Le commerce international du Canada: Le point sur le commerce et l'investissement – 2011

IV. Aperçu de la performance commerciale du Canada

Le commerce des biens et services du Canada a suivi un sentier assez similaire à celui du commerce mondial, décrit précédemment. En d’autres termes, il y a eu reprise, mais les valeurs du commerce sont demeurées inférieures à leurs sommets de 2008. En outre, à l’instar du commerce mondial, les gains sont pour la plupart imputables à une augmentation des volumes échangés, alors que la progression des prix a été modeste. En fait, les prix à l’importation au Canada ont diminué l’an dernier sous l’effet de l’appréciation du dollar canadien.

Du côté des exportations, les gains ont été dominés par les biens industriels, qui ont profité de la robustesse de la demande et des prix des produits de base. Les exportations de produits de l’automobile et de produits forestiers ont enregistré leurs premières hausses depuis 2004. Cependant, les exportations demachines et dematériel étaient en baisse pour la troisième année consécutive. Du coté des services, les gains à l’exportation ont été généralisés.

Le Canada amieux résisté à la récession mondiale que la plupart de ses partenaires des économies avancées et s’est ainsi retrouvé enmeilleure position pour absorber des importations. Les importations ont augmenté à la faveur de la reprise de l’activité mondiale, soutenue par le besoin de reconstituer les stocks des entreprises, abaissés durant la récession. Les consommateurs ont aussi contribué à la reprise, notamment dans les produits de l’automobile.

En 2009, le Canada a enregistré son premier déficit commercial en 15 ans; en 2010, ce déficit s’est accru de 4,6 milliards de dollars.

L’écart négatif croissant entre les exportations et les importations a contribué à creuser le déficit du compte courant, qui a atteint 50,0 milliards de dollars l’an dernier, contre 43,5 milliards de dollars un an plus tôt. L’aggravation du déficit commercial explique environ les trois quarts de la détérioration du solde du compte courant, le reste étant principalement attribuable à une augmentation du déficit du poste des revenus de placement.

Les biens et services

À la faveur de la reprisemondiale, les exportations canadiennes de biens et services vers le monde ont rebondi de 8,7 p. 100 (38,0 milliards de dollars), pour atteindre 474,6 milliards de dollars en 2010. De même, les importations de biens et services au Canada étaient en hausse de 9,2 p. 100 (42,6 milliards de dollars), à 506,5 milliards de dollars (tableau 4-1). Ainsi, le déficit commercial a grimpé à 31,9 milliards de dollars, ce qui représente le second déficit commercial consécutif enregistré par le Canada après 15 années d’excédents. La détérioration de 4,6milliards de dollars du solde commercial l’an dernier faisait suite à une chute spectaculaire de 51,2 milliards de dollars survenue un an plus tôt.

Tableau 4-1
Commerce des biens et services du Canada par région, 2010 (millions de dollars et variation annuelle en pourcentage)
 Exportations de biens et servicesImportations de biens et servicesSolde du commerce de biens et services
2010Part en 2010Croissance en % par rapport à 20092010Part en 2010Croissance en % par rapport à 20092010
Monde474 632100,08,7506 508100,09,2-31 876
É.-U.333 64070,38,8312 10161,69,021 539
UE49 23410,410,455 34110,92,4-6 107
Japon10 9522,310,511 7382,39,4-786
Reste du monde80 80617,06,9127 32825,112,8-46 522
Tableau 4-1a
Exportations et Importations de biens par région, 2010 (millions de dollars et variation annuelle en pourcentage)
 Exportations de biensImportations de biensSolde des biens
2010Part en 2010Croissance en % par rapport à 20092010Part en 2010Croissance en % par rapport à 20092010
Monde404 543100,09,5413 110100,010,4-8 567
É.-U.296 43273,39,3259 55762,89,836 875
UE36 3559,013,440 2849,83,9-3 929
Japon9 7082,49,510 0112,47,3-303
Reste du monde62 04815,38,1103 25825,015,1-41 210
Tableau 4-1b
Exportations et Importations de services par région, 2010 (millions de dollars et variation annuelle en pourcentage)
 Exportations de servicesImportations de servicesSolde des services
2010Part en 2010Croissance en % par rapport à 20092010Part en 2010Croissance en % par rapport à 20092010
Monde70 090100,04,493 398100,04,0-23 308
É.-U.37 20853,15,152 54456,35,2-15 336
UE12 87918,42,915 05816,1-1,4-2 179
Japon1 2441,818,61 7261,822,9-482
Reste du monde18 75926,83,124 0725,83,8-5 311

Source : Statistics Canada CANSIM Matrix 376-0001,

Pour l’ensemble de 2010, les exportations et les importations canadiennes de biens et services ont augmenté à destination et en provenance de tous les grandsmarchés – États-Unis, Union européenne, Japon et reste du monde (RdM) (figures 4-1 et 4-2).

Figure 4-1
Exportations de biens et services du Canada par grande région, 2006-2010

Équivalent textuel pour Exportations de biens et services du Canada par grande région, 2006-2010

Source : Statistique Canada.

Les gains du côté des exportations de biens et services ont été dominés par le Japon, l’UE et les États-Unis, avec des hausses de 10,5, 10,4 et 8,8 p. 100, respectivement. Globalement, les exportations canadiennes aux États-Unis ont crû de 27,1 milliards de dollars, à 333,6milliards de dollars en 2010, représentant 70,3 p. 100 des exportations totales de biens et services du pays. Il y a donc eu une légère hausse par rapport à la part de 70,2 p. 100 enregistrée l’année précédente. De façon similaire, l’Union européenne a vu sa part des exportations canadiennes augmenter à 10,4 p. 100 l’an dernier, comparativement à 10,2 p. 100 en 2009. Les exportations vers l’Union européenne ont progressé de 4,6 milliards de dollars l’an dernier, pour atteindre 49,2 milliards de dollars. Les exportations de biens et services au Japon étaient en hausse de 1,0 milliard de dollars, à 11,0 milliards de dollars, soit 2,3 p. 100 des exportations totales du Canada. Avec l’augmentation des parts des États-Unis, de l’UE et du Japon, la part du RdM a fléchi. Cette région englobe tous les pays de l’OCDE non mentionnés (c. à d. les pays autres que les États-Unis, ceux de l’UE et le Japon) ainsi que tous les pays non membres de l’OCDE. La région du RdM a reçu 17,0 p. 100 des exportations totales du Canada (80,8 milliards de dollars) en 2010, en baisse par rapport au niveau de 17,3 p. 100 enregistré un an plus tôt.

Figure 4-2
Importations de biens et services du Canada par grande région, 2006-2010

Équivalent textuel pour Importations de biens et services du Canada par grande région, 2006-2010

Source : Statistique Canada.

Du côté des importations, on observe la situation inverse, sauf dans le cas du Japon, qui est parvenu à maintenir sa part de 2,3 p. 100 des importations canadiennes. Les importations de biens et services en provenance des États-Unis et de l’UE ont augmenté, quoique à un rythme inférieur à celui de 9,2 p. 100 enregistré pour l’ensemble des importations. Ainsi, ces deux économies ont vu leur part fléchir. La baisse a été marginale dans le cas des États-Unis, la part de ce pays glissant de 61,7 p. 100 à 61,6 p. 100, alors que les importations du Canada en provenance des États-Unis ont progressé de 9,0 p. 100 l’an dernier. Du côté de l’UE, les importations canadiennes n’ont augmenté que de 2,4 p. 100 en 2010 et la part de cette région a reculé un peu plus, cédant 0,7 point de pourcentage, à 10,9 p. 100, l’an dernier. Le RdM en a profité pour accroître sa part des importations totales du Canada : les importations en provenance de cette région ont grimpé de 12,8 p. 100 sur l’année. En conséquence, la part des importations totales du Canada détenue par le RdM est passée 24,3 p. 100 à 25,1 p. 100 de 2009 à 2010.

Le déficit commercial de 31,9milliards de dollars inscrit au poste des biens et services en 2010 représente une augmentation de 4,6 milliards de dollars par rapport au déficit de 27,2milliards de dollars enregistré en 2009. Il ya a eu amélioration du solde commercial avec les États-Unis, l’Union européenne et le Japon, mais elle a été plus que compensée par un déficit commercial plus important avec le RdM.

Les exportations aux États-Unis et les importations en provenance de ce pays ont progressé à peu près aumême rythme qu’au cours de l’année précédente, produisant une amélioration de 1,2 milliard de dollars de l’excédent commercial bilatéral. Dans le cas du Japon, la progression plus rapide des exportations par rapport aux importations s’est traduite par une diminution de 32 millions de dollars du déficit commercial avec ce pays, à 786 millions de dollars. Du côté de l’UE, l’expansion plus rapide des exportations (10,4 p. 100) que des importations (2,4 p. 100) a aussi contribué à réduire le déficit commercial bilatéral de 3,3 milliards de dollars, à 6,1 milliards de dollars. Cependant, ces gains ont été effacés par la détérioration de 9,2milliards de dollars du solde des échanges du Canada avec le RdM. Le Canada exporte moins vers cette région qu’il n’importe de celle-ci : en 2010, le taux de croissance de 6,9 p. 100 des exportations canadiennes vers le RdM a été nettement inférieur à celui des importations provenant de cette région (12,8 p. 100), entraînant une détérioration du solde commercial bilatéral. Ainsi, les gains de 4,6 milliards enregistrés dans le solde commercial avec les États-Unis, l’Union européenne et le Japon ont contribué à réduire la détérioration de 9,2milliards de dollars du solde commercial avec le RdM, laissant une hausse nette de 4,6 milliards de dollars du déficit commercial global en 2010.

Le commerce des biens

La reprise des exportations est en bonne partie (dans une proportion de 92,2 p. 100) attribuable au commerce des biens. Il faut dire que les biens représentent une part beaucoup plus élevée des exportations totales et qu’ils ont progressé plus rapidement que les services l’an dernier (9,5 p. 100 contre 4,4 p. 100). Cette situation s’explique en partie par le recul plus modéré des exportations de services durant la récession de 2009 (6,9 p. 100 comparativement à 24,6 p. 100 pour les biens), ce qui suggère que ce secteur n’avait pas besoin d’une croissance supérieure à la moyenne pour revenir à la tendance antérieure.

L’augmentation la plus importante des exportations de biens est survenue aux États-Unis. Les exportations du Canada vers son voisin du Sud ont progressé de 25,3milliards de dollars en comparaison d’une expansion totale de 35,0milliards de dollars des exportations de biens l’an dernier. Parallèlement, le Canada a importé 23,3milliards de dollars de plus des États-Unis (sur une augmentation totale des importations de 39,0 milliards de dollars). Les exportations ayant avancé plus que les importations, l’excédent du commerce des biens avec les États-Unis a augmenté de 2,0 milliards de dollars pour atteindre 36,9 milliards de dollars en 2010.

Au second rang des gains faits par le Canada dans ses échanges des biens en 2010, on retrouve la région du reste du monde (RdM). Celle-ci a fourni près de lamoitié des gains restants, soit après ceux faits aux États- Unis. Les exportations canadiennes de biens vers le RdM ont crû de 8,1 p. 100 en 2010, pour atteindre 62,0 milliards de dollars, une augmentation de 4,6milliards de dollars par rapport à l’année précédente. Cependant, les importations de biens en provenance de cette région ont augmenté davantage (de 15,1 p. 100, soit 13,5 milliards de dollars) pour atteindre 103,3 milliards de dollars. Il en résulte un écart de 8,9milliards de dollars qui a contribué à creuser le déficit commercial global avec cette région.

Les exportations canadiennes de biens vers l’Union européenne ont enregistré la plus forte croissance de toutes les régions l’an dernier, gagnant 13,4 p. 100 (4,3 milliards de dollars) pour s’établir à 36,4 milliards de dollars. À l’opposé, les importations de biens en provenance de l’UE ont affiché la croissance la plus faible, soit 3,9 p. 100 (1,5 milliard de dollars), à 40,3 milliards de dollars. Au total, le déficit du commerce des biens du Canada avec l’UE a reculé à 3,9milliards de dollars en 2010.

Enfin, les exportations de biens au Japon ont augmenté à un rythme plus élevé que les importations de biens en provenance de ce pays en 2010, soit 9,5 p. 100, comparativement à 7,3 p. 100 pour les importations. Les exportations de biens ont ainsi atteint 9,7milliards de dollars, tandis que les importations ont été de 10,0 milliards de dollars et le déficit a rétréci à 303millions de dollars, par rapport à 462millions de dollars en 2009.

Performance sectorielle du commerce des biens

Si les échanges commerciaux ont profité d’une reprise modérée après le recul exceptionnel survenu en 2009, ils demeuraient toujours inférieurs aux niveaux d’avant la récession à la fin de 2010. Un examen plus attentif du commerce par grands secteurs révèle que la faiblesse du côté des exportations n’est pas entièrement imputable à la récession – elle reflète en partie des changements structurels à plus long terme. D’une part, les importations dans certains secteurs ont rattrapé les pertes subies, tandis qu’ailleurs ils s’approchent des sommets atteints avant la récession. Le secteur de l’énergie, particulièrement sensible aux prix, fait exception : il demeure bien en-dessous des records inscrits il y a quelques années lorsque le prix du pétrole brut a touché 150 $É.-U. le baril.

L’augmentation globale de 9,5 p. 100 des exportations canadiennes de biens en 2010 est attribuable à l’augmentation des volumes exportés et à une modeste hausse des prix1. En effet, les volumes exportés ont progressé de 8,3 p. 100 sur les niveaux de 2009, tandis que les prix à l’exportation avançaient de 1,1 p. 100. En dépit de ces gains, les valeurs exportées demeurent inférieures à celles des années 2004 à 2008.

Les exportations étaient en hausse dans quatre des sept grands groupes de produits en 2010, avec en tête les biens et matériaux industriels, les produits de l’automobile et l’énergie.

Les biens et matériaux industriels son devenus le premier secteur d’exportation du Canada l’an dernier, alors que ses exportations ont augmenté de 21,9 p. 100 (17,4 milliards de dollars) pour atteindre 96,5milliards de dollars. Le secteur représente 23,9 p. 100 de l’ensemble des exportations canadiennes de biens. Lesmétaux et alliages occupaient le premier rang (hausse de 39,8 p. 100, à 39,2 milliards de dollars), suivis des minerais métalliques (gain de 26,0 p. 100, à 13,0 milliards de dollars). Des prix plus élevés sont à l’origine d’une bonne partie des gains enregistrés pour lesminerais métalliques, tandis que des hausses de prix et de volumes sont responsables des gains du sous-secteur des métaux et alliages. Les augmentations de prix ont été particulièrement fortes pour le nickel, le cuivre et le zinc – tant pour les minerais que pour les métaux. Une combinaison de hausses de prix et de volumes a aussi contribué à gonfler les exportations de produits chimiques, de plastiques et d’engrais, qui ont grimpé de 17,6 p. 100, à 30,1milliards de dollars. Dans le cas des engrais, de fortes augmentations de volumes ont compensé une chute de 18,8 p. 100 des prix, produisant une hausse des exportations de 29,4 p. 100 en valeur. Les biens et matériaux industriels divers expliquent le reste de l’augmentation observée dans les exportations de biens et matériaux industriels, avec une hausse de quelque 13,4 p. 100. Les reculs subis dans les exportations d’amiante et d’autres produitsminéraux non métalliques de base ont limité les gains à l’exportation dans cette catégorie.

Des hausses de prix plus faibles et une croissance presque nulle des volumes exportés sont à l’origine de la progression limitée des exportations de produits énergétiques; l’énergie, qui occupait le premier rang des principales catégories d’exportations en 2009, a glissé au second rang l’an dernier. Globalement, les exportations énergétiques étaient en hausse de 13,5 p. 100, à 90,7 milliards de dollars, en 2010. Les prix du pétrole brut ont remonté quelque peu en 2010 après une correction de 31,2 p. 100 l’année précédente. Cependant, la diminution de 1,8 p. 100 des volumes exportés a freiné partiellement la hausse des prix. Du côté du gaz naturel, la hausse de 3,0 p. 100 des volumes exportés n’a pas suffi à compenser le recul de 4,9 p. 100 des prix, entraînant une diminution nette de 2,1 p. 100 de la valeur des exportations de gaz naturel.

Les exportations de machines et matériel ont reculé pour une troisième année d’affilée, cédant 4,5 milliards de dollars, soit 5,5 p. 100, pour tomber tout juste sous la barre des 76,0 milliards de dollars. Cela représente une baisse de près de 20 p. 100 par rapport au niveau record enregistré en 2007. Les pertes ont été largement généralisées au sein de cette catégorie. Plus de 40 p. 100 des pertes, soit 1,8 milliard de dollars, sont survenues dans la sous-catégorie des aéronefs et autres matériels de transport, l’essentiel du repli étant dû aux aéronefs. Les exportations dematériel de télécommunications et de machines de bureau ont diminué en 2010, ce qui explique en bonne partie le recul de 1,4milliard de dollars de la sous-catégorie des autres machines, tandis que les exportations de matériel industriel et de machines agricoles fléchissaient de 1,2 milliard de dollars, avec des baisses enregistrées dans les deux principaux groupes de cette sous-catégorie.

Après cinq années de morosité, les exportations de produits de l’automobile ont renversé la tendance et enregistré une augmentation. Les exportations étaient en hausse de 13,0 milliards de dollars, soit 29,6 p. 100, à 56,8 milliards de dollars. La plus grande partie des gains provient des voitures de tourisme, dont les exportations ont progressé de 11,3milliards de dollars grâce à une augmentation de 55 p. 100 du volume de véhicules exportés. Simultanément, les exportations de pièces d’automobile ont avancé de plus d’un cinquième en valeur et de plus d’un quart en volume. C’est la première augmentation des exportations de pièces, après sept années consécutives de baisses. Le recul des exportations de camions, soit 38,6 percent (1,5 milliard de dollars) est venu assombrir ces gains.

Les exportations de produits de l’agriculture et de la pêche ont fléchi en 2010, soit de 329 millions de dollars (0,9 p. 100), pour s’établir à 36,9 milliards de dollars. Les pertes touchent principalement le blé (1,4 milliard de dollars), l’orge (128millions de dollars) et la viande (150millions de dollars), tandis que des gains pour la plupart limités ont été enregistrés pour les autres produits agricoles, à l’exception des autres produits de l’agriculture et de la pêche, qui ont progressé de 1,1 milliard de dollars.

Comme dans le cas des produits de l’automobile, les exportations de produits forestiers ontmis fin à cinq années consécutives de recul des exportations en enregistrant un gain de 2,3 milliards de dollars (12,0 p. 100) l’an dernier. Les exportations de produits forestiers sont remontées à 21,8milliards de dollars en 2010. Les exportations de pâte et de bois d’oeuvre sont à l’origine des gains avec des augmentations de 1,7 milliard de dollars et de 1,3 milliard de dollars, respectivement, tandis que les exportations de papier journal et d’autres papiers reculaient de 0,7 milliard de dollars.

Les exportations d’autres produits de consommation ont aussi poursuivi une tendance à la baisse en 2010, régressant de 1,5 milliard de dollars (8,4 p. 100), à 16,4 milliards de dollars. C’est le troisième recul consécutif des exportations de ces produits, qui comprennent les articles d’ameublement de maison, les articles de sport et l’habillement.

Les importations de toutes les grandes catégories de produits étaient en hausse en 2010. Au total, une diminution de 4,5 p. 100 des prix à l’importation conjuguée à une augmentation de 15,5 p. 100 des volumes importés se sont soldées par une hausse de la valeur des importations de 39,0milliards de dollars, soit 10,4 p. 100, à 413,1 milliards de dollars.

Parallèlement à la reprise des exportations de voitures, les importations de produits de l’automobile étaient aussi en avance de 13,3 milliards de dollars, à 68,6 milliards de dollars, un gain de 24,1 p. 100. Les pièces d’automobile, dont une partie entre probablement dans la production des voitures exportées l’année dernière, ont dominé les gains, avec une hausse de 5,8 milliards de dollars. Les importations de camions et de voitures de tourisme étaient aussi en forte hausse l’an dernier, progressant de 4,0milliards de dollars et de 3,5milliards de dollars, respectivement.

Les importations de biens et matériaux industriels ont augmenté de 11,8milliards de dollars, soit 15,7 p. 100, à 86,9 milliards de dollars. Environ 70 p. 100 de la hausse est attribuable aux métaux et minerais métalliques, en progression de 8,3 milliards de dollars, principalement du côté des métaux précieux. Le reste des gains était réparti assez également entre les produits chimiques, les plastiques et le caoutchouc (les plastiques en tête) et les autres biens industriels (où les produits métalliques de base ont fourni environ lamoitié des gains).

Les importations d’énergie ont augmenté de 6,2 milliards de dollars, soit 18,3 p. 100, pour atteindre 40,2milliards de dollars l’an dernier. Le pétrole et les produits du charbon (hausse 3,0 milliards de dollars) et le pétrole brut (gain de 2,3 milliards de dollars) sont à l'origine de la plus grande partie de l’augmentation.

Les importations de machines et matériel, la plus importante catégorie d’importations du Canada, ont enregistré une modeste hausse, soit de 5,3 p. 100 (5,8 milliards de dollars), à 113,7milliards de dollars. Toutes les catégories d’importations étaient en avance, sauf les aéronefs et autres matériels de transport. Les machines et matériel divers, en particulier le matériel de communications, ont dominé les gains (3,7milliards de dollars), tandis que les importations d’aéronefs et autres matériels de transport fléchissaient de 1,2 milliard de dollars.

Les importations de produits forestiers étaient en déclin depuis 2003, mais la tendance s’est renversée et elles ont inscrit une hausse en 2010. Elles ont gagné 259millions de dollars (10,9 p. 100), à 2,6 milliards de dollars. Lesmatériaux fabriqués en bois sont à l’origine de cette augmentation, avec un gain de 289 millions de dollars, tandis que les importations de produits de bois brut ont fléchi de 31 millions de dollars l’an dernier

Après avoir enregistré un repli inhabituel en 2009, les importations de biens de consommation ont renoué avec la croissance en 2010, inscrivant un gain de 237 millions de dollars, soit 0,4 p. 100, pour atteindre 57,7 milliards de dollars. Cela représente une augmentation d’environ 0,3 p. 100 par rapport au sommet d’avant la récession, soit en 2008. Les téléviseurs et les articles d’ameublement de maison expliquent la plus grande partie de ce gain.

Les importations de produits de l’agriculture et de la pêche, la seule grande catégorie à avoir évité un recul durant la récession de 2009, ont poursuivi leur expansion en 2010. En hausse constante depuis 2004, ces importations ont gagné encore 226millions de dollars l’an dernier, soit 0,8 p. 100, atteignant 29,6 milliards de dollars. Les gains étaient généralisés, avec toutefois quelques replis notables pour les fruits secs, les fruits et les préparations à base de fruits (127millions de dollars), les autres céréales et préparations céréalières (125millions de dollars) et lemaïs (101 millions de dollars).

Le commerce des services

Comme ce fut le cas pour les biens, le commerce des services a rebondi en 2010, après avoir fléchi en raison de la récession l’année précédente. À l’instar des biens, la reprise n’a pas été suffisamment robuste pour reprendre tout le terrain perdu. En 2010, les exportations de services ont augmenté de 4,4 p. 100, à 70,1 milliards de dollars, tandis que les importations de services étaient en hausse 4,0 p. 100, à 93,4milliards de dollars, engendrant un déficit de 23,3 milliards de dollars pour l’année, ce qui est 646 millions de dollars supérieur au déficit enregistré en 2009. Les déficits croissants des services de voyages et des services de transport ainsi qu’une légère détérioration des services gouvernementaux n’ont été qu’en partie compensés par l’élimination du déficit des services commerciaux, résultant en une augmentation du déficit global.

Au niveau régional, le Canada accuse un déficit dans le commerce des services avec tous ses grands partenaires (tableau 4-1). Le plus élevé provient des échanges avec les États-Unis (15,3milliards de dollars), suivi du RdM (5,3 milliards de dollars) et de l’UE (2,2 milliards de dollars), tandis que le déficit avec le Japon est le plus modeste (0,5 milliard de dollars). L’augmentation du déficit du commerce des services l’an dernier découle d’un accroissement des déficits enregistrés avec les États-Unis, le Japon et le RdM; en revanche, le Canada est parvenu à réduire le déficit dans ses échanges de services avec l’UE.

L’activité dans le secteur des voyages et du tourisme a repris de la vigueur en 2010. La vigueur du dollar canadien a aidé à créer des conditions favorables pour que les Canadiens voyagent à l’étranger, avec pour résultat que les dépenses de voyage des Canadiens à l’étranger ont augmenté de 9,7 p. 100 (tableau 4-2). Tant les dépenses de voyage personnelles (9,4 p. 100) que les dépenses pour des voyages d’affaires (11,7 p. 100) ont été en forte progression. Parallèlement, les dépenses de voyage des étrangers au Canada ont aussi augmenté, mais moins que celles des Canadiens à l’étranger. Les dépenses de voyage personnelles des étrangers au Canada étaient en hausse de 4,5 p. 100, tandis que les dépenses de voyage d’affaires des étrangers au Canada progressaient de 6,3 p. 100. Au total, les dépenses de voyage des Canadiens à l’étranger ont été supérieures à celles des étrangers au Canada, entraînant une augmentation du déficit du commerce des services de voyage de 1,9milliard de dollars, à 14,1milliards de dollars.

Tableau 4-2
Commerce des services par secteurs détaillés, 2009 et 2010 (millions de dollars et variation annuelle en pourcentage)
 ExportationsImportationsSolde
 20092010Croissance20092010Croissance   2009      2010   Variation en $
Total, ensemble des services67 14370 0904,489 80793 3994,0-22 664-23 309-645
Voyages15 51916 2634,827 69230 3819,7-12 173-14 118-1 945
Voyages d’affaires2 5282 6876,33 5203 93211,7-992-1 245-253
Voyages personnels12 99213 5764,524 17226 4509,4-11 180-12 874-1 694
Transports10 12011 36312,319 65521 4939,4-9 535-10 130-595
Transports maritimes2 7073 02411,78 6999 57510,1-5 992-6 551-559
Transports aériens4 4095 07415,18 7189 5359,4-4 309-4 461-152
Transports terrestres et autres3 0043 2658,72 2382 3856,6766880114
Services commerciaux39 68140 6842,541 15440 209-2,3-1 4734751 948
Services de communication2 6502 7232,82 0892 2015,4561522-39
Services de construction298268-10,1351235-33,0-533386
Services d’assurances4 3404 283-1,36 4116 289-1,9-2 071-2 00665
Autres services financiers2 6363 15619,74 0393 468-14,1-1 403-3121 091
Services informatiques et d’information4 8735 0413,42 4352 374-2,52 4382 667229
Redevances et droits de licences3 6733 7050,98 8018 569-2,6-5 128-4 864264
Services de gestion5 8815 081-13,64 7225 0066,01 15975-1 084
Recherche-développement3 4573 90112,81 185892-24,72 2723 009737
Services d’archit., d’ingénierie et autres serv. tech.4 8765 51313,13 2433 111-4,11 6332 402769
Autres services aux entreprises4 8614 9672,25 4995 300-3,6-638-333305
Services audio-visuels2 1372 044-4,42 3812 76216,0-244-718-474
Services gouvernementaux1 8241 777-2,61 3041 3160,8520461-59

Source : Statistique Canada, matrice CANSIM 376-0035.

À la faveur de la reprise des échanges de biens avec tous les grands partenaires, le commerce des services de transport a aussi augmenté avec toutes les régions en 2010. La seule exception à ce chapitre a trait aux importations de services de transport en provenance de l’UE. Cela est probablement lié à la faible augmentation des importations de biens de cette région.

Les exportations de services de transport ont grimpé de 12,3 p. 100 (1,2 milliard de dollars), tous les grands partenaires commerciaux montrant des gains supérieurs à 10 p. 100. Les exportations ont progressé de 8,7 p. 100 dans le cas des services de transport terrestre, de 11,7 p. 100 pour les services de transportmaritime et de 15,1 p. 100 pour les services de transport aérien. Les importations de services de transport étaient aussi en progression générale, sauf pour l’UE, (baisse de 1,9 p. 100), tel que noté ci-dessus. Dans l’ensemble, les, importations de services de transport ont augmenté de 9,4 p. 100, avec en tête les États-Unis (16,0 p. 100). Encore ici, les importations de services de transport terrestre sont la catégorie dont la reprise a été la plus lente (6,6 p. 100), suivie du transport aérien (9,4 p. 100) et du transport maritime (10,1 p. 100).

Le Canada est habituellement déficitaire dans ses échanges de services commerciaux; mais la situation a changé en 2010, le pays inscrivant son premier excédent, soit 477 millions de dollars. Les exportations de services commerciaux ont augmenté de 2,5 p. 100 (1,0 milliard de dollars), tandis que les importations reculaient de 2,3 p. 100 (0,9 milliard de dollars), faisant passer le solde commercial d’un déficit de 1,5milliard de dollars en 2009 à un surplus l’an dernier. Les exportations de services commerciaux étaient en hausse vers tous les grands partenaires, sauf le RdM. Simultanément, les importations de services commerciaux en provenance de tous les grands partenaires ont régressé, à l’exception du Japon, où elles ont progressé de 40,3 p. 100. Cependant, comme le Japon ne représente que 2,2 p. 100 des importations totales de services commerciaux du Canada, l’augmentation survenue avec ce pays n’a pas suffi à compenser les baisses enregistrées avec les autres partenaires.

Dans bien des cas, l’effet combiné d’une hausse des exportations et d’une baisse des importations s’est traduite par une amélioration du solde des échanges de services commerciaux. En particulier, le solde du commerce des autres services financiers est celui qui s’est amélioré le plus (1,1 milliard de dollars), suivi des services d’architecture, de génie et des autres services techniques (gain de 769millions de dollars), des services de recherche-développement (737 millions de dollars) et des autres services divers aux entreprises (305 millions de dollars). Du côté des services de gestion et des services audio-visuels, la baisse des exportations et la hausse des importations ont contribué à freiner l’amélioration globale du solde commercial.

Le compte courant

Le compte courant enregistre les flux de transactions entre le Canada et ses partenaires commerciaux. Tel qu’indiqué précédemment, les échanges de biens et services représentent la composante la plus importante. Les deux autres composantes du compte courant saisissent les flux de paiements et de rentrées de revenus de placements et de transferts courants.

Le déficit du compte courant s’est creusé entre 2009 et 2010, passant de 43,5 milliards de dollars à 50,0 milliards de dollars l’an dernier, une augmentation de 6,5 milliards de dollars. L’essentiel de la hausse du déficit du compte courant de 2009 à 2010 est attribuable à l’aggravation de 4,6 milliards de dollars du déficit des échanges de biens et services. Le recul de 4,0 milliards de dollars du solde du commerce des biens explique environ 62 p. 100 de la détérioration globale du solde du compte courant, tandis que la baisse de 0,6milliard de dollars du solde des échanges de services représente une autre tranche de 10 p. 100.

Le Canada a toujours enregistré un déficit au poste des revenus de placements. La croissance des paiements au titre des revenues de placements a été légèrement supérieure à celle des rentrées à ce poste (7,8 p. 100 pour les paiements et 7,1 p. 100 pour les rentrées). En conséquence, le déficit des revenus de placements s’est creusé de 1,5milliard de dollars. Les bénéfices gagnés par les investisseurs canadiens étaient en hausse de 7,6 milliards de dollars en 2010, tandis que les revenus de portefeuille sous forme de dividendes et d’intérêts et les autres revenus des détenteurs de placements étaient en baisse de 2,7 milliards de dollars et de 0,9milliard de dollars, respectivement. En outre, les paiements des Canadiens sur les investissements étrangers directs ont augmenté de 5,4milliards de dollars, tandis que ceux allant aux détenteurs de placements de portefeuille ont progressé de 2,4milliards de dollars par rapport à 2009; les paiements versés aux autres détenteurs de placements ont par contre diminué de 2,3 milliards de dollars.

Les transferts courants sont la plus petite des trois principales composantes du compte courant. En 2010, les rentrées au titre des transferts courants étaient en hausse de 93millions, à 8,7milliards de dollars, tandis que les paiements de transferts courants augmentaient à 11,2 milliards de dollars. L’effet net est une augmentation de 290millions de dollars du déficit du poste des transferts courants en 2010, à 2,4 milliards de dollars, alors qu’il était de 2,1 milliards de dollars l’année précédente.


1 Statistique Canada, Commerce international des marchandises : revue annuelle 2010, n° 65 208 X (2011) au catalogue.