La Francophonie

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) regroupe 80 États et gouvernements (57 membres et 23 observateurs) qui ont en partage la langue française et des priorités telles que la paix et la sécurité, la diversité culturelle et linguistique, la gouvernance démocratique, le développement démocratique, le respect des droits de la personne, la réduction de la pauvreté et le développement durable. Il s’agit de l’organisme central chargé de mettre en œuvre le mandat de la Francophonie, et dont la majorité des membres et observateurs sont également des pays en développement partenaires du MAECD.

En tant que membre de l’OIF, le Canada fait partie d’une communauté regroupant une population de 900 millions d’habitants et de 274 millions de francophones qui s’étend des Amériques et des Antilles jusqu’au Pacifique, en passant par l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. L’OIF, principale institution de la Francophonie, est appuyée dans son mandat par quatre opérateurs, dont plusieurs sont largement connus de la population canadienne : l’Agence universitaire de la Francophonie, l’Université Senghor d’Alexandrie, l’Association internationale des maires francophones, et TV5.

La participation du Canada à la Francophonie internationale met en valeur la dualité linguistique du pays et son attachement aux valeurs partagées dans l’espace francophone. L’appartenance à la Francophonie donne aux Canadiens davantage de possibilités de rayonnement international dans les domaines de la langue et de la culture, de l’économie et des nouvelles technologies, ainsi que de la coopération internationale. Elle permet au reste du monde de prendre la juste mesure de la contribution originale du Canada à la construction d’une Francophonie internationale moderne et ouverte à la diversité.

Le Canada et la construction de la Francophonie institutionnelle

Le Canada a participé activement à la création et au développement des institutions de la Francophonie. Ainsi, c’est sous l’impulsion d’un Canadien, Jean-Marc Léger, qu’est née l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), en 1961. Plus tard, en 1979, l’Association internationale des maires et des responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement francophones (AIMF) a été créée à l’initiative des Maires de Paris et de Québec.

De plus, le Canada fut l’un des membres fondateurs de l’Agence de coopération culturelle et technique, créée en 1970 à Niamey, qui est par la suite devenue l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, puis l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 2005.

Ayant versé plus de 38 millions de dollars en contributions statuaires et volontaires à l’OIF et aux autres institutions de la Francophonie en 2013-2014, le Canada est le deuxième bailleur de fonds de la Francophonie après la France. Avec les années, le Canada a encouragé la Francophonie à s’engager davantage afin de défendre le respect des valeurs démocratiques et des droits de la personne et d’aborder des questions politiques difficiles. Ces principes sont entérinés dans les Déclarations de Bamako (2000) (PDF) et de Saint-Boniface (2006) (PDF).

Le Canada a également soutenu les réformes institutionnelles mises en œuvre afin d’accroître l’efficacité, la cohérence et les résultats des politiques et des programmes au sein de la Francophonie. Le Canada est particulièrement satisfait que la Francophonie soit devenue, sous l’égide du Secrétaire général Abdou Diouf, une organisation multilatérale moderne, crédible et efficace dans le cadre de la gouvernance mondiale, notamment par la mise en œuvre de ses mandats politique et de coopération.

Le Canada a contribué activement à l’élaboration du Cadre stratégique de la Francophonie 2015-2022 (PDF, 510 KB) adopté lors du Sommet de Dakar, en novembre 2014. Ce cadre stratégique a pour but d’orienter l’action de la Francophonie autour de quatre objectifs globaux :

  1. Accroître le rayonnement international et le développement de l’usage de la langue française;
  2. Renforcer le rôle et la place de la Francophonie sur la scène internationale pour améliorer le multilatéralisme et la gouvernance mondiale;
  3. Renforcer le rôle des femmes et des jeunes en tant que vecteurs de paix et acteurs de développement;
  4. Soutenir l’innovation et la créativité au service de l’économie dans une perspective de développement durable.

Le XVe Sommet de la Francophonie s’est déroulé à Dakar, au Sénégal, du 29 au 30 novembre 2014. En plus de désigner la Canadienne Michaëlle Jean au poste de Secrétaire générale de la Francophonie, les chefs d’État et de gouvernement ont admis trois nouveaux membres observateurs (le Costa Rica, le Kosovo et le Mexique), adopté la Déclaration de Dakar (PDF, 337 Ko) et 9 résolutions, dont une résolution parrainée par le Canada sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (PDF, 228 Ko). En plus du Cadre stratégique 2015-2022, d’autres documents essentiels auxquels le Canada a activement contribué ont été adoptés à Dakar : la Programmation quadriennale 2015-2018 visant à répondre aux défis de l’espace francophone, la Stratégie économique pour la Francophonie (PDF, 365 Ko) et une Stratégie jeunesse (PDF, 415 Ko).

Le Canada : hôte de la Francophonie

Le Canada a été l’hôte du Sommet de la Francophonie à trois reprises : à Québec en 1987 et en 2008, année marquant le 400e anniversaire de la fondation de la ville, ainsi qu’à Moncton en 1999.

Le Canada a accueilli de nombreuses conférences ministérielles de la Francophonie, notamment la 24e Conférence ministérielle de la Francophonie, à Québec en octobre 2008, la Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, à Saint-Boniface au Manitoba, en mai 2006, ainsi que la première Conférence des ministres francophones chargés des inforoutes, à Montréal en 1997. Le Canada a également accueilli la quatrième édition des Jeux de la Francophonie, à Ottawa/Hull en 2001.

En juillet 2012, la ville de Québec (délégation Canada-Québec) était l’hôte du premier Forum mondial de la langue française (PDF), réunissant près de 2000 participants francophones et francophiles de la société civile en provenance de 93 pays venus entreprendre une réflexion commune et participer au débat sur la place actuelle et l’avenir de la langue française.

Deux institutions ont leur siège au Canada : l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), à Montréal et l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l’OIF, à Québec.

La participation des provinces et territoires

Le Québec et le Nouveau-Brunswick se sont joints à la Francophonie, respectivement en 1971 et 1977. Tous deux ont le statut de gouvernement participant au sein de la Francophonie, ce qui signifie qu’ils occupent chacun un siège distinct de celui du Canada dans les différentes instances de la Francophonie. On parle alors des sièges du Canada-Québec et du Canada-Nouveau-Brunswick. Au sein de la Francophonie internationale, le Canada représente et défend les valeurs de tous les Canadiens.

Traditionnellement, des représentants des autres provinces et territoires canadiens sont invités à se joindre à la délégation canadienne à l’occasion des sommets. Ils sont aussi régulièrement invités à participer aux activités des opérateurs ou organismes associés à la Francophonie internationale.

La Francophonie économique

Lors du Sommet de Kinshasa en 2012, les chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie ont demandé à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) d’élaborer une stratégie économique commune pour l’espace francophone. La Stratégie économique pour la Francophonie a été élaborée dans le cadre d’un groupe de travail de l’OIF composé de représentants des États et des gouvernements membres, y compris le Canada. Les diverses institutions de la Francophonie ont également été associées à ce processus.

La Stratégie économique pour la Francophonie a été adoptée par les chefs d’État et de gouvernement au Sommet de Dakar, au Sénégal, en novembre 2014. Le ministre du Développement international et de la Francophonie, Christian Paradis, a joué un rôle de premier plan dans la promotion de la Stratégie économique, présidant de nombreuses tables rondes, autant au Canada qu’à l’étranger, durant les mois qui ont précédé son adoption.

La Stratégie économique pour la Francophonie s’inscrit dans une vision où l’épanouissement de l'individu est au cœur du processus du développement économique durable. Elle contribue à la mise en œuvre de l’agenda international post 2015, guidé par les Objectifs de développement durable (ODD). La Stratégie économique pour la Francophonie veut concilier croissance économique, lutte contre la pauvreté et les inégalités, sauvegarde de l’environnement et préservation du patrimoine culturel. Pour cela, elle appelle à approfondir les processus démocratiques, à renforcer l’État de droit, la gouvernance, les droits de la personne et l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle vise également à impliquer davantage les acteurs locaux du développement, de la société civile, du secteur privé et de la diaspora. La mise en œuvre efficace de cette stratégie est une priorité de l’engagement du Canada au sein de la Francophonie.