Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l'investissement – 2011

VI. Aperçu de la performance du Canada enmatière d’investissement

Les fluctuations des perspectives économiques régionales se reflètent dans les mouvements de capitaux partout dans le monde. À l’échelle planétaire, l’investissement s’oriente de plus en plus vers l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique. Ce sont précisément ces régions où les investisseurs canadiens ont concentré leurs efforts, alors que les flux d’investissement direct vers les pays du reste du monde non membres de l’OCDE étaient en hausse et que les stocks d’investissement direct dans ces régions ont augmenté. Parallèlement, les problèmes qu’éprouvent actuellement plusieurs pays européens et les mauvaises perspectives qu’ils laissent entrevoir ont réduit leur attrait et les investisseurs canadiens ont réagi en se retirant de la région.

La gestion macroéconomique et budgétaire prudente du Canada avant et après la récession est un facteur positif aux yeux des investisseurs. À cela s’ajoute les perspectives économiques relativement bonnes du Canada parmi les économies développées, ce qui contribue à en faire une destination attrayante pour l’investissement. Par conséquent, l’investissement entrant au Canada a augmenté en 2010, principalement en provenance d’investisseurs nord-américains et asiatiques.

Flux d’investissement étranger direct dans le monde

Les entrées d’investissement étranger direct (IED) dans le monde ont stagné en 2010, passant de 1 114milliards de dollars É.-U. en 2009 à près de 1 122 milliards de dollars É.-U. en 2010, selon la CNUCED (tableau 6-1)1. Une forte reprise des flux d’IED vers les pays en développement d’Asie et d’Amérique latine a fait contrepoids à la baisse des entrées dans les pays développés.

La source du financement s’est également déplacée, les bénéfices accrus des filiales étrangères, notamment dans les pays en développement, ayant pour effet de stimuler les gains réinvestis, tandis que l’incertitude entourant lesmarchés de devises dans le monde et l’endettement souverain en Europe ont contribué à réduire les prêts intrasociétés et les investissements en capitaux propres. Par ailleurs, les fusions et acquisitions (F et A) transfrontières ont progressé de 37 p. 100 en 2010, mais les projets d’investissements en nouvelles installations ont reculé, en nombre et en valeur, à l’échelle internationale.

Table 6-1
Global FDI flows by Region and Selected Countries (US$ billions and %)
 Entrées d’IEDSorties d’IED
 200920101Variation
(%)
Part
(%)
200920101Variation
(%)
Part
(%)
1 Estimations préliminaires de la CNUCED.
Monde1 114,11 122,00,7100,01 188,71 346,213,2100,0
Économies développées565,9526,6-6,946,9882,3969,59,972,0
Europe378,4295,4-21,926,3503,5516,72,638,4
Union européenne361,9289,8-19,925,8433,6450,03,833,4
Autriche7,112,678,81,16,510,867,40,8
Belgique33,850,549,54,5-17,031,1-2,3
France59,657,4-3,75,1147,2122,9-16,59,1
Allemagne35,634,4-3,53,178,2104,934,17,8
Irlande25,08,4-66,30,723,916,2-32,21,2
Italie30,519,7-35,51,839,223,1-41,01,7
Luxembourg27,312,1-55,71,118,718,3-2,31,4
Pays-Bas26,9-24,7--2,226,931,918,52,4
Pologne11,410,4-8,90,95,24,7-9,90,3
Espagne15,015,74,31,49,722,3128,71,7
Suède10,912,111,61,125,830,116,62,2
Royaume-Uni45,746,21,24,144,424,8-44,11,8
États-Unis129,9186,143,316,6248,1325,531,224,2
Japon11,92,0-83,40,274,756,7-24,14,2
Canada18,7n,a,--38,836,9-5,02,7
Économies en développement478,3524,89,746,8257,6316,122,723,5
Afrique58,650,1-14,44,54,54,011,30,3
Égypte6,76,81,70,60,61,2105,80,1
Afrique du Sud5,71,3-77,90,11,20,5-60,90,0
Amérique latine et Caraïbes116,6141,121,112,647,683,976,46,2
Brésil25,930,216,32,7-10,111,5-0,9
Chili12,718,243,41,68,18,78,50,6
Colombie7,28,720,80,83,16,5110,60,5
Mexique12,519,152,91,77,612,767,10,9
Asie et Océanie303,2333,610,029,7205,5228,111,016,9
Asie de l’Ouest68,357,2-16,25,119,0-0,2-0,0
Turquie7,67,0-8,00,61,61,814,60,1
Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est233,0274,617,824,5186,4228,222,417,0
Chine95,0101,06,39,056,568,020,35,1
Hong Kong, Chine48,462,629,25,664,076,118,95,7
Inde34,623,7-31,52,115,913,2-17,31,0
Malaisie1,47,0409,70,68,013,264,71,0
Singapour16,837,4122,73,318,519,76,91,5
Thaïlande5,96,814,20,63,82,7-29,20,2
Europe du Sud-Est et CEI69,970,50,86,348,760,624,34,5
Russie38,739,72,53,543,751,718,43,8

Source : CNUCED.

L’année a été marquée par un ralentissement des flux au second trimestre, une reprise au troisième trimestre et une situation stationnaire au quatrième trimestre. Le profil des entrées d’investissement a varié d’une région à l’autre. En particulier, les entrées d’IED dans les pays développés se sont à nouveau contractées en 2010, tandis que dans les économies en développement et en transition elles ont rebondi pour dépasser 50 p. 100 des flux d’IED mondiaux pour la première fois.

Les entrées d’IED dans les pays développés ont fléchi de 6,9 p. 100, à 526,6 milliards de dollars É.-U. Ce recul s’est produit en dépit d’une hausse de 43 p. 100 de l’IED aux États-Unis. À 56,2 milliards de dollars É.-U., c’est la plus forte progression de l’IED parmi les grandes régions.

La baisse la plus marquée a touché l’IED entrant dans les pays européens, soit 19,9 p. 100 (72,1 milliards de dollars É.-U.) pour l’Union européenne et 21,9 p. 100 (83,0 milliards de dollars É.-U.) pour l’ensemble du continent. Les Pays-Bas et Luxembourg accusent des reculs importants : les flux d’IED ont enregistré un solde négatif (déssaisissements d’actifs) de 24,7 milliards de dollars É.-U. aux Pays-Bas, après des entrées nettes de 26,9milliards de dollars en 2009, et les entrées au Luxembourg sont tombées de plus de moitié sur l’année, cédant 15,2 milliards de dollars É.-U. Les incertitudes causées par l’endettement souverain ont aussi entraîné des baisses de l’IED, notamment en Irlande et en Italie (recul de 16,6milliards de dollars É.-U. et de 10,8milliards de dollars É.-U., respectivement). Les entrées d’IED entrant en France et Allemagne, les deux plus grandes économies de la région, n’ont fléchi que légèrement (2,2 milliards de dollars É.-U. et 1,2 milliard de dollars É.-U., respectivement).

Les entrées d’IED au Japon ont dégringolé de 83,4 p. 100 (9,9 milliards de dollars É.-U.) par suite de dessaisissements d’actifs (p. ex. Liberty Group, Ford).

Contrastant avec les économies développées, les flux d’IED vers les économies en développement ont progressé de 9,7 p. 100, à 524,8milliards de dollars É.-U., en 2010, à la faveur d’une reprise économique rapide et de l’augmentation des flux Sud-Sud. La valeur des F et A transfrontières – une forme de plus en plus importante d’entrées d’IED dans les pays en développement – a plus que doublé. Malgré cette progression générale, on observe des disparités régionales notables : l’Amérique latine, l’Amérique du Sud, l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-Est ont bénéficié d’une forte croissance des entrées d’IED, mais celles-ci ont fléchi en Asie de l’Ouest et en Afrique.

Les entrées d’IED en Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est ont fortement rebondi en 2010. Après une baisse de 17,5 p. 100 en 2009, l’investissement dans cette région a progressé de 17,8 p. 100 en 2010, atteignant 274,6 milliards de dollars É.-U. La hausse marquée des entrées d’IED à Singapour, à Hong Kong, en Chine, en Indonésie, en Malaisie et au Vietnamest à l’origine de cette performance, tandis que l’Inde a enregistré une baisse importante (31,5 p. 100).

L’augmentation rapide des F et A transfrontières explique la hausse significative des flux d’IED en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2010. L’IED entrant dans la région a atteint 141,1 milliards de dollars É.-U. En comparaison des valeurs négatives observées en 2009, les F et A ont totalisé 32,0 milliards de dollars É.-U. en 2010, rejoignant presque les sommets enregistrés dans cette région au cours des années 1990. Les secteurs visés par ces transactions sont principalement le pétrole et le gaz, les mines de métal ainsi que l’alimentation et les boissons. Le Brésil (30,2 milliards de dollars É.-U.) a été le plus important bénéficiaire de ces flux pour la quatrième année de suite. LeMexique (19,1 milliards de dollars É.-U.) et le Chili (18,2 milliards de dollars É.-U.) ont aussi reçu des entrées d’IED significatives l’an dernier.

Après avoir marqué un record en 2008, les entrées d’investissements en Afrique ont régressé au cours des deux dernières années. En 2010, les entrées d’IED dans la région étaient en baisse de 14,4 p. 100, à 50,1 milliards de dollars É.-U. Au niveau sous-régional, les entrées d’investissement en Afrique du Nord semblent s’être stabilisées, tandis qu’en Afrique sub-saharienne, les entrées en Afrique du Sud ont dégringolé au quart de leur niveau de 2009. Dans l’ensemble, l’augmentation de l’IED en Afrique provenant d’Asie et d’Amérique latine n’a pas suffi à compenser la baisse de l’IED provenant des pays développés, qui détiennent toujours la part la plus importante des flux d’IED entrant dans plusieurs pays africains.

À 57,2 milliards de dollars É.-U., les entrées d’IED en Asie de l’Ouest étaient de 16,2 p. 100 inférieures à leur niveau de 2009. La situation varie d’un pays à l’autre, les entrées d’investissement dans les Émirats arabes unis ayant repris un peu de vigueur par rapport aux faibles valeurs enregistrées en 2009; la performance au Liban a peu changé, tandis que l’Arabie saoudite a connu une baisse de ses entrées d’IED.

Les économies en transition d’Europe du Sud-Est et du Commonwealth des États indépendants (CEI) ont profité d’une augmentation marginale de 0,8 p. 100 des entrées d’IED en 2010, lesquelles ont atteint 70,5 milliards de dollars É.-U., après être tombées de plus de 40 p. 100 l’année précédente. Les flux d’IED en Europe du Sud-Est ont reculé de près du tiers en raison de l’état léthargique de l’investissement en provenance des pays de l’Union européenne (historiquement la principale source d’IED dans cette sous-région). En revanche, l’investissement dans les économies du CEI a augmenté d’environ 5 p. 100 grâce à la fermeté des prix des produits de base et à une reprise économique plus vigoureuse.

Si l’on passe d’une analyse axée sur les sources d’investissement à une analyse par destination, on constate que les sorties globales d’IED ont augmenté, soit de 1 189milliards de dollars É.-U. en 2009 à 1 346 milliards de dollars É.-U. en 2010, une progression de 13,2 p. 100 selon les plus récentes statistiques de la CNUCED2. En dépit de cette progression, les sorties d’IED demeurent 40,6 p. 100 sous leur sommet de 2007.

L’écart entre les entrées et les sortiesmondiales est attribuable à diverses raisons, notamment les méthodes différentes de collecte de données selon les pays d’accueil et les pays d’origine, les couvertures différentes des flux d’IED (au niveau du traitement des gains réinvestis) et les périodes différentes employées pour consigner les transactions d’IED. En outre, le fait que les sorties dépassent les entrées semble indiquer qu’une partie des flux enregistrés comme sorties dans les pays d’origine peut ne pas être enregistrée comme des entrées d’IED dans les pays d’accueil.

Source : CNUCED, Global Investment Trends Monitor, n° 6, 27 avril 2011.

Selon la CNUCED, l’augmentation des sorties d’IED en 2010 traduit une amélioration des bénéfices des entreprises et l’internationalisation croissante des sociétés multinationales. La crise financière a incité les entreprises à rationaliser leur structure et à accroître leur efficience de toutes les manières possibles, ce qui a souvent donné lieu à une relocalisation des fonctions de l’entreprise vers des endroits présentant des avantages sur le plan des coûts.

Dans les pays développés, les sorties d’IED ont augmenté pour atteindre 969,5 milliards de dollars É.-U. en 2010, un gain de 9,9 p. 100 sur l’année précédente. Cependant, ce niveau ne représente toujours que la moitié du sommet atteint en 2007. Reflétant les différences dans le contexte économique des grands pays développés, les sorties d’IED ont suivi des tendances passablement différentes d’un pays et d’une sous-région à l’autre, de même qu’au niveau des trois grandes composantes de ces flux – les placements en actions, les réinvestissements de bénéfices et les autres flux de capitaux (surtout des prêts intrasociétés).

Les sorties des États-Unis étaient en hausse de 77,4milliards de dollars É.-U., soit 31,2 p. 100, à 325,5milliards de dollars É.-U. L’augmentation des transactions de F et A transfrontières de sociétés américaines, qui ont plus que triplé en 2010, explique environ 80 p. 100 de la progression globale.

En Europe, les sorties d’IED étaient aussi en hausse, quoique modestement (2,6 p. 100), pour atteindre 516,7 milliards de dollars É.-U. en 2010. Cependant, au contraire des entreprises américaines, les transactions de F et A transfrontières des sociétés européennes ont reculé de 67,1 p. 100 l’an dernier. Dans certains pays européens, les sorties ont été principalement marquées par les transactions de financement intrasociété de filiales à l’étranger (p. ex. en Allemagne et en Suisse). Au Royaume-Uni, traditionnellement l’un des plus importants pays investisseurs, les sorties nettes ont chuté de 44,1 p. 100 pour s’établir à 24,8 milliards de dollars É.-U. – un niveau qui n’a pas été vu depuis 1993 – alors que des sociétésmères se sont départies de filiales ou se sont fait rembourser des prêts qui leur avaient été faits dans le but de renforcer leur bilan au pays.

De façon similaire, les flux d’IED sortant du Japon ont chuté de 24,1 p. 100, à 56,7 milliards de dollars É.-U., alors que la baisse des prêts intrasociétés et des réinvestissements de bénéfices a pesé plus lourd que l’augmentation de 77,8 p. 100 des F et A transfrontières.

Dans les pays en développement, les sorties d’IED étaient en hausse de 22,7 p. 100 par rapport à 2009, atteignant 316,1 milliards de dollars É.-U. l’an dernier. Cependant, le profil observé est inégal d’une région à l’autre : l’Amérique latine et les Caraïbes et les pays en développement d’Asie montrent de fortes augmentations, alors que les flux sortant d’Afrique et d’Asie de l’Ouest étaient en baisse.

Les flux d’IED sortant des pays d’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est ont augmenté de 22,4 p. 100 en 2010, dominés par Hong Kong, la Chine, la Corée, Taïwan et laMalaisie. Les entreprises chinoises ont poursuivi sur leur lancée en faisant l’acquisition d’actifs étrangers dans un large éventail d’industries et de pays; les flux d’IED sortant de ce pays ont augmenté de 11,5 milliards de dollars É.-U. pour atteindre le niveau record de 68,0 milliards de dollars É.-U. Les achats des entreprises de la région sous forme de F et A ont bondi à 93,5milliards de dollars É.-U. en 2010, la Chine (hausse 29,2milliards de dollars É.-U.) et l’Inde (gain de 26,4milliards de dollars É.-U.) représentant près de 60 p. 100 de l’activité de F et A de la région.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, les flux d’IED sortant étaient en forte hausse en 2010, soit de 76,4 p. 100 (36,3milliards de dollars É.-U.), pour atteindre 83,9 milliards de dollars É.-U. Les gains proviennent d’une hausse de 12,0 milliards de dollars É.-U. des achats transfrontières sous forme de F et A. Les entreprises multinationales de la région ont intensifié leurs acquisitions à l’étranger, notamment dans les pays développés, où des occasions d’investissement se sont présentées au lendemain de la crise. Selon la CNUCED, des entreprises brésiliennes telles que Vale, Gerdau, Camargo Correa, Votorantim, Petrobras et Braskem ont fait des acquisitions dans les industries du minerai de fer, de l’acier, de l’alimentation, du ciment, des produits chimiques et du raffinage du pétrole dans des pays développés. Simultanément, des entreprisesmexicaines comme Grupo Televisa, Sigma Alimentos, Metalsa et Inmobiliaria Carso ont acheté des entreprises aux États-Unis dans des industries telles que les médias, l’alimentation, les véhicules automobiles et les services.

FDI flows from Africa fell for the third consecutive year, slipping to US$4.0 billion last year from US$4.5 billion in 2009. Outflows fell significantly from the two major outward investors—Libya and South Africa—which together accounted for more than half of the regional total in 2009. Outflows from Egypt were up strongly in 2010, more than doubling to US$1.2 billion.

Les flux d’IED en provenance d’Afrique ont chuté pour la troisième année d’affilée, reculant à 4,0 milliards de dollars É.-U. l’an dernier, contre 4,5 milliards de dollars É.-U. en 2009. Les sorties en provenance des deux principaux pays investisseurs, la Libye et l’Afrique du Sud, qui représentaient ensemble plus de la moitié du total régional en 2009, ont régressé sensiblement. Les sorties d’IED d’Égypte ont connu une forte hausse en 2010 – de plus du double – pour atteindre 1,2 milliard de dollars É.-U.

Les entreprises d’Asie de l’Ouest ont rapatrié des capitaux en 2010. Cela a pris la forme de dessaisissements d’actifs et d’une baisse de la valeur des investissements. Selon la CNUCED, les plus importantes transactions de dessaisissement ont été notamment la vente par le groupe Zain Groen (Koweït) de ses opérations africaines, pour un montant de 10,7 milliards de dollars É.-U., à Bharti Airtel (Inde) et la cession par International Petroleum Investment Company (fonds d’épargne souverain d’Abu Dhabi) d’une participation de 70 p. 100 dans Hyundai OilBank en République de Corée, pour un montant de 2,2 milliards de dollars É.-U. Simultanément, des projets d’installations nouvelles à l’étranger d’investisseurs d’Asie de l’Ouest – principalement dans d’autres pays en développement – ont vu leur valeur baisser alors que des entités sous contrôle de l’État – les principaux investisseurs étrangers des pays d’Asie de l’Ouest – ont ramené des fonds dans leur pays d’origine pour renflouer l’économie intérieure.

En 2010, les flux d’IED provenant des économies en transition d’Europe du Sud-Est et du Commonwealth des États indépendants (CEI) ont augmenté de 24,3 p. 100, atteignant le niveau record de 60,6 milliards de dollars É.-U. Comme par le passé, la plupart des projets d’IED sortant sont le fait d’entreprises russes et d’entreprises du Kazakhstan.

Alors que les pays développés combattent toujours les effets de la crise, de nombreuses multinationales des économies en développement et en transition investissent dans d’autres marchés émergents, où la reprise est vigoureuse et les perspectives économiquesmeilleures. Pour 2010, la CNUCED estime que 70 p. 100 de l’investissement en provenance des économies en développement et en transition a pris la direction d’autres économies en développement et en transition, comparativement à 50 p. 100 pour les investisseurs des pays développés.

La performance du Canada au chapitre de l’investissement direct

Investissement entrant

Entrées

Après avoir diminué de plus de moitié au cours de chacune des deux années précédentes, les entrées d’investissement étranger direct au Canada ont retrouvé le chemin de la croissance, augmentant de 5,4 p. 100 (1,2 milliard de dollars), à 22,5 milliards de dollars en 2010 (tableau 6-2). Cependant, ce niveau demeure au cinquième du sommet enregistré en 2007, soit 123,1 milliards de dollars. L’essentiel des entrées a pris la forme d’apports de capitaux à long terme dans des filiales d’entreprises étrangères au Canada, alors que seulement 31 p. 100 des entrées ont porté sur des achats nets d’intérêts existants au pays.

Tableau 6-2
Flux d’IED entrant au Canada par région
 20092010VariationCroissance
Monde21 327 000 000 $22 477 000 000 $1 150 000 000 %5,4 %
États-Unis10 574 000 000 $16 078 000 000 $5 504 000 000 $52,1 %
UE3 176 000 000 $1 320 000 000 $-1 856 000 000 $-58,5 %
Japon442 000 000 $1 891 000 000 $1 449 000 000 $327,6 %
Autres pays de l'OCDE2 894 000 000 $-3 352 000 000 $-6 246 000 000 $-215,9 %
Reste du monde4 242 000 000 $6 542 000 000 $2 300 000 000 $54,3 %

Source : Statistique Canada..

La progression observée est attribuable à une forte augmentation des investissements en provenance des États-Unis, des pays du reste du monde (RdM) non membres de l’OCDE et du Japon. En revanche, les niveaux d’investissement provenant de l’UE ont dégringolé et il y a eu dessaisissement de fonds des autres investisseurs de l’OCDE. À 16,1 milliards de dollars, les entrées en provenance des États-Unis ont représenté 71,5 p. 100 des entrées totales. Viennent ensuite le RdM, avec des entrées de 6,5 milliards de dollars, soit 29,1 p. 100 du total, suivi du Japon, à 1,9 milliard de dollars ou 8,4 p. 100 du total. L’investissement au Canada en provenance de l’UE est tombé à 1,3 milliard de dollars l’an dernier, soit 5,9 p. 100 du total. Il y a eu pour 3,8 milliards de dollars d’investissement provenant de divers pays de l’UE, mais un investissement négatif de 2,5 milliards de dollars du R.-U., ce qui explique la performance nette de l’UE. C’est la seconde année d’affiliée où les investisseurs britanniques ont rapatrié des fonds vers leur pays, bien que le montant en cause l’an dernier ait été légèrement inférieur aux 4,1 milliards de dollars de dessaisissement enregistré en 2009.

Au niveau sectoriel, 44,9 p. 100 des entrées d’investissement ont porté sur l’énergie et les minéraux métalliques, suivis des finances et assurances (20,0 p. 100), du commerce de détail (12,7 p. 100), des machines et du matériel de transport (4,1 p. 100) et du bois et du papier (3,0 p. 100). Le reste, soit 15,2 p. 100, était réparti parmi l’ensemble des autres industries.

Stock d’IED entrant

Sous l’effet de l’augmentation des flux d’investissement entrant au Canada en 2010, le stock d’investissement étranger direct, c’està- dire les avoirs cumulatifs, a aussi progressé. L’investissement étranger direct au Canada a atteint 561,6 milliards de dollars en 2010, un gain de 14,0 milliards de dollars, soit 2,6 p. 100, sur 2009 (tableau 6-3). Cela équivaut à 34,6 p. 100 du PIB. La progression est principalement attribuable aux investisseurs nord-américains, et le stock d’investissement provenant de cette région a augmenté de 14,5 milliards de dollars. Les investisseurs d’Asie et d’Océanie ont aussi vu leurs avoirs croître de 1,7 milliard de dollars, tandis que ceux d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale et des Caraïbes ont inscrit une hausse de 0,1 milliard de dollars. Les avoirs des investisseurs européens et africains ont reculé de 1,8 milliard de dollars et de 0,5 milliard de dollars, respectivement.

L’investissement provenant de l’Amérique du Nord est dominé par les États-Unis, dont les avoirs en IED au Canada ont augmenté de 5,1 p. 100 en 2010, à 306,1 milliards de dollars, une hausse de 14,8 milliards de dollars par rapport à 2009. Venant annuler en partie ce gain, on observe un recul de l’IED venant des Bermudes et de la Barbade. Les États-Unis comptent pour la totalité des gains d’IED entrant au Canada et ce pays a vu sa part augmenter à 54,5 p. 100 du total de l’investissement étranger direct au Canada. C’est la première hausse de la part des États-Unis depuis 2004. À vrai dire, la part des États-Unis suit une tendance à la baisse depuis 1999, année où elle atteignait 69,7 p. 100 de l’ensemble de l’IED au Canada.

Table 6-3
Stock of Foreign Direct Investment into Canada by Country and Region ($ millions)
 20092010VariationCroissance
Ensemble des pays547 578561 61614 038,02,6 %
Amérique du Nord296 376310 89914 523,04,9 %
Barbade639177-462,0-72,3 %
Bermudes2 0930-2 093,0-100,0 %
Mexique202197-5,0-2,5 %
États-Unis291 369306 14114 772,05,1 %
Amérique du Sud14 80514 907102,00,7 %
Brésil13 35513 494139,01,0 %
Europe173 188171 436-1 752,0-1,0 %
Belgique3 4493 617168,04,9 %
Finlande1 2201 135-85,0-7,0 %
France17 70719 0321 325,07,5 %
Allemagne9 75110 184433,04,4 %
Irlande1 5651 531-34,0-2,2 %
Italie1 0131 124111,011,0 %
Luxembourg10 15611 3571 201,011,8 %
Pays-Bas52 22351 752-471,0-0,9 %
Russie5641 036472,083,7 %
Suisse22 90720 355-2 552,0-11,1 %
Royaume-Uni44 75842 178-2 580,0-5,8 %
Afrique2 084-537,0-25,8 
Afrique du Sud744652-92,0-12,4 %
Asie/Océanie61 12562 8271 702,02,8 %
Australie4 5742 632-1 942,0-42,5 %
Inde6 5236 55431,00,5 %
Japon14 40715 9951 588,011,0 %
Chine12 85514 0561 201,09,3 %
Corée du Sud2 1882 771583,026,6 %
Émirats arabes unis3 7523 82472,01,9 %

Data: Statistique Canada.

Les pays de la région de l’Asie/Océanie ont vu leurs avoirs sous forme d’IED au Canada croître de 1,7 milliard de dollars É.-U. (2,8 p. 100) en 2010, à 62,8 milliards de dollars. Le Japon dominait les gains, avec hausse de 1,6 milliard de dollars, suivi de la Chine (1,2 milliard de dollars), de la Corée (0,6 milliard de dollars) et des Émirats arabe unis (0,1 milliard de dollars). Par contre, les entreprises australiennes ont réduit leurs avoirs de 1,9 milliard de dollars (42,5 p. 100), ce qui a limité la progression globale de cette région.

L’investissement provenant de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale et des Caraïbes était en hausse de 102 millions de dollars, à 14,9 milliards de dollars, en 2010. Le Brésil (139 millions de dollars) et l’Argentine (39 million de dollars) ont enregistré des gains notables, tandis que les pertes subies ailleurs ont réduit l’avancée de ce groupe.

L’IED européen au Canada a fléchi de 1,8 milliard de dollars, soit 1,0 p. 100, pour s’établir à 171,4 milliards de dollars en 2010. Malgré le recul net, certains pays ont fait des gains notables, dont la France (1,3 milliard de dollars), le Luxembourg (1,2 milliard de dollars), la Russie (0,5 milliard de dollars) et l’Allemagne (0,4 milliard de dollars). Certains autres pays ont aussi inscrit de modestes augmentations. Cependant, quelques pays ont vu leurs avoirs reculer, notam ment le Royaume-Uni (2,6 milliards de dollars), la Suisse (2,6 milliards de dollars) et les Pays-Bas (0,5 milliard de dollars).

Les avoirs des investisseurs africains au Canada étaient 537 millions de dollars (25,8 p. 100) moins élevés en 2010 qu’en 2009, tandis que l’IED en provenance de l’Afrique du Sud reculait de 92 millions de dollars.

Environ les trois quarts de l’augmentation globale de l’IED au Canada en 2010 a pris la direction des industries de production de services, et un quart celle des industries de production de biens (tableau 6-4). Dans le secteur des services, l’industrie qui a le plus d’attrait pour l’IED entrant au fil des ans est celle des finances et des assurances et la tendance s’est maintenue en 2010. L’IED a augmenté de 7,0 p. 100 dans cette industrie, pour atteindre 82,2 milliards de dollars, une hausse de 5,4 milliards de dollars par rapport à 2009. L’information et la culture venaient au second rang des industries qui intéressaient le plus les investisseurs étrangers en 2010, alors que le stock d’investissement étranger y a progressé de 20,5 p. 100, soit de 2,2 milliards de dollars. Le commerce de détail (1,4 milliard de dollars, soit 9,4 p. 100) et les services de gestion de sociétés et d’entreprises (1,2 milliard de dollars ou 1,7 p. 100) ont aussi fait des avancées importantes, tandis que les services professionnels, scientifiques et techniques sont la seule industrie à avoir inscrit une perte parmi les services, soit 1,1 milliard de dollars (9,1 p. 100).

Tableau 6-4
Stock d’investissement étranger direct au Canada par grands secteurs
 20092010VariationCroissance
Total, ensemble des industries547 578 000 000 $561 616 000 000 $14 038 000 000 $2,6 %
Agriculture, forêt, pêche et chasse960 000 000 $1 292 000 000 $332 000 000 $34,6 %
Mines et extraction pétrolière et gazière87 354 000 000 $92 205 000 000 $4 851 000 000 $5,6 %
Services publics5 220 000 000 $5 954 000 000 $734 000 000 $14,1 %
Construction4 948 000 000 $5 554 000 000 $606 000 000 $12,2 %
Fabrication198 337 000 000 $195 418 000 000 $-2 919 000 000 $-1,5 %
Commerce de gros34 274 000 000 $34 711 000 000 $437 000 000 $1,3 %
Commerce de détail14 894 000 000 $16 287 000 000 $1 393 000 000 $9,4 %
Transport et entreposage5 067 000 000 $5 113 000 000 $46 000 000 $0,9 %
Information et industries culturelles10 564 000 000 $12 730 000 000 $2 166 000 000 $20,5 %
Finances et assurances76 839 000 000 $82 213 000 000 $5 374 000 000 $7,0 %
Immobilier, location et location-bail5 282 000 000 $5 350 000 000 $68 000 000 $1,3 %
Services profess., scientifiques et techniques12 023 000 000 $10 933 000 000 $-1 090 000 000 $-9,1 %
Gestion de sociétés et d'entreprises72 600 000 000 $73 847 000 000 $1 247 000 000 $1,7 %
Services d'hébergement et d'alimentation2 915 000 000 $2 967 000 000 $52 000 000 $1,8 %
Autres industries16 301 000 000 $17 042 000 000 $741 000 000 $4,5 %

Data: Statistique Canada.

Du côté des biens, l’IED était en hausse dans tous les secteurs, sauf celui de la fabrication. Les gains ont été dominés par une augmentation de 4,9 milliards de dollars de l’investissement dans les mines et l’extraction pétrolière et gazière – en particulier l’extraction de pétrole et de gaz, qui a attiré les trois quarts de l’investissement dans cette industrie. L’IED dans les services publics était en progression de 734 millions de dollars sur l’année, suivi de la construction (606 millions de dollars) et de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse (332 millions de dollars). Dans l’ensemble, l’IED manufacturier a reculé de 2,9 milliards de dollars, alors que les baisses dans la fabrication de métaux de première transformation (3,5 milliards de dollars), les produits chimiques (1,8 milliard de dollars) et le matériel de transport (0,9 milliard de dollars) ont été supérieures aux modestes gains faits dans plusieurs autres industries manufacturières, avec en tête les produits du pétrole et du charbon (1,5 milliard de dollars) et les produits en plastique et en caoutchouc (0,6 milliard de dollars).

Investissement sortant

Sorties

En 2010, les sorties d’investissement direct du Canada ont reculé pour une seconde année, soit de 14,4 p. 100, ou 6,4 milliards de dollars, à 38,0 milliards de dollars, après une baisse de 48,5 p. 100 l’année précédente (tableau 6-5). La chute marquée des flux d’investissement vers l’UE est responsable de ce repli. Après avoir investi 12,8 milliards de dollars dans l’UE en 2009, il y a eu désinvestissement à hauteur de 8,3 milliards de dollars en 2010. Cela a provoqué un revirement de 21,1 milliards de dollars des flux sortant l’an dernier par rapport aux niveaux de 2009. De même, il y a eu désinvestissement de 22 millions de dollars au Japon l’an dernier, après un investissement net de 16 millions de dollars un an plus tôt. Les augmentations survenues dans le RdM (10,6 milliards de dollars), les autres pays de l’OCDE (3,4 milliards de dollars) et aux États- Unis (831 millions de dollars) sont venues compenser partiellement ces baisses.

Tableau 6-5
Sorties d’IED du Canada par région
 20092010VariationCroissance
Monde44 390 000 000 $38 017 000 000 $6 373 000 000 $14,4 %
États-Unis13 897 000 000 $14 728 000 000 $831 000 000 $6,0 %
UE12 842 000 000 $-8 288 000 000 $-21 130 000 000 $-164,5 %
Japon17 000 000 $-22 000 000 $-39 000 000 $-237,5 %
Autres pays de l’OCDE8 042 000 000 $11 435 000 000 $3 393 000 000 $42,2 %
Reste du monde9 592 000 000 $20 164 000 000 $10 572 000 000 $110,2 %

Source : Statistique Canada.

Pour l’essentiel, les flux sortant sont allés dans le secteur des finances et assurances, qui a accaparé près de 73,6 p. 100 des sorties d’investissement. Le secteur de l’énergie et des minéraux métalliques vient ensuite avec 20,8 p. 100, suivis du bois et du papier (7,6 p. 100) et des services et du commerce de détail (7,4 p. 100). De plus, il y a eu dessaisissement d’actifs dans le secteur des machines et du matériel de transport et dans l’ensemble des autres industries correspondant à 0,2 p. 100 et 9,2 p. 100 du total, respectivement.

Vu sous un autre angle, quelque 23,4 milliards de dollars de capitaux ont été consacrés à des acquisitions nettes d’investissements étrangers directs, le reste, soit 14,7 milliards de dollars, représentant d’autres flux de capitaux vers des filiales existantes, par exemple un bilan net de prêts à long terme et de bénéfices réinvestis.

Stock d’IED sortant

Les changements dans le stock d’investissement direct du Canada à l’étranger (IDCE) sont principalement dictés par deux facteurs. Le premier est, évidemment, les flux d’investissement direct sortant durant l’année. Toutes choses égales par ailleurs, le stock d’investissement sortant devrait augmenter avec les ajouts nets aux flux sortant, et diminuer avec les baisses nettes de flux sortant. Le second facteur est lié à l’évolution des taux de change étant donné que la valeur d’un investissement direct à l’étranger est généralement calculée dans la monnaie du pays où il se trouve. Le taux de change entre en jeu lorsque les valeurs calculées en devises étrangères sont converties en dollars canadiens pour évaluer le stock d’investissement du Canada à l’étranger. Lorsque le dollar canadien s’apprécie, la valeur de l’investissement direct à l’étranger, exprimée en dollars canadiens, diminue. L’inverse est vrai lorsque le dollar se déprécie3.

Le dollar canadien s’est apprécié par rapport à la plupart des monnaies étrangères en 2010 et notamment face au dollar américain, à l’euro et à la livre sterling. Autrement dit, malgré les acquisitions nettes et la vigueur de l’investissement fait dans des filiales existantes l’an passé, l’effet imputable à l’évaluation en devises étrangères a abaissé la valeur de l’investissement direct du Canada à l’étranger de 35,5 milliards de dollars, ce qui explique en partie la diminution nette de la valeur de l’IDCE.

L’investissement direct du Canada à l’étranger a fléchi en valeur pour la seconde année d’affilée en 2010, cédant 0,7 p. 100, à 616,7 milliards de dollars, une baisse de 4,5 milliards de dollars par rapport à 2009 (tableau 6-6). Les pertes ont été concentrées en Europe (19,1 milliards de dollars). Les gains enregistrés en Asie et en Océanie (11,8 milliards de dollars), en Amérique du Sud et en Amérique centrale et dans les Caraïbes (2,8 milliards de dollars) et en Afrique (0,4 milliard de dollars) sont venus en partie compenser les pertes. Un léger recul de 0,4 milliard de dollars a également été observé pour l’Amérique du Nord.

À 59,7 p. 100 du total, l’Amérique du Nord est la première destination en importance de l’IDCE, avec des actifs évalués à 386,0 milliards de dollars. En dépit de l’appréciation de 5,7 p. 100 du dollar canadien par rapport au dollar américain, la valeur de l’IDCE dans la région n’a reculé que de 0,1 p. 100, soit 377 million de dollars. La baisse a été dominée par les États- Unis, où les avoirs détenus ont diminué de 2,5 milliards de dollars, soit 1,0 p. 100. Des pertes plus modestes ont été enregistrées pour les Bermudes et les Bahamas, deux pays dont la monnaie est liée au dollar américain, et le Mexique, dont la monnaie s’est également dépréciée face au dollar canadien en 2010. Les gains enregistrés pour les îles Cayman, les îles Vierges britanniques et la Barbade, soit 1,0 milliard de dollars, 0,7 milliard de dollars et 0,5 milliard de dollars, respectivement, ont annulé l’essentiel de la baisse.

Tableau 6-6
Stock d’investissement direct du Canada à l'étranger par pays et par région (millions de dollars)
 20092010VariationCroissance
Ensemble des pays621 181616 689-4 492-0,7 %
Amérique du Nord368 403368 026-377-0,1 %
Bahamas14 94814 864-84-0,6 %
Barbade51 16351 7095461,1 %
Bermudes14 03113 828-203-1,4 %
Îles Vierges britanniques2 9393 67873925,1 %
Mexique4 5754 551-24-0,5 %
États-Unis252 387249 910-2 477-1,0 %
Amérique du Sud30 39433 2142 8209,3 %
Argentine1 9652 47250725,8 %
Brésil8 5159 6751 16013,6 %
Chili12 23013 3411 1119,1 %
Colombie57582424943,3 %
Pérou3 8904 1832937,5 %
Venezuela1 012399-613-60,6 %
Europe176 193157 076-19 117-10,9 %
Belgique1 2581 097-161-12,8 %
France15 6888 758-6 930-44,2 %
Allemagne9 7178 741-976-10,0 %
Hongrie13 26012 058-1 202-9,1 %
Irlande22 96221 454-1 508-6,6 %
Italie7111 00829741,8 %
Luxembourg6 1257 2641 13918,6 %
Pays-Bas11 1846 127-5 057-45,2 %
Russie5015605911,8 %
Suisse6 6696 8441752,6 %
Royaume-Uni73 40270 160-3 242-4,4 %
Afrique2 6293 04741815,9 %
République démocratique du Congo0123123-
Asie/Océanie43 47055 24011 77027,1 %
Australie13 32821 0457 71757,9 %
Hong Kong6 1126 2851732,8 %
Inde617492-125-20,3 %
Indonésie2 3902 81042017,6 %
Japon6 6037 32472110,9 %
Kazakhstan2 3722 304-68-2,9 %
Mongolie6171 21459796,8 %
Chine3 4714 7891 31838,0 %
Singapour2 8773 35848116,7 %
Corée du Sud784404-380-48,5 %

Source : Statistique Canada.

La plus grande partie des pertes survenues dans l’IDCE ont eu lieu en Europe. À l’instar de la situation qui prévalait en Amérique du Nord, l’appréciation du dollar canadien face à la principale monnaie de la région – l’euro dans le cas de l’Europe – s’est traduite par des baisses généralisées de la valeur inscrite de l’IDCE. Il n’y a pas de données pour 5 des 17 pays de la zone euro, et seulement trois pays (Luxembourg, Italie et Espagne) ont enregistré une hausse de l’IDCE en valeur en 2010. Il y a eu des reculs significatifs en France (6,9 milliards de dollars), aux Pays-Bas (5,1 milliards de dollars), en Irlande (1,5 milliard de dollars) et en Allemagne (1,0 milliard de dollars). Ailleurs sur le continent, l’IDCE étaient en baisse de 3,2 milliards de dollars au Royaume-Uni et de 1,2 milliard de dollars en Hongrie. Globalement, l’IDCE en Europe a régressé de 10,9 p. 100 l’an dernier, à 157,1 milliards de dollars.

La région en croissance rapide de l’Asie attire particulièrement les investisseurs canadiens. La valeur de l’IDCE en Asie et en Océanie a bondi de 27,1 p. 100, à 55,2 milliards de dollars, en 2010. Les deux tiers environ de cette hausse ont profité à l’Australie, où les avoirs détenus ont progressé de 57,9 p. 100, soit 7,7 milliards de dollars, pour atteindre 21,0 milliards de dollars. D’autres gains importants ont été enregistrés en Chine (1,3 milliard de dollars), au Japon (0,7 milliard de dollars), en Mongolie (0,6 milliard de dollars), à Singapour (0,5 milliard de dollars) et en Indonésie (0,4 milliard de dollars). La Corée est le pays où la baisse la plus importante a été observée, soit 0,4 milliard de dollars.

L’IDCE en Amérique du Sud et en Amérique centrale et dans les Caraïbes a progressé de 9,3 p. 100 pour atteindre 33,2 milliards de dollars en 2010. La plus grande partie des gains était concentrée au Brésil (1,2 milliard de dollars), au Chili (1,2 milliard de dollars) et en Argentine (0,5 milliard de dollars), tandis que le Pérou et la Colombie montrent des gains plus modestes. Parallèlement, l’investissement canadien au Venezuela a reculé de 60,6 p. 100, soit 613 millions de dollars, au cours de l’année.

L’investissement en Afrique a progressé de 15,9 p. 100 pour atteindre 3,0 milliards de dollars en 2010, avec en tête une hausse de 123 millions de dollars en République démocratique du Congo.

L’augmentation de 8,1 milliards de dollars de l’investissement dans les industries de production de services a été entièrement annulée par la baisse de 12,6 milliards de dollars survenue dans les industries de production de biens, résultant en un recul de 4,5 milliards de dollars de l’IDCE en 2010 (tableau 6-7). Du côté des services, les investisseurs ont accru leurs avoirs de 12,5 milliards de dollars dans le secteur des finances et assurances, à 242,3 milliards de dollars. Ils ont aussi haussé leurs investissements de 2,7 milliards de dollars dans les services de transport et d’entreposage; dans les industries de services divers et le commerce de détail, les investissements canadiens ont progressé de 2,0 milliards de dollars et de 1,5 milliard de dollars, respectivement. Les avoirs détenus dans le secteur des services de gestion de sociétés et d’entreprises ont fléchi de 9,4 milliards de dollars, à 80,6 milliards de dollars, tandis que dans les industries de l’information et de la culture et le commerce de gros ils étaient en baisse de 1,1 milliard de dollars chacun. Globalement, les deux tiers de l’IDCE sont allés aux industries de production de services sur l’ensemble de 2010.

Table 6-7
Stock of Canadian Direct Investment Abroad by Country and Region
 20092010VariationCroissance
Total, ensemble des industries621 181 000 000 $616 689 000 000 $-4 492 000 000 $-0,7 %
Agriculture, forêt, pêche et chasse2 760 000 000 $2 906 000 000 $146 000 000 $5,3 %
Mines et extraction pétrolière et gazière100 022 000 000 $105 535 000 000 $5 513 000 000 $5,5 %
Services publics13 767 000 000 $11 742 000 000 $-2 025 000 000 $-14,7 %
Construction1 665 000 000 $1 535 000 000 $-130 000 000 $-7,8 %
Fabrication102 714 000 000 $86 660 000 000 $-16 054 000 000 $-15,6 %
Commerce de gros5 051 000 000 $3 980 000 000 $-1 071 000 000 $-21,2 %
Commerce de détail6 092 000 000 $7 639 000 000 $1 547 000 000 $25,4 %
Transport et entreposage22 150 000 000 $24 828 000 000 $2 678 000 000 $12,1 %
Information et industries culturelles24 204 000 000 $23 113 000 000 $-1 091 000 000 $-4,5 %
Finances et assurances229 760 000 000 $242 272 000 000 $12 512 000 000 $5,4 %
Immobilier, location et location-bail9 883 000 000 $10 816 000 000 $933 000 000 $9,4 %
Services profess., scientifiques et techniques8 028 000 000 $8 414 000 000 $386 000 000 $4,8 %
Gestion de sociétés et d'entreprises90 025 000 000 $80 582 000 000 $-9 443 000 000 $-10,5 %
Services d'hébergement et d'alimentation2 617 000 000 $2 213 000 000 $-404 000 000 $-15,4 %
Autres industries2 444 000 000 $4 450 000 000 $2 006 000 000 $82,1 %

Source : Statistique Canada.

Les investissements détenus dans les industries de production de biens ont régressé de 5,7 p. 100, à 208,4 milliards de dollars, l’an dernier. Les hausses enregistrées dans les mines et l’extraction du pétrole et du gaz ainsi que dans l’agriculture, la forêt, la pêche et la chasse (5,5 milliards de dollars et 0,1 milliard de dollars, respectivement) n’ont pas suffi à combler les reculs survenus dans les industries de la construction, des services publics et de la fabrication. L’IDCE dans le secteur de la construction a fléchi de 0,1 milliard de dollars en 2010, tandis que l’IDCE dans les services publics reculait de 2,0 milliards de dollars. Cependant, la baisse de 16,1 milliards de dollars de l’investissement dans la fabrication est la principale responsable des pertes survenues. Au sein de l’industrie manufacturière, l’IDCE était en recul dans 12 des 21 grands secteurs et est demeuré inchangé dans deux autres secteurs. Les baisses les plus importantes touchent les métaux de première transformation (4,2 milliards de dollars), les produits chimiques (3,6 milliards de dollars), les minéraux non métalliques (2,1 milliards de dollars), l’impression (1,8 milliard de dollars), les plastiques et le caoutchouc (1,5 milliard de dollars), la fabrication de produits en métal (1,5 milliard de dollars) et les ordinateurs et produits électroniques (1,5 milliard de dollars). Les gains faits dans le matériel de transport (1,0 milliard de dollars), la fabrication du papier (0,6 milliard de dollars) et les produits du bois (0,6 milliard de dollars), ont en partie compensé ces pertes.

La performance des filiales canadiennes à l’étranger en 2008

Les biens et services canadiens peuvent être vendus à l’étranger de deux façons. Premièrement, ils peuvent être vendus directement comme exportations d’une entreprise canadienne. Ils peuvent aussi être vendus indirectement par l’entremise d’une filiale canadienne à l’étranger. Les sociétés affiliées à l’étranger sous contrôle majoritaire d’entreprises canadiennes1 constituent une avenue de plus en plus importante pour les sociétés canadiennes qui veulent participer au commerce international et leurs ventes sont passées d’environ les trois quarts de la valeur des exportations canadiennes de biens et services en 2000 à un peu plus de 90 p. 100 en 2008, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles.

Ventes des filiales canadiennes à l’étranger et exportations canadiennes de biens et services, 2000-2008

Équivalent textuel pour Ventes des filiales canadiennes à l’étranger et exportations canadiennes de biens et services

Source : Statistique Canada.

Les ventes de biens et services des filiales étrangères d’entreprises canadiennes ont atteint 507,8 milliards de dollars en 2008, en hausse de 5,5 p. 100 (26,4 milliards de dollars) par rapport à 2007 (figure 1). Ce gain équivaut au taux de croissance des exportations canadiennes de biens et services en 2008 et marque une cinquième année consécutive d’augmentation.

Les gains ont été dominés par une hausse des ventes aux États-Unis et dans les pays du reste du monde (RdM) non membres de l’OCDE. Aux États-Unis, les filiales canadiennes ont fait état d’une augmentation des ventes de 15,4 milliards de dollars (6,3 p. 100), à 259,3 milliards de dollars, ce qui équivaut à peu près à 63,4 p. 100 des exportations totales de biens et services canadiens aux États-Unis en 2008 (figure 2). Les ventes des filiales canadiennes ont progressé plus rapidement, mais pour une valeur moindre, dans le reste du monde (2,3 p. 100, soit 12,7 milliards de dollars), à 115,8 milliards de dollars. Les filiales sont le moyen privilégié pour écouler des biens et services canadiens dans cette région, et leurs ventes ont atteint près du double (188,3 p. 100) de la valeur des exportations directes de biens et services du Canada dans le RdM en 2008. Le recul des ventes des filiales canadiennes dans l’UE et les autres pays de l’OCDE (dont le Japon) a limité ces gains : dans l’UE, elles ont fléchi de 1,2 p. 100 (1,1 milliard de dollars) en 2008 par rapport à 2007, à 92,0 milliards de dollars. Dans les autres pays de l’OCDE, les ventes des filiales canadiennes ont diminué de 1,4 p. 100, soit 0,6 milliard de dollars, à 40,8 milliards de dollars, en 2008.

Ventes des filiales canadiennes à l’étranger par région, 2000-2008

Équivalent textuel pour Ventes des filiales canadiennes à l’étranger par région

Source : Statistique Canada.

Les ventes des producteurs de biens ont augmenté en 2008, mais celles des producteurs de services ont reculé. Parmi les premiers, l’essentiel des gains provient des mines et de l’extraction du pétrole et du gaz, tandis que trois autres secteurs ont enregistré une hausse plus modeste. Les ventes des filiales canadiennes dans le secteur des mines et de l’extraction du pétrole et du gaz ont avancé de 22,4 milliards de dollars, à 133,1 milliards de dollars, un gain de 20,2 p. 100. Contribuant à cette progression générale des producteurs de biens, les filiales d’entreprises manufacturières ont vu leurs ventes augmenter de 6,5 milliards de dollars (3,3 p. 100), suivies des entreprises de services publics et de construction, avec un gain de 0,4 milliard de dollars (2,6 p. 100) et de celles de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse (0,2 milliard de dollars ou 6,6 p. 100).

Des baisses ont été observées dans cinq des huit secteurs de production de services. Les ventes des filiales offrant des services de gestion de sociétés et d’entreprises ont subi le recul le plus important, soit 3,7 milliards de dollars (20,0 p. 100). Les filiales du secteur des finances et assurances (diminution de 2,4 milliards de dollars, soit 4,2 p. 100), du secteur du commerce de détail (recul de 1,8 milliard de dollars, soit 8,1 p. 100) et du secteur de l’information et de la culture (baisse de 1,1 milliard de dollars, soit 6,0 p. 100) ont aussi subi des pertes notables. Celles-ci ont été en partie couvertes par de fortes progressions du côté des entreprises de transport et d’entreposage (3,5 milliards de dollars, soit 30,9 p. 100) et de services professionnels, scientifiques et techniques (2,2 milliards de dollars, soit 25,6 p. 100).

Profitant de ces gains, les producteurs de biens ont été à l’origine de 69,2 p. 100 des ventes des filiales canadiennes à l’étranger en 2008, alors que leur part se situait à 66,9 p. 100 en 2007. Avec le temps, la part des filiales d’entreprises de production de biens a gagné du terrain et est aujourd’hui sensiblement plus élevée qu’en 2000 (61,7 p. 100).

L’emploi dans les filiales étrangères de propriété canadienne

Alors que la récession se propageait à l’échelle mondiale et que l’activité économique fléchissait, les entreprises de partout dans le monde ont vu fondre leurs effectifs. Les multinationales canadiennes n’ont pas échappé à ce mouvement, réduisant leur main-d’oeuvre à l’étranger de 17 000 postes (1,5 p. 100) en 2008, pour conserver un effectif total de 1 141 000 personnes. Les pertes ont touché l’ensemble des régions, sauf celle des autres pays de l’OCDE, où l’emploi est demeuré inchangé en 2008 par rapport à 2007. Les pertes ont été concentrées davantage aux États-Unis et au Royaume- Uni. Ainsi, les entreprises canadiennes ont supprimé près de 11 000 emplois aux États-Unis, ce qui représente 64,7 p. 100 de tous les emplois disparus, et environ 3 000 postes au Royaume-Uni, soit 17,6 p. 100 de pertes d’emplois. Il faut dire que les États-Unis représentaient entre 53 et 54 p. 100 de l’effectif total des filiales canadiennes à l’étranger, alors que la part du Royaume-Uni n’était que de 5 p. 100.

Au niveau sectoriel, les pertes sont survenues principalement dans les industries de production de biens, dont les effectifs ont chuté de quelque 21 000 employés. Notamment, les filiales canadiennes du secteur de la fabrication ont perdu 26 000 emplois, tandis que celles du secteur des mines et de l’extraction du pétrole et du gaz ont créé 6 000 nouveaux postes. Les industries de production de services ont ajouté 4 000 emplois à leur contingent, avec des gains dans les services professionnels, scientifiques et techniques et dans les transports et l’entreposage (8 000 et 3 000, respectivement), lesquels ont surpassé les reculs survenus dans le commerce de détail (4 000), les services de gestion de sociétés et d’entreprises (2 000), les finances et assurances (1 000) et l’information et la culture (1 000).


1 Data cover only majority-owned foreign affiliates, or affiliates where the Canadian parent owns more than 50 percent of the firm. This is a more narrow definition than that used for direct investment statistics, which only require 10-percent control.

1 Les données sur l’IED entrant sont tirées de Global Investment Trends Monitor, n° 5, 17 janvier 2011, de la CNUCED.

2 Les données sur l’IED sortant sont tirées de Global Investment Trends Monitor, n° 6, avril 2011, de la CNUCED.

3 À noter que l’effet lié à la devise intervient seulement pour l’investissement direct détenu à l’étranger parce que l’investissement étranger direct au Canada est calculé en dollars canadiens et que la fluctuation du dollar canadien n’a pas d’impact sur la valeur inscrite.