La Francophonie

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) regroupe 77 États et gouvernements (57 membres et 20 observateurs) qui ont en partage la langue française et des priorités telles que la paix et la sécurité, la diversité culturelle et linguistique, la gouvernance démocratique, le développement démocratique, le respect des droits de la personne, la réduction de la pauvreté et le développement durable. Il s’agit de l’organisme central chargé de mettre en œuvre le mandat de la Francophonie, et dont la majorité des membres et observateurs sont également des pays en développement partenaires du MAECD.

En tant que membre de l’OIF, le Canada fait partie d’une communauté regroupant une population de 900 millions d’habitants et de 220 millions de francophones qui s’étend des Amériques et des Antilles jusqu’au Pacifique, en passant par l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. L’OIF est appuyé dans son mandat par quatre opérateurs, dont plusieurs sont largement connus de la population canadienne : l’Agence universitaire de la Francophonie, l’Université de Senghor, l’Association internationale des maires francophones, et TV5.

La participation du Canada à la Francophonie internationale met en valeur la dualité linguistique du pays et son attachement aux valeurs partagées dans l’espace francophone. L’appartenance à la Francophonie donne aux Canadiens davantage de possibilités de rayonnement international dans les domaines de la langue et de la culture, de l’économie et des nouvelles technologies, ainsi que de la coopération internationale. Elle permet au reste du monde de prendre la juste mesure de la contribution originale du Canada à la construction d’une Francophonie internationale moderne et ouverte à la diversité.

Le Canada et la construction de la Francophonie institutionnelle

Le Canada a participé activement à la création et au développement des institutions de la Francophonie. Ainsi, c’est sous l’impulsion d’un Canadien, Jean-Marc Léger, qu’est née l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), en 1961. Plus tard, en 1979, l’Association internationale des maires et des responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement francophones (AIMF) a été créée à l’initiative des Maires de Paris et de Québec.

De plus, le Canada fut l’un des membres fondateurs de l’Agence de coopération culturelle et technique, créée en 1970 à Niamey, qui est par la suite devenue l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, puis l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 2005.

Ayant versé plus de 38 millions de dollars en contributions statuaires et volontaires à l’OIF et aux autres institutions de la Francophonie en 2013-2014, le Canada est le deuxième bailleur de fonds de la Francophonie après la France. Avec les années, le Canada a encouragé la Francophonie à s’engager davantage afin de défendre le respect des valeurs démocratiques et des droits de la personne et d’aborder des questions politiques difficiles. Ces principes sont entérinés dans les Déclarations de Bamako (2000) (.pdf) et de Saint-Boniface (2006) (.pdf).

Le Canada a également soutenu les réformes institutionnelles mises en œuvre afin d’accroître l’efficacité, la cohérence et les résultats des politiques et des programmes au sein de la Francophonie. Le Canada est particulièrement satisfait que la Francophonie soit devenue, sous l’égide du Secrétaire général Abdou Diouf, une organisation multilatérale moderne, crédible et efficace dans le cadre de la gouvernance mondiale, notamment par la mise en œuvre de ses mandats politique et de coopération.

Le Canada a été un acteur clé dans l’élaboration du Cadre stratégique décennal 2005-2014 (.pdf) de la Francophonie, adopté lors du Sommet de Ouagadougou, en 2004, et qui détermine les quatre grandes missions de la Francophonie :

  1. Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ;
  2. Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme ;
  3. Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ;
  4. Développer la coopération au service du développement durable.

Au XVe Sommet de la Francophonie, qui aura lieu à Dakar les 29 et 30 novembre 2014, les chefs d’États et de gouvernements adopteront différents documents qui détermineront les grandes orientations de la Francophonie pour les prochaines années, soit le Cadre stratégique 2015-2022, la programmation 2015-2018, ainsi que la Stratégie économique et la Stratégie jeunesse. Dans ce cadre, le Canada, en tant que membre actif de la Francophonie, a annoncé en juin 2014, conjointement avec les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Québec, son appui à la candidature de la très honorable Michaëlle Jean, ancienne Gouverneure générale du Canada et actuelle Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti, à titre de Secrétaire général de l’Organisation.

Le Canada : hôte de la Francophonie

Le Canada a été l’hôte du Sommet de la Francophonie à trois reprises : à Québec en 1987 et en 2008, année marquant le 400e anniversaire de la fondation de la ville, ainsi qu’à Moncton en 1999.

Le Canada a accueilli de nombreuses conférences ministérielles de la Francophonie, notamment la 24e Conférence ministérielle de la Francophonie, à Québec en octobre 2008, la Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, à Saint-Boniface au Manitoba, en mai 2006, ainsi que la première Conférence des ministres francophones chargés des inforoutes, à Montréal en 1997. Le Canada a également accueilli la quatrième édition des Jeux de la Francophonie, à Ottawa/Hull en 2001.

En juillet 2012, la ville de Québec (délégation Canada-Québec) était l’hôte du premier Forum mondial de la langue française (.pdf), réunissant près de 2000 participants francophones et francophiles de la société civile en provenance de 93 pays venus entreprendre une réflexion commune et participer au débat sur la place actuelle et l’avenir de la langue française.

Deux institutions ont leur siège au Canada : l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), à Montréal et l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l’OIF, à Québec.

La participation des provinces et territoires

Le Québec et le Nouveau-Brunswick se sont joints à la Francophonie, respectivement en 1971 et 1977. Tous deux ont le statut de gouvernement participant au sein de la Francophonie, ce qui signifie qu’ils occupent chacun un siège distinct de celui du Canada dans les différentes instances de la Francophonie. On parle alors des sièges du Canada-Québec et du Canada-Nouveau-Brunswick. Au sein de la Francophonie internationale, le Canada représente et défend les valeurs de tous les Canadiens.

Traditionnellement, des représentants des autres provinces et territoires canadiens sont invités à se joindre à la délégation canadienne à l’occasion des sommets. Ils sont aussi régulièrement invités à participer aux activités des opérateurs ou organismes associés à la Francophonie internationale.