La participation du Canada

Historique

Le Canada a participé activement à la création et au développement des institutions de la Francophonie. Ainsi, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) est née en 1961 sous l’impulsion d’un Canadien, Jean-Marc Léger. En 1979, l’Association internationale des maires francophones (AIMF) a été créée à l’initiative des maires de Paris et de Québec.

De plus, le Canada a été l’un des membres fondateurs de l’Agence de coopération culturelle et technique, créée en 1970 à Niamey, qui est devenue par la suite l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, puis en 2005, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le cœur du système institutionnel de la Francophonie.

Au fil du temps, le Canada a encouragé la Francophonie à s’engager davantage afin de défendre le respect des valeurs démocratiques et des droits de la personne et d’aborder des questions politiques difficiles. Avec l’adoption des Déclarations de Bamako (2000) (PDF) et de Saint-Boniface (2006) (PDF), l’OIF s’est dotée de mécanismes lui permettant de réagir aux crises de diverses natures qui surviennent dans l’espace francophone.

Le Canada a également soutenu les réformes institutionnelles mises en œuvre afin d’accroître l’efficacité, la cohérence et les résultats des politiques et des programmes qui relèvent de la Francophonie. Sous l’égide de l’ancien Secrétaire général Abdou Diouf (2003-2014), l’OIF est devenue une organisation multilatérale moderne, crédible et efficace, ainsi qu’un acteur influent dans le domaine des relations internationales.

Lors de la quinzième édition du Sommet de la Francophonie à Dakar en 2014, le Canada a contribué à la désignation de la Canadienne Michaëlle Jean au poste de Secrétaire générale de la Francophonie, en plus de faire valoir plusieurs de ses priorités en matière de politique étrangère et de développement. Le Canada a notamment fait adopter une résolution sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

De pair avec les autres États et gouvernements de la Francophonie, le Canada a aussi contribué à l’élaboration d’autres documents stratégiques adoptés lors du Sommet de Dakar en 2014. Il s’agit du Cadre stratégique de la Francophonie 2015-2022, duquel découle la Programmation quadriennale (2015-2018) de l’OIF, ainsi que la Stratégie jeunesse 2015-2022.

Le cadre stratégique oriente l’action de la Francophonie pour les prochaines années autour de quatre objectifs globaux :

  1. Accroître le rayonnement international et le développement de l’usage de la langue française.
  2. Renforcer le rôle et la place de la Francophonie sur la scène internationale pour améliorer le multilatéralisme et la gouvernance mondiale.
  3. Renforcer le rôle des femmes et des jeunes en tant que vecteurs de paix et acteurs de développement.
  4. Soutenir l’innovation et la créativité au service de l’économie dans une perspective de développement durable.

Activités

Les mandats politiques et de coopération de la Francophonie étant maintenant bien consolidés, le Canada, à l’instar de plusieurs autres États et gouvernements, s’intéresse désormais au renforcement de la dimension économique de l’institution. Depuis la préparation du XIVe Sommet de Kinshasa en 2012, le Canada joue un rôle important dans les efforts visant à doter l’espace francophone d’une stratégie économique. Le Canada a en effet contribué à l’élaboration, à la promotion et à l’adoption de la Stratégie économique pour la Francophonie au Sommet de Dakar en 2014. Il s’est ensuite démarqué dans la mise en œuvre de cette stratégie, en devenant le premier pays membre à s’engager à verser une contribution significative pour la réalisation de ses objectifs. Cet appui de plus de 10 millions de dollars sera est versé, de entre 2015 à et 2017, à un programme de l’OIF visant la promotion de l’emploi par l’entrepreneuriat chez les femmes et les jeunes en Afrique subsaharienne francophone.

Les objectifs du Canada au sein de la Francophonie consistent, entre autres, à :

  • Continuer d’appuyer le mandat politique de l’OIF en soutenant ses actions en matière de promotion de la paix, des valeurs démocratiques, du respect des droits de la personne et de la bonne gouvernance.
  • Contribuer au renforcement de la dimension économique de l’OIF, notamment par la mise en œuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie, afin de favoriser un développement économique durable des communautés francophones.
  • Continuer d’appuyer les réformes institutionnelles et la modernisation de la gestion des institutions de la Francophonie afin de rendre la coopération francophone encore plus efficace et axée sur les résultats.
  • Assurer le rayonnement des communautés francophones canadiennes sur la scène internationale.

En 2015-2016, le Canada a versé près de 43 millions de dollars en contributions statutaires et volontaires à l’OIF et aux autres institutions de la Francophonie, ce qui en fait le deuxième bailleur de fonds en importance après la France.

Sur ce montant, plus de 28 millions de dollars étaient destinés directement à l’OIF, pour soutenir la mise en œuvre de sa programmation dans ses quatre grandes missions :

  • 1. La langue française et la diversité culturelle et linguistique.
  • 2. La paix, la démocratie et les droits de la personne.
  • 3. L’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche.
  • 4. Le développement durable, l’économie et la solidarité.

Entre 2012 et 2014, grâce au soutien du Canada et d’autres bailleurs de fonds, l’OIF a, entre autres,accompli les réalisations suivantes :

  • Mise en place et suivi pour le bon fonctionnement d’un réseau de Maisons des savoirs (MDS) : une à Hue au Vietnam, une à Chisinau en Moldavie, six à Ouagadougou au Burkina Faso et une à Kinshasa en République démocratique du Congo).
  • Accroissement de la dimension numérique des projets et des initiatives concertées francophones, notamment l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres, l’éducation numérique et l’émergence du livre numérique.
  • Accès accru aux contenus numériques francophones de qualité, notamment aux documents, archives, œuvres de création, savoirs et patrimoines culturels.
  • Accompagnement offert aux États et aux institutions nationales dans leurs efforts pour la réforme des textes constitutionnels et légaux, afin de les mettre en conformité avec les standards internationaux, auquel s’est rajouté du renforcement pour la gouvernance des institutions publiques.
  • Appui à la valorisation et au renforcement de l’action des parlements nationaux dans le cadre d’un partenariat de longue durée avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.
  • Appui au processus d'élaboration du rapport national de chacun des États membres et la présentation du rapport devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, à la demande de ces États . Dans ce cadre, entre 2010 et 2014, l’OIF a apporté son assistance technique à neuf pays : les Comores, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Maroc, le Niger, le Tchad, la Tunisie et le Togo.
  • Conception et diffusion dans l'espace francophone d’un Guide pratique du journaliste en période électorale, réalisé en collaboration avec Reporters sans frontières (RSF) en 2011 et actualisé en 2015.
  • Publication et diffusion dans l’espace francophone d’un Guide pratique sur les processus de transition, justice, vérité et réconciliation, présenté officiellement en janvier 2014 au siège des Nations Unies à New York.
  • Mise en place d’une stratégie intégrée d’accompagnement des processus de sortie de crise et de transition. Cette stratégie s’appuie sur l’expertise politique et technique de l’OIF et s’inscrit dans une logique de concertation et de complémentarité avec ses partenaires internationaux et régionaux.
  • Offre par l’OIF de médiation francophone pour créer des conditions favorables à la signature d’accords de paix dans certains pays, notamment en République centrafricaine (RCA), à Madagascar ainsi qu’en Guinée-Bissau. Dans la plupart des cas, l’OIF a soutenu le dialogue entre les parties prenantes et les initiatives des autorités et acteurs nationaux, en lien avec les partenaires internationaux, dans le cadre de Groupes internationaux de contact (GIC) pour le Mali, Madagascar et la RCA.

Le Canada verse également des contributions statutaires à la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN), à la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie (CONFEJES), ainsi que des contributions volontaires aux opérateurs : l’Agence universitaire de la Francophonie, l’Association internationale des maires francophones, l’Université Senghor d’Alexandrie et TV5Monde.

Intervenants 

En Francophonie, le Canada est représenté par le premier ministre, Justin Trudeau, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, et le représentant personnel du premier ministre pour la Francophonie, l’ambassadeur Philippe Beaulne.

 

La responsabilité immédiate de la gestion de la participation canadienne à la Francophonie est assumée par la Direction du Commonwealth et de la Francophonie, sous l’égide de la Direction générale des organisations internationales d’Affaires mondiales Canada. Cette direction générale a pour mandat de coordonner tous les aspects de la participation canadienne aux niveaux ministériel et interministériel. Elle gère également l'essentiel des contributions que le Canada octroie à l’OIF et à ses opérateurs. Les fonds dont dispose la direction générale responsable de la Francophonie sont strictement destinés à appuyer les institutions de la Francophonie.

La Direction du Commonwealth et de la Francophonie travaille en étroite liaison avec le représentant personnel du premier ministre du Canada pour la Francophonie (sherpa) en vue d'assurer la préparation et le suivi des sommets et des conférences ministérielles. Le sherpa siège au Conseil permanent de la Francophonie, qui exerce un triple rôle d'animateur, de coordonnateur et d'arbitre pour les volets politique, économique et de coopération de l'action de la Francophonie institutionnelle.

Le Canada s'appuie également sur une petite équipe à Paris, dirigée par le Conseiller aux affaires de la Francophonie, pour gérer ses relations avec les diverses instances de la Francophonie ayant leur siège dans la capitale française. En plus d'être l'interlocuteur privilégié de l’OIF, le Conseiller aux affaires de la Francophonie représente le Canada aux commissions spécialisées du Conseil permanent (la commission politique, la commission économique, la commission de coopération et de programmation, la commission administrative et financière) ainsi qu'aux divers groupes de travail, incluant les groupes ad hoc chargés de préparer les conférences ministérielles et les sommets.

Les partenaires d’Affaires mondiales Canada dans la Francophonie

La coopération au sein de la Francophonie étant de plus en plus spécialisée et multidisciplinaire, Affaires mondiales Canada travaille en consultation avec d'autres ministères fédéraux en fonction des dossiers du moment. Outre le ministère du Patrimoine canadien, qui joue un rôle essentiel dans la Francophonie, d'autres ministères accordent également leur appui : Innovation, Sciences et Développement économique Canada (technologies de l'information), le ministère de la Justice (démocratie et coopération juridique), Environnement et Changement climatique Canada (développement durable et protection de l'environnement) Services publics et Approvisionnement Canada (langue française) et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

 La collaboration entre le gouvernement fédéral, le Québec et le Nouveau-Brunswick est excellente que ce soit au sein des instances de la Francophonie ou des Commissions et des groupes de travail de l’OIF. Au fil des ans, le Québec et le Nouveau-Brunswick ont uni leurs efforts à ceux du gouvernement du Canada afin d’accueillir plusieurs évènements importants de la Francophonie, présidés par le premier ministre du Canada: les Sommets de la Francophonie de Québec (1987 et 2008), le Sommet de la Francophonie de Moncton (1999) et le premier Forum mondial de la langue française de Québec (2012). Le Québec et le Nouveau-Brunswick sont devenus membres de l’Agence de coopération culturelle et technique (devenue l’OIF en 2005) en 1971 et 1977 et occupent chacun un siège distinct de celui du Canada dans les diverses instances de la Francophonie et au sein des organes décisionnels des opérateurs. On parle alors des sièges du « Canada-Québec » et du « Canada-Nouveau-Brunswick ».

Dans l’intérêt de tous les Canadiens, le Canada s’est toujours montré soucieux d’associer l’ensemble des provinces et des territoires à son action dans la Francophonie. Traditionnellement, des représentants des autres provinces et territoires canadiens sont invités à se joindre à la délégation canadienne lors des sommets. Ils peuvent aussi être invités à participer aux activités des opérateurs ou d’organismes associés à l’OIF.

Affaires mondiales Canada entretient également des relations avec de nombreuses organisations de la société civile canadienne, actives dans la Francophonie, incluant des organisations qui représentent les communautés francophones canadiennes en situation minoritaire ainsi que des organismes qui fournissent de l’aide au développement dans les pays de la Francophonie. Plusieurs de ces organisations non gouvernementales (ONG) font partie de réseaux d’ONG au sein de l’espace francophone qui sont formés en fonction d’objectifs communs ou selon une vocation professionnelle particulière. La grande diversité de ces organisations, ainsi que la multitude de programmes et d’activités qu’elles mettent en œuvre confèrent à la Francophonie une dimension polyvalente. Cela lui permet donc d’exercer une action dynamique débordant largement le cadre gouvernemental. Certaines organisations canadiennes font également partie de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales de la Francophonie, qui, en 2016, regroupait près de 70 organisations de la société civile à vocation internationale ayant une expertise reconnue dans l’une des quatre missions de l’OIF. Ces organisations détiennent un statut consultatif auprès des institutions de la Francophonie.

Hôte des événements de la Francophonie

Le Canada a été l’hôte du Sommet de la Francophonie à trois reprises : à Québec en 1987 et en 2008, année marquant le 400e anniversaire de la fondation de la ville, ainsi qu’à Moncton en 1999.

Le Canada a accueilli de nombreuses conférences ministérielles de la Francophonie :

  • La 24e Conférence ministérielle de la Francophonie, à Québec, en octobre 2008.
  • La Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, à Saint-Boniface au Manitoba, en mai 2006.
  • La première Conférence des ministres francophones chargés des inforoutes, à Montréal, en mai 1997.

Le Canada a également accueilli la quatrième édition des Jeux de la Francophonie à Ottawa-Hull, en juillet 2001. Plus récemment, en juillet 2012, la ville de Québec a été l’hôte du premier Forum mondial de la langue française. En juillet 2014, la ville d’Ottawa a accueilli la 40e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Deux institutions de la Francophonie ont leur siège au Canada : l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) est située à Montréal et l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), est situé à Québec.