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Réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 - Déclaration du Président - Annexe 

Washington DC
le 12 avril 2012

(Traduction non officielle)

Le G8 poursuit ses efforts, y compris par l’intermédiaire des Groupes de travail du G8, afin de se pencher sur un certain nombre de questions d’importance mondiale. Outre les questions ayant fait l’objet de discussions à la Réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 des 11 et 12 avril 2012, cette annexe, négociée par les gouvernements du G8, donne un aperçu des positions et des mesures que continue de prendre le G8 afin de promouvoir la sécurité, la sûreté, la santé, le bien-être et la prospérité.

Lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée

Le G8 prend acte du travail de pointe réalisé par le Groupe de Rome/Lyon (GRL) afin de lutter contre les menaces transversales que sont le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, y compris le trafic de drogue, tout particulièrement par la mise au point d’outils pratiques qui sont partagés avec un large éventail d’acteurs internationaux, y compris les Nations Unies et des organisations régionales. Nous encourageons le GRL à continuer de jouer un rôle dans le renforcement de la mise en œuvre du régime de sanctions des Nations Unies à l’encontre d’Al‑Qaïda, et à promouvoir d’autres initiatives du Comité conformément aux résolutions 1267 et 1989 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous accueillons avec satisfaction les conclusions de la Troisième Conférence ministérielle des partenaires du Pacte de Paris sur la lutte contre le trafic illicite d’opiacés en provenance d’Afghanistan. Le G8 appuie le travail du GRL visant à renforcer la coopération face au terrorisme; à lutter contre les engins explosifs improvisés, à réprimer la production et le trafic de drogues illicites; à prévenir l’exploitation sexuelle des enfants; à faire progresser la coopération contre l’éventail élargi et fluide de crimes émergents, y compris la cybercriminalité; et à maintenir l’intégrité et à poursuivre la mise en œuvre des cadres juridiques de lutte contre les stupéfiants et la criminalité des Nations Unies. Nous prenons note du Rapport d’avancement interne du GRL pour 2012 et de son Addendum sur la criminalité transnationale organisée, préparé par le GRL, qui met en lumière ses activités récentes dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée et le terrorisme, et nous nous réjouissons à la perspective que d’autres rapports de ce genre soient présentés ultérieurement.

Maintien et consolidation de la paix

Le G8 salue le travail du Groupe d’experts sur le maintien et la consolidation de la paix en ce qui concerne la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix mandatées par les Nations Unies, y compris la protection des enfants ainsi que la prévention de la violence sexuelle et sexiste, dont le viol utilisé comme arme de guerre et la violence contre les femmes, ainsi que les mesures pour y remédier. Les experts du G8 ont discuté de ces questions avec pour objectif de promouvoir la protection des civils dans les opérations des Nations Unies, tel qu’elles sont mandatées, y compris en renforçant la capacité des Nations Unies et des pays hôtes à s’acquitter de leurs responsabilités respectives en matière de protection. Le G8 reconnaît que les parties à un conflit ont la responsabilité première d’assurer la protection des civils.

Nous prenons acte des résultats probants obtenus par les centres de formation au maintien de la paix compétents dans des pays du G8 ou par ceux qui bénéficient de leur soutien dans des pays bénéficiaires. Nous réaffirmons également la nécessité de prendre d’autres mesures visant à donner suite aux décisions prises lors des Sommets du G8 visant à renforcer les capacités de maintien/consolidation de la paix et à mieux faire concorder la formation avec les besoins.

Sûreté et sécurité nucléaires

Le G8 salue le travail de son Groupe sur la sûreté et la sécurité nucléaires. Nous plaidons pour le renforcement du cadre international de sécurité nucléaire, y compris le dispositif de préparation et d’intervention en cas d’urgence. Dans ce contexte, le G8 souscrit à la mise en œuvre effective, rapide et transparente du Plan d’action sur la sécurité nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Nous reconnaissons que pour mettre en œuvre avec succès le Plan, il faudra un engagement ferme au niveau international par l’AIEA ainsi qu’à l’échelon national par chacun de ses États membres. Le Plan représente un cadre important et très complet pour la prise en compte, à court, à moyen et à long terme, des enseignements tirés et des préoccupations sécuritaires suscitées lors de l’accident survenu le 11 mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi de la société TEPCO. Cet incident a fait ressortir l’importance constante que tous les pays doivent accorder à la sécurité nucléaire, y compris à la promotion des normes les plus strictes de sécurité nucléaire. Nous reconnaissons l’importance que soient couronnées de succès la Réunion extraordinaire des parties contractantes de la Convention sur la sûreté nucléaire et la Conférence ministérielle de Fukushima sur la sûreté nucléaire, qui se tiendront respectivement en août et en décembre 2012, afin que la sécurité nucléaire internationale continue de progresser. Le G8 souscrit à une solide culture de sûreté et de sécurité nucléaires dans tous les secteurs de l’industrie nucléaire ainsi qu’à des évaluations globales des risques et de la sécurité. Nous exhortons les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier des conventions cruciales pour le régime international de sécurité nucléaire (Convention sur la sûreté nucléaire, Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs, Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire, et Convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence radiologique). Nous sommes en faveur d’un examen rigoureux de la mise en œuvre de ces conventions et des mesures de nature à les renforcer, au besoin, à la lumière des enseignements tirés de l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi de la société TEPCO et de différentes initiatives internationales à cette fin, de façon à garantir des pratiques efficaces en matière de sécurité nucléaire. Le G8 réaffirme son soutien à l’achèvement des projets visant à assurer la sécurité de la centrale de Tchernobyl en Ukraine de manière rapide et économique.

Le G8 apporte son soutien, et par l’intermédiaire du Partenariat mondial et de ses 24 membres, aide à la concrétisation de l’objectif du Sommet sur la sécurité nucléaire de Séoul en 2012 et de Washington en 2010 qui consiste à sécuriser les matières nucléaires et les sources radioactives vulnérables dans le monde entier ainsi que l’information, la technologie ou le savoir-faire nécessaires à l’acquisition ou à l’utilisation de matières nucléaires à des fins malveillantes. Le G8 plaide en faveur de l’adhésion universelle à l’Amendement de la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et à la Convention internationale pour la suppression des actes de terrorisme nucléaire, qui revêtent une importance cruciale pour le régime international de sécurité nucléaire, tel qu’il est énoncé dans le Communiqué de Séoul.

Désarmement et non‑prolifération

Le G8 réaffirme son soutien inconditionnel au Traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires (TNP) ainsi qu’à son universalisation. Nous soulignons que toutes les parties au TNP ont un rôle important à jouer dans la santé et le dynamisme du TNP et nous souscrivons à la mise en œuvre du plan d’action adopté à la Conférence d’examen du TNP de 2010 afin de préserver et de renforcer le régime international de non‑prolifération et de désarmement. La prochaine session du Comité préparatoire du TNP en 2012 est l’occasion de travailler ensemble afin de faciliter le succès de la Conférence d’examen du TNP en 2015. Le G8 réaffirme sa vive préoccupation concernant les graves menaces de prolifération dans le monde et sa détermination à y remédier par les voies diplomatiques. Nous demandons avec instance aux pays concernés de respecter leurs obligations internationales. Le G8 réaffirme son attachement à la mise en œuvre intégrale de la résolution 1540 du Conseil de sécurité des Nations Unies par tous les États ainsi que son soutien au travail du Comité 1540 du Conseil de sécurité. Nous exhortons tous les pays à s’acquitter de leurs obligations internationales. Nous saluons les efforts des États concernés en vue de l’entrée en vigueur des protocoles aux traités existants créant des zones exemptes d’armes nucléaires, et nous souscrivons à la création d’autres zones conformément aux directives internationales, de façon à ce que le Moyen‑Orient compte une zone éventuelle exempte d’armes nucléaires et de toutes autres armes de destruction massive et de leurs vecteurs. Le G8 insiste sur l’importance de l’ouverture, dans le cadre d’un programme de travail équilibré, et sans autre délai, de négociations sur un traité visant à interdire la production de matières fissiles destinées à des armes nucléaires ou à d’autres engins explosifs nucléaires, et il regrette que la Conférence du désarmement ait une fois de plus été empêchée de le faire. Le G8 est en faveur de l’entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), et demande à tous les pays qui ne l’ont pas encore fait de le signer et de le ratifier sans tarder. Le G8 souligne l’importance fondamentale d’un régime de garanties efficace de l’AIEA et demande à tous les États de signer et de mettre en œuvre un accord de garanties généralisées (AGG) de l’AIEA et un protocole additionnel à l’AGG dès que possible. Le G8 encourage à poursuivre les progrès en ce qui concerne la négociation d’un traité sur le commerce des armes.

Sécurité et durabilité des activités spatiales

Le G8 appuie le travail du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS) des Nations Unies afin d’assurer la viabilité à long terme des activités dans l’espace extra‑atmosphérique. Nous souscrivons également à l’application de mesures de transparence et de confiance pour les activités spatiales, afin d’assurer d’un comportement responsable dans l’espace, et au travail connexe du Groupe d’experts gouvernementaux des Nations Unies sur les mesures de transparence et de confiance pour les activités dans l’espace extra-atmosphérique. Le G8 prend acte de l’initiative prise par l’Union européenne afin d’élaborer un code de conduite international pour les activités dans l’espace extra-atmosphérique. Nous réaffirmons notre détermination à poursuivre les activités relatives à l’exploration et à l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique conformément au droit international applicable, y compris la Charte des Nations Unies.

Partenariat mondial

Le G8 félicite le Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes, qui demeure attaché à terminer des projets prioritaires en Russie et entreprend le travail relatif au mandat adopté au Sommet de Deauville, y compris en ce qui a trait à la sécurité nucléaire et radiologique, à la sécurité biologique, à la mobilisation des chercheurs et à l’application de la résolution 1540 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Reconnaissant les menaces internationales importantes posées par l’utilisation éventuelle d’armes biologiques ou la propagation délibérée de maladies, le Partenariat mondial appuie les efforts visant à élaborer des approches globales afin de promouvoir la biosécurité dans le monde, considérée comme un élément essentiel de pays sûrs et stables. Dans le prolongement des engagements pris aux Sommets sur la sécurité nucléaire de 2010 et de 2012, le Partenariat mondial continue d’aider les pays à assurer la sécurité nucléaire et radiologique, y compris par des centres d’excellence en matière de sécurité nucléaire, la promotion de la coopération internationale et une solide culture de la sécurité nucléaire, et en faisant la promotion de la sécurité de l’information et du transport. Le Partenariat mondial continue également à accroître le nombre de ses membres, comme convenu par les dirigeants en 2011, et se réjouit de la participation actuelle d’organisations internationales compétentes aux efforts internationaux visant à améliorer la coordination des initiatives de lutte contre la prolifération des ADM.

Maintien du soutien à la santé dans le monde

Le G8 souscrit à l’appel en faveur d’une génération sans sida ainsi qu’aux efforts visant l’accès universel à la prévention, aux traitements, aux soins et au soutien face au VIH/sida. Le G8 renouvelle et réaffirme son soutien au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à l’occasion du 10e anniversaire de sa création et au moment où le Fonds adopte un programme de réforme global. Le G8 encourage tous les donateurs à s’acquitter de leurs engagements, demande à de nouveaux donateurs de participer à nos efforts communs à l’appui du Fonds, et demande que les pays chargés de sa mise en œuvre redoublent leur soutien au partage de la responsabilité, par un leadership et un financement accrus face à ces enjeux sanitaires d’une importance capitale.

Le G8 réaffirme sa détermination à mettre en œuvre l’Initiative de Muskoka et son attachement aux efforts internationaux visant à améliorer la santé maternelle, néonatale et infantile dans les pays en développement par des interventions globales, y compris au niveau des collectivités, en ce qui concerne toute la gamme des soins. Nous apporterons également un soutien à des efforts internationaux importants visant à réduire la mortalité des jeunes enfants et à créer le leadership et les ressources nécessaires pour accroître l’accès à des services de planification familiale, de façon à permettre aux femmes de choisir si elles veulent des enfants, quand elles veulent les avoir et combien elles veulent en avoir. Nous plaidons avec force pour la responsabilisation et l’action afin de répondre à des besoins cruciaux.

De la même manière, le G8 réaffirme son soutien à l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite et appelle à un soutien politique et financier en vue de la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence pour l’éradication de la poliomyélite 2012‑2013. Le G8 appelle à la poursuite de la collaboration afin d’accélérer les progrès de la lutte contre les maladies tropicales négligées et vers leur élimination. Le G8 réaffirme également sa détermination à accélérer la réduction de la mortalité infantile évitable en augmentant l’accès équitable à la vaccination de routine et à des vaccins essentiels pour sauver des vies par l’intermédiaire de la GAVI Alliance.

Pour améliorer la santé dans le monde, il est essentiel de renforcer les systèmes de santé de manière globale et durable. Nous sommes très conscients que notre soutien international doit se fonder sur les systèmes de santé des pays pour être efficace – nous réaffirmons, en conséquence, notre intention d’apporter un soutien conforme aux principes reconnus internationalement régissant l’efficacité de l’aide, y compris à notre responsabilité commune et mutuelle, en phase avec les efforts nationaux pour renforcer les systèmes de santé.

Les pays du G8 reconnaissent que le XXIe siècle marque un tournant dans l’histoire de la santé dans le monde. Les avancées de la science ainsi qu’une collaboration internationale et multisectorielle de plus en plus importante se traduisent par une amélioration rapide de la surveillance des maladies et de l’intervention face à celles‑ci, et contribuent à réduire le risque d’épidémies, quelle que soit leur origine ou leur source. En conséquence, nous appelons tous les pays à accorder une importance prioritaire à la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI 2005) de l’Organisation mondiale de la santé. Cela englobe la collaboration avec d’autres afin de développer et de renforcer des capacités essentielles en matière de santé publique de façon à prévenir, à détecter et à signaler ces urgences de santé publique qui suscitent des préoccupations internationales, et à intervenir face à celles‑ci. La coopération d’autres acteurs dans la poursuite de cette priorité est essentielle au développement durable des nations.