE-54 devraient croître à un rythme de 5,4 p. 100 en 2011 et de 5,7 p. 100 en 2012. Le Vietnam viendra en tête de liste du groupe grâce à une forte consommation et à une reprise de l’investissement, qui hausseront le taux de croissance à 6,3 p. 100 cette année et à 6,8 p. 100 en 2012.

Les pays émergents d’Europe

Dans l’ensemble, les pays émergents d’Europe ont enregistré une solide croissance en 2010, soit 4,2 p. 100. La performance au sein de la région a toutefois varié, la Turquie affichant le taux le plus élevé, soit 8,2 p. 100, tandis que la Croatie, la Roumanie et la Lettonie étaient en contraction l’an dernier.

On prévoit que l’expansion se poursuivra graduellement mais de manière inégale dans la région. La croissance des pays émergents d’Europe devrait atteindre 3,7 p. 100 en 2011 et 4,0 p. 100 en 2012. Les perspectives économiques des divers pays semblent converger vers lamoyenne régionale. La Turquie, qui domine le classement, devrait voir sa croissance ralentir à 4,6 p. 100 cette année et à 4,5 p. 100 l’an prochain. En Pologne, on s’attend à ce que la croissance demeure bonne, avec un taux d’environ 3,8 p. 100 cette année et de 3,6 p. 100 en 2012 grâce à une hausse de la rentabilité des entreprises, à l’absorption continue des fonds de l’UE et de la reprise des prêts bancaires. Après avoir subi une contraction en 2010, l’économie de la Croatie devrait enregistrer un modeste taux de croissance de 1,3 p. 100 cette année, qui passera à 1,8 p. 100 l’an prochain, tandis que la Roumanie devrait rebondir pour enregistrer un taux de croissance de 1,5 p. 100 cette année et de 4,4 p. 100 en 2012. La plupart des autres économies émergentes d’Europe devraient croître dans un intervalle variant entre 2,8 et 3,3 p. 100 en 2011, à l’exception de la Lituanie, dont le taux de croissance prévu est de 4,6 p. 100.

L’Amérique latine et les Caraïbes (ALC)

La forte demande en provenance des économies émergentes d’Asie a dopé les prix des produits de base dans le monde au profit de l’Amérique latine et des Caraïbes. Plus récemment, à la faveur de la reprise de l’activité économique mondiale, les exportations vers les autres destinations ont également rebondi. Il en est résulté d’importants afflux de capitaux qui ont eu un effet modérateur sur les déficits des comptes courants. En dépit du soutien apporté aux comptes courants par les prix des produits de base, les déficits continuent d’augmenter et l’on prévoit que cette tendance se poursuivra devant la robustesse de la demande intérieure. L’effervescence générale s’accompagne par ailleurs d’une hausse de l’inflation en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Par contre, leMexique n’est pas exposé à un risque de surchauffe à l’heure actuelle.

Avec ces éléments en toile de fond, la production réelle a augmenté de 6,1 p. 100 l’an dernier et les projections montrent qu’elle devrait être, en moyenne, de 4,7 p. 100 en 2011 et de 4,2 p. 100 en 2012. Comme dans toute grande région, cependant, l’expérience varie d’un pays à l’autre.

Les perspectives des économies sudaméricaines sont généralement bonnes, quoique moins robustes qu’en 2010. Étant donné l’importance systémique du Brésil pour la région, nombre de pays voisins profitent actuellement de la forte expansion de l’économie brésilienne. Cependant, les projectionsmontrent que la croissance de la production au Brésil devrait ralentir à 4,5 p. 100 cette année après avoir atteint 7,5 p. 100 l’an dernier. La croissance en Amérique du Sud devrait donc ralentir de 6,5 p. 100 en 2010 à 4,8 p. 100 en 2011. Le Paraguay, qui vient en tête des économies de l’ALC avec un taux de croissance de 15,3 p. 100 en 2010, verra ses perspectives d’expansion revenir à un niveau plus soutenable de 5,6 p. 100 cette année. De façon similaire, les perspectives de croissance de l’Argentine retomberont à un rythme plus soutenable de 6,0 p. 100, par rapport au taux de 9,2 p. 100 enregistré l’an dernier. En revanche, la croissance au Chili devrait s’accélérer à 5,9 p. 100 cette année, alors qu’elle a été de 5,3 p. 100 en 2010. Le Venezuela, qui a connu une contraction de 1,9 p. 100 en 2010, devrait renouer avec la croissance cette année, avec un taux d’expansion de 1,8 p. 100.

Au Mexique, les perspectives demeureront étroitement alignées sur celles des États- Unis. En raison de l’amélioration prévue de la situation de l’économie américaine, l’activité réelle en 2011 devrait connaître une expansion de 4,6 p. 100.

En Amérique centrale, et à Panama en particulier, la reprise s’affermit grâce à l’apport de la demande extérieure, et les écarts de production ont pratiquement été comblés. La reprise des transferts de fonds de l’étranger a également fourni un certain soutien. Ces tendances devraient se poursuivre et l’on prévoit que la région inscrira un taux de croissance de 4,0 p. 100 cette année et de 4,3 p. 100 l’année prochaine, après la hausse de 3,6 p. 100 survenue en 2010.

Les perspectives pour les pays de la région des Caraïbes se sont améliorées parallèlement à la reprise de l’économiemondiale. En 2011, les prévisions indiquent que la croissance devrait atteindre 4,2 p. 100, pour ensuite grimper à 4,5 p. 100 en 2012. Cependant, une bonne partie de cette prévision traduit la solide performance de la République dominicaine et les efforts de reconstruction en Haïti après le tremblement de terre.

Les économies du Commonwealth des États indépendants (CEI)

La reprise dans les économies de la région de la CEI procède à un rythme soutenu, après l’effondrement provoqué par la crise. Plusieurs facteurs concourent à cette reprise. Les prix plus élevés des produits de base stimulent la production et l’emploi dans les économies axées sur l’exportation de ces produits. En outre, le rebond de l’activité réelle en Russie profite aux autres économies du CEI par le biais du commerce, des transferts de fonds et de l’investissement. En outre, la normalisation graduelle des échanges commerciaux et des flux de capitaux vers la région se poursuit.

L’activité réelle dans la région du CEI a progressé de 4,6 p. 100 en 2010 et l’on s’attend à ce que la croissance atteigne 5,0 p. 100 en 2011 et 4,7 p. 100 en 2012. Cependant, les perspectives de croissance diffèrent de façon notable au sein de la région.

Nonobstant les importantes mesures de stimulation budgétaire mises en place durant la crise (qui ont représenté quelque 9 p. 100 du PIB), la Russie a enregistré un taux de croissance de seulement 4,0 p. 100 en 2010. Selon les prévisions, la croissance devrait s’accélérer pour se situer à 4,8 p. 100 en 2011 et à 4,5 p. 100 en 2012. La demande du secteur privé demeurera vraisemblablement faible parce que les prêts improductifs détenus par le système bancaire limitent le crédit et la croissance de la consommation. Parmi les autres exportateurs, le Turkménistan devrait profiter de la hausse des prix gaziers et figurer dans le peloton de tête de la région avec un taux de croissance de 9,0 p. 100 en 2011. En Ouzbékistan, la croissance devrait aussi rester élevée, avec un taux de 7,0 p. 100 en 2011, soutenue par la robustesse de la demande intérieure, l’investissement public et l’exportation des produits de base (dont l’or et le coton).

Parmi les pays importateurs au sein du groupe, la croissance devrait s’établir à 5,3 p. 100 en 2011 et à 4,9 p. 100 en 2012, alors que certaines économies (comme l’Arménie et la Moldavie) seront avantagées par la reprise des transferts de fonds en provenance de la Russie et que d’autres économies profiteront d’un retour à la stabilité financière (p. ex. l’Ukraine). Comme au cours des années précédentes, les perspectives de croissance de la plupart des économies du CEI resteront fortement tributaires de la vigueur de la reprise de l’économie russe.

Le Moyen-Orient

La région duMoyen-Orient a traversé la crise mondiale relativement bien, affichant un taux de croissance économique de 3,8 p. 100 en 2010. Cependant, la propagation de l’agitation sociale, l’augmentation des primes de risque sur la dette souveraine et la montée des prix des produits de base importés viendront limiter les perspectives de croissance dans plusieurs économies.

Les prix plus élevés des produits de base et la demande extérieure ont contribué à stimuler la production et les exportations dans de nombreuses économies de la région. De plus, les programmes publics de dépenses continuent à soutenir la croissance dans plusieurs économies exportatrices de pétrole. Mais du même coup, le mécontentement politique, le chômage élevé et l’augmentation des prix des aliments sont à l’origine de troubles sociaux dans certains pays et auront probablement pour effet d’assombrir leurs perspectives de croissance à court terme.

Le PIB réel dans la région du Moyen- Orient devrait croître à un taux de 4,1 p. 100 en 2011, passant ensuite à 4,2 p. 100 en 2012. Mais les prévisions de la croissance économique varient largement au sein de la région.

Le groupe des pays exportateurs de pétrole est celui qui présente les meilleures perspectives. Au sein du groupe, l’expansion devrait augmenter pour atteindre 4,9 p. 100 cette année. En tête de liste, on retrouve le Qatar, où l’activité réelle devrait progresser de 20,0 p. 100 en 2011, soutenue par l’expansion continue de la production de gaz naturel et les fortes dépenses d’investissement. En Arabie saoudite, le PIB devrait augmenter à un rythme d’environ 7,5 p. 100 cette année, s’appuyant sur les importants investissements en infrastructure faits par l’État. Cependant, en Iran, la croissance devrait faire une pause temporaire en 2011, alors que cesseront les subventions dans le secteur de l’énergie et d’autres produits – une réforme essentielle qui procurera des avantages à moyen terme. À la lumière des contraintes qui pèsent sur la capacité de production des pays non membres de l’OPEC, la perturbation de la production pétrolière en Libye devrait entraîner une hausse de la production des autres fournisseursmembres de l’OPEC en 2011.

Les perspectives économiques sont moins positives du côté des pays importateurs de pétrole. L’agitation politique en Égypte aura vraisemblablement pour effet de limiter la production et de freiner les rentrées de fonds au chapitre du tourisme. La croissance du PIB devrait donc ralentir à 1,0 p. 100, une baisse significative par rapport au niveau de 5,1 p. 100 enregistré en 2010. En Tunisie, on prévoit que la croissance ralentira à 1,3 p. 100 en 2011, après avoir atteint 3,7 p. 100 en 2010, en raison de la diminution prévisible des recettes touristiques et de l’investissement étranger direct, dont les effets se feront sentir sur les autres secteurs de l’économie.

L’Afrique sub-saharienne

L’Afrique est parvenue à éviter une contraction durant la récessionmondiale de 2009 et elle a bénéficié d’une croissance rapide l’an dernier. La région arrive tout juste derrière les pays émergents d’Asie et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes au chapitre de la croissance en 2010, et elle n’est devancée que par les pays en développement d’Asie pour ce qui est des perspectives d’expansion en 2011. Les écarts de production commencent à se refermer dans plusieurs économies de la région, mais l’Afrique du Sud est une exception notable à cet égard.

La région a profité d’une croissance rapide l’an dernier, avec un gain de 5,0 p. 100 en termes réels. La progression de la demande intérieure est demeurée robuste, le commerce et les prix des produits de base ont rebondi, tandis que les politiques macroéconomiques sont demeurées favorables. Les gains au chapitre des termes d’échange ont conforté les soldes extérieurs de la région et le recentrage graduel des exportations vers des régions à plus forte croissance, comme l’Asie, s’est poursuivi.

Pour l’avenir, l’activité réelle en Afrique sub-saharienne devrait connaître une expansion de 5,5 p. 100 cette année et de 5,9 p. 100 l’année suivante,mais des disparités persisteront.

La croissance de la région devrait être dominée par les pays exportateurs de pétrole. Le raffermissement attendu des prix pétroliers en 2011 contribuera à soutenir la reprise au sein de ce groupe. Dans l’ensemble, les pays africains exportateurs de pétrole devraient connaître une croissance de 6,9 p. 100 cette année et de 7,0 p. 100 en 2012, avec l’Angola en tête. Après une forte remontée de la production pétrolière au Nigeria l’an dernier, la production pétrolière devrait se stabiliser cette année et l’économie croîtra à un rythme de 6,9 p. 100. La plupart des économies exportatrices de pétrole prévoient tirer profit de la vigueur des marchés pétroliers mondiaux pour renouer avec les excédents budgétaires et reconstituer leurs réserves.

Par ailleurs, la croissance dans les pays à faible revenu d’Afrique devrait être de 5,9 p. 100 cette année. Le Ghana, troisième plus grand pays à faible revenu de la région, devrait enregistrer une croissance de 13,7 p. 100 cette année grâce à l’entrée en production du champ pétrolifère Jubilee et au fait que la croissance du secteur non pétrolier demeurera robuste. Dans les autres pays à faible revenu, comme le Kenya et l’Éthiopie, la reprise devrait aussi demeurer robuste, profitant des investissements en infrastructure et de l’amélioration de la production agricole. En revanche, les troubles politiques en Côte d’Ivoire ont freiné les perspectives de croissance de cette économie, qui devrait subir une contraction de 7,5 p. 100 en 2011.

Contrastant nettement avec la robuste expansion prévue dans la plupart des pays subsahariens, on prévoit que la croissance sera relativement faible en Afrique du Sud, la plus grande économie de la région. Malgré un écart de production déjà important, l’Afrique du Sud croîtra probablement à un rythme de 3,5 p. 100 seulement en 2011 – un taux insuffisant pour effacer les sérieuses pertes d’emplois des deux dernières années. Ces perspectives reflètent principalement la faiblesse de la demande intérieure, alors que l’investissement privé est ralenti par la capacité excédentaire.

Hypothèses et risques

Tel qu’indiqué précédemment, toutes les projections présentées dans ce chapitre proviennent de Perspectives de l’économie mondiale, d’avril 2011, du FMI. En faisant ces projections, le FMI a adopté un certain nombre d’hypothèses techniques qui sous-tendent ses estimations. Parmi les plus importantes, il y a les suivantes : 1) dans les économies avancées, les taux de change effectifs réels demeureront constants à leur niveaumoyen de la période allant du 8 février au 8 mars 2011; 2) les politiques (budgétaires et monétaires) mises en place par les pouvoirs publics seront maintenues; 3) le prix du pétrole s’établira enmoyenne à 107,16 $É.-U. le baril en 2011 et à 108,00 $É.-U. le baril en 2012. Un certain nombre d’hypothèses de travail ont aussi été faites en ce qui a trait aux divers taux de dépôt dans les secteurs financiers mondiaux. Les lecteurs intéressés peuvent consulter le document pour plus de détails sur ces hypothèses techniques.

Pour la plupart, les hypothèses retenues par lesmodélisateurs du FMI sont fondées sur les budgets officiels annoncés, avec des ajustements pour tenir compte des différences entre les autorités nationales et le FMI quant aux hypothèses macroéconomiques et aux résultats budgétaires prévus, les projections à moyen terme incorporant les mesures de politique qui seront vraisemblablement mises enoeuvre. De façon similaire, les hypothèses concernant la politique monétaire s’appuient sur le cadre de politique établi dans chaque pays.

L’une des principales hypothèses à la base de ces prévisions est celle visant les prix pétroliers, que l’on situe entre 107 et 108 $É.-U. le baril. Il y a un risque pour la croissance découlant de la possibilité que les prix pétroliers augmentent de façon imprévisible par suite de perturbations dans les approvisionnements. Le FMI a examiné le scénario d’un choc temporaire qui porterait les prix à 150 $É.-U. le baril et a conclu que cela aurait pout effet d’abaisser le PIB réel de trois quarts de point de pourcentage dans les économies avancées, en Asie et en Afrique, et d’un demi point de pourcentage en Amérique latine et dans les Caraïbes. Pour les pays du CEI et du Moyen-Orient, des prix plus élevés se traduiraient par des gains à la production.

En outre, il y a un an, les perspectives concernant l’activité économique étaient habituellement incertaines à cause des risques à la baisse découlant de la fragilité des positions budgétaires. Durant l’année écoulée, les risques financiers ont diminué à mesure que la reprise se consolidait. L’amélioration de la performance macroéconomique et les solides perspectives pour les actifs des marchés émergents ont soutenu globalement la stabilité financière. Des conditions macroéconomiques accommodantes ont aussi contribué à atténuer les risques inhérents à divers postes des bilans et suscité un plus grand appétit pour le risque. Cependant, il subsiste des éléments de vulnérabilité budgétaire et financière notables.

Les principaux risques à la baisse sont associés au niveau élevé d’endettement et à l’amélioration limitée de la qualité du crédit dans les économies avancées, ainsi qu’à l’accroissement des risques liés au crédit dans certaines grandes économies de marché émergentes. En particulier, la faiblesse des bilans souverains de plusieurs économies avancées laisse entrevoir la possibilité d’une volatilité élevée des taux d’intérêt et des primes de risque. De plus, l’exposition des banques au secteur immobilier continue de poser un risque baissier. Dans certaines économies avancées, les marchés immobiliers sontmoribonds et le nombre demaisons vulnérables à une saisie hypothécaire demeure élevé. Dans l’intervalle, de nouveaux risques sont apparus en raison de l’effervescence des marchés immobiliers dans les économies de marché émergentes. Enfin, le risque de surchauffe de certaines économies demarché émergentes ne saurait être ignoré. La croissance dans ces économies pourrait s’avérer plus forte que prévu à court terme en raison de politiques macroéconomiques relativement permissives; à moyen terme, cependant, les perspectives laissent plutôt présager des risques à la baisse pour la croissance : hausse des taux d’intérêt, ralentissement de la progression des revenus et chute des prix des produits de base.


1 Les statistiques, les estimations et les projections présentées dans ce chapitre proviennent de Perspectives de l’économie mondiale, Fonds monétaire international, avril 2011; s’y ajoutent des statistiques du U.S. Bureau of Economic Analysis, du Japan Cabinet Office, de la Banque centrale européenne, du U.K. Office for National Statistics, ainsi que de la base de données de Perspectives de l’économie mondiale, d’avril 2011.

2 FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2011, chapitre 2.

3 FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2011, chapitre 2.

4 L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) comprend l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam.