Le commerce international du Canada : Le point sur le commerce et l'investissement - 2012

Message de l’honorable Ed Fast, ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique

L’honorable Ed Fast,
Ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique

Je suis heureux de vous présenter l’édition 2012 du rapport Le point sur le commerce. En plus de faire une évaluation générale du récent rendement du commerce extérieur canadien, il attire l’attention sur certains des faits saillants et des grandes tendances ayant marqué les échanges commerciaux et les investissements dans le monde la dernière année.

De nombreuses difficultés ont continué de freiner la reprise économique mondiale en 2011. Plusieurs années après le début de la récession, un grand nombre des économies dominantes sont toujours aux prises avec une faible croissance, un taux de chômage élevé et une crise des finances publiques. En tant que pays commerçant, le Canada a senti les effets de cette conjoncture, mais a tout de même réussi à s’en sortir généralement mieux que les autres économies industrialisées. De fait, entre juillet 2009 et juillet 2012, 735 500 emplois nets ont été créés au Canada, faisant de notre pays l’un des deux seuls du G-7, à avoir récupéré la totalité des emplois perdus pendant la récession mondiale. La situation budgétaire du Canada demeure la plus solide du G-7 et le gouvernement a l’intention de maintenir cette avance en mettant le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire à moyen terme. De plus, tant le Fonds monétaire international que l’Organisation de coopération et de développement économiques prévoient que le Canada restera dans le peloton de tête des grandes économies mondiales cette année et l’année prochaine. Ce succès témoigne de la solidité des fondements économiques, budgétaires et financiers du Canada, de même que de l’impulsion énergique et opportune qu’a su donner son Plan d’action économique.

L’expansion économique mondiale demeurera incertaine et posera par conséquent des obstacles et des risques de taille pour le Canada, non sans ouvrir en parallèle des possibilités intéressantes. Aussi le Plan d’action économique de 2012 propose-t-il un programme exhaustif pour renforcer les atouts du Canada et s’attaquer à long terme aux importantes difficultés auxquelles se heurte notre économie. Avec sa politique de faible imposition, le gouvernement du Canada veillera à ce que le pays demeure une destination de choix pour les entreprises et les investisseurs en quête de réussite économique. En continuant d’articuler clairement ses efforts autour de la croissance économique, de la gestion des finances publiques et de la création d’emplois de qualité, le Canada assurera aux Canadiens un niveau de vie toujours meilleur, qui suscitera l’envie du monde entier.

Afin d’orienter le Canada sur la voie d’une prospérité durable, notre gouvernement met actuellement en oeuvre le plan d’expansion des affaires le plus ambitieux de l’histoire du pays. Ce plan permettra d’établir de nouvelles et solides relations économiques et commerciales, en particulier avec les grandes économies à forte croissance. Depuis 2006, le Canada a conclu des accords de libre-échange avec 9 pays et des accords de promotion et de protection des investissements étrangers avec 11. D’autres accords commerciaux d’envergure sont en cours de négociation, notamment un accord avec l’Union européenne, le plus grand bloc commercial du monde, et d’autres avec des économies dominantes, comme le Japon et l’Inde. Le partenariat commercial le plus important du Canada — avec les États-Unis — est également renforcé, notamment par la mise en oeuvre conjointe du Plan d’action sur la sécurité du périmètre et la compétitivité économique ainsi que du Plan d’action du Conseil Canada États-Unis de coopération en matière de réglementation, lesquels faciliteront les courants d’échanges et d’investissements à l’intérieur de l’économie nord-américaine intégrée. En juin 2012, le Canada s’est félicité de l’appui recueilli auprès de tous les membres du Partenariat transpacifique (PTP) pour lui permettre de prendre part aux négociations sur le PTP. L’accord du PTP accroîtra le commerce dans la région de l’Asie-Pacifique et augmentera les débouchés pour les Canadiens et les entreprises canadiennes.

Ouvrir les marchés aux exportateurs canadiens fait partie de la stratégie du gouvernement du Canada. En 2007, ce dernier a lancé la Stratégie commerciale mondiale pour répondre à l’évolution de l’économie mondiale et mettre le Canada sur la voie d’une prospérité durable. Depuis cinq ans, le Canada s’est ainsi fait le champion international du commerce ouvert, de la création d’emplois, de la croissance économique et de la prospérité pour les Canadiens. Le Plan d’action économique de 2012 propose de mettre à jour la Stratégie commerciale mondiale en tenant de vastes consultations avec des gens d’affaires du Canada, dont des représentants du milieu très important des petites et moyennes entreprises. La Stratégie actualisée fera le lien entre les objectifs du Canada en matière de commerce et d’investissement et certains marchés prioritaires en forte expansion, et donnera au Canada les moyens de se positionner avantageusement sur chacun de ces marchés.

Le point sur le commerce en 2012 montre que le commerce extérieur du Canada a connu une forte reprise, malgré le climat économique difficile. Le rapport témoigne de la vigueur et de la capacité d’adaptation des entreprises et des travailleurs canadiens ainsi que de la qualité des produits et des services qu’ils ont à offrir.

Notre gouvernement continuera de collaborer avec les entreprises, les investisseurs et tous les Canadiens pour que le Canada, avec son économie forte, adaptable et compétitive, reste une destination privilégiée pour son intérêt commercial stratégique.

L’honorable Ed Fast
Ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique

Sommaire

En 2011, la reprise économique mondiale a dû affronter de nombreux défis. Après une forte remontée de la production et du commerce, en 2010, favorisée par la reconstitution des stocks, les mesures de stimulation des gouvernements et une politique monétaire souple, on s’attendait à un ralentissement de la croissance en 2011. Cependant, de nombreux chocs défavorables ont aggravé le ralentissement et assombri les perspectives pour 2012 dans plusieurs régions.

La crise qui sévit dans la zone euro a été le principal facteur d’incertitude dans l’économie mondiale en 2011. Les tensions budgétaires montantes et l’incertitude accrue quant à l’avenir de l’Union monétaire européenne ont provoqué une contraction de la production dans la zone euro au quatrième trimestre. Le foyer de la crise s’est déplacé de l’économie relativement modeste de la Grèce vers des acteurs plus importants sur l’échiquier mondial — l’Espagne et l’Italie. Alors que les marchés remettaient en question la viabilité de leur stratégie budgétaire, les rendements sur les titres souverains ont augmenté et les risques perçus associés à la détention des obligations souveraines de ces pays ont aussi augmenté. Cela a accentué le niveau de risque dans le système financier et mené à un resserrement des conditions de crédit, une baisse de la confiance et un niveau généralement plus élevé d’incertitude dans l’économie mondiale. Alors que plusieurs pays de la zone euro entraient en récession à la fin de 2011, les conséquences de la situation européenne se sont propagées en raison des liens financiers et commerciaux étroits qui existent entre cette région et le reste du monde.

De façon générale, les reprises qui font suite aux crises financières sont plus faibles et durent plus longtemps, et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Les gouvernements de la plupart des pays avancés ont délaissé les mesures de stimulation pour s’engager sur la voie de la consolidation budgétaire, tandis que les particuliers et les entreprises aux prises avec des dettes ont poursuivi leur effort de désendettement. En conséquence, la demande privée et l’investissement des entreprises n’ont pas suffisamment rebondi, ce qui s’est traduit par une croissance lente. De nombreux gouvernements sont soumis à des pressions budgétaires et peuvent difficilement se permettre de lutter contre le chômage élevé qui sévit dans la plupart des pays développés.

L’année 2011 a également connu sa part de catastrophes naturelles et d’événements imprévus. Le grave tremblement de terre survenu dans l’Est du Japon a coupé court à la reprise dans ce pays, perturbant les chaînes d’approvisionnement dans le monde et pesant sérieusement sur l’économie mondiale au second trimestre. Les inondations survenues en Thaïlande au quatrième trimestre ont eu un effet similaire, ralentissant la croissance dans la région de l’Asie du Sud-Est. L’agitation civile en Afrique du Nord et la guerre civile en Libye ont perturbé de nombreuses activités économiques dans cette région et accru l’incertitude au sujet des prix pétroliers. Par ailleurs, les craintes d’une récession aux États-Unis ne se sont pas matérialisées et le pays a mieux fait que prévu vers la fin de l’année; cependant, l’impasse politique, qui menace la cote de crédit du pays, s’est prolongée, rendant d’autant plus difficile une gouvernance économique efficace.

Sur l’ensemble de l’année 2011, le PIB mondial a progressé de 3,9 p. 100, ce qui est inférieur au taux de 5,3 p. 100 enregistré en 2010. Le rythme de croissance observé dans les économies avancées a ralenti à 1,6 p. 100 en 2011, après avoir touché 3,2 p. 100 en 2010. En revanche, la croissance dans le monde en développement est demeurée robuste en 2011, avec un gain de 6,2 p. 100, dans la foulée d’une progression de 7,5 p. 100 en 2010.

Parmi les économies développées, les économies nouvellement industrialisées d’Asie ont continué à dominer le palmarès de la croissance réelle, avec une hausse de 4,0 p. 100 en 2011, ce qui est néanmoins bien inférieur à la hausse de 8,5 p. 100 survenue en 2010. L’Allemagne est l’économie qui a crû le plus rapidement, soit à un taux de 3,1 p. 100. Bien que modeste par rapport à la tendance historique, la croissance de 1,7 p. 100 de l’économie américaine a été meilleure que prévue, alors que les dépenses de consommation et l’emploi ont amorcé une remontée. La croissance dans la zone euro a atteint 1,4 p. 100 en 2011, après avoir affiché un taux de 1,9 p. 100 en 2010; une partie de la région a toutefois glissé en récession en fin d’année. La France est la seule grande économie avancée a avoir crû plus rapidement en 2011 (1,7 p. 100) qu’en 2010 (1,4 p. 100). Le Japon, qui avait affiché d’une croissance de 4,4 p. 100 en 2010, est retombé en récession, son PIB réel se contractant de 0,7 p. 100.

Dans le monde en développement, les économies asiatiques ont connu la plus forte croissance. Les économies en développement d’Asie étaient en expansion de 7,8 p. 100 en 2011. La Chine venait en tête avec une progression de 9,2 p. 100, après un taux de croissance de 10,4 p. 100 en 2010. L’Inde a bénéficié d’une croissance de 7,2 p. 100 en 2011, après une expansion de 10,6 p. 100 en 2010. Les pays émergents d’Europe constituent la deuxième région ayant connu la croissance la plus rapide, soit 5,3 p. 100, suivi de l’Afrique subsaharienne, à 5,1 p. 100. L’Afrique du Sud, la plus grande économie de cette région, a vu sa croissance ralentir à 3,1 p. 100 en 2011. Les économies du Commonwealth des États indépendants ont progressé de 4,9 p. 100 en 2011, la Russie enregistrant un taux de croissance de 4,3 p. 100, le même qu’en 2010. La région de l’Amérique latine et des Caraïbes venait ensuite, avec un taux de croissance de 4,5 p. 100. Cependant, l’économie du Brésil n’a progressé que de 2,7 p. 100 en 2011, ce qui est nettement inférieur au taux de 7,5 p. 100 affiché en 2010. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, affligée par l’agitation populaire et les tensions internes, a enregistré la croissance la plus lente parmi les pays en développement, soit 3,5 p. 100.

Alors que se poursuivait la reprise économique et commerciale dans le monde — bien que de façon inégale —, l’activité économique réelle au Canada a progressé de 2,5 p. 100 en 2011, après un gain de 3,2 p. 100 l’année précédente. En 2011, la croissance a été principalement soutenue par des facteurs intérieurs : une solide demande privée, un système financier stable et une hausse de l’investissement des entreprises; la contraction du PIB réel survenue au deuxième trimestre reflétait principalement une baisse des exportations en réaction aux chocs externes. La croissance a ralenti à nouveau au dernier trimestre en raison de la résurgence de la crise dans la zone euro. Toutes les provinces et deux des trois territoires ont enregistré une croissance économique réelle en 2011. Toutes les grandes catégories de dépenses étaient en avance sur l’année, à l’exception du solde net des échanges commerciaux. L’inflation a progressé à un rythme de 2,9 p. 100 en 2011, ce qui est plus élevé que le taux de 1,8 p. 100 enregistré en 2010, mais lorsqu’on exclut les prix qui fluctuent le plus, le taux d’inflation de base n’a été que de 1,9 p. 100 en 2011. Le dollar canadien a fléchi légèrement par rapport au dollar américain entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2011, quoi que sa valeur moyenne au cours de l’année ait été d’environ 4 points de pourcentage plus élevée qu’en 2010. La situation de l’emploi s’est améliorée dans presque toutes les régions et près de 200 000 nouveaux emplois nets ont été créés durant l’année. Cependant, le taux de chômage ne s’est amélioré que de 0,1 point de pourcentage — passant de 7,6 p. 100 en décembre 2010 à 7,5 p. 100 en décembre 2011; par contre, la moyenne pour l’ensemble de l’année a reculé sensiblement, passant de 8,0 p. 100 en 2010 à 7,5 p. 100 en 2011.

L’expansion du volume des échanges mondiaux s’est poursuivi en 2011, mais à un rythme beaucoup plus lent qu’en 2010, puisque les niveaux d’avant la récession ont déjà été rattrapés. En termes réels, le commerce mondial a progressé de 5,0 p. 100 en 2011. En termes nominaux, les valeurs du commerce étaient en hausse de 20 p. 100 en raison de la montée rapide des prix des ressources. La croissance réelle des exportations des économies développées a été plus forte que prévue, atteignant 4,7 p. 100 en 2011, alors que dans le monde en développement la hausse a été de 5,4 p. 100.

En dollars canadiens, les exportations de biens et services du Canada vers le monde ont progressé de 11,8 p. 100 en 2011. Les biens ont dominé la croissance, avec un taux de 13.0 p. 100, tandis que les services avançaient de 5,0 p. 100. Du côté des importations, les importations de biens et services étaient en hausse de 9,4 p. 100, la croissance des importations de biens atteignant 10,2 p. 100 tandis que celle des importations de services a été de 5,8 p. 100.

Au niveau sectoriel, les exportations étaient en expansion dans six des sept grands secteurs de biens. Les exportations de produits énergétiques ont dominé l’augmentation des exportations totales, suivies de près par les exportations de biens et de matériaux industriels. La hausse des volumes exportés de machines et de matériel a officiellement mis un terme à une contraction qui durait depuis trois ans. Du côté des importations, l’expansion a été dominée par les produits énergétiques, les biens et les matériaux industriels, ainsi que les machines et le matériel.

Tant les exportations que les importations de services ont atteint de nouveau sommets. Les exportations et les importations de services ont connu une expansion rapide en 2011, alors que la vigueur du dollar canadien au cours de l’année a maintenu une conjoncture favorable pour les Canadiens souhaitant prendre des vacances ou visiter des pays étrangers, ce qui a stimulé les importations de services de voyage. La croissance continue des exportations de services commerciaux a reconduit l’excédent enregistré par le Canada à ce poste pour une seconde année.

Les sorties d’investissement direct du Canada ont progressé de 13,8 p. 100 en 2011. Les flux financiers ont principalement pris la destination des États-Unis et de l’UE, au détriment des autres pays de l’OCDE et du reste du monde. Les entrées d’IED au Canada étaient en hausse des deux tiers, ce qui est principalement attribuable à une augmentation des entrées de fond en provenance de l’UE.

Le stock d’investissement direct du Canada à l’étranger a progressé de 7,0 p. 100 (44,6 milliards de dollars, à 684,5 milliards de dollars), principalement en raison des mouvements dans la valeur des monnaies. L’investissement a augmenté dans la plupart des secteurs où l’on retrouve traditionnellement l’investissement canadien à l’étranger — le secteur des finances et des assurances et celui de la fabrication. Le stock d’investissement étranger au Canada a augmenté plus lentement (gain de 22,4 milliards de dollars, à 607,5 milliards de dollars), la plus grande partie de l’augmentation étant survenue dans le secteur manufacturier. En conséquence, le solde net du Canada au chapitre de l’investissement a augmenté pour atteindre 77,0 milliards de dollars en 2011.

Représentant la somme de toutes ces composantes, le déficit du solde du compte courant du Canada a fléchi de 2,6 milliards de dollars en 2011, grâce à une amélioration significative de 10,4 milliards de dollars du solde des échanges de biens. Le déficit enregistré dans chacune des autres composantes du compte courant s’est creusé, mais cela n’a pas suffi à effacer la solide performance enregistrée dans le commerce des biens. Le déficit du commerce des services a augmenté de 1,9 milliard de dollars, celui des revenus de placements, de 4,6 milliards de dollars, et celui des transferts courants, de 1,3 milliard de dollars. Le Canada a donc inscrit un déficit dans son compte courant pour une troisième année d’affilée, mais celui-ci s’est néanmoins redressé, passant de 50,9 milliards de dollars en 2010 à 48,3 milliards de dollars en 2011.

Article spécial : Le commerce international et ses avantages pour le Canada

Pour le Canadien moyen, il serait très difficile d’imaginer un monde sans commerce international. Les échanges commerciaux enrichissent nos vies de si nombreuses façons et par un si grand nombre de canaux directs et indirects qu’il serait pratiquement impossible d’en départager les effets ou de mesurer avec précision les avantages et les commodités qu’il apporte. À mesure que le commerce se libéralise, les producteurs ont accès à des marchés de plus en plus vastes, tandis que de nouveaux produits et une concurrence accrue font leur entrée sur les marchés intérieurs. La répartition des ressources qui en résulte, vers les entreprises les plus efficientes, contribue à hausser le bienêtre économique de la société.

Certains des avantages que procurent les exportations aux Canadiens sont faciles à observer. Au niveau le plus élémentaire, elles nous permettent de vendre nos biens et services et de les échanger pour des biens et services étrangers. Elles aident aussi à soutenir l’emploi au Canada, directement dans les secteurs qui produisent les biens et les services et, indirectement, dans les activités de soutien des producteurs d’exportations canadiennes. En fait, un emploi sur cinq au Canada dépend directement ou indirectement de l’exportation.

Cependant, les exportations procurent aussi d’autres avantages qui ne sont pas immédiatement évidents. À titre d’exemple, les exportations engendrent un niveau de production plus élevé que celui qui est requis pour desservir le marché intérieur, permettant aux producteurs de profiter d’économies d’échelle et d’abaisser leurs coûts de production moyens, ce qui se traduit par des prix moins élevés pour les acheteurs. La concurrence sur les marchés d’exportation signifie aussi que les exportateurs sont à la recherche d’éléments d’efficience et doivent se montrer innovateurs dans tous les secteurs de leur entreprise. Plutôt que de tenter de fabriquer une multitude de produits, les entreprises ont tendance à se spécialiser et à se concentrer sur les produits ou les services pour lesquels elles possèdent un avantage, ce qui favorise la répartition internationale du travail et accroît le bien-être économique. Cela hausse aussi la productivité de l’entreprise et contribue à augmenter la prospérité de la nation. La productivité permet en outre aux entreprises de verser des salaires plus élevés. Les entreprises qui sont en mesure de relever les défis que présente le marché d’exportation voient leur volume de production augmenter et prennent de l’expansion. Au lendemain de la conclusion de l’ALC entre le Canada et les États-Unis, presque tous les secteurs manufacturiers au Canada se sont engagés dans une forme ou une autre de spécialisation, par exemple en réduisant leur gamme de produits ou en passant d’un modèle de production à plusieurs usines à un modèle axé sur une seule usine de grande taille. Les éléments d’efficience ainsi récoltés ont accru la productivité manufacturière du Canada de 13,8 p. 100 — un résultat remarquable dans le contexte commercial. De plus, les entreprises exportatrices versent à leurs employés une prime salariale qui ne peut être expliquée, même en tenant compte des différences qui existent avec les entreprises non exportatrices.

Le Canada est une économie de petite taille et il ne produit qu’une fraction des biens et services qu’il consomme; il doit donc importer le reste. Dans un monde où serait absent le commerce international, il ne serait pas réaliste de penser qu’un pays de la taille du Canada pourrait faire les investissements requis pour produire toute la gamme des produits et services dont il profite à l’heure actuelle. En d’autres termes, notre accès à une grande variété de machines, d’ordinateurs et de technologies de communications, ainsi qu’à des services de voyage et de divertissement, pour ne nommer que ceux-là, est le reflet de notre capacité de vendre sur les marchés internationaux des biens et services produits au Canada. L’ouverture au commerce permet d’augmenter la variété des produits mis à la disposition des Canadiens et de lancer de nouveaux produits canadiens sur les marchés extérieurs. Cela s’accompagne de nouveaux débouchés commerciaux et de nouvelles variétés, sur les marchés canadiens et étrangers. La libéralisation du commerce a aussi un impact sur les décisions des entreprises en matière de prix, en abaissant les marges bénéficiaires, ce qui contribue à réduire l’inflation au pays tout en laissant plus d’argent dans les poches des consommateurs canadiens.

1. La performance de l’économie mondialeNote de bas de page 1

Aperçu et perspectives globales

En 2011, soit trois ans après le début de la Grande Récession — la première d’envergure véritablement mondiale — une reprise soutenue permettant d’effacer les pertes subies n’est pas encore fermement engagée. La croissance a redémarré en 2009 et la reconstitution des stocks est venue donner une impulsion supplémentaire au début de 2010. Mais les événements défavorables des dernières années ont constamment retardé et freiné le progrès de la reprise économique tant dans le monde développé que dans le monde en développement. Certains de ces événements étaient imprévisibles, comme les catastrophes naturelles, tandis que d’autres découlent de profils d’activité antérieurs à la récession qui ne sont pas viables dans le contexte actuel, et que d’autres encore ont été causés par les mêmes forces qui ont causé la récession et auxquelles nous n’avons pas encore trouvé de solutions appropriées. Si elle est techniquement terminée, la Grande Récession de 2008-2009 se manifeste encore par un chômage élevé, un climat d’investissement incertain parmi les entreprises, la fragilité de la confiance des consommateurs et des mesures d’austérité budgétaire continues.

Après un rebond cyclique de la production industrielle et du commerce dans le monde en 2010, on s’attendait déjà à ce que l’activité économique ralentisse en 2011. Cependant, lorsque les mesures de relance économique mises en place par les gouvernements dans les pays développés ont pris fin et qu’un contexte politique favorable à d’autres mesures de stimulation ne s’est pas matérialisé, la demande privée n’a pas pris la relève tel qu’attendu. Tout au long de 2011, les problèmes liés à l’endettement souverain dans la zone euro ont persisté face aux demimesures adoptées. L’impasse économique aux États-Unis, qui s’est manifestée lors de la crise du plafond de l’endettement, a inquiété les investisseurs au point où la cote de crédit triple A des États-Unis a été abaissée. Dans l’intervalle, les désordres civils qui ont sévi dans plusieurs pays d’Afrique du Nord ont accru l’incertitude dans le monde, tandis que la guerre civile en Libye a perturbé les cours pétroliers. En outre, les catastrophes naturelles et leurs séquelles qui ont frappé le Japon ont perturbé les réseaux des chaînes de valeur mondiales en Asie du Sud-Est et, jusqu’à un certain point, ailleurs dans le monde. L’impact de ces événements s’est principalement fait sentir au deuxième et au quatrième trimestre et, en conséquence, la croissance mondiale a évolué en dents de scie tout au long de l’année. Les catastrophes survenues au Japon et la guerre civile en Libye se sont répercutées fortement sur la production au deuxième trimestre, tandis que les perspectives de la zone euro se sont assombries en fin d’année, réduisant la croissance économique au quatrième trimestre. La Thaïlande a par ailleurs été aux prises avec des inondations dévastatrices au cours du dernier trimestre.

La croissance du PIB réel mondial a ralenti, passant de 5,3 p. 100 en 2010 à 3,9 p. 100 en 2011, et elle devrait encore décélérer pour s’établir à 3,5 p. 100 en 2012. Le rebond a été plus marqué que lors de plusieurs récessions antérieures; on peut consommation et de l’investissement. Du côté négatif du bilan, les niveaux de chômage sont demeurés plus élevés dans les économies ayant participé à la reprise que ce n’est le cas habituellement, et une partie de la reprise a été facilitée par les importantes mesures de stimulation macroéconomiques adoptées un peu partout dans le monde. Mais la vigueur de la croissance du PIB masque le profil très inégal de la reprise dans les pays développés et en développement.

La croissance a ralenti dans les principales économies avancées, passant de 3,2 p. 100 en 2010 à 1,6 p. 100 en 2011. Ce ralentissement a été causé en bonne partie par les événements survenus dans la zone euro. Les tensions budgétaires croissantes et l’incertitude de plus en plus grande au sujet de l’avenir de l’Union monétaire européenne ont provoqué une contraction de la production dans la zone euro au quatrième trimestre. Cependant, des facteurs plus fondamentaux sont à l’origine de la faiblesse de la reprise, tant dans l’Union européenne qu’ailleurs dans le monde développé.

Il est bien établi que les reprises sont plus faibles et durent plus longtemps au lendemain d’une crise financière. Le processus de désendettement dans le secteur financier et celui des ménages allonge la période de reprise, tandis que le climat de stagnation que l’on observe sur les marchés du crédit et du logement contribue à aggraver le problème. Jusqu’à ce que ce processus ait suivi son cours normal, la croissance de la consommation et de l’investissement sur le marché intérieur sera anémique et le chômage élevé persistera dans les pays développés. Le ralentissement prolongé de la croissance en Europe et les efforts de réduction des déficits budgétaires ont nui à la reprise, tandis que le climat d’austérité budgétaire qui prévalait dans le monde développé en 2011 a empêché les gouvernements de prendre des mesures de stimulation supplémentaires, tout en limitant les options qui s’offraient pour réduire le chômage.

robuste dans le monde en développement, ce qui a contribué à relever la moyenne mondiale et fait en sorte que la reprise globale a été aussi robuste que lors de toutes les reprises récentes. Les économies émergentes et en développement ont progressé de 6,2 p. 100 en 2011, aidées par de solides conditions macroéconomiques, des réformes structurelles et l’expansion de la demande intérieure. Les économies en développement d’Asie ont été le moteur de cette croissance, avec en tête la Chine et l’Inde, suivies par les pays émergents d’Europe et d’Amérique latine et des Caraïbes. Néanmoins, la croissance dans le monde en développement a ralenti quelque peu par rapport au taux de 7,5 p. 100 enregistré en 2010. Ce ralentissement s’est poursuivi tout au long de l’année, chaque trimestre successif amenant des résultats plus faibles. Le ralentissement des économies de la Chine et de plusieurs pays asiatiques est le fruit de politiques de resserrement délibérées, tandis que les inondations survenues en Thaïlande ont perturbé les économies de la région au quatrième trimestre; par ailleurs, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ont été le théâtre d’une agitation politique considérable tout au long de l’an dernier.

Les prévisions à court terme laissent entrevoir une croissance plus faible de la production réelle en 2012, soit 3,5 p. 100, les économies développées ne progressant que de 1,4 p. 100, tandis que les économies en développement avanceront de 5,7 p. 100. En supposant une amélioration de la situation financière, le maintien des mesures de stimulation monétaire et un règlement acceptable des difficultés budgétaires, la croissance devrait s’accélérer en 2013 pour atteindre 4,1 p. 100. Il y a toutefois des risques à la baisse associés à ces facteurs, auxquels s’ajoutent la possibilité d’une aggravation de la situation en Europe, une plus grande incertitude géopolitique et des mouvements brusques des prix des produits de base. Tous ces facteurs contribuent à maintenir la conjoncture mondiale dans un état de fragilité plus grand qu’à l’habitude. Un règlement satisfaisant de la crise européenne dans des conditions favorisant la prospérité économique des pays concernés demeure l’un des principaux atouts qui pourraient soutenir la reprise économique dans le monde. Parmi les autres facteurs susceptibles d’avoir un effet favorable, il y a la préservation de la stabilité sociale et politique dans les économies asiatiques en développement qui procèdent à une décélération contrôlée, ainsi qu’une reprise soutenue de la croissance, de l’emploi et de la confiance des consommateurs aux États-Unis.

Tableau 1-1
Croissance du PIB réel dans certaines économies (2008‑2011 et prévisions pour 2012‑2013)
 200820092010201120122013
Monde2,8 %-0,6 %5,3 %3,9 %3,5 %4,1 %
Économies avancées0,0 %-3,6 %3,2 %1,6 %1,4 %2,0 %
Canada0,7 %-2,8 %3,2 %2,5 %2,1 %2,2 %
États-Unis-0,3 %-3,5 %3,0 %1,7 %2,1 %2,4 %
Royaume-Uni-1,1 %-4,4 %2,1 %0,7 %0,8 %2,0 %
Japon-1,0 %-5,5 %4,4 %-0,7 %2,0 %1,7 %
Zone euro0,4 %-4,3 %1,9 %1,4 %-0,3 %0,9 %
France-0,2 %-2,6 %1,4 %1,7 %0,5 %1,0 %
Allemagne0,8 %-5,1 %3,6 %3,1 %0,6 %1,5 %
Italie-1,2 %-5,5 %1,8 %0,4 %-1,9 %0,3 %
NEI1,8 %-0,7 %8,5 %4,0 %3,4 %4,2 %
Hong Kong2,3 %-2,6 %7,0 %5,0 %2,6 %4,2 %
Corée du Sud2,3 %0,3 %6,3 %3,6 %3,5 %4,0 %
Singapour1,7 %-1,0 %14,8 %4,9 %2,7 %3,9 %
Taïwan0,7 %-1,8 %10,7 %4,0 %3,6 %4,7 %
Économies en développement6,0 %2,8 %7,5 %6,2 %5,7 %6,0 %
Asie en développement7,8 %7,1 %9,7 %7,8 %7,3 %7,9 %
Chine9,6 %9,2 %10,4 %9,2 %8,2 %8,8 %
Inde6,2 %6,6 %10,6 %7,2 %6,9 %7,3 %
ANASE-54,8 %1,7 %7,0 %4,5 %5,4 %6,2 %
Indonésie6,0 %4,6 %6,2 %6,5 %6,1 %6,6 %
Malaisie4,8 %-1,6 %7,2 %5,1 %4,4 %4,7 %
Philippines4,2 %1,1 %7,6 %3,7 %4,2 %4,7 %
Thaïlande2,6 %-2,3 %7,8 %0,1 %5,5 %7,5 %
Vietnam6,3 %5,3 %6,8 %5,9 %5,6 %6,3 %
CEI5,4 %-6,4 %4,8 %4,9 %4,2 %4,1 %
Russie5,2 %-7,8 %4,3 %4,3 %4,0 %3,9 %
Pays émergents d’Europe3,2 %-3,6 %4,5 %5,3 %1,9 %2,9 %
Amérique latine et Caraïbes4,2 %1,6 %6,2 %4,5 %3,7 %4,1 %
Brésil5,2 %-0,3 %7,5 %2,7 %3,0 %4,2 %
Mexique1,2 %-6,3 %5,5 %4,0 %3,6 %3,7 %
Moyen-Orient et Afrique du Nord4,7 %2,7 %4,9 %3,5 %4,2 %3,7 %
Afrique subsaharienne5,6 %2,8 %5,3 %5,1 %5,4 %5,3 %

Source : FMI, base de données de Perspectives de l’économie mondiale, avril 2012

Les États-Unis

Après une solide performance au début de 2010, en partie fondée sur la reconstitution des stocks, la croissance a perdu de la vigueur pour presque disparaître aux États-Unis au premier trimestre de 2011. Après ce médiocre coup de départ, l’économie a ensuite repris de la vigueur et est parvenue à afficher une croissance de 1,7 p. 100 pour l’ensemble de l’année, ce qui est néanmoins inférieur au taux de 3,0 p. 100 observé en 2010. Le gain est principalement imputable à la vigueur de dépenses des consommateurs. Une réduction marquée de la croissance des importations a levé le frein qu’exerçait sur l’économie le solde net des exportations, mais la réduction des dépenses publiques à tous les niveaux a néanmoins ralenti la croissance économique.

Les dépenses des consommateurs ont progressé de 2,2 p. 100 en 2011 (4,7 p. 100 en termes nominaux), ajoutant 1,53 point de pourcentage à la croissance du PIB réel. Cela représente une légère augmentation par rapport à 2010 (1,44 point de pourcentage). En 2011, l’augmentation la plus importante des dépenses des consommateurs a été observée dans le sous-secteur des services, qui a crû de 1,4 p. 100 et ajouté 0,66 point de pourcentage au PIB réel, tandis que les dépenses en biens durables suivaient au second rang avec un gain de 8,1 p. 100 sur l’année, faisant une contribution de 0,60 point de pourcentage à la croissance. L’effet de la hausse des dépenses dans ces domaines a toutefois été atténué par un fléchissement de la croissance des dépenses des consommateurs en biens non durables, qui ont progressé d’un maigre 1,7 p. 100 et dont la contribution à la croissance du PIB réel n’a été que de 0,28 point de pourcentage.

La cadence de l’investissement fixe non résidentiel s’est accélérée en 2011, ajoutant 0,82 point de pourcentage à la croissance du PIB, soit près du double de sa contribution de l’année précédente. Cela est attribuable au renversement de la tendance négative de l’investissement en structures, qui a pesé sur l’économie jusqu’en 2010. La croissance de l’investissement en matériels et logiciels a ralenti, mais a fait néanmoins un apport de 0,71 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, représentant une progression de 10,3 p. 100 sur l’année.

L’investissement fixe résidentiel s’est contracté de 1,4 p. 100 en termes réels en 2011, un recul inférieur à celui des années précédentes, ce qui a retranché 0,03 point de pourcentage à la croissance en comparaison d’une ponction de 0,11 point de pourcentage en 2010. La construction de structures unifamiliales a continué de ralentir, tandis que la construction de structures multifamiliales diminuait moins rapidement et que celle des « autres » structures augmentait.

L’investissement dans les stocks, qui avait fait l’une des plus importantes contributions à la reprise économique en 2010 (1,64 point de pourcentage), a eu l’effet inverse sur le PIB réel en 2011, soustrayant 0,20 point de pourcentage à la croissance. Les exportations nettes ont ajouté 0,05 point de pourcentage à la croissance du PIB en 2011, après en avoir retiré 0,51 point de pourcentage l’année précédente. La forte baisse de la croissance des importations est à l’origine de ce changement et a compensé le ralentissement observé de la croissance des exportations.

Les dépenses gouvernementales ont reculé de 2,1 p. 100 en termes réels, la contraction la plus importante en 40 ans. La baisse généralisée des dépenses aux niveaux fédéral, des États et des administrations locales s’est répercutée à la fois sur les dépenses dans le secteur de la défense et les autres secteurs, privant la croissance du PIB réel de 0,45 point de pourcentage. La diminution de 2,1 p. 100 des dépenses des gouvernements des États et des administrations locales est la plus importante depuis la Deuxième guerre mondiale.

La situation du marché du travail aux États-Unis a montré des signes d’amélioration l’an dernier, mais le taux de création d’emploi est demeuré trop faible pour permettre d’effacer dans un délai raisonnable les pertes subies au cours de la récession. Le taux de chômage a atteint 10,0 p. 100 en octobre 2009 et se trouvait encore à 9,1 p. 100 en janvier 2011. Il a langui à ce niveau pendant la plus grande partie de l’année, sans amélioration durable avant le quatrième trimestre, alors qu’a débuté une série de mois positifs sur le plan de la création d’emploi qui ont contribué à ramener le taux de chômage à 8,5 p. 100 en décembre 2011. Le taux de participation est demeuré stable autour de 64 p. 100, soit environ 2 points de pourcentage sous la tendance historique à long terme, ce qui témoigne du grand nombre de travailleurs découragés qui ont cessé de chercher un emploiNote de bas de page 2. Entre le sommet de l’emploi atteint en janvier 2008 et la situation observée en décembre 2010, 7,7 millions d’emplois ont disparu aux États-Unis; à la fin de 2011, 1,8 million d’emplois seulement étaient réapparus — pas très éloigné du taux de croissance démographique. En outre, la croissance des salaires réels a été négative au cours des deux dernières années, ce qui vient souligner encore davantage les défis liés à la croissance des dépenses des consommateurs aux États-Unis.

Selon les prévisions, l’économie américaine devrait croître de 2,1 p. 100 en 2012 et de 2,4 p. 100 en 2013. La faiblesse persistante du secteur du logement et du marché du travail, conjuguée au processus de désendettement, devrait confiner la reprise à un bas niveau. Étant donné le rôle dominant que jouent les facteurs intérieurs dans la conjoncture économique aux États-Unis, on ne prévoit qu’une amélioration modeste du taux de chômage (8,2 p. 100), un niveau déjà atteint en mars 2012. L’écart de production persistera, ce qui devrait maintenir l’inflation tendancielle à un bas niveau dans l’avenir immédiat, tandis que l’on s’attend à ce que la politique d’assouplissement monétaire se poursuive.

Les risques à la baisse demeurent importants. De nombreuses dispositions fiscales, dont les réductions d’impôt adoptées durant le mandat présidentiel précédent, arrivent à terme en 2013. Si les difficultés et l’impasse politiques devaient persister aux États-Unis jusqu’à ce moment, l’incapacité de renégocier ces mesures parallèlement à l’entrée en vigueur automatique des mesures de réduction des dépenses pourraient avoir des répercussions négatives sur la croissance économique. La crise de l’endettement souverain en Europe est la principale source d’influence étrangère, principalement par le biais des retombées potentiellement négatives sur la confiance et l’investissement des entreprises aux États- Unis. Le secteur du logement détiendra encore la clé de la reprise, et les mesures visant les refinancements hypothécaires, généralement favorables aux consommateurs, devraient aider à éponger l’excédent des reprises de finance et des prêts hypothécaires improductifs tout en relançant la croissance qui fait cruellement défaut dans ce secteur.

Le Japon

L’économie japonaise, durement éprouvée, a néanmoins réussi à inscrire un taux de croissance de 4,4 p. 100 en 2010, le taux le plus élevé parmi les majeurs pays cette année-là et la meilleure performance du pays en une génération. Malheureusement, la réussite du Japon s’est trouvée brusquement interrompue en 2011 par le tremblement de terre catastrophique qui a secoué l’Est du pays. Outre la destruction massive causée par le séisme lui-même, les dommages ont été aggravés considérablement par le tsunami et les incendies qui ont suivi, tandis que les problèmes de radioactivité de long terme à la centrale nucléaire de Fukushima pourraient éventuellement devenir la source la plus sérieuse de dommages. En considérant l’ampleur de ces catastrophes, l’économie du Japon a fait preuve d’une grande résilience en enregistrant une contraction de seulement 0,7 p. 100 en 2011. Le PIB réel a reculé de 7,9 p. 100 au premier trimestre, de 1,2 p. 100 au second et il a ensuite rebondi à 7,6 p. 100 au troisième trimestre, un niveau plus élevé que prévu. Par ailleurs, les inondations survenues en Thaïlande au quatrième trimestre ont infligé des chocs supplémentaires à l’économie nippone de l’ordre de 0,1 p. 100, tandis que la croissance moyenne pour l’ensemble de l’année 2011 sera négative, à 0,7 p. 100 (tous les taux sont annualisés).

Le commerce est le principal facteur ayant influé sur le PIB du Japon en 2011. La contribution de 3,1 points de pourcentage des exportations au PIB réel en 2010 a fondu en 2011, tandis que la résistance exercée par les importations a légèrement diminué, passant de 1,4 point de pourcentage à 0,8 point de pourcentage, les importations n’ayant progressé que de 5,8 p. 100 en termes réels. Le solde net des exportations a soustrait 0,8 p. 100 point de pourcentage de la croissance du PIB.

La hausse de la consommation privée s’est élevée à 0,1 p. 100 en 2011 et de façon équivalente, a contribué pour 0,1 p. 100 à la croissance du PIB. L’augmentation de 0,4 point de pourcentage de la consommation gouvernementale (2,0 p. 100 en termes réels) a été compensée par une diminution de 0,5 point de pourcentage des stocks privés et une baisse de 0,2 point de pourcentage de l’investissement public (qui a fléchi de 3,6 p. 100 en termes réels). L’investissement privé résidentiel et non résidentiel est demeuré faible, ces deux postes ne contribuant que 0,1 point de pourcentage à la croissance du PIB réel en 2011.

Le taux de chômage a atteint 4,6 p. 100 en décembre 2011, un niveau passablement élevé pour le Japon. Le taux de chômage était deux fois plus élevé parmi les personnes âgées de 15 à 24 ans. Les difficultés du marché de l’emploi sont en partie imputables aux catastrophes récentes et des signes d’amélioration sont depuis apparus. La production industrielle et l’économie en général ont repris lentement, mais les exportations et les bénéfices des entreprises demeurent anémiques et les risques de déflation sont toujours présents. Les problèmes tenaces que connaît l’économie japonaise et qui ont limité sa croissance depuis deux décennies n’ont pas disparu, et le gouvernement japonais garde le cap sur des mesures destinées à combattre la déflation et l’appréciation du yen, une combinaison qui pourrait engendrer un cycle défavorable pour les producteurs japonais.

Les perspectives du Japon subissent l’influence positive des dépenses de reconstruction; le PIB réel devrait croître de 2,0 p. 100 en 2012 pour ensuite retomber à 1,7 p. 100 en 2013 à mesure que ces dépenses seront complétées. Les risques à la baisse sont très importants et le Japon est vulnérable à une intensification possible de la crise de la dette en Europe; ses pertes éventuelles pourraient équivaloir à la croissance réelle projetée de la production dans le scénario défavorable d’une baisse de la demande extérieure. Le Japon est aussi vulnérable à d’éventuels problèmes d’approvisionnement énergétique, par exemple une spirale des prix pétroliers provoquée par des tensions politiques ou un ralentissement de l’activité économique en Chine.

La zone euro

Les braises de la crise européenne ont continué de couver en 2011, déclenchant périodiquement des flambées et nourrissant l’incertitude dans l’ensemble de l’économie mondiale. Cette incertitude a été l’élément dominant de la conjoncture économique internationale l’an dernier, et elle persistera vraisemblablement à court et à moyen terme. Il en est ainsi parce que le règlement de la crise de la dette souveraine dans les pays touchés pourrait prendre diverses formes et nécessiter plusieurs années avant d’être complété. Cela pourrait aller d’une union fiscale à un démantèlement partiel ou complet de la zone monétaire commune, et jusqu’à une disparition complète des déséquilibres par le jeu de l’inflation dans le Nord et de la déflation dans le Sud, ou une combinaison de ces solutions et d’autres.

Essentiellement en réaction à cette incertitude, la croissance dans la zone euro a décéléré, passant de 1,9 p. 100 en 2010 à 1,4 p. 100 en 2011; les dépenses des consommateurs n’ont progressé que de 0,2 p. 100 en 2011, alors que celles des gouvernements sont demeurées stationnaires. En conséquence, la contribution de la consommation privée au PIB a été minime, à 0,1 point de pourcentage, et elle a été nulle dans le cas des dépenses gouvernementales. La formation brute de capital fixe a ajouté 0,2 point de pourcentage à la croissance du PIB tandis que les variations des stocks ont fourni un autre 0,1 point de pourcentage. Les exportations nettes ont été le plus important facteur positif, avec une contribution de 1,0 point de pourcentage à la croissance du PIB réel.

Le PIB réel de l’Allemagne a augmenté de 3,1 p. 100, celui de la France de 1,7 p. 100, tandis que celui de l’Italie affichait la progression la plus modeste, soit 0,4 p. 100. La crainte d’une escalade de la crise de la dette souveraine a fortement pesé sur la croissance au quatrième trimestre et fait basculer la région en récession. Alors qu’une grande partie de la dette souveraine du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie est détenue par les banques, les doutes ravivés au sujet de la solvabilité de ces pays ont ébranlé la confiance à l’égard du secteur bancaire et fait grimper les risques liés au financement, ce qui a contribué à déprimer encore davantage ces économies dans le sillage des restrictions imposées au crédit dans le secteur privé. Les contraintes de financement se sont atténuées quelque peu à la fin de 2011 en raison des opérations de refinancement à long terme de la Banque centrale européenne, lesquelles ont stabilisé l’humeur des marchés et réduit l’incertitude. La volatilité et les écarts de rendement des obligations souveraines ont diminué dans plusieurs économies, mais non dans celles qui sont directement touchées par la crise — où l’on s’attendait à ce qu’ils se normalisent davantage, mais demeurent encore vulnérables aux répercussions de chocs inattendus.

Même si la récession de la fin de 2011 devrait être de courte durée, on prévoit une contraction du PIB réel de 0,3 p. 100 dans la zone euro en 2012 suivie d’une faible reprise de 0,9 p. 100 en 2013. L’Italie, directement touchée par le risque souverain, devrait subir une contraction de 1,9 p. 100 en 2012 et une autre de 0,3 p. 100 en 2013. Dans le cas de la France, les prévisions montrent une croissance de 0,5 p. 100 en 2012 et de 1,0 p. 100 en 2013, tandis qu’en Allemagne, la croissance devrait atteindre 0,6 p. 100 en 2012 et 1,5 p. 100 en 2013. Cependant, le degré d’incertitude inhérent à ces prévisions est exceptionnellement élevé. Des progrès continus dans la gestion de la crise et son règlement, sur lesquels reposent ces projections, ne se sont pas matérialisés jusqu’à maintenant dans la zone euro. Tant qu’on ne s’attaquera pas aux problèmes sous-jacents de façon décisive, une nouvelle escalade de la crise dans la zone euro demeure un important risque baissier. C’est également le principal facteur de risque pour la reprise mondiale, étant donné les liens financiers et commerciaux étroits de la zone euro avec les autres régions. L’avènement d’un autre épisode de cette crise pourrait avoir des répercussions sur l’économie mondiale par le biais d’un resserrement du crédit, d’une plus grande incertitude, d’une contraction des échanges commerciaux et d’une baisse des prix des produits de base.

Le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a été durement touché par la Grande Récession, alors que le secteur financier, qui occupe une place traditionnellement importante dans l’économie, a été frappé de plein fouet par la crise financière qui a précédé la récession. La production a reculé de 4,4 p. 100 en 2009, avant de reprendre à un taux de seulement 2,1 p. 100 en 2010. D’autres difficultés attendaient l’économie britannique en 2011 et la croissance n’a été que de 0,7 p. 100 pour l’ensemble de l’année. Quatre des six derniers trimestres (se terminant au premier trimestre de 2012) ont été marqués par une contraction de la production. Le PIB réel au dernier trimestre de 2011 n’était pas plus élevé qu’au troisième trimestre de 2010. Le PIB des industries productives a reculé de 1,2 p. 100 en 2011, tandis que la production des industries de services progressait de 1,6 p. 100.

La consommation finale des ménages a fléchi de 1,2 p. 100 en 2011, ce qui s’est traduit par une ponction de 0,7 point de pourcentage sur le PIB réel, alors qu’elle avait fait une contribution positive de 0,8 point de pourcentage en 2010. Les dépenses de consommation finale des gouvernements sont demeurées stationnaires sur l’année, ce qui représente une baisse par rapport à la contribution de 0,3 point de pourcentage de ce secteur en 2010. La formation brute de capital fixe a reculé de 1,2 p. 100 en 2011, ce qui a ralenti la croissance du PIB de 0,2 point de pourcentage, en baisse par rapport à la diminution de 0,5 point de pourcentage observée en 2010.

La seule contribution positive au PIB est venue du solde net des exportations, qui a fourni 1,0 point de pourcentage à la croissance. Il y a eu décélération des exportations, qui avaient fait une contribution de 2,1 points de pourcentage en 2010 et de 1,3 point de pourcentage en 2011; par contre, les importations ont fléchi beaucoup plus rapidement, passant d’une ponction de 2,5 points de pourcentage sur la croissance du PIB en 2010 à seulement 0,4 point de pourcentage en 2011.

En termes de croissance réelle, les exportations totales du Royaume-Uni ont avancé de 4,6 p. 100 en 2011. Les exportations de biens ont progressé de 5,1 p. 100, tandis que les exportations de services augmentaient de 3,9 p. 100. Du côté des importations, la croissance a été modeste, soit 1,2 p. 100 au total; les importations de biens étaient en hausse de 1,5 p. 100, tandis que les exportations de services avançaient de 0,2 p. 100.

Le Royaume-Uni n’est pas touché par les problèmes d’endettement souverain qui sévissent dans la zone euro parce qu’il a conservé la souveraineté entière sur sa monnaie et le contrôle absolu de sa politique monétaire, qui est demeurée très accommodante. Cependant, la proximité de la zone euro et les liens commerciaux étroits qu’il a tissés avec celle-ci exposent le Royaume-Uni à un risque de contagion, alors même que les politiques de consolidation budgétaire continuent à peser sur son économie. La reprise au Royaume-Uni a été plus lente qu’au cours de toute récession antérieure — plus lente que lors de la Crise de 1929. Le taux de croissance de 0,8 p. 100 prévu pour le Royaume-Uni en 2012 est semblable à celui de 2011, mais on s’attend à ce que la croissance s’accélère par la suite pour atteindre 2,0 p. 100 en 2013.

Les économies émergentes

Les économies émergentes d’Asie

En 2011, les économies émergentes d’Asie ont enregistré le taux de croissance du PIB réel le plus élevé de l’ensemble des régions, soit 7,8 p. 100. Cela représente une baisse par rapport au taux de 9,7 p. 100 enregistré en 2010, reflétant en partie le processus de décélération délibéré de l’économie chinoise, et en partie les répercussions des perturbations survenues dans les chaînes d’approvisionnement de la région suite aux catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon au premier trimestre et aux inondations en Thaïlande au quatrième trimestre. La faiblesse accrue de la demande externe a aussi joué un rôle dans ce ralentissement, qui s’est manifesté progressivement tout au long de l’année. La croissance a été dominée par la Chine (9,2 p. 100, ce qui est inférieur au taux de 10,4 p. 100 de 2010) et l’Inde (7,2 p. 100, en baisse également par rapport au taux de 10,6 p. 100 observé en 2010). Le PIB réel des pays de l’ANASE-5Note de bas de page 3 a progressé de 4,5 p. 100 l’an dernier, avec en tête l’Indonésie qui a enregistré un taux de croissance de 6,5 p. 100. Selon les estimations, les inondations de 2011 ont entraîné une perte de croissance du PIB réel en Thaïlande de 2 points de pourcentage, ne laissant qu’une croissance marginale de 0,1 p. 100 pour l’ensemble de l’année.

Les contrecoups de la crise qui sévit dans la zone euro ont affecté la région, qui a noué des liens commerciaux étroits avec l’Europe, en tempérant la demande pour les exportations asiatiques. Des facteurs internes ont aussi joué en Inde, où l’investissement est en perte de vitesse et où les coûts d’emprunt sont en hausse par suite d’un resserrement de la politique monétaire visant à juguler l’inflation. Cependant, la solide performance des bénéfices des entreprises et des revenus des ménages en Chine a aidé à stabiliser la consommation et l’investissement dans ce pays, favorisant le scénario d’un « atterrissage en douceur ». Les répercussions financières de la crise européenne ont été limitées et contenues. Les banques asiatiques ont, pour la plupart, terminé l’année en excellente position et avec une capacité de prêt excédentaire suffisante.

La région s’est remise plus rapidement que prévu des effets du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé le Japon au début de 2011, ce qui témoigne de la résilience de la demande intérieure, d’institutions robustes et bien gérées, et de l’existence d’une marge de manoeuvre adéquate pour permettre un assouplissement de la politique. En supposant que ces facteurs se maintiennent, les projections montrent un ralentissement ordonné en Chine malgré l’affaiblissement de la demande extérieure. La croissance devrait atteindre un rythme plus modéré de 8,2 p. 100 en 2012, puis remonter légèrement à 8,8 p. 100 en 2013. Une incertitude un peu plus grande est associée à l’Inde, où les taux d’intérêt plus élevés devraient contribuer à ramener l’économie à un taux de croissance de 6,9 p. 100 en 2012, puis de 7,3 p. 100 en 2013. De façon similaire, la croissance dans les quatre NEI asiatiques devrait ralentir en 2012 (notamment à Hong Kong, où elle tombera à 2,6 p. 100), avant de retrouver un rythme de croissance plus rapide en 2013. Les pays de l’ANASE-5 devraient toutefois faire exception puisqu’on prévoit une reprise robuste en Thaïlande et aux Philippines, conjuguée à une forte demande intérieure en Indonésie et à une accélération prévue de la croissance économique à 5,4 p. 100 en 2012 et à 6,2 p. 100 en 2013 dans l’ensemble des pays du groupe. Globalement, les autres pays asiatiques en développement devraient afficher une croissance de 5,0 p. 100 en 2012 et en 2013.

Les pays émergents d’Asie sont exposés à d’importants risques à la baisse. Tout d’abord, l’escalade de la crise dans la zone euro pourrait retrancher plus d’un point de pourcentage de la prévision de croissance pour les pays émergents d’Asie. Une contagion par le biais des systèmes bancaires est aussi possible, ce qui engendrerait des risques et une incertitude accrus. Les tensions dans les pays producteurs de pétrole pourraient déclencher une autre spirale des cours pétroliers, ce qui aurait des conséquences négatives pour cette région. Du côté positif du bilan, les efforts axés vers un renforcement de la demande intérieure pourraient contribuer à raffermir la croissance économique dans la région en s’appuyant sur une consommation intérieure accrue.

Les pays émergents d’Europe

Les pays émergents d’Europe ont affiché une robuste croissance du PIB réel en 2011, soit 5,3 p. 100. Cependant, cette performance est avant tout imputable à la Turquie, où le taux de croissance a atteint 8,5 p. 100, et elle n’est pas largement représentative de la région. La Lituanie (5,9 p. 100), la Lettonie (5,5 p. 100) et la Pologne (4,4 p. 100) ont aussi bénéficié d’une robuste croissance, tandis que le PIB réel progressait à un taux inférieur à 2 p. 100 en Hongrie, en Bulgarie et en Serbie, et que la croissance a été nulle en Croatie en 2011.

La crise de la zone euro, qui a connu une autre flambée à la fin de 2011, se répercute sur cette région principalement par le biais des liens financiers étroits qu’elle a développés avec l’Europe, mais aussi par le biais des liens établis au niveau de la production. Le secteur financier des pays émergents d’Europe est aujourd’hui étroitement intégré au réseau bancaire de l’Europe de l’Ouest. Plusieurs établissements financiers actifs en Europe de l’Est sont des filiales de banques dont les sièges sociaux se trouvent en Autriche, en France et en Italie. Cependant, jusqu’à l’automne de 2011, les chocs au niveau de l’offre de crédit provoqués par chaque augmentation du risque lié à l’endettement souverain en Europe de l’Ouest n’ont pas été ressenti dans les pays émergents d’Europe, et les écarts de rendement sur les swaps de défaillance de crédit (CDS) sont demeurés stables alors que la région se relevait de la Grande Récession. À la fin de 2011, les contraintes de financement qui s’exerçaient sur les principales banques d’Europe de l’Ouest les ont incitées à amorcer une autre ronde de désendettement, ce qui a entraîné une réduction importante de leurs actifs en Europe de l’Est. Les restrictions imposées au financement provenant de ces sources signifient que la croissance devient davantage tributaire des sources intérieures de financement et de la présence de liquidités adéquates dans le secteur bancaire.

L’intégration commerciale de l’Europe de l’Est et de l’Europe de l’Ouest a aussi augmenté considérablement. L’Europe de l’Ouest est le principal marché d’exportation de l’Europe de l’Est, tandis que l’Europe de l’Est est la destination des exportations ouesteuropéennes qui enregistre la croissance la plus rapide. Les chaînes de production entre régions se sont développées et l’Europe de l’Est est devenue un centre de montage, notamment pour les entreprises allemandes. Par conséquent, les estimations montrent qu’un choc touchant la croissance en Europe de l’Ouest aurait un effet équivalent sur la croissance en Europe de l’Est.

Étant donné ces liens étroits, les perspectives des pays émergents d’Europe sont fortement tributaires des événements qui surviennent dans la zone euro, laquelle était retombée en récession à la fin de l’année. Par conséquent, la croissance des pays émergents d’Europe devrait ralentir à 1,9 p. 100 en 2012; la décélération sera particulièrement marquée en Turquie (où le taux de croissance passera de 8,5 p. 100 en 2011 à 2,3 p. 100 en 2012). La Hongrie devrait voir son économie stagner, tandis que la Croatie affichera une croissance négative de 0,5 p. 100 en 2012. La croissance dans la région s’améliorera globalement pour atteindre 3,9 p. 100 en 2013, la Turquie et la Pologne progressant de 3,2 p. 100, la Roumanie et la Serbie, de 3,0 p. 100, la Hongrie, de 1,8 p. 100, et la Croatie, de 1,0 p. 100.

L’Amérique latine et les Caraïbes (ALC)

La vigueur des prix des produits de base en 2011 a dynamisé les économies de la région de l’ALC et favorisé une croissance robuste. Les pays de l’ALC ont progressé à un taux moyen de 4,5 p. 100 avec, en tête, l’Argentine qui a enregistré une croissance de 8,9 p. 100Note de bas de page 4. L’Équateur a aussi bénéficié d’une forte croissance, soit 7,8 p. 100, à l’instar du Pérou, où la croissance a atteint 6,9 p. 100. Au Mexique, la croissance a été plus lente, à 4,0 p. 100, bien que ce taux ait été plus élevé que les prévisions, tandis que la croissance au Brésil a décéléré pour s’établir à 2,7 p. 100.

Les impératifs économiques de la région de l’ALC diffèrent de ceux de la plupart des pays du reste du monde. Dans un contexte de ralentissement généralisé de la production et des exportations dans le monde, la surchauffe des économies était la principale préoccupation dans cette région en 2011. Plusieurs monnaies de la région se sont appréciées sensiblement, au premier chef le réal brésilien dont la valeur était 45 p. 100 plus élevée qu’en janvier 2009 à un certain moment durant l’année. Les perspectives peu reluisantes que laissent entrevoir d’autres régions, conjuguées à une politique monétaire extrêmement souple dans les pays développés ont fait du Brésil une destination relativement attrayante pour l’investissement et il s’en est suivi d’importantes entrées de capitaux. Cependant, cette situation a nui aux exportateurs et aux fabricants brésiliens et forcé le gouvernement à mettre en place des mesures de contrôle pour limiter les entrées de capitaux au pays. Cette tendance est disparue à la fin de 2011, levant une partie des pressions qui s’exerçaient sur la monnaie, mais l’on craignait que les rentrées de capitaux ne reprennent en 2012. L’inflation demeure donc une préoccupation en Amérique du Sud.

Les perspectives à court terme de la région sont modérément positives, avec une croissance de 3,7 p. 100 prévue en 2012, qui devrait passer à 4,1 p. 100 en 2013. Les prévisions indiquent que le Mexique verra sa croissance ralentir à 3,6 p. 100 en 2012 et à 3,7 p. 100 en 2013, étant donné que ses perspectives sont étroitement liées à la performance économique des États-Unis. La croissance au Brésil, qui a été de 2,7 p. 100 en 2011, devrait remonter à 3,0 p. 100 en 2012 et à 4,2 p. 100 en 2013 à mesure que s’estompent les risques de surchauffe. L’Argentine devrait voir sa croissance ralentir à 4,2 p. 100 en 2012 et à 4,0 p. 100 en 2013. La croissance en Amérique centrale devrait atteindre 4,0 p. 100 au cours des deux années. Les pays des Caraïbes continuent de ressentir les effets d’un endettement public élevé et de la faiblesse des rentrées de fonds et des recettes du tourisme; la croissance dans cette sous-région devrait reprendre lentement pour atteindre 3,5 p. 100 en 2012 et 3,6 p. 100 en 2013.

La région de l’ALC demeure assez bien isolée des répercussions des crises et des problèmes qui surgissent dans les pays développés. Les prix des produits de base exercent une forte influence sur l’économie régionale et, par le jeu des canaux commerciaux, ces prix relient les perspectives économiques de l’ALC au rythme de la croissance en Asie. Les rapports financiers avec les banques européennes sont aussi développés et pourraient éventuellement contribuer à propager les problèmes de l’Europe aux marchés financiers de l’ALC. Cependant, il n’y a pas eu jusqu’ici de renversement des flux de capitaux en réaction aux soubresauts du crédit en Europe, peut-être parce que les filiales européennes présentes dans la région de l’ALC sont principalement financées par des dépôts locaux et que l’on s’attend à ce que l’immunité relative de la région par rapport aux répercussions financières de la crise de l’endettement souverain dans la zone euro se poursuive dans l’avenir immédiat.

Les économies du Commonwealth des États indépendants (CEI)

La croissance a été forte dans la région du CEI tout au long de 2011, se soldant par un taux de croissance de 4,9 p. 100. Plusieurs facteurs se sont conjugués pour soutenir cette solide performance : la remontée du prix du pétrole et des produits de base, le rebond de la production agricole et une forte demande intérieure. La Russie a enregistré une croissance de 4,3 p. 100, le Kazakhstan, de 7,5 p. 100, l’Ukraine, de 5,2 p. 100, et le Bélarus, de 5,3 p. 100.

Cependant, la crise qui sévit dans la zone euro a eu de profondes répercussions dans cette région. À l’instar des pays émergents d’Europe, le secteur financier de cette région dépend largement des banques d’Europe de l’Ouest. Il y a eu d’importantes sorties de capitaux en Russie en réaction à la dernière escalade de la crise dans la zone euro; le rouble russe s’est déprécié tandis que les écarts de rendement sur les CDS, particulièrement en Ukraine, se sont élargis. La contagion s’est transmise par le biais des liens commerciaux avec l’Europe de l’Ouest, alors que les exportations du CEI se sont affaiblies et que la production industrielle a ralenti.

En dépit des attentes qui misent sur des prix pétroliers relativement élevés, les perspectives laissent entrevoir un affaiblissement de la croissance dans la région du CEI au cours des prochaines années — 4,2 p. 100 en 2012 et 4,1 p. 100 en 2013. La croissance en Russie reculera à 4,0 p. 100 en 2012 et à 3,9 p. 100 en 2013. Les autres exportateurs de produits énergétiques de la région connaîtront une performance relativement bonne : la robustesse des prix pétroliers et les investissements en infrastructure devraient permettre au Kazakhstan d’enregistrer un taux de croissance de 5,9 p. 100 en 2012 et de 6,0 p. 100 en 2013, tandis que la croissance devrait ralentir à 7,0 p. 100 en 2012 et à 6,5 p. 100 en 2013 en Ouzbékistan. Enfin, le Turkménistan devrait croître de 7,0 p. 100 en 2012 et de 6,7 p. 100 en 2013.

Les pays importateurs d’énergie du CEI croîtront plus lentement en raison de la faiblesse de la demande pour leurs exportations, des répercussions de la crise financière et d’un contexte monétaire et budgétaire plus rigoureux. La croissance du PIB réel en Ukraine devrait se situer à 3,0 p. 100 en 2012 et atteindre 3,5 p. 100 en 2013. Le Bélarus devrait pour sa part enregistrer un taux de croissance de 3,0 p. 100 en 2012, puis de 3,3 p. 100 en 2013.

On s’attend à ce que l’inflation demeure modérée dans la plupart des pays de la région en raison du ralentissement de l’activité économique et de l’amélioration de la production agricole, bien que le Bélarus éprouve toujours des tensions inflationnistes causées par la dépréciation de la monnaie, malgré les mesures de resserrement monétaire et budgétaire. Les répercussions possibles des événements qui secouent la zone euro — par le biais des liens financiers et commerciaux — demeure un important facteur de risque dans cette région. La bonne santé de l’économie russe demeure essentielle pour le reste de la région, parce que ce pays est une importante source de rentrées et d’investissement étranger pour la plupart des pays du CEI.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

La croissance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord n’a été que 3,5 p. 100 en 2011, reflétant un certain nombre de difficultés internes sur ce plan. Après une performance relativement bonne durant la Grande Récession, la région est aujourd’hui le théâtre d’une turbulence imprévue. Les troubles politiques et sociaux qui ont entraîné la chute de plusieurs gouvernements et, dans les cas extrêmes (comme en Libye), une guerre civile, ont freiné la croissance économique interne et perturbé les importants liens de la région avec l’Europe au chapitre du commerce, des rentrées de fonds et des voyages. En outre, les problèmes structurels qui se posent de longue date dans ces économies nécessiteront des réformes en profondeur pour relancer la croissance à long terme.

Grâce à la vigueur des prix pétroliers, les économies des pays exportateurs de pétrole ont connu globalement une croissance de 4,0 p. 100 l’an dernier. La croissance en Iran n’a été que de 2,0 p. 100, ce qui reflète les problèmes associés à la réforme des récoltes et des subventions. La croissance en Arabie Saoudite a atteint 6,8 p. 100, tandis qu’elle a été de 2,5 p. 100 en Algérie et de 4,9 p. 100 dans les Émirats arabes unis. La contraction économique s’est poursuivie au Soudan, à un rythme de 3,9 p. 100. Les pays importateurs de pétrole ont moins bien fait, avec une croissance de 2,0 p. 100, hypothéqués par l’agitation qui a sévi en Égypte (où la croissance n’a été que de 1,8 p. 100) et en Tunisie (baisse de 0,8 p. 100). Israël a enregistré un taux de croissance de 4,7 p. 100 pour l’année.

Les perspectives des pays exportateurs de pétrole diffèrent sensiblement de celles des pays qui doivent importer cette ressource. Les premiers ont été en mesure de renforcer leurs soldes budgétaires, tandis que les niveaux d’endettement ont poursuivi leur ascension au sein du second groupe. D’un côté, les transferts sociaux ont augmenté considérablement dans les pays exportateurs de pétrole, ce qui a accru leur dépendance à l’égard de cours pétroliers élevés. La faiblesse continue de l’économie européenne nuit au tourisme et aux flux commerciaux, ainsi qu’aux rentrées de fonds et aux dépenses de voyage, ce qui limite les perspectives de croissance de la région à court terme. Les prix pétroliers demeurent la principale source d’influence sur les attentes pour cette région; ils pourraient être poussés à la baisse par la faiblesse prolongée de l’économie européenne, ou encore entraînés à la hausse si les approvisionnements pétroliers sont perturbés par les tensions géopolitiques continues que connaît la région et, en particulier, si un conflit armé surgissait.

Les économies exportatrices de pétrole devraient enregistrer une croissance de 4,8 p. 100 en 2012 et de 3,7 p. 100 en 2013. L’économie de l’Iran ralentira à 0,4 p. 100 seulement en 2012 et croîtra de 1,3 p. 100 en 2013. L’Arabie saoudite devrait profiter d’une croissance de 6,0 p. 100 en 2012 et de 4,1 p. 100 en 2013, tandis que l’Algérie verra sa croissance s’accélérer pour atteindre 3,1 p. 100 et 3,4 p. 100 au cours des deux prochaines années. Une importante récession sévit au Soudan, où l’on prévoit que le PIB reculera de 7,3 p. 100 en 2012 et de 1,5 p. 100 en 2013. Dans l’intervalle, les pays importateurs de pétrole verront leur croissance augmenter à 2,2 p. 100 en 2012 et ils réussiront presque à rattraper les pays exportateurs de pétrole avec une croissance prévue de 3,6 p. 100 en 2013. Une lente reprise est prévue en Égypte où la croissance atteindra 1,5 p. 100 en 2012 et 3,3 p. 100 en 2013; l’économie tunisienne devrait rebondir pour croître de 2,2 p. 100 en 2012 et de 3,5 p. 100 en 2013; enfin, la croissance en Israël ralentira à 2,7 p. 100 en 2012 avant de remonter à 3,8 p. 100 en 2013. Pour l’ensemble de la région, il est prévu que la croissance atteindra 4,2 p. 100 en 2012 et 3,7 p. 100 en 2013.

L’Afrique subsaharienne

L’Afrique, l’une des régions ayant connu la meilleure performance au cours de la récession mondiale, a enregistré une autre année de forte croissance et est demeurée relativement à l’abri des aléas des marchés financiers et de l’assombrissement de la conjoncture mondiale à la fin de 2011. La croissance de cette région a atteint 5,1 p. 100, les pays exportateurs de pétrole profitant d’une expansion plus rapide, soit 6,2 p. 100, tandis que les pays à revenu intermédiaire enregistraient la croissance la plus lente, à 3,9 p. 100 (dont l’Afrique du Sud avec une croissance de 3,1 p. 100); les pays les plus pauvres s’en sont tirés relativement bien avec une croissance moyenne de 5,8 p. 100. La première année de production pétrolière au Ghana s’est traduite par une croissance de 13,6 p. 100 de l’économie du pays. Le Nigéria a aussi enregistré une bonne performance, avec une croissance de 7,2 p. 100 en 2011, comme ce fut le cas de l’Éthiopie, où la croissance a atteint 7,5 p. 100, et de la République démocratique du Congo, en expansion de 6,9 p. 100.

Les prix élevés des produits de base ont favorisé une croissance stable en 2011. Les liens financiers limités avec l’Europe ont isolé la région de la plus grande partie des événements défavorables survenus en cours d’année — à l’exception de l’Afrique du Sud, dont le système financier a souffert de la volatilité et de la dépréciation du rand. À la faveur d’une diversification vers les marchés émergents en croissance rapide, les liens commerciaux avec l’Europe se sont affaiblis au cours des dernières décennies, conférant à la région une certaine protection contre la propagation éventuelle des effets de la crise de la zone euro. La robustesse des investissements dans le secteur de l’extraction des ressources naturelles s’est par ailleurs poursuivie.

La croissance en Afrique du Sud a décéléré rapidement, reflétant les liens financiers et commerciaux étroits entre cette économie relativement avancée et l’Europe. Le taux de chômage demeure élevé et il est prévu que la croissance ralentira encore dans la plus grande économie de la région, pour s’établir à 2,7 p. 100 en 2012, ce qui sera suivi d’une amélioration en 2013 avec un taux de croissance de 3,4 p. 100. Le ralentissement de la demande mondiale de diamants devrait entraîner la croissance de l’économie du Botswana sur la même trajectoire : selon les projections, la croissance dans ce pays chutera à 3,3 p. 100 en 2012 avant de remonter à 4,6 p. 100 en 2013. La croissance au Ghana ralentira un peu pour s’établir à 8,8 p. 100 en 2012 et à 7,4 p. 100 en 2013. Les politiques budgétaires et monétaires plus rigoureuses feront sentir leurs effets sur la croissance du secteur non-pétrolier au Nigeria, mais l’augmentation de la production pétrolière devrait faire contrepoids, entraînant une robuste croissance de 7,1 p. 100 en 2012 et de 6,6 p. 100 en 2013. Les nouvelles réserves pétrolières arrivant en exploitation en Angola accéléreront la croissance dans ce pays à 9,7 p. 100 en 2012, laquelle devrait modérer par la suite à 6,8 p. 100 en 2013.

L’Afrique subsaharienne demeure largement isolée de la crise européenne, sauf l’Afrique du Sud qui pourrait relayer les chocs négatifs au reste de la région. Les risques associés à l’inflation et aux déficits budgétaires persistent, et les perspectives à cet égard sont largement tributaires des cours mondiaux des aliments et des produits de base, respectivement.

Hypothèses et risques

Tel qu’indiqué précédemment, toutes les projections présentées dans ce chapitre reposent sur les Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2012, du FMI. En faisant ces projections, le FMI a adopté un certain nombre d’hypothèses techniques qui sous-tendent ses estimations. Voici certaines des plus importantes :

  1. dans les économies avancées, les taux de change effectifs réels demeureront constants à leurs niveaux moyens de la période du 13 février au 12 mars 2012, sauf pour les monnaies participant au mécanisme de change européen II (MCE II) qui, selon les hypothèses retenues, devraient demeurer constantes en termes nominaux par rapport à l’euro;
  2. les politiques budgétaires et monétaires mises en place par les autorités nationales seront maintenues;
  3. le prix moyen du baril de pétrole sera de 114,71 $É.-U. en 2012 et de 110,00 $É.-U. en 2013, et il demeurera inchangé en termes réels à moyen terme. Les Perspectives proposent également un certain nombre d’hypothèses de travail portant sur les niveaux des divers taux de dépôt sur les marchés financiers mondiaux. Les lecteurs intéressés devraient consulter les Perspectives de l’économie mondiale pour plus de détails sur ces hypothèses techniques et d’autres.

Pour la plupart, les hypothèses adoptées par les modélisateurs du FMI sont fondées sur les budgets officiels annoncés, avec des rajustements pour tenir compte des différences entre les autorités nationales et le FMI quant aux hypothèses macroéconomiques et aux résultats budgétaires prévus, et sur les projections à moyen terme incorporant les mesures de politiques qui seront vraisemblablement mises en oeuvre. De façon similaire, les hypothèses concernant la politique monétaire s’appuient sur le cadre de politique établi dans chaque pays.

L’un des principaux facteurs déterminants de la conjoncture économique mondiale est le prix du pétrole. Même si l’hypothèse retenue est que les prix pétroliers se situeront autour de 110 $ le baril, le FMI a examiné le scénario d’un choc externe pouvant perturber les approvisionnements pétroliers. Dans l’hypothèse où les exportations de pétrole de l’Iran vers les pays de l’OCDE cesseraient soudainement et ne seraient pas comblées par une hausse de la production ailleurs, le prix du pétrole pourrait initialement augmenter de 20 à 30 p. 100; l’incertitude accrue au sujet des perturbations possibles de l’offre de pétrole ferait grimper encore davantage les cours pétroliers — pour atteindre en moyenne un niveau 50 p. 100 plus élevé que celui projeté pour les deux prochaines années. Un tel scénario aurait pour effet de freiner la reprise de la croissance de la consommation privée et de l’investissement dans le monde, sauf dans les pays qui sont des exportateurs nets de pétrole. La production mondiale reculerait de plus de 1 p. 100 et les conséquences collatérales, par exemple une baisse de la confiance sur les marchés financiers, pourraient contribuer à aggraver les dommages.

L’autre facteur de risque est qu’une éventuelle escalade de la crise dans la zone euro ne vienne accentuer les tensions dans le système bancaire et sur le marché des titres souverains, en se répercutant sur d’autres régions en proportion de leurs engagements commerciaux et financiers avec l’Europe de l’Ouest. Les régions les plus touchées seraient le CEI et les pays émergents d’Europe; l’Amérique du Nord serait également exposée en raison de ses liens financiers avec l’Europe, de même que l’Asie, par le biais de ses liens commerciaux. Parmi les autres risques, il y a les pressions déflationnistes à l’oeuvre dans certaines parties de la zone euro, les déficits budgétaires élevés aux États-Unis et au Japon, et le dégonflement des bulles de crédit dans certaines économies de marché émergentes. Parmi les facteurs positifs, il y a une reprise plus forte que prévue aux États-Unis et dans la zone euro, un apaisement des tensions géopolitiques et l’assouplissement connexe du prix du pétrole.

Globalement, même si l’économie mondiale demeure exceptionnellement fragile, les risques pour la croissance sont aujourd’hui légèrement moins menaçants qu’à la fin de 2011. Cela traduit la dispersion plus limitée des attentes relatives aux cours pétroliers, aux écarts de rendement sur les diverses échéances et de la volatilité en général. Selon le FMI, le risque d’un ralentissement grave de l’économie mondiale en 2012 est maintenant très limité (autour de 1 p. 100).

2. Aperçu de l’évolution du commerce mondial

Au lendemain de l’expansion record du volume du commerce mondial en 2010 (13,8 p. 100), les attentes pour 2011 étaient plus modestes. Dans le climat de turbulence économique de l’an dernier, la croissance du volume du commerce mondial a tout de même causé une surprise, décélérant brusquement à 5,0 p. 100 en 2011, alors que la reprise économique mondiale perdait de son élan sous le coup de multiples événements critiques, dont les catastrophes survenues au Japon et la crise de la dette souveraine en Europe. Cependant, la progression des prix, notamment des ressources, a fait en sorte que les valeurs nominales du commerce ont augmenté de 20 p. 100 en 2011, contre 22 p. 100 en 2010.

La croissance des exportations réelles dans les économies développées a été plus forte que prévu, atteignant 4,7 p. 100 en 2011. Si l’on considère la succession de crises qui ont frappé le monde développé l’an dernier, ces économies ont fait relativement bien à ce niveau. Le reste du monde — y compris les économies en développement et celles du Commonwealth des États indépendants (CEI) — ont enregistré une augmentation de 5,4 p. 100 en 2011, ce qui est légèrement en-deçà des attentes.

La croissance des exportations réelles des États-Unis, qui a atteint 7,2 p. 100, est le principal facteur expliquant la performance des pays développés et a aidé à contrer la baisse de 0,5 p. 100 des exportations réelles du Japon. La croissance des volumes exportés par l’Union européenne, soit 5,2 p. 100, se situe à la moyenne du monde développé. Ces régions ont toutes été touchées par des événements défavorables : l’incertitude budgétaire aux États-Unis, la crise persistante de l’endettement en Europe et le tremblement de terre au Japon, suivi d’un tsunami et de catastrophes nucléaires.

Manifestement, ces facteurs ont eu des répercussions profondes et ont influé sur la demande d’exportations des pays en développement. Mais ces derniers ont eux-mêmes été aux prises avec des facteurs défavorables. L’agitation qui a sévi dans plusieurs pays arabes et la guerre en Libye ont pesé sur les expéditions de pétrole et expliquent essentiellement la contraction de 8,3 p. 100 des exportations de l’Afrique en 2011. Les inondations en Thaïlande ont par ailleurs eu des conséquences sur la production et les exportations de ce pays, tandis que les catastrophes naturelles survenues au Japon ont provoqué des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement partout en Asie du Sud-Est.

Les économies en croissance d’Asie ont encore une fois dominé l’expansion des exportations dans le monde. L’Inde est la nation exportatrice ayant enregistré la croissance la plus rapide parmi les grands pays commerçants, ajoutant 16,1 p. 100 à ses exportations en termes réels. La Chine arrive au second rang avec un gain de 9,3 p. 100. Les nouvelles économies industrialisées (NEI) asiatiques — soit Singapour, Hong Kong, Taïwan et la Corée du Sud — ont vu leurs exportations progresser de 6,0 p. 100. La croissance des volumes exportés par les pays du CEI n’a été que de 1,8 p. 100, mais elle a atteint en moyenne 5,4 p. 100 et 5,3 p. 100 au Moyen-Orient ainsi qu’en Amérique du Sud et en Amérique centrale, respectivement. Cependant, comme les exportations de ces régions sont largement constituées de ressources, c’est leur valeur monétaire qui a sensiblement augmenté (34 p. 100, 37 p. 100 et 27 p. 100, respectivement). De même, malgré la contraction des exportations réelles de l’Afrique, elles ont progressé de 17 p. 100 en valeur.

Commerce des marchandises

Le commerce en valeur (nominale)

Après avoir enregistré une croissance de 22 p. 100 en 2010, la valeur des exportations de marchandises dans le monde a progressé de 20 p. 100 en 2011 pour atteindre le niveau record de 17,8 $É.-U. billions de dollars (tableau 2-1).

Des taux de croissance à deux chiffres des exportations et des importations nominales ont été la norme dans l’ensemble des régions et des pays, à l’exception des exportations venant du Japon, frappé par une série de catastrophes. La remontée des prix des ressources — certains retrouvant leur niveau d’avant la récession — a été le principal facteur à l’origine de l’expansion nominale du commerce mondial, alors que les volumes ont crû de seulement 5,0 p. 100. Plusieurs chocs négatifs ayant heurté la production ont influé sur le commerce, et le ralentissement de la croissance du PIB dans l’ensemble du monde a freiné l’expansion des échanges en 2011. Ces facteurs ont affecté les flux commerciaux à la fois en termes réels et en termes nominaux. Les biens manufacturés affichent habituellement les prix les plus stables et les mouvements de leurs flux réels et nominaux ont été assez similaires en 2011. Fait à noter, les échanges de biens manufacturés ont été plus robustes en début d’année, alors que se poursuivait la reprise amorcée au lendemain de la crise et la reconstitution des stocks; mais elle a ralenti vers la fin de 2011, retraitant même en territoire négatif dans le cas du matériel de bureau et de télécommunication.

Tableau 2-1a
Commerce mondial des exportations de marchandises par région et pour certains pays, 2011 (dollars US)
 ValeurPartVariation annuelle 2010Variation annuelle 2011
Monde17 779 000 000 000 $100,0 %22 %20 %
Amérique du Nord2 283 000 000 000 $12,8 %23 %16 %
États-Unis1 481 000 000 000 $8,3 %21 %16 %
Canada452 000 000 000 $2,5 %23 %17 %
Mexique350 000 000 000 $2,0 %30 %17 %
Amérique du Sud et Amérique centrale749 000 000 000 $4,2 %26 %27 %
Brésil256 000 000 000 $1,4 %32 %27 %
Europe6 601 000 000 000 $37,1 %12 %17 %
UE-276 029 000 000 000 $33,9 %12 %17 %
Allemagne1 474 000 000 000 $8,3 %12 %17 %
France597 000 000 000 $3,4 %8 %14 %
Italie523 000 000 000 $2,9 %10 %17 %
Royaume-Uni473 000 000 000 $2,7 %15 %17 %
CEI788 000 000 000 $4,4 %31 %34 %
Russie522 000 000 000 $2,9 %32 %30 %
Afrique597 000 000 000 $3,4 %29 %17 %
Moyen-Orient1 228 000 000 000 $6,9 %27 %37 %
Asie5 534 000 000 000 $31,1 %31 %18 %
Chine1 899 000 000 000 $10,7 %31 %20 %
Japon823 000 000 000 $4,6 %33 %7 %
Inde297 000 000 000 $1,7 %33 %35 %
NIE1 290 000 000 000 $7,3 %30 %16 %
Tableau 2-1b
Commerce mondial des importations de marchandises par région et pour certains pays, 2011 (dollars US)
 ValeurPartVariation annuelle 2010Variation annuelle 2011
Monde18 000 000 000 000 $100,0 %21 %19 %
Amérique du Nord3 090 000 000 000 $17,2 %23 %15 %
États-Unis2 265 000 000 000 $12,6 %23 %15 %
Canada462 000 000 000 $2,6 %22 %15 %
Mexique361 000 000 000 $2,0 %28 %16 %
Amérique du Sud et Amérique centrale727 000 000 000 $4,0 %30 %24 %
Brésil237 000 000 000 $1,3 %43 %24 %
Europe6 854 000 000 000 $38,1 %13 %17 %
UE-276 241 000 000 000 $34,7 %13 %16 %
Allemagne1 254 000 000 000 $7,0 %14 %19 %
France715 000 000 000 $4,0 %9 %17 %
Italie557 000 000 000 $3,1 %17 %14 %
Royaume-Uni636 000 000 000 $3,5 %16 %13 %
CEI540 000 000 000 $3,0 %24 %30 %
Russie323 000 000 000 $1,8 %30 %30 %
Afrique555 000 000 000 $3,1 %15 %18 %
Moyen-Orient665 000 000 000 $3,7 %13 %16 %
Asie5 568 000 000 000 $30,9 %33 %23 %
Chine1 743 000 000 000 $9,7 %39 %25 %
Japon854 000 000 000 $4,7 %26 %23 %
Inde451 000 000 000 $2,5 %36 %29 %
NIE1 302 000 000 000 $7,2 %32 %18 %

Source : Secrétariat de l’OMC

La hausse des prix pétroliers est derrière l’augmentation des exportations nominales du Moyen-Orient (37 p. 100) et des pays du CEI (34 p. 100). Les prix à l’exportation ont crû d’environ 30 p. 100 dans ces deux régions, ce qui les place en tête de liste pour la croissance des exportations en 2011.

Les exportations provenant d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale ont aussi connu une forte expansion l’an dernier, soit 27 p. 100. Le Brésil, qui est responsable d’environ le tiers de cette progression, a vu ses exportations augmenter au même rythme. Les exportations de la région, qui sont principalement liées aux ressources, ont aussi profité de la hausse des prix des produits de base en 2011.

Toutes les autres régions ont avancé au même rythme, soit entre 16 et 18 p. 100. En Asie, qui dominait le classement l’an dernier, la croissance a décéléré à 18 p. 100 — essentiellement en raison des catastrophes naturelles qui ont touché le Japon et qui ont freiné la croissance des exportations de ce pays, qui est passée de 33 p. 100 en 2010 à 7 p. 100 en 2011, touchant indirectement de nombreux autres pays de la région en raison des liens qui les unissent au sein des chaînes d’approvisionnement. Le ralentissement général de l’économie chinoise s’est traduit par une croissance de seulement 20 p. 100 en 2011, correspondant à la moyenne mondiale. Les quatre NEI asiatiques ont vu leurs exportations progresser à un taux combiné de 16 p. 100. L’Inde a enregistré une performance exceptionnelle, en réussissant à faire grimper ses exportations de 33 p. 100 en 2010 et de 35 p. 100 en 2011, le taux d’expansion le plus élevé parmi les grands pays commerçants.

Les exportations africaines, qui avaient connu une robuste croissance de 29 p. 100 en 2010, n’ont avancé que de 17 p. 100 en 2011. La guerre civile qui a fait rage en Libye a entrainé une réduction importante des exportations de pétrole de ce pays. Les métaux et minerais exportés par l’Afrique ont nourri la croissance rapide des économies asiatiques telles que l’Inde et la Chine, et sont à nouveau en demande à mesure que progresse la reprise mondiale. Ces produits de base ont vu leurs prix augmenter sensiblement l’an dernier, et compte tenu de la place dominante qu’ils occupent dans la composition des exportations du continent, ils ont produit une expansion des exportations en termes nominaux (tandis que les exportations réelles de l’Afrique fléchissaient).

Les exportations européennes ont crû à un rythme de 17 p. 100 en 2011 et l’augmentation a été assez également répartie, les exportations de l’UE-27, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni avançant de 17 p. 100. La France venait ensuite avec un taux de 14 p. 100, tandis que les exportations de la Grèce bondissaient de 42 p. 100. Dans l’ensemble, la progression des exportations européennes a subi les effets du ralentissement de la croissance économique et de la menace de nouvelles mesures d’austérité, lesquelles ont mené à une autre récession à la fin de 2011.

Les exportations nord-américaines sont celles qui ont augmenté le plus lentement parmi l’ensemble des régions en 2011, soit à un taux de 16 p. 100, avec une performance très similaire dans les trois pays. Le Canada et le Mexique ont vu leurs exportations croître un peu plus rapidement, soit de 17 p. 100, tandis que les exportations des États-Unis ont augmenté de 16 p. 100. Si l’on tient compte de l’affaiblissement du dollar américain l’an dernier, lequel s’est déprécié de 4,2 p. 100 par rapport au dollar canadien et de 1,6 p. 100 par rapport au peso mexicain, une partie de la croissance du Canada et du Mexique peut être attribuée à l’appréciation de la valeur des exportations en dollars américains.

Dans une large mesure, les importations mondiales ont évolué de façon similaire aux exportations l’an dernier. Après une expansion de 21 p. 100 en 2010, la valeur nominale des importations a progressé de 19 p. 100 pour atteindre 18,0 billions de dollars en 2011. Des taux d’augmentation dans les deux chiffres ont été observés dans l’ensemble des régions et pour les principaux pays commerçants.

Une solide expansion des importations (approchant les 30 p. 100) a été enregistrée dans les pays du CEI, facilitée par une augmentation importante des recettes tirées des exportations pétrolières de la région. La croissance des importations en Amérique du Sud et en Amérique centrale a décéléré, passant de 30 p. 100 en 2010 à 24 p. 100 l’an dernier. Au Brésil, la croissance des importations a égalé la moyenne de 24 p. 100 observée pour ce continent.

La valeur des importations en Asie a progressé de 23 p. 100, l’Inde venant en tête, avec une expansion des importations de 29 p. 100. La Chine arrivait juste derrière, avec une croissance des importations de 25 p. 100, qui marque une baisse par rapport au taux de 39 p. 100 enregistré en 2010. En dépit des difficultés éprouvées par le Japon, les importations de ce pays ont crû à la moyenne de la région, soit 23 p. 100. La croissance des importations des quatre NEI asiatiques n’a été que de 18 p. 100 en 2011, en baisse par rapport au niveau de 32 p. 100 enregistré en 2010.

Les importations en Afrique ont progressé de 18 p. 100 en 2011, ce qui dépasse le taux de 15 p. 100 enregistré l’année précédente. On observe une situation semblable au Moyen-Orient, où les importations ont crû de 16 p. 100 en 2011, soit un peu plus que le taux de 13 p. 100 observé en 2010.

La croissance des importations en Europe s’est accélérée légèrement en 2011 pour atteindre 17 p. 100 (contre 13 p. 100 l’année précédente). Considérant l’augmentation des prix des ressources — une composante fondamentale des importations européennes — la croissance globale a été très faible. La crise persistante de l’endettement souverain a continué de faire sentir ses effets sur les dépenses à l’importation, alors que les gouvernements européens déployaient des efforts pour équilibrer leur compte courant et que les mesures d’austérité freinaient la croissance — poussant même plusieurs pays près de la récession — ce qui a fait fléchir encore davantage la demande d’importations en Europe. Parmi les principales nations commerçantes, c’est en Allemagne où les importations ont le plus progressé, soit de 19 p. 100; en France, elles ont avancé à la moyenne européenne, soit 17 p. 100, tandis qu’en Italie et au Royaume- Uni, la croissance des importations a été inférieure à la moyenne — 14 p. 100 et 13 p. 100, respectivement

L’Amérique du Nord est la région ayant enregistré la plus lente croissance des importations en 2011. Les importations ont crû de 15 p. 100 au Canada et aux États-Unis, soit la moyenne de la région, tandis qu’elles augmentaient un peu plus rapidement au Mexique, à 16 p. 100. La faiblesse continue de l’économie américaine a vraisemblablement eu un effet dépresseur sur les importations dans ce pays, tandis que la croissance plus lente des importations au Canada est en partie imputable au fait que le volet ressources y est plus modeste.

Le commerce en volume (réel)

En termes réels, soit après rajustements pour tenir compte des variations des prix et des taux de change, les exportations de marchandises ont progressé au modeste taux de 5,0 p. 100 en 2011. Cela est un ralentissement considérable par rapport au taux de croissance de 13,8 p. 100 enregistré en 2010 et, bien que cette tendance n’ait pas été inattendue, l’ampleur du déclin a causé une surprise. Un certain nombre de chocs négatifs peuvent être cités pour expliquer cette situation, principalement la crise persistante de la dette souveraine en Europe, une succession de catastrophes au Japon, l’impasse au Congrès américain, la guerre civile en Libye, l’agitation dans de nombreux pays arabes et les inondations en Thaïlande. Ces événements n’ont pas touché directement le commerce, mais ils ont contribué à perpétuer l’incertitude, à fragiliser la confiance et à inciter les investisseurs, les entreprises et les consommateurs à adopter des comportements prudents. Un autre ralentissement de la croissance des échanges commerciaux est prévu en 2012.

Un outil employé pour évaluer l’expansion du commerce est la comparaison avec le PIB. Historiquement, les exportations réelles ont crû à un rythme environ deux fois plus élevé que le PIB réel — progressant même plus rapidement au cours des périodes de reprise et chutant plus rapidement lors des récessions. Alors que la production mondiale a augmenté de 2,4 p. 100 en 2011, le ratio de la croissance du commerce à celle de la production a été environ de 2:1. Ainsi, la croissance du commerce en 2011 s’est alignée sur la croissance de la production en temps normal, mais elle a été plus faible que l’on aurait pu le prévoir durant une période de reprise.

Les économies développées ont affiché une assez bonne performance, avec une croissance réelle des exportations de marchandises de 4,7 p. 100, ce qui n’est pas loin derrière les économies en développement et les pays du CEI, dont les exportations ont augmenté de 5,4 p. 100. À l’opposé, les importations des pays développés n’ont augmenté que de 2,8 p. 100, tandis que dans les économies en développement et les pays du CEI, les volumes importés augmentaient de 7,9 p. 100.

Contrastant avec une croissance des échanges commerciaux inférieure à la moyenne en termes nominaux, l’Amérique du Nord a été l’une des régions où la croissance réelle des exportations a été la plus forte, à 6,2 p. 100, en 2011. Cela s’explique par la solide performance des États-Unis (7,2 p. 100), profitant de la faiblesse du dollar américain qui a rendu les exportations de ce pays plus attrayantes. Seul le volume des exportations de l’Asie a progressé plus rapidement (6,6 p. 100), l’Inde enregistrant une croissance spectaculaire de 16,1 p. 100, tandis que la Chine et la Corée du Sud obtenaient aussi de bons résultats, avec une croissance de 9,3 p. 100 dans chaque cas. La performance des exportations asiatiques a subi les contrecoups de la situation du Japon, dont les exportations ont reculé de 0,5 p. 100 en 2011.

Le Moyen-Orient (5,4 p. 100) ainsi que l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale (5,3 p. 100) sont les autres régions où les exportations ont crû plus rapidement que la moyenne mondiale. La progression des exportations européennes s’est située à la moyenne mondiale (5,0 p. 100), tandis que les exportations des pays de l’UE-27 avançaient un peu plus rapidement, à 5,2 p. 100.

Dans un contexte hors de l’ordinaire, les exportations de l’Afrique ont subi une contraction de 8,3 p. 100, qui s’explique essentiellement par la guerre civile en Libye et la chute de près de 75 p. 100 des exportations pétrolières de ce pays. Les exportations des pays du CEI ont stagné en volume, avec un modeste gain de 1,8 p. 100 sur l’année.

Du côté des importations, des divergences statistiques ont fait en sorte que la croissance des importations mondiales réelles, à 4,9 p. 100, semble marginalement inférieure à celle des exportations mondiales réelles, qui atteint 5,0 p. 100. Les pays du CEI arrivent en tête, avec une expansion des importations de 16,7 p. 100, les hausses de volumes ayant été facilitées par une amélioration des termes de l’échange pour les exportations d’énergie et de ressources de cette région. L’Amérique du Sud et l’Amérique centrale ont vu leurs importations croître de 10,4 p. 100, tandis que l’Asie a affiché un taux de croissance supérieur à la moyenne, soit 6,4 p. 100. Les importations chinoises ont dominé la liste en Asie avec une progression de 9,7 p. 100 en termes réels; l’Inde a vu ses importations augmenter de 6,6 p. 100, tandis que les importations japonaises ont avancé de 1,9 p. 100 en volume, alors même que ce pays se remettait des catastrophes naturelles qui l’ont frappé.

Les importations au Moyen-Orient et en Afrique ont progressé au même rythme que la moyenne mondiale, soit 5,3 p. 100 et 5,0 p. 100, respectivement. Les importations en Amérique du Nord ont augmenté à un rythme légèrement inférieur à la moyenne mondiale, soit 4,7 p. 100 — les importations aux États- Unis étant celles qui ont crû le plus lentement (3,7 p. 100). Les importations au Canada ont augmenté plus rapidement, soit de 8,1 p. 100, témoignant de la résilience de la demande intérieure et d’une amélioration des termes du commerce. En Europe, les importations réelles ont stagné, n’avançant que de 2,4 p. 100 sur l’année, alors que l’expansion des importations dans l’ensemble de la zone de l’UE-27 a été encore plus lente, à 2,0 p. 100.

Prix et taux de change

Les prix des produits de base ont augmenté de manière substantielle en 2010, après s’être écroulés durant la récession. L’augmentation généralisée des prix a été soutenue par la forte demande des marchés émergents en croissance et par la reprise économique qui prenait pied. Bien que les prix de la plupart des produits de base aient continué à augmenter en 2011, les écarts de prix entre les produits sont devenus plus marqués qu’en 2010 (figure 2-1).

Les plus fortes augmentations des prix des produits de base ont été observées pour le groupe des métaux précieux : les prix de l’argent ont bondi de 74,6 p. 100, tandis que ceux de l’or avançaient de 28,1 p. 100 sur l’année. La hausse des prix des métaux précieux est à l’origine de la plus grande partie des mouvements commerciaux en 2011, tant du côté des importations que des exportations, tel que décrit plus en détail aux chapitres 4 et 5 du rapport. Dans le secteur agricole, la progression des prix a été généralisée, avec en tête le blé (47,9 p. 100) et le canola (30,4 p. 100), ce qui a gonfl é la valeur des exportations canadiennes de ces produits.

Figure 2-1
Évolution des prix des produits de base de 2010 à 2011

Équivalent textuel pour Figure 2-1
  • Bois d’oeuvre : -2 %
  • Pâte : 2 %
  • Pétrole : 20 %
  • Gaz naturel : - 8 %
  • Charbon : 22 %
  • Or : 28 %
  • Argent : 73 %
  • Aluminium : 10 %
  • Cuivre : 18 %
  • Nickel : 4 %
  • Uranium : 21 %
  • Blé : 49 %
  • Canola : 30 %

Source :TD Economics, Commodity Price Report, 29 février 2012.

Les prix des métaux et des minerais ont poursuivi leur ascension, mais plus lentement qu’en 2010, avec des hausses variant entre 30 et 50 p. 100. C’est le prix de l’uranium qui a le plus augmenté en 2011, soit de 22,8 p. 100, alors que les prix du cuivre ont progressé de 17,0 p. 100 et ceux de l’aluminium, de 10,4 p. 100. En revanche, la hausse du prix du nickel n’a été que de 5,0 p. 100.

Les cours du pétrole ont bondi de 19,7 p. 100 au cours de 2011, mais ceux du gaz naturel battaient en retraite de 9,0 p. 100. Les prix du charbon ont progressé au taux robuste de 22,6 p. 100, ce qui a contribué à gonfl er la valeur des exportations canadiennes, principalement à destination de l’Asie. Dans le secteur forestier, les prix ont stagné : celui de la pâte gagnait 2,6 p. 100 mais le prix du bois d’oeuvre cédait 3,3 p. 100Note de bas de page 5.

Selon les indices de prix sectoriels de la Banque du Canada fondés sur la production canadienne et les ventes sur les marchés mondiaux, le prix des produits énergétiques canadiens a progressé de 10,6 p. 100 en 2011. Les prix des métaux et minéraux ont avancé de 14,7 p. 100, ceux des produits de la forêt ont peu varié, tandis que les prix des produits agricoles bondissaient de 34,8 p. 100Note de bas de page 6. Lorsque les prix des produits de base sont pondérés en fonction de la production canadienne, on constate que l’indice a augmenté de 12,9 p. 100 l’an dernier, et de 16,7 p. 100 en excluant l’énergie. Une telle situation, c’est-à-dire lorsque les prix énergétiques entraînent à la baisse l’augmentation globale des prix des produits de base, est inhabituelle et peut essentiellement s’expliquer par le prix relativement moins élevé du pétrole produit au Canada l’an dernier (l’encadré sur les prix du pétrole WTI et du pétrole Brent, au chapitre 3).

Les prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) ont entrepris l’année à 89,54 $É.-U. le baril. Une progression continue durant les quatre premiers mois de l’année a porté ces prix à un niveau 25 p. 100 plus élevé, soit 112,30 $É.-U. le baril à la fi n d’avril. Toutefois, les prix se sont lentement détériorés par la suite pour descendre à un peu moins de 100 $É.-U. le baril à la fin de juillet, suivi d’une baisse soudaine des prix du pétrole, à 82,86 $É.-U. à la mi-août; les prix sont demeurés autour de 80 $É. U. jusqu’au début d’octobre. Une hausse soutenue au cours des trois derniers mois de l’année a ramené les prix pétroliers autour de 100 $É.-U. le baril; le dernier prix enregistré, soit le 30 décembre 2011 était de 99,81 $É.-U. le baril. Globalement, le prix du pétrole WTI a progressé de 11 p. 100 en 2011 selon la U.S. Energy Information AdministrationNote de bas de page 7.

Les prix de l’or ont atteint en moyenne 1 571,97 $É.-U. l’once troy en 2011, ce qui représente une hausse de 28 p. 100 par rapport au niveau de 1 224,52 $É.-U. enregistré en 2010. Les prix ont fluctué dans une large bande, allant de 1 319,00 $É.-U. en janvier 2011 à 1 895,00 $É.-U. en septembre. L’or valait 1 531,00 $É.-U. l’once troy en fin d’annéeNote de bas de page 8.

Des fluctuations importantes des taux de change ont influé sur les valeurs du commerce mondial en 2011. Les forts mouvements observés pour certaines devises clés, comme le franc suisse et le réal brésilien, ont suscité un déplacement des termes de l’échange pour ces nations commerçantes et eu des effets réels sur les politiques économiques et commerciales. Par ailleurs, la dépréciation du dollar américain, qui a atteint près de 5 p. 100 par rapport à un panier pondéré d’autres monnaies, a non seulement stimulé une forte expansion des exportations américaines, mais a gonflé les valeurs des transactions internationales exprimées en dollars nominaux. Le dollar américain s’est déprécié de 4,8 p. 100 par rapport à l’euro, de 10,1 p. 100 par rapport au yen japonais, de 3,7 p. 100 par rapport à la livre britannique, de 4,7 p. 100 par rapport au yuan chinois et de 4,2 p. 100 par rapport au dollar canadien.

Selon les statistiques mensuelles du taux de change moyen tenues par la Banque du Canada, le dollar canadien a débuté l’année à parité avec le dollar américain (1,006 $É.-U. en janvier), et a augmenté progressivement pour atteindre un sommet de 1,044 $É.-U. en avril; il est ensuite retombé à 1,024 $É.-U. en juin, avant de remonter à nouveau à 1,047 $É.-U. en juillet. Après le règlement de la crise sur le plafond d’endettement aux États- Unis, le dollar canadien a progressivement reculé pour atteindre 0,981 $É.-U. en octobre; par la suite, aucun mouvement important n’a été observé et le dollar canadien a terminé l’année à 0,977 $É.-U. (moyenne mensuelle de décembre)Note de bas de page 9.

Classement des pays selon la valeur du commerce

Pour la troisième année d’affilée, la Chine a été le premier exportateur de marchandises dans le monde avec des exportations de 1 899 milliards de dollars. Sa part des exportations mondiales est toutefois demeurée à 10,4 p. 100, puisque la croissance des exportations chinoises a égalé la moyenne mondiale, soit 20 p. 100.

Tableau 2-2a
Principaux exportateurs dans le commerce mondial des marchandises, 2011 (dollars US)
 2011 Classement2010 Classement2011 Valeur2011 Part
Chine111 899 000 000 000 $10,4 %
États-Unis221 481 000 000 000 $8,1 %
Allemagne331 474 000 000 000 $8,1 %
Japon44823 000 000 000 $4,5 %
Pays-Bas55660 000 000 000 $3,6 %
France66597 000 000 000 $3,3 %
Corée du Sud77555 000 000 000 $3,0 %
Italie88523 000 000 000 $2,9 %
Russie912522 000 000 000 $2,9 %
Belgique109476 000 000 000 $2,6 %
Canada1313452 000 000 000 $2,5 %
Tableau 2-2b
Principaux importateurs dans le commerce mondial des marchandises, 2011 (dollars US)
 2011 Classement2010 Classement2011 Valeur2011 Part
États-Unis112 265 000 000 000 $12,3 %
Chine221 743 000 000 000 $9,5 %
Allemagne331 254 000 000 000 $6,8 %
Japon44854 000 000 000 $4,6 %
France55715 000 000 000 $3,9 %
Royaume-Uni66636 000 000 000 $3,5 %
Pays-Bas77597 000 000 000 $3,2 %
Italie88557 000 000 000 $3,0 %
Corée du Sud910524 000 000 000 $2,9 %
Hong Kong109511 000 000 000 $2,8 %
Canada1111462 000 000 000 $2,5 %

Source : Secrétariat de l’OMC

Les États-Unis occupaient le 2e rang au classement, tout juste devant l’Allemagne, avec des exportations totales d’une valeur de 1 481 milliards de dollars, contre 1 474 milliards de dollars pour ce dernier pays. La part des exportations mondiales de chacun de ces pays a fléchi à 8,1 p. 100 en 2011.

Le Japon arrivait loin derrière, au 4e rang, avec des exportations évaluées à 823 milliards de dollars, ce qui est moins de la moitié des exportations de la Chine. Une croissance relativement lente en 2011 a fait fléchir la part des exportations mondiales détenues par le Japon de 5,1 p. 100 à 4,5 p. 100.

Les exportations en provenance des Pays-Bas (660 milliards de dollars) et de la France (597 milliards de dollars) ont permis à ces pays de conserver le 5e et le 6e rang, respectivement, bien que leur part individuelle ait également fléchi sur l’année. La part des exportations mondiales détenue par les Pays-Bas est passée de 3,8 p. 100 en 2010 à 3,6 p. 100 en 2011, tandis que celle de la France glissait de 3,4 p. 100 à 3,3 p. 100 sur la même période.

p. 100 sur la même période. La Corée du Sud occupe toujours le 7e rang, qu’elle a acquis en 2010, avec des exportations évaluées à 555 milliards de dollars; toutefois, la part des exportations mondiales détenue par ce pays a fléchi de 3,1 p. 100 en 2010 à 3,0 p. 100 en 2011.

L’Italie est parvenue à conserver le 8e rang, avec des exportations de 523 milliards de dollars, tenant tête à la Russie, dont les exportations ont bondi de la 12e à la 9e place en 2011, pour atteindre 522 milliards de dollars. Ces deux pays détiennent chacun 2,9 p. 100 des exportations mondiales.

La Belgique est descendue au 10e rang, avec des exportations de 476 milliards de dollars, soit 2,6 p. 100 du total mondial. Le Canada est demeuré en 13e place, à courte distance du 10e rang, avec des exportations de 452 milliards de dollars; sa part des exportations mondiales atteint 2,5 p. 100.

Du côté des importations, le classement est également demeuré stable. Les États-Unis continuent de dominer le tableau avec des importations évaluées à 2 265 milliards de dollars, bien que la part des importations mondiales allant vers ce pays ait reculé, passant de 12,8 p. 100 à 12,3 p. 100 en 2011. La Chine demeure au second rang avec des importations de 1 743 milliards de dollars (9,5 p. 100 du total mondial), tandis que l’Allemagne arrive au 3e rang avec des importations d’une valeur de 1 254 milliards de dollars (6,8 p. 100).

Le Japon, qui occupe aussi la 4e place du côté des importations, a importé des marchandises pour une valeur de 854 milliards de dollars, haussant sa part des importations mondiales à 4,6 p. 100. La France est demeurée en 5e position avec des importations de 715 milliards de dollars et une part des importations mondiales inchangée à 3,9 p. 100. Le Royaume-Uni arrive en 6e place, avec une part de 3,5 p. 100 des importations mondiales, tandis que les Pays-Bas occupent le 7e rang (3,2 p. 100). L’Italie demeure en 8e position avec une part des importations mondiales de 3,0 p. 100.

Les importations de la Corée du Sud ont dépassé celles de Hong Kong, permettant à ce pays d’enlever le 9e rang, avec des importations totales de 524 milliards de dollars (2,9 p. 100). Hong Kong complète la liste des 10 principaux pays, avec des importations évaluées à 511 milliards de dollars (2,8 p. 100), suivi du Canada avec des importations de 462 milliards de dollars (2,5 p. 100 du total).

Commerce des services

Les exportations de services dans le monde ont progressé à un rythme de 11 p. 100 en 2011, atteignant 4 150 milliards de dollars américains, après avoir bénéficié d’une expansion similaire en 2010, soit 10 p. 100 (tableau 2-3).

Selon l’OMC, la part des services dans les échanges totaux (de biens et services), sur la base de la balance des paiements, a reculé à 18,6 p. 100 en 2011, la proportion la plus faible depuis 1990. Cela est partiellement attribuable au fait que la reprise a engendré une croissance plus rapide des échanges de biens, parce que ces derniers sont généralement plus sensibles aux cycles économiques. La hausse des prix des produits de base a aussi contribué à hausser sensiblement la valeur des échanges de marchandises et est donc partiellement responsable de la baisse de la part des services dans le commerce total.

Tableau 2-3a
Commerce mondial des exportations de services par région et pour certains pays, 2011 (dollars US)
 ValeurPartVariation annuelle 2010Variation annuelle 2011
Monde4 150 000 000 000 $100,0 %10 %11 %
Amérique du Nord668 000 000 000 $16,1 %9 %10 %
États-Unis578 000 000 000 $13,9 %9 %11 %
Canada74 000 000 000 $1,8 %15 %10 %
Mexique15 000 000 000 $0,4 %5 %0 %
Amérique du Sud et Amérique centrale130 000 000 000 $3,1 %15 %14 %
Brésil37 000 000 000 $0,9 %15 %21 %
Europe1 964 000 000 000 $47,3 %4 %10 %
UE-271 762 000 000 000 $42,5 %4 %10 %
Allemagne253 000 000 000 $6,1 %3 %9 %
France161 000 000 000 $3,9 %1 %11 %
Italie107 000 000 000 $2,6 %3 %9 %
Royaume-Uni274 000 000 000 $6,6 %2 %11 %
CEI96 000 000 000 $2,3 %13 %20 %
Russie54 000 000 000 $1,3 %8 %22 %
Afrique85 000 000 000 $2,0 %11 %0 %
Moyen-Orient111 000 000 000 $2,7 %6 %10 %
Asie1 096 000 000 000 $26,4 %23 %12 %
Chine182 000 000 000 $4,4 %32 %7 %
Japon143 000 000 000 $3,4 %10 %3 %
Inde148 000 000 000 $3,6 %33 %20 %
NEI386 000 000 000 $9,3 %21 %12 %
Tableau 2-3b
Commerce mondial des exportations de services par région et pour certains pays, 2011 (dollars US)
 ValeurPartVariation annuelle 2010Variation annuelle 2011
Monde3 865 000 000 000 $100,0 %10 %10 %
Amérique du Nord516 000 000 000 $13,4 %8 %8 %
États-Unis391 000 000 000 $10,1 %6 %6 %
Canada99 000 000 000 $2,6 %15 %10 %
Mexique25 000 000 000 $0,6 %8 %16 %
Amérique du Sud et Amérique centrale163 000 000 000 $4,2 %23 %18 %
Brésil73 000 000 000 $1,9 %36 %22 %
Europe1 605 000 000 000 $41,5 %3 %8 %
UE-271 480 000 000 000 $38,3 %2 %4 %
Allemagne284 000 000 000 $7,3 %3 %8 %
France141 000 000 000 $3,6 %2 %7 %
Italie115 000 000 000 $3,0 %1 %5 %
Royaume-Uni171 000 000 000 $4,4 %1 %7 %
CEI133 000 000 000 $3,4 %19 %21 %
Russie90 000 000 000 $2,3 %22 %24 %
Afrique149 000 000 000 $3,9 %10 %9 %
Moyen-Orient210 000 000 000 $5,4 %9 %10 %
Asie1 091 000 000 000 $28,2 %21 %14 %
Chine236 000 000 000 $6,1 %22 %23 %
Japon165 000 000 000 $4,3 %6 %6 %
Inde130 000 000 000 $3,4 %45 %12 %
NEI305 000 000 000 $7,9 %19 %9 %

Sources : Secrétariat de l’OMC et calculs de l’auteur

La région du CEI est celle qui a vu ses exportations de services commerciaux croître le plus rapidement l’an dernier, soit à un taux de 20 p. 100. Les exportations en provenance de pays du CEI ont avancé à 96 milliards de dollars, stimulées par une croissance généralisée de 22 p. 100 des exportations de services de la Russie, qui ont atteint 54 milliards de dollars. Il y a eu aussi une forte croissance (14 p. 100) des exportations de services de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale, qui ont atteint 130 milliards de dollars. Le Brésil est responsable de plus du quart des exportations de services de la région, avec un gain de 21 p. 100, à 37 milliards de dollars.

Les exportations de services de l’Asie ont augmenté de 12 p. 100 en 2011 pour atteindre 1 096 milliards de dollars. Le taux de croissance de 20 p. 100 enregistré par l’Inde a permis à ce pays de prendre la tête du peloton, les exportations de services de transport et de voyage enregistrant une croissance particulièrement robuste. La valeur des exportations de services de l’Inde (148 milliards de dollars) a dépassé celle du Japon (143 milliards de dollars), qui a inscrit une légère hausse de 3 p. 100 en 2011. Les services de transport japonais, en particulier les services de voyage, étaient clairement en déclin. Par contre, les exportations de services de la Chine ont augmenté à un taux plus modéré de 7 p. 100 pour atteindre 182 milliards de dollars, l’augmentation la plus importante en valeur. Les quatre NEI asiatiques ont vu leurs exportations grimper de 12 p. 100, pour s’établir à 386 milliards de dollars. Les taux de croissance des exportations de services dans l’ensemble des régions ont été beaucoup plus faibles que ceux observés en 2010, alors que se poursuivait le rétablissement des liens fragilisés au sein des réseaux commerciaux dans le monde.

Les exportations de services de l’Afrique n’ont pas progressé en 2011, ce qui est essentiellement attribuable à l’agitation civile en Tunisie et en Égypte, dont les exportations ont diminué de 20 p. 100 et de 19 p. 100, respectivement. À 85 milliards de dollars, l’Afrique demeure la région qui exporte le moins de services. Par ailleurs, les exportations de services du Moyen-Orient ont augmenté de 10 p. 100 pour atteindre 111 milliards de dollars.

La croissance en Europe a égalé celle de l’Amérique du Nord (10 p. 100). En Europe, le Royaume-Uni a vu ses exportations progresser de 11 p. 100 et a devancé l’Allemagne au second rang des pays exportateurs de services, après les révisions apportées à son poste d’exportation le plus important, celui des autres services commerciaux et financiers. Les exportations totales ont atteint 274 milliards de dollars au Royaume-Uni et 253 milliards de dollars en Allemagne, ce qui équivaut, dans ce dernier cas, à un taux de croissance de 9 p. 100. En France, les exportations de services ont progressé de 11 p. 100 pour atteindre 161 milliards de dollars, tandis qu’en Italie, elles ont augmenté de 9 p. 100, à 107 milliards de dollars.

Les États-Unis ont accru leurs exportations de services de 11 p. 100, devançant tout juste le Canada, où le taux de croissance des exportations de services a atteint 10 p. 100. Il n’y a eu aucune croissance des exportations de services au Mexique.

Du côté des importations, les pays du CEI arrivaient en tête avec les importations de services en hausse de 21 p. 100, à 133 milliards de dollars. Une augmentation généralisée des importations de 24 p. 100 en Russie, à 90 milliards de dollars, est à l’origine de cette augmentation. En Amérique du Sud et en Amérique centrale, les importations de services ont progressé de 18 p. 100, à 163 milliards de dollars, sous l’effet d’une hausse de 22 p. 100 des importations brésiliennes, à 73 milliards de dollars.

Les importations de services en Asie ont crû globalement de 14 p. 100, stimulées par l’augmentation de 23 p. 100 des importations en Chine. Au total, les importations ont atteint 1 091 milliards de dollars, la Chine accaparant une part de 236 milliards de dollars. La croissance des importations en Inde a été plus lente, à 12 p. 100, tandis qu’au Japon, elle n’a été que de 6 p. 100. Les quatre NEI asiatiques ont vu leurs importations de services progresser globalement de 9 p. 100. Au Moyen-Orient, les importations étaient en hausse de 10 p. 100, à 210 milliards de dollars, tandis qu’en Afrique, elles progressaient de 9 p. 100, pour s’établir à 149 milliards de dollars.

Tableau 2-4
Exportations mondiales de services, 2011 (dollars US)
 ExportationsPartCroissance en 2011Croissance en 2010Croissance 2005-2011
Ensemble des services4 149 000 000 000 $100,0 %11 %10 %9 %
Transports855 000 000 000 $20,6 %8 %15 %7 %
Voyages1 063 000 000 000 $25,6 %12 %9 %7 %
Services commerciaux2 228 000 000 000 $53,7 %11 %8 %10 %

Source : Secrétariat de l’OMC

L’Europe et l’Amérique du Nord demeurent des exportateurs nets de services; leurs parts des importations atteignent, respectivement, 41,5 p. 100 et 13,4 p. 100, ce qui se compare à des parts des exportations de 47,3 p. 100 et 16,1 p. 100 respectivement. En Europe, les importations de services ont avancé de 8 p. 100 en 2011, atteignant 1 605 milliards de dollars. L’Allemagne est le principal importateur de services en Europe et ces importations ont augmenté de 8 p. 100 pour atteindre 284 milliards de dollars. Les importations en France et au Royaume-Uni ont progressé de 7 p. 100 dans chaque cas, tandis qu’en l’Italie elles n’ont avancé que de 5 p. 100.

Les États-Unis ont vu leurs importations de services augmenter de seulement 6 p. 100, à 391 milliards de dollars, ce qui a permis à ce pays de renforcer son solde commercial positif au chapitre des échanges de services. Les importations de services au Canada ont crû plus rapidement, soit à un rythme de 10 p. 100, tandis que le Mexique venait au premier rang de la région avec un taux de croissance de 16 p. 100 à ce poste.

Globalement, les services de transport ont été la sous-catégorie où la croissance a été la plus lente en 2011, avec un gain de seulement 8 p. 100. Les services commerciaux ont avancé de 11 p. 100, tandis que les services de voyage étaient en hausse de 12 p. 100. La lenteur de la croissance des services de transport pourrait s’expliquer en partie par la croissance léthargique des volumes d’échanges de biens dans le monde et par l’excédent de capacité de transport maritime, qui a entraîné à la baisse les recettes du secteur du transport maritime, comme en témoigne le recul du Baltic Dry Index. Au cours des six dernières années, la croissance des trois principales composantes des services a été plus équilibrée, les services commerciaux bénéficiant de la progression la plus rapide, soit 10 p. 100, le reste progressant à un taux de 7 p. 100.

Principaux participants au commerce des services en valeur

En 2011, les États-Unis ont été le plus important acteur dans le commerce mondial des services, tant du côté des exportations que du côté des importations. Ce pays a exporté pour une valeur de 578 milliards de dollars de services, soit 13,9 p. 100 du total mondial, tandis que ses importations de services ne représentaient que 391 milliards de dollars, soit 10,1 p. 100 du total. Les exportations de services ayant été supérieures aux importations par une marge de 187 milliards de dollars, les États-Unis ont aussi enregistré le plus important excédent dans le commerce des services dans le monde.

Le Royaume-Uni a supplanté l’Allemagne au second rang des exportateurs de services, avec une valeur exportée de 274 milliards de dollars, soit 6,6 p. 100 du total mondial. L’Allemagne arrivait au 3e rang avec des exportations de services de 253 milliards de dollars et une part de 6,1 p. 100. La Chine et la France suivaient avec des exportations de services de 182 milliards de dollars (4,4 p. 100) et de 161 milliards de dollars (3,9 p. 100), pour occuper les 4e et 5e places, respectivement.

L’Inde a fait un bond de quatre places au classement pour occuper le 6e rang, grâce à une expansion de 20 p. 100 de ses exportations de services, qui ont atteint 148 milliards de dollars, correspondant à 3,6 p. 100 du total mondial. Le Japon, avec des exportations de services de 143 milliards de dollars et l’Espagne, à 141 milliards de dollars, ont glissé d’un échelon chacun au classement, pour occuper les 7e et 8e positions, respectivement. Les Pays-Bas sont passés devant Singapour pour enlever le 9e rang, avec des exportations de services de 128 milliards de dollars. Singapour a reculé de deux positions au classement, passant de la 8e à la 10e place, avec des exportations totales de 125 milliards de dollars, soit une part de 3,0 p. 100 des exportations mondiales de services. Le Canada arrivait au 18e rang avec des exportations de services de 74 milliards de dollars, représentant 1,8 p. 100 du total mondial.

Du côté des importations, aucun mouvement n’a été observé dans les 10 premières places du classement. L’Allemagne occupait le second rang avec des importations de services de 284 milliards de dollar, soit 7,3 p. 100 du total. La Chine arrivait en 3e place, avec des importations de 236 milliards de dollars. Le Royaume-Uni (171 milliards de dollars), le Japon (165 milliards de dollars) et la France (141 milliards de dollars) occupaient les 4e, 5e et 6e positions, tandis que l’Inde arrivait tout juste derrière avec des importations d’une valeur de 130 milliards de dollars. Les Pays- Bas, l’Italie et l’Irlande venaient compléter la liste des 10 plus grands importateurs, avec des totaux de 118 milliards de dollars, 115 milliards de dollars et 113 milliards de dollars, respectivement. Le Canada a gravi un échelon, passant de la 13e à la 12e place en 2011, grâce à une expansion de ses importations de services à 99 milliards de dollars, soit 2,5 p. 100 du total mondial.

Tableau 2-5a
Principaux exportateurs de services dans le monde, 2011 (dollars US)
 2011 Rang2010 Rang2011 Valeur2011 Part
États-Unis11578 000 000 000 $13,9 %
Royaume-Uni23274 000 000 000 $6,6 %
Allemagne32253 000 000 000 $6,1 %
Chine44182 000 000 000 $4,4 %
France55161 000 000 000 $3,9 %
Inde610148 000 000 000 $3,6 %
Japon76143 000 000 000 $3,4 %
Espagne87141 000 000 000 $3,4 %
Pays-Bas99128 000 000 000 $3,1 %
Singapour108125 000 000 000 $3,0 %
Canada181874 000 000 000 $1,8 %
Tableau 2-5b
Principaux importateurs de services dans le monde, 2011 (dollars US)
 2011 Rang2010 Rang2011 Valeur2011 Part
États-Unis11391 000 000 000 $10,1 %
Allemagne22284 000 000 000 $7,3 %
Chine33236 000 000 000 $6,1 %
Royaume-Uni44171 000 000 000 $4,4 %
Japon55165 000 000 000 $4,3 %
France66141 000 000 000 $3,6 %
Inde77130 000 000 000 $3,4 %
Pays-Bas88118 000 000 000 $3,1 %
Italie99115 000 000 000 $3,0 %
Irlande1010113 000 000 000 $2,9 %
Canada121399 000 000 000 $2,6 %

Source : Secrétariat de l’OMC

3. La performance économique du Canada

Figure 3-1
Projection du solde budgétaire du Canada, 2010/11-2016/17

Équivalent textuel pour Figure 3-1
  • 2010-2011 : -33 400 000 000 $
  • 2011-2012 : -24 900 000 000 $
  • 2012-2013 : -21 100 000 000 $
  • 2013-2014 : -10 200 000 000 $
  • 2014-2015 : -1 300 000 000 $
  • 2015-2016 : 3 400 000 000 $
  • 2016-2017 : 7 800 000 ,000 $

Données : Ministère des Finances
Source : Bureau de l’économiste en chef, MAECI

Au cours de 2011, l’économie canadienne a poursuivi sur le sentier de la reprise en dépit d’une conjoncture mondiale plus difficile, la production aux États-Unis et en Union européenne n’ayant progressé que de 1,7 p. 100 et 1,6 p. 100, respectivement. L’activité économique s’est contractée au second trimestre et a été léthargique au quatrième trimestre, reflétant les chocs externes provoqués par les catastrophes naturelles au Japon, l’essoufflement de la reprise aux États-Unis et l’escalade de la crise dans la zone euro. La croissance au Canada en 2011 est essentiellement attribuable à la vitalité de certains facteurs intérieurs. L’investissement et la confiance des entreprises ont augmenté et un grand nombre de nouveaux emplois sont venus s’ajouter en cours d’année, menant l’emploi à un niveau supérieur au sommet pré-récession. Alors que le secteur manufacturier ne fonctionne encore qu’à environ les quatre cinquièmes de sa capacité, la Banque du Canada a pratiqué une politique monétaire souple qui n’a pas été gênée par des préoccupations inflationnistes. Une conséquence négative de la longue période de bas taux d’intérêts au Canada est le niveau record d’endettement des ménages; en effet, le ratio des dettes de consommation au revenu disponible dépasse maintenant 150 p. 100.

La solide performance commerciale et économique du Canada s’est traduite en une situation budgétaire plus saine. Selon le budget de 2012 récemment publié, le déficit pour l’année financière 2011-2012 devrait s’établir à 24,9 milliards de dollars — ce qui est 7,4 milliards de dollars inférieur aux prévisions publiées dans le budget de 2011 — grâce à une croissance plus forte que prévue des recettes fiscales. En dépit des déficits projetés au cours des prochaines années, le Canada garde le cap pour atteindre un budget équilibré à moyen terme. Le Canada peut se targuer d’avoir la situation budgétaire la plus robuste au sein du G-7 et, selon les projections du FMI, le ratio d’endettement net total au PIB au Canada demeurera le plus bas des pays du G-7, aux environs du tiers de la moyenne des pays du G-7 en 2016.

Le produit intérieur brut

Figure 3-2
Croissance du PIB réel canadien, 2007-2011

Équivalent textuel pour Figure 3-2
  • 2007 : 2,2 %
  • 2008 : 0,7 %
  • 2009 : -2,8 %
  • 2010 : 3,2 %
    • T1 : 1,4 %
    • T2 : 0,6 %
    • T3 : 0,6 %
    • T4 : 0,8 %
  • 2011 : 2,5 %
    • T1 : 0,9 %
    • T2 : -0,2 %
    • T3 : 1,0 %
    • T4 : 0,4 %

Source : Statistique Canada

Le PIB réel du Canada s’est contracté de 2,8 p. 100 en 2009 sous l’effet de la récession mondiale, mais l’activité économique a rebondi en 2010 pour inscrire un taux de croissance de 3,2 p. 100 (figure 3-2). En 2011, le PIB réel a poursuivi sa remontée, mais à un rythme plus lent, gagnant 2,5 p. 100 sur l’ensemble de l’année. Il y a eu contraction au second trimestre dans le contexte économique difficile en Europe, au Japon et aux États-Unis, qui a suscité une incertitude considérable. Toutefois, la croissance a repris dans la seconde moitié de l’année alors que les perspectives se sont éclaircies. La croissance a ralenti à nouveau au quatrième trimestre avec la résurgence de la crise dans la zone euro.

Contributions à la croissance du PIB réel

L’analyse des composantes du PIB du côté des dépenses (figure 3-3) révèle que la plus grande partie de la croissance du PIB en 2011 est due à une augmentation des dépenses des entreprises, dont l’apport à l’augmentation des dépenses réelles a atteint 1,79 point de pourcentage (près des trois quarts du total). L’investissement des entreprises a progressé à un bon rythme en 2011, atteignant 10,2 p. 100 sur l’année.

Figure 3-3
Contribution à la croissance du PIB réel, 2007-2011

Équivalent textuel pour Figure 3-3
Contribution à la croissance du PIB réel
 20072008200920102011
Dépenses des consommateurs2,563 %1,624 %0,143 %2,014 %1,288 %
Dépenses des entreprises0,554 %0,025 %-4,083 %2,073 %1,787 %
Dépenses des gouvernements0,728 %1,071 %0,985 %1,222 %0,166 %
Exportations nettes-1,541 %-2,071 %0,187 %-2,12 %-0,719 %

Source : Statistique Canada

L’essentiel de la croissance de l’investissement des entreprises provient de la catégorie de l’investissement en machines et matériel, en hausse de 13,7 p. 100. L’expansion de l’investissement en machines industrielles a été particulièrement robuste, avec un taux de 23,4 p. 100. Il y a eu aussi une progression rapide du côté des ordinateurs et autre matériel de bureau (19,6 p. 100), des camions (19,4 p. 100) et des machines agricoles (18,7 p. 100). En revanche, l’investissement dans les meubles (5,4 p. 100), les logiciels (3,5 p. 100) et les voitures (0,7 p. 100) a crû à un rythme plus modeste.

L’investissement des entreprises en structures non résidentielles (usines de fabrication) a augmenté au même rythme que l’investissement en machines et matériel (13,7 p. 100). L’investissement en ouvrages de génie civil a soutenu cette croissance, avec un gain de 17,2 p. 100, tandis que l’investissement dans les bâtiments progressait plus lentement, à 4,6 p. 100.

L’investissement en structures résidentielles n’a augmenté que de 2,3 p. 100 en 2011, ce qui représente un ralentissement marqué par rapport au taux de croissance de 10,1 p. 100 enregistré en 2010. L’augmentation de la valeur des nouvelles constructions résidentielles (1,6 p. 100) et des rénovations (1,7 p. 100) a été inférieure à la hausse des coûts de transfert de propriété (5,5 p. 100). Les ventes de nouveaux logements (y compris les terrains), étaient en baisse de 5,4 p. 100 l’an dernier, les ventes d’habitations unifamiliales ayant reculé le plus, soit de 7,3 p. 100. Les ventes de bâtiments à logements multiples ont par ailleurs subi une contraction de 2,1 p. 100.

La reconstitution des stocks s’est poursuivie avec plus de vigueur que l’année précédente et l’investissement des entreprises à ce poste a gagné 36,2 p. 100 en 2011. L’investissement des entreprises dans les stocks non agricoles a progressé de 21,9 p. 100 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 9,1 milliards de dollars; la plus grande partie de cette augmentation est survenue dans le secteur du commerce de gros, qui a bondi de 92,0 p. 100. Les stocks de biens durables et non-durables au niveau du gros ont bénéficié d’une expansion considérable, qui a toutefois été atténuée par la baisse des stocks de véhicules automobiles au niveau du détail. Les stocks de biens durables dans le secteur manufacturier ont progressé de 13,4 p. 100, tandis que les stocks de biens non durables dans le même secteur reculaient de 8,6 p. 100. Les stocks agricoles ont augmenté à 1,5 milliard de dollars, la croissance des stocks de grains venant en tête.

Les dépenses personnelles réelles en biens et services de consommation ont ralenti en 2011, avec une augmentation de seulement 2,2 p. 100. Cela s’est néanmoins traduit par une contribution de 1,29 p. 100 à la croissance du PIB réel, ce qui est inférieur au niveau de 2,01 points de pourcentage fourni l’année précédente. La croissance dans cette catégorie a été dominée par les dépenses consacrées aux services, en expansion de 3,0 p. 100. Cette croissance s’est traduite par une contribution de 0,98 point de pourcentage à la croissance du PIB réel, ce qui est aussi inférieur à la contribution de 1,20 point de pourcentage observée en 2010. La croissance des biens durables, des biens semi-durables et des biens non durables a été plus faible, avec des taux de 1,1 p. 100, 1,7 p. 100 et 1,0 p. 100, respectivement. Tous ces éléments ont fait une contribution à la croissance du PIB réel inférieure à celle de l’année précédente, et la contribution totale provenant des biens n’a atteint que 0,31 point de pourcentage, comparativement à 0,81 point de pourcentage en 2010.

Parmi les principaux secteurs, les dépenses réelles de consommation ont augmenté le plus dans le secteur des vêtements et chaussures en 2011, avec un gain de 4,4 p. 100, représentant 1,9 milliard de dollars. Les dépenses consacrées aux meubles, aux articles d’ameublement, ainsi qu’au matériel et à l’entretien des ménages sont celles qui ont progressé le plus lentement parmi les principaux secteurs, soit de 0,4 p. 100 seulement (0,3 milliard de dollars). Si l’on examine la progression des dépenses par sous-secteur, c’est dans celui du gaz naturel qu’elle a été la plus forte (6,2 p. 100), suivi des autres carburants (5,6 p. 100), des vêtements pour femmes et enfants (5,6 p. 100), des services de transport achetés (5,2 p. 100) et du solde net des dépenses à l’étranger (9,8 p. 100). Par contre, il y a eu diminution des dépenses consacrées aux véhicules neufs et usagés en 2011 (baisse de 0,4 p. 100), des produits du tabac (1,2 p. 100), des articles d’ameublement semidurables (0,4 p. 100), du matériel de lecture et de divertissement (2,2 p. 100), des services récréatifs (1,4 p. 100) et des effets personnels (4,3 p. 100).

La contribution du gouvernement à la croissance du PIB réel a atteint son niveau le plus bas en cinq ans, à 0,17 p. 100. Le total des dépenses et des investissements gouvernementaux n’a progressé que de 0,5 p. 100 en 2011. Une diminution de 2,9 p. 100 de l’investissement gouvernemental, qui a retranché 0,12 point de pourcentage au PIB, a été compensée par une hausse de 1,2 p. 100 des dépenses gouvernementales en biens et services, qui ont fait un apport de 0,28 point de pourcentage à la croissance du PIB réel.

Les exportations et les importations nettes de biens et services ont augmenté de 4,4 p. 100 et de 6,5 p. 100, respectivement. La croissance plus lente des exportations a ramené la contribution de ce poste au PIB à 1,33 point de pourcentage en 2011, contre 1,83 point de pourcentage en 2010. Cependant, la contribution négative des importations réelles a diminué encore plus, passant de 3,95 points de pourcentage en 2010 à 2,05 points de pourcentage en 2011. En conséquence, le commerce a agi comme un frein sur la croissance l’an dernier, mais dans une mesure beaucoup plus limitée qu’au cours de trois des quatre années précédentes : la contribution nette des exportations a été négative (0,72 p. 100) l’an dernier, mais cela représentait une amélioration par rapport à la contribution négative de 2,12 p. 100 enregistrée en 2010.

Les volumes de biens et services exportés ont augmenté de 19,4 milliards de dollars en 2011. La plus grande partie de cette hausse (plus de 96 p. 100) est attribuable à l’augmentation des exportations de biens, qui s’est répartie entre quatre grands secteurs : les machines et le matériel, les biens et matériaux industriels, les produits de l’automobile et les produits énergétiques, dans cet ordre. Les services commerciaux ont occupé une place importante dans les exportations de services, représentant plus de la moitié de l’augmentation globale de 0,9 milliard de dollars survenue à ce poste.

Les volumes de biens et services importés ont progressé de 37,1 milliards de dollars en 2011. À l’instar des exportations, la plus grande partie de la croissance est attribuable à l’augmentation des importations de biens (en hausse de 31,3 milliards de dollars, soit 84,3 p. 100 de l’augmentation totale), bien que la contribution des biens ait moins dominé que dans le cas des exportations. Les gains étaient concentrés dans le secteur des machines et du matériel (22,3 milliards de dollars, soit 71,2 p. 100 de l’augmentation totale des importations de biens). Les gains du côté des biens et matériaux industriels (5,2 milliards de dollars) et des produits de l’automobile (4,7 milliards de dollars) ont aussi été notables. Les importations de services ont augmenté de 5,7 p. 100 en termes réels, gagnant 5,8 milliards de dollars. Les services de voyage représentent la catégorie qui a contribué le plus à cette hausse, avec un apport de 2,3 milliards de dollars, tandis que les services de transport et les services commerciaux se répartissaient le reste à parts presque égales.

Le PIB par activité industrielle

Les activités industrielles ont progressé de 2,6 p. 100 en 2011 et la croissance la plus forte a été enregistrée dans la production des biens (3,5 p. 100) contre 2,2 p. 100 du côté de la production de services.

Tous les secteurs de production de biens étaient en hausse en 2011, avec en tête les services publics (gain de 4,4 p. 100). L’augmentation dans le secteur de la distribution du gaz naturel (6,5 p. 100) est celle qui a fait la plus grande contribution à la croissance des services publics, tandis que les systèmes d’eau, d’égout et autres systèmes ont progressé plus lentement (1,2 p. 100). La production d’énergie électrique était en hausse de 4,4 p. 100 en 2011.

La croissance du secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière (4,3 p. 100) venait derrière celle des services publics, stimulée par l’extraction pétrolière et gazière, sa principale composante, qui a progressé de 3,1 p. 100 sur l’année. La croissance plus rapide de l’extraction minière (5,2 p. 100) est attribuable à l’augmentation des activités d’extraction du cuivre, du nickel, du plomb et du zinc (17,9 p. 100) et de la potasse (13,7 p. 100). Les activités de soutien de ce secteur étaient en hausse de 15,3 p. 100 en 2011.

Le secteur de la construction a progressé de 4,1 p. 100 au cours de l’année, sous l’effet d’une augmentation de 6,9 p. 100 des activités d’ingénierie, de réparation et d’autres travaux de construction. La production du secteur de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse a crû de 2,0 p. 100 en 2011, le secteur de la foresterie et de l’abattage avançant de 9,2 p. 100, tandis que la production animalière régressait de 2,0 p. 100.

La demande externe pour les biens canadiens a ralenti en 2011, alors que la reprise aux États-Unis demeurait faible et que la crise européenne faisait périodiquement irruption. Le volume de la production manufacturière, qui représente un peu moins de la moitié des industries de production de biens, a progressé de 2,4 p. 100 au cours de l’année, ce qui est inférieur au taux de croissance de 5,2 p. 100 enregistré l’année précédente. Quoi qu’il en soit, la production manufacturière a diminué en termes réels dans de nombreux sous-secteurs de fabrication, dont les aliments (0,4 p. 100), les boissons et les produits du tabac (1,5 p. 100), les usines de textiles (3,9 p. 100), les vêtements (3,5 p. 100), le papier (2,2 p. 100), l’imprimerie et les activités de soutien connexes (3,0 p. 100), les produits du pétrole et du charbon (4,4 p. 100), les produits chimiques (1,4 p. 100) et les meubles et produits connexes (1,7 p. 100).

Ces pertes ont été compensées par une croissance robuste dans d’autres domaines, en particulier la fabrication de machines et de métaux. La production réelle dans le secteur des machines a progressé de 16,3 p. 100 et dépassé son niveau d’avant la récession; la fabrication d’ordinateurs et de produits électroniques a crû de 5,5 p. 100, tandis que la production de matériel, d’appareils et de composantes électriques a augmenté de 5,9 p. 100, des gains qui ont tous été supérieurs à ceux enregistrés en 2010. La fabrication de métaux primaires a avancé de 3,2 p. 100 en termes réels, tandis que la fabrication de produits en métal progressait de 5,7 p. 100. Des hausses de la production réelle ont également été observées dans les usines de textiles (4,1 p. 100), la fabrication de produits en cuir et de produits connexes (3,5 p. 100), la fabrication de produits en bois (0,9 p. 100), la fabrication de produits en plastique et en caoutchouc (4,6 p. 100), la fabrication de produits minéraux non métalliques (1,5 p. 100), la fabrication de matériel de transport (3,3 p. 100) et la fabrication de produits divers (2,6 p. 100). Au total, 12 des 21 sous-secteurs manufacturiers ont progressé tandis que 9 étaient en recul, mais les augmentations sont survenues dans des domaines à plus forte intensité de compétences et de capital, qui ont un plus haut potentiel de valeur ajoutée.

La production des services, qui est traditionnellement moins instable que celle des biens, a gagné globalement 2,2 p. 100. Les services de transport et d’entreposage étaient en hausse de 3,8 p. 100; l’immobilier, la location et la location-bail ont progressé de 3,0 p. 100, tandis que les services professionnels, scientifiques et techniques ont avancé de 2,7 p. 100. En volume, le commerce de gros et le commerce de détail ont connu une expansion de 2,8 p. 100 et de 2,1 p. 100, respectivement. Les finances et les assurances ont crû de 2,2 p. 100, et les services de soins de santé et d’aide sociale ont progressé de 2,1 p. 100. Les arts, les divertissements et les services récréatifs sont la seule catégorie importante dans le secteur des services à avoir enregistré un déclin, soit 1,2 p. 100, en 2011.

Le produit intérieur brut par province

Figure 3-4
Croissance du PIB réel par province, 2011

Équivalent textuel pour Figure 3-4
  • Canada : 2,6 %
  • Terre-Neuve-et-Labrador : 2,8 %
  • Île-du-Prince-Édouard : 1,1 %
  • Nouvelle-Écosse : 0,3 %
  • Nouveau-Brunswick : 0,1 %
  • Québec : 1,7 %
  • Ontario : 2,0 %
  • Manitoba : 1,1 %
  • Saskatchewan : 4,8 %
  • Alberta : 5,2 %
  • Colombie-Britannique : 2,9 %
  • Yukon : 5,6 %
  • Territoires du Nord-Ouest : -5,5 %
  • Nunavut : 7,7 %

Source : Statistique Canada

L’augmentation de la production réelle au Canada en 2011 a profité à toutes les régions du pays : toutes les provinces et deux des trois territoires ont enregistré une croissance positive. Toutefois, les gains n’étaient pas répartis uniformément. Le Nunavut, le Yukon, l’Alberta et la Saskatchewan ont enregistré les taux de croissance les plus élevés en 2011, ce qui est attribuable à une augmentation des activités d’exploration et d’extraction minière et les activités de construction connexes. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont les provinces où la croissance a été la plus lente au pays.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la production réelle a augmenté de 2,8 p. 100 en 2011, après une progression de 5,8 p. 100 en 2010, la plus forte parmi l’ensemble des provinces cette année-là. Les gains significatifs dans la production des mines de minerais métalliques sont à l’origine de cette augmentation, de même que la production accrue du secteur de la construction non résidentielle et des ouvrages de génie civil, en lien avec les projets miniers et pétroliers. La production des industries de la pêche, de la chasse et du piégeage a aussi augmenté, comme celle de la fabrication de produits à base de fruits de mer, les deux contribuant aux gains enregistrés dans le commerce de gros. La production réelle du secteur des services a progressé de 2,4 p. 100; les gains du sous-secteur des finances, des assurances et de l’immobilier et du sous-secteur des services d’architecture et de génie et des services connexes venaient en tête de liste.

À l’île-du-Prince-Édouard, le PIB réel a crû de 1,1 p. 100 en 2011, ce qui est inférieur au taux de croissance de 2,7 p. 100 enregistré en 2010. Une augmentation de 1,7 p. 100 de la production des services a fait contrepoids au recul de 0,8 p. 100 de la production des biens. La construction résidentielle, les services publics, le commerce de détail, ainsi que les finances, les assurances et l’immobilier ont fourni l’impulsion à l’augmentation de la production des services. À l’opposé, la baisse d’activité dans le secteur des pêches et une moins bonne récolte de pommes de terre attribuable aux mauvaises conditions climatiques ont annulé la croissance de la fabrication de produits alimentaires congelés, ce qui s’est soldé par un déclin de la production de biens. Une contraction de la fabrication de matériel de transport et de produits manufacturés divers a également contribué au repli.

En Nouvelle-Écosse, le PIB réel a augmenté de 0,3 p. 100 en 2011, après avoir crû de 1,6 p. 100 en 2010. Comme à l’île-du-PrinceÉdouard, il y a eu une baisse réelle dans les industries de production de biens (4,0 p. 100). Les gains dans les secteurs de la pêche, de la fabrication d’aliments et de la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ont été neutralisés par des reculs de la production liée à l’extraction pétrolière et gazière, à la construction et au matériel de transport. La production des services a toutefois progressé de 1,4 p. 100, alors que la production était en hausse dans le secteur des finances, des assurances et de l’immobilier et celui des services de santé et des services sociaux.

Le Nouveau-Brunswick a enregistré la plus faible croissance du PIB parmi les provinces en 2011, à 0,1 p. 100, après une avancée de 3,0 p. 100 en 2010. La production a chuté dans la plupart des secteurs de biens : la construction, la fabrication, la foresterie et l’abattage et les services publics. La production agricole a reculé de 16,0 p. 100, entraînée par une mauvaise récolte de pommes de terre imputable aux mauvaises conditions climatiques. Dans les services, la production du commerce de gros et des services de transport a fléchi en tandem avec la baisse de la production de biens, mais globalement, la production des services a progressé de 1,2 p. 100. La hausse a été dominée par le secteur des finances, des assurances et des services immobiliers.

Au Québec, le PIB réel a crû de 1,7 p. 100 en 2011, ce qui est une baisse par rapport à la hausse de 2,5 p. 100 enregistrée en 2010. La croissance est principalement attribuable à la production des services, en hausse de 1,7 p. 100, avec en tête le commerce de gros, le transport et l’entreposage, les finances, les assurances et l’immobilier, ainsi que les services d’architecture et de génie et les services connexes. La production manufacturière a avancé légèrement, la croissance de la production du matériel de transport et des machines étant tempérée par les pertes du côté des produits chimiques (y compris les produits pharmaceutiques) et des produits du bois et du papier. L’intensification des travaux de génie minier et de construction résidentielle se sont traduits par une hausse de l’activité dans le secteur de la construction, en progression de 4,1 p. 100. Les autres secteurs de biens qui ont contribué à la croissance sont les services publics et la foresterie et l’abattage.

En Ontario, la production réelle a augmenté de 2,0 p. 100 en 2011, ce qui est inférieur au niveau de 3,2 p. 100 observé en 2010. La production manufacturière a avancé de 2,4 p. 100, la seconde année d’expansion après quatre années de repli. De nombreuses industries de fabrication lourde étaient en croissance, dont celles des machines, des métaux primaires et de la fabrication métallique, des produits en plastique ainsi que des autres matériels de transport. La production de véhicules automobiles et de pièces a fléchi, essentiellement en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement causées par les catastrophes survenues au Japon. Outre l’expansion de la production manufacturière, l’augmentation des activités d’extraction et d’exploration de minerais métalliques a également stimulé la croissance. La production dans le secteur de la construction a avancé de 0,9 p. 100, les gains dans la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels ayant comblé la baisse de la construction d’ouvrages de génie destinés à la production d’électricité. La croissance dans les secteurs des services a atteint 1,9 p. 100. Des hausses ont été observées dans les finances, les assurances et les services immobiliers, les services professionnels, scientifiques et techniques, ainsi que dans les services d’hébergement et d’alimentation. Il y a eu aussi des avancées dans le commerce de gros et les services de transport et d’entreposage, parallèlement à l’accroissement de la production de biens.

Au Manitoba, la production réelle a augmenté de 1,1 p. 100 en 2011, après un gain de 2,2 p. 100 en 2010. Le PIB provenant de la production céréalière a dégringolé (21,0 p. 100), ce qui est imputable aux fortes pluies et aux inondations. La production des industries de services a progressé plus rapidement que celle des industries de biens, avec des gains dans le commerce de détail, les finances, les assurances et l’immobilier, ainsi que les services d’hébergement et d’alimentation. Du côté des biens, la production du secteur de la construction a fléchi de 4,0 p. 100, avec l’achèvement des travaux sur certains grands projets d’ingénierie. La fabrication de biens était en léger recul (0,1 p. 100), alors que les gains enregistrés dans la fabrication des produits chimiques et du matériel agricole et minier ont été annulés par des pertes dans la production d’aliments, de métaux ouvrés et de produits imprimés.

En Saskatchewan, le PIB réel a progressé de 4,8 p. 100 en 2011, ce qui est une amélioration par rapport au taux de 4,2 p. 100 enregistré en 2010. Les industries de production de biens étaient en progression rapide, avec un taux de croissance de 5,9 p. 100, tandis que les services avançaient de 3,8 p. 100. La production céréalière a gagné 10,0 p. 100, aidée par des conditions climatiques favorables. La forte demande à l’exportation a entraîné une hausse de la production des mines de minerais non métalliques (dont la potasse) et des activités d’exploration et de construction d’ouvrages de génie. L’expansion du secteur des biens s’est accompagnée d’une croissance du commerce de gros et des services de transport et d’entreposage. La forte croissance démographique a favorisé l’expansion du secteur du commerce de détail et de celui des finances, des assurances et des services immobiliers, et l’augmentation de 21,0 p. 100 enregistrée dans la construction résidentielle.

En Alberta, la production réelle a augmenté de 5,2 p. 100 en 2011, un taux plus élevé que celui de 3,3 p. 100 enregistré en 2010. C’est aussi la meilleure performance économique parmi les provinces canadiennes. La hausse des prix de l’énergie a entraîné une augmentation des activités d’extraction et d’exploration pétrolière et gazière. La construction de projets d’ingénierie dans le secteur pétrolier et gazier a également contribué à la croissance. La production du secteur manufacturier a progressé de 10,9 p. 100, tandis que des gains importants ont été réalisés dans la production de machines, de produits métalliques, de produits chimiques et de produits en bois. La production des services a aussi progressé, soit de 4,1 p. 100, stimulée par la croissance du commerce de détail et du commerce de gros, des services de transport, des services professionnels, scientifiques et techniques, ainsi que des services d’hébergement et d’alimentation.

En Colombie-Britannique, le PIB réel s’est accru de 2,9 p. 100, après un gain de 3,2 p. en 2010. La production dans les industries de biens a mené la marche avec une hausse de 5,6 p. 100. L’augmentation de la demande mondiale pour les ressources naturelles a stimulé la croissance dans les secteurs de l’extraction pétrolière et gazière, de la construction d’ouvrages de génie et de la fabrication de machines. Les activités de soutien du secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière ont progressé de 24 p. 100 en raison d’un plus haut niveau d’activité d’exploration minérale et gazière. La robuste demande à l’exportation a aussi favorisé la croissance dans l’industrie de la foresterie et de l’abattage et dans celle des produits manufacturés en bois. La production des services était en hausse de 2,0 p. 100, avec notamment des gains dans les transports et l’entreposage ainsi que dans les finances, les assurances et l’immobilier.

La production des territoires est habituellement plus instable que celle des provinces en raison de la population plus restreinte et de la dépendance accrue envers des activités telles que l’exploration et l’extraction minière, où le PIB peut varier considérablement d’une année à l’autre. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le PIB réel a fléchi de 5,5 p. 100 en 2011, après une augmentation de 1,3 p. 100 en 2010. La production du secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière a reculé de 13 p. 100, sous l’effet d’une chute marquée de la production des mines de diamants. En revanche, les activités de soutien liées à l’extraction minière, pétrolière et gazière ont enregistré une augmentation de 21 p. 100, attribuable aux activités d’exploration. La construction a reculé de 5,3 p. 100, ce qui s’explique par une baisse de la construction de bâtiments commerciaux et institutionnels, en dépit d’un plus haut niveau d’activité dans la construction de nouveaux sites miniers.

Au Nunavut, la production réelle s’est accrue de 7,7 p. 100 en 2011, après un gain de 11,3 p. 100 en 2010. Alors que le prix de l’or a grimpé pour une seconde année d’affilée, la production de minerais d’or et d’argent a poursuivi sa progression. Le prix élevé de l’or a aussi stimulé les activités d’exploration et de construction, avec notamment le début des travaux pour la mise en place d’une nouvelle mine. La construction non résidentielle a diminué en 2011 après deux années de croissance. Par ailleurs, le commerce de gros a fléchi en raison d’une baisse des ventes de machines et de matériel en gros.

Au Yukon, le PIB réel a progressé de 5,6 p. 100 en 2011, après un gain de 4,0 p. 100 en 2010. Les prix plus élevés des produits de base ont entraîné des hausses de la production dans les activités de soutien de l’extraction minière, pétrolière et gazière, tandis que l’exploration aurifère et argentifère a atteint des niveaux record. La production du secteur des minerais a augmenté avec l’ouverture d’une nouvelle mine d’argent. Dans le secteur de la construction, la production a progressé de 21 p. 100, alors que se poursuivaient les travaux de construction d’une nouvelle mine métallique, ce qui a aussi engendré des gains dans le commerce de gros et les services de transport. Par ailleurs, le commerce de détail a avancé de 6,6 p. 100, tandis que le secteur des finances, des assurances et de l’immobilier progressait de 4,7 p. 100.

L’emploi

Figure 3-5
Taux de chômage au Canada, 2007-2011

Équivalent textuel pour Figure 3-5
  • 2007 : 6,1 %
  • 2008 : 6,2 %
  • 2009 : 8,3 %
  • 2010 : 8,0 %
  • 2011 : 7,5 %

Source : Statistique Canada

Les gains dans l’emploi n’ont pas été répartis uniformément à travers le pays. La plupart des provinces de l’Atlantique ont fait de faibles gains au chapitre de l’emploi au cours de l’année — de 1 100 nouveaux emplois au Nouveau-Brunswick (tous à temps partiel), à 4 300 emplois à Terre-Neuve-et-Labrador (tous des emplois à temps plein). C’est la Nouvelle- Écosse qui a créé le plus grand nombre de nouveaux emplois dans cette région, soit 11 300, et son taux de chômage s’est sensiblement amélioré, passant de 10,5 p. 100 en décembre 2010 à 7,8 p. 100 en décembre 2011.

Le Québec est la seule province à avoir perdu des emplois l’an dernier, soit 55 900 postes. Le taux de chômage a ainsi augmenté de 1,3 p. 100 sur l’année, atteignant 8,7 p. 100 en décembre 2011. Le Manitoba a fait de légers gains sur le plan de l’emploi, mais le taux de chômage y est demeuré essentiellement inchangé. En Saskatchewan, le taux de chômage a reculé de 0,3 point de pourcentage, à 5,2 p. 100, à la fin de 2011, ce qui résulte d’une variation marginale de l’emploi et d’une baisse du taux de participation.

Au chapitre de l’emploi, les grands gagnants en 2011 ont été l’Alberta et l’Ontario. L’Alberta a créé plus de 100 000 nouveaux emplois à temps plein (99 300 nouveaux emplois au total) et son taux de chômage a reculé de 5,6 p. 100 en décembre 2010 à 4,9 p. 100 en décembre 2011. L’Ontario a gagné 84 500 emplois, ce qui a abaissé le taux de chômage dans cette province de 0,5 point de pourcentage, à 7,7 p. 100 en fin d’année. La Colombie-Britannique a pour sa part créé 32 600 nouveaux emplois, ce qui est un gain significatif, réduisant du même coup son taux de chômage à 7,0 p. 100 en décembre 2011, alors qu’il était de 7,6 p. 100 en décembre 2010.

L’emploi a stagné dans les secteurs de production des biens en 2011, lesquels n’ont créé que 6 800 emplois, un maigre ajout de 0,2 p. 100. Les gains d’emploi dans le secteur de la construction (35 800 postes) et dans les industries de la forêt, des pêches, des mines, des carrières et du pétrole et du gaz (25 200 postes) ont été annulés par le repli continu de l’emploi dans le secteur manufacturier (48 600 emplois, soit 2,7 p. 100) et dans les services publics (14 000 emplois, soit 9,5 p. 100).au secteur des services l’an dernier. Les industries de production de services ont ainsi gagné 183 100 emplois, ce qui correspond à 1,4 p. 100 de l’emploi total. La plupart des gains sont survenus dans les services professionnels, scientifiques et techniques (79 500 emplois, soit 6,2 p. 100), les services d’hébergement et d’alimentation (65 400 emplois, soit 6,2 p. 100) et les services de santé et d’aide sociale (56 000 emplois, soit 2,7 p. 100). Les pertes étaient largement réparties, mais moins importantes — le secteur des finances, des assurances, de l’immobilier et de la locationbail a perdu 33 500 emplois; celui des services aux entreprises, des services de gestion d’immeubles et des autres services de soutien a perdu 16 200 emplois, tandis que le secteur des services de transport et d’entreposage a vu disparaître 15 700 emplois.

À la fin de 2011, il y avait 17,35 millions d’emplois au pays, ce qui est bien au-delà du sommet d’avant la récession, soit 17,18 millions d’emplois, atteint en octobre 2008, représentant un écart de près de 180 000 nouveaux emplois. Si l’emploi a stagné au cours des deux premiers mois de 2012, la croissance a repris en mars avec la création de 82 300 emplois, ce qui a fait reculer le taux de chômage à 7,2 p. 100. Le taux de participation au Canada a subi l’effet de la récession et les pertes n’ont pas encore été effacées, mais le phénomène n’est pas aussi marqué qu’aux États-Unis. Le taux de participation est passé d’environ 67,5 p. 100 en 2007-2008 à 66,8 p. 100 en octobre 2009. Après une amélioration marginale à 67,1 p. 100 en janvier 2011, le taux de participation a fléchi à nouveau pour s’établir à 66,7 p. 100 en décembre 2011 — ce qui signifie qu’il est essentiellement inchangé par rapport à octobre 2009.

L’inflation

Les prix à la consommation ont augmenté de 2,9 p. 100 en 2011, après une augmentation de 1,8 p. 100 en 2010, selon le panier de biens et services utilisé par Statistique Canada pour calculer son indice des prix à la consommation (IPC). L’accélération de l’inflation en 2011 est essentiellement attribuable aux prix plus élevés de l’essence et des aliments. En 2011, l’augmentation a été légèrement supérieure aux taux de croissance annuels moyens observés au début des années 2000. Les prix ont monté dans les huit grandes catégories au cours de l’année, les transports et l’alimentation étant ceux où les augmentations ont été les plus fortes. Le taux d’inflation a été plus élevé que l’année précédente dans sept des huit composantes de l’IPC.

Les prix des aliments ont augmenté de 3,7 p. 100 au cours de l’année, un taux beaucoup plus élevé que celui de 2010 (1,4 p. 100). Les prix des aliments achetés en magasin ont progressé de 4,2 p. 100, ce qui est beaucoup plus élevé que la hausse de 1,0 p. 100 enregistrée l’année précédente; les légumes venaient en tête avec un gain de 7,1 p. 100. Les prix de la viande et des produits à base de viande ont progressé de 5,3 p. 100, tandis que les prix des produits de boulangerie et des céréales étaient en hausse de 5,2 p. 100. En 2011, l’augmentation des prix des aliments achetés au restaurant a été plus faible, soit 2,8 p. 100.

Les coûts d’hébergement ont progressé de 1,9 p. 100, ce qui représente une légère accélération par rapport à la hausse de 1,4 p. 100 survenue en 2010. L’augmentation est attribuable aux coûts plus élevés de l’eau, du combustible et de l’électricité, en hausse de 4,0 p. 100, qui s’expliquent principalement par l’augmentation de 25,2 p. 100 du coût du mazout et des autres combustibles. Les coûts associés au fonctionnement des ménages, aux articles d’ameublement et au matériel ont progressé de 1,9 p. 100 en 2011, principalement en raison de la hausse des coûts des services connexes, puisque les prix des services et du matériel de ménage ont, en fait, fléchi de 0,3 p. 100. Les prix de vêtements et des chaussures ont avancé marginalement l’an dernier (0,3 p. 100), interrompant la succession de déclins observés au cours des trois années précédentes. Les prix des vêtements et des chaussures ont diminué encore une fois, mais les coûts des accessoires et des services connexes ont compensé le déclin et permis une croissance dans cette catégorie.

Les coûts de transport ont dominé l’augmentation de l’IPC, les prix ayant augmenté de 6,4 p. 100 dans ce domaine. Cette hausse s’explique par le coût plus élevé de l’essence, qui a grimpé de 20,0 p. 100 sur l’année. Les prix des services de transport public étaient en hausse de 5,6 p. 100, poussés principalement par l’augmentation de 7,7 p. 100 des prix du transport interurbain.

Les prix dans le secteur de la santé et des soins personnels ont avancé de 1,7 p. 100 en 2011, après une hausse de 2,7 p. 100 en 2010. Les hausses des prix des services ont été les principaux facteurs contributifs, les services de soins de santé augmentant de 2,9 p. 100 et les services de soins personnels, de 4,0 p. 100.

Les prix du matériel de récréation, d’enseignement et de lecture ont augmenté de 1,2 p. 100 l’an dernier, ce qui est légèrement supérieur aux taux observés au cours des trois années précédentes. Les prix des biens de cette catégorie ont généralement fléchi — le matériel vidéo, de 12,0 p. 100, le matériel audio, de 5,6 p. 100, et le matériel informatique numérique, de 11,3 p. 100. Cependant, les prix associés à l’éducation (dont les droits de scolarité), ceux de divers services culturels et récréatifs et les prix du carburant pour les véhicules récréatifs se sont conjugués pour faire monter globalement les prix dans cette catégorie.

Enfin, le prix des boissons alcoolisées et des produits du tabac ont augmenté de 1,9 p. 100, ce qui correspond à l’augmentation moyenne observée ces dernières années. La plus grande partie de la hausse provient des prix plus élevés des produits du tabac (3,7 p. 100) et des prix plus élevés de la bière servie dans les établissements licenciés (2,7 p. 100); le coût des boissons alcoolisées achetées en magasin a cependant reculé de 0,5 p. 100.

Au niveau des provinces, c’est dans les provinces de l’Atlantique que l’inflation a été la plus élevée : la Nouvelle-Écosse venait en tête avec un taux d’inflation de 3,8 p. 100, suivie du Nouveau-Brunswick, à 3,5 p. 100, et de Terre-Neuve-et-Labrador, à 3,4 p. 100. Les prix ont augmenté de 3,0 p. 100 au cours de l’année au Québec et au Manitoba, tandis qu’ils étaient en hausse de 3,1 p. 100 en Ontario. L’Alberta et la Colombie-Britannique ont enregistré le plus faible taux d’inflation au pays (2,4 p. 100).

L’indice de base de la Banque du CanadaNote de bas de page 10 a augmenté de 1,9 p. 100 sur l’année 2011, après une hausse de 1,5 p. 100 l’année précédente.

Le dollar canadien

Figure 3-6
Taux de change $CAN-$É.-U., 2011

Source : Banque du Canada

Après s’être apprécié de 10,9 p. 100 par rapport au dollar américain en 2010, le dollar canadien a poursuivi son ascension en 2011, quoique plus lentement. La valeur moyenne à 250 jours du dollar canadien a atteint 1,011 $É.-U. en 2011. Cela équivaut à une appréciation de 4,01 ¢É.-U. sur l’année, soit 4,1 p. 100. Par rapport aux autres grandes monnaies, la valeur moyenne annuelle du dollar canadien a fléchi de 0,8 p. 100 par rapport à l’euro et de 5,3 p. 100 par rapport au yen japonais, mais elle a augmenté de 0,4 p. 100 par rapport à la livre sterling britannique.

Pour ce qui est de la dynamique annuelle, les mouvements du dollar canadien par rapport au dollar américain se sont maintenus dans un intervalle de 12 cents sur l’ensemble de l’année (de 0,94 $É.-U. à 1,06 $É.-U.). Le 4 janvier 2011, le dollar canadien était à parité avec le dollar américain (1,001 $É.-U.); par la suite, sa valeur a augmenté lentement pendant quatre mois pour atteindre un plafond de 1,054 $É.-U. à la fin d’avril. Après avoir retraité à 1,014 $É.-U. en juin, le dollar a repris son ascension pour toucher 1,058 $É.-U. à la fin de juillet. De là, le dollar canadien a progressivement fléchi pour revenir à la parité vers la fin de septembre, sa valeur perdant plus de 3,0 p. 100 le 22 septembre. Après avoir touché un plancher de 0,943 $É.-U. le 4 octobre, il a remonté encore une fois à la parité à la fin d’octobre; il a connu encore quelques soubresauts par la suite pour terminer l’année à 0,983 $É.-U. le 30 décembre, à la dernière séance du marché des changes pour l’annéeNote de bas de page 11.

Prix divergents du pétrole brut en Amérique du Nord — Les implications pour la balance commerciale du Canada

Figure 1
Les cours des pétroles bruts Brent et WTI

Équivalent textuel pour Figure 1
Les cours des pétroles bruts Brent et WTI le baril en dollars US
 WTIBrent
janvier 200219,72 $19,42 $
juin 200225,52 $24,08 $
janvier 200332,95 $31,18 $
juin 200330,66 $27,65 $
janvier 200434,31 $31,28 $
juin 200438,03 $35,18 $
janvier 200546,84 $44,51 $
juin 200556,35 $54,35 $
janvier 200665,49 $62,99 $
juin 200670,95 $68,56 $
janvier 200754,51 $53,68 $
juin 200767,49 $71,05 $
janvier 200892,97 $92,18 $
juin 2008133,88 $132,32 $
janvier 200941,71 $43,44 $
juin 200969,64 $68,61 $
janvier 201078,33 $76,17 $
juin 201075,34 $74,76 $
janvier 201189,17 $96,52 $
juin 201196,26 $113,83 $
janvier 2012100,27 $110,69 $

Source : US Energy Information Administration

Le prix du pétrole est sujet à d’importantes fluctuations à court terme, mais affi che néanmoins une tendance haussière depuis 2002. Le Canada étant un exportateur net de pétrole, cette tendance haussière a eu un effet positif sur les termes d’échange et le revenu national, et a contribué notamment à accroître la rentabilité du développement des sables bitumineux.

Cependant, depuis la fin de 2010, un phénomène nouveau est observé. D’une part, alors qu’historiquement les prix du Brent et du « West Texas Intermediate » (WTI) étaient essentiellement identiques, un écart de plus en plus prononcé entre le WTI et le Brent est observé. Selon la Banque du Canada, cet écart s’explique principalement par un excès d’offre de pétrole brut aux États-Unis au terminal de Cushing (Oklahoma). Ce surplus découle notamment de problèmes techniques reliés au transport par pipeline et au raffinage, ainsi que de la nouvelle exploitation du pétrole de schiste, que l’on retrouve sur une bonne partie du territoire nord-américain, incluant des régions qui n’étaient pas historiquement productrices de pétrole. L’arrivée du pétrole de schiste a entraîné une plus grande diversification des sources de production et une augmentation de l’offre en Amérique du Nord. Cet excès d’offre, ainsi que la capacité de transport insuffisante, exercent une pression à la baisse sur le prix du WTI relativement au prix du Brent.

Figure 2
Les cours des pétroles bruts Brent, WTI et WCS

Équivalent textuel pour Figure 2
Les cours des pétroles bruts Brent, WTI et WCS le baril en dollars US
 WTIBrentWCS
janvier 201078,33 $76,17 $71,50910896 $
mars 201081,2 $78,83 $74,75790393 $
mai 201073,74 $75,95 $62,57090187 $
juillet 201076,32 $75,58 $67,71423966 $
septembre 201075,24 $77,84 $61,80907226 $
novembre 201084,25 $85,28 $73,33069443 $
janvier 201189,17 $96,52 $75,54994206 $
mars 2011102,86 $114,64 $86,74701772 $
mai 2011100,9 $114,99 $92,96058414 $
juillet 201197,3 $116,97 $87,57199559 $
septembree 201185,52 $112,83 $79,21772949 $
novembre 201197,16 $110,77 $91,00141303 $
janvier 2012100,27 $110,69 $90,92727196 $

Sorces : Ressources naturelles Canada, US Energy Information Administration

D’autre part, la différence de coût de transformation entre, d’un côté, le « Western Canadian Select » (WCS) et, de l’autre, le WTI et le Brent, explique l’écart de prix négatif qui existe sur le marché mondial entre ces produits. En effet, le WCS étant plus lourd, les coûts de production qui s’y rattachent sont plus importants et les produits qui en découlent ont généralement moins de valeurNote 1 de bas de Module 1. Toutefois, depuis le milieu de 2011, la différence de prix se creuse davantage avec le WTI. Selon les études économiques Scotia, la capacité pipelinière insuffi sante, ainsi que la mise hors service temporaire de raffi neries, ont joué un rôle majeur dans ce déséquilibre, tout comme la baisse de la demande américaine qui se chiffre à 1,6 p. 100Note 2 de bas de Module 1 pour l’année 2011.

Comme le marché du pétrole est mondial, le Canada a très peu d’influence sur le prix. La quasi-totalité des exportations du pétrole brut sont dirigées vers les États-Unis et les exportations de l’Ouest se vendent généralement au prix du WCS. La diversifi cation de nos partenaires commerciaux pourrait amener le Canada à être moins dépendant du marché américain et à tirer profit de l’accroissement de la demande des pays émergents, en particulier la Chine. C’est d’ailleurs pourquoi des projets comme « Northern Gateway pipeline », qui contribueraient notamment à accroître les capacités de transport, pourraient être bénéfi ques pour le secteur pétrolier canadien.

Figure 3
Le marché canadien des exportations et des importations de pétrole brut

Équivalent textuel pour Figure 3
Le marché canadien des exportations et des importations de pétrole brut le baril en dollars US
 Importations de l'OuestImportations de l'EstExportations de l'OuestExportations de l'Est
janvier 201073,90 $79,15 $74,69 $80,50 $
mars 201076,52 $79,52 $75,54 $79,69 $
mai 201079,13 $76,97 $79,44 $85,66 $
juillet 201072,82 $74,37 $72,10 $79,10 $
septembre 201071,56 $83,54 $72,09 $77,51 $
novembre 201076,10 $75,86 $71,12 $86,07 $
janvier 201184,31 $86,02 $77,53 $93,09 $
mars 201188,62 $86,50 $78,24 $109,68 $
mai 2011102,85 $117,18 $88,52 $118,48 $
juillet 201192,60 $95,10 $88,82 $103,40 $
septembre 201191,33 $87,11 $85,56 $114,41 $
novembre 201190,44 $108,60 $86,62 $115,66 $
janvier 201295,70 $108,98 $94,45 $113,52 $

Source : Bureau de l'économiste en Chef, MAECI

Pour ce qui est des importations qui proviennent en grande partie de l’Europe et du Moyen-Orient, elles sont généralement achetées au prix du Brent. Bien que ce prix à l’importation plus élevé alourdit les coûts de production des entreprises qui utilisent le pétrole comme intrant à la production et exerce une pression à la hausse sur les prix des biens de consommation, ces effets négatifs sont habituellement compensés par la hausse des revenus des producteurs domestiques de pétrole. Conséquemment, le Canada bénéfi cie d’une certaine immunité contre la hausse du prix du pétrole.

Ce n’était pas le cas en 2011 : la hausse du prix à l’importation n’a pas été contrebalancée par une augmentation équivalente du prix à l’exportation. Bien que les exportations de l’Est ont été généralement vendues au prix du Brent, cet écart n’est pas suffi sant pour renverser l’impact négatif des exportations de l’Ouest qui ont été vendues au prix du WCSNote 3 de bas de Module 1. Ce phénomène a contribué à réduire la balance commerciale du pétrole brut et à diminuer les termes de l’échange du Canada dans le secteur énergétique. Selon la livraison d’avril 2012 du Rapport sur la politique monétaire, cette situation a également contribué à diminuer le revenu réel des Canadiens.

Figure 4
Balance commerciale du pétrole brut

Équivalent textuel pour Figure 4
Balance commerciale du pétrole brut
 ActuelleHypothétique
201028 180 000 000 $27 050 000 000 $
201140 270 000 000 $50 960 000 000 $

Sources : Ressources naturelles Canada; Bureau de l'économiste en Chef, MAECI; US Energy Information Administration; et, la Banque du Canada

Pour quantifier l’incidence de cet écart, on peut estimer quelle serait la balance commerciale si le Brent était le prix de référence à l’importation et à l’exportation. La balance commerciale est calculée à partir de données mensuelles portant sur la période de janvier 2010 à décembre 2011Note 4 de bas de Module 1. Après avoir tenu compte de la différence de coût de transformation du pétrole pour les exportations de l’Ouest — en soustrayant la différence historique moyenne entre le WCS et le WTI pour la période de janvier 1998 à octobre 2007, soit 8,49 dollars, on constate que la balance commerciale mensuelle du pétrole brut aurait été plus élevée en moyenne de 891 millions de dollars au cours de 2011Note 5 de bas de Module 1. En la comparant à la balance actuelle qui est de 40,27 milliards pour l’année 2011, on conclut que la perte hypothétique de revenus d’exportation associée à l’accroissement des écarts entre le Brent, le WTI et le WCS a été de 10,7 milliards de dollarsNote 6 de bas de Module 1, soit la somme des écarts entre les balances commerciales hypothétique et actuelle. Afi n de mieux cerner l’importance relative du coût de cette perte, notons que cela représente 0,6 p. 100 du PIB nominal. Tant que ce phénomène perdurera, il exercera une pression négative sur la balance commerciale du Canada et contribuera à ralentir la croissance du revenu national.

Notes de bas de Module 1

Note 1 de bas de module

Gouvernement du Canada, Ressources naturelles Canada

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Note 2 de bas de Module

Banque Scotia, Analyse économique globale,L’indice Scotia des prix des produits de base se replie en mars, avril 2012

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Note 3 de bas de Module

L’Ouest comprend l’Alberta, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique tandis que l’Est comprend l’Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et l’île-du-Prince-Edward.

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Note 4 de bas de Module

Bureau de l’économiste en Chef, MAECI

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Note 5 de bas de Module

La balance commerciale hypothétique a été calculée en évaluant la valeur des importations et des exportations de l’Est au prix du Brent. Pour les exportations de l’Ouest, le prix utilisé pour la simulation correspond au prix du Brent ajusté à la baisse pour tenir compte de la différence de coûts de transformation, soit 8,49 $.

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Note 6 de bas de Module

Deux autres scénarios hypothétiques ont été préparés pour estimer la perte de revenus d’exportation. Le premier évalue la valeur des importations au prix du Brent, mais fait abstraction de la région exportatrice pour les exportations et ce, en prenant le prix du Brent ajusté pour tenir compte des coûts de transformation pour la région de l’Est et de l’Ouest. Selon ce scénario, la perte est évaluée à 10,2 milliards de dollars pour l’année 2011. Dans le second scénario, les exportations de la région de l’Est et de l’Ouest sont évaluées également au prix du Brent ajusté pour tenir compte des coûts de transformation, mais les prix actuels d’importation sont conservés (et non celui du Brent). D’après ce scénario, la perte est évaluée à 11,8 milliards de dollars pour l’année 2011.

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4. Aperçu de la performance commerciale du Canada

En 2011, le commerce des biens et services du Canada a profité d’une seconde année consécutive de forte reprise, après la perte de 22 p. 100 enregistrée en 2009 durant la récession mondiale. Tant les exportations que les importations ont continué à reprendre le terrain perdu : les exportations sont remontées à 95 p. 100 de leur valeur d’avant la récession, tandis que les importations touchaient un nouveau sommet historique. Les exportations et les importations étaient en hausse dans la plupart des secteurs. L’activité commerciale dans certains secteurs a dépassé les sommets d’avant la récession pour atteindre des niveaux records. Globalement, les termes de l’échange ont continué à s’améliorer en 2011, mais ils demeurent inférieurs à leur niveau de 2007.

La croissance des exportations a été dominée par les produits énergétiques et les biens industriels, s’appuyant sur une forte remontée des prix mais aussi certaines augmentations de volumes. En 2011, les exportations de machines ont mis fin à leur déclin et connu une amélioration imputable à une expansion des volumes, alors que dans les secteurs éprouvés de l’automobile et de la forêt, les volumes exportés ont progressé pour la deuxième année de suite.

Les importations canadiennes ont atteint de nouveaux sommets en 2011, stimulées par une économie intérieure vigoureuse en comparaison avec les grands partenaires que sont l’Union européenne, le Japon et les États-Unis. Des volumes accrus d’importations sont à l’origine des augmentations observées dans presque tous les secteurs, sauf celui de l’énergie, ou la croissance a été nourrie par la hausse des prix, ainsi que le secteur forestier. La confiance accrue des consommateurs et des entreprises et les investissements dans les stocks ont poursuivi leur remontée.

La croissance totale des exportations a dépassé celle des importations, ce qui a permis de réduire de plus d’un quart le déficit commercial enregistré en 2010. L’expansion des exportations de biens a été particulièrement robuste, contribuant à ramener le Canada en situation d’excédent dans son commerce des biens, après deux années déficitaires. Le déficit des exportations de services s’est légèrement creusé, atténuant partiellement l’amélioration du solde des biens. Les déficits accrus dans les transferts courants, en particulier les revenus de placements, ont tempéré l’amélioration survenue dans le solde des échanges. Le résultat net de ces mouvements a été une légère diminution du déficit du compte courant du Canada, qui est passé de 50,9 milliards de dollars à 48,3 milliards de dollars.

Les biens et services

Dans l’ensemble, le commerce international du Canada a poursuivi sur la voie de la reprise, gagnant 10,6 p. 100 en 2011. Les exportations totales de biens et services ont crû de 11,8 p. 100, ajoutant 56,3 milliards de dollars, à 532,4 milliards de dollars (tableau 4-1). Les importations de biens et services ont aussi rebondi de façon significative, avec un gain de 9,4 p. 100, soit 47,8 milliards de dollars, pour atteindre 555,6 milliards de dollars — la valeur la plus élevée jamais enregistrée. En conséquence de ces mouvements, le déficit commercial s’est resserré de 8,6 milliards de dollars (26,9 p. 100), passant de 31,8 milliards de dollars en 2010 à 23,2 milliards de dollars en 2011. C’est le troisième déficit commercial consécutif du Canada après 15 années d’excédents. Le déficit du Canada remonte à la chute des échanges mondiaux de 2009 et le redressement du solde commercial survenu en 2011 constitue la première amélioration depuis cet événement.

Les exportations et les importations de biens et services ont connu une forte expansion sur tous les grands marchés en 2011, à l’exception notable des importations provenant du Japon (figures 4-1 et 4-2). Les catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon ont eu un effet dévastateur sur l’économie nippone en 2011 et expliquent la baisse des importations en provenance de ce pays. La part dominante des États-Unis dans le commerce global du Canada a légèrement fléchi, passant de 66,0 p. 100 en 2010 à 65,1 p. 100 en 2011, poursuivant ainsi une tendance baissière apparue en 2000, lorsque la part de ce pays atteignait 76 p. 100.

Tableau 4-1a
Commerce de biens et services du Canada par région, 2011
 ExportationsPartCroissanceImportationsPartCroissanceSolde
Monde532 393 000 000 $100,0 %11,8 %555 594 000 000 $100,0 %9,4 %-23 201 000 000 $
États-Unis370 255 000 000 $69,5 %10,5 %337 772 000 000 $60,8 %7,6 %32 483 000 000 $
UE55 334 000 000 $10,4 %12,6 %61 095 000 000 $11,0 %10,6 %-5 761 000 000 $
Japon12 612 000 000 $2,4 %15,3 %10 816 000 000 $1,9 %-5,9 %1 796 000 000 $
Reste du monde94 192 000 000 $17,7 %16,4 %145 911 000 000 $26,3 %14,7 %-51 719 000 000 $
Tableau 4-1b
Commerce de biens du Canada par région, 2011
 ExportationsPartCroissanceImportationsPartCroissanceSolde
Monde457 548 000 000 $100,0 %13,0 %456 129 000 000 $100,0 %10,2 %1 419 000 000 $
États-Unis330 672 000 000 $72,3 %11,5 %281 106 000 000 $61,6 %8,1 %49 566 000 000 $
UE42 398 000 000 $9,3 %16,3 %45 778 000 000 $10,0 %13,5 %-3 380 000 000 $
Japon11 356 000 000 $2,5 %16,9 %9 298 000 000 $2,0 %-7,6 %2 058 000 000 $
Reste du monde73 122 000 000 $16,0 %18,0 %119 947 000 000 $26,3 %15,9 %-46 825 000 000 $
Tableau 4-1c
Commerce de services du Canada par région, 2011
 ExportationsPartCroissanceImportationsPartCroissanceSolde
Monde74 845 000 000 $100,0 %5,0 %99 465 000 000 $100,0 %5,8 %-24 620 000 000 $
États-Unis39 584 000 000 $52,9 %2,9 %56 666 000 000 $57,0 %5,1 %-17 082 000 000 $
UE12 937 000 000 $17,3 %2,2 %15 318 000 000 $15,4 %2,9 %-2 381 000 000 $
Japon1 255 000 000 $1,7 %2,9 %1 518 000 000 $1,5 %6,0 %-263 000 000 $
Reste du monde21 069 000 000 $28,2 %11,4 %25 963 000 000 $26,1 %9,2 %-4 894 000 000 $

Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-0001

Figure 4-1
Exportations de biens et services du Canada par grande région, 2007-2011

Équivalent textuel pour Figure 4-1
Exportations de biens et services du Canada par grande région
 20072008200920102011
Tous les pays533 000 000 000 $561 000 000 000 $438 000 000 000 $476 000 000 000 $532 000 000 000 $
États-Unis394 000 000 000 $409 000 000 000 $309 000 000 000 $335 000 000 000 $370 000 000 000 $
Japon11 000 000 000 $13 000 000 000 $10 000 000 000 $11 000 000 000 $13 000 000 000 $
UE50 000 000 000 $53 000 000 000 $44 000 000 000 $49 000 000 000 $55 000 000 000 $
Reste du monde77 000 000 000 $87 000 000 000 $75 000 000 000 $81 000 000 000 $94 000 000 000 $

Figure 4-2
Importations de biens et services du Canada par grande région, 2007-2011

Équivalent textuel pour Figure 4-2
Importations de biens et services du Canada par grande région
 20072008200920102011
Tous les pays504 000 000 000 $538 000 000 000 $465 000 000 000 $508 000 000 000 $556 000 000 000 $
États-Unis320 000 000 000 $334 000 000 000 $287 000 000 000 $314 000 000 000 $338 000 000 000 $
Japon14 000 000 000 $13 000 000 000 $11 000 000 000 $11 000 000 000 $11 000 000 000 $
UE58 000 000 000 $63 000 000 000 $54 000 000 000 $55 000 000 000 $61 000 000 000 $
Reste du monde112 000 000 000 $127 000 000 000 $112 000 000 000 $127 000 000 000 $146 000 000 000 $

Toutes les destinations des exportations de biens et services affichent des gains, mais les exportations aux États-Unis sont celles qui ont progressé le moins rapidement, à un taux de 10,5 p. 100; elles ont néanmoins fait la plus grosse contribution à l’augmentation globale — 35,1 milliards de dollars — ce qui s’explique par la taille même des exportations du Canada vers son plus important partenaire commercial; celles-ci atteignent actuellement 370,3 milliards de dollars, soit 69,5 p. 100 des exportations totales de biens et services du Canada. Cette proportion est en légère baisse par rapport au niveau de 70,4 p. 100 observé en 2010. La progression des exportations vers les autres grandes régions a été supérieure à la moyenne : 12,6 p. 100 vers l’Union européenne (UE), 15,3 p. 100 au Japon et 16,4 p. 100 vers le reste du monde (RdM ), qui englobe tous les pays de l’OCDE (sauf les États-Unis, l’UE et le Japon) et tous les pays non membres de l’OCDE. En conséquence, les parts de toutes les autres destinations des exportations canadiennes ont augmenté aux dépens de celle des États-Unis. L’an dernier, les exportations vers l’Union européenne étaient en hausse de 6,2 milliards de dollars, pour atteindre 55,3 milliards de dollars, nonobstant les difficultés financières et budgétaires que connaît la zone euro. De même, en dépit de la situation difficile de l’économie japonaise, les exportations de biens et services au Japon ont augmenté de 1,7 milliard de dollars, à 12,6 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année. Les exportations vers le RdM ont connu la plus forte expansion, et la part des exportations canadiennes de biens et services détenue par cette région est passée de 17,0 p. 100 en 2010 à 17,7 p. 100 en 2011. Cela s’est traduit par une augmentation de 13,3 milliards de dollars des exportations vers ces pays, qui ont atteint 94,2 milliards de dollars l’an dernier.

Les importations de biens et services de toutes les grandes régions ont augmenté plus lentement que les exportations. En 2011, le Canada a importé 7,6 p. 100 plus de biens et services des États-Unis, soit 23,9 milliards de dollars, par rapport à l’année précédente. Cette hausse est plus lente que la moyenne et cela a réduit à 60,8 p. 100 (337,8 milliards de dollars) la part des États-Unis dans la composition des importations canadiennes; il s’agit d’une baisse par rapport à l’année précédente (61,8 p. 100). Contrairement à ce que l’on observe du côté des exportations, les importations provenant du Japon ont diminué — de 683 millions de dollars, soit 5,9 p. 100. Cela s’est traduit par une baisse de la part des importations que détient le Japon, de 2,3 p. 100 en 2010 à 1,9 p. 100 en 2011. Les parts des importations cédées par ces deux grandes économies ont été récupérées presque entièrement par les destinations du RdM , dont la part combinée est grimpée à 26,3 p. 100 en 2011, contre 25,1 p. 100 en 2010 et 24,1 p. 100 en 2009. La valeur des importations canadiennes de biens et services en provenance du RdM a progressé de 18,7 milliards de dollars l’an dernier, soit 14,7 p. 100, pour atteindre 145,9 milliards de dollars. Le taux de croissance des importations de l’Union européenne a été de 10,6 p. 100 et la part de cette région à légèrement avancé, à 11,0 p. 100. Les importations de l’Union européenne ont progressé de 5,9 milliards de dollars en valeur, terminant l’année à 61,1 milliards de dollars.

La réduction de 8,6 milliards de dollars du défi cit commercial est principalement attribuable à l’augmentation de l’excédent avec les États-Unis. La croissance plus rapide des exportations que des importations s’est traduite par une amélioration de 11,2 milliards de dollars du solde commercial avec ce pays, produisant un excédent de 32,5 milliards de dollars. Le solde commercial avec l’Union européenne a peu changé en 2011, affi chant une légère amélioration de 0,3 milliard de dollars; par contre, le solde commercial avec le Japon s’est amélioré sensiblement — passant d’un défi cit de 0,6 milliard de dollars à un excédent de 1,8 milliard de dollars. Ces améliorations ont été partiellement annulées par l’aggravation du défi cit commercial avec le RdM , qui a augmenté de 5,4 milliards de dollars en 2011 pour s’établir à 51,7 milliards de dollars en fi n d’année. Dans l’ensemble, l’année écoulée a été marquée par la première amélioration du solde global des échanges commerciaux depuis la crise de 2009, ce qui a contribué à éliminer plus du quart du défi cit commercial exceptionnel du Canada.

Commerce, production et emploi au Canada

Le ratio des exportations au produit intérieur brut (PIB) est souvent utilisé pour mesurer la vitalité d’une économie, le raisonnement étant que les exportations créent des emplois et haussent les revenus en élargissant le marché desservi par les biens et services produits dans l’économie. À cet égard, le contexte économique des années 1990 a été plutôt favorable aux exportateurs canadiens : la part des exportations dans le PIB a augmenté de façon substantielle au cours de cette décennie pour atteindre 45,6 p. 100 en 2000, alors qu’elle n’était que de 25,1 p. 100 en 1991; par la suite, ce ratio a fl échi pour s’établir à 31 p. 100 en 2011.

Cependant, la comparaison des exportations au PIB est trompeuse parce que le PIB est une mesure du contenu à valeur ajoutée de la production, tandis que les exportations sont l’équivalent des ventes brutes, sans tenir compte de l’endroit où sont produits les intrants intermédiaires. Afi n d’évaluer le contenu national des exportations, il faut retrancher le contenu en importations des exportations.

Statistique Canada a produit diverses études en utilisant des tableaux d’entréessorties (E/S) pour montrer la mesure dans laquelle des importations et des emplois sont incorporés aux exportations. Les tableaux d’E/S présentent une comptabilité détaillée des achats faits par l’ensemble des industries en vue de la production de leurs extrants. En soustrayant les achats faits auprès d’autres industries de la production brute, il est possible de dériver la valeur ajoutée et les importations par industrie. Ensuite, ces données peuvent être utilisées pour évaluer le coeffi cient d’intensité des importations d’une industrie et soustraire le contenu en importations de la production.

Ces études ont révélé qu’à mesure que le ratio des exportations au PIB augmentait durant les années 1990, les entreprises canadiennes haussaient également la quantité d’importations qu’elles utilisaient pour produire des exportations (Cameron, 1999; Ghanem et Cross, 2003) : le contenu global en importations des exportations canadiennes a atteint un sommet à environ un tiers en 1999 (Ghanem et Cross, 2003) avant de retomber à 27,1 p. 100 en 2003 (Ghanem et Cross, 2008). En retranchant le contenu en importations des exportations, la part des exportations à valeur ajoutée dans le PIB est passée de 31,4 p. 100 en 2000 à 27,9 p. 100 en 2004 (Ghanem et Cross, 2008). Cependant, ces études de Statistique Canada sont demeurées essentiellement silencieuses sur le nombre d’emplois intégrés aux exportations, à une exception près : l’étude de 1999 de Cameron qui affi rmait que 21 p. 100 de l’ensemble des emplois étaient directement ou indirectement dérivés des exportations.

La section suivante réexamine la problématique des importations et des emplois incorporés aux exportations à l’aide des tableaux d’E/S de Statistique Canada pour 2008 — l’année la plus récente pour laquelle ces données sont disponibles.

Importations et emplois intégrés aux exportations en 2008

En 2008, les exportations représentaient 35,4 p. 100 du PIB. Cependant, lorsque le contenu en importations (26,3 p. 100) est retranché des exportations brutes, la part des exportations à valeur ajoutée dans le PIB glisse à 26,1 p. 100. Le tableau 1 fait voir qu’en moyenne, 10,1 p. 100 de tous les emplois étaient directement liés aux exportations et que chaque emploi direct créé engendrait indirectement 0,9 emploi (par l’intermédiaire des intrants nécessaires pour produire les biens exportés — p. ex. l’acier entrant dans la fabrication des véhicules)Note 1 de bas de Module 2. Ce qui veut dire que, dans l’ensemble de l’économie, 19,3 p. 100 de tous les emplois étaient directement ou indirectement liés aux exportations, soit un emploi sur cinq.

Tableau 1
Contenu en emplois et en importations intégré aux exportations, 2008
SecteurPart des exportations dans le PIBContenu en importations des exportationsPart de la valeur ajoutée des exportations dans le PIBPourcentage des emplois de l’industrie directement liés aux exportationsMultiplicateur de l’emploi des exportationsPourcentage de tous les emplois du secteur liés aux exportations
Ensemble de l’économie35,4 %26,3 %26,1 %10,1 %1,9 %19,3 %
Agriculture, forêt, pêche et chasse65,4 %18,8 %53,1 %23,0 %1,9 %43,6 %
Extraction minière, pétrolière et gazière76,5 %7,8 %70,5 %32,5 %3,7 %118,6 %
Services publics10,9 %10,4 %9,8 %7,6 %1,8 %13,5 %
Construction0,2 %14,2 %0,1 %0,0 %1,6 %0,1 %
Fabrication164,4 %40,1 %98,5 %43,0 %2,2 %93,1 %
Services10,8 %11,9 %9,5 %6,0 %1,5 %9,2 %

Source : Statistique Canada, Division des E/S et calculs de l’auteur

Les six principaux sous-secteurs de l’économie montrent une variation considérable de leur orientation vers l’exportation — la part des exportations dans le PIB sectoriel. Comme on peut s’y attendre, les activités de construction sont presque exclusivement concentrées sur le marché intérieur, tandis que les manufacturiers canadiens, toujours à la recherche de nouveaux débouchés à l’étranger, ont le degré le plus élevé d’orientation vers l’exportation, soit 164 p. 100. Même s’il peut sembler étrange que ce secteur ait un degré d’orientation vers l’exportation supérieur à 100 p. 100 (puisque les exportations ne constituent qu’une partie de la production totale), un tel ratio s’explique par le fait que les tableaux d’E/S présentent les exportations par secteur et expriment ces valeurs sur une base brute, tandis que le PIB représente la valeur ajoutée dans le secteur. Ainsi, un secteur comme la fabrication se voit créditer la pleine valeur de l’exportation, mais il peut n’avoir contribué qu’une infi me partie de la valeur ajoutée aux produits fi nals exportés. De plus, la fragmentation accrue du processus de production a engendré des flux commerciaux dont la progression a été plus rapide que celle de la production — des biens intermédiaires peuvent être échangés et traverser la frontière à plusieurs reprises avant qu’un produit ne trouve sa forme fi nale. Le résultat net est vraisemblablement un gonflement des flux d’exportations bruts (en raison du multiple comptage) par rapport à la valeur ajoutée à chaque étape de la production.

Dans la plupart des secteurs, le contenu en importations des exportations est d’environ 10 p. 100, avec des variations mineures. Les secteurs qui font exception sont celui de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse, dont le ratio est tout juste inférieur à 19 p. 100, et celui de la fabrication, où il dépasse légèrement 40 p. 100.

Tel que prévu, étant donné la forte pondération des biens dans les exportations totales du Canada, les secteurs de biens affi chent les parts les plus élevées de l’emploi de l’industrie lié aux exportations. La fabrication vient en tête, avec 43 p. 100 de tous les emplois directement liés aux exportations en 2008. Le secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière arrive au second rang, avec environ le tiers des emplois, suivi du secteur de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse.

On peut voir au tableau 1 que le multiplicateur de l’emploi des exportations est plus élevé dans le secteur de l’exploration minière, pétrolière et gazière, soit 3,7. Si on les conjugue à l’impact de l’emploi direct (32,5 p. 100), les exportations de produits minéraux, de pétrole et de gaz engendrent des emplois dans l’économie équivalant à 118,6 p. 100 (ou plus de la totalité) des emplois dans ce secteur. De façon similaire, alors que plus de 40 p. 100 des emplois manufacturiers dépendent directement des exportations et que le multiplicateur de l’emploi total est de 2,2, les exportations du secteur manufacturier engendrent l’équivalent de 93 p. 100 de tous les emplois manufacturiers au sein de l’économie. À l’autre extrémité, pour chaque emploi engendré par les exportations de services, un demiemploi additionnel est créé ailleurs dans l’économie. Globalement, les exportations de services ne créent directement que 6 p. 100 des emplois dans les services et l’équivalant de 9 p. 100 de l’ensemble des emplois liés aux services dans l’économie.

Les industries d’exportation versent-elles une rémunération supérieure?

L’un des arguments à l’appui de la libéralisation du commerce est que les entreprises exportatrices versent à leurs employés des salaires plus élevés que les entreprises qui n’exportent pasNote 2 de bas de Module 2. Les donnée catégories ‘exportateurs’ et ‘non-exportateurs’, mais elles permettent de faire une répartition selon l’intensité des exportations d’une industrie (la part des exportations dans le PIB de l’industrie) et une comparaison de cette intensité par rapport à la rémunération horaire moyenne que touchent les travailleurs de l’industrie. Même si la plupart des secteurs exportent dans une certaine mesure, l’analyse cible les secteurs de production de biens, refl étant le fait que les biens représentent la plus grande partie des exportations du Canada; le secteur manufacturier a été ventilé en 20 sous-secteursNote 3 de bas de Module 2.

Tableau 2
Intensité des exportations et rémunération dans les secteurs de production de biensNote 4 de bas de Module 2
Intensité des exportationsExportations en pourcentage du PIBRémunération horaire totale
Élevée292,2 %39,99 $
Modérée148,9 %30,45 $
Faible76,2 %25,96 $
  • Corrélation entre la rémunération horaire et la part des exportations dans le PIB — fabrication : 0,68 %
  • Corrélation entre la rémunération horaire et les exportations par employé — fabrication : 0,.80 %

Source : Statistique Canada, Division des E/S et calculs de l’auteur

Le tableau 2 révèle qu’au niveau agrégé, plus la part des exportations dans le PIB est élevée, plus sera élevée la rémunération horaire totale. De façon générale, les secteurs de biens qui ont l’intensité d’exportation la plus élevée versent des salairesNote 5 de bas de Module 2 qui, en moyenne, sont plus de 50 p. 100 supérieurs à ceux des secteurs qui ont la plus faible intensité d’exportation. Lorsque les salaires et l’intensité des exportations sont mis en corrélation secteur par secteur pour les 20 sous-secteurs de fabrication, la relation tient et le coefficient de corrélation atteint 0,68. Lorsque les salaires sont mis en corrélation avec les exportations par employé, le taux de corrélation grimpe à 0,80, ce qui signifi e que les salaires augmentent à mesure que s’élèvent les exportations par employéNote 6 de bas de Module 2.

Bibliographie de module

Breau, Sébastien et W. Mark Brown (2011), « Liaisons globales : exportation, investissement étranger direct et rémunération : données du secteur canadien de la fabrication », L’économie canadienne en transition, Statistique Canada, no 11-622 au Catalogue — no 021, août.

Cameron, Grant (1999), « Exportations, PIB et emplois », Perspectives, Statistique Canada, no 75-001 au Catalogue, hiver 1999, p. 39 à 41.

Cross, Philip et Ziad Ghanem (2006), « Multiplicateurs et impartition : interaction des branches d’activité et infl uence sur le PIB », L’observateur économique canadien, Statistique Canada, no 11-010 au Catalogue, janvier 2006, p. 3.1 à 3.18.

Ghanem, Ziad et Philip Cross (2003), « L’ampleur des importations dans les exportations des provinces », L’observateur économique canadien, Statistique Canada, no 11-010 au Catalogue, juin 2003, p. 3.1 à 3.6.

Ghanem, Ziad et Philip Cross (2008), « À la trace du commerce à valeur ajoutée : contenu des exportations en intrants », L’observateur économique canadien, Statistique Canada, no 11-010 au Catalogue, février 2008, p. 3.1 à 3.12.

Notes de bas de Module 2

Note 1 de bas de module

En d’autres termes, les exportations totales ont un effet multiplicateur de 1,9 sur l’emploi, ce qui signifi e que chaque emploi lié directement aux exportations est lui-même associé à 1,9 emploi dans l’économie (1 emploi direct et 0,9 emploi indirect). Selon Cross et Ghanem (2006), ces multiplicateurs illustrent les liens entre un changement touchant un facteur dans une industrie et ses retombées sur d’autres industries.

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Note 2 de bas de module

Une étude récente de Breau et Brown (2011) montre que les exportations comportent une prime salariale de 6 p. 100, après avoir neutralisé l’effet des caractéristiques propres aux usines de fabrication et aux travailleurs.

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Note 3 de bas de module

En outre, les services publics, la construction et les services de soutien aux secteurs de l’extraction et de la forêt ont été retranchés de l’analyse.

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Note 4 de bas de module

Les secteurs classés comme ayant une intensité d’exportation élevée incluent notamment le matériel de transport, la fabrication de produits du pétrole et du charbon, la fabrication de métaux de première fusion et les produits chimiques. Ces secteurs ont un degré d’intensité à l’exportation supérieur à 200 p. 100 du PIB sectoriel. Les secteurs qui ont une intensité d’exportation modérée incluent notamment la fabrication du papier, les ordinateurs et produits électroniques, le matériel et les appareils électriques, les machines, les produits en cuir, les textiles, les vêtements, les plastiques et le caoutchouc, les produits manufacturés divers et les produits en bois. Ces secteurs font voir un degré d’intensité des exportations qui se situe entre 100 p. 100 et 200 p. 100. Enfi n, les secteurs qui sont classés comme ayant une faible intensité d’exportation affi chent un degré d’intensité des exportations inférieur à 100 p. 100 du PIB sectoriel. Ces secteurs incluent notamment les meubles, la pêche, la chasse et le piégeage, la fabrication d’aliments, l’extraction minière, pétrolière et gazière, la production céréalière et animalière, la fabrication de produits métalliques, les minerais non métalliques, les produits d’imprimerie, les boissons et le tabac, et la foresterie et l’abattage.

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Note 5 de bas de module

Plus exactement, il s’agit de la rémunération horaire; dans la suite, celle-ci est assimilée aux salaires.

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Note 6 de bas de module

Il s’agit d’une corrélation simple et, à ce titre, elle ne suppose pas de causalité. La documentation économique incite à penser que d’autres facteurs tels que la taille de l’usine, l’intensité du capital, le contrôle étranger et le statut d’entreprise comptant plusieurs unités ont un lien positif avec des salaires plus élevés. Voir Breau et Brown (2011) pour une analyse plus détaillée des causes possibles de ces primes salariales.

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Le commerce des biens

Si les services occupent une place dominante dans le PIB des économies modernes, y compris celles du Canada, la part du lion des exportations canadiennes provient toujours des biens, et cette situation devrait se prolonger pendant des années à venir. Les biens représentaient 85,9 p. 100 des exportations en 2011, une part un peu plus élevée que celle de 85,0 p. 100 observée un an plus tôt. Les expéditions de biens sont beaucoup plus sensibles aux aléas de l’économie que les services, tant en volume qu’au niveau des prix, et elles ont donc tendance à varier davantage au cours des récessions et des reprises, engendrant des mouvements de plus grande ampleur dans le commerce global et le PIB. Il n’est pas étonnant alors que le rôle dominant revienne aux biens au moment où se poursuit la reprise commerciale au Canada. Les exportations totales de biens ont augmenté de 13,0 p. 100 l’an dernier, soit de 52,7 milliards de dollars, pour atteindre 457,5 milliards de dollars. Cette hausse représentait 93,6 p. 100 de l’expansion totale des exportations. Globalement, le commerce a augmenté de 104,1 milliards de dollars, les biens étant responsables de 91,3 p. 100 de ce gain. Le commerce total des biens a grimpé jusqu’à 2 p. 100 sous son niveau de 2008. En 2011, le Canada a enregistré un premier excédent dans ses échanges de biens depuis 2008.

Sur une augmentation totale de 52,7 milliards de dollars des exportations, 34,0 milliards de dollars (64,5 p. 100) provient des exportations aux États-Unis, ce qui correspond à une hausse de 11,5 p. 100 sur l’année. Parallèlement, les importations en provenance des États-Unis ont fourni exactement la moitié de l’augmentation totale des importations de biens, qui a atteint 42,3 milliards de dollars en 2011. Étant donné que les importations provenant des États-Unis ont progressé de seulement 8,1 p. 100, l’excédent du commerce des biens du Canada avec son principal partenaire commercial a augmenté de 12,8 milliards de dollars pour atteindre 49,6 milliards de dollars l’an dernier.

Plus du cinquième de la croissance des exportations de biens (21,1 p. 100) est imputable aux destinations du reste du monde (RdM ). Les exportations vers ce groupe de pays ont augmenté de 18,0 p. 100, gagnant 11,1 milliards de dollars en 2011 pour s’établir à 73,1 milliards de dollars. Les importations de biens ont avancé presque aussi rapidement, soit à un taux de 15,9 p. 100, correspondant à un gain de 16,5 milliards de dollars en raison de volumes d’échanges plus élevés, pour atteindre 119,9 milliards de dollars en fi n d’année. Ces mouvements ont creusé le défi cit du commerce des biens entre le Canada et le RdM de 5,3 milliards de dollars, à 46,8 milliards de dollars.

Les exportations de biens canadiens vers l’Union européenne (UE) ont progressé de 16,3 p. 100 l’an dernier, ajoutant 5,9 milliards de dollars, pour atteindre 42,4 milliards de dollars. Les importations ont avancé un peu plus lentement, soit à un rythme de 13,5 p. 100 (5,4 milliards de dollars), à 45,8 milliards de dollars, ce qui équivaut à 10,0 p. 100 des importations totales de biens au Canada. L’effet net a été de réduire le défi cit du commerce des biens du Canada avec l’UE de 0,5 milliard de dollars; ce défi cit est donc passé de 3,9 milliards de dollars en 2010 à 3,4 milliards de dollars l’an dernier.

Les exportations de biens au Japon ont progressé de 16,9 p. 100 en 2011, soit 1,6 milliard de dollars, terminant l’année à 11,4 milliards de dollars. Par ailleurs, les importations en provenance du Japon ont reculé de 7,6 p. 100, soit une perte de 0,8 milliard de dollars en valeur. Les importations de biens du Japon ont atteint 9,3 milliards de dollars pour l’année 2011. Par conséquent, le solde du commerce des biens avec le Japon s’est amélioré de 2,4 milliards de dollars, passant d’un déficit de 0,4 milliard de dollars en 2010 à un excédent de 2,1 milliards de dollars en 2011.

Performance sectorielle du commerce des biens

La reprise du commerce des biens s’est accélérée en 2011, les exportations dépassant leurs niveaux d’avant la récession dans certains secteurs clés. Six des sept grands secteurs ont enregistré des gains. En grande partie, le taux de croissance dans les deux chiffres (13,0 p. 100) du commerce des biens s’explique par des prix plus élevés (hausse globale de 8,6 p. 100). En comparaison, les volumes exportés n’ont progressé que de 4,0 p. 100. Dans une proportion de plus des trois quarts, la croissance globale provient de l’augmentation des exportations de produits énergétiques et de biens et matériaux industriels. Ces secteurs ont fourni près de la moitié des exportations totales de biens du Canada en 2011.

Figure 4-3
Croissance des exportations de biens du Canada par grand groupe, 2011

Équivalent textuel pour Figure 4-3
Croissance des exportations de biens du Canada par grand groupe
 ValeursVolumesPrix
Ensemble des biens12,9 %4,0 %8,6 %
Agroalimentaire11,1 %-2,1 %13,5 %
Énergie22,0 %4,8 %16,4 %
Forêt2,4 %3,0 %-0,6 %
Biens industriels21,2 %5,8 %14,6 %
Machines5,9 %6,0 %-0,1 %
Automobiles4,4 %5,8 %-1,3 %
Biens de consommation-0,5 %-1,1 %0,6 %

Les biens et matériaux industriels ont été le plus important secteur d’exportation pour une deuxième année d’affilée, enregistrant une croissance de 21,2 p. 100 en 2011, soit presque autant que l’année précédente. Cela a ajouté 20,4 milliards de dollars à la valeur des exportations de ce secteur, qui sont passées à 117,0 milliards de dollars, un niveau supérieur au sommet d’avant la récession. L’importance de ce secteur ne cesse d’augmenter : il représente aujourd’hui 25,5 p. 100 des exportations totales de biens canadiens. La hausse des prix des produits est responsable de plus des deux tiers de la croissance. Les métaux et alliages ont dominé les gains, avançant de 8,2 milliards de dollars, soit 22,7 p. 100, à 44,3 milliards de dollars. Cette catégorie a elle-même été stimulée par la sous-catégorie des pierres et métaux précieux, qui a fourni 6,4 milliards de dollars — plus des trois quarts — aux gains enregistrés dans les exportations de métaux et alliages. La hausse générale des prix de l’or et de l’argent est à l’origine de l’augmentation de 28,6 p. 100 des prix dans cette catégorie et, sous l’effet conjugué de ce facteur et de la progression des volumes (13,0 p. 100), la valeur des exportations a fait un bond spectaculaire de 45,3 p. 100. Parmi les métaux et alliages, cette robuste croissance n’a été dépassée que par celle des exportations de nickel (50,2 p. 100). Fait à noter, cette dernière performance s’explique par des volumes plus élevés (42,8 p. 100), plutôt que la hausse des prix (5,1 p. 100). La sous-catégorie des minerais métalliques est celle où la croissance a été la plus forte, à 34,4 p. 100, fournissant 4,5 milliards de dollars à l’augmentation globale des exportations en 2011. Les exportations de minerais de cuivre et de fer venaient en tête grâce à une expansion de 51,4 p. 100 (1,3 milliard de dollars) et de 33,1 p. 100 (1,5 milliard de dollars), respectivement, le premier groupe montrant des volumes accrus et le second, des prix plus élevés. La croissance de 18,8 p. 100 des exportations de produits chimiques (gain de 5,7 milliards de dollars) est attribuable à l’augmentation des prix des produits chimiques organiques et inorganiques, des volumes plus élevés d’exportation de plastiques et de caoutchouc synthétique, et une combinaison de ces deux facteurs pour les engrais. Les seuls produits importants qui ont encaissé un recul sont l’amiante (baisse de 45,3 p. 100) et le fer et l’acier primaire (recul de 23,4 p. 100); dans les deux cas, les pertes sont attribuables à des volumes inférieurs.

Les gains à l’exportation des produits énergétiques, le second secteur en importance, ont été les plus élevés de tous les secteurs, à 21,1 milliards de dollars (soit 23,2 p. 100), pour des exportations totales de quelque 112,1 milliards de dollars en 2011. Les hausses de prix sont le principal facteur à l’origine de ce gain. Dans une proportion de 85,6 p. 100, cette augmentation s’explique par la croissance des exportations de pétrole brut, en hausse de 36,3 p. 100, alors que les prix de ces produits avançaient de 18,5 p. 100 et que les volumes exportés étaient en expansion de 13,1 p. 100. Les prix du charbon ont bondi de plus de 40 p. 100, mais ceux de l’électricité ont fléchi de 10 p. 100; les prix des produits du pétrole et du charbon ont cependant progressé à peu près au rythme de l’augmentation des prix du pétrole brut (environ 20 p. 100). Par conséquent, les exportations d’électricité sont demeurées pratiquement inchangées sur l’année, les volumes plus élevés étant compensés par le recul de 10 p. 100 des prix. Les exportations de charbon ont augmenté de 2,0 milliards de dollars (38,4 p. 100), tandis que celles des produits du pétrole et du charbon gagnaient 3,2 milliards de dollars (17,9 p. 100). Les prix du gaz naturel ont chuté de 11,6 p. 100, entraînant une diminution de 2,2 milliards de dollars (14,3 p. 100) de la valeur des exportations de gaz naturel.

Les exportations de machines et matériel ont finalement stoppé le déclin qui se poursuivait depuis trois ans en inscrivant un gain de 4,5 milliards de dollars (5,9 p. 100), pour atteindre 80,6 milliards de dollars en 2011. Ce niveau demeure environ 14 p. 100 sous le sommet enregistré dans ce secteur en 2007. Toutes les catégories ont contribué à la progression, qui s’est appuyée sur des hausses de volumes puisque les prix dans ce secteur sont demeurés inchangés, à l’exception d’une baisse de 10 p. 100 des prix des machines et du matériel de bureau. Les exportations de machines industrielles et agricoles, qui représentent environ le quart des exportations de ce secteur, ont progressé le plus rapidement (11,9 p. 100), ajoutant 2,1 milliards de dollars à l’augmentation des exportations. Les aéronefs et autres matériels de transport, qui comptent aussi pour un quart des exportations, ont enregistré une croissance plus faible, soit 3,3 p. 100, fournissant 0,6 milliard de dollars en valeur. Le reste de la catégorie, les autres machines et matériels, a progressé de 4,4 p. 100 grâce à une augmentation des exportations d’autres matériels, outils et produits finals, tandis que l’augmentation des volumes exportés de machines et matériel de bureau a compensé la diminution des prix de ces produits.

Les exportations de produits de l’automobile, en recul de 2004 à 2009, ont connu une seconde année de reprise, quoique le gain ait été inférieur à celui de 2010, le marché des voitures personnelles aux États-Unis continuant d’afficher une faiblesse considérable. La progression de 4,4 p. 100 correspond à une augmentation de 2,5 milliards de dollars en valeur, portant le total à 59,3 milliards de dollars, ce qui est toujours un tiers sous le niveau record de 2004. Même si les exportations de camions et d’autres véhicules ont progressé considérablement (27,7 p. 100), cela ne représente que 0,6 milliard de dollars parce que cette catégorie a littéralement fondu au cours de la dernière décennie.

Les exportations de pièces de véhicules automobiles étaient en hausse de 3,3 p. 100 et ont contribué 0,5 milliard de dollars à la croissance totale. Les voitures de tourisme, qui représentent l’essentiel de cette catégorie, ont surmonté le repli de 1,8 p. 100 des prix pour enregistrer une augmentation globale de 3,5 p. 100, soit 1,3 milliard de dollars.

Les produits de l’agriculture et de la pêche sont l’autre grand secteur où les exportations ont dépassé leur niveau d’avant la récession, avec un gain de 11,1 p. 100, soit 4,1 milliards de dollars. Il y a donc eu renversement de la tendance baissière des dernières années. Les valeurs exportées ont terminé l’année à 41,0 milliards de dollars, avec des volumes en retrait de 2,1 p. 100 et des prix en hausse de 13,5 p. 100. Les hausses de prix ont touché principalement le blé (40,9 p. 100), l’orge (31,3 p. 100), les autres céréales (28,5 p. 100) et le canola (23,5 p. 100). Ainsi, les exportations de blé ont gagné 1,3 milliard de dollars et les exportations de canola, 1,2 milliard de dollars; le reste des gains était réparti parmi un grand nombre d’autres produits. Les animaux vivants sont le seul produit dont les exportations ont diminué (de 0,2 milliard de dollars), correspondant à une baisse de 29,1 p. 100 des volumes et une hausse de 20,3 p. 100 des prix.

Profil des entreprises de technologies propres au Canada — centrées sur leurs créneaux

Figure 5
Revenus de technologies propres canadiennes par industrie

Équivalent textuel pour Figure 5
  • Procédés industriels : 15 %
  • Traitement des eaux : 14 %
  • Biocarburants et bioénergie : 9 %
  • Production d’énergie propre : 11 %
  • Infrastructure énergétique : 4 %
  • Restauration et traitement des sols : 2 %
  • Transports propres : 16 %
  • Recyclage et récupération : 13 %
  • Efficacité énergétique : 16 %

Le secteur des technologies propres au Canada est souvent dépeint comme très prometteur. Parmi les caractéristiques clés de ce secteur, il y a le fait qu’en dépit d’une taille relativement modeste à l’échelle mondiale, il mise sur l’exportation, notamment vers des destinations autres que les États- Unis, pour une part élevée de ses revenus. Ce secteur a aussi une forte intensité de R-D, à l’exemple de l’industrie canadienne de l’aérospatiale. Ces facteurs donnent à penser que le Canada possède des atouts dans certains créneaux pour ancrer sa croissance future.

Le secteur des technologies propres comprend les industries

  1. qui produisent des biens ou services classiques, mais avec une empreinte sur l’environnement sensiblement moindre que celle des méthodes de production traditionnelles;
  2. qui produisent des biens ou services permettant de réduire l’utilisation de l’eau ou de l’énergie dans d’autres secteurs ou industries; et
  3. qui réparent les dommages déjà causés à l’environnement.

Un aspect clé de la défi nition d’une entreprise de technologie propre est qu’elle doit posséder une technologie exclusive qui la distingue de ses concurrentes plus traditionnellesNote 1 de bas de Module 3.

Étant donné la nature relativement nouvelle du secteur et le fait qu’il chevauche un certain nombre d’industries existantes, il correspond mal aux défi nitions courantes, au niveau des produits ou des industries. Pour contourner ce problème, le présent rapport utilise des données provenant du Rapport 2011 sur l’industrie canadienne des technologies propres.

Les entreprises de technologie proper sont généralement de petite ou moyenne taille. Bien que le secteur emploie 44 000 Canadiens, l’effectif moyen d’une entreprise est estimé à seulement 64 employés. En 2010, les entreprises canadiennes de technologie propre ont généré des revenus de 9 milliards de dollars et, selon les estimations, le taux annuel moyen composé de croissance de l’industrie depuis 2008 atteint 19 p. 100 —un taux particulièrement impressionnant étant donné que cette croissance est survenue alors que sévissait la récession mondiale. Les recettes du secteur se répartissent assez également entre les industries autres que celles liées à l’infrastructure énergétique et au traitement des sols, qui ont une taille relativement modeste.

Figure 6
Part canadienne du marché mondial

Équivalent textuel pour Figure 6
  • Traitement des eaux : 1,1 %
  • Procédés industriels : 0,6 %
  • Efficacité énergétique : 0,8 %
  • Recyclage et récupération : 4,7 %
  • Transports propres : 2,5 %
  • Restauration et traitement des sols : 0,4 %
  • Infrastructure énergétique : 0,4 %
  • Production d’énergie propre : 0,4 %
  • Biocarburants et bioénergie : 0,9 %

Le secteur canadien des technologies propres est relativement petit à l’échelle mondiale, représentant seulement 0,8 p. 100 du marché mondial des technologies propres, estimé à 1,1 billion de dollarsNote 2 de bas de Module 3, ce qui est largement inférieur à la part du Canada dans le commerce mondial (environ 2,6 p. 100 en 2010) et à la part du Canada dans l’économie mondiale (autour de 2,0 p. 100). Le Canada est un acteur relativement modeste dans la plupart des industries, dont la majorité arrivent sous le seuil de référence correspondant à la part de 2,0 p. 100 du PIB mondial détenue par le Canada. L’industrie du recyclage et de la récupération et celle des transports propres se démarquent parce qu’elles dépassent ce seuil de référence par une bonne marge, une indication probable de leur vitalité. Cependant, comme il est mentionné plus loin, l’industrie du recyclage et de la récupération demeure essentiellement tournée vers le marché intérieur.

Étant donné la taille relativement modeste du marché canadien, les entreprises de technologie propre au Canada doivent, presque dès le départ, viser à desservir les marchés mondiaux pour atteindre une échelle d’exploitation raisonnable. C’est la raison pour laquelle ces entreprises ont tendance à être relativement orientées vers les marchés d’exportation. En 2010, 80 p. 100 des entreprises de technologie propre étaient présentes sur les marchés d’exportation et, en moyenne, 53 p. 100 de leurs revenus totaux provenaient de l’extérieur du pays.

Il ne faut donc pas se surprendre que les États-Unis soient le premier marché convoité car il représente le tiers des recettes de cette industrie et 57 p. 100 de ses gains à l’exportation. Ce qui a de quoi étonner est que 23 p. 100 de revenus et 43 p. 100 des gains à l’exportation de ces industries proviennent de marchés étrangers autres que les États-Unis, une part sensiblement plus élevée que dans la plupart des industries manufacturières canadiennes. Dans une proportion de 55 p. 100, les entreprises de technologies propres ont exporté sur des marchés autres que les États-Unis en 2010. L’Europe était de loin le principal marché étranger hors des États-Unis, fournissant 11 p. 100 des revenus et près de la moitié des gains à l’exportation venant de destinations autres que les États-Unis.

Figure 7
Part des revenus d’exportation

Équivalent textuel pour Figure 7
Part des revenus d’exportation
 États-UnisAutres que les États-Unis
Traitement des eaux31 %21 %
Procédés industriels43 %44 %
Efficacité énergétique20 %4 %
Recyclage et récupération18 %2 %
Transports propres43 %17 %
Restauration et traitement des sols32 %3 %
Infrastructure énergétique42 %36 %
Production d’énergie propre26 %32 %
Biocarburants et bioénergie4 %12 %

Un examen des parts des recettes provenant de l’exportation au niveau des industries individuelles révèle que les procédés industriels et l’infrastructure énergétique sont deux industries particulièrement tournées vers l’exportation. Vient ensuite l’industrie des transports propres qui, comme on l’a noté précédemment, est l’un des sous-secteurs où le Canada détient une part du marché mondial supérieure à la moyenne.

Il est en effet remarquable que presque toutes les industries misent sur les marchés étrangers pour une part importante de leurs revenus et, qui plus est, sur des marchés étrangers autres que les États- Unis. En 2010, quatre des neuf industries de ce secteur comptaient sur les marchés internationaux pour plus de 50 p. 100 de leurs revenus. Cela est certes une indication que ces industries occupent de solides créneaux dans leur sous-secteur respectif, en s’appuyant sur des technologies de propriété exclusive.

Le secteur des technologies propres a aussi un niveau élevé d’activités de R-D. Selon les estimations, ce secteur a globalement investi 985 millions de dollars en R-D en 2010, soit environ 11 p. 100 de son chiffre d’affaires. L’échelle de ces investissements est semblable à celle du secteur de l’aérospatiale.

Dans l’ensemble, les technologies propres constituent un secteur de l’économie canadienne en croissance rapide. Bien que le secteur ait actuellement une taille limitée à l’échelle mondiale, ses atouts résident dans l’exploitation de créneaux où il détient un avantage technologique et dans l’innovation. L’expansion sur les marchés internationaux sera donc une dimension clé de cette stratégie. Elle permettrait aux entreprises canadiennes de répartir leurs coûts de R-D sur les marchés internationaux en leur donnant accès à des capitaux concurrentiels à l’échelle mondiale, grâce auxquels elles pourront se développer pour atteindre l’échelle d’exploitation nécessaire.

Notes de bas de Module 3

Note 1 de bas de module

Contrairement à certaines défi nitions utilisées pour ce secteur, les technologies propres ne comprennent pas les intrants en amont ou en aval ou les services de soutien tels que le fi nancement.

Retour à la référence de la note de bas de module 1

Note 2 de bas de module

Selon le Rapport 2011 sur l’industrie canadienne des technologies propres, qui utilise une défi nition du secteur conforme aux autres données présentées dans cet article. Il existe diverses mesures alternatives de la taille de l’industrie fondées sur différentes défi nitions des secteurs et différentes méthodologies.

Retour à la référence de la note de bas de module 2

Les hauts et les bas du secteur des produits forestiers ont fait écho à ceux du secteur des produits de l’automobile. La forte croissance enregistrée en 2010 est venue mettre fi n à cinq années de repli, suivie d’une modeste croissance en 2011. Les exportations de produits forestiers étaient en hausse de 2,4 p. 100 l’an dernier (0,5 milliard de dollars), pour atteindre 22,4 milliards de dollars. L’augmentation des volumes de 3,0 p. 100 a fait contrepoids au fl échissement des prix de 0,6 p. 100. Le bois d’oeuvre a gagné 6,9 p. 100 (0,3 milliard de dollars) et les autres produits de bois brut ont progressé de 35,3 p. 100 (0,2 milliard de dollars), aidés par un bond de 10 p. 100 des prix.

Figure 4-4
Croissance des importations de biens du Canada par grand groupe, 2011

Équivalent textuel pour Figure 4-4
Croissance des importations de biens du Canada par grand groupe
 ValeursVolumesPrix
Ensemble des biens10,1 %8,1 %1,8 %
Agroalimentaire10,3 %7,8 %2,3 %
Énergie28,2 %3,7 %23,6 %
Forêt-4,9 %-1,3 %-3,7 %
Biens industriels12,7 %5,6 %6,7 %
Machines9,5 %14,4 %-4,3 %
Automobiles3,7 %5,6 %-1,8 %
Biens de consommation3,1 %3,7 %-0,5 %

Les autres biens de consommation sont le seul autre grand secteur où la valeur des exportations a régressé; à 0,5 p. 100, la perte est plutôt marginale et ne représente que 75 millions de dollars. Néanmoins, 2011 marque la quatrième année de déclin pour ce secteur, qui englobe les meubles, le matériel de sport et les vêtements. Les volumes étaient en baisse de 1,1 p. 100, tandis que les prix montaient légèrement, soit de 0,6 p. 100.

Les importations de biens ont progressé de 10,2 p. 100 l’an dernier, à la faveur de la reprise continue de l’économie intérieure; la plus grande partie de l’augmentation est attribuable à des volumes accrus (8,1 p. 100). La valeur des importations a bondi de 42,3 milliards de dollars, pour atteindre 456,1 milliards de dollars en 2011, un sommet historique. Six des sept grands secteurs ont vu augmenter la valeur de leurs importations l’an dernier.

Les machines et le matériel ont été la plus importante catégorie d’importation en 2011, dépassant le niveau record d’avant la récession pour s’établir à 124,7 milliards de dollars grâce à une expansion de 9,5 p. 100 (10,8 milliards de dollars). Les prix ont globalement fl échi de 4,3 p. 100, mais les volumes importés ont augmenté beaucoup plus rapidement (14,4 p. 100). Plus de la moitié de cette progression est imputable à la hausse des importations de machines industrielles et agricoles, soit 5,5 milliards de dollars (18,4 p. 100). Cette catégorie atteint maintenant 35,7 milliards de dollars, soit bien au-delà du quart des importations canadiennes de machines et de matériel. L’an dernier, les hausses étaient dominées par les achats importants de matériel de forage et d’extraction minière à l’étranger — les volumes étaient en hausse de 76,9 p. 100, tandis que les prix fléchissaient de 8,8 p. 100; les valeurs importées ont donc augmenté de 61,4 p. 100, faisant une contribution de 1,1 milliard de dollars à la croissance pour l’ensemble de l’année. Les importations de machines d’excavation ont aussi affiché une forte croissance (30,5 p. 100), comme ce fut le cas des autres machines industrielles (17,9 p. 100) — tous les gains sont imputables à des volumes accrus. Les autres machines industrielles, qui représentent plus de la moitié de la catégorie des machines industrielles et agricoles, ont ajouté 2,7 milliards de dollars à la croissance de ce secteur. Les importations d’autres matériels de transport ont progressé de 20,1 p. 100 sous l’effet d’une expansion des volumes, gonflant de 1,1 milliard de dollars les importations totales du secteur. Les prix des machines et du matériel de bureau ont reculé de 17,2 p. 100, alors que les volumes importés augmentaient de 24,9 p. 100, entraînant une croissance de 0,5 milliard de dollars. Les autres machines et matériel — une vaste catégorie — ont enregistré une croissance plus égale cette année, soit 6,2 p. 100, grâce à des volumes accrus qui ont compensé une légère diminution des prix. En raison de la taille de cette catégorie, qui compte pour près de la moitié des importations canadiennes de machines et de matériel, sa contribution à l’augmentation des importations en 2011 a atteint 3,5 milliards de dollars.

En 2011, les biens et matériaux industriels sont demeurés la deuxième plus grande catégorie, avec des importations de 98,0 milliards de dollars, un niveau record. La croissance a atteint 12,7 p. 100 sur l’année, ajoutant 11,1 milliards de dollars aux importations totales de biens, les prix et les volumes contribuant à ces gains à parts presque égales. Les métaux et les minerais métalliques venaient en tête, avec une expansion de 6,9 milliards de dollars (20,7 p. 100). La sous-catégorie des métaux précieux a été le principal moteur dans cette catégorie, progressant de 34,2 p. 100 (principalement en volume) pour ajouter 3,8 milliards de dollars à la croissance des exportations de métaux et de minerais métalliques. L’augmentation relativement modeste de 8,7 p. 100 des prix des métaux précieux importés au Canada et la hausse beaucoup plus importante des prix à l’exportation (tel qu’indiqué précédemment), donne à penser que le Canada pourrait avoir importé plus de métaux bruts (comme de l’or et de l’argent) en vue de créer une valeur ajoutée cette année et profiter éventuellement des prix plus élevés des produits manufacturés à partir de ces métaux. Pour ce qui est des autres produits, les métaux sous forme de minerais et de concentrés ont enregistré une expansion de 18,6 p. 100, à l’instar des autres produits en fer et en acier, qui ont contribué 2,1 milliards de dollars aux valeurs importées dans cette catégorie, sous l’effet d’augmentations des prix et des volumes. Les autres catégories au sein du secteur des biens et matériaux industriels ont crû plus lentement; ainsi, les produits chimiques et les plastiques ont avancé de 8,8 p. 100 (2,6 milliards de dollars), principalement à cause d’une hausse des prix de 6,4 p. 100. Les volumes importés de produits chimiques organiques ont diminué de 10,4 p. 100, mais cette tendance a été compensée par une progression de 14,3 p. 100 des prix. La valeur des autres biens et matériaux industriels importés a progressé de 1,6 milliard de dollars (6,5 p. 100), ce qui est avant tout attribuable aux produits de base en métal, qui ont augmenté de 1,3 milliard de dollars (13,5 p. 100), sous l’impulsion de volumes accrus, alors que les prix sont demeurés stables.

Les importations de produits de l’automobile étaient en hausse pour une deuxième année d’affilée, augmentant de 3,7 p. 100, soit 2,6 milliards de dollars, pour atteindre 71,3 milliards de dollars en 2011. Un fléchissement des prix de 1,8 p. 100 a été compensé par une expansion des volumes de 5,6 p. 100. Les importations de camions et d’autres véhicules automobiles ont été la catégorie la plus importante sous l’angle de la croissance, gagnant 1,5 milliard de dollars, soit 8,8 p. 100. Les volumes étaient en hausse de 12,9 p. 100, contrant une baisse des prix de 3,6 p. 100. Les pièces de véhicules automobiles ont progressé de 2,8 p. 100 (0,8 milliard de dollars), mais il n’y a eu aucune variation significative des importations de voitures de tourisme.

Les autres biens de consommation demeurent un important secteur d’importation, qui n’a pas subi de recul important durant la récession; ces importations ont progressé de 3,2 p. 100 en 2011 (1,9 milliard de dollars) pour atteindre un niveau record de 59,6 milliards de dollars. Des hausses de volumes expliquent la plus grande partie de l’augmentation puisque les prix ont très peu changé en 2011. Les deux principaux contributeurs à la croissance des importations ont été les vêtements, avec un gain de 9,2 p. 100 (0,9 milliard de dollars) et les produits finals divers, avec un gain de 5,5 p. 100 (1,3 milliard de dollars).

Les importations de produits énergétiques ont enregistré une croissance substantielle en 2011 (29,7 p. 100). L’augmentation de 12,0 milliards de dollars a propulsé les importations totales dans cette catégorie à 52,6 milliards de dollars, ce qui se rapproche du niveau antérieur à la récession de 2008. Les prix ayant augmenté de 23,6 p. 100 en moyenne dans ce secteur, l’explication de la croissance repose principalement sur les prix, mais avec certaines nuances importantes. Les produits du pétrole et du charbon (combustibles raffinés) ont fourni 7,0 milliards de dollars à l’augmentation des importations grâce à une croissance spectaculaire de 60,7 p. 100, alimentée par une hausse des prix (28,2 p. 100) et des volumes accrus (25,3 p. 100). Les importations de pétrole ont progressé de 18,9 p. 100, apportant 4,5 milliards de dollars à la croissance, mais l’impact de la hausse de 38,0 p. 100 des prix a été amorti par un recul de 15,5 p. 100 des volumes importés. Parallèlement, les prix du charbon ont fléchi de 8,9 p. 100 tandis que les volumes importés progressaient de 19,4 p. 100, ce qui s’est soldé par une augmentation globale des importations de charbon de 0,5 milliard de dollars.

Depuis 2004, les importations de produits de l’agriculture et de la pêche ont progressé durant sept années consécutives et cette tendance s’est maintenue tout au long de la récession. L’augmentation de 10,3 p. 100 enregistrée l’an dernier a permis d’ajouter 3,0 milliards de dollars à la valeur des importations, qui ont atteint 32,6 milliards de dollars. Les prix plus élevés (2,3 p. 100) ont eu généralement un effet modéré, mais les volumes étaient en hausse de 7,8 p. 100. Les gains étaient largement répartis parmi les différentes catégories, la viande (gain de 17,7 p. 100), le sucre (23,7 p. 100) et les produits à base de légumes crus (24,2 p. 100) se démarquant du groupe. Chacune de ces catégories a fait une contribution de 0,4 milliard de dollars à l’augmentation totale des importations du secteur. La hausse de 21,9 p. 100 des prix explique la croissance des importations de produits à base de légumes crus, tandis que la viande et le sucre progressaient principalement en volume. Une hausse de 56,7 p. 100 du prix du maïs a entraîné une baisse de 39,1 p. 100 des volumes; par contre, les volumes de cacao, de café et de thé importés ont progressé de 25,4 p. 100, parallèlement à un recul de 9,8 p. 100 des prix.

Le secteur des produits forestiers est le seul où les importations ont diminué (de 130 millions de dollars, soit 4,9 p. 100). La valeur totale des importations était en baisse de 2,5 milliards de dollars, ce qui représente 0,5 p. 100 des importations totales de biens du Canada; il semble par ailleurs que la plus grande partie des besoins de l’économie en produits forestiers a été satisfaite par la production intérieure. Les valeurs importées de produits de bois brut et de matériaux fabriqués en bois ont diminué, sous l’effet d’un recul des volumes dans le premier cas et d’une diminution des prix dans le second.

Le commerce des services

L’année 2011 a été marquée par la reprise continue du commerce des services. La croissance de 5,0 p. 100 des importations de services a poursuivi la tendance amorcée en 2010, ajoutant 3,6 milliards de dollars aux exportations de services canadiens, pour établir un nouveau record à 74,8 milliards de dollars. Les importations de services ont aussi fracassé les records antérieurs, atteignant 99,5 milliards de dollars grâce à une augmentation de 5,8 p. 100 (5,5 milliards de dollars). En conséquence, le déficit du commerce des services du Canada s’est creusé de 1,9 milliard de dollars, pour s’établir à 24,6 milliards de dollars en 2011. L’essentiel de l’augmentation du déficit est imputable au déficit grandissant des services de voyage (15,9 milliards de dollars l’an dernier, essentiellement dans la sous-catégorie des voyages personnels). Ailleurs, l’aggravation du déficit des services de transport a été compensée par une amélioration du solde des échanges de services commerciaux. Le commerce des services a représenté 16,0 p. 100 des échanges totaux du Canada en 2011.

Tableau 4-2a
Commerce du Canada en services exportés, par secteur, 2010 et 2011
 20102011Croissance
Total, ensemble des services71 253 000 000 $74 845 000 000 $5,0 %
Voyages16 198 000 000 $16 759 000 000 $3,5 %
Voyages d’affaires2 720 000 000 $2 829 000 000 $4,0 %
Voyages personnels13 478 000 000 $13 930 000 000 $3,4 %
Transport12 005 000 000 $13 250 000 000 $10,4 %
Transport par eau3 078 000 000 $3 550 000 000 $15,3 %
Transport aérien5 664 000 000 $6 317 000 000 $11,5 %
Transport terrestre et autres3 262 000 000 $3 384 000 000 $3,7 %
Services commerciaux41 263 000 000 $43 221 000 000 $4,7 %
Services de communication3 049 000 000 $3 368 000 000 $10,5 %
Services de construction268 000 000 $289 000 000 $7,8 %
Services d’assurance4 524 000 000 $4 539 000 000 $0,3 %
Autres services financiers3 409 000 000 $3 681 000 000 $8,0 %
Services informatiques et d’information5 041 000 000 $4 982 000 000 $-1,2 %
Redevances et droits de licence3 928 000 000 $3 796 000 000 $-3,4 %
Services de gestion5 250 000 000 $5 730 000 000 $9,1 %
Recherche et développement3 900 000 000 $4 445 000 000 $14,0 %
Services d’architecture, d’ingénierie et autres services techniques4 964 000 000 $4 809 000 000 $-3,1 %
Autres services aux entreprises4 666 000 000 $5 102 000 000 $9,3 %
Services audiovisuels2 264 000 000 $2 479 000 000 $9,5 %
Services gouvernementaux1 788 000 000 $1 616 000 000 $-9,6 %
Tableau 4-2b
Commerce des services du Canada importés, par secteur, 2010 et 2011
 20102011Croissance
Total, ensemble des services94 010 000 000 $99 466 000 000 $5,8 %
Voyages30 463 000 000 $32 661 000 000 $7,2 %
Voyages d’affaires3 892 000 000 $4 031 000 000 $3,6 %
Voyages personnels26 571 000 000 $28 630 000 000 $7,7 %
Transport21 034 000 000 $23 124 000 000 $9,9 %
Transport par eau8 913 000 000 $10 359 000 000 $16,2 %
Transport aérien9 693 000 000 $10 295 000 000 $6,2 %
Transport terrestre et autres2 426 000 000 $2 470 000 000 $1,8 %
Services commerciaux41 183 000 000 $42 347 000 000 $2,8 %
Services de communication2 356 000 000 $2 144 000 000 $-9,0 %
Services de construction235 000 000 $427 000 000 $81,7 %
Services d’assurance6 427 000 000 $6 741 000 000 $4,9 %
Autres services financiers3 769 000 000 $3 458 000 000 $-8,3 %
Services informatiques et d’information2 991 000 000 $3 143 000 000 $5,1 %
Redevances et droits de licence8 926 000 000 $8 988 000 000 $0,7 %
Services de gestion5 212 000 000 $4 990 000 000 $-4,3 %
Recherche et développement1 156 000 000 $1 227 000 000 $6,1 %
Services d’architecture, d’ingénierie et autres services techniques2 802 000 000 $3 565 000 000 $27,2 %
Autres services aux entreprises4 622 000 000 $5 019 000 000 $8,6 %
Services audiovisuels2 686 000 000 $2 646 000 000 $-1,5 %
Services gouvernementaux1 332 000 000 $1 332 000 000 $0,0 %
Tableau 4-2c
Solde des commerce des services du Canada, par secteur, 2010 et 2011
 20102011Variation
Total, ensemble des services-22 757 000 000 $-24 621 000 000 $-1 864 000 000 $
Voyages-14 265 000 000 $-15 902 000 000 $-1 637 000 000 $
Voyages d’affaires-1 172 000 000 $-1 202 000 000 $-30 000 000 $
Voyages personnels-13 093 000 000 $-14 700 000 000 $-1 607 000 000 $
Transport-9 029 000 000 $-9 874 000 000 $-845 000 000 $
Transport par eau-5 835 000 000 $-6 809 000 000 $-974 000 000 $
Transport aérien-4 029 000 000 $-3 978 000 000 $51 000 000 $
Transport terrestre et autres836 000 000 $914 000 000 $78 000 000 $
Services commerciaux80 000 000 $874 000 000 $794 000 000 $
Services de communication693 000 000 $1 224 000 000 $531 000 000 $
Services de construction33 000 000 $-138 000 000 $-171 000 000 $
Services d’assurance-1 903 000 000 $-2 202 000 000 $-299 000 000 $
Autres services financiers-360 000 000 $223 000 000 $583 000 000 $
Services informatiques et d’information2 050 000 000 $1 839 000 000 $-211 000 000 $
Redevances et droits de licence-4 998 000 000 $-5 192 000 000 $-194 000 000 $
Services de gestion38 000 000 $740 000 000 $702 000 000 $
Recherche et développement2 744 000 000 $3 218 000 000 $474 000 000 $
Services d’architecture, d’ingénierie et autres services techniques2 162 000 000 $1 244 000 000 $-918 000 000 $
Autres services aux entreprises44 000 000 $83 000 000 $39 000 000 $
Services audiovisuels-422 000 000 $-167 000 000 $255 000 000 $
Services gouvernementaux456 000 000 $284 000 000 $-172 000 000 $

Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-0035

Traditionnellement, le Canada a enregistré un déficit au chapitre du commerce des services avec ses principaux partenaires. En termes nominaux et relatifs, le déficit le plus important a été enregistré avec les États-Unis (17,1 milliards de dollars, soit 69,4 p. 100 du déficit total), suivi du RdM , à 4,9 milliards de dollars, de l’UE, à 2,4 milliards de dollars, et du Japon, à 0,3 milliard de dollars. Pour l’essentiel, l’augmentation du déficit des services l’an dernier peut être reliée au déficit croissant avec les États-Unis, qui s’est aggravé de 1,6 milliard de dollars en 2011. Les déficits avec l’UE et le Japon ont aussi augmenté légèrement, tandis que le déficit avec le RdM diminuait de 0,2 milliard de dollars.

Les services de voyage et de tourisme ont compté pour 28,3 p. 100 des échanges totaux de services du Canada, mais ce secteur donne habituellement le ton au solde global des échanges puisque les importations de services de voyage (les Canadiens voyageant à l’étranger) sont généralement supérieures aux exportations (les étrangers voyageant au Canada) et cela, par une marge substantielle. La vigueur continue et croissante du dollar canadien en 2011 a maintenu un contexte favorable pour que les Canadiens prennent des vacances à l’étranger ou visitent des pays étrangers. Les dépenses de voyage faites par les Canadiens à l’étranger ont augmenté de 7,2 p. 100 (2,2 milliards de dollars), pour l’essentiel des voyages personnels, tandis que les voyages des étrangers au Canada n’ont progressé que de 3,5 p. 100 (0,6 milliard de dollars). Les importations de services de voyage ont grimpé pour rejoindre le niveau sans précédent de 32,7 milliards de dollars, représentant une augmentation de plus de 60 p. 100 depuis 2004. Le solde des échanges de voyages d’affaires est demeuré pratiquement inchangé sur l’année et l’accroissement du déficit est presque entièrement attribuable aux voyages personnels.

Les échanges de services de transport ont rebondi fortement en 2011, les importations et les exportations dépassant leurs niveaux records d’avant la récession. Les exportations ont ajouté 1,2 milliard de dollars (10,4 p. 100), tandis que les importations avançaient de 2,1 milliards de dollars (9,9 p. 100). Les exportations de services de transport par eau sont celles qui ont crû le plus rapidement, soit à un rythme de 15,3 p. 100, suivies du transport aérien, à 11,5 p. 100, le transport terrestre et les autres modes de transport venant loin en troisième place, avec une croissance de 3,7 p. 100. Les importations de services de transport par eau sont aussi celles qui ont connu la plus forte expansion (16,2 p. 100), alors que le transport aérien a crû de 6,2 p. 100 et le transport terrestre et les autres modes de transport, de 1,8 p. 100. Le solde commercial déficitaire s’est élargi de 0,8 milliard de dollars sur l’année, ce qui est principalement imputable aux importations élevées de services de transport par eau.

Le large éventail de services commerciaux a produit un excédent commercial inattendu au Canada pour la seconde année d’affilée. Les exportations ont avancé de 2,0 milliards de dollars, (4,7 p. 100), tandis que les importations ne progressaient que de 1,2 milliard de dollars (2,8 p. 100). Cela a entraîné un excédent des échanges de 0,9 milliard de dollars, ce qui est 0,8 milliard de dollars de plus que l’année précédente. Les exportations ont fortement augmenté dans les services de recherche-développement (gain de 0,5 milliard de dollars, soit 14,0 p. 100), les services de communication (hausse de 0,3 milliard de dollars, soit 10,5 p. 100) et les services audiovisuels (progression de 0,2 milliard de dollars, soit 9,5 p. 100). Des gains substantiels ont aussi été enregistrés dans les services de gestion et les autres services financiers. Les redevances et les droits de licences et les exportations de services d’architecture et de génie ont subi des reculs de 3,4 p. 100 et 3,1 p. 100, respectivement. Les importations de services de construction étaient en hausse (0,2 milliard de dollars, soit 81,7 p. 100), comme les services d’architecture et de génie et les autres services techniques (0,8 milliard de dollars, soit 27,2 p. 100) et les autres services divers aux entreprises (0,4 milliard de dollars, soit 8,6 p. 100). En revanche, les importations de services de communication ont fléchi (0,2 milliard de dollars, soit 9,0 p. 100), de même que les services financiers (0,3 milliard de dollars, soit 8,3 p. 100) et les services de gestion (0,2 milliard de dollars, soit 4,3 p. 100).

Les mouvements opposés des exportations et des importations de services de gestion, d’autres services financiers et de services de communication ont contribué le plus à l’augmentation de l’excédent des échanges de services, avec des contributions respectives de 0,7 milliard de dollars, 0,6 milliard de dollars et 0,5 milliard de dollars. Un effet ayant joué en sens contraire est l’augmentation des importations et la diminution des exportations de services architecturaux et de génie et d’autres services techniques, qui ont entraîné une baisse de l’excédent commercial de 0,8 milliard de dollars dans cette catégorie et limité d’autant l’amélioration globale du solde des échanges de services du Canada.

Le compte courant

Figure 4-5
Composition du compte courant du Canada, 1990-2011

Équivalent textuel pour Figure 4-5
Composition du compte courant du Canada
 Ensemble du compte courantBiensServicesRevenues d’investissement et transferts courants
1990-23 135 000 000 $11 056 000 000 $-10 637 000 000 $-23 554 000 000 $
1991-25 360 000 000 $7 011 000 000 $-11 419 000 000 $-21 221 000 000 $
1992-25 360 000 000 $9 034 000 000 $-12 123 000 000 $-22 270 000 000 $
1993-28 093 000 000 $13 090 000 000 $-13 610 000 000 $-27 574 000 000 $
1994-17 730 000 000 $20 295 000 000 $-11 663 000 000 $-26 361 000 000 $
1995-6 099 000 000 $35 397 000 000 $-10 136 000 000 $-31 360 000 000 $
19964 600 000 000 $42 391 000 000 $-9 076 000 000 $-28 715 000 000 $
1997-11 397 000 000 $25 652 000 000 $-8 864 000 000 $-28 185 000 000 $
1998-11 363 000 000 $23 763 000 000 $-6 325 000 000 $-28 801 000 000 $
19992 570 000 000 $42 009 000 000 $-6 636 000 000 $-32 803 000 000 $
200029 269 000 000 $67 036 000 000 $-5 782 000 000 $-31 985 000 000 $
200125 104 000 000 $70 659 000 000 $-7 809 000 000 $-37 746 000 000 $
200219 778 000 000 $57 311 000 000 $-7 224 000 000 $-30 309 000 000 $
200314 649 000 000 $56 413 000 000 $-11 521 000 000 $-30 243 000 000 $
200429 837 000 000 $65 848 000 000 $-11 037 000 000 $-24 974 000 000 $
200525 902 000 000 $62 372 000 000 $-12 055 000 000 $-24 415 000 000 $
200620 490 000 000 $49 606 000 000 $-14 135 000 000 $-14 981 000 000 $
200712 772 000 000 $47 437 000 000 $-18 790 000 000 $-15 876 000 000 $
20085 276 000 000 $44 977 000 000 $-21 564 000 000 $-18 137 000 000 $
2009-45 236 000 000 $-4 738 000 000 $-22 135 000 000 $-18 364 000 000 $
2010-50 864 000 000 $-8 999 000 000 $-22 759 000 000 $-19 107 000 000 $
2011-48 304 000 000 $1 419 000 000 $-24 620 000 000 $-25 102 000 000 $

Le compte courant enregistre les flux totaux de transactions entre le Canada et ses partenaires commerciaux au cours d’une année. Le commerce des biens est la principale composante de ces transactions, alors que les échanges de services arrivent loin derrière au second rang. Ces deux composantes ont été discutées en détail précédemment dans ce chapitre; les deux autres volets du compte courant — les revenus de placements et les transferts courants — seront expliqués brièvement dans la présente section. Les rentrées à ces deux postes peuvent être considérées comme des exportations, tandis que les paiements peuvent être vus comme des importations.

Les flux de revenus de placements sont constitués des rentrées et des paiements sur les investissements directs, les placements de portefeuille et les autres investissements. Ce poste est habituellement déficitaire au Canada et l’année 2011 n’a pas fait exception. Les montants reçus par les investisseurs canadiens ont progressé de 4,8 milliards de dollars, les revenus sur les investissements directs étant à l’origine de cette augmentation. Parallèlement, les paiements versés à des investisseurs étrangers ont augmenté de 9,5 milliards de dollars. Cela est essentiellement imputable aux montants versés sur les investissements directs, en hausse de 8,8 milliards de dollars; les paiements sur les placements de portefeuille ont crû de 2,4 milliards de dollars, tandis que les montants payés aux autres investisseurs chutaient de 1,7 milliard de dollars. Le résultat net de ces mouvements est une augmentation de 4,6 milliards de dollars du déficit du Canada au poste des revenus de placements. Globalement, les flux d’investissement direct représentent la plus grande part des flux financiers à court terme dans cette catégorie et, pour l’essentiel, il y a équilibre entre les rentrées et les paiements. La presque totalité du déficit du Canada au poste des revenus de placements provient du déficit enregistré dans les placements de portefeuille en 2011.

Les transferts courants sont la plus petite composante du compte courant, mais le déficit associé à ces transferts s’est élargi sensiblement en 2011. Le déficit de 4,0 milliards de dollars a été près de 20 fois supérieur à celui de 2003 et deux fois plus important que celui enregistré en 2007. Les rentrées étaient en baisse de 1,3 milliard de dollars, les transferts officiels expliquant les deux tiers de cette diminution et le reste provient des transferts privés. Les paiements de transfert à des étrangers n’ont pas changé de façon sensible et n’ont donc pas fait de contribution significative à l’augmentation du déficit commercial à ce poste.

Représentant la somme de toutes ces composantes, le déficit du compte courant du Canada a diminué de 2,6 milliards de dollars en 2011 par suite d’une amélioration substantielle de 10,4 milliards de dollars du solde du commerce des biens. Le déficit enregistré pour chacune des autres composantes du compte courant s’est aggravé, bien que cela n’ait pas suffi à anéantir la solide performance enregistrée dans les échanges de biens. Le déficit du commerce des services a augmenté de 1,9 milliard de dollars, celui des revenus de placements, de 4,6 milliards de dollars, et celui des transferts courants, de 1,3 milliard de dollars. Le déficit global s’est donc légèrement amélioré en 2011, passant de 50,9 milliards de dollars à 48,3 milliards de dollars, marquant la troisième année consécutive où le compte courant a été déficitaire au Canada.

5. Points saillants de l’évolution du commerce des marchandises du Canada en 2011

Les chapitres précédents ont montré que l’économie et le commerce du Canada ont continué à progresser sur le sentier de la reprise en 2011. La robustesse de la demande intérieure, la solidité de la situation financière et budgétaire et l’amélioration relative des termes de l’échange du Canada ont soutenu une forte croissance des importations. Par ailleurs, la reprise de l’activité économique dans le monde — notamment les perspectives plus encourageantes que laissait entrevoir l’économie américaine durant la seconde moitié de l’année — ont stimulé globalement la demande pour les exportations canadiennes, ce qui a contribué à stimuler davantage l’économie intérieure. Il en est résulté un taux de croissance du commerce dans les deux chiffres qui a consolidé la reprise économique continue du Canada au sortir de la récession mondiale.

Le présent chapitre examine plus attentivement l’évolution du commerce des marchandises du Canada en 2011. L’utilisation des données douanièresNote de bas de page 12 sur le commerce des marchandises permet d’analyser les statistiques commerciales plus en détail que dans les chapitres précédents — par pays de destination, par produit et par province d’origine. Ces données diffèrent de celles de la balance des paiements, utilisées dans le chapitre précédentNote de bas de page 13.

du Canada ont augmenté pour atteindre 447,8 milliards de dollars en 2011, tandis que les importations de marchandises progressaient à 445,9 milliards de dollars. Ainsi, après deux années déficitaires, le solde du commerce des marchandises du Canada est revenu en territoire positif. Les exportations ont augmenté avec chacun des partenaires figurant sur la liste des 20 plus importantes destinations des exportations canadiennes. Dans la foulée d’une progression similaire en 2010, on peut donc affirmer que les exportations de marchandises du Canada ont enregistré une reprise soutenue après le recul important survenu en 2009. Néanmoins, les exportations vers la plupart des partenaires de l’OCDE n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant la récession : c’est notamment le cas pour les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France et l’Italie. Parallèlement, les importations de marchandises ont atteint leur plus haut sommet de tous les temps, principalement en raison d’une hausse des achats canadiens aux États-Unis et en Chine.

Alors que la majorité des échanges du Canada se déroulent avec quelques partenaires, il faut souligner que la concentration est plus forte du côté des exportations. Les 10 principales destinations ont accaparé 89,7 p. 100 des exportations totales de marchandises du Canada (comme l’an dernier) et les 20 plus importantes destinations ont reçu 94,4 p. 100 des exportations totales de marchandises. Du côté des importations, les 10 principaux fournisseurs ont été à l’origine de 79,0 p. 100 des importations totales de marchandises du Canada (en baisse aussi sur le niveau de 80,6 p. 100 observé en 2010), tandis que les 20 premiers fournisseurs représentaient 87,0 p. 100 des importations totales. Pour l’essentiel, la différence entre la concentration des exportations et des importations s’explique par le profil des échanges avec les États-Unis, qui ont reçu 109,2 milliards de dollars de plus d’exportations canadiennes de marchandises qu’ils n’ont fourni d’importations au Canada en 2011. Le Canada enregistre un important excédent dans son commerce de marchandises avec seulement quelques autres pays : 8,5 milliards de dollars avec le Royaume-Uni, 2,6 milliards de dollars avec Hong Kong et 2,2 milliards de dollars avec les Pays-Bas. À l’opposé, les déficits les plus importants au chapitre des échanges de marchandises du Canada sont enregistrés avec la Chine (31,3 milliards de dollars), le Mexique (19,1 milliards de dollars), l’Allemagne (8,8 milliards de dollars) et l’Algérie (5,2 milliards de dollars).

Il y a eu très peu de mouvement parmi les 10 premières destinations du commerce du Canada. Du côté des exportations, les cinq principaux pays destinataires n’ont pas changé. L’Allemagne a reculé de deux rangs passant de la 6e à la 8e place, alors que la Corée et les Pays-Bas ont avancé, respectivement, en 6e et 7e position. Le Brésil et la Norvège ne figuraient plus parmi les 10 principales destinations en 2011, après être entrés dans ce groupe en 2010; la France et Hong Kong les ont remplacés au 9e et 10e rang, respectivement (figure 5-1). On observe une stabilité encore plus grande du côté des importations, alors que les huit principaux fournisseurs du Canada ont conservé leur classement. Le seul changement observé concerne l’Algérie, qui a bondi de la 13e à la 9e place, repoussant l’Italie et Taiwan d’un cran, en 10e et 11e position, respectivement (figure 5-2).

Pour ce qui est des produits qui ont exercé une influence sur la performance commerciale du Canada en 2011, on note le rôle de plus en plus important joué par le pétrole brut, qui a engendré le plus important excédent (plus de 40 milliards de dollars) et la plus forte variation globale dans le solde commercial l’an dernier (gain de plus de 12 milliards de dollars). La liste des autres excédents commerciaux notables est dominée par les voitures de tourisme; pour le reste, il s’agit de ressources — gaz de pétrole, charbon, or, potasse, aluminium, blé et pâte de bois. Il y a lieu de noter que le rôle des gaz de pétrole, du papier et du pétrole non brut dans l’excédent du commerce des marchandises du Canada a diminué de façon spectaculaire depuis la période ayant précédé la récession. Ces trois produits ont été à l’origine d’un excédent commercial d’un peu plus de 17 milliards de dollars, comparativement à un excédent de près de 46 milliards de dollars en 2008. Par ailleurs, les produits manufacturés — dont les camions, les pièces de véhicules automobiles, les ordinateurs, le matériel de télécommunications et les médicaments — expliquent la plus grande partie des déficits commerciaux. Les produits qui ont enregistré un excédent commercial ont généralement contribué à améliorer le solde global du commerce du Canada l’an dernier, tandis que les produits dont le commerce était déficitaire l’ont aggravé, à l’exception déjà notée des gaz de pétrole et du pétrole non brut, ainsi que des génératrices électriques.

Les changements au niveau des prix et des volumes ont été plus complexes qu’en 2010, alors que les valeurs des ressources étaient en forte reprise dans l’ensemble. Bien que les prix du blé, de l’or, du charbon et du canola aient augmenté sensiblement, ceux des gaz de pétrole et des produits du bois ont fléchi. La situation des prix du pétrole est plus nuancée. Les prix du pétrole non brut ont augmenté uniformément, mais le prix moyen obtenu pour les exportations de pétrole brut plus lourd du Canada est inférieur à celui des diverses variétés de pétrole WTI (West Texas Intermediate) et n’a augmenté qu’à environ la moitié du rythme des prix des importations de pétrole brut du Canada, lesquels sont liés au prix des variétés de pétrole Brent (voir l’encadré sur la divergence entre les pétroles WTI et Brent en 2011). Cela a limité les gains potentiels du Canada dans ses échanges de pétrole brut.

Les volumes échangés ont augmenté de façon significative pour la potasse, l’huile de canola, le nickel et les minerais de cuivre. En volume, les exportations de gaz de pétrole ont diminué, mais les volumes importés ont bondi. Les quantités d’or et d’argent importées ont aussi augmenté de façon significative. Les exportations de pétrole brut ont progressé en volume, tandis que celles de pétrole non brut ont fléchi; on observe l’inverse pour les volumes importés.

La reprise du secteur de l’automobile semble avoir atteint un plateau, les exportations de voitures de tourisme et de pièces de véhicules automobiles n’enregistrant qu’une modeste progression. La situation était similaire dans le secteur du bois et de la pâte de bois. Ces secteurs pourraient encore faire des gains à l’exportation si la reprise économique aux États-Unis continue à se raffermir au cours de la prochaine année.

Les exportations de charbon et de potasse ont presque triplé durant les cinq dernières années et occupent une place beaucoup plus importante dans la composition des exportations; cela est vrai également pour les graines et l’huile de canola dont les exportations sont en croissance rapide. Par contre, les exportations de papier et de papier journal n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux d’avant la récession, et le marché du papier journal et celui de la publicité demeurent déprimés. Du côté des importations, le Canada a vu augmenter sensiblement sa dépendance à l’égard du pétrole non brut importé (principalement en provenance des États-Unis) et du matériel de télécommunication (principalement en prove-nance de la Chine), bien que ces hausses aient principalement été une question de choix plutôt que de nécessité.

Toujours en tête : le commerce canado-américain, premier en importance au monde

Les Canadiens et les Américains peuvent se vanter de partager le commerce bilatéral de marchandises le plus développé au monde. Aucune autre paire de pays n’arbore des échanges commerciaux aussi élevés que le Canada et les États-Unis — une affirmation qui tient bon depuis une décennie.

Dans cet encadré nous examinons les dix plus importantes relations bilatérales au chapitre du commerce des marchandises dans le monde en 2002 et en 2011. Les données font voir la somme des importations de marchandises par paire de pays. Les importations sont utilisées parce que les pays suivent habituellement les biens qui entrent à l’intérieur de leurs frontières et leur attribuent un classement en fonction du pays d’origine plutôt que du pays d’où ils ont été expédiés. Cette approche permet d’éviter certains problèmes que soulèvent les statistiques sur les exportations, comme le cas de transbordement et de sous-déclaration.

Canada et les États-Unis arrive en tête de liste en 2002 et en 2011, ce qui indique que ces deux pays profitent de la relation commerciale la plus développée au monde (tableau 3). En 2011, les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine occupaient le second rang, ceux liant les États-Unis et le Mexique venaient au troisième rang, tandis que les liens commerciaux entre les États-Unis et le Japon se trouvaient au neuvième rang. Bien que les États-Unis figurent dans quatre des dix premières positions en 2011, cela représente une baisse par rapport aux six présences dans le tableau de 2002, les paires États-Unis—Allemagne et États-Unis—Royaume-Uni ne figurant plus parmi les dix premières.

Tableau 3
Les dix plus importantes relations bilatérales dans le commerce des marchandises
2002 Relation commercialeCommerce Total2011 Relation commercialeCommerce Total
É.-U.–Canada546 800 000 000 $É.-U.–Canada533 900 000 000 $
É.-U.–Mexique378 700 000 000 $É.-U.–Chine511 800 000 000 $
É.-U.–Japon281 500 000 000 $É.-U.–Mexique432 700 000 000 $
É.-U.–Chine239 400 000 000 $É.-U.–Japon374 300 000 000 $
Chine–Japon181 100 000 000 $Chine–Corée du Sud245 400 000 000 $
Allemagne–France172 300 000 000 $Allemagne–Pays-Bas245 000 000 000 $
Chine-Hong Kong155 600 000 000 $Chine–Hong Kong227 900 000 000 $
É.-U.–Allemagne144 900 000 000 $Allemagne–France225 700 000 000 $
Allemagne–Pays-Bas141 400 000 000 $É.-U.–Japon201 100 000 000 $
É.-U.–R.-U.128 900 000 000 $Chine–Allemagne180 100 000 000 $

La Chine a la deuxième relation commerciale en importance avec les États-Unis et est également le partenaire de quatre autres pays; elle apparaît ainsi dans cinq des dix premières positions au classement de 2011. La paire Chine—Japon occupe le quatrième rang, la paire Chine—Corée, le cinquième, la paire Chine—Hong Kong, le septième, et la paire Chine-Allemagne, le dixième rang. Les paires commerciales Chine—Corée et Chine—Allemagne ont fait leur entrée au classement des dix plus importantes relations commerciales en 2011.

L’Allemagne figure dans trois des dix premières positions : la paire Allemagne— Pays-Bas vient au sixième rang, la paire Allemagne—France, au huitième rang, et la paire Allemagne—Chine au dixième rang.

Le Japon est le seul autre pays qui figure plus d’une fois dans les dix premières positions en 2011 : il apparaît au quatrième rang (avec la Chine) et au neuvième (avec les États-Unis).

Le Canada (premier rang), le Mexique (troisième rang), la Corée (cinquième rang), les Pays-Bas (sixième rang) et Hong Kong (huitième rang) occupaient tous une place parmi les dix premières en 2011.

Figure 1
Commerce bilatéral de marchandises, 2002-2011

Équivalent textuel pour Figure 1
Commerce bilatéral de marchandises
 CanadaChine
2011590 000 000 000 $498 000 000 000 $
2010542 000 000 000 $470 000 000 000 $
2009490 000 000 000 $414 000 000 000 $
2008636 000 000 000 $435 000 000 000 $
2007606 000 000 000 $411 000 000 000 $
2006605 000 000 000 $387 000 000 000 $
2005608 000 000 000 $344 000 000 000 $
2004580 000 000 000 $299 000 000 000 $
2003548 000 000 000 $252 000 000 000 $
2002581 000 000 000 $231 000 000 000 $

L’émergence bien documentée de la Chine comme géant du commerce mondial ressort du classement des dix principales relations commerciales bilatérales. Si l’on compare le nombre de paires de pays où la Chine figurait au classement des dix premières en 2002 et 2011, on note que ce pays a fait entrer deux nouveaux partenariats dans les dix premiers — la Corée et l’Allemagne — déplaçant la paire États-Unis- Allemagne et la paire États-Unis-Royaume- Uni hors du classement. En 2011, la Chine apparaissait plus que tout autre pays au classement des plus importantes relations commerciales bilatérales, ce qui donne une indication de l’influence grandissante de la Chine sur l’échiquier commercial.

En termes de valeur des échanges, le commerce bilatéral des marchandises entre le Canada et les États-Unis occupait le premier rang en 2002 par une marge très importante. Atteignant 547 milliards de dollars, le commerce bilatéral des marchandises entre ces deux partenaires était 168 milliards de dollars plus élevé que celui de la paire de partenaires commerciaux qui venait après au classement : les États-Unis et le Mexique, à 379 milliards de dollars. En outre, la valeur du commerce canado-américain représentait plus du double (307 milliards de dollars de plus) que la valeur des échanges entre les États- Unis et la Chine, à 239 milliards de dollars. En 2011, l’écart entre la première et la seconde paire au classement avait fondu à 22 milliards de dollars, alors que le commerce entre les États-Unis et la Chine a bondi devant le commerce bilatéral entre les États-Unis et le Japon et celui liant les États-Unis et le Mexique, pour devenir la deuxième plus importante relation commerciale au monde.

Au cours de la période 2002-2011, le commerce bilatéral entre les États-Unis et la Chine a progressé à un taux annuel moyen de 8,8 p. 100. Par comparaison, le commerce bilatéral canado-américain a enregistré un taux annuel moyen de décroissance de 0,3 p. 100 durant la même période. Les échanges entre le Canada et les États-Unis ont augmenté légèrement jusqu’en 2009, année où le commerce bilatéral entre les deux pays a dégringolé de 24,3 p. 100 sous l’effet du ralentissement de l’activité économique dans le monde (figure 1). Les échanges bilatéraux ont remonté quelque peu au cours des années suivantes mais, à la fin de 2011, ils n’avaient pas encore effacé les pertes subies durant le ralentissement de l’économie.

Par contraste, le commerce États- Unis—Chine a progressé plus rapidement entre le début et le milieu des années 2000 et n’a connu qu’un léger recul (5,4 p. 100) au cours de la récession mondiale. Après cette brève interruption, les échanges bilatéraux entre les deux pays ont plus ou moins retrouvé leur tendance à compter de 2010. En conséquence, la paire commerciale États-Unis—Chine pourrait être à même de supplanter la relation commerciale Canada—États-Unis pour devenir la plus importante relation bilatérale au chapitre du commerce des marchandises dans le monde.

Le commerce avec les dix principaux partenaires commerciaux

Les exportations de marchandises

Figure 5-1
Dix principales destinations des exportations du Canada

Équivalent textuel pour Figure 5-1
  1. États-Unis : 73,71 %
  2. Royaume-Uni : 4,2 %
  3. Chine : 3,75 %
  4. Japon : 2,38 %
  5. Mexique : 1,22 %
  6. Corée du Sud : 1,14 %
  7. Pays-Bas : 1,07 %
  8. Allemagne : 0,88 %
  9. France : 0,69 %
  10. Hong-Kong : 0,66 %

Après avoir rebondi de 11,0 p. 100 en 2010, les exportations canadiennes de marchandises vers le monde ont poursuivi leur progression en 2011, affichant une augmentation de 12,1 p. 100, soit 48,5 milliards de dollars, pour atteindre 447,8 milliards de dollars. Cela signifie que le commerce du Canada poursuit sa progression sur le sentier de la reprise en dépit de la faiblesse persistante de l’économie américaine. Alors que les exportations totales sont demeurées sous leur sommet de 2008 (483,5 milliards de dollars), celui-ci reflétait des prix pour certaines ressources qui, en rétrospective, peuvent être considérés comme gonflés. La reprise mondiale qui s’est amorcée depuis la dernière récession est loin d’être terminée et les principaux partenaires commerciaux du Canada en Europe, au Japon et en Amérique du Nord sont toujours aux prises avec de sérieux défis économiques. En conséquence, les exportations aux États-Unis, au Japon, au Mexique, en Allemagne, en Belgique, en France et en Italie n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux d’avant la récession. La reprise continue et soutenue dans ces économies laisse entrevoir une progression supplémentaire du commerce des marchandises du Canada. En revanche, les exportations vers le Royaume-Uni, la Chine, la Corée du Sud, les Pays-Bas, Hong Kong et le Brésil ont déjà dépassé leurs niveaux de 2008.

Collectivement, les 10 principaux marchés extérieurs du Canada ont accaparé 89,7 p. 100 des exportations de marchandises en 2011, ce qui correspond au niveau observé en 2010, mais un gain par rapport à 2009, où la proportion était de 89,1 p. 100. En outre, la concentration des exportations de marchandises vers les 20 principaux marchés est passée de 93,3 p. 100 en 2009 à 94,1 p. 100 en 2010 et à 94,4 p. 100 en 2011. En 2010, le Brésil et la Norvège figuraient parmi les 10 principales destinations des exportations canadiennes, avec des valeurs respectives à l’exportation de 2,6 milliards de dollars et de 2,5 milliards de dollars. Cette année, l’augmentation des exportations à 2,8 milliards de dollars vers ces deux pays ne leur a pas permis de conserver leur classement et ils ont glissé au 11e et 12e rang, respectivement, alors que la France et Hong Kong sont entrées dans le groupe des 10 premières destinations des exportations canadiennes.

La diversification des exportations canadiennes de marchandises entre 2002 et 2011

Au cours de la dernière décennie, les exportations de marchandises du Canada ont augmenté de 51,3 milliards de dollars, alors même que les exportations aux États-Unis — la première destination en importance des exportations canadiennes — ont reculé de 15,3 milliards de dollars. Bien que les exportations canadiennes se diversifient, la question de la diversification commerciale est de nature complexe et requiert de multiples pistes d’analyse. Cet encadré se veut une analyse, sous différents angles, de la diversification des exportations canadiennes au niveau des régions et des produits. Tout d’abord, l’analyse s’intéresse aux valeurs nominales et aux parts des exportations dans sept régions économiques entre 2002 et 2011Note 1 de bas de Module 5. Ensuite, la méthode des ratios de concentration est utilisée pour évaluer l’écart entre les exportations canadiennes expédiées vers les principales destinations. Puis, l’indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) est examiné en tant que mesure plus structurée de la concentration par produit pour les sept mêmes régions économiques. Enfin, une version du coefficient d’égalité de Gini, largement connu, est mise à contribution pour mesurer la répartition de tous les produits au niveau de la classification à deux chiffres du SH et pour l’ensemble des économies.

Tendances régionales

La part des exportations canadiennes allant aux États-Unis a reculé sensiblement durant la dernière décennie, passant de 87,1 p. 100 en 2002 à 73,7 p. 100 en 2011 (tableau 4). Néanmoins, les États-Unis demeurent par une marge considérable le plus important marché d’exportation des biens canadiens — le Royaume-Uni vient au second rang, avec 4,2 p. 100 des exportations canadiennes de marchandises.

Au sein du marché américain, il y a eu un déplacement considérable des exportations canadiennes. Les exportations d’énergie ont ravi le premier rang aux exportations des produits de l’automobile, leur part ayant plus que doublé pour atteindre 31,6 p. 100 des exportations canadiennes aux États-Unis en 2011. Les produits de l’automobile ont subi le recul le plus marqué, cédant 9,0 points de pourcentage. Cela est vraisemblablement attribuable à la restructuration en profondeur du secteur de l’automobile en Amérique du Nord, conjuguée à la faiblesse du marché à la consommation. En outre, la plupart des secteurs américains ont vu leur part des exportations canadiennes perdre du terrainNote 2 de bas de Module 5. Globalement, les parts de six des neuf grands secteurs ont diminué, et seulement le secteur de l’énergie, celui des métaux et minéraux et celui des produits chimiques ont enregistré des hausses.

Tableau 4
Exportations canadiennes de marchandises par grande région, 2002-2011
 Valeur nominale 2002Valeur nominale 2011VariationPart 2002Part 2011Variation
États-Unis345 400 000 000 $330 100 000 000 $-15 300 000 000 $87,1 %73,7 %-13,4 %
Économies avancées34 200 000 000 $66 900 000 000 $32 700 000 000 $8,6 %14,9 %6,3 %
Asie-Pacifique6 900 000 000 $25 400 000 000 $18 500 000 000 $1,8 %5,7 %3,9 %
Amérique latine et Caraïbes6 100 000 000 $14 100 000 000 $8 000 000 000 $1,5 %3,1 %1,6 %
Pays émergents d’Europe900 000 000 $4 400 000 000 $3 500 000 000 $0,2 %1,0 %0,8 %
Moyen-Orient et Afrique du Nord2 200 000 000 $4 800 000 000 $2 600 000 000 $0,5 %1,1 %0,5 %
Afrique subsaharienne600 000 000 $1 900 000 000 $1 300 000 000 $0,2 %0,4 %0,3 %
Total396 300 000 000 $447 600 000 000 $51 300 000 000 $100,00 %100,00 %s.o.

Comblant une bonne partie du repli des exportations aux États-Unis, les exportations canadiennes vers les autres économies avancées ont progressé de 32,7 milliards de dollars entre 2002 et 2011. Cette région représentait 15,0 p. 100 des exportations canadiennes de marchandises l’an dernier, contre 8,6 p. 100 en 2002. Les exportations de produits vers ces économies se sont concentrées dans quelques secteurs au cours de la dernière décennie. Notamment, la part des exportations de métaux et de minéraux a plus que doublé sur la décennie et atteint maintenant 41,8 p. 100 de toutes les exportations vers cette région.

La valeur des exportations canadiennes vers les pays en développement d’Asie a plus que triplé entre 2002 et 2011, atteignant 25,4 milliards de dollars en 2011. De façon similaire, la part des exportations canadiennes allant dans cette région a plus que triplé, passant de 1,8 p. 100 à 5,7 p. 100. Ce marché revêt une importance particulière parce qu’il représente une part croissante du produit intérieur brut mondial. L’agriculture et les produits alimentaires sont le plus important secteur d’exportation vers cette région, fournissant 22,5 p. 100 des exportations totales en 2011. Par ailleurs, les exportations de métaux et de minéraux ont enregistré la plus forte hausse (12,1 points de pourcentage) pour s’établir à 22,0 p. 100 de l’ensemble des exportations canadiennes vers cette région.

L’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) sont le deuxième plus grand marché d’exportation des produits canadiens dans le monde en développement, représentant 3,1 p. 100 des exportations totales du pays. La composition des exportations vers l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) est répartie plus également entre les produits primaires et les produits à valeur ajoutée que dans la plupart des autres marchés; la plupart des secteurs, à l’exception du bois et du papier, ont vu augmenter leur part du total mondial.

Tableau 5
Concentration des exportations canadiennes de marchandises (y compris les États-Unis)
 2002Augmentation de la part2011Augmentation de la partÉcart 2011-2002
Premier87,1 %0,0 %73,7 %0,0 %-13,4 %
5 premiers92,1 %5,0 %85,3 %11,6 %-6,9 %
10 premiers94,6 %2,5 %89,7 %4,4 %-4,9 %
25 premiers97,6 %3,0 %95,9 %5,8 %-2,2 %
50 premiers99,2 %1,6 %98,4 %2,9 %-0,8 %
100 premiers99,9 %0,6 %99,7 %1,3 %-0,1 %

La valeur des exportations canadiennes vers les économies émergentes d’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et de l’Afrique subsaharienne a enregistré une forte croissance, bien que ces destinations ne représentent encore qu’un faible pourcentage des exportations totales du Canada.

La concentration parmi les principales destinations des exportations du Canada

Nous commençons par examiner les changements survenus dans la concentration des exportations canadiennes de marchandises vers tous les partenaires commerciaux, mesurée par les ratios de concentration (tableau 5). Le ratio de concentration mesure la part des exportations canadiennes allant vers les divers marchés d’exportation, et permet de voir si les exportations sont expédiées vers quelques grands marchés, ou vers plusieurs marchés de taille plus modeste. Une augmentation de la part signifie une plus grande concentration sur ce marché.

En 2002, les exportations du Canada vers son plus important marché, les États-Unis, représentaient 87,1 p. 100 de l’ensemble des exportations canadiennes, mais en 2011 cette part avait fléchi à 73,7 p. 100. Les quatre plus importants marchés d’exportation après les États-Unis sur la liste représentaient une autre tranche de 5,0 p. 100 des exportations canadiennes en 2002, mais 11,6 p. 100 en 2011. La part des cinq premiers marchés d’exportation a tout de même reculé de 6,9 points de pourcentage par rapport à 2002. De même, les exportations étaient moins concentrées lorsqu’on examine les 10 premiers, les 25 premiers, les 50 premiers et les 100 premiers marchés d’exportation du Canada en 2011, comparativement à 2002. Les exportations canadiennes se diversifient donc sensiblement par rapport aux États-Unis et la plus grande partie du déplacement se fait vers les marchés d’exportation occupant les neuf autres rangs les plus élevés au classement.

Un examen plus attentif : l’indice HH et l’indice de Gini utilisés comme mesures de la diversification

Nous passons maintenant à l’analyse de certains indicateurs spécifiques employés pour mesurer la concentration et l’égalité (ou l’écart par rapport à l’égalité). Plus précisément, nous utiliserons l’indice Herfindahl-Hirschman (HHI) et l’indice de Gini pour étudier la question de la diversification des exportations canadiennes de marchandises.

Tableau 6
Indice HH par secteur, 2002-2011
 2002 Indice2011 IndiceVariation
Métaux et minéraux0,600,31-0,29
Bois et papier0,610,35-0,26
Aérospatiale0,500,25-0,25
Fabrication diverse0,830,61-0,23
Machines et produits électriques0,660,44-0,22
Agroalimentaire0,420,21-0,21
Produits chimiques0,700,52-0,17
Énergie0,920,80-0,12
Automobiles0,940,91-0,03

L’indice de Herfindahl-Hirschman est une mesure largement reconnue de la concentration. Il est calculé en divisant le carré de la part de chaque exportation par les exportations totales. Cet indice, qui peut varier de 1/N à 1 (N = le nombre de marchés d’exportation), a été normalisé pour en faciliter l’interprétation. L’indice HH normalisé varie de 0 à 1, où 0 indique une diversification parfaite parmi les sept régions géographiques, tandis que 1 représente une concentration parfaite sur un seul marché. Le tableau 6 fait voir les résultats de l’indice HH obtenus pour les neuf grands secteurs entre 2002 et 2011, classés selon la variation du coefficient de l’indice HH durant cette périodeNote 3 de bas de Module 5.

Les exportations de métaux et de minéraux (baisse de 0,29 point de l’indice HH) se sont le plus diversifiées au cours de la dernière décennie. Le tableau 6 révèle aussi que les exportations de produits agricoles et alimentaires (indice HH de 0,21) sont les plus diversifiées, sous l’effet d’une forte demande en provenance de toutes les régions.

Avec un indice HH de 0,91, les produits de l’automobile sont presque entièrement concentrés dans une région : environ 96,0 p. 100 des exportations canadiennes de produits de l’automobile prennent la destination des États-Unis. Dans l’ensemble, tous les secteurs se sont diversifiés dans les sept régions, ce qui signifie que les exportations canadiennes trouvent de plus en plus de nouveaux débouchés à l’étranger.

Une autre mesure utilisée pour examiner le degré de diversification des exportations de marchandises du Canada est l’indice de Gini. L’indice de Gini prend en compte tous les pays (ou tous les produits de la classification à deux chiffres du SHNote 4 de bas de Module 5) simultanément plutôt que de les analyser par groupe. Le coefficient de Gini varie de 0 à 1; 0 représente une dispersion parfaite ou égale parmi toutes les destinations (ou tous les produits), tandis que 1 signifie une concentration parfaite sur un marché (ou sur un produit de la classification à deux chiffres du SH). La taille du coefficient de Gini n’est pas aussi importante parce qu’elle varie au fil du temps.

Étant donné qu’il y a 221 destinations possibles des exportations de marchandises et que, en 2002, les exportations aux États-Unis représentaient 87,1 p. 100 de toutes les exportations canadiennes, le coefficient de Gini de la diversification par pays était très élevé cette année-là, à 0,99. Tel que noté précédemment, au cours des dix dernières années, il y a eu une augmentation relative des exportations vers les destinations autres que les États-Unis. En 2011, le coefficient de Gini avait reculé à 0,97, ce qui appuie la thèse d’une diversification accrue des exportations canadiennes.

Nous examinons maintenant le profil de diversification en recalculant le coefficient de Gini après avoir retranché les États-Unis des données. Les résultats montrent qu’il n’y a pas eu de diversification significative parmi les économies autres que les États-Unis. En excluant les États-Unis, le coefficient de Gini était de 0,89 en 2002 et de 0,90 en 2011. Cela corrobore les conclusions tirées antérieurement des ratios de concentration, soit que le déplacement vers d’autres destinations que les États-Unis a profité aux partenaires commerciaux les plus importants après les États-Unis.

L’indice de Gini peut aussi être utilisé pour examiner la tendance à la diversification parmi les produits de la classification à deux chiffres du SH. Les résultats ne font ressortir aucune diversification significative parmi les produits. Lorsque les États-Unis sont inclus dans les données, le coefficient de Gini n’a diminué que de 0,002 point. Cela veut dite qu’il peut y avoir eu une certaine diversification parmi les produits, mais qu’elle n’a pas été importante. En excluant les États-Unis, le coefficient de Gini a augmenté de 0,03 point, ce qui indique que les exportations canadiennes de produits vers les destinations autres que les États-Unis sont devenues plus concentrées.

Conclusions

La question de la diversification des exportations est complexe et comporte plusieurs dimensions. À mesure que diminuait la part des exportations canadiennes de marchandises détenue par les États-Unis, les autres économies avancées et les économies en développement de l’Asie ont été les bénéficiaires de la diversification des exportations au niveau des régions. En particulier, plusieurs destinations des exportations canadiennes autres que les États-Unis (le Royaume-Uni, la Chine et le Japon) ont vu leurs parts des exportations canadiennes augmenter sensiblement.

Notre analyse donne à penser qu’il s’est produit une certaine diversification, mais que la diversification au niveau des produits ne progresse pas au même rythme. Le ratio de concentration des exportations et l’analyse faite à l’aide du coefficient de Gini confirment que les exportations canadiennes se diversifient par rapport aux États-Unis, mais non parmi les destinations autres que les États-Unis. Du côté des produits, tous les grands secteurs montrent une diversification dans l’ensemble des sept régions géographiques, selon l’indice de Herfindahl-Hirschman. Cependant, si l’on applique l’analyse de l’indice de Gini à l’ensemble des produits de la classification à deux chiffres du SH, on constate qu’il n’y a eu que peu de diversification au niveau des produits et, si l’on exclut les États-Unis de l’analyse, il y a peut-être eu une concentration un peu plus grande des produits exportés au cours de la dernière décennie.

Notes de bas de Module 5

Note 1 de bas de module

Comme le montre le tableau 4, les sept régions géographiques sont les États-Unis, les autres économies avancées, l’Asie en développement (Asie-Pacifique), l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC), les pays émergents d’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.

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Note 2 de bas de Module

Les principaux secteurs sont l’agriculture et l’alimentation, les produits chimiques, le bois et le papier, les produits électriques, les métaux et les minéraux, l’énergie, l’automobile, l’aérospatiale et la fabrication diverse.

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Note 3 de bas de Module

La méthodologie de normalisation de l’indice HH se présente comme suit : mathematical equation somme des carrés des valeurs de toutes les exportations vers la destination i divisée par la somme des exportations totales vers toutes les régions i. Dans l’équation de H*, n est le nombre total de destinations (n=7). L’indice est normalisé en soustrayant (1/n) du numérateur et du dénominateur.

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Note 4 de bas de Module

SH-2 produits se réfèrent à deux codes de produit chiffres de la système harmonisé. Il ya 98 produits considérés au total.

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Les États-Unis demeurent la principale destination des exportations de marchandises du Canada, même si ce pays a vu sa part reculer de plus de 1 p. 100, pour représenter 73,7 p. 100 des exportations totales du Canada en 2011. En dépit d’une reprise léthargique aux États-Unis, les exportations ont néanmoins augmenté de 31 milliards de dollars (10,4 p. 100). La conjoncture économique au sud de la frontière s’est progressivement améliorée depuis que s’est dissipée la crise de l’endettement. Le marché immobilier a montré des signes de reprise, l’investissement des entreprises a augmenté et le tableau de l’emploi s’est éclairci. Cependant, l’endettement élevé des consommateurs, la fin des programmes fédéraux de stimulation et la perspective d’une incertitude continue en Europe pèsent toujours sur le rythme de la reprise économique aux États-Unis et pourraient limiter les possibilités d’exportation du Canada vers ce pays.

La part des combustibles et huiles minéraux dans les exportations canadiennes aux États-Unis a augmenté encore pour atteindre 31,6 p. 100, soit 104,3 milliards de dollars. L’augmentation de 16,6 milliards de dollars de ces exportations, par rapport à 2010, est principalement attribuable à la hausse incessante des prix pétroliers, alors que les exportations en volumes ont fléchi. Cette augmentation représente, à elle seule, plus de la moitié de la croissance des exportations de marchandises du Canada aux États-Unis en 2011 et plus du tiers de la croissance des exportations totales du pays. Le pétrole brut est responsable de la totalité de l’augmentation des exportations. Les exportations de gaz naturel ont légèrement fléchi, un mouvement qui a été compensé en partie par une légère augmentation des exportations de pétrole léger et lourd.

Les exportations de produits de l’automobile aux États-Unis ont retrouvé leur niveau d’avant la récession, lequel représentait un creux en quatre ans en raison de la crise prolongée qui a sévi dans ce secteur. Le gain de 1,9 milliard de dollars est surtout imputable aux véhicules de tourisme (1,2 milliard de dollars), les autres catégories inscrivant des gains modestes. Les exportations de pierres et métaux précieux ont enregistré un autre gain (1,6 milliard de dollars), dominé par l’argent dont les exportations ont été cinq fois plus élevées que leur niveau d’avant la récession. Il y a eu des hausses importantes des exportations d’huile de canola (0,8 milliard de dollars), de potasse (0,5 milliard de dollars), d’uranium (qui ont doublé à 0,8 milliard de dollars) et de nickel (qui ont plus que doublé, à 1,3 milliard de dollars).

Le Royaume-Uni est demeuré au second rang des destinations des exportations de marchandises du Canada en 2011, avec une expansion de 14,8 p. 100 par rapport à 2010 (2,4 milliards de dollars), à 18,8 milliards de dollars. La part du Royaume-Uni dans l’ensemble des exportations canadiennes a aussi augmenté légèrement (à 4,2 p. 100). Les gains se sont concentrés dans la catégorie des pierres et des métaux précieux (2,9 milliards de dollars), la presque totalité de l’augmentation provenant des exportations d’or. Les exportations d’uranium ont aussi augmenté sensiblement (soit de 0,2 milliard de dollars), tandis que exportations d’aéronefs reculaient de 1,0 milliard de dollars après avoir atteint 1,4 milliard de dollars en 2010.

La Chine a été la 3e plus importante destination des exportations de marchandises du Canada, à 16,8 milliards de dollars, portant sa part à 3,8 p. 100 des exportations totales. La croissance a atteint 3,6 milliards de dollars, soit 27,1 p. 100, en 2011. La Chine est maintenant la principale destination des exportations canadiennes de minerais, grâce à une progression de 1,3 milliard de dollars l’an dernier, répartie entre le minerai de fer (0,8 milliard de dollars) et le minerai de cuivre (0,4 milliard de dollars). Les exportations de l’industrie canadienne du bois en Chine ont continué à se redresser. La pâte de bois demeure le principal produit d’exportation avec un gain de 0,5 milliard de dollars en valeur. L’autre hausse significative, soit 0,6 milliard de dollars, a été enregistrée dans les exportations de bois. Pour la première fois, le Canada a enregistré des exportations significatives d’or vers la Chine (150 millions de dollars). Enfin, les exportations d’aéronefs et de pièces ont plus que doublé pour atteindre 0,3 milliard de dollars.

Le Japon se classait au 4e rang en 2011, recevant des exportations de marchandises d’une valeur de 10,7 milliards de dollars, soit une hausse de 1,5 milliard de dollars par rapport à 2010 (gain de 16,0 p. 100). Les graines de canola et les minerais (principalement de cuivre) expliquent la plus grande partie de l’augmentation (0,4 milliard de dollars dans chaque cas), suivis des combustibles et huiles minéraux (gain de 0,3 milliard de dollars). Le Japon est devenu le principal importateur de graines de canola du Canada. La hausse de 71 p. 100 (249 millions de dollars) des exportations de céréales mérite aussi d’être soulignée.

Le Mexique était la 5e plus importante destination des exportations de marchandises du Canada en 2011, à 5,5 milliards de dollars. Sur l’année, la progression a été de 0,5 milliard de dollars, soit 9,3 p. 100. Pour la seconde année d’affilée, les exportations de graines de canola ont augmenté sensiblement (de 183 millions de dollars) et représentent maintenant le principal produit exporté par le Canada au Mexique. Les exportations de céréales ont avancé de 112 millions de dollars, tandis que les exportations de voitures, de viandes et de machines électriques ont fléchi de 82 millions de dollars, de 58 millions de dollars et de 51 millions de dollars, respectivement. Il y a eu aussi des gains dans les exportations de fer et d’acier, d’aluminium, d’aéronefs et de combustibles et huiles minéraux.

La Corée du Sud est passée du 5e au 6e rang des principales destinations des exportations canadiennes. Les exportations vers ce pays ont atteint 5,1 milliards de dollars en 2011, une augmentation de 37,4 p. 100 (1,4 milliard de dollars) par rapport à l’année précédente. Plus de la moitié de la hausse est attribuable à la croissance des exportations de combustibles et huiles minéraux (783 millions de dollars, en totalité du charbon). Les exportations de céréales et de viandes ont plus que doublé, venant ajouter respectivement 261 millions de dollars et 134 millions de dollars au total. Les exportations d’aéronefs ont grimpé de 149 millions de dollars, à 166 millions de dollars, leur niveau le plus élevé depuis 2006. Les exportations de minerais ont progressé de 60 millions de dollars et celles de produits du bois, de 58 millions de dollars. Les exportations de machines ont par contre reculé de 129 millions de dollars (soit près de 50 p. 100), mais se situent maintenant plus près de la tendance historique. Enfin, les exportations d’aluminium ont diminué de 70 millions de dollars, tandis que les exportations de machines électriques fléchissaient de 40 millions de dollars.

Les Pays-Bas ont vu leur classement s’améliorer en 2011, occupant la 7e place parmi les principales destinations des exportations de marchandises du Canada, devant l’Allemagne. Les exportations vers ce pays ont progressé de 46,9 p. 100 (1,5 milliard de dollars) pour atteindre 4,8 milliards de dollars. La plus grande partie de la hausse est attribuable aux combustibles et huiles minéraux, qui ont augmenté de 0,9 milliard de dollars (en totalité attribuable au pétrole non brut et au charbon). Les graines de canola ont affiché une belle tenue, gagnant 73 millions de dollars, tandis que les exportations d’huile de canola progressaient de 69 millions de dollars. Les exportations de métaux et de minerais étaient également en expansion : les minerais ont gagné 347 millions de dollars (principalement les minerais de fer), les exportations de nickel ont augmenté de 65 millions de dollars, tandis que les exportations d’aluminium ont progressé de 56 millions de dollars.

L’Allemagne a été le pays où la croissance des exportations de marchandises canadiennes a été la plus lente parmi les dix premières destinations, avec une hausse modeste de 0,5 p. 100 en 2011; en conséquence, ce pays a reculé de deux rangs au classement pour occuper la 8e place. Sur un volume d’échanges évalué à 4,0 milliards de dollars, l’augmentation des exportations n’a été que de 18 millions de dollars. On observe des variations significatives au niveau des produits. Les minerais, l’une des principales catégories d’exportation de produits de base du Canada en Allemagne, ont dégringolé de près de moitié, perdant 406 millions de dollars en valeur; les minerais de fer sont responsables de ce déclin. Les exportations d’aéronefs ont eu un effet partiellement compensateur, avançant de 215 millions de dollars, tandis que les exportations de pierres et métaux précieux progressaient de 46 millions de dollars. Les exportations d’huile de canola ont augmenté de 45 millions de dollars, mais les exportations de graines de canola étaient en repli de 28 millions de dollars. Par ailleurs, les machines sont devenues le principal produit d’exportation vers l’Allemagne, avec un gain de 15 millions de dollars.

La France a retrouvé la 9e position en 2011, grâce à une augmentation spectaculaire de 731 millions de dollars des exportations (31,1 p. 100), à 3,1 milliards de dollars. La croissance des exportations canadiennes vers ce pays avait une large assise : les aéronefs et pièces ont augmenté de 244 millions de dollars, les combustibles et huiles minéraux étaient en hausse de 208 millions de dollars, les minerais (principalement de fer) ont progressé de 70 millions de dollars et les exportations de machines ont gagné 40 millions de dollars. L’huile et les graines de canola ont également marqué des gains, ajoutant ensemble environ 90 millions de dollars à l’expansion des exportations vers ce pays. Les expéditions de produits chimiques inorganiques (principalement l’uranium) ont presque doublé, avec un gain de 42 millions de dollars.

Hong Kong a joint les rangs des 10 principales destinations des exportations canadiennes avec une croissance de 57,8 p. 100, le taux le plus élevé parmi ce groupe de pays. Cela s’est traduit par une expansion de 1,1 milliard de dollars, à 3,0 milliards de dollars, plaçant ce pays tout juste devant le Brésil et la Norvège. L’augmentation est principalement imputable à des exportations plus robustes de pierres et métaux précieux, qui ont enregistré un gain de 854 millions de dollars en valeur (en totalité attribuable à l’or). Les exportations d’aéronefs ont progressé de 163 millions de dollars, tandis que les exportations de machines électriques avançaient de 46 millions de dollars. Les exportations de graines de canola ont perdu le tiers de leur valeur (baisse de 48 millions de dollars), tandis que les exportations de viandes diminuaient de 25 millions de dollars. Un gain de 49 millions de dollars dans les exportations de minerais (fer), un produit qui n’était pas exporté dans ce pays l’année précédente, a aussi contribué à l’augmentation des exportations vers Hong Kong.

Les importations de marchandises

Figure 5-2
Dix principales sources d’importations du Canada

Équivalent textuel pour Figure 5-2
  1. États-Unis : 49,52 %
  2. Chine : 10,8 %
  3. Mexique : 5,51 %
  4. Japon : 2,93 %
  5. Allemagne : 2,87 %
  6. Royaume-Uni : 2,32 %
  7. Corée du Sud : 1,48 %
  8. France : 1,24 %
  9. Algérie : 1,23 %
  10. Italie : 1,14 %

La robustesse de la demande intérieure au Canada s’est traduite par une augmentation de 10,5 p. 100 des importations canadiennes de marchandises, un taux presque identique à celui de l’année précédente. Le gain de 42,2 milliards de dollars a propulsé les importations à un niveau record de 446,0 milliards de dollars en 2011. Seulement 27,2 milliards de dollars (64,5 p. 100) de cette hausse provenaient des 10 principales sources d’importations qui, collectivement, ont fourni 79,0 p. 100 des importations du Canada. La composition des sources de marchandises en provenance des 10 principaux pays d’importation est demeurée assez stable, seule l’Algérie gagnant quatre places pour occuper le 9e rang. Taiwan a quitté le groupe des 10 premières sources d’importations en dépit d’un gain de 1,0 milliard de dollars. Contrairement aux exportations, les 10 principales sources d’importations du Canada n’ont pas, collectivement, enregistré de croissance : les importations en provenance du Royaume-Uni et du Japon ont fléchi de 3,6 p. 100 et de 2,9 p. 100 en valeur, respectivement.

Pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont représenté moins de la moitié des importations du Canada (49,5 p. 100), alors que la tendance à long terme vers la diversification des importations s’est poursuivie. Les importations réelles ont augmenté de 17,5 milliards de dollars pour atteindre 220,9 milliards de dollars (hausse de 8,6 p. 100). La croissance avait une large assise, les gains les plus importants étant observés du côté des combustibles et huiles minéraux (4,3 milliards de dollars, soit 34,2 p. 100), suivie d’une croissance plus modérée des catégories les plus importantes : 2,4 milliards de dollars pour les véhicules avec, en tête, les tracteurs et les pièces de véhicules automobiles, et une progression de 2,3 milliards de dollars pour les machines (bulldozers, ordinateurs et pompes). Ces trois principaux produits ont représenté, collectivement, une expansion de 9,0 milliards de dollars — plus de la moitié de l’augmentation totale. Les importations accrues de plastiques (gain de 663 millions de dollars), de pierres et métaux précieux (principalement l’argent) (hausse de 652 millions de dollars) et d’articles en fer et en acier (augmentation de 643 millions de dollars) suivaient par ordre d’importance. Des gains plus modestes ont été enregistrés dans les importations de fer et d’acier brut, d’instruments de précision, de produits pharmaceutiques, de produits chimiques et de produits en caoutchouc. En termes relatifs, il y a eu des hausses notables des importations d’engrais (81,4 p. 100), de café et de thé (35,8 p. 100), de boissons (34,7 p. 100) et de matériel roulant (29,6 p. 100). Du côté négatif du bilan, les importations de livres et de journaux ont fléchi de 180 millions de dollars, tandis que les importations de jouets, de jeux et de matériel de sport fléchissaient de 131 millions de dollars et que les importations de produits chimiques perdaient 105 millions de dollars.

La Chine venait au second rang des sources d’importation de marchandises du Canada avec une solide longueur d’avance sur le Mexique, au 3e rang, en dépit du fait que ce pays ait vu sa part de marché reculer légèrement (de 11,0 p. 100 à 10,8 p. 100). Les importations totales de marchandises en provenance de la Chine ont atteint 48,2 milliards de dollars en 2011, soit le double de leur valeur de 2004. La croissance a été inférieure au taux de croissance global des importations (8,1 p. 100, comparativement à 10,4 p. 100) et a représenté 3,6 milliards de dollars. Une illustration du fait que la Chine se déplace en remontant la chaîne de valeur, près de la moitié de la croissance des importations l’an dernier (1,7 milliard de dollars) s’est produite dans la catégorie des machines électriques (pour la plupart, des téléphones mobiles). La croissance des importations de machines a fourni une tranche additionnelle de 701 millions de dollars, les ordinateurs portables ayant été un contributeur important à ce chapitre. Les importations de meubles, la 3e plus importante catégorie d’importations du Canada, ont stagné (en baisse de 28 millions de dollars, soit 1 p. 100) tandis que les importations de jouets, de jeux et de matériel de sport, qui viennent au 4e rang sur la liste, étaient en recul de 331 millions de dollars. Une croissance significative a aussi été observée dans les importations d’articles en fer et en acier (335 millions de dollars), de vêtements (217 millions de dollars), de caoutchouc (181 millions de dollars) et de véhicules (137 millions de dollars). En revanche, les importations de produits chimiques organiques se sont contractées de 109 millions de dollars.

Le Mexique occupait le 3e rang parmi les 10 principales sources d’importations de marchandises, avec une part de marché stable de 5,5 p. 100 des importations totales, soit 24,6 milliards de dollars. En 2011, la croissance a atteint 11,1 p. 100 (gain de 2,5 milliards de dollars), un taux légèrement supérieur à celui de l’ensemble des importations. Les véhicules battaient la marche avec un gain de 611 millions de dollars, les importations de combustibles et huiles minéraux progressaient de 475 millions de dollars et celles de machines électriques avançaient de 386 millions de dollars, tandis que les machines mécaniques enregistraient un gain de 257 millions de dollars. Les pierres et les métaux précieux ont avancé de 209 millions de dollars, l’or et l’argent fournissant une contribution à peu près égale.

Le Japon est demeuré au 4e rang sur la liste en dépit d’une diminution de 391 millions de dollars des importations en provenance de ce pays, soit 2,9 p. 100 du total. Les importations venant du Japon ont reculé à 13,1 milliards de dollars en 2011 en raison de la faiblesse de l’économie et des catastrophes naturelles survenues dans ce pays, qui ont perturbé sérieusement les chaînes d’approvisionnement. Ces perturbations se sont traduites par une contraction des importations de 694 millions de dollars pour les véhicules et de 161 millions de dollars pour les machines électriques. Une tendance qui a partiellement comblé ces baisses est la forte croissance de 340 millions de dollars des importations de machines mécaniques et de 59 millions de dollars des importations d’aéronefs.

L’Allemagne occupait le 5e rang parmi les 10 principales sources d’importations de marchandises, tout juste derrière le Japon, avec des expéditions de 12,8 milliards de dollars. La croissance a été forte en 2011 avec un taux de 13,3 p. 100, soit 1,5 milliard de dollars. Le tiers de cette augmentation (488 millions de dollars) provient des importations de machines mécaniques; un autre tiers était réparti entre les importations de véhicules, qui ont progressé de 276 millions de dollars, et d’instruments de précision, en hausse de 116 millions de dollars, et les importations de pierres et métaux précieux (principalement l’argent), qui ont affiché un gain de 111 millions de dollars.

Le Royaume-Uni venait au 6e rang, mais c’est le pays qui a affiché la plus faible performance parmi les 10 principales sources d’importations au Canada l’an dernier, avec un recul de 3,6 p. 100, à 10,3 milliards de dollars en valeur. Cela représente une baisse de 385 millions de dollars. Celle-ci est attribuable à une contraction des importations de combustibles et huiles minéraux de 779 millions de dollars (le pétrole brut était en baisse, tandis que le pétrole non brut enregistrait une hausse), à laquelle s’ajoute un recul de 133 millions de dollars des importations de produits chimiques organiques. Ces mouvements ont été en partie compensés par une croissance modeste mais largement répandue dans d’autres secteurs, principalement les machines mécaniques (gain de 130 millions de dollars), les véhicules (69 millions de dollars), les pierres et les métaux précieux (68 millions de dollars), les instruments de précision (54 millions de dollars) et les machines électriques (45 millions de dollars).

La Corée a conservé le 7e rang parmi les 10 principales sources d’importations de marchandises au Canada, à 6,6 milliards de dollars. La valeur des importations a progressé de 7,4 p. 100 en 2011, soit 458 millions de dollars. Les machines mécaniques sont à l’origine de plus des deux tiers de cette augmentation avec, en tête, les ordinateurs portables. Les importations de pierres et métaux précieux se sont multipliées par un facteur de 20, ajoutant 161 millions de dollars aux importations (principalement l’argent). Les importations de produits de fer et d’acier et de caoutchouc ont aussi avancé sensiblement. La croissance globale a été atténuée par une contraction de 99 millions de dollars des importations de machines électriques (principalement des circuits électroniques intégrés et des téléphones mobiles) et un recul de 44 millions de dollars des importations de véhicules.

Fournissant 5,5 milliards de dollars en importation, la France venait au 8e rang. L’année 2011 a été marquée par une modeste croissance de 2,1 p. 100 de la valeur des importations venant de ce pays, ce qui correspond à une augmentation de 113 millions de dollars. La croissance globale est toutefois le résultat de tendances à la hausse et à la baisse significatives qui ont touché un large éventail de produits. Ainsi, on a observé des hausses des importations de machines mécaniques (99 millions de dollars), de machines électriques (62 millions de dollars), de boissons (58 millions de dollars) et de combustibles et huiles minéraux (48 millions de dollars), de même que des gains plus modestes dans d’autres gammes de produits. Ces augmentations ont été presque entièrement annulées par des baisses de 175 millions de dollars des importations d’aéronefs et de 144 millions de dollars des importations de produits pharmaceutiques.

L’Algérie, qui occupe le 9e rang, est un nouveau venu parmi les 10 principales sources d’importations au Canada, avec une valeur de 5,5 milliards de dollars. Les importations en provenance de ce pays ont progressé de 1,9 milliard de dollars en 2011, soit un taux impressionnant de 53,3 p. 100, qui, de loin, est le plus élevé enregistré parmi les 10 principales sources d’importations. Le pétrole brut représente 99,9 p. 100 des importations provenant de ce pays.

L’Italie vient compléter la liste des 10 principales sources d’importations en 2011 avec des expéditions totales de 5,1 milliards de dollars. La croissance des importations en provenance de ce pays a atteint 441 millions de dollars, soit 9,5 p. 100. La moitié du gain est attribuable aux machines et aux pièces mécaniques, tandis que les importations de produits pharmaceutiques, de fer et d’acier, de machines électriques et de boissons ont fourni la plus grande partie du reste des gains. La croissance des importations a été en partie atténuée par des baisses de 88 millions de dollars des importations de combustibles et huiles minéraux et de 36 millions de dollars des importations d’aéronefs.

Les principaux déterminants du commerce des marchandises

La performance commerciale du Canada peut être étudiée plus en détail à l’aide d’une ventilation par produit englobant quelque 1 200 articlesNote de bas de page 14. Cependant, parmi ces articles, seul un petit nombre ont une valeur commerciale suffisante pour exercer une influence décisive sur le solde commercial du Canada. Le tableau 5-1 énumère les 20 principaux déterminants de la performance du Canada à l’exportation et à l’importation en 2011 au niveau de la classification à quatre chiffres du SH.

Il est plus facile de comprendre l’influence des principaux déterminants du commerce du Canada en examinant d’abord les soldes commerciaux au niveau de la classification à deux chiffres du SH. En 2011, 35 produits au niveau des chapitres affichaient un solde commercial positif, tandis que 63 produits montraient un solde négatif, soit près du double du nombre de produits enregistrant un solde positif. Étant donné que le solde commercial global atteint 1,9 milliard de dollars, cela signifie qu’en moyenne, les produits affichant un solde commercial positif ont enregistré individuellement un excédent plus élevé que le déficit individuel des produits entrant dans la catégorie des soldes commerciaux négatifs. Cela suppose que le solde commercial du Canada est principalement déterminé par plusieurs biens où nous enregistrons un excédent élevé — dans la plupart des cas des ressources ou des biens liés aux ressources. L’excédent accumulé dans ces secteurs permet de couvrir les déficits plus modestes enregistrés dans le reste des biens échangés (sauf pour les machines où les déficits sont élevés), ce qui englobe principalement des biens manufacturés. L’analyse des biens au niveau de la classification à quatre chiffres permet de donner plus de relief au tableau et de mieux comprendre la nature des biens échangés.

Tableau 5-1a
Produits affichant un excédent commercial avec exportations élevées et importations élevées, 2011
 ExportationsCroissanceImportationsCroissanceSolde en 2011Variation du solde de 2010 à 2011
Pétrole brut68 798 000 000 $32,5 %28 531 700 000 $20,1 %40 266 300 000 $12 088 600 000 $
Voitures39 383 400 000 $3,7 %23 316 500 000 $1,3 %16 066 900 000 $1 103 500 000 $
Pétrole (non brut)17 570 900 000 $18,3 %16 407 500 000 $68,4 %1 163 300 000 $-3 942 700 000 $
Total partiel125 752 200 000 $20,0 %68 255 700 000 $20,7 %57 496 600 000 $9 249 400 000 $
Tableau 5-1b
Produits affichant un excédent commercial avec exportations élevées et importations limitées, 2011
 ExportationsCroissanceImportationsCroissanceSolde en 2011Variation du solde de 2010 à 2011
Charbon8 010 700 000 $33,8 %961 300 000 $-10,6 %7 049 400 000 $2 137 400 000 $
Potasse6 723 500 000 $29,4 %26 900 000 $6,5 %6 696 600 000 $1 525 300 000 $
Minerais de cuivre et concentrés3 224 100 000 $63,4 %534 700 000 $-2,7 %2 689 400 000 $1 265 800 000 $
Graines de canola4 593 900 000 $35,1 %108 100 000 $-8,5 %4 485 700 000 $1 198 000 000 $
Huile de canola3 159 000 000 $44,4 %99 500 000 $-55,6 %3 059 500 000 $1 095 700 000 $
Nickel brut2 979 900 000 $50,9 %20 900 000 $5,5 %2 959 000 000 $1 031 000 000 $
Minerais de fer et concentrés4 177 500 000 $30,9 %904 800 000 $-1,3 %3 272 700 000 $998 800 000 $
Blé et méteil5 678 900 000 $21,6 %21 800 000 $71,6 %5 657 100 000 $998 700 000 $
Déchets et rebuts ferreux2 147 700 000 $37,9 %478 600 000 $15,2 %1 669 200 000 $527 700 000 $
Total partiel40 695 200 000 $35,0 %3 156 400 000 $-6,0 %37 538 700 000 $10 778 300 000 $
Tableau 5-1c
Produits affichant un déficit commercial avec exportations élevées et importations élevées, 2011
 ExportationsCroissanceImportationsCroissanceSolde en 2011Variation du solde de 2010 à 2011
Gaz de pétrole16 376 000 000 $-10,8 %4 968 300 000 $15,2 %11 407 700 000 $-2 643 700 000 $
Matériel téléphonique et pièces2 915 300 000 $-8,5 %9 180 600 000 $21,7 %-6 265 300 000 $-1 908 300 000 $
Machines industrielles diverses1 188 300 000 $19,3 %2 205 200 000 $71,8 %-1 016 900 000 $-729 800 000 $
Pièces de véhicules automobiles9 276 400 000 $2,4 %19 217 300 000 $4,7 %-9 940 900 000 $-647 600 000 $
Total partiel29 756 000 000 $-5,9 %35 571 400 000 $13,0 %-5 815 300 000 $-5 929 400 000 $
Tableau 5-1d
Produits affichant un déficit commercial avec exportations limitées et importations élevées, 2011
 ExportationsCroissanceImportationsCroissanceSolde en 2011Variation du solde de 2010 à 2011
Bulldozers niveleuses décapeuses etc,118 000 000 $-13,9 %3 615 100 000 $40,0 %-3 497 000 000 $-1 051 200 000 $
Ordinateurs1 770 100 000 $0,1 %9 345 200 000 $11,8 %-7 575 100 000 $-985 900 000 $
Tracteurs405 600 000 $25,5 %3 470 200 000 $32,2 %-3 064 600 000 $-762 300 000 $
Ensembles de génératrices électriques139 400 000 $47,6 %1 128 300 000 $-33,4 %-988 800 000 $611 100 000 $
Total partiel2 433 200 000 $4,7 %17 558 700 000 $15,1 %-15 125 500 000 $-2 188 200 000 $
Tableau 5-1e
Totals de produits exportés et importés, 2011
 ExportationsCroissanceImportationsCroissanceSolde en 2011Variation du solde de 2010 à 2011
Total, 20 produits198 636 700 000 $17,6 %124 542 200 000 $16,8 %74 094 400 000 $11 910 100 000 $
Total, ensemble des produits447 767 000 000 $12,1 %445 911 500 000 $10,4 %1 855 400 000 $6 306 200 000 $

Source : Statistique Canada

Les 20 déterminants énumérés au tableau 5-1 ont représenté, globalement, 44,4 p. 100 des exportations et 27,9 p. 100 des importations du Canada en 2011. Puisque les déterminants du commerce englobent habituellement les produits les plus performants sur le marché d’exportation, leur contribution positive au solde du commerce des marchandises a atteint 11,9 milliards de dollars cette année, soit près du double de l’amélioration du solde commercial global. À noter que le fait de retirer le plus important produit à l’origine de l’excédent commercial, soit le pétrole brut, aurait pour effet de réduire à zéro l’impact des 19 autres produits sur le solde commercial. Douze des produits sélectionnés ont un impact positif sur le solde commercial, représentant une valeur combinée de 24,6 milliards de dollars, tandis que les huit autres ont une influence négative sur le solde commercial, à hauteur de 12,7 milliards de dollars. La croissance tant des exportations que des importations de ces produits a été supérieure à la moyenne en raison du processus de sélection utilisé.

Pour faciliter l’interprétation, le tableau 5-1 répartit ces principaux déterminants en deux catégories : les douze produits pour lesquels il y a eu un excédent commercial et les huit produits pour lesquels il y a eu un déficit commercial. Ces catégories sont ensuite ventilées entre les produits où il y a eu des flux d’échange importants dans un sens comme dans l’autre et les produits où le commerce est essentiellement unidirectionnel.

Seulement trois produits pour lesquels il y a eu un excédent commercial montrent d’importants flux bidirectionnels — le pétrole brut, les voitures de tourisme et le pétrole non brut. Étant donné que le pétrole donne lieu à des échanges bidirectionnels surtout pour des raisons liées aux coûts de transport et à la géographie, la catégorie des véhicules de tourisme est la seule dont les flux bidirectionnels sont liés au processus de production et elle représente le meilleur exemple des échanges intra-industries au Canada provoqués par des économies d’échelle et des préférences pour la variété. Le gain modeste de 1,1 milliard de dollars dans l’excédent commercial des échanges de véhicules de tourisme est imputable à une expansion légèrement plus élevée des exportations que des importations; même si les prix à l’exportation ont fléchi, les volumes ont augmenté davantage, ce qui explique l’expansion observée. Par ailleurs, les échanges de pétrole brut ont provoqué un déplacement colossal de 12,1 milliards de dollars du solde commercial qui, à lui seul, a ramené en territoire positif le solde du commerce des marchandises du Canada. Cela s’explique principalement par le fait que le prix du pétrole brut a continué d’augmenter en 2011 et que cet effet de prix a été amplifié par une expansion des quantités exportées et une diminution des quantités importées. Même si les prix du pétrole non brut ont aussi augmenté, l’effet de quantité a joué en sens opposé — les exportations se sont légèrement contractées, tandis que les importations progressaient de plus du tiers, ce qui a réduit le solde commercial de 4,0 milliards de dollars. Cet effet négatif a atténué l’effet net des trois principaux déterminants de l’excédent commercial. Globalement, ils ont haussé de seulement 9,2 milliards de dollars l’excédent commercial par rapport à l’année précédente, tout en produisant un excédent global de 57,5 milliards de dollars.

Figure 5-3
Dix principaux produits d’exportation du Canada

Équivalent textuel pour Figure 5-3
  1. Combustibles et huiles minéraux (CHM) : 25,64 %
  2. Véhicules et pièces (VEH) : 11,69 %
  3. Machines et appareils mécaniques (MAM) : 6,95 %
  4. Pierres et métaux précieux (PMP : 5,89 %
  5. Machines et appareils électriques (MME) : 3,4 %
  6. Plastiques et articles connexes (PLA) : 2,71 %
  7. Aaluminium et articles connexes (ALU) : 2,19 %
  8. Papier, carton et articles connexes (PAP) : 2,18 %
  9. Avions, aéronefs et pièces (AAP) : 2,17 %
  10. Bois et articles en bois (BAB) : 2,03 %

Autres produits (AP) : 32,68 %

Les biens exportés pour lesquels les flux d’importations sont peu élevés se retrouvent principalement du côté des ressources : le charbon, la potasse, le nickel et l’huile de canola en sont de bons exemples. Les prix de la plupart de ces ressources ont augmenté en 2011, ce qui a aidé le Canada à améliorer son solde commercial. Les conditions de la demande se sont aussi légèrement améliorées, alors que la reprise s’est poursuivie partout dans le monde. L’excédent commercial de l’ensemble de ces neuf produits a augmenté globalement de 10,8 milliards de dollars, pour atteindre 37,6 milliards de dollars. Le charbon et la potasse ont affiché une tenue particulièrement robuste, avec des excédents commerciaux ayant progressé de 2,1 milliards de dollars et de 1,5 milliard de dollars, respectivement.

De l’autre côté du bilan, les produits donnant lieu à un important commerce bidirectionnel qui ont contribué à des changements importants dans les déficits commerciaux l’an dernier sont le matériel téléphonique et les pièces, les machines industrielles diverses, les pièces de véhicules automobiles et les gaz de pétrole. Les résultats observés pour les gaz de pétrole, qui font habituellement une contribution importante à l’excédent commercial du Canada, ont été atypiques en 2011 en raison d’une baisse de plus de 10 p. 100 des exportations, tandis que les importations progressaient de 15 p. 100. Par conséquent, en dépit du fait que l’excédent de 11,5 milliards de dollars engendré par les gaz de pétrole demeure élevé, il était inférieur de 2,5 milliards de dollars à celui de l’année précédente. Les importations de matériel téléphonique ont continué de progresser (de plus de 20 p. 100) alors que les exportations fléchissaient; cela a entraîné une aggravation de 1,9 milliard de dollars du déficit dans cette catégorie. Les importations de machines industrielles diverses ont bondi de 71,8 p. 100, entraînant un important déficit commercial dans cette catégorie de biens. Les pièces de véhicules automobiles ont enregistré le déficit le plus important parmi l’ensemble des produits, mais la faible croissance des importations a limité l’augmentation du déficit à 647 millions de dollars l’an dernier. L’effet combiné des produits donnant lieu à d’importants flux bidirectionnels a été d’ajouter 5,8 milliards de dollars au solde commercial déficitaire.

Les produits où le Canada enregistre des importations élevées mais des exportations limitées n’ont eu que peu d’impact l’an dernier. Les importations de bulldozers et de tracteurs ont connu une expansion considérable, bien que les exportations de tracteurs aient également progressé et que l’augmentation des importations d’ordinateurs a ajouté 1 milliard de dollars au déficit. Cependant, la baisse marquée des importations de génératrices électriques a réduit de 612 millions de dollars le déficit dans cette catégorie de biens. Ensemble, ces quatre biens ont contribué à creuser le déficit de 2,2 milliards de dollars, à 15,1 milliards de dollars.

Le commerce des marchandises par grands groupes de produits

La présente section analyse la performance du commerce du Canada en 2011 par groupes de produits représentant une version agrégée des chapitres de la classification à deux chiffres du SH. Ces grands groupes, 12 en tout, sont l’énergie; les véhicules et les pièces; les machines et les appareils mécaniques; les machines électriques et électroniques; le matériel technique et scientifique; les produits agricoles et agroalimentaires; les métaux et les minéraux; les produits chimiques, les plastiques et les produits en caoutchouc; le bois, la pâte et le papier; les textiles, les vêtements et le cuir; les biens de consommation et les produits manufacturés divers; et les autres matériels de transport. Les cinq premiers groupes correspondent à des chapitres de la classification à deux chiffres du SH, tandis que les sept autres regroupent plusieurs chapitres. Ensemble, ils englobent la totalité du commerce des marchandises du Canada correspondant aux 99 chapitres du SH.

Figure 5-4
Évolution des exportations canadiennes de marchandises par secteur, 2001-2011

Équivalent textuel pour Figure 5-4
Évolution des exportations canadiennes de marchandises par secteur
 20012002200320042005200620072008200920102011
Agro-alimentaire10099.2594.22101.0298.46103.13114.44138.76126.35127.60143.68
Produits chimiques, plastiques et caoutchouc100103.68102.39116.56128.20132.75143.01151.05121.86130.19146.93
Biens de cons. et produits manuf. divers100103.1588.3287.3385.6180.9876.3073.5760.0153.6555.93
Machines électriques10086.5177.3585.3092.9295.1492.4186.6673.2168.2168.98
Produits de l’énergie10086.57106.43118.90152.40152.04161.86230.69141.93164.10198.85
Machines mécaniques10096.5288.4394.4097.2497.83103.17104.6886.0782.8989.69
Minéraux et métaux100106.56102.54123.42135.28165.26186.45198.91137.13179.27212.81
Autres matériels de transport10087.0182.7672.3772.8175.8381.4876.3378.7570.2068.45
Matériel technique et scientifique10089.5486.5996.09104.61112.20110.22121.18111.30110.66119.82
Textiles, vêtements et cuir100102.5093.6792.2886.5881.2372.8063.7854.6059.3062.75
Véhicules et pièces100104.3594.3397.7295.3989.5083.4665.5746.7161.1263.72
Bois, pâte et papier10097.0189.2899.6794.0385.6475.4967.5452.5957.6358.43

Produits énergétiquesNote de bas de page 15

Les exportations canadiennes de produits énergétiques ont progressé de 21,2 p. 100, soit 20,1 milliards de dollars, pour atteindre 114,9 milliards de dollars en 2011. Pour la seconde fois (la première était en 2008), les exportations de produits énergétiques ont représenté plus du quart de l’ensemble des exportations canadiennes de marchandises. Les volumes et les prix plus élevés des exportations de pétrole brut ont fait une contribution équivalente au gain observé. Les importations de produits énergétiques ont progressé encore plus rapidement, soit de 29,4 p. 100 (12,0 milliards de dollars), atteignant 52,7 milliards de dollars. Cependant, en raison des volumes plus modestes d’importations, l’excédent des échanges de produits énergétiques a augmenté à nouveau l’an dernier, soit de 8,1 milliards de dollars, pour atteindre 62,2 milliards de dollars. En pratique, les excédents enregistrés dans les exportations de produits énergétiques couvrent le déficit du Canada dans plusieurs autres catégories d’importations; à titre d’exemple, ils contrebalancent approximativement le déficit combiné des groupes des machines mécaniques et électriques.

Les États-Unis demeurent la principale destination des exportations canadiennes d’énergie, accaparant 90,8 p. 100 du total en 2011 pour une valeur de 104,4 milliards de dollars. L’augmentation par rapport à l’année précédente a été de 19,0 p. 100. Le pétrole brut représente environ les deux tiers des exportations d’énergie aux États-Unis, le reste étant partagé également entre le pétrole non brut et les gaz de pétrole (principalement le gaz naturel). Les importations de produits énergétiques en provenance des États-Unis ont augmenté encore plus rapidement l’an dernier (de 34,2 p. 100), mais elles ont été beaucoup moins importantes au total (16,7 milliards de dollars), ce qui a donné lieu à un excédent commercial de 87,7 milliards de dollars, en hausse de 12,4 milliards de dollars sur l’année précédente.

En 2011, on a observé une expansion significative des exportations d’énergie vers plusieurs destinations. Les exportations vers la Corée du Sud ont progressé de 69,3 p. 100, à 1,9 milliard de dollars; les exportations d’énergie vers les Pays-Bas ont augmenté de 157,9 p. 100, atteignant 1,5 milliard de dollars. Pour la première fois, il y a eu des exportations d’énergie significatives vers l’Argentine (240 millions de dollars, comparativement à 32 millions de dollars en 2010) et vers l’Inde (75 millions de dollars, contre 2 millions de dollars en 2010). La France a également recommencé à importer de l’énergie à plus grande échelle du Canada (238 millions de dollars, comparativement à 30 millions de dollars en 2010). Fait à noter, le Canada n’exporte du pétrole brut que vers deux destinations seulement : les États-Unis et la Chine, et il n’exporte des gaz de pétrole qu’aux États-Unis. Ainsi, les exportations de cette catégorie de produits vers tous les autres pays portent sur des biens autres que le pétrole brut et les gaz de pétrole. À titre d’exemple, l’ensemble des exportations d’énergie vers la Corée du Sud et l’Inde était constitué de charbon; la totalité des exportations vers l’Argentine représentait du pétrole non brut, tandis que les exportations vers la France et les Pays-Bas étaient réparties entre le charbon et le pétrole non brut.

Les sources de produits énergétiques importés au Canada étaient géographiquement plus diversifiées que les destinations des exportations canadiennes. Un peu plus du tiers de ces produits proviennent des États-Unis, tandis que les 10 plus importantes sources suivantes ont, chacune, exporté plus de 1 milliard de dollars de produits énergétiques au Canada. L’Algérie arrivait au second rang après les États-Unis parmi les sources d’importations canadiennes d’énergie en 2011, avec une valeur de 5,5 milliards de dollars (pétrole brut); les importations provenant de la Norvège ont atteint 3,7 milliards de dollars, alors que celles venant du Royaume-Uni représentaient 2,8 milliards de dollars, principalement du pétrole brut. Les autres importants fournisseurs sont notamment l’Arabie Saoudite, le Kazakhstan, l’Iraq, l’Angola, le Nigeria et le Mexique. La Russie et le Venezuela figuraient dans le groupe des 20 plus importantes sources d’importations, mais les importations d’énergie en provenance de ces pays étaient en repli l’an dernier et sont descendues sous les 700 millions de dollars dans les deux cas. Une croissance dans les deux chiffres des importations a été enregistrée pour tous les autres fournisseurs, à l’exception du Royaume-Uni, qui a expédié 21,7 p. 100 moins de produits énergétiques vers le Canada. Le déficit des échanges de produits énergétiques avec l’ensemble des fournisseurs d’énergie précédemment mentionnés a absorbé environ le quart de l’excédent des échanges d’énergie avec les États-Unis.

Sous l’angle de la composition, les exportations d’énergie du Canada sont dominées par le pétrole brutNote de bas de page 16 (59,9 p. 100 des exportations d’énergie), suivi du pétrole non brut, à 15,3 p. 100, et des gaz de pétrole, à 14,3 p. 100. Le charbon a été le seul autre produit d’exportation notable, avec 7,0 p. 100 du total. Du côté des importations, le pétrole représente 54,1 p. 100 du total, le pétrole non brut, 31,2 p. 100, et les gaz de pétrole, 9,4 p. 100. Tel que noté précédemment, toutes les exportations de pétrole brut du Canada ont pris la destination des États-Unis en 2011 (68,4 milliards de dollars, soit 99,4 p. 100 du total) et de la Chine (407 millions de dollars)Note de bas de page 17, mais du côté des importations, ses fournisseurs étaient beaucoup plus variés : les sources d’importations de produits énergétiques mentionnées précédemment ont principalement expédié du pétrole brut. En outre, la Guinée équatoriale, le Brésil, la Côte d’Ivoire et l’Azerbaïdjan figuraient parmi les 20 principaux fournisseurs de pétrole brut, notamment la Côte d’Ivoire dont les expéditions vers le Canada ont presque doublé. En revanche, il n’y a pas eu d’importations de pétrole en provenance de la Syrie et du Congo en 2011. Globalement, les exportations de pétrole brut ont progressé de 32,5 p. 100, à 68,8 milliards de dollars, et les importations ont augmenté de 20,1 p. 100, à 28,5 milliards de dollars, engendrant un excédent du solde des échanges de pétrole de 40,3 milliards de dollars, soit une hausse de 42,9 p. 100 par rapport à 2010. Fait à noter, l’augmentation des prix du pétrole brut en 2011 n’a pas touché de façon égale les exportations et les importations canadiennes. Le pétrole plus lourd exporté par le Canada a vu son prix augmenter moins que le pétrole brut importé au Canada, entraînant un déplacement défavorable des termes de l’échange du pétrole brut pour le Canada.

Les exportations canadiennes de pétrole non brutNote de bas de page 18 étaient en hausse de 2,7 milliards de dollars en 2011, soit de 18,4 p. 100, atteignant 17,6 milliards de dollars. Environ la moitié des gains étaient attribuables aux exportations vers les États-Unis, qui ont progressé de 9,7 p. 100 (1,3 milliard de dollars), à 15,2 milliards de dollars, tandis qu’un autre quart provenait des gains enregistrés dans les exportations aux Pays-Bas, avec une progression de 163,9 p. 100 (685 millions de dollars) pour atteindre 1,1 milliard de dollars. Au-delà de ces deux principales destinations des exportations, notons que les exportations vers l’Argentine et la France ont rebondi de leur faible niveau de 2010 pour atteindre 239 millions de dollars et 189 millions de dollars, respectivement. Les Antilles néerlandaises viennent compléter le groupe de tête des cinq principales destinations, avec des exportations canadiennes d’énergie de 106 millions de dollars. Par ailleurs, les importations de pétrole non brut au Canada ont connu une expansion considérable (hausse de 68,4 p. 100, soit 6,7 milliards de dollars), à 16,4 milliards de dollars. Bien qu’un effet de prix ait joué, la plus grande partie de l’augmentation est attribuable à l’augmentation des quantités importées. Les États-Unis ont été la principale source d’importations à ce chapitre (52,0 p. 100 du total), affichant des gains de 3,8 milliards de dollars, tandis que les importations accrues en provenance des Pays-Bas (765 millions de dollars), de la Finlande (475 millions de dollars), du Mexique (428 millions de dollars), du Royaume-Uni (395 millions de dollars), de Singapour (266 millions de dollars), de la Norvège (291 millions de dollars) et du Venezuela (286 millions de dollars) ont aussi fait une contribution significative. À l’exception des États-Unis et du Royaume-Uni, les importations en provenance de chacun de ces fournisseurs de pétrole non brut au Canada ont plus que doublé en valeur. Cela constitue une diversification importante des sources d’importation de pétrole non brut. L’effet net des échanges de pétrole non brut sur le solde commercial au Canada a néanmoins été positif, à 1,2 milliard de dollars, mais ce niveau est sensiblement inférieur (de 3,9 milliards de dollars) à la contribution de 5,1 milliards de dollars à l’excédent du commerce énergétique en 2010. Il s’agit de la variation négative la plus importante dans le solde commercial parmi les produits de la classification à quatre chiffres.

Les exportations de gaz de pétroleNote de bas de page 19, exclusivement à destination des États-Unis, ont diminué à la fois en prix et en volume pour terminer l’année en recul de 10,3 p. 100 en valeur, à 16,5 milliards de dollars. Les importations ont aussi été touchées par une baisse de prix, mais la forte expansion des volumes importés a contribué à faire augmenter leur valeur de 15,2 p. 100, à 5,0 milliards de dollars. Dans une proportion de 90 p. 100, ces importations provenaient des États-Unis, tandis que le Qatar était l’autre fournisseur important, avec 7,3 p. 100 (362 millions de dollars). L’effet négatif qui en est résulté sur le solde commercial atteint 2,5 milliards de dollars, le second en importance après l’effet du pétrole non brut.

Les exportations de charbonNote de bas de page 20 ont progressé de 33,8 p. 100, à 8,0 milliards de dollars, en 2011; elles sont allées principalement vers le Japon, la Corée du Sud, la Chine et le Brésil. Les exportations de charbon aux Pays-Bas, à Taiwan et au Royaume-Uni ont plus que doublé l’an dernier, tandis que, pour la première fois, l’Inde importait une quantité significative de charbon canadien (73 millions de dollars). Les importations de charbon ont été peu élevées (962 millions de dollars) et provenaient principalement des États-Unis. Le résultat net est un excédent commercial de 7,0 milliards de dollars l’an dernier, en hausse de 2,1 milliards de dollars, soit la deuxième variation la plus importante après le pétrole brut.

Véhicules et piècesNote de bas de page 21

Après une forte reprise en 2010, la croissance des exportations de véhicules et de pièces a ralenti en 2011, avec un gain de seulement 4,3 p. 100, soit 2,1 milliards de dollars. Les exportations totales ont atteint 52,3 milliards de dollars, tandis que les importations totales s’élevaient à 63,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 5,3 p. 100 (3,2 milliards de dollars). Cette expansion modérée des importations et des exportations reflétait, d’une part, le succès de la restructuration du secteur de l’automobile en Amérique du Nord et, de l’autre, l’incertitude au sujet de la reprise aux États-Unis, le principal client pour les produits canadiens de l’automobile. Le déficit commercial enregistré pour les véhicules et les pièces a encore augmenté de 1,1 milliard de dollars pour s’établir à 11,2 milliards de dollars, effaçant l’amélioration modeste du solde commercial survenue dans cette catégorie l’année précédente.

L’essentiel (96,0 p. 100) des exportations du Canada dans ce secteur a pris la destination des États-Unis, tandis que près des deux tiers des importations du Canada provenaient de ce pays. Le Mexique, le Japon, l’Allemagne, la Corée du Sud et la Chine ont été les autres fournisseurs de véhicules et de pièces du Canada, avec des importations supérieures à 1 milliard de dollars dans chaque cas. Ces importations ont porté principalement sur des véhicules de tourisme, mais dans le cas du Mexique, elles ont été réparties presque également entre les voitures et les camions et, pour la Chine, elles ont porté principalement sur les pièces de véhicules automobiles. Les importations en provenance du Japon ont fléchi de 12,1 p. 100 en valeur l’an dernier et la part du marché détenue par ce pays a reculé de 9,5 p. 100 à 7,9 p. 100, tandis que les importations provenant de la Chine progressaient de 12,6 p. 100 pour atteindre 1,2 milliard de dollars. Les importations en provenance d’Afrique du Sud, à 263 millions de dollars, ont franchi la barre des 100 millions de dollars pour la première foisNote de bas de page 22.

Historiquement, les échanges canadiens de véhicules et de pièces ont porté sur les trois grandes catégories de produits : les voitures de tourisme, les véhicules de transport (camions) et les pièces de véhicules automobiles. À la faveur de la restructuration du secteur de l’automobile en Amérique du Nord au cours des trois dernières années, les exportations de camions canadiens ont perdu de l’importance (elles ne représentaient que 960 millions de dollars en 2011). Cela signifie que les exportations de voitures de tourisme et de pièces représentaient plus de 90 p. 100 des exportations du secteur de l’automobile. Les exportations de voitures de tourisme ont atteint 39,4 milliards de dollars l’an dernier (75 p. 100 des exportations de produits de l’automobile), en hausse de 1,4 milliard de dollars, soit 3,7 p. 100. Les États-Unis ont été à l’origine de la plus grande partie de cette augmentation, mais les exportations de voitures en Chine ont aussi grimpé (passant de 13,0 millions de dollars à 60,2 millions de dollars). Les exportations de pièces et d’accessoires ont progressé de 2,4 p. 100 l’an dernier, soit de 0,2 milliard de dollars, pour atteindre 9,3 milliards de dollars (18 p. 100 des exportations de produits de l’automobile). Les exportations vers le Mexique dans cette catégorie ont reculé de plus du quart, perdant 97 millions de dollars en valeur, mais cette baisse a été compensée par l’augmentation de 283 millions de dollars des exportations aux États-Unis.

Du côté des importations, les parts des trois principales catégories de produits étaient plus uniformes. Les voitures de tourisme ont représenté 37 p. 100 de l’ensemble des importations, les pièces et accessoires, 30 p. 100, et les camions, 19 p. 100. Les importations de voitures de tourisme ont augmenté de 1,3 p. 100 seulement, soit 297 millions de dollars, pour atteindre 23,3 milliards de dollars. Une baisse de 18,0 p. 100 des importations en provenance du Japon a atténué la croissance des importations en provenance des États- Unis, de l’Allemagne, du Mexique et de la Corée du Sud. Les importations en provenance de la Belgique (baisse de 14,6 p. 100) et, en particulier, de la Suède (recul de 34,9 p. 100) ont aussi subi une contraction sévère. Les importations de pièces et d’accessoires ont augmenté de 4,7 p. 100 (0,9 milliard de dollars) pour atteindre 19,2 milliards de dollars. Cette augmentation est due aux importations plus élevées en provenance des États-Unis (hausse de 0,6 milliard de dollars), du Mexique (gain de 0,3 milliard de dollars) et de la Chine (progression de 0,1 milliard de dollars), tandis que les importations en provenance de la Corée du Sud reculaient de 0,2 milliard de dollars. Les importations de camions ont progressé de 5,2 p. 100 en 2011 pour atteindre 12,2 milliards de dollars. Les États-Unis représentaient la moitié du gain de 0,6 milliard de dollars, tandis que l’autre moitié était attribuable aux autres fournisseurs, dont le Japon, le Royaume-Uni et la Suède. Enfin, les importations de tracteurs ont représenté 6 p. 100 de cette catégorie et elles étaient en forte croissance en 2011, avec un gain de 0,8 milliard de dollars, essentiellement en provenance des États-Unis.

Machines et appareils mécaniquesNote de bas de page 23

Les machines et les appareils mécaniques (ci-après, les machines) constituent l’un des chapitres les plus importants du système de classification SH — l’un des « trois grands chapitres » qui, collectivement, représentent plus du tiers de l’ensemble du commerce international. Les valeurs totales échangées dans chacune de ses trois catégories — les machines, les combustibles minéraux et les machines et le matériel électrique — ont dépassé 5 billions de dollars en 2010. Ce groupe occupe le troisième rang dans le commerce du Canada (après les combustibles minéraux et les véhicules); il est extrêmement varié et englobe chaque pièce d’équipement mécanique allant des réacteurs nucléaires aux moteurs, jusqu’aux pompes et aux valves.

Les exportations canadiennes de machines ont retrouvé le sentier de la croissance en 2011, ajoutant 2,4 milliards de dollars, soit 8,2 p. 100, pour atteindre 31,1 milliards de dollars. L’augmentation totale des exportations vers les États-Unis a été de 2,0 milliards de dollars, soit 10 fois plus que le gain enregistré dans les exportations de ces biens vers la Chine, soit 200 millions de dollars. Proportionnellement, ces dernières ont toutefois progressé de 31,3 p. 100, ce qui est plus de trois fois le taux de 9,9 p. 100 précédemment enregistré. Une croissance dans les deux chiffres a également été observée dans les exportations de machines vers l’Australie (hausse de 47 millions de dollars) et le Japon (gain de 55 millions de dollars), tandis que les exportations vers la Russie ont diminué de 66 millions de dollars. Les turboréacteurs et les autres turbines à gazNote de bas de page 24 (principalement des moteurs d’aéronefs) sont demeurés la principale sous-catégorie d’exportations, affichant une croissance de 4,5 p. 100 (183 millions de dollars), à 4,3 milliards de dollars, mais les gains les plus importants sont survenus dans les exportations de pièces de machines, qui ont progressé de 408 millions de dollars, et les exportations de pompes, en hausse de 473 millions de dollars. En revanche, les exportations de moteurs à piston ont reculé de 200 millions de dollars.

Les importations de machines au Canada ont légèrement dépassé celles des véhicules pour devenir la plus importante catégorie d’importations en 2011, à 63,6 milliards de dollars, grâce à une croissance de 11,6 p. 100 qui est venue ajouter 6,6 milliards de dollars au total. La croissance des importations en provenance des trois principaux fournisseurs — les États-Unis, le Mexique et la Chine — a été légèrement inférieure à la moyenne, mais a tout de même représenté la moitié des gains. On a par ailleurs observé un taux de croissance dans les deux chiffres des importations de machines de Taiwan (530 millions de dollars), de l’Allemagne (488 millions de dollars), de la Corée du Sud (351 millions de dollars) et du Japon (340 millions de dollars). Mais le gain relatif le plus important concerne les Émirats arabes unis, qui ont fourni 717 millions de dollars de machines l’an dernier, une hausse de 712 millions de dollars par rapport aux 5 millions de dollars enregistrés en 2010. Cette augmentation est attribuable à un important contrat de matériel pour la production de pétrole et de gaz. Les autres sous-catégories qui ont affiché d’importantes progressions sont celles des ordinateurs (hausse de 1,0 milliard de dollars, principalement attribuable aux ordinateurs portables venant de Taiwan), les bulldozers et les niveleuses (gain de 1,0 milliard de dollars, en provenance des États-Unis et du Japon) et les pompes (augmentation de 0,5 milliard de dollars, en provenance des États- Unis et de la Chine).

Les importations ayant augmenté davantage que les exportations, les échanges dans la catégorie des machines ont continué à creuser le déficit commercial le plus important du Canada, toutes catégories confondues, lequel a progressé de 4,3 milliards de dollars (15,1 p. 100) pour atteindre 32,5 milliards de dollars l’an dernier. Les déficits ont augmenté avec tous les fournisseurs du Canada, en particulier la Chine, l’Allemagne, la Corée du Sud et Taiwan (de 0,5 milliard de dollars dans chaque cas).

Machines et matériel électriques et électroniquesNote de bas de page 25

Les exportations de produits électriques et électroniques sont demeurées essentiellement inchangées en 2011, gagnant seulement 169 millions de dollars (1,1 p. 100) pour se situer à 15,2 milliards de dollars. La part des États-Unis a diminué, passant de 70,0 p. 100 à 68,5 p. 100 en raison d’un recul de 112 millions de dollars des exportations. Les trois autres principales destinations des exportations du Canada — le Mexique, le Royaume-Uni et la Chine — ont également enregistré une baisse dans cette catégorie. Cependant, la plupart de ces pertes ont été compensées par la hausse des exportations canadiennes en Hongrie, qui ont presque triplé, gagnant 190 millions de dollars (principalement des circuits électroniques intégrés) et propulsant ce pays au cinquième rang de la liste des principales destinations des exportations de produits électriques et électroniques du Canada. Hong Kong et la France ont aussi enregistré des gains modérés, mais ceux-ci ont plus que compensé le recul de 28,7 p. 100 des exportations vers la Corée du Sud. Parmi les sous-produits entrant dans cette catégorie, 27 sur 46 étaient en hausse, tandis que 19 ont subi une baisse. Les pertes d’exportations ont été importantes dans la principale catégorie, celle du matériel téléphonique, en repli de 270 millions de dollars, soit 8,5 p. 100, et celle des caméras de télévision et du matériel de transmission, en baisse de 124 millions de dollars, soit 10,0 p. 100, par rapport à 2010. Ces pertes ont été contrebalancées par les gains enregistrés dans les circuits électroniques intégrés (hausse de 313 millions de dollars), les fils et câbles, y compris la fibre optique (augmentation de 129 millions de dollars) et les pièces de télévision et de radio (progression de 86 millions de dollars).

Les importations de produits électriques et électroniques ont avancé plus rapidement, soit à un rythme de 5,5 p. 100, pour atteindre 45,0 milliards de dollars en 2011. L’augmentation d’une année à l’autre a été de 2,3 milliards de dollars, dont près des trois quarts sont attribuables à la Chine (1,7 milliard de dollars). Les importations en provenance du Mexique ont progressé de 387 millions de dollars et celles en provenance de Taiwan, de 288 millions de dollars. La croissance des importations des États-Unis a été inférieure à 2 p. 100, soit 266 millions de dollars. Les importations en provenance du Japon et de la Malaisie ont reculé de 161 millions de dollars et de 167 millions de dollars, respectivement, tandis que celles venant du Danemark ont vu leur valeur chuter de moitié par rapport à 2010, plongeant de 663 millions de dollars à 318 millions de dollars. Le gain le plus important parmi les sous-catégories a touché le matériel téléphonique, avec une progression de 1,6 milliard de dollars, soit 21,7 p. 100, représentant plus des deux tiers du gain total. Les importations de câbles et de fils ont aussi augmenté de 539 millions de dollars. Les importations de génératrices électriques ont par contre fléchi de 33,4 p. 100 en valeur (567 millions de dollars) et celles des tables de lecture, des phonographes et des lecteurs de cassettes ont dégringolé de 71,7 p. 100, soit 265 millions de dollars, pour ne plus représenter que 105 millions de dollars. Les circuits électroniques intégrés, les projecteurs, les médias non enregistrés ainsi que les caméras de télévision et le matériel de transmission ont tous enregistré des pertes plus limitées à quelques 100 millions de dollars.

Les importations ayant à nouveau progressé plus rapidement que les exportations, le solde déficitaire des échanges de produits électriques et électroniques a continué à se creuser, ajoutant 2,2 milliards de dollars l’an dernier pour atteindre 29,8 milliards de dollars.

Matériel technique et scientifiqueNote de bas de page 26

Aussi appelée instruments de précision, la catégorie du matériel technique et scientifique englobe les appareils de précision de haute technologie utilisés en sciences, en recherche, en médecine, en photographie et en géologie. Les exportations de cette catégorie de matériel ont progressé de 8,3 p. 100 (448 millions de dollars) en 2011 pour atteindre 5,9 milliards de dollars. Les États-Unis ont dominé les gains avec une progression de 231 millions de dollars, ce qui est à peu près proportionnel à la part des exportations allant dans ce pays, le reste des gains était réparti assez uniformément entre l’Allemagne (augmentation de 15,1 p. 100, soit 26 millions de dollars), l’Australie (gain de 29,4 p. 100, soit 23 millions de dollars), l’Inde (hausse de 40,2 p. 100, soit 20 millions de dollars) et la Russie où les exportations ont doublé à 29 millions de dollars. De faibles pertes ont été enregistrées dans les exportations vers le Royaume-Uni, les Pays-Bas et Taiwan. Au niveau des souscatégories, les hausses les plus notables ont porté sur les appareils à cristaux liquides et les lasers (gain de 136 millions de dollars), les instruments d’arpentage, de météorologie et de physique (hausse de 85 millions de dollars) et les instruments de mesure et de vérification divers (progression de 84 millions de dollars).

Les importations de matériel technique et scientifique ont progressé presque aussi rapidement, soit de 7,8 p. 100, mais le gain de 907 millions de dollars est attribuable à une plus grande valeur (12,5 milliards de dollars en 2011). Les États-Unis ont été le pays d’origine de la moitié de ces importations et comptaient pour près de la moitié de l’augmentation, soit 417 millions de dollars. À noter que la progression de 116 millions de dollars des importations en provenance de l’Allemagne a touché un large éventail de produits; les importations de Chine ont augmenté de 55 millions de dollars, une croissance inférieure à la moyenne, tandis que les importations venant du Royaume-Uni ont grimpé de 55 millions de dollars, soit 17,8 p. 100. Les importations de matériel médical, chirurgical et dentaire ont avancé de 180 millions de dollars; les instruments servant à la vérification des flux, des niveaux et de la pression ont par ailleurs gagné 109 millions de dollars, tandis que les importations de matériel physique et chimique étaient en hausse de 102 millions de dollars; la plupart des autres catégories ont aussi connu une modeste expansion.

Alors que les exportations ont progressé un peu plus rapidement que les importations, les valeurs importées étaient plus élevées, ce qui a entraîné une détérioration du solde des échanges de matériel technique et scientifique. En conséquence, le déficit commercial s’est creusé de 459 millions de dollars à ce chapitre en 2011 pour atteindre 6,6 milliards de dollars.

Produits agricoles et agroalimentairesNote de bas de page 27

Cette catégorie est l’un des piliers des exportations et du solde commercial du Canada. Les exportations de produits agricoles et agroalimentaires ont progressé de 12,6 p. 100 (4,9 milliards de dollars) en 2011, pour toucher leur plus haut niveau à 44,1 milliards de dollars. La hausse des prix des céréales et des huiles a contribué sensiblement à cette expansion puisque les exportations canadiennes de produits primaires dans cette catégorie portent notamment sur les céréales, les graines oléagineuses, la viande et les huiles animales et végétales (principalement l’huile de canola). Ces quatre produits ont représenté plus des trois quarts de la croissance totale, les deux premiers gagnant 1,2 milliard de dollars chacun (correspondant à un taux de croissance de 21,5 p. 100 et de 20,5 p. 100, respectivement), les exportations d’huiles animales et végétales ont augmenté de 1,1 milliard de dollars (42,8 p. 100), tandis que les exportations de viande étaient en hausse de 318 millions de dollars (7,2 p. 100). La plupart des autres sous-catégories d’exportations ont enregistré une progression plus modérée, et la seule baisse significative a touché les exportations d’animaux vivants (diminution de 15 p. 100, soit 253 millions de dollars). Les États-Unis ont représenté moins de la moitié de l’augmentation totale de 2,1 milliards de dollars de ces exportations. Les exportations à destination de la Corée du Sud étaient en hausse de 472 millions de dollars (gain de 86,8 p. 100), celles vers le Japon ont grimpé de 671 millions de dollars, soit 20,8 p. 100, et celles à destination du Mexique ont progressé de 305 millions de dollars (21,5 p. 100). Les exportations de produits agroalimentaires vers l’Iraq, jadis significatives, ont chuté des deux tiers en 2011, à 55 millions de dollars, soit un huitième de leur niveau de 2009.

Les importations des produits agroalimentaires ont progressé à un rythme un peu plus lent, soit 10,7 p. 100 (hausse de 3,2 milliards de dollars) pour atteindre 33,1 milliards de dollars l’an dernier. Les boissons et les spiritueux, qui constituent la principale catégorie d’importations, ont fourni la plus grande partie de la croissance, soit 571 millions de dollars. Des gains considérables ont également été enregistrés dans les importations de café, de thé et d’épices (468 millions de dollars), de viande (327 millions de dollars) et de fruits et noix (268 millions de dollars). Les États-Unis sont demeurés le principal fournisseur d’aliments du Canada, avec 57,6 p. 100 des importations canadiennes dans cette catégorie, lesquelles ont connu une progression de 1,8 milliard de dollars l’an dernier pour atteindre 19,1 milliards de dollars. D’autres hausses notables ont été enregistrées dans les importations provenant du Brésil (228 millions de dollars) et de la Chine (115 millions de dollars), avec des gains plus modestes répartis largement parmi les autres fournisseurs dans la catégorie d’importations la plus diversifiée géographiquement.

Stimulé par l’expansion des exportations, l’excédent commercial du Canada en 2010 dans cette catégorie, soit 9,2 milliards de dollars, est monté à 11,0 milliards de dollars en 2011. Le Japon a été le plus important partenaire à ce chapitre, avec un excédent de 3,8 milliards de dollars, et il a été à l’origine du gain le plus important, soit 671 millions de dollars; à l’opposé, le Brésil a été le principal partenaire avec lequel le Canada a enregistré un déficit, soit 1,0 milliard de dollars, lequel était en hausse de 322 millions de dollars par rapport à l’année précédente.

Minéraux et métauxNote de bas de page 28

Alors que les prix des ressources et des biens liés aux ressources ont continué d’augmenter en 2011, les exportateurs mondiaux de ces produits, dont le Canada, ont largement profité de cette tendance. Les exportations de métaux et de minéraux du Canada ont progressé de 18,7 p. 100 l’an dernier pour atteindre 75,3 milliards de dollars, une hausse de 11,9 milliards de dollars. Le principal groupe de produits était celui des pierres et des métaux précieuxNote de bas de page 29, dont les exportations ont doublé entre 2009 et 2011 pour représenter 26,4 milliards de dollars — plus du tiers du gain total enregistré dans cette catégorie. L’expansion de 5,6 milliards de dollars des exportations dans cette catégorie est principalement attribuable à des exportations accrues d’or (3,0 milliards de dollars) et d’argent (1,7 milliard de dollars). La plus grande partie de cette croissance s’explique par la hausse des prix des métaux précieux. Les exportations de métaux précieux ont augmenté principalement vers le Royaume-Uni, la principale destination des exportations canadiennes d’or et d’argent (gain de 2,9 milliards de dollars) et les États- Unis (hausse de 1,6 milliard de dollars), tandis que les exportations vers Hong Kong se sont multipliées par cinq, à 1,1 milliard de dollars. Les minerais représentent la deuxième plus importante catégorie de produits sur le plan de la croissance, avec une progression de 2,7 milliards de dollars des exportations, à 8,9 milliards de dollars (hausse de 43,8 p. 100), qui est principalement attribuable aux minerais de fer et de cuivre. Les exportations en Chine, au Japon, aux Pays-Bas et en Finlande étaient en hausse sur l’année avec des gains de 1,3 milliard de dollars, 0,4 milliard de dollars, 0,3 milliard de dollars et 0,3 milliard de dollars, respectivement, tandis que les exportations vers l’Allemagne reculaient de 0,4 milliard de dollars.

Les exportations de nickel arrivaient au troisième rang en importance dans cette catégorie, progressant de 1,5 milliard de dollars, soit 30,0 p. 100, à 6,6 milliards de dollars. Fait à noter, une infime partie de cette augmentation est imputable aux prix; la plus grande partie s’explique par une expansion spectaculaire des volumes exportés vers plusieurs destinations. Les expéditions de nickel aux États-Unis ont ainsi plus que doublé, gagnant 736 millions de dollars pour atteindre 1,3 milliard de dollars. Les autres principales destinations de ces exportations, la Norvège et le Royaume-Uni, ont enregistré des gains de 157 millions de dollars et de 183 millions de dollars, respectivement, tandis que les expéditions vers Taiwan progressaient de 168 millions de dollars, soit 137,0 p. 100. Les exportations de nickel canadien ont fait des avancées notables dans plusieurs autres pays, dont l’Espagne (où elles sont passées de 13 millions de dollars à 33 millions de dollars), la Thaïlande (de 7 millions de dollars à 26 millions de dollars), l’Australie (de 6 millions de dollars à 25 millions de dollars) et le Brésil (de 4 millions de dollars à 20 millions de dollars). Si ces augmentations devaient se poursuivre dans l’avenir, cela représenterait un important pas en avant pour l’industrie du nickel au Canada.

Pour ce qui est des destinations, les États-Unis ont été principalement responsables de l’augmentation de 11,9 milliards de dollars des exportations (hausse de 3,8 milliards de dollars), suivis du Royaume-Uni (gain de 3,1 milliards de dollars), de la Chine (augmentation de 1,4 milliard de dollars) et de Hong Kong (progression de 0,9 milliard de dollars). La croissance des exportations vers les États- Unis est attribuable à l’argent, qui a enregistré un gain de 1,6 milliard de dollarsNote de bas de page 30, et le nickel, avec un bond de 0,7 milliard de dollars, tandis que les exportations d’or aux États-Unis fléchissaient de 0,7 milliard de dollars. Le gain de 2,8 milliards de dollars observé dans les exportations d’or au Royaume-Uni explique la presque totalité de l’augmentation des exportations vers ce pays, tandis que la Chine a consolidé sa position de premier importateur de minerais canadiens (de fer et de cuivre) avec une progression de 1,3 milliard de dollars dans cette catégorie. L’or a été responsable d’un triplement des exportations vers Hong Kong dans cette catégorie.

Les importations de métaux et de minéraux ont progressé de 8,2 milliards de dollars pour atteindre 57,2 milliards de dollars en 2011. Cela représente une expansion de 16,7 p. 100 des importations — un rythme presque aussi élevé que celui des exportations. Près de la moitié de cette augmentation était attribuable à l’or (gain de 2,5 milliards de dollars) et à l’argent (hausse de 1,5 milliard de dollars). Les importations de fer et d’acier et d’articles connexes ont avancé de 2,4 milliards de dollars, avec des hausses notables des importations de tubes et de tuyaux. Les importations de minerais ont augmenté de 0,7 milliard de dollars, les minerais de plomb intervenant pour près de la moitié de cette hausse. Les États-Unis ont fourni le tiers de l’augmentation des importations (2,7 milliards de dollars), attribuable principalement à l’argent, au fer et à l’acier et aux articles connexes. Les importations en provenance de l’Argentine ont progressé de 0,8 milliard de dollars (ce qui est attribuable à l’or), celles du Pérou ont augmenté de 0,7 milliard de dollars (or et minerais de plomb), celles en provenance de la Chine ont avancé de 0,5 milliard de dollars (principalement des articles en fer et en acier), tandis que les importations en provenance du Mexique gagnaient 0,4 milliard de dollars (argent, or et articles en fer et en acier). Les importations accrues en provenance de la Pologne, (principalement l’argent) méritent une mention puisqu’elles se sont multipliées par dix en deux ans et représentent un gain de 325 millions de dollars en 2011.

La moitié des importations d’or du Canada, soit 10,1 milliards de dollars, provenait de deux pays : le Pérou (3,1 milliards de dollars, en hausse de 22,0 p. 100) et l’Argentine (1,8 milliard de dollars, un gain de 67,5 p. 100). L’Érythrée et la Turquie sont aussi devenues des fournisseurs d’or du Canada l’an dernier, avec de nouvelles expéditions de 319 millions de dollars et de 226 millions de dollars, respectivement.

Le solde des échanges du Canada dans la catégorie des métaux et des minéraux a progressé à 18,1 milliards de dollars en 2011, ce qui représente une augmentation de 25,7 p. 100 par rapport à 2010 (hausse de 3,7 milliards de dollars), soit le double du niveau observé en 2009.

Produits chimiques, plastiques et caoutchoucNote de bas de page 31

Les exportations canadiennes de produits chimiques, de plastiques et de caoutchouc ont atteint 47,0 milliards de dollars en 2011, une hausse de 5,3 milliards de dollars (12,9 p. 100). Les engrais (essentiellement la potasse) ont continué d’engendrer le gain le plus important, soit 1,8 milliard de dollars d’exportations additionnelles, suivis des produits chimiques inorganiques, qui ont progressé de 1,3 milliard de dollars (principalement l’uranium, l’ammoniaque et les composés à base de métaux du groupe des terres rares), les plastiques, en hausse de 1,1 milliard de dollars, et les produits chimiques organiques, qui ont gagné 0,8 milliard de dollars. Les exportations de produits pharmaceutiques ont fléchi de 0,3 milliard de dollars, alors que les exportations de sang humain et animal fléchissaient également.

Les États-Unis ont accaparé 71,8 p. 100 de l’augmentation des exportations, avec un gain de 3,8 milliards de dollars touchant un large éventail de produits, suivis de la Chine, avec une hausse de 429 millions de dollars. Les exportations étaient aussi en hausse vers l’Indonésie (242 millions de dollars) et le Royaume-Uni (221 millions de dollars).

Les exportations de potasse ont progressé de 1,5 milliard de dollars. Les prix plus élevés ont favorisé cette expansion à 6,7 milliards de dollars, et la potasse demeure l’un des principaux atouts du Canada sur les marchés d’exportation. Un peu plus de la moitié (3,6 milliards de dollars) de la potasse exportée par le Canada est allée aux États-Unis, tandis que l’autre moitié s’est dirigée vers d’autres pays, comme le Brésil, l’Indonésie, la Chine, l’Inde et la Malaisie. Il y a eu une forte expansion des exportations vers ces principaux marchés en 2011, alors que le Vietnam, les Philippines et le Costa Rica ont presque doublé leurs achats de potasse au Canada.

Les importations de produits chimiques, de plastiques et de caoutchouc ont augmenté plus lentement (6,5 p. 100, soit 3,6 milliards de dollars), pour atteindre 58,8 milliards de dollars en 2011. Plus de la moitié de ces importations provenaient des États-Unis, qui ont représenté la plus importante partie de l’augmentation à ce chapitre, soit 2,4 milliards de dollars. Les importations en provenance de Chine arrivaient loin derrière au second rang, avec un gain de 265 millions de dollars. Les importations venant d’Irlande ont poursuivi leur repli, cédant encore 276 millions de dollars l’an dernier.

Les gains du côté des importations ont été dominés par les produits en caoutchouc, qui ont progressé de 1,1 milliard de dollars (principalement des pneus et du caoutchouc naturel), suivis des plastiques avec un gain de 0,9 milliard de dollars. Les importations de produits chimiques inorganiques ont avancé de 738 millions de dollars, les composés d’uranium et d’aluminium étant les principaux produits responsables de cette hausse. Une augmentation marquée de 482 millions de dollars (61,2 p. 100) a été enregistrée dans les importations d’engrais en provenance des États-Unis, principalement des engrais à base d’azote et de divers minéraux.

La croissance plus rapide des exportations que des importations a de nouveau aidé le Canada à réduire sont déficit commercial dans cette catégorie. Le déficit commercial pour les produits chimiques, les plastiques et les produits en caoutchouc a été de 11,9 milliards de dollars en 2011, représentant une baisse de 1,8 milliard de dollars par rapport au niveau de 13,7 milliards de dollars observé en 2010.

Bois, pâte et papierNote de bas de page 32

En 2010, le déclin des exportations dans cet important groupe d’industries canadiennes a pris fin et un gain a été enregistré pour la première fois en cinq ans. En 2011, ce groupe de produits a encore gagné du terrain, mais plus modestement. Avec une augmentation de seulement 1,4 p. 100 en valeur, ces exportations ont progressé de 374 millions de dollars pour atteindre 27,4 milliards de dollars. Les pertes du côté des exportations de papier et de carton se sont élevées à 113 millions de dollars, et la diminution de 82 millions de dollars des exportations de produits imprimés a été compensée par des gains dans les exportations de bois (hausse de 326 millions de dollars) et de pâte de bois (augmentation de 243 millions de dollars).

Une analyse par destination montre que les exportations ont augmenté le plus vers la Chine (hausse de 1,1 milliard de dollars, soit 36,5 p. 100) un gain qui a compensé la faiblesse continue des États-Unis comme marché d’exportation pour le bois et le papier canadiens (recul de 728 millions de dollars). Les autres mouvements ont été limités : l’augmentation des exportations vers l’Indonésie (62 millions de dollars), le Royaume-Uni (50 millions de dollars) et la Corée du Sud (49 millions de dollars) a été atténuée par la baisse des exportations vers l’Italie (47 millions de dollars), la Belgique (47 millions de dollars) et l’Arabie Saoudite (35 millions de dollars). Le bois et la pâte de bois ont été à l’origine de la progression des exportations vers la Chine; en revanche, le bois a été la principale source de faiblesse du côté des exportations vers les États-Unis.

Les importations de bois, de pâte et de papier ont fléchi de 3,6 p. 100 l’an dernier, soit de 465 millions de dollars, pour s’établir à 12,4 milliards de dollars. Les États-Unis ont encaissé 73 p. 100 de ce recul, soit 340 millions de dollars, qui a touché principalement le papier, les produits en papier et le matériel imprimé. La plupart des autres fournisseurs ont également vu leurs expéditions diminuer quelque peu, à l’exception du Mexique où les importations canadiennes ont progressé de 34 millions de dollars (49,2 p. 100). Au niveau de la composition, toutes les catégories ont vu fléchir les valeurs importées, le bois étant la catégorie qui a subi la baisse la plus prononcée, à 183 millions de dollars, suivi du matériel imprimé, avec un recul de 167 millions de dollars.

Les exportations ayant augmenté et les importations ayant diminué, l’excédent commercial du Canada dans la catégorie du bois, de la pâte et des produits en papier a progressé de 0,8 milliard de dollars (6,0 p. 100) pour atteindre 15,0 milliards de dollars en 2011.

Textiles, vêtements et cuirNote de bas de page 33

Les exportations canadiennes de textiles, de vêtements et de cuir ont progressé encore en 2011, gagnant 5,8 p. 100, soit 254 millions de dollars, pour atteindre 4,6 milliards de dollars. Les exportations accrues vers les États-Unis (gain de 122 millions de dollars) et la Chine (hausse de 104 millions de dollars) ont représenté près de 90 p. 100 de cette augmentation. Aucun autre changement notable ne ressort au niveau des destinations des exportations, sauf une contraction de 23 millions de dollars des expéditions vers Hong Kong. Quatorze des 19 principales sous-catégories ont enregistré des gains en 2011, dominés par les pelleteries et les fourrures artificielles (gain de 71 millions de dollars), suivis des articles en cuir (43 millions de dollars), des vêtements non tricotés ou crochetés (33 millions de dollars) et des cuirs et des peaux brutes (26 millions de dollars).

Les importations canadiennes de textiles, de vêtements et de cuir ont augmenté de 8,3 p. 100 en 2011, soit une hausse de 1,3 milliard de dollars, pour atteindre 17,3 milliards de dollars. Les gains ont été largement répartis entre la Chine (448 millions de dollars), le Bangladesh (219 millions de dollars), le Cambodge (162 millions de dollars), les États-Unis (137 millions de dollars) et la balance entre d’autres fournisseurs de moindre importance. Les importations ont augmenté dans plupart des sous-catégories mais, pour l’essentiel, les gains ont été concentrés dans les vêtements non tricotés ou crochetés (412 millions de dollars) et les vêtements tricotés ou crochetés (386 millions de dollars).

Étant donné que les exportations ont augmenté de seulement 254 millions de dollars mais que les importations ont progressé de 1,3 milliard de dollars, il y a eu une aggravation importante du déficit commercial dans cette catégorie, lequel a ajouté 1,1 milliard de dollars en 2011 pour s’établir à 12,7 milliards de dollars.

Biens de consommation et produits manufacturés diversNote de bas de page 34

Les exportations de biens de consommation et de produits manufacturés divers ont progressé de 4,3 p. 100 en 2011, soit 0,8 milliard de dollars, pour atteindre la marque des 19,6 milliards de dollars. Plus des trois quarts de l’augmentation sont attribuables à une expansion des exportations vers les États-Unis (hausse de 609 millions de dollars); l’Allemagne (gain de 111 millions de dollars) et le Japon (94 millions de dollars) ont accaparé la plus grande partie du reste. L’Allemagne, en particulier, montre une croissance rapide des exportations canadiennes dans cette catégorie, soit 46,1 p. 100. Toutefois, les exportations vers l’Italie ont fléchi de 76 millions de dollars, tandis que celles à destination du Brésil reculaient de 31 millions de dollars.

Une analyse de la composition révèle que les hausses les plus importantes se sont produites dans la catégorie des provisions spéciales (gain de 630 millions de dollars), qui comprend les exportations non classables (généralement des transactions de faible valeur ou des biens de nature confidentielle), les réparations et les biens d’origine américaine retournant aux États-Unis sans transformation. La plupart des gains pour le reste de l’année sont attribuables à une expansion de 182 millions de dollars des exportations de meubles, surtout des sièges et des lampes. Les exportations de meubles ont principalement pris la destination des États-Unis, qui ont reçu plus de 92 p. 100 de l’ensemble de ces exportations. Par ailleurs, les exportations d’armes et de munitions ont reculé de 39 millions de dollars, ce qui constitue le seul mouvement important à la baisse dans cette catégorie.

Les importations de biens de consommation et de produits manufacturés divers ont progressé de 3,4 p. 100 en 2011 (0,7 milliard de dollars), pour atteindre 21,6 milliards de dollars. Les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 645 millions de dollars, tandis que celles venant de la Chine fléchissaient de 324 millions de dollars. Les importations en provenance du Mexique, de l’Autriche et de Cuba étaient aussi en expansion, respectivement de 79 millions de dollars, 71 millions de dollars et 53 millions de dollars.

Les meubles demeurent le principal produit importé dans cette catégorie, avec un gain de 291 millions de dollars (qui s’explique principalement par une augmentation des importations en provenance des États-Unis), tandis que les importations de jouets et de jeux reculaient de 484 millions de dollars, soit plus de 10 p. 100 de leur valeur totale. La baisse a principalement touché la Chine, le principal fournisseur du Canada dans cette sous-catégorie. Une expansion de 561 millions de dollars des importations de biens non classés en vertu de dispositions spéciales a fait en sorte qu’il y a eu une augmentation globale, à laquelle les importations d’armes et de munitions sont venues ajouter 145 millions de dollars.

Le solde commercial des échanges de biens de consommation et de produits manufacturés divers s’est légèrement amélioré en 2011, le déficit commercial du Canada dans cette catégorie se refermant de 91 millions de dollars à 2,0 milliards de dollars.

Autre matériel de transportNote de bas de page 35

Le matériel de transport autre que les véhicules automobiles, qui comprend les aéronefs, le matériel ferroviaire, les navires et les bateaux, est l’une des plus importantes catégories dans les échanges commerciaux du Canada. En 2011, les exportations d’autre matériel de transport ont atteint 10,5 milliards de dollars, leur plus bas niveau en six ans, suite à une perte de 267 millions de dollars (2,5 p. 100). En dépit d’une augmentation de 571 millions de dollars des exportations aux États-Unis, le recul de 1,0 milliard de dollars (71,4 p. 100) des exportations au Royaume-Uni est responsable du déclin net. De plus, en dépit de hausses importantes des exportations vers la France (245 millions de dollars), l’Allemagne (216 millions de dollars) et la Chine (195 millions de dollars), il y a eu des baisses exceptionnellement étendues des commandes en provenance d’autres pays, dont l’Éthiopie (recul de 147 millions de dollars), l’Arabie Saoudite (145 millions de dollars), la Suisse (134 millions de dollars) et la Lettonie (133 millions de dollars) et d’autres. La baisse des exportations d’aéronefs est la principale cause des reculs observés pour le Royaume-Uni, l’Éthiopie, la Suisse et la Lettonie, tandis que le matériel ferroviaire explique la baisse des exportations en Arabie Saoudite. À noter que la taille des contrats dans ce secteur engendre des variations significatives dans les données du commerce d’une année à l’autre.

Parmi les diverses sous-catégories, celle des aéronefs a vu ses exportations diminuer le plus (baisse de 223 millions de dollars), baisse qui a été atténuée par la vigueur des expéditions d’aéronefs aux États-Unis. Les exportations de pièces d’aéronefs sont demeurées stables dans l’ensemble. Les exportations de matériel ferroviaire ont fléchi de 121 millions de dollars, principalement les locomotives, tandis que les exportations de navires et de bateaux ont progressé de 77 millions de dollars (principalement les yachts et les embarcations de plaisance).

Les importations d’autre matériel de transport ont progressé de 8,2 p. 100 (614 millions de dollars) en 2011, pour atteindre 8,1 milliards de dollars. L’essentiel de l’augmentation touche les États-Unis, avec une progression globale de 506 millions de dollars. La Norvège (gain de 228 millions de dollars, principalement les navires) et la Chine (hausse de 111 millions de dollars, navires et matériel ferroviaire) ont aussi fait une contribution substantielle. Par ailleurs, il y a eu une forte baisse des importations en provenance de la Corée du Sud (180 millions de dollars) et de la France (173 millions de dollars), tandis que les importations au Canada de navires provenant du Chili sont passées de 55 millions de dollars en 2010 à zéro en 2011.

Les importations d’aéronefs et de pièces ont gagné seulement 2,2 p. 100, mais compte tenu de la taille de cette catégorie, l’augmentation équivaut à 123 millions de dollars. L’essentiel de la hausse des importations d’autre matériel de transport est attribuable à un bond de 352 millions de dollars (39,0 p. 100) des importations de matériel ferroviaire (pièces et locomotives). Les importations de navires et de bateaux étaient aussi en hausse (de 140 millions de dollars), ce qui est principalement imputable à l’augmentation des importations de navires de transport, alors que les importations de yachts et d’embarcations de plaisance fléchissaient.

Étant donné que les exportations ont reculé et que les importations ont augmenté, l’excédent commercial du Canada pour la catégorie autre matériel de transport a diminué de 881 millions de dollars en 2011, à 2,3 milliards de dollars.

Le commerce au niveau des provinces et des territoires

En 2011, le commerce des marchandises a progressé dans l’ensemble des provinces et territoires du Canada, tant du côté des exportations que des importations. L’Alberta est la province qui a enregistré la plus forte croissance de ses exportations, qui étaient en hausse de 14,1 milliards de dollars à 93,4 milliards de dollars, un gain de 17,8 p. 100. L’essentiel de cette augmentation provient des combustibles et huiles minéraux, plus précisément le pétrole brut, dont les exportations ont grimpé de 12,7 milliards de dollars. Le gain repose à parts égales sur les prix plus élevés et les plus grands volumes exportés. En contraste, les exportations de gaz de pétrole ont diminué de 1,9 milliard de dollars, ce qui est surtout imputable au fléchissement des prix. Des gains ont également été enregistrés dans les exportations de machines (854 millions de dollars), les graines de canola (678 millions de dollars) et les céréales (582 millions de dollars). Par ailleurs, les importations en Alberta ont progressé plus rapidement que les exportations, soit à un taux de 27,4 p. 100 (5,3 milliards de dollars) pour atteindre 24,5 milliards de dollars, le niveau le plus élevé jamais enregistré. Les hausses étaient assez généralisées, mais près de la moitié de celles-ci sont attribuables aux importations accrues de machines mécaniques (gain de 1,5 milliard de dollars) et de combustibles et huiles minéraux (hausse de 1,1 milliard de dollars). Les augmentations enregistrées dans la sous-catégorie des machines étaient principalement liées au matériel d’exploitation pétrolière : centrifugeuses, machines filtrantes, bulldozers et niveleuses, ainsi que pompes et valves. Les importations de combustibles minéraux étaient principalement constituées d’huile de pétrole léger. Les autres biens qui ont contribué à l’expansion notable des importations de l’Alberta sont notamment les articles en fer et en acier (hausse de 510 millions de dollars), les machines électriques (gain de 471 millions de dollars) et les véhicules (progression de 308 millions de dollars).

L’Ontario vient tout juste après l’Alberta au chapitre de l’expansion des exportations avec un gain de 12,9 milliards de dollars (7,7 p. 100), à 181,5 milliards de dollars. Ensemble, ces deux provinces ont été à l’origine de 55,8 p. 100 de la croissance des exportations canadiennes. Les principaux facteurs qui expliquent les gains de l’Ontario sont les exportations de pierres et de métaux précieux, qui ont progressé de 5,2 milliards de dollars (principalement l’or et l’argent, les pièces de monnaie et les déchets et rebuts de métaux précieux). Les deux autres produits dont les exportations ont enregistré une hausse significative en 2011 sont le nickel, avec une augmentation de 1,5 milliard de dollars, et les véhicules automobiles — principalement les voitures de tourisme — qui ont progressé de 1,4 milliard de dollars. Les exportations de machines mécaniques, de produits chimiques inorganiques (uranium), de combustibles et huiles minéraux et de plastiques ont aussi fait des gains. La contraction de 551 millions de dollars des exportations d’aéronefs est la seule baisse significative observée dans les exportations ontariennes l’an dernier. Les importations ont progressé de 19,8 milliards de dollars (8,4 p. 100) en 2011, atteignant 255,0 milliards de dollars, soit bien au-delà de la moitié des importations totales du Canada. Les biens dont les importations ont connu la croissance la plus forte sont les combustibles et huiles minéraux (hausse de 4,9 milliards de dollars), les pierres et les métaux précieux (principalement l’or, avec un gain de 3,4 milliards de dollars), les véhicules automobiles (principalement les voitures de tourisme et les pièces, en progression de 2,3 milliards de dollars), les machines électriques (hausse de 1,9 milliard de dollars) et les machines mécaniques (augmentation de 1,7 milliard de dollars).

La Saskatchewan est la troisième province en importance dans l’expansion des exportations canadiennes l’an dernier, avec un gain de 6,0 milliards de dollars (25,4 p. 100), à 29,8 milliards de dollars. Les combustibles et huiles minéraux ont progressé de 2,2 milliards de dollars, les engrais (potasse), de 1,5 milliard de dollars, et l’huile de canola, de 0,7 milliard de dollars, tandis que les céréales et les graines de canola ont contribué, dans chaque cas, 0,5 milliard de dollars à cette expansion. Les importations étaient en hausse de 1,4 milliard de dollars (16,0 p. 100), à 9,4 milliards de dollars. Les machines, le pétrole, les véhicules automobiles et les engrais autres que la potasse sont à l’origine de la plus grande partie de cette croissance.

Le Québec a vu ses exportations progresser de 4,4 milliards de dollars, soit 7,4 p. 100, s’appuyant sur des exportations accrues de minerais (787 millions de dollars, principalement les minerais de fers), d’aluminium (611 millions de dollars), de combustibles et huiles minéraux (558 millions de dollars) et de véhicules automobiles (500 millions de dollars). Cependant, les exportations de produits pharmaceutiques étaient en recul de 475 millions de dollars. Du côté des importations, les produits pharmaceutiques encaissaient une baisse (599 millions de dollars), mais l’augmentation marquée des importations de combustibles et huiles minéraux (2,1 milliards de dollars), accompagnée de hausses des importations de machines mécaniques et de métaux précieux, a poussé les importations totales à un niveau 10,0 p. 100 plus élevé (6,8 milliards de dollars) en 2011.

La Colombie-Britannique a inscrit une solide croissance de ses exportations, soit 14,2 p. 100 (4,1 milliards de dollars), dont près de 2,0 milliards de dollars est imputable à l’augmentation des exportations de charbon. Les exportations de bois, de pâte de bois et de minerais ont aussi contribué à cette expansion. Par ailleurs, les importations ont progressé de 3,2 milliards de dollars, stimulées par les machines (mécaniques et électriques), le pétrole non brut et les véhicules automobiles.

Des volumes en croissance et, notamment, les prix plus élevés du pétrole sont venus ajouter 1,9 milliard de dollars aux exportations de Terre-Neuve-et-Labrador, faisant ainsi un apport significatif à l’expansion des exportations de la province, qui ont atteint 2,9 milliards de dollars. Les minerais de fer sont à l’origine de la plus grande partie du reste. La hausse des prix pétroliers a aussi fait bondir les exportations de combustibles et huiles minéraux au Nouveau-Brunswick, avec un gain de 2,0 milliards de dollars (principalement dû à la vigueur des exportations de pétrole non brut); ce gain a fourni l’essentiel de la croissance des exportations de 2,2 milliards de dollars sur l’année.

En 2011, le Manitoba a fait son entrée sur le marché d’exportation du minerai de cuivre, ajoutant 601 millions de dollars aux exportations de la province. Une variété d’exportations de machines mécaniques, dont les machines agricole et les moteurs d’aéronefs, a fait une contribution supplémentaire de 245 millions de dollars à la croissance globale des exportations de 1,7 milliard de dollars. Les pneus sont demeurés le principal article exporté en Nouvelle-Écosse, gonflant de 67 millions de dollars la valeur des exportations de cette province l’an dernier. Les exportations accrues de poissons et de crustacés ont fait une contribution supplémentaire de 99 millions de dollars à la progression globale des exportations de la province, soit 155 millions de dollars. À l’Île-du-Prince-Édouard, une hausse de 35 millions des exportations de pommes de terre et de 29 millions de dollars des exportations de moteurs d’aéronefs ont compensé le déclin des exportations de légumes et de poissons et fait en sorte que la province enregistre une progression nette de 39 millions de dollars sur l’année. Des exportations de 1,0 million de dollars de matériel téléphonique ont contribué à la hausse de 2,1 millions de dollars des exportations du Nunavut, tandis que des expéditions de minerais de zinc d’une valeur de 13 millions de dollars ont propulsé à la hausse les exportations du Yukon, avec un gain de 14,3 millions de dollars en 2011.

Tableau 5-2
Commerce des marchandises par province et territoire, 2011
 ExportationsCroissancePartImportationsCroissancePart
Ontario181 510 000 000 $7,7 %40,5 %254 971 000 000 $8,4 %57,2 %
Alberta93 355 700 000 $17,8 %20,9 %24 496 600 000 $27,4 %5,5 %
Québec63 557 800 000 $7,4 %14,2 %74 538 600 000 $10,0 %16,7 %
Colombie-Britannique33 199 600 000 $14,2 %7,4 %40 373 700 000 $8,7 %9,1 %
Saskatchewan29 772 700 000 $25,4 %6,7 %9 405 800 000 $16,0 %2,1 %
Nouveau-Brunswick14 892 200 000 $17,1 %3,3 %13 656 200 000 $27,6 %3,1 %
Terre-Neuve-et- Labrador12 120 400 000 $31,3 %2,7 %3 645 100 000 $1,9 %0,8 %
Manitoba11 967 500 000 $16,1 %2,7 %16 204 000 000 $17,6 %3,6 %
Nouvelle-Écosse4 464 200 000 $3,6 %1,0 %8 326 000 000 $3,0 %1,9 %
Territoires du Nord-Ouest2 083 800 000 $0,7 %0,5 %900 000 $332,1 %0,0 %
Île-du-Prince-Édouard754 600 000 $5,5 %0,2 %62 200 000 $51,3 %0,0 %
Territoire du Yukon112 900 000 $14,5 %0,0 %105 000 000 $10,8 %0,0 %
Nunavut8 200 000 $33,5 %0,0 %168 500 000 $101,1 %0,0 %
Total447 800 000 000 $12,2 %100,0 %445 954 000 000 $10,5 %100,0 %

Source : Bureau de l’économiste en chef, MAECI; avec des données de Statistique Canada

6. Aperçu de la performance du Canada enmatière d’investissement

L’année 2011 a été marquée par une activité accrue au chapitre de l’investissement direct à l’étranger, avec un accent particulier sur la restructuration et l’acquisition d’entreprises liées aux ressources partout dans le monde. Les pays développés ont enregistré un plus haut niveau d’activité d’investissement que les économies en développement et les économies émergentes. Mais une part relativement modeste de cet investissement est allée à de nouvelles activités productives. Les fusions et acquisitions transfrontières suscitées par les efforts de rationalisation et des occasions d’affaires qui sont apparues en raison des mouvements des taux de change et des valeurs ont accaparé la plus grande partie des flux d’investissement dans le monde, bien que l’investissement en installations nouvelles émanant des pays en développement soit demeurérobuste.

L’investissement étranger direct entrant au Canada a rebondi fortement en 2011, tant du côté des stocks que du côtédes flux. Les flux entrant ont affiché la plus forte croissance, stimulés par un accroissement de l’investissement européen. La progression du stock d’investissement entrant a principalement touché le secteur manufacturierNote de bas de page 36.

L’investissement direct du Canada à l’étranger était aussi en forte croissance, principalement dans le secteur des finances et des assurances et celui de l’extraction minière, pétrolière et gazière, deux domaines de prédilection de l’investissement canadien à l’étranger. En 2011, la croissance des flux a été concentrée aux États-Unis et dans l’Union européenne, alors que les flux d’investissements vers les autres pays de l’OCDE et le reste du monde ont fléchi.

Le solde net de l’investissement direct du Canada s’est amélioré en 2011, le stock d’investissement à l’étranger avançant plus rapidement que le stock d’investissement entrant, en partie sous l’effet de l’évolution du dollar canadien, dont la valeur s’est dépréciée au cours de l’année par rapport aux monnaies de la plupart des pays partenaires du Canada.

Flux mondiaux d’investissement étranger direct

Les entrées mondiales d’investissement étranger direct (IED) ont progressé de 17 p. 100 en 2011, malgré l’incertitude qui a plané sur l’économie mondiale, passant de 1 290 milliards de dollars É.-U. en 2010 à 1 509 milliards de dollars É.-U. en 2011Note de bas de page 37. Ce niveau est supérieur au niveau moyen d’avant la crise, soit 1 472 milliards de dollars É.-U. (pour la période 2005-2007), les entrées d’IED étant en hausse dans les économies développées, les économies en développement et les économies en transition.

Tableau 6-1a
Entrées mondiaux de l’IED par région et pour certains pays
 20102011Note de bas de tableau 1VariationPart
Note 1 de bas de tableau 6-1a

Estimations préliminaires de la CNUCED.

Retour à la référence de la note de bas de tableau 6-1a 1

Monde1 289 700 000 000 $1 508 600 000 000 $17,0 %100,0 %
Économies développées635 600 000 000 $753 200 000 000 $18,5 %49,9 %
Canada23 400 000 000 $40 800 000 000 $74,4 %2,7 %
Europe346 800 000 000 $425 700 000 000 $22,8 %28,2 %
Union européenne314 100 000 000 $414 400 000 000 $31,9 %27,5 %
Autriche3 800 000 000 $17 900 000 000 $366,3 %1,2 %
Belgique72 000 000 000 $41 100 000 000 $-42,9 %2,7 %
France33 900 000 000 $40 000 000 000 $18,1 %2,7 %
Allemagne46 100 000 000 $32 300 000 000 $-30,0 %2,1 %
Irlande26 300 000 000 $53 000 000 000 $101,3 %3,5 %
Italie9 200 000 000 $33 100 000 000 $261,0 %2,2 %
Luxembourg20 300 000 000 $27 200 000 000 $33,8 %1,8 %
Pays-Bas-13 500 000 000 $-5 300 000 000 $s.o.s.o.
Espagne24 500 000 000 $25 000 000 000 $1,9 %1,7 %
Suède-1 200 000 000 $22 000 000 000 $s.o.1,5 %
Royaume-Uni51 800 000 000 $77 100 000 000 $49,0 %5,1 %
États-Unis228 200 000 000 $210 700 000 000 $-7,7 %14,0 %
Japon-1 300 000 000 $-1 300 000 000 $s.o.s.o.
Économies en développement583 900 000 000 $663 700 000 000 $13,7 %44,0 %
Afrique54 700 000 000 $54 400 000 000 $-0,7 %3,6 %
Égypte6 400 000 000 $0 500 000 000 $-92,2 %0,0 %
Afrique du Sud1 200 000 000 $4 500 000 000 $269,2 %0,3 %
Amérique du Sud et Caraibes160 800 000 000 $216 400 000 000 $34,6 %14,3 %
Brésil48 400 000 000 $65 500 000 000 $35,3 %4,3 %
Colombie6 800 000 000 $14 400 000 000 $113,4 %1,0 %
Chili15 100 000 000 $17 600 000 000 $16,4 %1,2 %
Mexique19 600 000 000 $17 900 000 000 $-8,8 %1,2 %
Asie et Océanie368 400 000 000 $392 900 000 000 $6,7 %26,0 %
Chine114 700 000 000 $124 000 000 000 $8,1 %8,2 %
Hong Kong68 900 000 000 $78 400 000 000 $13,8 %5,2 %
Inde24 600 000 000 $34 000 000 000 $37,9 %2,3 %
Indonésie13 300 000 000 $19 700 000 000 $48,2 %1,3 %
Malaisie9 100 000 000 $11 600 000 000 $27,6 %0,8 %
Singapour38 600 000 000 $41 000 000 000 $6,1 %2,7 %
Thaïlande5 800 000 000 $7 700 000 000 $33,1 %0,5 %
Turquie9 100 000 000 $13 200 000 000 $45,1 %0,9 %
Pays émergents de l’Europe et CEI70 200 000 000 $91 700 000 000 $30,6 %6,1 %
Russie41 200 000 000 $50 800 000 000 $23,4 %3,4 %
Tableau 6-1b
Sorties mondiaux de l’IED par région et pour certains pays
 20102011Note de bas de tableau 1VariationPart
Note 1 de bas de tableau 6-1b

Estimations préliminaires de la CNUCED.

Retour à la référence de la note de bas de tableau 6-1b 1

Monde1 428 600 000 000 $1 664 200 000 000 $16,5 %100,0 %
Économies développées984 500 000 000 $1 234 500 000 000 $25,4 %74,2 %
Canada38 600 000 000 $45 500 000 000 $18,0 %2,7 %
Europe525 100 000 000 $664 400 000 000 $26,5 %39,9 %
Union européenne450 500 000 000 $575 900 000 000 $27,8 %34,6 %
Autriche7 700 000 000 $30 200 000 000 $290,1 %1,8 %
Belgique48 800 000 000 $70 300 000 000 $43,9 %4,2 %
France84 100 000 000 $106 600 000 000 $26,7 %6,4 %
Allemagne104 900 000 000 $50 500 000 000 $-51,8 %3,0 %
Irlande17 800 000 000 $-1 600 000 000 $s.o.-0,1 %
Italie32 600 000 000 $67 700 000 000 $107,4 %4,1 %
Luxembourg15 100 000 000 $11 700 000 000 $-22,5 %0,7 %
Pays-Bas50 000 000 000 $22 400 000 000 $-55,2 %1,3 %
Espagne21 600 000 000 $36 400 000 000 $68,4 %2,2 %
Suède18 700 000 000 $28 000 000 000 $50,3 %1,7 %
Royaume-Uni31 000 000 000 $103 000 000 000 $232,3 %6,2 %
États-Unis328 900 000 000 $383 800 000 000 $16,7 %23,1 %
Japon56 300 000 000 $115 600 000 000 $105,5 %6,9 %
Économies en développement382 500 000 000 $356 500 000 000 $-6,8 %21,4 %
Afrique5 000 000 000 $2 100 000 000 $-58,2 %0,1 %
Égypte1 200 000 000 $0 600 000 000 $-46,8 %0,0 %
Afrique du Sud-0 100 000 000 $-0 500 000 000 $s.o.0,0 %
Amérique du Sud et Caraibes112 200 000 000 $79 400 000 000 $-29,3 %4,8 %
Brésil11 500 000 000 $-9 300 000 000 $s.o.-0,6 %
Colombie6 500 000 000 $8 300 000 000 $27,5 %0,5 %
Chili8 700 000 000 $7 300 000 000 $-16,6 %0,4 %
Mexique14 300 000 000 $9 600 000 000 $-32,8 %0,6 %
Asie et Océanie265 200 000 000 $275 000 000 000 $3,7 %16,5 %
Chine68 000 000 000 $67 600 000 000 $-0,6 %4,1 %
Hong Kong95 400 000 000 $81 600 000 000 $-14,4 %4,9 %
Inde14 600 000 000 $14 800 000 000 $0,9 %0,9 %
Indonésie2 700 000 000 $7 700 000 000 $189,8 %0,5 %
Malaisie13 300 000 000 $14 800 000 000 $10,8 %0,9 %
Singapour21 200 000 000 $25 300 000 000 $19,0 %1,5 %
Thaïlande5 100 000 000 $10 800 000 000 $110,8 %0,6 %
Turquie1 500 000 000 $2 500 000 000 $68,3 %0,2 %
Pays émergents de l’Europe et CEI61 600 000 000 $73 100 000 000 $18,7 %4,4 %
Russie52 500 000 000 $67 300 000 000 $28,1 %4,0 %

Source : Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement

Les entrées d’IED dans les économies en développement et les économies en transition ont atteint un nouveau sommet en 2011, soit 755 milliards de dollars, dont près de 73 p. 100 a pris la forme d’un investissement en installations nouvelles. Les entrées d’IED dans les pays développés on crû plus rapidement que l’investissement dans les pays en développement et les pays émergents. Avec une augmentation de 18,5 p. 100, représentant 117,6 milliards de dollars É.-U., les entrées d’IED dans les pays développés ont grimpé à 753,2 milliards de dollars É.-U. en 2011. L’investissement en installations nouvelles a accaparé un peu plus de 30 p. 100 du total, tandis que le solde net des fusions et acquisitions (F et A) transfrontières a représenté un peu plus de la moitié du total. Fait à noter, les gains réinvestis ont constitué la principale source de financement des entrées d’IED dans les pays développés, déplaçant les flux de capitaux propres; les prêts intersociétés étaient aussi en hausse.

Les entrées d’IED sont demeurées relativement stables durant la plus grande partie de l’année, avec une légère tendance à la hausse, mais ils ont ralenti au quatrième trimestre devant l’incertitude accrue suscitée par la résurgence de la crise dans la zone euro. La hausse considérable de l’activité de F et A, notamment dans les économies développées et les économies en transition, met en relief la restructuration continue des entreprises, particulièrement en Europe. Ces F et A ont pris la forme de transactions d’envergure touchant principalement les industries d’extraction et l’industrie pharmaceutique. L’incertitude parmi les investisseurs et les préoccupations quant à l’avenir de l’économie de la zone euro ont limité le nombre de projets d’investissement en installations nouvelles, dont la valeur totale a reculé pour une troisième année consécutive.

Les fortes entrées d’IED dans les pays développés, mettant fin à un recul de trois ans, ont été dominées par l’Europe. L’IED dans cette région a augmenté de 22,8 p. 100 pour atteindre 425,7 milliards de dollars É.-U., effaçant du coup la plus grande partie de la baisse survenue en 2010. Les entrées d’IED en Allemagne ont fléchi de 30 p. 100, mais il y a eu par contre des hausses considérables des entrées d’IED en Irlande (gain de 26,7 milliards de dollars É.-U., à 53,0 milliards de dollars É.-U.), au Royaume-Uni (hausse de 25,3 milliards de dollars É.-U. à 77,1 milliards de dollars É.-U.), en Italie (progression de 23,9 milliards de dollars É.-U., à 33,1 milliards de dollars É.-U.) et en Suède (avance de 23,2 milliards de dollars É.-U., à 22,0 milliards de dollars É.-U.). Manifestement, ces augmentations ne sont pas le signe d’une effervescence dans ces économies, mais étaient surtout motivées par des initiatives de restructuration, de stabilisation et d’abaissement des coûts dans les entreprises. À titre d’exemple, la croissance des flux d’IED entrant en Irlande est entièrement attribuable à des opérations de rééquilibrage des capitaux propres et des titres de créance dans le secteur financier. Parmi les autres facteurs importants à l’origine des F et A transfrontières qui expliquent les entrées d’IED en Europe l’an dernier, il y a la vente d’éléments d’actifs non essentiels et certaines transactions opportunes rendues possibles par les mouvements dans la valeur des monnaies et le prix des actions.

Après la poussée observée en 2010, les entrées d’investissement aux États-Unis ont ralenti pour terminer l’année en recul de 7,7 p. 100 par rapport à l’année précédente. Les entrées d’IED au Japon ont été presque nulles, montrant un léger désinvestissement de 1,3 milliard de dollars É.-U., le même niveau qu’en 2010.

En 2011, l’IED a progressé plus lentement dans les économies en développement que dans les deux autres grandes régions, soit à un taux de 13,7 p. 100. En 2010, le principal moteur au sein de ce groupe était l’Asie, mais la situation a changé en 2011 : l’Asie n’a enregistré qu’une croissance de 6,7 p. 100 de ses entrées d’IED. La progression de l’IED en Asie a notamment été freinée par la baisse de 13,4 p. 100 des entrées d’IED en Asie de l’Ouest. La Turquie a fait exception, affichant une augmentation de 45,1 p. 100 de ses entrées d’IED. Si l’on exclut l’Asie de l’Ouest, le taux de croissance des entrées d’IED en Asie a atteint 11,4 p. 100. L’expansion de l’IED a été la plus rapide au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ANASE), stimulée par les gains importants de l’Indonésie (48,2 p. 100), de la Malaisie (27,6 p. 100) et de la Thaïlande (33,1 p. 100). Les entrées d’IED en Asie du Sud ont progressé du tiers, l’Inde affichant un taux de croissance de 37,9 p. 100. En dépit d’un ralentissement au dernier trimestre de 2011, les flux d’investissement entrant en Chine ont progressé de 8,1 p. 100 sur l’année, principalement sous la forme d’investissements dans les services non financiers.

Les flux d’IED en Amérique latine et dans les Caraïbes ont dominé la progression au sein du groupe des économies en développement et des économies en transition, avec un taux de croissance de 34,6 p. 100, qui représente une augmentation des entrées d’IED dans cette région de 160,8 milliards de dollars É.-U., à 216,4 milliards de dollars É.-U. Cela, en dépit d’un recul de 31,3 p. 100 de l’activité de F et A transfrontières dans la région. Les ressources naturelles et les marchés intérieurs en expansion ont continué d’exercer un attrait important sur les investisseurs en 2011. L’investissement en Colombie a progressé de 113,4 p. 100, à 14,4 milliards de dollars É.-U., tandis que les entrées d’IED au Brésil grimpaient de 35,3 p. 100, à 65,5 milliards de dollars É.-U. Un flux d’investissement significatif a aussi profité aux centres financiers extraterritoriaux de la région en raison de l’incertitude qui prévalait dans le monde. Par ailleurs, les flux d’IED au Mexique ont fléchi de 8,8 p. 100, à 17,9 milliards de dollars É.-U.

Les flux d’IED en Afrique ont légèrement diminué en 2011, perdant 0,7 p. 100 et terminant l’année à 54,4 milliards de dollars É.-U. Le déclin prolongé des entrées d’IED dans cette région, qui montre une tendance baissière depuis 2009, a été alimenté par les troubles politiques en Afrique du Nord, alors que l’IED en Égypte a dégringolé de 6,4 milliards de dollars É.-U., à 0,5 milliard de dollars É.U. D’autres pays du Maghreb ont également vu leurs entrées d’investissement chuter fortement. En 2011, les flux d’investissement ont par contre repris de façon vigoureuse en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Sud, mais ils ont fléchi en Afrique centrale et en Afrique de l’Est. L’investissement en Afrique du Sud a augmenté de 1,2 milliard de dollars É.-U., à 4,5 milliards de dollars É.-U.; ces hausses n’ont toutefois pas réussi à compenser le recul général.

Les économies en transition (les pays émergents d’Europe et du CEI) ont très bien fait l’an dernier avec une augmentation de 30,6 p. 100 des entrées d’IED, portant le total de 70,2 milliards de dollars É.-U. en 2010 à 91,7 milliards de dollars É.-U. en 2011. Cette croissance a permis d’effacer la plus grande partie du recul de l’investissement enregistré en 2009. L’augmentation a été dominée par la Russie, à l’origine de plus de la moitié des flux d’investissement entrant dans la région. Les entrées d’IED en Russie ont progressé de 23,4 p. 100, à 50,8 milliards de dollars É.-U., ce qui est principalement attribuable à certaines transactions transfrontières d’envergure dans le secteur de l’énergie. L’expansion des marchés locaux de la consommation et de nombreuses nouvelles privatisations ont aussi attiré les investisseurs.

Si l’on déplace l’analyse des destinataires de l’IED vers les sources d’IED, les estimations préliminaires les plus récentes de la CNUCED révèlent que les sorties globales d’IED étaient en hausse de 16,5 p. 100 en 2011, passant de 1 428,6 milliards de dollars É.-U. à 1 664,2 milliards de dollars É.-U. Cette progression a porté les sorties d’IED à un niveau supérieur à celui d’avant la récession, bien qu’il demeure toujours 25 p. 100 sous le sommet atteint en 2007Note de bas de page 38.

Selon la CNUCED, l’expansion des sorties d’IED en 2011 est principalement attribuable aux acquisitions transfrontières et aux montants plus élevés d’encaisse conservés par les filiales étrangères, plutôt qu’à l’investissement direct dans de nouveaux projets, comme des investissements dans de nouvelles installations ou l’expansion de filiales étrangères existantes. Par conséquent, la progression des sorties d’IED ne s’est pas traduite par une expansion correspondante de la capacité de production dans le monde. De nombreuses entreprises multinationales (EM) établies dans les pays développés ont fait des investissements stratégiques ou opportuns par le biais de F et A transfrontières dans d’autres pays développés, profitant des mouvements dans la valeur des devises, les niveaux de risque et d’autres variables dans le climat d’incertitude économique qui a marqué l’année 2011.

Les sorties d’IED des pays développés ont augmenté de 25,4 p. 100 en 2011, passant de 984,5 milliards de dollars à 1 234,5 milliards de dollars É.-U., leur part des flux mondiaux d’investissement grimpant à près des trois quarts du total. Toutes les grandes régions ont contribué à cette expansion. Les sorties d’Europe ont progressé de 26,5 p. 100 pour atteindre 664,4 milliards de dollars É.-U. Le Royaume-Uni venait en tête avec des sorties d’IED en hausse de 72,0 milliards de dollars É.-U., ce qui est plus du triple de leur niveau antérieur. Les sorties d’IED d’Italie ont plus que doublé pour atteindre 67,7 milliards de dollars É.-U. La France, la Belgique et l’Autriche ont toutes vu leurs sorties d’IED augmenter de plus de 20 milliards de dollars É.-U. par rapport à l’année précédente. Les banques espagnoles ont poursuivi une stratégie d’investissement sortant active, faisant grimper les sorties d’IED du pays de 14,8 milliards de dollars É.-U. (68,4 p. 100), à 36,4 milliards de dollars É.-U. L’Allemagne — le chef de file européen en matière d’investissements étranger l’an dernier — a réduit ses activités d’IED sortant de 51,8 p. 100, à 50,5 milliards de dollars É.-U. Les Pays-Bas et l’Irlande ont aussi enregistré une baisse de leurs sorties d’IED, le second désinvestissant à hauteur de 1,6 milliard de dollars É.-U. en 2011, tandis que les sorties du premier baissaient de 55,2 p. 100, pour terminer l’année à 22,4 milliards de dollars É.-U. Les restructurations d’entreprise expliquent la plus grande partie des activités de F et A transfrontières des EM européennes.

L’IED sortant des États-Unis a progressé de 16,7 p. 100 en 2011 pour atteindre 383,8 milliards de dollars É.-U., ce qui est largement au-dessus de la moyenne d’avant la crise financière et tout près du sommet enregistré en 2007. La plus grande partie de ces flux (85 p. 100) a pris la forme de bénéfices réinvestis par les filiales étrangères d’entreprises américaines, les capitaux propres représentant le reste du total. Si l’on remonte à 2004 et 2007, l’IED américain était réparti à parts à peu près égales entre les capitaux propres et les bénéfices réinvestis. Le fait de conserver des fonds dans les filiales à l’étranger permet aux entreprises américaines d’investir à l’étranger tout en réduisant leurs obligations fiscales au pays. Les sorties d’IED du Japon ont plus que doublé, atteignant 115,6 milliards de dollars É.-U., stimulées par la force renouvelée du yen japonais.

La croissance de l’IED sortant dans les économies en développement observée au cours des dernières années s’est interrompue en 2011. L’IED total a fléchi, passant de 382,5 milliards de dollars É.U. en 2010, à 356,5 milliards de dollars É.-U. en 2011 (recul de 6,8 p. 100). Comme dans le cas des entrées d’IED, les sorties d’IED de l’Amérique latine et des Caraïbes ont été le principal facteur influençant les flux sortant totaux des économies en développement, assombrissant la performance globale avec un recul substantiel de 29,3 p. 100. Cette baise fait ressortir la grande volatilité des flux d’investissement de la région au cours de la période récente : la baisse de 39 p. 100 observée en 2009 avait été suivie d’un rebond spectaculaire de 82 p. 100 en 2010. Cette volatilité s’explique en partie par l’importance des centres financiers extraterritoriaux établis dans la région au chapitre de l’investissement — ces derniers sont responsables des quatre cinquièmes de toutes les sorties d’IED en 2011. Cependant, ce sont les plus grands pays de la région qui ont contribué le plus au déclin général survenu l’an dernier. L’IED du Brésil a fléchi de 20,8 milliards de dollars É.-U., produisant un solde négatif de 9,3 milliards de dollars É.U., alors que les filiales étrangères d’entreprises brésiliennes ont procédé à des remboursements massifs des prêts obtenus de leurs sociétés mères afin de profiter des taux d’intérêts élevés qui ont cours au Brésil. L’IED du Mexique a chuté de près du tiers, à 9,6 milliards de dollars É.-U., tandis que celui du Chili diminuait de 16,6 p. 100, à 7,3 milliards de dollars É.-U. La Colombie a vu ses sorties d’IED progresser de 27,5 p. 100, à 8,3 milliards de dollars É.-U. pour 2011.

En Asie, l’investissement sortant a progressé à un taux modeste de 3,7 p. 100 en 2011 : les sorties totales d’IED étaient en hausse de 9,8 milliards de dollars É.-U., pour s’établir à 275,0 milliards de dollars É.-U. L’Asie de l’Ouest a dominé le tableau avec une croissance de 41,1 p. 100 de l’IED sortant (5,3 milliards de dollars É.-U.) atteignant 18,1 milliards de dollars É.-U. L’essentiel de l’augmentation provient d’un petit nombre de pays pétroliers de la région, comme le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats Arabes Unis, dont les ressources financières étaient à nouveau en expansion à la faveur de la progression des prix pétroliers. Par ailleurs, les sorties d’IED de la Turquie ont avancé de $1,0 milliard de dollars É.-U., tandis que celles de l’Arabie Saoudite reculaient de 0,4 milliard de dollars É.-U.

En Asie du Sud-Est, l’investissement sortant a progressé au rythme élevé de 36,2 p. 100. Les flux d’IED sortant d’Indonésie ont presque triplé, augmentant de 5,0 milliards de dollars É.-U., tandis que ceux de la Thaïlande ont plus que doublé, avançant de 5,7 milliards de dollars É.-U. Les sorties d’IED à Singapour étaient en hausse de 19,0 p. 100 pour atteindre 25,3 milliards de dollars É.-U. L’IED sortant de l’Asie de l’Est a fléchi de 5,9 p. 100, tandis que les flux d’IED sortant de la Chine sont demeurés constants. Par contre, à Hong Kong, il y a eu recul de 14,4 p. 100, à 81,6 milliards de dollars É.-U. Les sorties d’IED de l’Inde ont avancé modestement (0,9 p. 100) en 2011. L’investissement dans des installations nouvelles par des EM asiatiques est demeuré à un niveau similaire à celui de 2010, marqué par une activité continue dans les pays développés tels que l’Allemagne alors que les activités de F et A transfrontières étaient en repli.

Les sorties d’IED d’Afrique, qui n’ont atteint que 5,0 milliards de dollars É.-U. en 2010, ont subi une contraction sévère en 2011, à 2,1 milliards de dollars É.-U. (baisse de 58,2 p. 100). L’agitation en Afrique du Nord a réduit les sorties d’IED en provenance d’investisseurs régionaux importants comme l’Égypte et la Libye. Les flux d’IED en Afrique du Sud ont connu un autre épisode de désinvestissement, passant d’un solde négatif de 0,1 milliard de dollars É.-U. en 2010 à un solde négatif de 0,5 milliard de dollars É.-U. en 2011.

Les économies en transition ont vu leurs sorties d’IED s’accroître de 18,7 p. 100 en 2011, portant le total de 61,6 milliards de dollars É.-U. à quelque 73,1 milliards de dollars É.-U., ce qui constitue un sommet. L’activité au cours de l’année a été centrée sur l’investissement par des entreprises russes, principalement dans le secteur des ressources, mais aussi dans le secteur bancaire et celui de la technologie. L’IED russe a progressé de 28,1 p. 100, passant de 52,5 milliards de dollars É.-U. à 67,3 milliards de dollars É.-U., pendant que le reste de la région battait en retraite de plus d’un tiers, à 5,8 milliards de dollars É.-U.

Selon la CNUCED, les perspectives de l’IED pour 2012 étaient prudentes, alors que le ralentissement économique et l’incertitude qui persistent en Europe ont rendu les investisseurs prudents. Les annonces de F et A transfrontières ont fortement chuté au début de 2012 et les investissements en installations nouvelles demeuraient léthargiques. Néanmoins, les perspectives laissent entrevoir une augmentation à moyen terme dans l’hypothèse positive que la crise qui sévit dans la zone euro soit résolue.

La performance du Canada au chapitre de l’investissement direct

L’investissement entrant

Entrées

Après d’importantes baisses des entrées d’IED au Canada en 2008 et 2009, suivies d’une faible croissance en 2010, il y a eu une solide remontée en 2011. Les flux d’IED entrant ont augmenté de plus des deux tiers (16,2 milliards de dollars), passant de 24,1 milliards de dollars en 2010 à 40,3 milliards de dollars en 2011 (tableau 6-2). Mais même si cela constitue une amélioration, le niveau de l’IED entrant n’atteint toujours qu’environ le tiers du niveau record de 123,1 milliards de dollars enregistré en 2007. L’essentiel de la croissance cette année provient d’une hausse des ventes nettes d’intérêts canadiens à des non résidents, qui ont progressé de plus de 10 milliards de dollars (les ventes brutes ont grimpé de près de 15 milliards de dollars, tandis que les rachats des mains de non résidents augmentaient de quelque 5 milliards de dollars). Les entrées à long terme provenant d’entreprises étrangères et destinées à leurs filiales canadiennes ont diminué par rapport à 2010 et n’ont représenté qu’environ la moitié des entrées totales. Les sorties d’IED à long terme ont aussi augmenté. Elles ont toutefois été atténuées par le renversement des flux nets d’IED à court terme, passés d’un niveau négatif de 9,3 milliards de dollars à un niveau positif de 2,3 milliards de dollars, et par l’augmentation des bénéfices réinvestis conservés dans les filiales étrangères.

Plus des trois quarts de l’augmentation des entrées d’IED au Canada en 2011 provenaient de l’Union européenne. Les flux en provenance de l’UE au Canada sont ainsi passés de 1,5 milliard de dollars à 13,9 milliards de dollars, un gain de 12,4 milliards de dollars. Les deux tiers de cette hausse représentent le changement dans la position des investisseurs du Royaume-Uni, qui est passée d’un désinvestissement de 2,0 milliards de dollars en 2010 à un investissement de 6,5 milliards de dollars en 2011, l’autre tiers (3,9 milliards de dollars) provenant d’autres pays de l’UE. Les flux d’investissement en provenance des États-Unis ont progressé de 10,0 p. 100 sur l’année et représentaient un peu moins de la moitié du total. Le point saillant de l’activité américaine a été l’acquisition de Consolidated Thompson Iron Mines Ltd. par la société Cliffs Natural Resources Inc. pour un montant de 4,4 milliards de dollars É.U. L’investissement en provenance du Japon a reculé de 1,8 milliard de dollars en 2010, à tout juste 0,2 milliard de dollars en 2011, mais ce mouvement a été compensé par l’interruption du désinvestissement des autres pays de l’OCDE, dont les entrées d’IED sont passées d’un solde négatif de 3,1 milliards de dollars en 2010 à un solde positif de 0,4 milliard de dollars en 2011. L’investissement en provenance du reste du monde (RdM ) est demeuré stable à 6,7 milliards de dollars.

Tableau 6-2
Flux de l’IED entrant au Canada par région
 20102011VariationCroissance
Monde24 119 000 000 $40 345 000 000 $16 226 000 000 $67,3 %
États-Unis17 312 000 000 $19 047 000 000 $1 735 000 000 $10,0 %
Union européenne1 475 000 000 $13 921 000 000 $12 446 000 000 $843,8 %
Japon1 781 000 000 $221 000 000 $-1 560 000 000 $-87,6 %
Autres pays de l’OCDE-3 128 000 000 $446 000 000 $3 574 000 000 $-114,3 %
Reste du monde6 679 000 000 $6 710 000 000 $31 000 000 $0,5 %

Source : Statistique Canada

Par secteur, 54 p. 100 des entrées dl’IED ont pris la direction du secteur de ll’énergie et de celui des minéraux métalliques, suivis des secteurs des machines et du matériel de transport (11 p. 100), des finances et des assurances (4 p. 100), des services et de la vente au détail (4 p. 100) et du bois et du papier (1 p. 100). Le reste, soit 26 p. 100, est allé à dl’autres industries.

Stock d’IED entrant

En 2011, le stock d’investissement étranger au Canada a progressé en tandem avec les entrées d’IED, atteignant 607,5 milliards de dollars. Cela représente une augmentation de 3,8 p. 100 (22,4 milliards de dollars) par rapport au niveau de 2010, soit 585,1 milliards de dollars. Près de la moitié de la hausse provient des nouveaux investissements détenus par des Européens, en hausse de 5,7 p. 100 (10,0 milliards de dollars), à 184,2 milliards de dollars. Les États-Unis représentent la plus grande partie du reste de la croissance; le stock d’IED provenant de ce pays a augmenté de 7,6 milliards de dollars (2,4 p. 100) pour atteindre 326,1 milliards de dollars, ce qui est plus de la moitié du total.

Le stock d’IED de l’Amérique du Nord au Canada a progressé de 8,0 milliards de dollars, la plus grande partie venant des États-Unis. L’investissement en provenance des Bahamas, de la Barbade et des Bermudes n’a pas changé sensiblement durant l’année, demeurant à 0,5 p. 100 de l’IED total au Canada. L’IED du Mexique a progressé de 13,1 p. 100 sur l’année pour atteindre 216 millions de dollars.

La progression de l’IED provenant d’Europe au Canada a été dominée par le Luxembourg, dont le stock s’est accru de 4,4 milliards de dollars (21,0 p. 100) pour atteindre 25,3 milliards de dollars. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont fourni le reste de l’augmentation, gonflant leur stock d’IED de 2,7 milliards de dollars chacun. Les Pays-Bas sont le plus important investisseur européen au Canada, contrôlant 56,3 milliards de dollars d’actifs, tandis que le Royaume-Uni arrive au second rang avec un portefeuille de 38,9 milliards de dollars. La Suisse, qui vient en quatrième place, détient quelque 20,0 milliards de dollars d’IED au Canada, sur la lancée d’une expansion de 4,0 p. 100 en 2011. L’IED détenu par des intérêts allemands a progressé de 15,6 p. 100 (1,2 milliard de dollars), à 9,2 milliards de dollars, tandis que la France était le seul investisseur européen important à voir son stock d’IED au Canada fléchir (de 11,5 p. 100, soit 2,0 milliards de dollars).

Tableau 6-3
Stock de l’investissement étranger direct au Canada par pays et par région
 20102011VariationCroissance
Ensemble des pays585 107 000 000 $607 497 000 000 $22 390 000 000 $3,8 %
Amérique du Nord323 898 000 000 $331 902 000 000 $8 004 000 000 $2,5 %
Bahamas214 000 000 $214 000 000 $00,0 %
Barbade816 000 000 $889 000 000 $73 000 000 $8,9 %
Bermudes2 075 000 000 $2 096 000 000 $21 000 000 $1,0 %
Mexique191 000 000 $216 000 000 $25 000 000 $13,1 %
États-Unis318 412 000 000 $326 055 000 000 $7 643 000 000 $2,4 %
Amérique du Sud et Amérique centrale17 421 000 000 $18 785 000 000 $1 364 000 000 $7,8 %
Brésil17 261 000 000 $18 626 000 000 $1 365 000 000 $7,9 %
Europe174 210 000 000 $184 211 000 000 $10 001 000 000 $5,7 %
Belgique3 561 000 000 $4 017 000 000 $456 000 000 $12,8 %
Finlande1 224 000 000 $1 255 000 000 $31 000 000 $2,5 %
France17 315 000 000 $15 319 000 000 $-1 996 000 000 $-11,5 %
Allemagne7 951 000 000 $9 190 000 000 $1 239 000 000 $15,6 %
Irlande2 079 000 000 $2 023 000 000 $-56 000 000 $-2,7 %
Italie1 205 000 000 $1 660 000 000 $455 000 000 $37,8 %
Luxembourg20 876 000 000 $25 260 000 000 $4 384 000 000 $21,0 %
Pays-Bas53 596 000 000 $56 282 000 000 $2 686 000 000 $5,0 %
Suède2 400 000 000 $3 054 000 000 $654 000 000 $27,3 %
Suisse19 205 000 000 $19 971 000 000 $766 000 000 $4,0 %
Royaume-Uni36 213 000 000 $38 943 000 000 $2 730 000 000 $7,5 %
Afrique2 864 000 000 $3 290 000 000 $426 000 000 $14,9 %
Afrique du Suds.o.1 519 000 000 $s.o.s.o.
Asie/Océanie66 714 000 000 $69 310 000 000 $2 596 000 000 $3,9 %
Australie5 787 000 000 $5 617 000 000 $-170 000 000 $-2,9 %
Inde4 364 000 000 $4 396 000 000 $32 000 000 $0,7 %
Japon12 567 000 000 $12 789 000 000 $222 000 000 $1,8 %
Chine11 701 000 000 $10 905 000 000 $-796 000 000 $-6,8 %
Corée du Sud5 075 000 000 $6 078 000 000 $1 003 000 000 $19,8 %

Données : Statistique Canada

Tableau 6-4
Stock de l’investissement étranger direct au Canada par grands secteurs
 20102011VariationCroissance
Total, ensemble des industries585 107 000 000 $607 497 000 000 $22 390 000 000 $3,8 %
Agriculture, forêt, pêche et chasse1 253 000 000 $1 289 000 000 $36 000 000 $2,9 %
Mines et extraction pétrolière et gazière112 021 000 000 $115 929 000 000 $3 908 000 000 $3,5 %
Services publics5 380 000 000 $5 330 000 000 $-50 000 000 $-0,9 %
Construction3 359 000 000 $3 384 000 000 $25 000 000 $0,7 %
Fabrication177 391 000 000 $192 707 000 000 $15 316 000 000 $8,6 %
Commerce de gros37 911 000 000 $37 641 000 000 $-270 000 000 $-0,7 %
Commerce de détail18 536 000 000 $19 222 000 000 $686 000 000 $3,7 %
Transport et entreposage3 980 000 000 $3 563 000 000 $-417 000 000 $-10,5 %
Information et industries culturelles8 673 000 000 $8 755 000 000 $82 000 000 $0,9 %
Finances et assurance77 782 000 000 $78 478 000 000 $696 000 000 $0,9 %
Immobilier, location et location-bail5 009 000 000 $5 678 000 000 $669 000 000 $13,4 %
Services professionnels, scientifiques et techniques12 238 000 000 $14 096 000 000 $1 858 000 000 $15,2 %
Gestion de sociétés et de l’entreprises110 427 000 000 $109 743 000 000 $-684 000 000 $-0,6 %
Services dl’hébergement et de l’alimentation4 221 000 000 $4 254 000 000 $33 000 000 $0,8 %
Autres industries6 925 000 000 $7 429 000 000 $504 000 000 $7,3 %
Technologies de l’information et des communications19 793 000 000 $19 942 000 000 $149 000 000 $0,8 %

Données : Statistique Canada

En Amérique du Sud et en Amérique centrale, c’est le Brésil qui détenait le stock d’IED le plus important au Canada, soit plus de 99 p. 100 de l’investissement de cette région au Canada en 2011. L’investissement total du Brésil a progressé de 7,9 p. 100 (1,4 milliard de dollars) pour atteindre 18,6 milliards de dollars.

Le stock d’investissement en provenance d’Asie et d’Océanie a augmenté de 3,9 p. 100 (2,6 milliards de dollars) pour s’établir à 69,3 milliards de dollars en 2011. Une bonne partie de l’augmentation provient de la Corée du Sud, dont le stock a progressé de 19,8 p. 100 (1,0 milliard de dollars), compensant la diminution de l’investissement détenu par la Chine (recul de 6,8 p. 100, soit 0,8 milliard de dollars). Une modeste augmentation de l’investissement japonais (0,2 milliard de dollars) a fait contrepoids à un léger déclin de l’investissement détenu par des intérêts australiens (recul de 0,2 milliard de dollars). Enfin, l’investissement provenant d’Afrique a progressé de 14,9 p. 100 (hausse de $0,4 milliard de dollars), à 3,3 milliards de dollars, en 2011.

Plus des deux tiers (15,3 milliards de dollars) de l’augmentation de 22,4 milliards de dollars du stock d’IED au Canada en 2011 sont allés au secteur manufacturier — une progression de 8,6 p. 100 qui a plus que compensé le recul survenu en 2010. Les stocks d’IED dans le secteur manufacturier ont atteint 192,7 milliards de dollars en 2011, représentant 31,7 p. 100 du stock total d’IED au Canada. L’autre secteur où les investisseurs étrangers ont des intérêts importants est celui de l’extraction minière, pétrolière et gazière, où le stock d’IED a progressé de 3,9 milliards de dollars (3,5 p. 100) pour atteindre 115,9 milliards de dollars. Les investissements détenus dans les autres secteurs de biens sont demeurés stables en 2011.

Les services professionnels, scientifiques et techniques ont inscrit l’augmentation la plus importante du stock d’IED parmi les secteurs de services, soit 1,9 milliard de dollars (15,2 p. 100), à 14,1 milliards de dollars. Il y a eu aussi une expansion dans le secteur du commerce de détail (0,7 milliard de dollars), celui des finances et des assurances (0,7 milliard de dollars) et celui de l’immobilier, de la location et de la location-bail (0,7 milliard de dollars). Mais il y a eu diminution du stock d’IED dans les secteurs de la gestion de sociétés et d’entreprises (0,7 milliard de dollars), du transport et de l’entreposage (0,4 milliard de dollars) et du commerce de gros (0,3 milliard de dollars).

L’investissement sortant

Sorties

Les sorties d’investissement direct au Canada ont progressé de 13,8 p. 100 en 2011 (5,5 milliards de dollars) — interrompant les baisses survenues au cours des deux années précédentes — pour atteindre 45,2 milliards de dollars. Les hausses importantes des flux d’investissement vers l’Union européenne et les États-Unis expliquent ces mouvements. Les sorties vers l’UE ont progressé de 11,0 milliards de dollars, ce qui a permis de transformer un désinvestissement de 6,1 milliards de dollars en 2010 en un investissement net positif de 4,9 milliards de dollars en 2011. Bien que les flux d’investissement vers le Royaume- Uni soient tombés à près de zéro — passant de 3,1 milliards de dollars à un solde négatif de 0,2 milliard de dollars — les flux d’investissement plus élevés vers d’autres pays de l’UE ont plus que compensé ce mouvement.

Tableau 6-5
Sorties de l’IED du Canada par région
 20102011VariationCroissance
Monde39 749 000 000 $45 215 000 000 $5 466 000 000 $13,8 %
États-Unis13 163 000 000 $23 584 000 000 $10 421 000 000 $79,2 %
Union européenne-6 101 000 000 $4 868 000 000 $10 969 000 000 $s.o.
Japon6 000 000 $268 000 000 $262 000 000 $4 366,7 %
Autres pays de l’OCDE11 738 000 000 $2 273 000 000 $-9 465 000 000 $-80,6 %
Reste du monde20 943 000 000 $14 222 000 000 $-6 721 000 000 $-32,1 %

Source : Statistique Canada

Les hausses d’investissement aux États-Unis ont atteint 10,4 milliards de dollars (79,2 p. 100), les sorties d’IED totalisant 23,6 milliards de dollars. Deux transactions importantes dans le secteur financier ont contribué à cette augmentation : l’achat de Chrysler Financial Corp. par la Banque Toronto Dominion pour un montant de 6,3 milliards de dollars É.-U., et celui de Marshall and Ilsley Corp. par la Banque de Montréal d’une valeur de 4,1 milliards de dollars É.-U.

Les flux d’investissement vers les autres économies de l’OCDE ont diminué de façon significative en 2011, reculant de 9,5 milliards de dollars. De même, les flux d’investissement vers les pays du RdM étaient en baisse de 6,7 milliards de dollars. Les flux d’investissement au Japon sont demeurés inchangés à 0,3 milliard de dollars en 2011.

Un examen plus détaillé des sorties d’investissement du Canada révèle que les acquisitions d’intérêts directs à l’étranger ont diminué de 4,5 milliards de dollars, tandis que les ventes d’intérêts canadiens à l’étranger à des non-résidents ont soustrait une autre tranche de 5,9 milliards de dollars des sorties totales d’IED. Même les sorties à long terme vers des filiales d’entreprises canadiennes à l’étranger ont reculé de 8,5 milliards de dollars. Faisant contrepoids à ces tendances, il y a eu une forte progression des entrées d’investissement direct à long terme au Canada, ainsi qu’une augmentation des montants de bénéfices réinvestis conservés par les filiales canadiennes à l’étranger et du flux net d’investissement direct à court terme du Canada à l’étranger.

Par secteur, les sorties les plus importantes d’investissement direct du Canada à l’étranger ont touché le secteur des finances et des assurances, qui a accaparé 53 p. 100 du total — malgré tout en baisse par rapport au niveau de 68 p. 100 observé en 2010. Quelque 16 p. 100 des sorties sont allées à des entreprises des secteurs de l’énergie et des minéraux métalliques, 10 p. 100 à des entreprises de services et de commerce de détail, 3 p. 100 au secteur du bois et du papier et tout juste 1 p. 100 à celui des machines et du matériel de transport. L’ensemble des autres industries explique le 18 p. 100 restant de l’investissement en 2011.

Tableau 6-6
Stock de l’investissement direct du Canada à ll’étranger par pays et par région
 20102011VariationCroissance
Ensemble des pays639 911 000 000 $684 496 000 000 $44 585 000 000 $7,0 %
Amérique du Nord363 711 000 000 $395 648 000 000 $31 937 000 000 $8,8 %
Barbade49 354 000 000 $53 297 000 000 $3 943 000 000 $8,0 %
Bermudes11 234 000 000 $13 231 000 000 $1 997 000 000 $17,8 %
Îles vierges britanniques3 494 000 000 $3 718 000 000 $224 000 000 $6,4 %
Îles Caïman23 992 000 000 $25 803 000 000 $1 811 000 000 $7,5 %
Mexique4 905 000 000 $4 237 000 000 $-668 000 000 $-13,6 %
États-Unis253 417 000 000 $276 145 000 000 $22 728 000 000 $9,0 %
Amérique du Sud et Amérique centrale36 253 000 000 $37 849 000 000 $1 596 000 000 $4,4 %
Argentine2 742 000 000 $2 745 000 000 $3 000 000 $0,1 %
Brésil10 374 000 000 $9 793 000 000 $-581 000 000 $-5,6 %
Chili12 038 000 000 $12 137 000 000 $99 000 000 $0,8 %
Colombie906 000 000 $1 685 000 000 $779 000 000 $86,0 %
Pérou6 793 000 000 $7 682 000 000 $889 000 000 $13,1 %
Venezuela960 000 000 $687 000 000 $-273 000 000 $-28,4 %
Europe176 826 000 000 $181 885 000 000 $5 059 000 000 $2,9 %
Belgique1 390 000 000 $2 747 000 000 $1 357 000 000 $97,6 %
Chypre3 277 000 000 $3 398 000 000 $121 000 000 $3,7 %
France4 591 000 000 $4 963 000 000 $372 000 000 $8,1 %
Allemagne8 489 000 000 $9 242 000 000 $753 000 000 $8,9 %
Hongrie12 912 000 000 $11 799 000 000 $-1 113 000 000 $-8,6 %
Irlande22 620 000 000 $23 473 000 000 $853 000 000 $3,8 %
Italie434 000 000 $523 000 000 $89 000 000 $20,5 %
Luxembourg13 500 000 000 $13 793 000 000 $293 000 000 $2,2 %
Pays-Bas10 146 000 000 $9 915 000 000 $-231 000 000 $-2,3 %
Férération de Russie588 000 000 $538 000 000 $-50 000 000 $-8,5 %
Suisse4 570 000 000 $5 938 000 000 $1 368 000 000 $29,9 %
Royaume-Uni82 806 000 000 $83 322 000 000 $516 000 000 $0,6 %
Afrique4 228 000 000 $3 054 000 000 $-1 174 000 000 $-27,8 %
Afrique du Sud2 239 000 000 $1 438 000 000 $-801 000 000 $-35,8 %
Asia/Océanie58 889 000 000 $66 065 000 000 $7 176 000 000 $12,2 %
Australie22 013 000 000 $25 316 000 000 $3 303 000 000 $15,0 %
République populaire de Chine4 073 000 000 $4 463 000 000 $390 000 000 $9,6 %
Hong Kong7 050 000 000 $8 143 000 000 $1 093 000 000 $15,5 %
Inde676 000 000 $587 000 000 $-89 000 000 $-13,2 %
Indonésie3 181 000 000 $3 651 000 000 $470 000 000 $14,8 %
Japon7 573 000 000 $8 431 000 000 $858 000 000 $11,3 %
Kazakhstan3 461 000 000 $4 198 000 000 $737 000 000 $21,3 %
Mongolie1 280 000 000 $1 331 000 000 $51 000 000 $4,0 %
Singapour2 263 000 000 $2 205 000 000 $-58 000 000 $-2,6 %
Corée du Sud373 000 000 $365 000 000 $-8 000 000 $-2,1 %

Source : Statistique Canada

Stock d’IED sortant

Le stock d’IED du Canada à l’étranger a progressé en 2011, suivant en cela l’augmentation des sorties d’investissement, pour atteindre 684,5 milliards de dollars. Cela représente un gain de 7,0 p. 100 (44,6 milliards de dollars) par rapport au niveau de 2010, soit 639,9 milliards de dollars. Conjugué au changement observé dans le stock d’IED entrant, le solde net de l’investissement direct du Canada a augmenté pour atteindre 77,0 milliards de dollars en 2011.

Bien que les changements dans les stocks d’IED soient clairement influencés par les ajouts et les retraits nets provenant des flux, les variations dans la valeur des monnaies jouent aussi un rôle important — et parfois déterminant. L’investissement direct du Canada à l’étranger est habituellement exprimé dans la monnaie du pays où se trouve l’investissement. Cela signifie que lorsque le dollar canadien s’apprécie par rapport à la monnaie d’un pays, la valeur des investissements détenus par le Canada dans ce pays, exprimée en dollars canadiens, diminue, et vice versa. L’investissement étranger direct au Canada est consigné en dollars canadiens et, partant, la fluctuation de la monnaie canadienne n’a aucun impact sur la valeur consignée.

En ce qui a trait à l’évolution de la valeur du dollar canadien entre le début et la fin de l’année, celui-ci s’est déprécié de 2,2 p. 100 par rapport au dollar américain, de 1,8 p. 100 par rapport à la livre anglaise et de 7,2 p. 100 par rapport au yen japonais. Il s’est par contre apprécié de 1,0 p. 100 par rapport à l’euro. Dans la plupart des cas, cela a engendré un effet de valorisation positif pour le dollar canadien, qui a fait augmenter la valeur de la plupart des investissements détenus par le Canada à l’étranger. Cependant, un certain nombre de transactions importantes ont aussi contribué à gonfler le stock d’investissement du Canada à l’étranger.

Bien que les parts de l’investissement direct du Canada aux États-Unis et au Royaume-Uni aient régressé depuis plusieurs années, en 2011, la part des États-Unis a remonté légèrement pour atteindre 40,3 p. 100, tandis que celle du Royaume-Uni a fléchi légèrement à 12,2 p. 100. La part de l’investissement direct du Canada dans l’UE a reculé un peu en 2010 et 2011, pour s’établir à 26,6 p. 100 en 2011.

Le stock d’investissement direct du Canada en Amérique du Nord a augmenté de 31,9 milliards de dollars, soit 8,8 p. 100, pour atteindre 395,6 milliards de dollars en 2011. La plus grande partie de cette augmentation a eu lieu aux États-Unis; les flux vers cette destination ont progressé de 22,7 milliards de dollars pour atteindre 276,1 milliards de dollars. Cependant, il y a eu d’autres hausses significatives du stock d’investissement direct du Canada dans cette région — notamment à la Barbade (3,9 milliards de dollars), aux Bermudes (2,0 milliards de dollars) et aux Îles Caïman (1,8 milliard de dollars). Ensemble, ces trois destinations détenaient 92,3 milliards de dollars d’investissements canadiens en 2011. L’investissement direct du Canada au Mexique a reculé de 0,7 milliard de dollars, à 4,2 milliards de dollars en 2011.

L’investissement direct du Canada en Asie et en Océanie a progressé de 12,2 p. 100 en 2011 (7,2 milliards de dollars) pour atteindre 66,1 milliards de dollars. L’augmentation la plus importante a eu lieu en Australie, où l’achat de la société Equinox Minerals Ltd par Barrick Gold Corp. — une transaction évaluée à 7,4 milliards de dollars — a contribué à l’augmentation de 3,3 milliards de dollars de la position du Canada (15,0 p. 100), qui a atteint 25,3 milliards de dollars. Les autres gains notables de l’investissement canadien en Asie ont été enregistrés à Hong Kong (1,1 milliard de dollars, soit 15,5 p. 100), au Japon (0,9 milliard de dollars, soit 11,3 p. 100) et au Kazakhstan (0,7 milliard de dollars, soit 21,3 p. 100). L’investissement en Indonésie et en Chine a également progressé, soit de 0,5 milliard de dollars et de 0,4 milliard de dollars, respectivement.

L’Europe possédait 26,6 p. 100 de l’investissement direct du Canada à l’étranger, les stocks ayant augmenté de 2,9 p. 100 (5,1 milliards de dollars) pour terminer l’année à 181,9 milliards de dollars. L’investissement du Canada en Belgique a doublé (hausse de 1,4 milliard de dollars), tandis que l’investissement canadien en Suisse progressait de 29,9 p. 100 (1,4 milliard de dollars). Les autres hausses notables touchent l’Irlande (0,9 milliard de dollars, soit 3,8 p. 100), l’Allemagne (0,8 milliard de dollars, soit 8,9 p. 100) et le Royaume-Uni (0,5 milliard de dollars, soit 0,6 p. 100). Ce dernier pays demeure, par une grande marge, la principale destination de l’investissement direct du Canada en Europe, avec un stock d’IED de 83,3 milliards de dollars.

Le stock d’investissement du Canada en Amérique du Sud et en Amérique centrale a progressé de 1,6 milliard de dollars en 2011 (4,4 p. 100). Une forte progression de l’investissement au Pérou (0,9 milliard de dollars, soit 13,1 p. 100) et en Colombie (0,8 milliard de dollars, soit 86,0 p. 100) a compensé les baisses survenues au Brésil (0,6 milliard de dollars, soit 5,6 p. 100) et au Venezuela (0,3 milliard de dollars, soit 28,4 p. 100).

Le stock d’investissement en Afrique a fléchi, passant de 4,2 milliards de dollars en 2010 à 3,1 milliards de dollars en 2011, une perte de 1,2 milliard de dollars, soit 27,8 p. 100. La plus grande partie de la baisse est survenue en Afrique du Sud, où le stock d’investissement du Canada est passé de 2,2 milliards de dollars à 1,4 milliard de dollars — une diminution de 0,8 milliard de dollars.

Tableau 6-7
Stock de l’investissement direct du Canada à l’étranger par grand secteur
 20102011VariationCroissance
Total, ensemble des industries639 911 000 000 $684 496 000 000 $44 585 000 000 $7,0 %
Agriculture, forêt, pêche et chasse6 024 000 000 $8 116 000 000 $2 092 000 000 $34,7 %
Mines et extraction pétrolière et gazière121 358 000 000 $128 512 000 000 $7 154 000 000 $5,9 %
Services publics15 560 000 000 $16 359 000 000 $799 000 000 $5,1 %
Construction1 772 000 000 $752 000 000 $-1 020 000 000 $-57,6 %
Fabrication68 071 000 000 $76 931 000 000 $8 860 000 000 $13,0 %
Commerce de gros9 431 000 000 $10 585 000 000 $1 154 000 000 $12,2 %
Commerce de détail7 152 000 000 $6 751 000 000 $-401 000 000 $-5,6 %
Transport et entreposage20 769 000 000 $22 339 000 000 $1 570 000 000 $7,6 %
Information et industries culturelles27 720 000 000 $28 349 000 000 $629 000 000 $2,3 %
Finances et assurances236 891 000 000 $271 751 000 000 $34 860 000 000 $14,7 %
Immobilier, location et location-bail13 198 000 000 $14 648 000 000 $1 450 000 000 $11,0 %
Services professionnels, scientifiques et techniques7 707 000 000 $8 663 000 000 $956 000 000 $12,4 %
Gestion de sociétés et de l’entreprises96 282 000 000 $82 454 000 000 $-13 828 000 000 $-14,4 %
Services dl’hébergement et de l’alimentation2 651 000 000 $2 388 000 000 $-263 000 000 $-9,9 %
Autres industries5 325 000 000 $5 898 000 000 $573 000 000 $10,8 %
Technologies de l’information et des communications10 509 000 000 $13 377 000 000 $2 868 000 000 $27,3 %

Données : Statistique Canada

Les investissements dans les industries de production de biens ont rebondi après les reculs enregistrés en 2010, gagnant 17,9 milliards de dollars en 2011. Par grand secteur, plus de la moitié de l’augmentation de l’investissement est allée au secteur manufacturier, dont le stock total a progressé de 8,9 milliards de dollars pour atteindre 76,9 milliards de dollars — un gain de 13,0 p. 100. Le plus important secteur de biens pour l’investissement canadien — celui de l’extraction minière, pétrolière et gazière — a bénéficié d’une forte augmentation, soit 7,2 milliards de dollars (5,9 p. 100) pour s’établir à 128,5 milliards de dollars. L’investissement dans le secteur de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse a progressé de 2,1 milliards de dollars, ce qui a plus que compensé une perte de 1,0 milliard de dollars survenue dans le secteur de la construction. Les industries de production de services ont gagné 29,6 milliards de dollars en 2011, l’avance la plus importante, soit 34,9 milliards de dollars, s’étant produite dans le secteur des finances et des assurances (14,7 p. 100). Les banques canadiennes ont été actives dans ce domaine en concluant plusieurs transactions importantes, tel que noté précédemment. Le stock d’investissement détenu par des Canadiens dans le secteur des finances et des assurances à l’étranger a atteint 271,8 milliards de dollars, soit près de 40 p. 100 de l’ensemble de l’investissement direct du Canada à l’étranger. Les autres secteurs de croissance sont notamment les technologies de l’information et des communications (hausse de 2,9 milliards de dollars, soit 27,3 p. 100), le transport et l’entreposage (gain de 1,6 milliard de dollars, soit 7,6 p. 100), l’immobilier, la location et la location-bail (hausse de 1,5 milliard de dollars, soit 11,0 p. 100) et le commerce de détail (progression de 1,2 milliard de dollars, soit 12,2 p. 100). Il y a eu une forte baisse des investissements détenus dans le secteur de la gestion des sociétés et des entreprises, soit 13,8 milliards de dollars, ce qui représente 14,4 p. 100 du stock d’investissement dans ce secteur.

Filiales canadiennes à l’étranger

L’établissement de filiales à l’étranger (FE) est un autre moyen qui s’offre aux entreprises canadiennes pour entrer sur des marchés extérieursNote 1 de bas de Module 6. Pour la première fois en 2009Note 2 de bas de Module 6, les ventes des FE canadiennes ont dépassé les recettes d’exportation depuis que ces statistiques sont compiléesNote 3 de bas de Module 6. Bien que ce résultat s’explique principalement par le fait que les ventes des FE ont moins diminué que les exportations dans la foulée de la récession économique mondiale, il demeure que les ventes des FE canadiennes croissent plus rapidement que les exportations canadiennes depuis un certain temps. Examinant la situation par région, les ventes des FE sur les marchés émergents sont celles qui ont crû le plus rapidement durant la dernière décennie, dépassant les ventes des FE aux États-Unis et dans l’Union européenne. La baisse des ventes totales des FE entre 2008 et 2009 est entièrement attribuable à l’affaiblissement des ventes de biens étant donné que les ventes de services ont continué de progresser.

Par région

Après cinq années de croissance, les ventes de biens et services des FE canadiennes ont diminué de 7,7 p. 100 en 2009, au plus fort du ralentissement économique, à 456 milliards de dollars. La baisse des recettes de ventes aux États-Unis et dans l’UE explique la plus grande partie du recul de 38 milliards de dollars mais, en pourcentage, les ventes dans les autres pays de l’OCDENote 4 de bas de Module 6 ont régressé davantage. Les recettes de vente dans les marchés émergentsNote 5 de bas de Module 6 sont celles qui ont le moins fléchi, à la faveur de la progression rapide de ce groupe depuis 2003. L’évolution des ventes des FE suit la progression générale de l’engagement avec les économies émergentes au cours de la dernière décennie, et reflète clairement la vigueur relative de plusieurs marchés émergents face aux répercussions de la récession mondiale. Comme dans le cas des exportations, les entreprises canadiennes qui possèdent des FE sont en voie de diversifier leurs liens internationaux. Les tendances actuelles se poursuivront vraisemblablement à la faveur de l’expansion continue des économies émergentes.

La tendance de l’emploi parmi les FE canadiennes a suivi à peu près celle des ventes en 2009 : l’emploi dans les FE a diminué dans toutes les régions, sauf celle des marchés émergents. Incidemment, alors qu’environ 1 million de personnes étaient à l’emploi des FE canadiennes dans le monde, 248 000 de ces emplois se trouvaient dans les économies émergentes — un nouveau sommet. À l’instar de la tendance des ventes, l’emploi des FE canadiennes dans les autres pays de l’OCDE a reculé de 11,7 p. 100. Les FE canadiennes établies aux États-Unis sont celles où l’emploi a le moins diminué (2,1 p. 100). En 2009, la plupart des employés des FE canadiennes se trouvaient aux États-Unis, bien que la part des États-Unis dans l’emploi total des FE canadiennes soit en régression depuis 2006.

Figure 8
Tendance des ventes canadiennes à l’étranger (1999-2009)

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