Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada
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L’éducation internationale : un moteur-clé de la prospérité future du Canada

Chapitre 8 : Investissements

8.1 Bourses pour les étudiants internationaux du premier cycle

Nous sommes conscients que, pour un jeune étudiant du premier cycle talentueux, la décision d’aller étudier à l’étranger peut s’avérer un choix difficile et coûteux. Les bourses peuvent représenter un outil précieux pour soutenir les plus brillants étudiants du premier cycle dans leurs études au Canada. De plus, nous estimons qu’en offrant un ensemble bien développé de bourses d’études canadiennes au premier cycle, le Canada montrera au monde qu’il est prêt à accueillir les meilleurs étudiants internationaux et à les aider à atteindre leurs objectifs de formation. Ces bourses doivent être hautement concurrentielles et constituer une mesure d’encouragement attirante qui suscite au plus haut point l’intérêt des meilleurs talents du monde au sujet des possibilités d’étudier et de faire de la recherche au Canada.

Nous avons pris note de l’effet positif des programmes de bourses internationales actuels du gouvernement du Canada, comme le Programme des futurs leaders dans les Amériques (PFLA) et les bourses des conseils subventionnaires. Nous tenons également à souligner le travail accompli par les provinces et les territoires, les établissements d’enseignement et le secteur privé en vue d’accorder des bourses et un soutien financier aux étudiants internationaux. Toutefois, un grand nombre des observations et interventions qui nous ont été présentées ont donné à entendre que, en général, le niveau de financement actuel est insuffisant pour que le Canada puisse rivaliser avec succès avec les bourses offertes par les pays concurrents.

Conformément au consensus qui est ressorti de notre processus d’engagement, nous convenons qu’il faut faire plus : un programme de bourses bien financé et positionné devrait former un élément central de la stratégie en matière d’éducation internationale. Selon de nombreux intervenants, même un programme de bourses de début d’études d’une durée de un an pour attirer les meilleurs étudiants du premier cycle afin qu’ils amorcent leurs études dans les universités, les collèges et les écoles polytechniques du Canada pourrait avoir une incidence notable. Il a aussi été indiqué qu’un programme de bourses destinées aux étudiants du premier cycle pourrait être cofinancé par le gouvernement fédéral, les gouvernements des provinces et des territoires, les établissements d’enseignement et le secteur privé, ou même dans le cadre de partenariats avec des gouvernements étrangers qui cherchent à favoriser la scolarisation à l’étranger.

Nous sommes d’avis que l’octroi de bourses internationales renforce les initiatives de promotion du Canada à l’étranger ainsi que la notoriété de ce pays sur la scène mondiale. Selon un récent rapport de recherche de Mme Sheila Embleton publié par le BCEI :  « L’image de marque du Canada et les bourses d’études peuvent se compléter mutuellement pour recruter et retenir les étudiants étrangers susceptibles d’aider à bâtir un Canada dynamique72».

Les bourses internationales peuvent aussi ouvrir la voie à un séjour de longue durée au Canada. À titre de nouveaux étudiants, les titulaires de bourses seront sensibles au fait que le Canada a reconnu leur talent. Ces étudiants brillants qui ont bénéficié d’une bourse pourraient décider de poursuivre leurs études au Canada, d’y revenir plus tard pour parfaire leur formation ou faire de la recherche et peut-être d’y travailler après l’obtention de leur diplôme. Une fois diplômés des établissements d’enseignement canadiens, ces étudiants peuvent témoigner de l’excellence de l’éducation au Canada et confirmer la réputation de ce pays à titre d’anciens étudiants, que ce soit au Canada ou ailleurs dans le monde.

La University of British Columbia: des bourses pour appuyer les étudiants internationaux exceptionnels

Chaque année, la University of British Columbia consacre une partie des droits de scolarité acquittés par les étudiants internationaux du premier cycle au financement de bourses octroyées à des étudiants internationaux au rendement scolaire exceptionnel qui ne pourraient pas autrement faire d’études postsecondaires. Ces bourses décernées en fonction des besoins, dont la valeur et le nombre sont inégalés parmi les universités canadiennes, ont permis à plus de 200 universitaires au parcours remarquable et présentant un fort potentiel en tant que futurs leaders, de 70 différents pays, de fréquenter la University of British Columbia.

L’un des programmes est une bourse humanitaire pour les étudiants internationaux, l’International Student Humanitarian Award (ISHA). Cette bourse ouvre les portes de l’université aux étudiants méritoires provenant de pays dévastés par la guerre ou touchés par une grave pauvreté, qui ont démontré une grande détermination à apprendre malgré des conditions très difficiles. Les candidatures peuvent être proposées par leur école secondaire ou par des organisations non gouvernementales internationales.

Regina Nyamekye, étudiante ghanéenne et gagnante d’un  « UBC International Student Humanitarian Award  », a obtenu son baccalauréat ès arts de UBC en 2011.Regina Nyamekye, étudiante ghanéenne et gagnante d’un « UBC International Student Humanitarian Award », a obtenu son baccalauréat ès arts de UBC en 2011.
Photographie courtoisie de la University of British Columbia et de Martin Dee.

Depuis 2007, 16 titulaires d’une bourse ISHA ont étudié à la University of British Columbia. Mme Karen McKellin, directrice de l’Initiative pour les étudiants internationaux de la University of British Columbia, décrit l’immense valeur que les titulaires des bourses ISHA apportent à son université et au Canada :  « C’est un privilège d’accueillir ces étudiants exceptionnels et déterminés. Ils sont des modèles à suivre pour leurs pairs et enrichissent l’enseignement en salle de classe, leur cadre de vie en résidence et leur environnement social. En bénéficiant d’un enseignement de premier ordre et en intégrant les valeurs canadiennes de l’engagement communautaire et de la tolérance, les boursiers ISHA sont en mesure d’avoir une incidence positive sur notre monde. Ce sont les dirigeants de demain, et ils constitueront toute leur vie des ambassadeurs du Canada, où que leur avenir les mène. » 

Recommandation 9 : Promouvoir l’image de marque du Canada par l’octroi de bourses aux étudiants internationaux du premier cycle.

Pour attirer les étudiants les plus brillants au début de leurs études postsecondaires et rivaliser plus efficacement avec les principaux pays concurrents à cette fin, le gouvernement du Canada devrait cofinancer 8 000 nouvelles bourses du Canada destinées aux meilleurs étudiants internationaux du premier cycle pour qu’ils viennent étudier dans les universités, collèges et écoles polytechniques du Canada. On prévoit que cet investissement sera doublé par les établissements d’enseignement, les provinces et les territoires et des donateurs privés selon un ratio de deux pour un.

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8.2 Bourses pour les chercheurs et les étudiants des deuxième et troisième cycles

Les étudiants à la maîtrise et au doctorat, les boursiers de recherches postdoctorales et les universitaires de l’étranger sont susceptibles d’apporter une contribution précieuse aux activités de recherche et d’innovation des universités et des organismes de recherche du Canada. Le Canada compte une foule de programmes pour attirer les meilleurs talents internationaux, mais il peut être difficile pour un étudiant international de trouver l’information pertinente.

Il convient de souligner que les activités de recrutement aux deuxième et troisième cycles et aux cycles supérieurs sont différentes de celles visant les étudiants du premier cycle. Afin de recruter des chercheurs internationaux, les établissements doivent déployer des efforts considérables et une équipe importante pour reconnaître leur excellence. Outre l’expérience globale que leur offre le Canada, les étudiants des deuxième et troisième cycles et les chercheurs s’intéressent aux possibilités précises qu’ils peuvent trouver au Canada, sous la forme d’installations de recherche bien équipées, de facultés et de superviseurs possédant une expertise dans leur domaine de recherche et du financement potentiel pour leurs recherches et leurs études.

Les BESC Vanier et les Bourses postdoctorales Banting représentent d’importants investissements visant à attirer et à conserver les meilleurs talents en recherche. Toutefois, malgré ces investissements, à peine 25 p. 100 des BESC Vanier et 31 p. 100 des Bourses postdoctorales Banting ont été accordées à des étudiants internationaux en 2011-2012. Les chercheurs internationaux ne sont pas non plus admissibles à un grand nombre des bourses financées par le Programme de bourses d’études supérieures du Canada.

Le gouvernement du Canada a établi une solide base de financement pour les chercheurs internationaux de talent, par l’intermédiaire de programmes tels que les Chaires d’excellence en recherche du Canada. Depuis 2010, une somme pouvant aller jusqu’à 10 millions de dollars sur 7 ans a été remise à chacun des 19 titulaires des CERC actifs dans la recherche et l’innovation dans des domaines appuyant la stratégie des S-T du Canada. Le programme des CERC a également aidé le Canada à recruter les plus éminents chercheurs du monde afin qu’ils se penchent sur des priorités stratégiques en matière d’innovation, au moyen de l’établissement de 2 000 professorats de recherche dans les universités de tout le pays grâce à un investissement de 300 millions de dollars par année. En mars 2012, près du quart des titulaires de CERC avaient été recrutés à l’étranger (ce qui comprend les Canadiens expatriés).73 

Au cours de nos travaux, nous avons eu la chance de rencontrer des représentants des conseils subventionnaires du Canada (CRSNG, CRSH et IRSC) qui sont responsables de l’administration de nombreuses bourses. Il a été signalé qu’un financement considérable était offert aux chercheurs et étudiants internationaux par les conseils subventionnaires. Toutefois, l’efficacité est compromise par le morcèlement du financement parmi la multitude des programmes existants, sans qu’il n’y ait d’initiative d’ensemble pour les promouvoir ou les coordonner afin que les demandeurs internationaux soient informés de leur existence.

À de nombreuses reprises pendant nos consultations avec les parties intéressées, il a été soulevé que, même si les investissements initiaux dans les bourses destinées aux étudiants internationaux des deuxième et troisième cycles et en recherche postdoctorale sont dignes d’éloges, il est nécessaire de renforcer ces programmes pour faire face plus efficacement à la concurrence d’autres pays d’accueil, tout comme de mieux les organiser et les promouvoir pour leur conférer le prestige que recherchent les chercheurs internationaux.

Cela dit, les intervenants canadiens travailleront de concert pour tirer parti des occasions qui se présentent. Par exemple, le gouvernement du Brésil a lancé le programme de bourses Science sans frontières en juillet 2011, dans le but de permettre à 75 000 étudiants brésiliens d’aller étudier à l’étranger en science et technologie. Au cours de sa visite au Brésil en avril 2012, le gouverneur général a annoncé que le Canada accueillera 12 000 étudiants brésiliens. Les intervenants de l’ensemble du Canada ont travaillé collectivement à ce résultat, faisant du Canada le deuxième bénéficiaire en importance du programme.

Plusieurs de nos pays concurrents investissent massivement dans des programmes de bourses établis de longue date et ayant acquis une renommée internationale, destinés aux universitaires du monde entier. L’un des mieux connus est le programme américain de bourses Fulbright, qui a accordé du financement à plus de 192 000 étudiants des deuxième et troisième cycles et chercheurs internationaux aux États-Unis depuis sa création en 1946.74 Les bourses Chevening constituent un autre exemple de programme de bourses internationales de renom; elles ont été octroyées par le Foreign and Commonwealth Office (FCO) du Royaume-Uni à plus de 38 000 universitaires depuis 198375 En 2011-2012, plus de 700 boursiers Chevening ont reçu du financement pour fréquenter des universités britanniques, et le programme conserve un important groupe d’anciens étudiants dans plus de 150 pays. De tels programmes illustrent les avantages de promouvoir l’image de marque en offrant des bourses qui permettront d’attirer les talents internationaux et, à terme, de former un réseau d’ambassadeurs, composé des anciens boursiers, dans le monde entier.

À l’heure actuelle, le Canada n’a pas son propre programme phare de bourses prestigieuses auxquelles les meilleurs étudiants internationaux pourraient aspirer, mais offre plutôt une série de programmes dispersés dans l’ensemble du gouvernement fédéral. Des fonds considérables sont réservés à cette fin, mais il peut être difficile d’accéder à l’information sur les bourses si l’on ne connaît pas bien les nombreux programmes du Canada. Nous sommes d’avis que le Canada a besoin d’établir un programme unifié de bourses prestigieuses qui soit reconnu dans le monde entier.

Recommandation 10 : Regrouper les subventions et les bourses offertes aux étudiants internationaux de deuxième et troisième cycles et aux boursiers de recherches postdoctorales sous une seule marque, en privilégiant les domaines prioritaires définis dans les stratégies du Canada sur l’innovation et la prospérité.

Pour renforcer les stratégies du Canada en matière d’innovation et de S-T, il conviendrait de coordonner ou, le cas échéant, de réorganiser le financement que divers organismes fédéraux offrent actuellement aux étudiants internationaux de deuxième et troisième cycles sous la forme de subventions et de bourses, afin d’assurer la promotion efficace de l’image de marque du Canada.

Un investissement additionnel permettrait au Canada de tirer parti de possibilités existantes pour attirer les meilleurs étudiants, au moyen d’un jumelage avec des programmes de bourses d’autres pays, comme le programme d’échanges universitaires du China Scholarship Council, le programme de bourses d’études Science sans frontières du Brésil ou les bourses du roi Abdullah de l’Arabie saoudite. Ainsi, le Canada pourrait faire concurrence aux principaux pays offrant d’importants programmes de bourses, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, afin d’attirer les étudiants et les chercheurs les plus brillants.

La voie à suivre : Nous recommandons de mieux coordonner les subventions à la recherche internationale offertes par l’intermédiaire des conseils subventionnaires du Canada, en mettant l’accent sur un petit nombre de pays prioritaires. Un groupe de travail interministériel comprenant des représentants des conseils subventionnaires et d’autres ministères fédéraux pourrait concevoir une stratégie coordonnée afin de réorganiser les programmes de subventions et de bourses existants de façon à simplifier l’exécution des divers programmes soutenant les étudiants internationaux de deuxième et troisième cycles et au niveau postdoctoral, dans le but de promouvoir de façon cohérente l’image de marque et de faire connaître ces possibilités aux étudiants internationaux potentiels.

En définitive, toutes les bourses internationales devraient être regroupées sous une marque, par exemple  « les Bourses du Canada », afin que toutes les ressources disponibles viennent maximiser la reconnaissance de l’image de marque du Canada. Il devrait y avoir suffisamment de financement (de subventions existantes et de nouveaux investissements) pour permettre au gouvernement du Canada d’accorder à des étudiants internationaux, jusqu’à 2 000 bourses d’études supérieures et 1 000 bourses postdoctorales par année sous une même image de marque.

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8.3 Accords bilatéraux

Pour attirer les meilleurs chercheurs et étudiants des deuxième et troisième cycles, le Canada doit faire mieux connaître ses capacités de recherche aux établissements étrangers. L’un des moyens les plus efficaces d’y parvenir consiste à établir des partenariats sous la forme de programmes conjoints de R-D, qui font intervenir des étudiants et des chercheurs des deux pays. Ainsi, les professeurs et les meilleurs étudiants prennent connaissance de l’excellence de la recherche au Canada, des travaux innovateurs de leurs homologues canadiens ainsi que des possibilités de financement offertes au Canada, ce qui peut les inciter à venir faire de la recherche dans notre pays.

Le meilleur moyen d’atteindre cet objectif consiste à conclure des accords de large portée qui englobent non seulement les gouvernements, mais aussi les établissements d’enseignement, les associations du secteur de l’éducation, les conseils subventionnaires et les prestataires de bourses, afin de mettre en place des stratégies ciblées qui répondent aux besoins de chaque partenaire national.

La conclusion d’accords bilatéraux multidisciplinaires et d’une large portée contribuera non seulement à attirer les meilleurs chercheurs et étudiants internationaux, mais aussi à faire connaître le Canada comme un pays d’innovation doté d’installations de recherche de pointe. Le Canada a l’avantage de posséder des centres de recherche de calibre mondial d’un bout à l’autre du pays, dans une foule de disciplines allant de l’agriculture à la nanotechnologie. De tels accords bilatéraux permettront au Canada de promouvoir son image de marque à l’étranger, de même que son excellence dans le domaine de la recherche.

L’Université d’Ottawa : l’excellence en recherche au moyen de partenariats internationaux

L’Université d’Ottawa, la plus grande université bilingue en Amérique du Nord, ouvre la voie en matière de recherche dans l’ensemble de la francophonie, à la fois au Canada et à l’étranger. Au cours des 20 dernières années, l’Université d’Ottawa a établi de nombreux partenariats avec d’autres prestigieux établissements de recherche du monde entier, particulièrement dans les pays francophones d’Europe et d’Afrique. Le Fonds France-Canada pour la recherche (FFCR) est un parfait exemple de ces collaborations couronnées de succès : il procure le financement de démarrage de projets de recherche prometteurs lancés conjointement par un chercheur canadien et un chercheur français. Le FFCR offre aussi aux étudiants des deux pays du financement pour les études et la recherche. Aujourd’hui, les chercheurs comptent sur l’établissement de réseaux et de partenariats internationaux pour stimuler leur réflexion, enrichir leurs connaissances et multiplier leurs découvertes. La Stratégie du Canada en matière d’éducation internationale doit continuer de promouvoir l’expansion de tels partenariats.

De plus, les accords bilatéraux sont avantageux pour toutes les parties. Pour suivre le rythme de la recherche de pointe, le Canada doit participer activement à des projets de recherche internationaux réalisés en collaboration. Les Canadiens bénéficient de la recherche dans toutes les sphères d’activité : la santé, l’environnement, les technologies de l’information et des communications, pour ne nommer que celles-là. Le secteur privé y trouve des possibilités de commercialisation, qui peuvent entraîner d’importantes retombées économiques et, ainsi, alimenter la prospérité du Canada. Les pays partenaires profitent aussi du même retentissement, des résultats de la recherche et des données acquises. Comme nous l’avons entendu à maintes reprises au cours du processus d’engagement, l’éducation internationale doit prendre la forme d’un partenariat bidirectionnel faisant profiter aux deux pays participants d’une multitude d’avantages.

En outre, les partenariats de recherche établis entre des établissements canadiens et étrangers peuvent apporter une contribution importante à l’économie mondiale. Des recherches sont en cours dans le monde entier pour résoudre des enjeux qui transcendent les frontières, comme les changements climatiques et la planification en cas de catastrophe naturelle ou d’épidémie. Les projets de recherche internationaux réunissent le savoir et l’expertise de divers pays afin d’approfondir les connaissances sur ces questions. Ces initiatives mettent à contribution les ressources nationales pour faire avancer collectivement la recherche de solutions d’envergure mondiale aux enjeux qui se posent à l’échelle planétaire, dans l’immédiat et dans l’avenir.

La University of Guelph : la collaboration au service de la durabilité environnementale

Un partenariat public-privé unique en son genre établi entre la University of Guelph et la société Kinross Gold Corporation a été à l’origine du Réseau de recherche Canada-Brésil (CABRNET). Ce réseau multiplie les possibilités de recherche et d’échange de connaissances entre les partenaires canadiens et brésiliens, en mettant l’accent sur la nature multidisciplinaire et la durabilité dans le secteur des ressources naturelles.

Le CABRNET collabore avec le secteur privé, les universités, les gouvernements et les communautés en vue d’atteindre des objectifs communs touchant la durabilité environnementale, l’éducation et le développement social. Ces partenariats ont facilité la recherche concertée, l’accès aux communautés et aux sites miniers et la collaboration avec les universitaires partenaires, tout en créant des occasions de renforcer les liens interculturels ainsi que dans les domaines de la recherche et de l’éducation. Parmi les projets actuels du CABRNET, mentionnons la recherche sur les pratiques exemplaires en matière d’engagement communautaire, la réduction de la dégradation des pâturages et la protection de la biodiversité dans le secteur des ressources naturelles.

 « Ces nouvelles formes de collaboration entre les gouvernements, les entreprises et la société civile (y compris les universités) alimenteront l’innovation dans l’avenir et favoriseront les rapprochements intersectoriels et interdisciplinaires. Le CABRNET constitue un excellent exemple d’une telle synergie à l’oeuvre », déclare Mme Lynne Mitchell, agente de liaison internationale de la University of Guelph.

L’Initiative indo-britannique pour l’éducation et la recherche (United Kingdom-India Education and Research Initiative, UKIERI) constitue un excellent modèle de partenariat de recherche bien financé et avantageux pour les deux parties. Lancée en 2006 afin de renforcer les liens en éducation entre le Royaume-Uni et l’Inde, cette initiative a entraîné l’octroi de plus de 25 millions de livres sterling (40 millions de dollars canadiens) pour appuyer des projets réalisés en collaboration au cours de la première phase du programme.76 Parmi les accomplissements de l’UKIERI jusqu’ici, citons : 182 partenariats indo-britanniques dans les 3 volets du programme (enseignement supérieur et recherche, écoles, compétences professionnelles et techniques), faisant intervenir plus de 600 établissements; 55 bourses individuelles décernées sous la forme de bourses d’études et de recherche au niveau du doctorat; la possibilité pour 393 étudiants britanniques d’aller en Inde en vertu du programme  « Study India »; la facilitation de stages en milieu de travail pour 105 diplômés indiens.77 À la lumière de ces réalisations, le premier ministre britannique David Cameron et son homologue indien Manmohan Singh ont annoncé en 2010 que le programme serait reconduit pour 5 ans, de 2011 à 2016.78 Il est important de noter qu’il existe actuellement une foule d’accords bilatéraux internationaux portant sur la collaboration en éducation et en recherche. Étant donné que l’éducation relève de la responsabilité des provinces et des territoires, les accords peuvent être signés soit au niveau fédéral, soit au niveau provincial ou territorial, selon leur objectif. Par exemple, la Chine a signé des accords avec 9 des 10 provinces canadiennes. De plus, il existe de nombreux accords entre des établissements d’enseignement ou entre des associations canadiennes et étrangères. Comme nous l’avons déjà mentionné, le MAECI, en partenariat avec différents acteurs et intervenants, a signé deux importants protocoles d’entente avec l’Inde et le Brésil depuis 2010, qui ont ouvert la voie à un renforcement de la coopération dans les domaines de l’éducation et de la recherche. Il conviendrait de tirer davantage parti de ce type d’accords bilatéraux et d’en accroître la promotion, tout en s’assurant qu’ils englobent tous les aspects de l’éducation et que leur mise en oeuvre se fait dans une perspective pancanadienne.

Recommandation 11 : Conclure avec les pays prioritaires des accords bilatéraux de large portée, touchant tous les aspects de l’éducation et de la recherche au deuxième et au troisième cycle, soutenus par un financement approprié.

Notre travail d’analyse comparative nous a permis de prendre connaissance des relations bilatérales de large portée et à multiples facettes qu’entretiennent certains pays (comme le Royaume-Uni) avec des marchés prioritaires. Le comité estime qu’il est de la première importance pour le Canada d’établir des accords de cette nature, tout en reconnaissant que des relations dans le domaine de la recherche-développement existent déjà avec certains pays prioritaires. Le comité recommande que ces éléments soient intégrés dans des accords bilatéraux d’une plus large portée conclus avec certains pays, en mettant l’accent sur tous les aspects de l’éducation et de la recherche aux deuxième et troisième cycles et en allouant le financement approprié pour soutenir une telle stratégie.

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Date de modification :
2012-08-16