Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada
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L’éducation internationale : un moteur-clé de la prospérité future du Canada

Chapitre 3 : Mise en contexte des recommandations


La promotion du Canada en tant que destination de choix pour faire des études et de la recherche fait intervenir des entités fédérales, provinciales, territoriales et privées. Au fil des ans, chacun de ces acteurs a conçu ses propres initiatives en la matière, sans qu’il y ait nécessairement de vision d’ensemble.

3.1 Importance du respect de la compétence des provinces et des territoires

Au Canada, l’éducation relève des provinces et des territoires, de sorte que nous les avons considérés comme des partenaires clés du gouvernement fédéral dans l’élaboration de la stratégie. Le président du comité consultatif a engagé un dialogue avec les représentants des ministères de l’Éducation ou de l’Enseignement supérieur des 10 provinces, engagés dans l’enseignement international. Ces discussions ont fait ressortir le degré varié de participation et les priorités des différents gouvernements provinciaux et territoriaux dans le domaine de l’éducation internationale, ainsi que leur volonté de continuer à travailler en collaboration avec le gouvernement fédéral à la stratégie en matière d’éducation internationale. En outre, des fonctionnaires ont été invités à participer aux tables rondes tenues dans leurs régions respectives à titre d’observateurs, et des hauts responsables ont été conviés au collaboratoire. Le comité a également discuté avec le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada), au besoin, spécialement par l’intermédiaire du Comité consultatif des sous-ministres de l’Éducation. Dans l’avenir, nous ne doutons pas que le CMEC continuera de jouer un rôle central dans la définition de la voie à suivre pour les provinces et les territoires afin d’assurer la qualité.

En juin 2011, le CMEC a publié un plan d’action pour la promotion de l’éducation internationale, intitulé Pour mettre l’éducation au Canada à la portée du monde, et le monde à celle du Canada : un plan d’action pour la promotion de l’éducation internationale à l’intention des provinces et des territoires. Élaboré par les ministres provinciaux et territoriaux de l’Éducation à la suite d’une demande du Conseil de la fédération, ce plan d’action est axé sur le recrutement et le maintien des étudiants internationaux et sur la mobilité des étudiants canadiens. Il accorde une attention particulière au rôle primordial de la collaboration fédérale-provinciale.

Les résultats escomptés du plan d’action sont les suivants :

  • une hausse du nombre d’étudiants internationaux au Canada;
  • une plus grande part pour le Canada du marché des étudiants internationaux;
  • un plus grand nombre de possibilités pour les Canadiens d’étudier à l’étranger;
  • un plus grand nombre d’étudiants internationaux qui demandent le statut de résident permanent au Canada après leurs études.

Le plan d’action a été conçu pour servir de base à une stratégie pancanadienne de promotion de l’éducation internationale, et il y est recommandé que les ministres provinciaux et territoriaux responsables de l’éducation et de l’immigration en amorcent immédiatement la mise en oeuvre, de la façon la plus exhaustive possible, dans les limites des ressources actuelles.

Fondamentalement, le projet de stratégie que nous recommandons est conforme aux principes de base et aux résultats escomptés du plan d’action du CMEC.

Bâtir sur des fondations solides : les accomplissements du Canada jusqu’ici

3.2 Contribution du gouvernement fédéral

3.2.1 Affaires étrangères et Commerce international Canada

Le MAECI a pour mandat de promouvoir le Canada à l’étranger et de défendre les valeurs et les intérêts canadiens sur la scène internationale. À cette fin, le MAECI fournit des éléments d’orientation et des renseignements stratégiques, entretient un dialogue avec ses homologues étrangers et cherche à influer sur leur position, exécute les programmes internationaux et maintient d’importants réseaux à l’étranger dans le cadre d’une approche pangouvernementale. Dans le mandat du Ministère, l’éducation internationale est considérée comme un secteur clé touchant à la diplomatie et au commerce.

3.2.1.1 Édu-Canada

Pour éclairer nos travaux, des représentants du MAECI nous ont donné des séances d’information qui nous ont permis de prendre connaissance de la participation actuelle et des accomplissements du gouvernement fédéral dans le domaine de l’éducation internationale.

En 2007, le gouvernement du Canada a annoncé le lancement d’une initiative de promotion de l’éducation internationale, dotée d’un budget de 1 million de dollars par année, pour cinq ans. Cette initiative, appelée  « Édu-Canada  », a mis à contribution le réseau d’ambassades et de bureaux à l’étranger du MAECI afin de réaliser une campagne de promotion et d’attirer un plus grand nombre d’étudiants internationaux au Canada. Dans le cadre du projet pilote d’Édu-Canada, le MAECI a également établi un partenariat avec les gouvernements des provinces et des territoires par l’entremise du CMEC. Ensemble, ils ont créé une image de marque pour l’éducation au Canada, dont ils assurent conjointement la gestion.

Le MAECI, il convient de le préciser, a toujours appuyé les activités de promotion des provinces et des territoires, des associations du secteur de l’éducation ainsi que des établissements d’enseignement à l’étranger.

Les accomplissements suivants ont été réalisés au cours des cinq premières années d’existence d’Édu-Canada :

  • la création d’une nouvelle image de marque pour l’éducation au Canada,  « Imagine Education au/in Canada  », conçue en partenariat avec les gouvernements provinciaux et territoriauxv;
  • la détermination des marchés prioritaires (en consultation avec les gouvernements provinciaux et territoriaux);
  • le lancement d’une campagne de promotion de l’image de marque dans les marchés prioritaires;
  • l’amélioration du service à la clientèle grâce à la mise en ligne d’un portail (Édu-Canada Pro) regroupant les renseignements sur les marchés;
  • l’accroissement du rayonnement international des programmes d’études canadiens;
  • l’augmentation du nombre d’accords entre établissements d’enseignement pour faciliter la mobilité bilatérale des étudiants, grâce à l’organisation de pavillons du Canada à des événements de prestige et de tables rondes bilatérales ou régionales ciblées dans le cadre d’Édu-Canada.

Plus précisément, de 2007 à 2012, les objectifs fixés pour Édu-Canada ont compris :

  • une hausse de 20 p. 100 des étudiants internationaux au Canada
    • objectif atteint, avec une hausse de 36 p. 100 de 2007 à 2011
  • un accroissement de 10 p. 100 des programmes d’études canadiens dispensés à l’étranger
    • objectif atteint, avec une progression de 41 p. 100 de 2006 à 2011
  • une augmentation du nombre d’accords facilitant la mobilité bilatérale des étudiants
    • objectif atteint, au moyen de tables rondes bilatérales et d’activités de promotion à des événements de prestige
Le pavillon du Canada au Congrès des Amériques sur l'éducation internationale 2012 à Rio de Janeiro, au Brésil.
Le pavillon du Canada au Congrès des Amériques sur l'éducation internationale 2012 à Rio de Janeiro, au Brésil. Photographie courtoisie du MAECI.

En 2011, Édu-Canada a organisé 170 activités de promotion de l’éducation dans 95 pays, et l’initiative a été mise en valeur dans 6 des plus importants événements commerciaux propices à l’établissement de partenariats dans le domaine de l’éducation, où le Canada a pu avoir accès à plus de 100 000 participants. En mars 2012, 10 agents de promotion de l’éducation travaillaient à temps plein à appuyer le secteur, qui bénéficie aussi du soutien des ressources partagées réparties dans 123 pays. Les ambassades et les consulats jouent un rôle de premier plan dans l’organisation des tournées régionales de promotion de l’image de marque  « Imagine Education au/in Canada  », les activités de sensibilisation et la participation à des événements de tierces parties, et offrent un soutien considérable aux établissements d’enseignement et aux associations du secteur de l’éducation du Canada qui cherchent à trouver des partenaires ou à obtenir plus de renseignements sur les marchés. Cette approche concertée a permis de tirer le meilleur parti des ressources et des rôles officiels de chaque partenaire lors du lancement et de la réalisation des premières étapes de l’initiative de promotion de l’image de marque du Canada dans le secteur de l’éducation.

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3.2.1.2 Politique et planification

L’Unité de la politique et de la planification de la Direction de l’éducation internationale et de la jeunesse du MAECI assure la conduite des relations bilatérales et multilatérales du Canada dans le domaine de l’éducation internationale. Elle coordonne également la négociation, la signature et la ratification des instruments de coopération touchant à l’éducation avec différents États et organisations internationales.

L’Unité met en oeuvre le Protocole d’entente sur la coopération en matière d’enseignement supérieur signé entre le Canada et l’Inde en juin 2010, pour encourager la poursuite de la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur sur la base des besoins pédagogiques, scientifiques et éducatifs de chaque pays.

Dans le contexte de son engagement dans les Amériques, le Canada a signé le 30 août 2010 un protocole d’entente avec le Brésil dans le domaine de la mobilité universitaire et de la coopération scientifique. Un premier programme, les Bourses Canada-Brésil — Projets de recherche conjoints, a été lancé en vue de la soumission de propositions au cours de l’année universitaire 2011-2012.

Le Canada compte un certain nombre d’autres instruments de coopération en vigueur dans le domaine de l’éducation, notamment avec la Chine, l’Europe, le Mexique et les États-Unis.

3.2.1.3 Bourses internationales

Le MAECI finance des bourses pour attirer les étudiants internationaux dans les établissements d’enseignement canadiens, favoriser la venue au Canada des plus brillants chercheurs et créer des liens entre les établissements (environ 700 par année). Les bourses internationales du MAECI sont structurées de façon à faire avancer la politique étrangère du Canada et sont canalisées vers les régions désignées comme prioritaires.

Ces bourses comprennent le Programme des futurs leaders dans les Amériques (y compris tous les programmes qui tirent leur financement de ce dernier, comme les Bourses Canada-Brésil — Projets de recherche conjoints), les Bourses Canada-CARICOM [Communauté des Caraïbes] (y compris la totalité des bourses offertes dans les différentes composantes des programmes, telles que l’initiative des Bourses Canada-Haïti), les Bourses d’échanges (leadership) Canada-Chili, les bourses du Programme d’échanges universitaires Canada-Chine (PEUCC) et le programme Fulbright.

De plus, des organismes subventionnaires fédéraux administrent les prestigieux programmes des BESC Vanier et des Bourses postdoctorales Banting. Les citoyens canadiens, les résidents permanents du Canada et les étudiants internationaux peuvent présenter leur candidature pour recevoir une de ces bourses.

3.2.1.4 Expérience internationale Canada

Expérience internationale Canada (EIC) est une initiative dans le cadre de laquelle le MAECI négocie avec des pays étrangers des ententes et des accords bilatéraux sur la mobilité des jeunes. Ces instruments visent à simplifier les modalités pour les jeunes Canadiens et étrangers âgés de 18 à 35 ans qui souhaitent voyager et travailler à l’extérieur de leur pays pour une période maximale de un an.

Jusqu’à présent, le Canada a conclu 32 accords et ententes sur la mobilité des jeunes avec d’autres pays et territoires. EIC facilite également la conclusion d’ententes entre des universités et des collèges qui offrent des programmes d’enseignement coopératif, en vue de stages effectués en milieu de travail au Canada et dans divers pays. Ce programme est aussi réalisé en collaboration avec un certain nombre d’entreprises privées canadiennes et d’organisations internationales de bonne foi, qui facilitent les échanges culturels chez les jeunes. Les responsables d’EIC dans les ambassades et les bureaux à l’étranger du Canada administrent le programme pour les candidats étrangers, alors que les ambassades et les consulats étrangers administrent le programme pour les Canadiens.

Le programme EIC permet aux jeunes de l’étranger qui viennent séjourner et travailler au Canada et aux jeunes Canadiens qui partent travailler dans d’autres pays d’acquérir une meilleure compréhension de leurs nations, langues, cultures et sociétés respectives, ce qui instaure des liens interpersonnels plus étroits entre le Canada et d’autres pays.

En 2010, près de 57 000 jeunes adultes des quatre coins du globe sont venus au Canada grâce à EIC, ce qui a représenté environ le tiers des travailleurs temporaires admis au Canada dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires de CIC. De nombreux participants étrangers à EIC suivent également des cours de langue de courte durée pendant leur séjour et certains d’entre eux reviennent au Canada à la suite de leur participation afin de faire des études supérieures. En outre, les participants étrangers à EIC établissent leur propre réseau de contacts durant leur séjour au Canada, ce qui contribue à renforcer les liens entre les Canadiens et les pays partenaires, ce qui pourrait déboucher sur de nouvelles relations dans le domaine du commerce mondial.

3.2.2 Autres ministères et organismes fédéraux jouant un rôle dans le domaine de l’éducation internationale

3.2.2.1 Citoyenneté et Immigration Canada

Citoyenneté et Immigration Canada gère le volet des programmes qui porte sur les permis et les visas des étudiants internationaux. CIC a créé des programmes, tels que le Programme de permis de travail hors campus et la Catégorie de l’expérience canadienne, qui permettent aux étudiants internationaux d’acquérir une expérience professionnelle au cours de leurs études et, le cas échéant, de demeurer au Canada après l’obtention de leur diplôme. Ces programmes constituent des éléments importants de la stratégie en matière d’éducation internationale, puisque la perspective de travailler tout en étudiant au Canada est très attrayante pour les étudiants internationaux et les chercheurs étrangers.

3.2.2.2 Agence des services frontaliers du Canada

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est responsable d’examiner, au point d’entrée, les demandes des étudiants internationaux qui souhaitent être admis sur le territoire canadien et de délivrer les permis d’études lorsque tous les critères d’admissibilité sont remplis. Étant responsable de l’application de toutes les questions relevant de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés et du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés, l’ASFC veille au respect des dispositions de ces instruments et réalise des enquêtes, qui peuvent mener au renvoi du Canada de tout contrevenant.

3.2.2.3 Ressources humaines et Développement des compétences Canada

Ressources humaines et Développement des compétences Canada encourage les étudiants internationaux à venir étudier au Canada en faisant la promotion à l’échelle internationale des possibilités éducationnelles et des partenariats en la matière. Ces activités viennent soutenir les efforts du Canada pour obtenir les compétences dont il a besoin pour répondre aux besoins actuels et futurs du marché du travail.

RHDCC encourage aussi les Canadiens à aller étudier à l’étranger. Les étudiants canadiens sont admissibles aux prêts et bourses canadiens aux étudiants, qui leur permettent d’aller étudier dans tout le Canada et à l’étranger dans des établissements d’enseignement postsecondaire accrédités. En 2010-2011, environ 2,5 p. 100 des bénéficiaires des prêts et bourses canadiens (plus de 10 000 étudiants) sont allés étudier à l’étranger.

Le site Web Travailler au Canada de RHDCC peut aussi être utile à la fois aux étudiants canadiens et internationaux, puisqu’on y trouve de l’information adaptée sur les possibilités d’apprentissage et les besoins du marché du travail canadien, qui permet de mieux comprendre celui-ci, y compris les exigences en ce qui concerne les titres de compétence et l’agrément.

3.2.2.4 Agence canadienne de développement international

L’éducation de base demeure au premier plan de l’aide publique au développement du Canada et compte pour la majorité des investissements de l’ACDI dans le secteur de l’éducation. La stratégie de l’ACDI sur les enfants et les jeunes comporte un volet axé sur l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants, particulièrement les filles.

L’ACDI soutient aussi l’établissement de liens entre les universités canadiennes et les établissements postsecondaires canadiens et leurs vis-à-vis dans les pays en développement au moyen, entre autres, du Programme de partenariats universitaires en coopération et développement.

De plus, l’ACDI finance des bourses destinées aux ressortissants des 37 pays en développement membres de la Francophonie, qui peuvent venir faire des études postsecondaires de courte durée dans des établissements canadiens. Le Programme canadien de bourses de la Francophonie est géré par l’AUCC.

L’ACDI procure du financement au programme Éducation pour l’emploi (EPE), qui vise à renforcer la formation technique et professionnelle. Ce programme quinquennal est exécuté par l’Association des collèges communautaires du Canada (ACCC) en collaboration avec d’importants acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux dans la région des Andes, ce qui comprend la Colombie, le Pérou et la Bolivie, dans les pays de la CARICOM ainsi qu’en Afrique au Sénégal, en Tanzanie et au Mozambique.

3.2.2.5 Industrie Canada

Conformément à son mandat touchant les sciences, la technologie et l’innovation, Industrie Canada contribue à renforcer la capacité du Canada d’attirer les meilleurs étudiants du deuxième cycle et boursiers de recherches postdoctorales du monde, dans le cadre des efforts du gouvernement fédéral pour faire du Canada un pôle mondial d’excellence en recherche, en innovation et en enseignement supérieur.

Trois organismes subventionnaires fédéraux — le CRSNG, le CRSH et les IRSC — administrent les prestigieux programmes des BESC Vanier et des Bourses postdoctorales Banting. Les citoyens canadiens, les résidents permanents du Canada et les étudiants internationaux sont admissibles à ces deux programmes. Alors que les BESC Vanier sont remises à des étudiants qui fréquentent des universités canadiennes, un nombre limité de titulaires de Bourses postdoctorales Banting peuvent profiter de leur bourse dans un établissement de recherche à l’étranger.

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et le Conseil de recherches en sciences humaines rendent tous deux compte au Parlement par l’entremise du ministre de l’Industrie, alors que les Instituts de recherche en santé du Canada le font par l’intermédiaire du ministre de la Santé.

3.2.2.6 Centre de recherches pour le développement international

Société d’État canadienne fondée en 1970, le Centre de recherches pour le développement international est dirigé par un conseil des gouverneurs de composition internationale et rend compte au Parlement par l’entremise du ministre des Affaires étrangères. Le CRDI figure parmi les 10 plus grands subventionnaires de la recherche sur le développement dans le monde.

À compter du 1er décembre 2012, le CRDI aura quatre bureaux régionaux, situés à Nairobi, au Kenya, au Caire, en Égypte, à New Delhi, en Inde, et à Montevideo, en Uruguay.

Les principaux secteurs internes du CRDI sont les suivants : agriculture et environnement, politiques de santé mondiales, science et innovation, politique sociale et économique.

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3.3 Contribution actuelle de tous les partenaires et intervenants

3.3.1 Provinces et territoires

Les provinces et les territoires sont actifs dans le domaine de l’éducation internationale et ont formulé un plan d’action en la matière, comme nous l’avons mentionné précédemment.

Les gouvernements provinciaux et territoriaux investissent dans leurs propres initiatives internationales de promotion des études et de la recherche sur leur propre territoire. Ils offrent des mesures d’encouragement régionales afin d’inciter les étudiants à choisir leur province ou territoire. Dans certains cas, la contribution des provinces et des territoires prend la forme d’un investissement direct dans des programmes de bourses destinés aux étudiants internationaux qui viennent étudier au Canada ou aux étudiants canadiens qui vont étudier à l’étranger. Par exemple :

  • En 2010, la province de l’Ontario a annoncé la création du Programme ontarien de bourses d’études Trillium, qui offrira à 75 étudiants une bourse de 40 000 $ par année pour une période pouvant aller jusqu’à quatre ans, afin qu’ils poursuivent des études de doctorat dans une université de l’Ontario. La province investira 20 millions de dollars durant les quatre premières années du programme (et les universités participantes devront verser une somme supplémentaire de 10 millions de dollars).
  • Selon des responsables de l’Alberta, cette province offre 400 bourses d’études à l’étranger, d’une valeur de 1 500 $ chacune, en plus d’une somme additionnelle de 500 $ pour les déplacements.

Les provinces et les territoires apportent également une contribution en facilitant le recrutement des étudiants internationaux dans leurs établissements d’enseignement au moyen de mécanismes de financement qui leur sont propres. Nous avons appris, par exemple, que la Nouvelle-Écosse accorde du financement au niveau institutionnel pour les étudiants internationaux, jusqu’à concurrence de 10 p. 100 des inscriptions au baccalauréat et de 30 p. 100 des inscriptions à la maîtrise et au doctorat (au-delà de cette limite, les étudiants internationaux ne font plus l’objet d’un financement public)vi. À certaines occasions, les provinces et les territoires appuient la participation des établissements d’enseignement à des foires commerciales.

D’autres contributions prennent la forme d’un appui aux associations provinciales et territoriales du secteur de l’éducation, comme EduNova (en Nouvelle-Écosse) et le British Columbia Council for International Education (BCCIE), qui soutiennent des activités de promotion de l’éducation internationale dans leur province respective. Les gouvernements provinciaux et territoriaux (et, dans certains cas, les associations régionales) sont actifs à l’étranger grâce à l’établissement de succursales, par exemple l’Alberta Education Centre à Guadalajara, au Mexique, et le bureau d’EduNova dans la région du golfe Persique, à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Des provinces comme la Colombie-Britannique et le Québec mettent aussi à contribution leurs bureaux commerciaux à l’étranger (ou leurs bureaux d’immigration dans le cas du Québec) pour faire la promotion de l’éducation dans leurs établissements respectifs.

EduNova : faciliter l’internationalisation au niveau provincial

Fondée en 2005 et ayant commencé ses activités en  octobre 2006, est une association coopérative à but non lucratif de la Nouvelle-Écosse qui réunit des fournisseurs de services d’éducation et de formation. Ses actionnaires comprennent le ministère de l’Éducation, le ministère du Travail et de l’Enseignement supérieur, les sept commissions scolaires anglophones de la province, des écoles de langues, le Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse avec ses 13 campus, 11 universités et plusieurs sociétés privées de services de conseils. EduNova a grandement contribué à faire connaître la Nouvelle-Écosse comme une destination de choix pour les études et comme un partenaire à privilégier pour des projets internationaux.

L'honorable Darrell Dexter, premier ministre de la Nouvelle-Écosse (troisième à gauche), et Ava Czapalay, présidente et chef de la direction d’EduNova (deuxième à gauche) ont visité le bureau du Golfe d’EduNova à Abou Dhabi.
L'honorable Darrell Dexter, premier ministre de la Nouvelle-Écosse (troisième à gauche), et Ava Czapalay, présidente et chef de la direction d’EduNova (deuxième à gauche) ont visité le bureau du Golfe d’EduNova à Abou Dhabi. Photographie courtoisie d’EduNova.

Cette organisation a deux principaux secteurs d’activité : faciliter le recrutement des étudiants internationaux et jumeler des professionnels de l’éducation avec des projets internationaux. Jusqu’ici, les résultats de cette initiative sont éloquents : les inscriptions d’étudiants internationaux en Nouvelle-Écosse ont crû de 44 p. 100 depuis 2007, atteignant un total de 7 567 étudiants internationaux dans les organisations membres de toute la province. Un effort concerté visant à conserver les élèves internationaux aux niveaux primaire et secondaire afin qu’ils fassent leurs études postsecondaires dans la province a entraîné une hausse rapide du taux de rétention des étudiants, qui est passé de 28 p. 100 en 2007 à 42 p. 100 en 2011. De plus, l’organisation peut compter sur la contribution active de ses membres, qui ont participé à plus de 100 réunions où le quorum a été atteint depuis 2006, à au-delà de 44 missions de recrutement d’étudiants à l’étranger, à 15 tournées de familiarisation dans la province et à 16 activités de rétention des étudiants.

La Colombie-Britannique a annoncé en  septembre 2011 son objectif d’accroître les inscriptions d’étudiants internationaux de 50 p. 100 en quatre ans. Le 28 mai 2012, la province a rendu publique sa stratégie en matière d’éducation internationale pour appuyer la réalisation de cet objectif17. En 2010, le gouvernement de la Saskatchewan a constitué un conseil de l’éducation internationale pour accroître la collaboration entre les différents établissements d’enseignement en ce qui a trait au recrutement des étudiants internationaux et à la promotion de la citoyenneté mondiale18.

Les provinces et les territoires ont le pouvoir d’autoriser l’ouverture d’établissements à l’étranger offrant un enseignement conforme à leurs programmes d’études au primaire et au secondaire. De tels établissements peuvent ouvrir la voie à des études au Canada, puisque les élèves qui les fréquentent à l’étranger peuvent choisir de faire leurs études supérieures au Canada. Comme ces établissements contribuent de façon importante à l’image projetée par le Canada à l’étranger, il est impératif que les normes d’excellence canadiennes y soient respectées. Rien qu’en Chine, on dénombre actuellement 56 établissements offrant des programmes d’études conformes à ceux du Canada, ce qui contribue à accroître la notoriété du Canada auprès des élèves et de leurs parentsvii.

Le British Columbia Council for International Education : jouer un rôle majeur dans le secteur de l’éducation internationale en Colombie-Britannique

Le British Columbia Council for International Education représente les intérêts du secteur de l’éducation internationale en Colombie-Britannique, ce qui comprend les établissements publics et privés accrédités par le gouvernement, de la maternelle à la 12e année jusqu’aux établissements d’enseignement postsecondaire et d’enseignement de l’anglais. Le BCCIE assure la coordination des initiatives dans le secteur britanno-colombien de l’éducation internationale. Il administre la marque de commerce de l’Assurance de la qualité de l’éducation (Education Quality Assurance, EQA), le premier et le seul sceau de qualité en matière d’éducation postsecondaire accordé par une province au Canada. De plus, le BCCIE procure un soutien du marché en présentant la Colombie-Britannique comme une destination de choix pour les étudiants internationaux, offre aux professionnels de l’éducation internationale des services de base et de la formation, tout comme il fait la promotion d’une culture axée sur la qualité et l’excellence en matière d’internationalisation.

Des étudiants dans une classe.
Photographie courtoisie du BCCIE.

« Nos activités essentielles ont contribué à l’avancement du secteur de l’éducation internationale en Colombie-Britannique et assuré le respect des pratiques exemplaires par les professionnels du domaine. L’organisation d’activités telles que le congrès annuel d’été favorise l’échange de connaissances entre les éducateurs. Nous avons coordonné la venue de délégations dans le secteur de l’éducation et procuré un appui à des missions dirigées par le gouvernement, dans le but d’établir et d’entretenir des partenariats internationaux. L’administration de la marque EQA , au nom de la province, forme un pilier central de notre travail et continue d’apporter une grande valeur au secteur postsecondaire de la Colombie-Britannique grâce à la reconnaissance mondiale de ce sceau de qualité provincial. Nous avons récemment lancé le site StudyinBC.com, un complément à l’éventail de nos services. C’est le seul répertoire qui inclut toutes les régions et tous les types d’établissements de la province. Nous continuons notre travail côte à côte aux écoles, commissions scolaires et établissements d’enseignement pour saisir l’expérience des étudiants internationaux en Colombie-Britannique,» déclare M. Colin Doerr, directeur des communications et des programmes du BCCIE.

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3.3.2 Associations du secteur de l’éducation

Nous avons rencontré divers acteurs (associations et établissements du secteur de l’éducation) aux niveaux régional, provincial et national (voir à l’annexe C la liste des intervenants du milieu canadien de l’éducation). Les associations du secteur de l’éducation réalisent souvent des activités pour soutenir les efforts d’internationalisation de leurs membres, comme l’organisation de délégations et de forums à l’étranger pour aider les établissements membres à établir des partenariats avec leurs vis-à-vis dans d’autres pays. Les associations nationales offrent aussi des mécanismes efficaces pour diffuser l’information parmi leurs membres, réalisent des recherches et des analyses pour appuyer les activités de leurs membres et tiennent régulièrement des réunions. Elles proposent également des ateliers de perfectionnement professionnel et, dans certains cas, des mécanismes d’assurance de la qualité.

Plusieurs associations nationales ouvrent des bureaux à l’étranger pour s’assurer une présence internationale. Par exemple, l’ACCC a des bureaux régionaux en Chine, en Inde, aux Philippines et au Royaume-Uni. L’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) a pour sa part établi des bureaux au Burkina Faso, au Botswana, au Malawi, au Sri Lanka, au Vietnam et au Pérou, en plus de compter des sections actives dans des campus de tout le Canada.

Les associations nationales contribuent à l’effort pancanadien de promotion en appuyant les initiatives des établissements membres de tout le pays pour recruter des étudiants et former des partenariats à l’étranger. Dans certains cas, les associations peuvent profiter d’une aide financière apportée par le programme Opportunités mondiales pour les associations (OMA) du MAECI, qui accorde aux associations nationales du financement sous la forme de contributions pour les appuyer dans la réalisation d’activités nouvelles ou élargies de promotion des affaires à l’échelle internationale dans des marchés et des secteurs stratégiques.

Association des universités et collèges du Canada : tirer parti des synergies entre le Canada et le Brésil

Dirigée par le gouverneur général du Canada, Son Excellence David Johnston, une délégation de quelque 30 recteurs d’université réunie par l’AUCC est allée au Brésil du 25 avril au 2 mai 2012. Ses participants ont rencontré leurs homologues brésiliens, participé au Congrès des Amériques sur l’éducation internationale 2012, visité des installations de recherche de calibre mondial et des campus universitaires. Ils ont pu s’entretenir avec des représentants clés des secteurs public et privé et d’organismes de financement. Au cours de cette visite, les universités canadiennes ont annoncé l’établissement de plus de 75 partenariats, accords et programmes de bourses officiels, d’une valeur dépassant 6,7 millions de dollars.

En raison de sa taille et de sa large portée ainsi que du rang élevé de ses participants, cette mission a eu un fort retentissement au Brésil, faisant l’objet d’une couverture considérable dans les médias brésiliens et mettant en valeur l’excellence du secteur canadien de l’enseignement supérieur de façon à présenter le Canada comme un partenaire de choix en matière d’études supérieures, de recherche et d’innovation.

Following a meeting with the Governor General, Brazilian President Dilma Rousseff announced that Canada will be allocated up to 12,000 students under the Science Without Borders program. Canada is thus set to receive the second-largest delegation of Brazilian students in the world. Brazil is looking to Canada for excellence in academic, research and work experience for their students. À la suite d’un entretien avec le gouverneur général, la présidente du Brésil Dilma Rousseff a annoncé que le Canada pourra recevoir jusqu’à 12 000 étudiants brésiliens dans le cadre du programme Science sans frontières. Il s’agit là de la deuxième cohorte d’étudiants brésiliens en importance dans le monde. Le Brésil cible le Canada en raison de l’excellence de l’éducation universitaire, de la recherche et des expériences de travail qu’il offre aux étudiants. « Les synergies entre nos deux pays dans d’importants domaines de recherche et de découverte sont évidentes, explique M. Paul Davidson, président-directeur général de l’AUCC. Les investissements stratégiques annoncés pendant la mission contribueront à stimuler les échanges commerciaux, à favoriser la prospérité et à améliorer la qualité de vie au Canada et au Brésil.»

3.3.3 Établissements d’enseignement

L’internationalisation est une priorité pour les établissements d’enseignement canadiens. Même si le degré d’investissement dans des activités internationales peut varier entre les établissements, les efforts de chacun d’eux contribuent aux plus grands objectifs collectifs de la stratégie en matière d’éducation internationale. Il existe des différences qualitatives dans la façon dont l’on recrute les étudiants du premier cycle et les étudiants des deuxième et troisième cycles, un facteur qui doit être pris en considération dans l’élaboration de la stratégie.

Les établissements de tout le Canada ont pris conscience des avantages de procéder de façon coordonnée à l’échelle du pays dans leurs activités ciblées. Notamment, le Canadian Higher Education Committee (CHEC), qui représente plus de 40 universités canadiennes au sein du Council of International Schools (CIS), coordonne des tournées visant expressément les meilleurs étudiants du premier cycle dans des marchés clés, dont l’Amérique latine, l’Inde et le Moyen-Orient. Le CHEC tient des conférences et produit des documents pour favoriser la diffusion de l’information auprès des étudiants internationaux et des conseillers d’orientation dans les écoles internationales, afin de mieux faire connaître les possibilités de faire des études universitaires au Canada.

Un groupe de recruteurs provenant de diverses écoles de gestion canadiennes ont récemment commencé à travailler en collaboration afin de promouvoir le Canada comme une destination de choix pour faire une maîtrise en administration des affaires (MBA) de haute qualité. Ce partenariat a pour objectif d’accroître le nombre de candidats potentiels qui envisagent le Canada pour faire des études commerciales. Voilà le genre d’actions lancées et coordonnées par des établissements qui contribuent à la notoriété du Canada dans le monde entier.

Les établissements d’enseignement canadiens consacrent un financement considérable à l’octroi de bourses et de subventions aux étudiants internationaux et aux chercheurs étrangers. Par exemple, la University of British Columbia, très active à l’échelle internationale, alloue chaque année plus de 4 millions de dollars aux bourses d’études et de recherche et autres formes d’aide financière accordées aux étudiants internationaux du premier cycle19.

Les établissements d’enseignement apportent une contribution précieuse par leur travail pour mettre en place des politiques et des pratiques qui favorisent l’internationalisation. À titre d’exemple, citons les projets internationaux de recherche concertée, les partenariats avec des établissements étrangers en vue de la délivrance de diplômes conjoints ainsi que la conclusion d’accords sur la reconnaissance des compétences avec des établissements étrangers, qui facilitent les études dans d’autres pays.

Le Selkirk College : fournir de précieuses expériences d’apprentissage par le partenariat

Une enseigne rouge haute de trois étages annonce le collège sino-canadien Selkirk à l’Université normale de Taiyuan (TNU), en Chine. L’édifice abrite un programme d’études en anglais de trois ans axé sur les affaires et le tourisme. Ce programme est le fruit d’une collaboration entre la TNU et le Selkirk College, qui s’est amorcée en 2010. La TNU élabore et dispense le programme d’études et prépare les étudiants à l’examen d’anglais obligatoire de fin d’études. La TNU gère également toute la logistique du programme, y compris le recrutement des étudiants et des professeurs. Le Selkirk College fournit pour sa part l’expertise nécessaire à l’élaboration du programme d’études, le perfectionnement professionnel des professeurs et une évaluation annuelle en stage de chaque étudiant, comme l’exige le programme d’enseignement de l’anglais du collège. Grâce à ce partenariat, la TNU bénéficie d’un accès à des professeurs dont l’anglais est la langue maternelle, à des possibilités de perfectionnement professionnel pour le corps enseignant et à un soutien en vue de la transition vers le Selkirk College des étudiants qui souhaitent aller étudier au Canada. En retour, les diplômés du programme d’enseignement de l’anglais langue étrangère (TESOL) du Selkirk College ont l’occasion de faire un stage pratique à l’échelle internationale, tandis que les professeurs profitent d’une expérience de travail rémunéré en Chine. De plus, le collège est en train d’établir une filière d’étudiants internationaux instruits et hautement compétents en vue de ses programmes postsecondaires en Colombie-Britannique. Ce partenariat a également eu pour avantage de produire un outil pilote de placement en ligne, utilisé par tous les étudiants du programme d’enseignement de l’anglais de Selkirk College. Aujourd’hui, plus de 700 étudiants chinois sont inscrits au programme, et les premiers étudiants de la TNU sont attendus au Selkirk College en  septembre 2012.

Des femmes sur le campus de Selkirk College à Taiwan.
Photographie courtoisie du Selkirk College.

« Des partenariats comme celui que nous avons établi avec la Taiyuan Normal University procurent de nombreux avantages à tous les partenaires, mais, ce qui est plus important encore, ils permettent aux étudiants, aux professeurs et aux communautés des deux pays de vivre de formidables expériences d’apprentissage », indique M. Neil Coburn, vice-recteur aux études du Selkirk College.

La University of Manitoba : investir pour attirer les étudiants brésiliens talentueux au deuxième et au troisième cycle

La University of Manitoba a signé un protocole d’entente avec l’Agence fédérale de soutien et d’évaluation des études supérieures du Brésil (CAPES). La CAPES administre 100 000 bourses d’études et de recherche dans le cadre du programme Science sans frontières. La University of Manitoba se positionnera comme un établissement de choix pour les étudiants brésiliens du deuxième et du troisième cycle.  « Le savoir et le talent ne connaissent pas de frontières. Nous sommes fiers de réaliser ces investissements historiques pour faire en sorte que les étudiants brésiliens du deuxième et du troisième cycle sachent qu’ils sont les bienvenus et appréciés à leur juste valeur au Manitoba  », déclare le recteur de la University of Manitoba, M. David Barnard. En vertu de l’accord d’une durée de cinq ans signé avec la CAPES, la University of Manitoba investira une somme pouvant aller jusqu’à 880 000 $ afin de couvrir les coûts associés aux droits de scolarité et d’apprentissage de l’anglais. Ces investissements serviront à attirer 20 étudiants brésiliens au doctorat ou à la maîtrise par année à compter de 2012-2013.

La University of Manitoba a constaté que la haute qualité des universités brésiliennes offrait une occasion d’attirer des étudiants qualifiés admissibles aux bourses Science sans frontières. Le Manitoba a déjà établi plusieurs partenariats solides avec le Brésil, qui ont été renforcés en avril 2012 à la suite de la signature d’une entente avec l’Université d’État de Campinas (UNICAMP), siège d’un partenariat de recherche axé sur la gestion des ressources par la communauté et la sécurité alimentaire sur la côte du Brésil.

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Le Northern Alberta Institute of Technology : faire rayonner l’expertise canadienne en matière de formation

L’une des plus grandes écoles polytechniques du Canada et le plus important institut de formation en apprentissage du pays, le Northern Alberta Institute of Technology (NAIT), a de quoi être fier de la pertinence et du haut degré d’adaptation de ses programmes. Depuis un demi-siècle, les étudiants ont pu profiter des programmes d’enseignement concrets et fondés sur la technologie du NAIT.

Lorsque la possibilité s’est présentée en 1999 de travailler en collaboration avec l’ACDI afin de renforcer les capacités du Centre national de certification industrielle (CNCI) de Cuba, le NAIT n’a pas hésité. Ce programme, facilité par le ministère cubain de l’Industrie de base, a eu une incidence positive sur la croissance économique à long terme de Cuba.

Englobant la formation d’instructeurs à Cuba et au NAIT, à Edmonton, ainsi que la fourniture d’équipement de pointe pour les laboratoires et les ateliers du CNCI, ce partenariat a permis d’améliorer et de renforcer les compétences des travailleurs cubains. Le président-directeur général du NAIT, M. Glenn Feltham, note que ce partenariat a des avantages d’une large portée : « En faisant bénéficier Cuba de notre expertise et d’un modèle d’apprentissage canadien qui a fait ses preuves, le NAIT a rehaussé les normes en matière de compétences professionnelles à Cuba et, plus important encore, a fait rayonner les valeurs canadiennes dans ce pays. »

Le Centre national de certification industrielle, à Cuba.
Le Centre national de certification industrielle, à Cuba.
Photographie courtoisie de Northern Alberta Institute of Technology.

De 2000 à 2010, environ 1 200 Cubains ont obtenu une certification internationale sur la base des programmes d’études du NAIT et de l’Alberta, parmi les plus de 16 400 étudiants diplômés du CNCI. Le partenariat du NAIT avec l’ACDI a permis de relever les normes d’enseignement au CNCI et d’appuyer les efforts du ministère cubain de l’Industrie de base pour produire une main-d’oeuvre compétente, d’une grande diversité et ouverte à tous.

Les exportations de connaissances (c’est-à-dire la fourniture de produits et la prestation de services d’éducation à l’étranger par des établissements d’enseignement postsecondaire canadiens) représentent un secteur d’activité de plus en plus important. Elles ajoutent une valeur économique à l’éducation et forment une partie intégrante des initiatives des établissements canadiens pour internationaliser leurs campus. Par exemple, la University of Waterloo offre dans son campus aux Émirats arabes unis des programmes  « 2+2  », qui prévoient deux années d’études dans le campus de la succursale, puis deux autres années dans l’établissement au Canada20. De tels programmes peuvent faciliter l’entrée au Canada des étudiants internationaux en leur permettant de démontrer leur détermination à mener à bien leurs études supérieures. De plus, un grand nombre d’établissements exportent des programmes d’études ou les dispensent en entier à l’étranger.

À l’instar d’un certain nombre de provinces, territoires et associations, des établissements d’enseignement canadiens cherchent à mieux servir et attirer les étudiants internationaux en établissant des bureaux et des centres d’orientation à l’étranger. Par exemple, le Centennial College de Toronto compte sept bureaux satellites dans le monde, dont un bureau de l’éducation internationale à Bangalore, en Inde, qui offre des conseils gratuits au sujet des programmes du collège et répond aux questions des étudiants au sujet des demandes de permis d’études21.

3.3.4 Contribution du secteur privé et de particuliers

L’industrie canadienne joue un rôle clé dans les efforts touchant l’éducation internationale, un rôle qui d’ailleurs pourrait être considérablement accru, selon nous. Une foule d’entreprises au Canada peuvent offrir des possibilités de stages aux étudiants internationaux qualifiés possédant des permis de travail ou, encore, des stages à l’étranger pour les étudiants canadiens. Par exemple, les étudiants internationaux du deuxième ou du troisième cycle, ou encore les boursiers de recherches postdoctorales dans plus de 50 universités canadiennes faisant de la recherche, sont admissibles à des stages dans le cadre du programme Mitacs-Accélération. Ce programme, administré par Mitacs et bénéficiant d’un soutien financier du gouvernement du Canada au titre du programme de stages du CRDI, permet de jumeler des entreprises au Canada avec des stagiaires de diverses disciplines et secteurs d’activité pour qu’ils appliquent leur expertise spécialisée à la résolution de défis qui se posent aux entreprises.

Des particuliers ou des organisations privées choisissent de faire des dons ou de parrainer des établissements d’enseignement ou des associations de façon à financer des bourses internationales, que ce soit pour appuyer des étudiants internationaux qui viennent au Canada ou des étudiants canadiens qui vont étudier à l’étranger.

Des organisations comme les banques peuvent aussi établir des partenariats qui facilitent les études au Canada pour les étudiants internationaux. Par exemple, en vertu du Volet direct pour les études de CIC, les étudiants chinois qui démontrent une capacité linguistique en anglais et qui ont été acceptés dans une université ou un collège canadien désigné peuvent soumettre un certificat de placement garanti (CPG) émis par une institution financière canadienne participante (pour l’instant, uniquement la Banque Royale du Canada et la Banque de Montréal) au lieu de la documentation financière normalement exigée pour la présentation d’une demande de permis d’études. Les étudiants internationaux voient ainsi leurs démarches facilitées afin d’obtenir un permis d’études au Canada, en raison du nombre réduit de documents qu’ils ont à présenter.

De telles initiatives réalisées de concert avec des partenaires privés afin de fournir des services et un soutien aux étudiants internationaux peuvent contribuer de façon appréciable à faire avancer les objectifs d’internationalisation des établissements d’enseignement canadiens.

Des dons privés pour appuyer les étudiants japonais

Minister of International Trade Ed Fast presenting a scholarship to a Japanese student.
Le ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Ed Fast, présente Mako Matsukawa (16 ans) avec l'une des premières bourses  « Espoir pour la jeunesse  », qui ont été créées par l'Ambassade du Canada au Japon.
Photographie courtoisie de Langues Canada.

En 2011, Langues Canada a lancé le programme de bourses d’études Espoir pour la jeunesse à l’intention des étudiants japonais touchés par le séisme qui a dévasté l’Est du Japon. Soutenu par le MAECI, ce programme a permis la venue de 150 étudiants japonais au Canada. Les bourses d’études Espoir pour la jeunesse ont reçu des contributions se montant à 1,5 million de dollars provenant des membres de Langues Canada ainsi que d’Air Canada, des assurances Guard.me et de Samantha Thavasa Japan Limited. M. Kazumasa Terada, président de Samantha Thavasa, est également le commanditaire-fondateur du Fonds de leadership Canada-Japon. M. Terada fournit lui-même un excellent exemple des retombées de l’éducation internationale pour le Canada. Il attribue une partie de sa réussite dans les affaires à ses études au Canada et il appuie maintenant les étudiants japonais qui ont été touchés par le séisme dans leurs efforts pour reconstruire leur vie au moyen d’une expérience éducative canadienne. Cette initiative a contribué à accroître la renommée du Canada au Japon. Récemment, le Ryugaku Journal, un influent magazine japonais de langue anglaise, a retenu 5 fournisseurs canadiens de services de formation linguistique dans son palmarès des 10 meilleurs établissements d’enseignement des langues du monde entier. Afin de témoigner de la réussite de l’initiative Espoir pour la jeunesse, le ministre du Commerce international, l’honorable Ed Fast, a remis l’une des premières bourses à une étudiante japonaise en  octobre 2011 à Shiogama, au Japon.

3.4 Recoupement avec les travaux de groupes d’experts antérieurs

Il est important de noter que nous ne sommes pas les seuls à nous pencher sur les questions touchant l’éducation, les besoins du marché du travail et le renforcement de l’innovation au Canada. D’autres groupes d’experts ont déjà souligné la nécessité d’attirer et de former les meilleurs talents. Nos recommandations tracent une voie possible que le Canada peut suivre, qui a déjà été défrichée par les groupes d’experts qui nous ont précédés, notamment le Groupe d’experts chargé de l’examen du soutien fédéral de la recherche-développement, le Groupe d’étude sur les politiques en matière de concurrence et le Groupe d’experts sur la commercialisation. L’annexe A présente les principales conclusions de ces différents groupes d’experts.

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3.5 Analyse de l’environnement : l’état du secteur de l’éducation internationale

En vue de formuler nos recommandations, nous avons jugé nécessaire de porter notre regard au-delà des réalisations et des progrès accomplis par le Canada afin de mieux comprendre le marché de l’éducation internationale dans sa globalité. En 2009, près de 3,7 millions d’étudiants dans le monde faisaient des études supérieures à l’extérieur de leur pays de citoyenneté22. D’après de récentes projections, ce nombre pourrait passer à 6,4 millions en 202523. Selon l’OCDE, 5 p. 100 de tous les étudiants faisant des études supérieures à l’étranger choisissent de le faire au Canada24. Le tableau qui suit présente la variation de la part du marché de l’éducation internationale dans les principaux pays d’accueil des étudiants. Le Canada se classe au quatrième rang des destinations les plus populaires parmi les pays anglophones, derrière les États-Unis (18 p. 100), le Royaume-Uni (10 p. 100) et l’Australie (7 p. 100), mais au deuxième rang des pays francophones les plus prisés, derrière la France (7 p. 100)25. À mesure que le Canada s’investit toujours davantage dans le domaine de l’éducation internationale, nous devons sans cesse tenir compte des efforts des autres pays actifs dans ce secteur et en tirer des enseignements.

Notre compréhension initiale de l’état du secteur de l’éducation internationale repose sur une analyse comparative commandée par le MAECI en 2009, Pratiques exemplaires pour la promotion des services canadiens d’éducation. Ce rapport présente une vue d’ensemble détaillée des activités de promotion internationale de l’éducation par différents pays d’accueil hautement concurrentiels, comme l’Australie, la France, l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis. En nous servant des conclusions de ce rapport comme point de comparaison initial, nous nous sommes employés à évaluer les derniers développements dans des pays concurrents en ce qui concerne le marché de l’éducation internationaleviii.

Évolution des parts de marché dans le secteur de l’éducation internationale (entre 2000 et 2009)
Voir le texte alternatif

A bar graph displaying the international student market share of various countries in 2000 and 2009.

1 Les données portent sur les étudiants en mobilité internationale définis sur la base de leur pays de résidence.
2 A nnée de référence : 2008.
Les pays sont classés par ordre décroissant de leur part de marché en 2009.
Source : OCDE et Institut de statistique de l’UNESCO pour la plupart des données sur les pays non membres de l’OCDE.
Tableau C3.6 (disponible en ligne). Voir les notes à l’annexe 3.

3.5.1 États-Unis

Les États-Unis demeurent la première destination mondiale des étudiants internationaux, qui ont été plus de 720 000 à choisir ce pays pour aller étudier en 2010-201126. La promotion internationale des études aux États-Unis relève d’EducationUSA, un réseau mondial de centres de conseils appuyés par le Bureau des affaires éducatives et culturelles du département d’État américain27. Le gouvernement américain poursuit activement ses efforts afin de maintenir et d’accroître le nombre d’étudiants internationaux qui choisissent les États-Unis. En  septembre 2011, le département de la Sécurité intérieure a lancé l’initiative  « Study in the States  », qui vise à examiner et à simplifier le processus d’obtention des visas des étudiants internationaux aux États-Unis28. Cette initiative s’appuie également sur un site Web interactif complet comportant des liens vers divers outils des médias sociaux. Tout cela s’inscrit dans une plus vaste démarche pangouvernementale pour attirer et conserver les talents internationaux aux États-Unis, qui comprend des réformes afin d’assurer un soutien et des emplois aux étudiants internationaux dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques29. De plus, le Homeland Security Academic Advisory Council, composé de recteurs d’université et de chefs de file du milieu universitaire, a été formé en mars 2012 pour conseiller le gouvernement sur une foule de questions incluant les étudiants internationaux30.

Le gouvernement américain prodigue un appui considérable à la mobilité internationale des étudiants, en particulier au moyen de son programme phare Fulbright. En 2011, une enveloppe de plus de 230 millions de dollars américains (236 millions de dollars canadiensix) a été allouée au programme Fulbright31, qui octroie des bourses aux étudiants américains pour qu’ils puissent aller étudier à l’étranger ainsi qu’aux étudiants internationaux qui viennent étudier aux États-Unis. Depuis sa création en 1946, le programme a permis d’appuyer plus de 310 000 boursiers32.

3.5.2 Royaume-Uni

De nombreux étudiants internationaux choisissent le Royaume-Uni comme pays d’accueil en raison de sa longue tradition d’établissements d’enseignement prestigieux et de ses liens solides avec les pays du Commonwealth. La seconde initiative du premier ministre pour l’éducation internationale (PMI2), lancée en avril 2006, prévoyait une stratégie quinquennale qui a contribué à renforcer la réputation du Royaume-Uni à titre de fournisseur de services d’éducation internationale. Les projets et les activités entrant dans le cadre de PMI2 appuyaient des objectifs tels que l’attraction de 70 000 étudiants internationaux additionnels au Royaume-Uni, l’amélioration de la satisfaction des étudiants, l’accroissement des partenariats entre établissements et l’augmentation des retombées des partenariats actuels33. Depuis 2006, le nombre d’étudiants internationaux dans les établissements d’enseignement supérieur du Royaume-Uni a crû de près de 30 p. 100, pour atteindre plus de 420 000 étudiants34. Toutefois, devant l’effet de la croissance du nombre d’étudiants internationaux sur les niveaux d’immigration au Royaume-Uni, ainsi que les cas de fraude commise par des collèges de piètre qualité à l’endroit d’étudiants légitimes, le gouvernement a amorcé une refonte du système de visa d’étudiants. À la suite de consultations publiques, des changements au système ont été annoncés en mars 2011. Par exemple, les établissements qui parrainent les étudiants doivent maintenant être accrédités, les étudiants doivent posséder une plus grande maîtrise de l’anglais, des restrictions sont imposées sur les stages en milieu de travail rattachés à des cours se donnant à l’extérieur des universités et le volet du travail après les études a été aboli (ce dernier accordait aux étudiants deux années pour trouver un emploi après la fin de leurs études)35. En avril 2012, le Royaume-Uni a fait entrer en vigueur de nouvelles règles régissant les visas d’étudiants, qui visent principalement à mettre fin aux usages frauduleux et à apporter un soutien aux jeunes chefs d’entreprise après leurs études36.

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3.5.3 Australie

Les inscriptions d’étudiants internationaux en Australie ont fait un important bond de 2006 à 2009, progressant de près de 65 p. 100 durant cette période37 38. Toutefois, le gouvernement australien a reconnu que le pays a connu certaines difficultés au cours des dernières années en raison de différents facteurs comme la force du dollar australien, la qualité médiocre de certains anciens fournisseurs de services d’éducation, les changements apportés aux exigences de l’Australie en matière de visas et le préjudice causé à la réputation du pays à la suite d’un certain nombre d’attaques perpétrées contre des étudiants en 2009, qui ont entraîné un déclin général des inscriptions d’étudiants internationaux depuis 201039.

Pour résoudre ces difficultés, le gouvernement a lancé une série d’examens qui ont conduit à d’importantes réformes du secteur australien de l’éducation internationale. Ces examens ont compris une enquête du Sénat sur le bien-être des étudiants internationaux, l’examen de la loi australienne sur les services d’éducation offerts aux étudiants étrangers (Review of the Education Services for Overseas Students [ESOS] Act 2000) et l’examen du programme des visas d’étudiants (Knight Review of the Student Visa Program). De plus, en  octobre 2011, le ministre australien de l’Enseignement tertiaire a annoncé la formation d’un conseil consultatif sur l’éducation internationale, qui aidera le gouvernement à élaborer une stratégie quinquennale dans ce domaine40. Le conseil consultatif a récemment engagé son processus de consultation à la suite de la diffusion d’un document de travail en avril 2012.

Il convient de noter que, en juillet 2010, le gouvernement australien a transféré la responsabilité de la promotion internationale de l’éducation de Australian Education International (AEI), qui fait partie du ministère australien de l’Éducation, de l’Emploi et des Relations de travail, à la Commission australienne du commerce (Austrade). À l’image de l’approche suivie par le gouvernement du Canada, le mandat d’Austrade touchant la promotion de l’éducation englobe des activités comme la recherche et la distribution de renseignements sur les marchés ainsi que la prestation de services aux fournisseurs australiens d’enseignement, la diffusion d’information sur les bourses octroyées par le gouvernement australien et la gestion de la marque  « Study in Australia  ». Toutefois, AEI continuera de diriger les activités touchant les politiques stratégiques, la réglementation et la coopération de gouvernement à gouvernement dans le secteur de l’éducation internationale41. Ce changement témoigne de la prise de conscience, par le gouvernement de l’Australie, que l’éducation internationale représente une industrie exportatrice : en effet, les services d’éducation ont injecté dans l’économie australienne des recettes à l’exportation de 16,3 milliards de dollars australiens (16,8 milliards de dollars canadiens), ce qui représente la troisième source en importance de revenus de l’étranger du pays42. Austrade tirera le financement de ses activités de promotion de l’éducation internationale de l’enveloppe de près de 190 millions de dollars australiens (196 millions de dollars canadiens) qui a été allouée à son travail touchant la promotion du commerce, de l’éducation et de l’investissement en 2012-201343.

Malgré les difficultés rencontrées, le gouvernement australien constitue d’investir massivement pour attirer les gens de talent en Australie et positionner ce pays comme une destination de choix pour l’éducation internationale. La meilleure illustration de cet investissement est sans doute l’initiative des bourses Australia Awards, qui a été annoncée par le gouvernement en 2009. En 2010, près de 3 000 de ces bourses ont été octroyées à des bénéficiaires étrangers et australiens, ce qui correspond à une aide financière totale de plus de 210 millions de dollars australiens (216 millions de dollars)44.

3.5.4 Allemagne

L’Allemagne est un autre important pays d’accueil des étudiants internationaux, malgré un récent déclin. En 2010, environ 181 000 étudiants internationaux fréquentaient des établissements d’enseignement supérieur de l’Allemagne, représentant 8,5 p. 100 de la population étudiante45. L’Allemagne a longtemps été une destination prisée par les étudiants internationaux, car ses établissements d’enseignement n’exigeaient pas de droits de scolarité jusqu’en 2006. Encore en 2009, les universités publiques allemandes ne pouvaient exiger de droits de scolarité supérieurs à 1 000 euros (1 300 dollars canadiens) par année universitaire46. L’Allemagne constitue un excellent exemple de pays qui internationalise l’éducation par ses efforts pour favoriser les possibilités d’études à l’étranger des étudiants allemands. En 2008, plus de 100 000 Allemands étudiaient à l’étranger, dont 83 p. 100 dans d’autres pays européens47. Un grand nombre de ces étudiants ont bénéficié de bourses octroyées par l’Office allemand d’échanges universitaires (DAA D), qui a accordé 109 millions d’euros (140 millions de dollars) en aide financière à plus de 31 000 Allemands qui sont allés étudier à l’étranger en 201048. Selon le gouvernement allemand, environ 30 p. 100 des étudiants allemands vont étudier à l’étranger, une proportion que le DAA D et le gouvernement visent à faire passer à 50 p. 10049.

Outre son soutien à la mobilité internationale des Allemands, le DAA D fait aussi la promotion de l’internationalisation des études supérieures en Allemagne, dont il assure la mise en valeur à l’étranger, parmi ses nombreuses autres activités50. La majorité de ces activités sont financées par le gouvernement fédéral allemand, qui a versé 80 p. 100 du budget de 384 millions d’euros (494 millions de dollars) du DAA D en 201051. Le travail du DAA D témoigne de la grande coordination des activités d’internationalisation dans l’enseignement supérieur, par le regroupement des initiatives dans ce domaine en Allemagne, y compris la promotion à l’étranger, la coopération internationale dans les pays en développement et l’octroi de bourses aux étudiants allemands et internationaux.

3.5.5 France

La France demeure une destination privilégiée par les étudiants internationaux : ils ont été plus de 284 000 à la choisir comme pays d’accueil en 2010-2011, ce qui représentait 12 p. 100 de son effectif étudiant total52. La promotion internationale de l’offre de la France en matière d’éducation est effectuée par l’Agence CampusFrance, une institution publique qui fournit des services aux étudiants internationaux souhaitant étudier en France par l’intermédiaire de son réseau de bureaux et de succursales, appelés  « Espaces  », établis dans plus d’une centaine de pays53. Le gouvernement français s’efforce plus largement d’accroître l’attrait de la France à l’étranger, y compris pour augmenter le nombre de chercheurs et d’étudiants internationaux.

Parmi les initiatives récentes, mentionnons la création de l’Agence nationale de la recherche et de Pôles de recherche et d’enseignement supérieur visant à permettre aux établissements d’enseignement et aux organismes de recherche de regrouper leurs ressources et leurs activités, le rehaussement du budget du ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de même que l’autonomie accrue accordée aux universités54.

En 2009, le ministère français des Affaires étrangères et européennes a accordé une somme de 86 millions d’euros (110 millions de dollars canadiens) pour les bourses destinées à attirer les étudiants internationaux55. Les efforts de la France pour recruter les étudiants internationaux s’appuient sur ses liens de longue date avec ses anciennes colonies (en particulier en Afrique, d’où provenaient plus de 100 000 étudiants internationaux en France en 2009) et le fait que les droits de scolarité exigés sont parmi les plus faibles du monde, puisque le gouvernement défraie de 10 000 à 14 000 euros (13 000 à 18 000 dollars) du coût réel des études par étudiant par année dans les établissements publics56,57.

La France a défini plusieurs marchés cibles pour ses activités en matière d’éducation internationale, qui comprennent le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (les pays du BRIC), d’autres pays émergents et les pays accordant des bourses à leurs étudiants pour qu’ils aillent étudier à l’étranger, dont le Brésil, le Mexique, l’Indonésie, l’Iraq et les États du golfe Persique58. Le pays cherche également à inciter, d’ici 2015, au moins le tiers de ses étudiants internationaux à faire des études de maîtrise et de doctorat59.

3.5.6 Nouvelle-Zélande

En  septembre 2011, le gouvernement néo-zélandais a rendu public un énoncé de priorités concernant l’éducation internationale intitulé Leadership Statement for International Education. L’énoncé prévoit des objectifs ambitieux pour les 15 prochaines années, notamment : faire doubler la valeur économique des services d’éducation pour qu’elle soit de 5 milliards de dollars néo-zélandais (4 milliards de dollars canadiens) au moyen d’un accroissement des inscriptions internationales; faire doubler le nombre d’étudiants internationaux de deuxième et troisième cycles en Nouvelle-Zélande pour qu’il passe de 10 000 à 20 000; accroître le taux de rétention des étudiants internationaux après l’obtention de leur diplôme de baccalauréat ou d’études supérieures60. Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement néo-zélandais a accru dans son budget de 2011 les investissements consacrés à la promotion de l’éducation internationale de 10 millions de dollars néo-zélandais (8,1 millions de dollars) par année pour les porter à un total de 13,45 millions de dollars néo-zélandais (10,9 millions de dollars) annuellement61.

3.5.7 Malaisie

La Malaisie offre un exemple frappant de nation en train de s’imposer comme prestataire de services d’éducation, sur la base d’objectifs clairement définis dans le marché de l’éducation internationale. La Malaisie a longtemps été une importante source d’étudiants internationaux pour d’autres pays : par exemple, elle s’est classée parmi les 5 premiers pays d’origine des étudiants internationaux en Australie en 201162 et elle a figuré au cours des 10 dernières années parmi les 25 principaux pays d’origine des étudiants internationaux au Canada. Or, la Malaisie est en voie de devenir un pôle de l’éducation internationale dans sa région. Le gouvernement malaisien a désigné l’éducation comme un secteur économique d’importance nationale dans son programme de transformation économique, où l’enseignement tertiaire (y compris les étudiants internationaux) constitue l’un des principaux segments prioritaires. Le gouvernement s’est fixé pour cible de doubler les inscriptions d’étudiants internationaux en Malaisie (au nombre de 93 300 en 2011) et de devenir le sixième exportateur mondial de services d’éducation d’ici 2020, avec 200 000 étudiants internationaux63. Cet objectif est appuyé par des initiatives visant à mieux promouvoir l’image de marque de la Malaisie et les possibilités éducationnelles dans ce pays, à permettre aux meilleurs étudiants de chercher des emplois en Malaisie et à simplifier le processus de demande de visa pour les étudiants internationaux64. Le gouvernement malaisien voit aussi l’établissement de campus locaux en Malaisie par des établissements reconnus à l’échelle internationale comme une occasion de se positionner en tant que destination de premier plan pour les étudiants internationaux65.

Outre ces principaux pays chefs de file, de nombreuses autres nations augmentent leurs investissements dans le secteur de l’éducation internationale. Ce ne sont là que quelques exemples de cet intérêt croissant de la part de plusieurs pays de s’établir comme des pôles régionaux de l’éducation internationale. Il sera donc important de continuer à observer cette tendance dans les années qui viennent.

Il est clair, à notre avis, que l’internationalisation de l’éducation devient de plus en plus une priorité des gouvernements et des établissements d’enseignement dans le monde entier. Alors que les pays chefs de file réévaluent leurs stratégies à la lumière des nouvelles difficultés qui se présentent, d’autres nations poursuivent leurs efforts pour devenir plus concurrentielles afin d’attirer les étudiants et les chercheurs les plus brillants du monde. Nous voyons ici une occasion pour le Canada de définir sa position dans le marché de l’éducation internationale. De plus, nous estimons que, avec un investissement soutenu et des mesures coordonnées, le Canada pourra tirer parti de ses avantages concurrentiels et poursuivre sur la lancée des dernières années afin d’accomplir notre vision et devenir un chef de file du XXIe siècle en matière d’éducation internationale.

 

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v En 2008, tous les sous-ministres de l’Éducation provinciaux et territoriaux, en étroite collaboration avec le MAECI, ont approuvé par consensus le concept proposé pour l’image de marque pancanadienne du secteur de l’éducation,  « Imagine Education au/in Canada  », étant entendu qu’elle serait gérée conjointement par le MAECI et le CMEC au nom des provinces et des territoires. Les missions du Canada à l’étranger ainsi que les provinces et les territoires ont accès à tous les outils de promotion de l’image de marque, alors que les établissements canadiens admissibles et les organisations non gouvernementales n’ont accès qu’au logo. Un certain nombre de provinces et de territoires utilisent cette image de marque dans leurs propres campagnes de promotion, et plus de 120 établissements d’enseignement ont déjà présenté une demande de sous-licence et utilisent le logo de la marque.

vi Dans une réunion avec des représentants du gouvernement de la Nouvelle-Écosse responsables du travail et de l’éducation supérieure, le comité a été informé que cette formule, en vertu de laquelle du financement est accordé pour soutenir les étudiants internationaux jusqu’à concurrence de 10 p. 100 des inscriptions totales au baccalauréat ou de 30 p. 100 des inscriptions totales à la maîtrise ou au doctorat, est actuellement réexaminée (7 décembre 2011).

vii Le nombre d’établissements offrant des programmes d’études conformes aux programmes canadiens à l’étranger est donné d’après le Répertoire des écoles primaires et secondaires canadiennes hors du Canada, du Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux, qui peut être consulté à l’adresse suivante : www.cicic.ca.

viii Un supplément de mesures comparatives avec les pays concurrents clés se trouve en Annexe C.

ix Les conversions en devise canadienne contenues dans ce rapport se fondent sur le taux de change de la Banque du Canada en date du 27 juin 2012.

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Date de modification :
2012-08-15