Les sommets de la Francophonie

L'idée d'une conférence au sommet des chefs d'État et de gouvernement de la Francophonie a précédé de loin le premier sommet, organisé sous les auspices de la France, à Paris, en 1986. Le président Léopold Senghor du Sénégal s'en était fait un des premiers promoteurs au début des années 1960. Cette proposition fut ensuite reprise par les présidents Habib Bourguiba de Tunisie, Ould Daddah de Mauritanie et Hamani Diori du Niger, ainsi que par le prince Norodom Sihanouk du Cambodge.

Le Sommet, instance suprême de la Francophonie, se réunit tous les deux ans. Il est présidé par le chef d'État ou de gouvernement du pays hôte du Sommet, qui exerce cette responsabilité jusqu'au Sommet suivant.

En permettant aux chefs d'État et de gouvernement d'entretenir un dialogue sur toutes les grandes questions internationales de l'heure, le Sommet définit les orientations et les objectifs de la Francophonie de manière à assurer son rayonnement dans le monde.


Symbole des Sommets

L'emblème des Sommets de la Francophonie fût créé pour le Deuxième Sommet de la Francophonie qui a eu lieu à Québec, du 2 au 4 septembre 1987. Il est devenu le signe distinctif des Sommets des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage.

Véritable mouvement moderne et enlevant, ce symbole est une synergie de lignes et de couleurs.

L'évocation du REGROUPEMENT et du CARACTÈRE UNIVERSEL par la forme sphérique de l'ensemble est dynamisée par la progression graphique des masses.

La structure visuelle des cinq bandes, s'appuyant les unes les autres dans une démarche cohérente, véhicule de façon spectaculaire la notion d'ENTRAIDE et de COLLABORATION HARMONIEUSE.

Les cinq couleurs franches, rappelant les diverses couleurs des drapeaux des États et gouvernements participant au Sommet (de Québec), apportent une dimension internationale au symbole et suggèrent les cinq continents auxquels appartiennent les partenaires de la Francophonie.

L'utilisation du logo est réservée aux sommets eux-mêmes et à leurs manifestations officielles ou pour des actions ou manifestations à caractère ponctuel qui aient un lien direct avec les sommets.


Historique des Sommets

Sommet de Paris - du 17 au 19 février 1986

Quarante et un pays et gouvernements étaient représentés au premier sommet, qui s'est déroulé au château de Versailles. Marquant un nouveau départ pour la Francophonie, ce sommet a été l'amorce d'un effort de concertation permanent sur les grandes questions de l'heure. Il a également été l'occasion d'affirmer le rôle de la langue française comme vecteur de progrès et de modernité ainsi que de dialogue entre les cultures. Enfin, il s'est employé à traduire la solidarité francophone dans des programmes concrets et mobilisateurs.

Sommet de Québec - du 2 au 4 septembre 1987

Le Sommet de Québec a permis de poursuivre dans la voie de la concertation et du raffermissement de la solidarité des pays et gouvernements qui avaient participé au Sommet de Paris. Il a confirmé les secteurs prioritaires de la Francophonie, à savoir l'agriculture, l'énergie, les sciences et le développement technologique, la langue ainsi que la communication et la culture. L'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie, dont le siège est à Québec, et le Forum francophone des Affaires, une organisation non-gouvernementale qui regroupe les gens d'affaires francophones, ont vu le jour lors de ce sommet.

Sommet de Dakar - du 24 au 26 mai 1989

Le Sommet de Dakar fut celui de la consolidation. Il a ouvert la Francophonie à de nouveaux secteurs d'intervention : éducation et formation, environnement, coopération juridique et judiciaire. Il a confirmé la vocation de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), à titre d'opérateur principal de la Francophonie multilatérale. C'est à Dakar que l'Université Senghor d'Alexandrie (Égypte) a été créée.

Sommet de Chaillot - du 19 au 21 novembre 1991

Le Sommet de Chaillot aura été celui de la maturité et de l'élargissement, selon le président de la France, François Mitterrand, qui en était l'hôte. Près de 50 pays et gouvernements y étaient représentés et l'espace francophone couvrait désormais tous les continents. Le Sommet a instauré la Conférence ministérielle et le Conseil permanent de la Francophonie, confirmant l'ACCT dans son rôle de Secrétariat de toutes les instances de la Francophonie.

Sommet de Maurice - du 16 au 18 octobre 1993

C'est à Maurice que les participants ont décidé que les sommets porteraient désormais le nom de conférences des chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage. Ils voulaient réaffirmer ainsi leur appartenance à la famille francophone dans le respect de leur diversité. Ce sommet a par ailleurs reconnu l'importance de l'économie, appelant à une plus grande coopération entre milieux d'affaires francophones.

Sommet de Cotonou - du 2 au 4 décembre 1995

Le Sommet de Cotonou a entraîné une profonde mutation des institutions francophones. C'est à Cotonou, en effet, qu'il fut décidé de nommer un Secrétaire général, de transformer l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) en Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF), le poste d'administrateur général étant alors créé pour en assurer la direction, et de concentrer l'action des opérateurs sur les cinq grands programmes mobilisateurs de la coopération francophone, soit l'espace de liberté, démocratie et développement, l'espace de culture et communications, l'espace de savoir et progrès, l'espace d'économie et développement et la Francophonie dans le monde. C'est aussi à Cotonou qu'on souligne que la promotion de la diversité culturelle est plus que jamais légitime et nécessaire et qu'elle joue un rôle dans la promotion de la paix.

Sommet de Hanoï - du 14 au 17 novembre 1997

Le Sommet de Hanoï est une autre étape importante dans l'évolution des institutions de la Francophonie, par la mise en œuvre de la Charte révisée et l'élection du premier secrétaire général de la Francophonie, Boutros-Boutros Ghali. Le secrétaire général y a reçu le mandat de faire de la Francophonie une force plus dynamique et plus active sur la scène internationale. Bien que le thème principal du Sommet fût la coopération économique, les chefs d'État et de gouvernement ont convenu, notamment, de faire porter leurs efforts sur la paix et la prévention des conflits dans les pays membres. Ils se sont également engagés à coopérer avec la communauté internationale pour garantir le respect des droits de la personne.

Sommet de Moncton - du 3 au 5 septembre 1999

Le Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada, a accueilli le VIIIe Sommet de la Francophonie. Placé sous le thème de la jeunesse, il a permis de souligner l'apport essentiel des jeunes à l'avenir de la Francophonie et du monde en général. Deux thèmes subsidiaires, l'économie et les nouvelles technologies, y ont également fait l'objet de discussions.

À Moncton, les chefs d'État et de gouvernement ont également décidé de tenir trois conférences sectorielles en préparation du prochain Sommet: un symposium sur le bilan des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l'espace francophone, à Bamako, au Mali; une conférence ministérielle sur la Culture, à Cotonou, au Bénin, et la première Conférence des femmes de la Francophonie, à Luxembourg.

Sommet de Beyrouth - du 18 au 20 octobre 2002

Tenu pour la première fois en terre arabe, le Sommet de Beyrouth avait pour thème «le dialogue des cultures». C'est lors de ce sommet que la Francophonie a véritablement pris le virage politique en abordant les questions liées au Moyen-Orient. Les chefs d'État et de gouvernement ont pris un engagement sans équivoque en faveur de la mise en application de la « Déclaration de Bamako » sur la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de la personne. Le Sommet s'est aussi prononcé en faveur du principe de l'adoption, par l'UNESCO, d'un instrument sur la diversité culturelle consacrant le droit des États et des gouvernements à maintenir, établir et développer des politiques de soutien à la culture et à la diversité culturelle. L'ex-président du Sénégal, Abdou Diouf, a été élu Secrétaire général de la Francophonie et il s'est engagé à agir dans la continuité des actions politiques et de la coopération entreprises par son prédécesseur, Boutros Boutros-Ghali.

Sommet de Ouagadougou - du 26 au 27 novembre 2004

Le Sommet de Ouagadougou avait pour thème: « Francophonie, espace de solidarité pour un développement durable ». La Francophonie y a approfondi son rôle politique notamment en décidant de tenir, à Saint-Boniface, au Manitoba, une conférence ministérielle sur la prévention des conflits et la sécurité humaine. Il a adopté, à l'initiative du Canada, le tout premier cadre stratégique décennal de la Francophonie, qui définit dorénavant les quatre grandes missions de la Francophonie: i) promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique; ii) promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l'Homme; iii) appuyer l'éducation, la formation, l'enseignement supérieur et la recherche; iv) développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité.

Fait exceptionnel, le Sommet de Ouagadougou a confirmé le choix du Canada comme pays hôte du XIIème Sommet en 2008, lequel aura lieu à Québec. La Francophonie a voulu ainsi s'associer aux très nombreuses manifestations qui marqueront le 400ème anniversaire de la fondation de la ville.

Sommet de Bucarest - du 28 au 29 septembre 2006

Le XIe Sommet de la Francophonie a adopté la Déclaration de Bucarest, axée sur le thème du Sommet « Les technologies de l'information dans l'éducation » et sur les questions de politique internationale. La Conférence a également adopté 5 résolutions sur : le Fonds mondial de solidarité numérique ; le déversement des déchets toxiques à Abidjan (Côte d'Ivoire) ; les migrations internationales et le développement ; le positionnement d'une force onusienne en République centrafricaine ; le changement climatique. Avec quatre nouveaux membres de plein droit (Albanie, Andorre, Ex-République yougoslave de Macédoine et Grèce), deux membres associés (Chypre et Ghana), ainsi que trois observateurs (Mozambique, Serbie et Ukraine), l'Organisation internationale de la Francophonie rassemble désormais 68 États et gouvernements. La Conférence ministérielle de la Francophonie avait adopté, le 26 septembre, un vade-mecum relatif à l'usage de la langue française dans les organisations internationales. Le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a été reconduit par les chefs d'État et de gouvernement pour un mandat de 4 ans à la tête de la Francophonie.

Sommet de Québec - du 17 au 19 octobre 2008

Le XIIe Sommet de la Francophonie a été présidé par le Premier ministre du Canada; le Canada et le Québec en ont été les co-hôtes, en partenariat avec le Nouveau-Brunswick. La conférence s’est déroulée sur fond de crise financière, de crise alimentaire et de conflits dans l’espace francophone. La formule du Sommet a été renouvelée avec la désignation de quatre enjeux au lieu d’un seul (démocratie et État de droit, environnement, gouvernance économique, langue française) et la tenue de tables rondes.

Les chefs d’État et de gouvernement ont adopté une déclaration ambitieuse qui contient des engagements concrets relatifs aux quatre enjeux du Sommet ainsi qu’à la crise financière et alimentaire:

  • ils ont rappelé leur attachement à la langue française et se sont engagés àpromouvoir l’utilisation de la langue française dans les organisations internationales;

  • ils se sont engagés à œuvrer de façon plus vigoureuse en faveur de la paix, de la démocratie et des droits de l’Homme (ie à mettre en œuvre de façon plus vigoureuse les Déclarations de Bamako et de Saint-Boniface); 

  • ils se sont engagés à promouvoir la transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance. Ils ont, entre autres, encouragé une adhésion plus large à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et à promouvoir la responsabilité sociale des entreprises (RSE); 

  • ils ont constaté que les changements climatiques constituaient un défi important et ont convenu de développer leur coopération.

Les échanges ont aussi permis de faire progresser plusieurs priorités, notamment en matière de sécurité, par l’engagement de la Francophonie à redoubler d’effort pour la stabilisation dans certains pays d’Afrique et à renforcer les capacités des États francophones en matière de maintien de la paix. Sur le plan de la gouvernance démocratique, la Francophonie s’est engagée à assurer une meilleure protection des journalistes. Quant à la gouvernance économique, les chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie ont consenti à soutenir la tenue d’un sommet mondial sur la crise financière et la réforme du système économique international.

Les 55 États et gouvernements ainsi que les 13 États observateurs de la Francophonie étaient représentés à ce Sommet qui a avalisé le changement de statut de l’Arménie (d’État observateur à celui de membre associé) et l’adhésion de la Lettonie et de la Thaïlande à titre d’États observateurs. Ce qui fait passer à 70 le nombre d’adhérents à l’Organisation internationale de la Francophonie. Le Sommet de Québec s’est tenu en l’absence de la Mauritanie suspendue de l’OIF suite au coup d’État d’août 2008.

Sommet de Montreux – du 22 au 24 octobre 2010

Le XIIIe Sommet de la Francophonie se tenait alors que la Francophonie fêtait ses 40 ans. Néanmoins, les débats étaient résolument tournés vers l’avenir : comment la Francophonie peut-elle jouer de l’influence de ses 75 membres pour faire entendre sa voix au niveau international, et pour encourager la paix, la démocratie et le respect des droits de la personne au sein des pays membres ? Que peut-elle faire face aux grands enjeux planétaires que sont les changements climatiques, la crise alimentaire, la crise économique, les problèmes de la biodiversité, de l’eau et des forêts ? Enfin, que doit-elle faire pour continuer à promouvoir la langue française, qui demeure le fil conducteur de ce groupe de pays de plus en plus diversifié ? En plus de la Déclaration de Montreux, le Sommet a vu l’adoption de huit résolutions qui touchent à des thèmes comme la piraterie; les médicaments contrefaits ou périmés; la criminalité transfrontalière en Afrique; le terrorisme; les pays victimes d’inondations; la reconstruction d’Haïti; les pays en crise, sortie de crise ou consolidation de la paix; et enfin le dixième anniversaire de la Déclaration de Bamako, qui consacrait le rôle politique de la Francophonie

Le Sommet a confirmé la réélection du Secrétaire-général de la Francophonie, Abdou Diouf, pour un troisième mandat de quatre ans, et réaffirmé la décision prise à Québec d’accorder l’organisation du Sommet de 2012 à la République Démocratique du Congo. De plus, à Montreux, la Francophonie a accueilli cinq nouveaux membres en qualité de pays observateur : la Bosnie-Herzégovine, les Émirats arabes unis, l’Estonie, le Monténégro et la République dominicaine.