Le commerce international du Canada: Le point sur le commerce et l'investissement – 2011

III. Performance économique du Canada

De bien des façons, 2010 a été une année de consolidation; la reprise, amorcée en 2009, a affermi ses assises : l’activité économique réelle a augmenté au cours des quatre trimestres; la demande intérieure a été vigoureuse, les entreprises ont accru leurs investissements, le commerce a pris de l’expansion et il y a eu création d’emploi. Ces conditions favorables ont renforcé la confiance des consommateurs et des entreprises. La production a augmenté dans toutes les provinces et tous les territoires en 2010; globalement, l’économie a progressé à un rythme de 3,1 p. 100 en termes réels, après s’être contractée l’année précédente. L’emploi est presque revenu à son niveau d’avant la récession – dans les premiers mois de 2011, il dépassera le sommet atteint avant la récession. En raison de la hausse des prix des ressources, le dollar canadien s’est apprécié par rapport à toutes les grandes monnaies et il a terminé l’année légèrement au-dessus de la parité avec le dollar américain.

Le produit intérieur brut

Figure 3-1
Croissance du PIB réel canadien, 2006-2010

Équivalent textuel pour Croissance du PIB réel canadien, 2006-2010

Source : Statistique Canada.

L’économie canadienne est sortie de la récession vers la fin de la première moitié de 2009 et a retrouvé le chemin de la croissance au troisième trimestre de la même année (figure 3-1). Depuis, elle a enregistré six trimestres consécutifs d’expansion jusqu’à la fin de l’an dernier. En 2010, le PIB réel a progressé de 3,1 p. 100, effaçant la contraction de 2,5 p. 100 survenue en 2009.

Si l’on examine les catégories de dépenses du PIB (figure 3-2), la croissance de la consommation personnelle réelle de biens et services a été un peu plus forte que la croissance globale du PIB, avec un taux de 3,4 p. 100 en 2010, suivant un gain de seulement 0,4 p. 100 en 2009.

Les dépenses réelles en biens durables, en biens semi durables et en biens non durables ont avancé de 5,4 p. 100, 5,0 p. 100 et 1,7 p. 100, respectivement, tandis que les dépenses consacrées aux services étaient en hausse de 3,4 p. 100. La progression des dépenses a été généralisée, mais il y a eu quelques exceptions : les dépenses en combustibles autres que les carburants ont fléchi en 2010, de même que celles consacrées au matériel de lecture et de divertissement, aux effets personnels divers et aux produits du tabac. Les hausses les plus marquées sont survenues dans les catégories suivantes : dépenses à l’étranger (26,0 p. 100), vêtements pour femmes et filles (10,8 p. 100), véhicules automobiles neufs et usagers (6,8 p. 100), chaussures (6,7 p. 100), ainsi que meubles, moquettes et autres recouvrements de sol (5,2 p. 100). Avec la reprise des dépenses, la consommation personnelle a fait un apport légèrement supérieur à 2,0 points de pourcentage à la croissance du PIB réel en 2010, alors qu’elle n'avait été que de 0,2 point de pourcentage en 2009.

Figure 3-2
Contribution à la croissance du PIB réel, 2006-2010

Équivalent textuel pour Contribution à la croissance du PIB réel, 2006-2010

Source : Statistique Canada.

L’investissement réel des entreprises a progressé de 7,1 p. 100 en 2010, après une baisse de 16,0 p. 100 l’année précédente. L’investissement enmachines et enmatériel a rebondi après deux années de pertes, avec un gain de 11,2 p. 100 en 2010. On retrouve en tête de liste les ordinateurs et autrematériel de bureau, le matériel de télécommunications, les machines industrielles et les camions, qui ont tous enregistré des taux de croissance dans les deux chiffres. L’investissement en usines a fléchi de 0,5 p. 100, la hausse de 1,3 p. 100 de l’investissement en ouvrages de génie n’ayant pas suffi à compenser le recul de 4,8 p. 100 de l’investissement en bâtiments.

Les entreprises ont activement reconstitué leurs stocks en 2010, avec un ajout net de 7,7 milliards de dollars (constants de 2002) aux stocks des entreprises non agricoles. Par contre, les stocks agricoles ont subi une baisse nette de 341 millions de dollars en termes réels l’an dernier.

Dans l’ensemble, les activités des entreprises ont ajouté 2,0 points de pourcentage à la croissance économique en 2010, alors qu’elles avaient soustrait 4,1 points de pourcentage en 2009. L’investissement des entreprises explique la plus grande partie de l’augmentation, soit près de 1,3 point de pourcentage, et les variations des stocks ont fourni 0,8 point de pourcentage.

En volume, les exportations et les importations de biens et services ont augmenté de 6,4 p. 100 et de 13,4 p. 100, respectivement. Globalement, la hausse des exportations réelles a ajouté 1,8 point de pourcentage à la croissance en 2010, tandis que la progression des importations réelles a retranché 4,0 points de pourcentage à la croissance sur l’année. Le commerce a donc été un frein pour la croissance en 2010, avec une ponction nette de 2,2 points de pourcentage.

De façon générale, le volume des exportations de biens et services a augmenté de 26,7 milliards de dollars chaînés de 2002. En très grande partie (97,5 p. 100), l’augmentation en volume des exportations en 2010 est survenue du côté des biens, dont près 80 p. 100 est attribuable aux produits de l’automobile (hausse de 20,7 milliards de dollars). Le secteur des services de transport est en grande partie responsable de la hausse des exportations de services en 2010, le gain dans les services de voyage ayant été à peu près annulé par le recul des exportations de services commerciaux et de services gouvernementaux.

De même, l’essentiel de l’augmentation des importations en volume se situe du côté des biens, dominés par les machines et le matériel (22,8 milliards de dollars), les produits de l’automobile (19,2 milliards de dollars) et les biens et matériaux industriels (11,8 milliards de dollars). Au total, les importations de biens en volume ont progressé de 57,8milliards de dollars chaînés de 2002 par rapport aux niveaux de 2009. Les importations de services ont avancé de 9,2 milliards de dollars chaînés de 2002, notamment les services de voyage (6,0 milliards de dollars) et de transport (3,0milliards de dollars).

Pour ce qui est du PIB par activité industrielle, la progression de l’économie a été dominée par la production des biens. L’activité industrielle a augmenté de 3,3 p. 100 en 2010, avec une croissance de 5,0 p. 100 des biens et de 2,6 p. 100 des services.

Tous les secteurs de production de biens étaient en avance, à l’exception des services publics (repli de 0,3 p. 100) freinés par une baisse de la production d’électricité. La construction vient en tête des gains (6,6 p. 100), suivie de la fabrication (5,6 p. 100) et de l’extractionminière, pétrolière et gazière (5,1 p. 100). La production du secteur de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse a progressé de 1,4 p. 100 en 2010.

La fabrication, qui est le plus important secteur de production de biens, a fortement rebondi. L’augmentation de la demande étrangère, la hausse des dépenses de consommation consacrées aux biens, ainsi que la reconstitution des stocks ont créé un contexte favorable à une expansion de la production. Les gains ont été généralisés, dominés par les minéraux non métalliques, les métaux de première transformation, le bois et le vêtement – qui ont tous enregistré des taux de croissance dans les deux chiffres. En outre, le matériel de transport, les machines, ainsi que les plastiques et le caoutchouc ont aussi bénéficié de taux de croissance variant entre 8 et 9 p. 100. Dans l’ensemble, 20 des 21 grandes industries manufacturières ont vu leur production augmenter en 2010, l’imprimerie étant la seule l’exception au tableau (baisse de 4,6 p. 100).

La hausse déjà signalée de l’investissement réel dans la construction résidentielle et le recul de l’investissement dans les usines ont été au centre des mouvements de la production du secteur de la construction : la production de l’industrie de la construction de bâtiments résidentiels a augmenté (de 13,1 p. 100), tandis que la production de l’industrie de la construction bâtiments non résidentiels a reculé (de 6,7 p. 100). Globalement, l’activité de l’industrie de la construction a progressé de 6,6 p. 100 entre 2009 et 2010.

La forêt et la pêche, ainsi que lesmines, le pétrole et le gaz ont aussi profité de la forte demande étrangère, au-delà des effets de prix qui sont intervenus. La production de l’industrie de la forêt et de l’abattage était en hausse de 14,5 p. 100, soutenue par l’augmentation des exportations de bois d’oeuvre après plusieurs années de déclin. La production minière a gagné 11,0 p. 100, avec des hausses de la production des minéraux non métalliques (22,7 p. 100) et du charbon (20,7 p. 100). Cependant, en dépit des fortes hausses de prix dans ce secteur, la production réelle de pétrole et de gaz est demeurée stable avec un gain de seulement 0,7 p. 100 en 2010.

Enfin, la production agricole a fléchi de 1,7 p. 100 alors que les récoltes ont accusé une baisse de 3,4 p. 100 l’an dernier.

La production des services ne fluctue pas autant que la production des biens et elle n’a pas diminué durant la récession. Ainsi, étant donné que les exportations et les dépenses de consommation intérieure de services sont demeurées faibles, les possibilités d’expansion ont été limitées l’an dernier. En conséquence, la production des services a progressé d’environ 2,6 p. 100 en 2010 – à peu près la moitié du rythme d’expansion de la production des biens. Les gains ont été généralisés, mais modestes dans la plupart des cas. Le commerce de gros, les transports et l’entreposage, ainsi que le commerce de détail ont dominé les gains, avec des hausses de 5,2 p. 100, 4,3 p. 100 et 3,7 p. 100, respectivement.

Le produit intérieur brut par province

La reprise de la production réelle au niveau national s’est reflétée au niveau régional, alors que la production a augmenté dans tous les territoires et toutes les provinces. Cependant, des disparités ressortent entre les régions : l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle- Écosse, le Québec, le Manitoba et le Yukon ont enregistré une croissance inférieure à la moyenne nationale. Par contre, Terre-Neuve-et-Labrador, les Territoires-du- Nord-Ouest et le Nunavut ont connu des taux de croissance nettement supérieurs à la moyenne du pays (figure 3-3).

À Terre-Neuve-et-Labrador, la production économique a progressé de 6,0 p. 100 en 2010, après s’être repliée de 10,4 p. 100 l’année précédente. C’est le rythme de croissance le plus élevé parmi les provinces. Les gains ont été dominés par l’industrie de l’extraction minière, pétrolière et gazière, notamment une hausse de 34,3 p. 100 de la production de minerais métalliques, à laquelle s’ajoute une augmentation de la production de l’industrie de l’extraction pétrolière et gazière. La production de l’industrie de la construction était en hausse de 19,7 p. 100, alors que la construction résidentielle a progressé de 14,2 p. 100 et que les travaux ont débuté en vue de la construction d’une nouvelle usine de traitement duminerai. L’augmentation des biens en circulation s’est traduite par un plus haut niveau d’activité dans le commerce de gros et les services de transport. En 2010, la production manufacturière a peu changé par rapport à 2009 (gain de 2,8 p. 100), la hausse observée dans les préparations de produits de la mer (17,2 p. 100) ayant été partiellement annulée par le recul de la fabrication de produits électroniques (recul de 39,1 p. 100).

Figure 3-3
Croissance du PIB réel par province, 2010

Équivalent textuel pour Croissance du PIB réel par province, 2010

Source : Statistique Canada.

À l’Île-du-Prince-Édouard, la production a progressé de 2,0 p. 100 en 2010, après une contraction de 0,2 p. 100 un an plus tôt. La construction résidentielle et la production agricole et animale ont augmenté, alors qu’un excédent de capacité a facilité une hausse de la production des services publics. Les finances et les assurances, le commerce de détail, l’administration publique et les soins de santé ont aussi contribué aux gains totaux. Cependant, la production manufacturière a fléchi de 8,6 p. 100 l’an dernier, alors que les industries de l’alimentation, du matériel de transport et des produits chimiques battaient en retraite.

En Nouvelle-Écosse, le PIB était en hausse de 2,1 p. 100 l’an dernier après avoir reculé de 0,3 p. 100 en 2009. Les gains dans l’industrie manufacturière, la construction résidentielle, le commerce de gros, le commerce de détail et les services de transport ont été supérieurs aux baisses observées dans l’extraction minière, pétrolière et gazière et dans la construction d’ouvrages de génie divers. Dans le secteur manufacturier, les fabricants de matériel de transport ont vu leur production augmenter grâce aux travaux effectués sur les navires de la Garde côtière et les frégates des forces navales. La production des fabricants de caoutchouc a également augmenté, tout comme celle des entreprises de préparation de produits de la mer et de textiles.

L’économie du Nouveau-Brunswick a enregistré un taux de croissance de 3,3 p. 100 en 2010, après un déclin de 0,5 p. 100 en 2009. La production manufacturière arrive en tête avec un gain de 9,6 p. 100, les produits du bois, les préparations de produits de la mer et la fabrication diverse étant à l’origine de la plus grande partie de cette hausse. La production de l’industrie forestière et de l’industrieminière a augmenté, tout comme celle du commerce de gros, du commerce de détail, de l’administration publique et des services de transport. La production de l’industrie de la construction a fléchi en 2010 : la construction résidentielle et la construction non résidentielle ont l’une et l’autre progressé, mais leurs gains ont été annulés par les reculs survenus dans la construction d’ouvrages de génie suite à l’achèvement de plusieurs projets d’ingénierie.

Après une contraction 0,5 p. 100 en 2009, l’économie du Québec a profité d’une expansion de 2,7 p. 100 l’an dernier. Tous les grands secteurs de l’économie provinciale ont fait des gains en 2010, sauf celui des arts, du divertissement et des loisirs (qui a légèrement fléchi de 0,1 p. 100). Du côté des biens, la fabrication et la construction ont fourni la plus grande partie des gains. La construction résidentielle était en hausse de 16,3 p. 100, dominant la progression du secteur de la construction. La production manufacturière a avancé de 1,8 p. 100 l’an dernier, avec des gains importants dans les produits en caoutchouc (36,1 p. 100), les produits pharmaceutiques (17,5 p. 100), la viande (16,9 p. 100), le bois (9,4 p. 100), ainsi que les métaux de première transformation et les produits enmétal (3,7 p. 100), mais il y a eu des pertes notables du côté des produits électroniques (16,0 p. 100) et des produits de l’aérospatiale (11,7 p. 100). Dans les services, le commerce de détail, les soins de santé, le commerce de gros, les services de transport et l’administration publique sont les secteurs où la progression a été la plus forte en 2010.

L’économie de l’Ontario a crû de 3,4 p. 100 en 2010 – légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Ce gain fait suite à une sérieuse contraction de 3,5 p. 100 en 2009. À l’instar du Québec, tous les grands secteurs de l’économie ontarienne étaient en expansion, sauf un. En effet, la production des services publics a reculé l’an dernier sous l’effet d’une baisse de 3,1 p. 100 de la production d’électricité. Le tiers des gains provient de l’activité manufacturière, dont l’expansion a atteint 8,0 p. 100. Les gains dans le secteur manufacturier étaient généralisés, la production ayant augmenté dans 18 des 21 grandes industries manufacturières en 2010. La progression a été dominée par les véhicules automobiles et les métaux de première transformation et les produits métalliques qui, ensemble, ont fourni près des trois quarts de l’augmentation survenue dans le secteurmanufacturier. La production de plastiques (gain de 12,0 p. 100) et de machines (hausse de 8,2 p. 100) a aussi augmenté de façon notable, tandis qu’il y a eu recul pour les produits de l’aérospatiale (7,6 p. 100) et l’impression (6,1 p. 100). La production de l’industrie de la construction a aussi augmenté en 2010, s’appuyant sur une expansion de 11,4 p. 100 de la construction résidentielle. Les activités de services ont progressé parallèlement à la production des biens, principalement le commerce de gros et le commerce de détail, le transport par camion et par rail et les services financiers.

Au Manitoba, le PIB a augmenté de 2,0 p. 100 en 2010, après un modeste recul en 2009. Les gains réalisés dans la construction, les services de transport, le commerce de gros et le commerce de détail ont été en partie annulés par des pertes dans l’agriculture, la forêt, la pêche et la chasse, ainsi que la fabrication. La production agricole était en forte baisse (13,8 p. 100) par suite des mauvaises conditions climatiques. La production manufacturière a progressé de 0,1 p. 100 après deux années de déclin, le gain de 11,6 p. 100 dans les métaux de première transformation et la fabricationmétallique accompagné d’un gain de 7,3 p. 100 des produits du bois ayant plus que compensé les reculs de 16,8 p. 100 de la fabrication diverse, de 12,9 p. 100 de l’imprimerie et de 8,3 p. 100 de la fabrication de machines. La production de l’industrie de la construction a progressé avec la poursuite des travaux dans les grands projets d’ingénierie, notamment la construction de centrales électriques, et un bond de 14,7 p. 100 de la construction résidentielle. L’éducation, les soins de santé et l’administration publique étaient aussi en avance.

Après un repli de 4,2 p. 100 en 2009, le PIB de la Saskatchewan a augmenté de 4,4 p. 100 l’an dernier. La production agricole a fortement chuté (18,6 p. 100) en raison desmauvaises conditions climatiques et, dans ce contexte, les fabricants de matériel agricole ont réduit leur production. La production minière et celle de l’industrie du pétrole et du gaz ont bondi de 18,7 p. 100, alors que la production de potasse a renoué avec la croissance grâce aux fortes exportations de la province; cependant, l’extraction pétrolière et gazière a reculé pour la septième année d’affilée (0,9 p. 100). L’activitémanufacturière a légèrement diminué, soit de 0,8 p. 100, alors que les hausses dans la fabrication d’aliments divers, les métaux de première transformation et la fabrication métallique et les produits du bois ont été compensés par des baisses dans les produits de la viande et lesmachines (notamment les machines agricoles). Toutes les grandes catégories de services ont fait des gains, avec en tête les finances et les assurances, ainsi que le commerce de gros et de détail. Dans l’industrie du transport et de l’entreposage, les services de transport par camion et par rail ont enregistré les gains les plus importants, alors que le transport par gazoduc et oléoduc et les services d’entreposage ont inscrit de légères pertes.

Le PIB de l’Alberta a progressé de 3,8 p. 100 en 2010, après une contraction de 4,8 p. 100 un an plus tôt. Les progrès ont été généralisés, alors que tous les secteurs de production de biens et de services ont vu leur production augmenter. L’extractionminière, pétrolière et gazière et la fabrication viennent en tête du côté des biens, avec des taux de croissance de 4,4 p. 100 et de 8,7 p. 100, respectivement. Le raffermissement des prix de l’énergie a dynamisé les activités de soutien de l’exploration minière, pétrolière et gazière. La production accrue de viande (22,8 p. 100), de machines (21,2 p. 100) et de produits du bois (14,2 p. 100) a dominé les gains dans le secteur manufacturier. La production végétale a fortement progressé (14,9 p. 100), à la faveur de conditions climatiques plus favorables qu’ailleurs dans les Prairies, ce qui a permis à la province d’augmenter sa production agricole; parallèlement, la construction résidentielle a bondi de 21,4 p. 100, contribuant à consolider les gains réalisés dans l’activité de l’industrie de la construction. Comme ailleurs au Canada, la croissance de l’activité du côté des biens s’est accompagnée d’une expansion de l’activité dans le secteur des services, notamment le commerce de gros, le transport et l’entreposage et le commerce de détail.

L’économie de la Colombie-Britannique a crû de 4,0 p. 100 en 2010, après avoir reculé de 1,8 p. 100 l’année précédente. Les gains étaient généralisés et un seul grand secteur – celui des services publics – a vu sa production diminuer. L’activité de l’industrie de la construction était en hausse de 11,3 p. 100 l’an dernier, grâce à la poursuite des travaux de construction de grands ouvrages de génie, comme les installations de production d’énergie électrique, et à une augmentation de 6,3 p. 100 de la construction résidentielle. La productionmanufacturière a avancé de 5,1 p. 100 et les industries du bois, des machines et de la fabrication d’aliments divers ont dominé la liste des gains. Appuyant l’expansion des exportations, la fabrication de produits forestiers a bondi de 21,9 p. 100 l’an dernier. La baisse de la production d’énergie électrique explique le recul de la production du secteur des services publics. Le commerce de gros et les services de transport sont également repartis à la hausse – les services de transport par camion et par rail notamment – prenant la position de tête du côté de la production des services. Les Jeux olympiques d’hiver de 2010 ont aussi eu un impact favorable sur la production de certaines industries comme les arts d’interprétation et les sports de spectacle, et celle des services d’hébergement et d’alimentation, dont la production a grimpé relativement plus que dans les autres provinces et territoires.

L’économie du Yukon a été en expansion pour une septième année d’affilée en 2010, progressant de 2,1 p. 100 en comparaison d’un gain de 3,6 p. 100 un an plus tôt. La production de l’industrie de la construction était en hausse de 19,0 p. 100, menée par l’industrie de la construction non résidentielle, où ont débuté les travaux de construction de divers bâtiments destinés aux services de santé et aux services communautaires. La production du secteur des services était également en hausse, avec des gains dans le commerce de détail, l’administration publique et les services d’hébergement et d’alimentation.

Le PIB des Territoires-du-Nord-Ouest a avancé de 5,8 p. 100 l’an dernier, après avoir fléchi de 10,9 p. 100 en 2009. La construction, principalement d’ouvrages de génie, et l’activité du secteur minier, ont été les principales contributeurs de la croissance. L’administration publique et les services de transport ont dominé les gains dans le secteur de la production des services.

L’économie du Nunavut est celle qui a enregistré la croissance la plus rapide parmi l’ensemble des régions canadiennes en 2010, avec un gain de 14,8 p. 100, suivant un repli de 6,2 p. 100 en 2009. L’augmentation de la production minière et des activités d’exploration pétrolière et gazière est en bonne partie responsable de l’expansion survenue l’an dernier, notamment l’ouverture d’une nouvelle mine qui a contribué à l’accroissement de la production minière. En revanche, la construction d’ouvrages de génie a reculé. L’intensification des activités d’exploration a par ailleurs entraîné une augmentation de la production des activités de soutien de l’extractionminière, pétrolière et gazière. Enfin, la construction non résidentielle, principalement de bâtiments institutionnels, a aussi contribué à la progression générale de l’économie du territoire.

L’emploi

L’emploi a recommencé à augmenter au Canada en 2010, après le fléchissement de la création d’emplois observé en 2009. Surl’année, l’emploi a progressé de 1,4 p. 100, ce qui équivaut à 227 900 postes. Près de 70 p. 100 des gains, soit 157 800 emplois, sont des postes à temps plein. La création de nouveaux emplois a poussé à la baisse le taux de chômage national, qui est passé de 8,3 p. 100 en janvier 2010 à 7,6 p. 100 en décembre suivant. Pour l’ensemble de l’année, le taux de chômage a atteint, en moyenne, 8,0 p. 100, ce qui représente une baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport à 2009 (figure 3-4).

Figure 3-4
Taux de chômage au Canada, 2006-2010

Équivalent textuel pour Taux de chômage au Canada, 2006-2010

Source : Statistique Canada.

Les gains d’emplois ont été largement répandus au pays en 2010 et seuls l’Alberta et le Nouveau-Brunswick ont inscrit des pertes (8 000 et 4 000, respectivement).

Trois provinces ont accaparé la grande majorité des nouveaux emplois. L’Ontario a ainsi obtenu quelque 47,4 p. 100 des nouveaux emplois au pays, suivie du Québec avec 29,4 p. 100 et la Colombie-Britannique avec 16,7 p. 100.

L’emploi dans les industries productrices de biens était en hausse en 2010 par rapport à 2009. Cependant, les divers soussecteurs n’ont pas tous enregistré des gains. L’emploimanufacturier a fléchi de 2,1 p. 100 par rapport à son niveau de 2009, ce qui équivaut à la disparition de quelque 37 500 postes. De façon similaire, il y a eu une perte de 15 400 emplois (4,9 p. 100) en agriculture. Ces baisses s’inscrivent dans une tendance à plus long terme où le secteur manufacturier et celui de l’agriculture ont perdu des emplois durant la plus grande partie de la décennie. Par contre, la construction a ajouté 56 400 emplois à la main-d’oeuvre, tandis que les services publics, la forêt, la pêche, les mines, les carrières et le pétrole et le gaz ont accru légèrement leurs niveaux d’emploi en 2010. Globalement, les industries de production de biens ont créé 15 700 emplois l’an dernier.

Le secteur des services, qui a ajouté 212 200 emplois à l’économie, a été le maître d’oeuvre de la création d’emplois en 2010. Les augmentations observées dans les soins de santé et les services d’aide sociale (81 500) et dans les services professionnels, scientifiques et techniques (74 800) comptent pour près des trois quarts des gains d’emploi dans les services. Des baisses d’emploi modérées ont été enregistrées dans les services divers (33 500), les transports et l’entreposage (10 500) et les services d’information, de culture et de loisirs (3 600).

Au cours de 2010, le Canada a refermé l’écart qui s’était creusé dans l’emploi depuis le sommet d’octobre 2008; il a néanmoins terminé l’année avec un niveau d’emploi légèrement inférieur à celui d’avant la récession. En janvier 2011, le Canada avait rattrapé tous les emplois perdus durant la récession, et l’économie a continué d’ajouter de nouveaux emplois dans les premiersmois de l’année..

L’inflation

En 2010, les consommateurs ont payé 1,8 p. 100 de plus, en moyenne, pour les biens et services du panier de l’indice des prix à la consommation (IPC) qu’en 2009. Il s’agit d’une augmentation considérable par rapport à la hausse de 0,3 p. 100 observée dans le climat de récession de 2009, mais ce taux demeure légèrement inférieur à la moyenne de 2,2 p. 100 de la période 2006-2008.

Pour l’ensemble de l’année, les prix étaient en hausse dans sept des huit grandes composantes de l’IPC. Les prix des services de transport et d’hébergement ont rebondi en 2010 après avoir reculé en 2009, sous l’effet des hausses des prix de l’énergie et des voitures de tourisme. Ensemble, le transport et l’hébergement représentent un peu plus de 45 p. 100 de la pondération totale du panier des biens et services de l’IPC.

Les coûts de transport ont augmenté de 4,3 p. 100 en 2010, après avoir diminué de 5,4 p. 100 l’année précédente. La hausse est principalement attribuable aux prix plus élevés de l’essence et des voitures de tourisme.

Le facteur dominant a été la hausse du prix de l’essence. Ainsi, en 2010, les prix de l’énergie ont avancé de 6,7 p. 100, après un recul de 13,5 p. 100 en 2009. Le prix de l’essence a augmenté de 9,1 p. 100, contre un recul de 17,5 p. 100 un an plus tôt. Le prix de l’électricité a progressé de 4,8 p. 100, s’ajoutant à une hausse de 1,8 p. 100 en 2009. Le prix du gaz naturel a fléchi de 1,8 p. 100, un taux beaucoup plus lent que la baisse de 20,1 p. 100 enregistrée en 2009.

Les prix des voitures de tourisme ont augmenté de 3,5 p. 100 en 2010, après s’être repliés de 5,9 p. 100 en 2009 et de 6,9 p. 100 en 2008.

Les coûts de logement étaient en hausse de 1,4 p. 100, après une baisse de 0,3 p. 100 l’année précédente. Les impôts fonciers ont augmenté de 4,1 p. 100. Outre le prix plus élevé de l’électricité, les coûts de remplacement des logements ont avancé de 3,7 p. 100, après avoir fléchi de 2,6 p. 100 en 2009. Par contre, les frais d’intérêts sur les prêts hypothécaires ont diminué de 4,4 p. 100 en 2010, après une légère augmentation de 0,3 p. 100 l’année précédente.

Par rapport à 2009, les pressions sur les prix se sont atténuées dans cinq des six autres grandes composantes de l’IPC : les aliments, l’entretien des ménages, les articles et lematériel d’ameublement, les vêtements et chaussures, les soins de santé et les soins personnels, et les boissons alcooliques et les produits du tabac.

Fait à noter, les prix des aliments ont augmenté plus lentement l’an dernier qu’en 2009 (1,4 p. 100 contre 4,9 p. 100). Les prix des aliments achetés dans les magasins étaient en hausse de 1,0 p. 100, ce qui est beaucoup moindre que l’augmentation de 5,5 p. 100 observée un an plus tôt. La hausse plus faible des prix des aliments s’explique en grande partie par la chute des prix des fruits et légumes frais, qui ont régressé de 2,7 p. 100 après une hausse de 8,1 p. 100 en 2009, ainsi que par les augmentations plus modérées des prix de la viande et des produits de boulangerie et céréales.

Les prix des vêtements et chaussures ont reculé de 1,9 p. 100 en 2010, après un repli de 0,4 p. 100 en 2009. C’est la neuvième année d’affilée où l’indice de prix de cette composante est en baisse.

Enfin, les prix des loisirs, de l’éducation et des articles de lecture ont augmenté de 0,9 p. 100 en 2010, soit au même rythme qu’en 2009. Les progrès rapides de la technologie, l’amélioration des caractéristiques et de la qualité des produits, ainsi que la concurrence provenant des pays producteurs à faibles coûts ont continué à pousser à la baisse les prix des biens de divertissement au foyer en 2010, tandis que les coûts liés à l’éducation, à la lecture et aux autres activités culturelles étaient en hausse sur l’année.

Au niveau provincial, les hausses de prix ont été les plus fortes en Ontario (2,5 p. 100), dans les provinces atlantiques de Terre-Neuve-et-Labrador (2,4 p. 100), de la Nouvelle-Écosse (2,2 p. 100) et du Nouveau- Brunswick (2,1 p. 100). Les hausses de prix les plus faibles sont survenues au Manitoba et au Yukon (0,8 p. 100), tandis que les prix ont reculé de 0,7 p. 100 au Nunavut.

L’indice de base de la Banque du Canada1 a augmenté de 1,7 p. 100 pour l'ensemble de l’année 2010, après une hausse de 1,8 p. 100 en 2009.

Le dollar canadien

Figure 3-5
Taux de change Canada-États-Unis, 2010

Équivalent textuel pour Taux de change Canada-États-Unis, 2010

Source : Statistique Canada.

Après s’être déprécié par rapport au dollar américain en 2009, le dollar canadien a repris du terrain en 2010 (figure 3-5). La valeurmoyenne du dollar canadien a atteint 97,09 ¢É.-U. en 2010, soit 9,53 ¢É.-U. de plus qu’en 2009 – une augmentation de 10,9 p. 100 en valeur par rapport au dollar américain sur l’année. Sur la base des moyennes annuelles, le dollar canadien a aussi progressé par rapport aux autres grandes monnaies, soit de 3,8 p. 100 contre le yen, de 11,8 p. 100 contre la livre sterling britannique et de 16,1 p. 100 contre l’euro.

Le dollar a débuté l’année à 96,4 ¢É.-U. le 4 janvier 2010. Fin janvier, il avait reculé à 93,9 ¢É.-U, pour ensuite entreprendre une remontée vers le milieu d’avril. Le 23 avril, les craintes suscitées par l’endettement souverain en Europe ont pris une dimension concrète quand le gouvernement de la Grèce a demandé un plan de sauvetage à l’UE et au FMI et que lesmarchésmonétaires ont réagi en cherchant refuge du côté du dollar américain. En conséquence, le dollar américain s’est apprécié par rapport auxmonnaies étrangères, y compris le dollar canadien, qui a commencé à reculer jusqu’à atteindre un plancher annuel le 25 mai, à 92,8 ¢É.-U. L’été et les premiers mois de l’automne ont été marqués par une vive turbulence et le dollar s’est échangé dans une fourchette variant entre 93,8 ¢É.-U. et 98,1 ¢É.-U. Fin octobre, il a remonté vers le haut de cet intervalle, puis a commencé à marquer de nouveaux sommets, atteignant la parité le 31 décembre, soit à la dernière séance des marchés boursiers


1 L’indice de base est un agrégat spécial de l’IPC employé par la Banque du Canada comme instrument de la politique monétaire qui vise à maintenir l’inflation globale dans une fourchette variant entre 1 et 3 p. 100. L’indice de base est calculé après avoir retiré de l’IPC huit des composantes les plus volatiles, telles que définies par la Banque (les fruits, les préparations à base de fruits et les noix; les légumes et les préparations à base de légumes; les frais d’intérêts sur les prêts hypothécaires; le gaz naturel; le mazout et les autres carburants; l’essence; le transport interurbain; les produits du tabac et les fournitures pour fumeurs) et l’effet des changements apportés aux taxes indirectes.