Drapeaux du Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, États-Unis

Réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 - Déclaration du Président 

Washington DC
le 12 Avril 2012

(Traduction non officielle)

Les 11 et 12 avril 2012, les ministres des Affaires étrangères du G8 se sont réunis à Washington D.C. pour échanger des idées et coordonner les mesures visant à régler les divers enjeux régionaux, nationaux et transnationaux ayant une incidence sur la paix et la sécurité mondiales. Ils ont discuté de ces enjeux en étant conscients que les forces économiques ont joué un rôle primordial dans les transitions qui ont été effectuées dans différents pays au cours de la dernière année et qu’elles ont une incidence directe sur la prise de décision en matière de politique étrangère. Les membres du G8 reconnaissent que l’habilité politique sur le plan économique, y compris la politique de développement , ainsi que les efforts diplomatiques habituels sur les plans bilatéral et multilatéral, et le rôle accru des femmes au chapitre de la paix et de la sécurité seront essentiels pour assurer une plus grande démocratie, promouvoir la prospérité économique et maintenir la paix, la sécurité et la stabilité mondiales en période de changement. Par conséquent, les ministres ont entre autres discuté des répercussions des transitions politiques continues dans le Moyen‑Orient et en Afrique du Nord, de la paix au Moyen‑Orient, de l’Iran, de la République populaire démocratique de Corée, de l’Afghanistan, de l’Afrique, du terrorisme, de la sécurité maritime, du crime organisé transnational et de la cybersécurité.

Transitions politiques au Moyen‑Orient et en Afrique du Nord

Le Moyen‑Orient et l’Afrique du Nord connaissent actuellement une vague continuelle et sans précédent de manifestations populaires et de transformations sociales. Que ce soit sur les places publiques ou sur les réseaux sociaux, les manifestants se sont donné la mission commune de réclamer le respect des droits et de la dignité, et de demander de nouvelles possibilités économiques et une réforme démocratique. Ce mouvement inspiré par le peuple se poursuit toujours aujourd’hui. Les ministres des Affaires étrangères du G8 ont réaffirmé leur engagement et leur appui en faveur des nouvelles démocraties issues de ces mouvements et des efforts déployés par d’autres pays afin d’adopter des réformes politiques et économiques. Bien que cette situation améliore les perspectives de voir naître une région plus inclusive, stable, prospère et démocratique, il reste un certain nombre de défis à relever, notamment dans le domaine économique. Les gouvernements de l’ensemble de la région seront jugés en ce qui a trait au respect des droits de la personne, des libertés fondamentales et de la primauté du droit. Les ministres ont souligné le rôle que peut jouer le G8, y compris mener des activités par l’entremise du Partenariat de Deauville et de l’Initiative pour le Grand Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, afin d’aider les pays à consolider les gains sur le plan démocratique, à solidifier les réformes politiques et à favoriser une croissance économique inclusive. Ces activités devraient entre autres viser à promouvoir le respect des droits universels de la personne, dont le droit de pratiquer sa religion; les institutions et les principes démocratiques; la primauté du droit; le pluralisme religieux; le dialogue avec les jeunes; et la pleine participation de tous les citoyens, y compris celle des femmes, à la vie politique. À cet égard, les membres du G8 ont souligné le rôle essentiel que jouent les organisations indépendantes de la société civile. Les membres du G8 continueront de travailler par l’entremise du Partenariat de Deauville pour appuyer la démocratisation et la croissance économique dans la région en favorisant la stabilisation économique, la participation publique au gouvernement et le commerce intégré. Les ministres encouragent les États de la région à instaurer des réformes significatives et à explorer les domaines de dialogue et de coopération à l’échelle régionale.

Rôle des femmes au chapitre de la paix et de la sécurité mondiales

Les femmes peuvent être des acteurs influents des processus en faveur de la paix, de la sécurité et de la prospérité. Lorsque les femmes participent aux processus de paix et aux autres processus officiels de prise de décision, elles peuvent favoriser la réalisation de progrès au chapitre des droits de la personne, de la justice, de la réconciliation nationale et de la dynamisation de l’économie. Elles peuvent créer des coalitions interethniques et interconfessionnelles, et parler en faveur des groupes marginalisés et minoritaires. Cependant, les femmes sont souvent exclues, que ce soit lors des négociations de paix ou des transitions politiques. Les ministres ont indiqué que les transitions politiques dans le Moyen‑Orient et en Afrique du Nord représentaient des occasions sans précédent d’accroître la participation et la légitimité politiques dans l’ensemble de la région, mais qu’il restait beaucoup à faire pour tirer parti de ces occasions. Les ministres craignent fortement que la participation des femmes à la vie politique ait été réduite dans certains pays et que les libertés et les droits fondamentaux des femmes puissent l’être encore davantage. Ils ont exprimé une grande inquiétude à l’égard de la violence continue faite aux femmes et aux filles partout dans le monde, particulièrement la violence sexuelle et sexiste dans les situations de conflit et d’après‑conflit, et du fait que la discrimination fondée sur le sexe demeure ancrée dans les systèmes juridiques de nombreux pays. En réponse à ces préoccupations, les ministres ont souligné le rôle important que peut jouer le G8 pour stimuler la mise en œuvre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) sur les femmes, la paix et la sécurité, et ont demandé que les experts du G8 élaborent des solutions permettant aux membres du G8 de travailler ensemble et avec d’autres partenaires en vue d’accroître le rôle des femmes au chapitre de la paix et de la sécurité mondiales.

Syrie

Les ministres du G8 ont exprimé de graves préoccupations face aux pertes de vie épouvantables et la crise humanitaire qui se sont produits en Syrie depuis leur rencontre précédente. Dans ce contexte, les ministres se sont réjouis d’apprendre de la part de l’Envoyé spécial conjoint Kofi Annan qu’un état fragile de cessez-le-feu a pris effet en Syrie, nonobstant quelques incidents isolés. Les ministres appuient les étapes décrits par l’Envoyé spécial conjoint et réclament une action urgente du Conseil de sécurité des Nations Unies pour faire le suivi de ces étapes, y compris l’autorisation immédiate d’une avant-mission d’observation. Les ministres appellent le gouvernement syrien et toutes les parties concernées à respecter pleinement le Plan en six points de l’Envoyé spécial conjoint.

Paix au Moyen‑Orient

Les ministres ont fait allusion à la réunion des représentants du Quatuor qui a eu lieu à Washington le 11 avril dernier. Ils ont exprimé leur appui à l’égard des efforts déployés par le Quatuor et ont salué le leadership du gouvernement de la Jordanie en ce qui concerne l’avancement du dialogue entre les parties. Les ministres ont réitéré leur soutien à tous les éléments de la déclaration du 23 septembre 2011 du Quatuor et ont confirmé leur engagement en faveur d’une paix juste, durable et globale au Moyen‑Orient. Les ministres ont souligné que seules des négociations directes basées sur la déclaration du 23 septembre 2011 du Quatuor du Moyen‑Orient pouvaient mener à une solution durable à ce conflit,. Les ministres ont demandé aux parties de ne pas prendre de mesures unilatérales et d’instaurer un climat propice à la paix. Ils ont réaffirmé fermement que les mesures unilatérales de l’une ou l’autre des parties ne compromettraient pas le résultat des négociations. Les ministres ont prié les parties de poursuivre le dialogue et de mettre en place des mesures qui permettent de renforcer la confiance et de favoriser un climat plus propice aux négociations. À la lumière des changements fondamentaux qui se sont produits dans l’ensemble du monde arabe, les ministres ont souligné l’importance de parvenir à un règlement politique en faveur du peuple palestinien et visant à garantir la sécurité d’Israël. Les ministres ont également salué les mesures positives qu’a prises l’Autorité palestinienne au cours de la dernière année afin de préparer ses institutions au statut d’État. En ce qui concerne la réunion du Comité spécial de liaison qui a eu lieu le 21 mars dernier à Bruxelles, les ministres ont demandé à la communauté internationale de garantir une contribution de 1,1 milliard de dollars américains afin de répondre aux besoins de financement récurrents de l’Autorité palestinienne en 2012. Ils ont également demandé au gouvernement d’Israël de soutenir la stabilité financière de l’Autorité palestinienne et de faciliter la croissance durable de l’économie palestinienne en prenant de nouvelles mesures significatives pour améliorer la circulation des personnes et des biens, le développement, le commerce et les exportations en Cisjordanie et à Gaza.

Iraq

Les ministres ont affirmé leur engagement à appuyer l’Iraq dans ses efforts visant à renforcer ses processus démocratiques, à développer son économie et à établir des liens diplomatiques, économiques et de sécurité bénéfiques pour tous dans l’ensemble de la région. Ils ont convenu que le processus politique en Iraq devrait être avancé à travers un dialogue sur les politiques et d’un réel partage des pouvoirs, et ce, dans le cadre de la Constitution. Les membres du G8 chercheront des occasions d’élargir la portée de leur engagement en Iraq dans tous les secteurs – diplomatie, sécurité, commerce, éducation, culture, application de la loi, environnement et coopération en matière d’énergie – et encouragent d’autres pays et organisations internationales à s’impliquer, particulièrement en ce qui concerne la réintégration de l’Iraq dans la région et dans la communauté internationale. À cet égard, les ministres félicitent l’Iraq d’avoir accueilli le Sommet de la Ligue arabe à la fin de mars et d’avoir fait de cet événement un succès.

Iran

Le manquement persistant de l’Iran aux obligations qui lui incombent en vertu des résolutions du CSNU et aux exigences des résolutions du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est très préoccupant. Toutefois, pour ce qui est de la reprise possible des discussions entre l’Iran et le groupe E3+3 (la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie, le Royaume‑Uni, les États‑Unis et le haut représentant de l’Union européenne), les ministres ont fait valoir leur désir à l’égard d’une solution pacifique et négociée à la question nucléaire. Ils ont exhorté l’Iran à engager, sans conditions préalables, un dialogue soutenu, constructif et sérieux sur une base de réciprocité. Les ministres ont également insisté pour que l’Iran adopte une approche graduelle visant à restaurer la confiance de la communauté internationale dans la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien, qui est conforme au Traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires (TNP), et qu’elle applique pleinement les résolutions du CSNU et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA. À cet égard, les ministres ont exprimé les vives préoccupations de la communauté internationale quant aux dimensions militaires possibles du programme nucléaire iranien, tel qu’il est décrit dans les rapports de l’AIEA de novembre 2011 et de février 2012.

De plus, en ce qui a trait à la résolution GOV 2011/69 qu’a adoptée le Conseil des gouverneurs de l’AIEA le 18 novembre 2011, les ministres ont souligné que l’Iran et l’Agence devaient absolument intensifier leur dialogue visant la résolution urgente de toutes les questions en suspens, et particulièrement celles liées aux dimensions militaires possibles. Les ministres ont également indiqué que le directeur général de l’AIEA avait signalé en février qu’aucun accord n’avait été conclu entre l’Iran et l’Agence et qu’aucun accès aux sites pertinents en Iran n’avait été fourni en conformité aux demandes del’Agence. Dans ce contexte, les ministres ont exhorté l’Iran à respecter sa promesse d’autoriser l’accès au site de Parchin. Les ministres ont appelé l’Iran à se conformer pleinement à ses obligations internationales, y compris toutes les résolutions pertinentes du CSNU et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, et à coopérer considérablement avec l’AIEA, notamment en lui autorisant le libre accès à l’ensemble de l’équipement, des renseignements, des documents, des sites et du personnel nécessaires; à répondre aux questions et aux préoccupations de l’AIEA à l’égard du programme nucléaire iranien, y compris ses dimensions militaires possibles; et à appliquer immédiatement le Protocole additionnel et le code modifié 3.1. Les ministres ont manifesté leur appui à l’égard des efforts déployés afin de trouver une solution globale et négociée à long terme qui permettrait de restaurer la confiance de la communauté internationale dans la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien tout en respectant le droit de l’Iran d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, conformément au Traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires (TNP).

À la lumière de la situation des droits de la personne en Iran, les ministres ont demandé au gouvernement iranien de respecter pleinement les libertés fondamentales et les droits de la personne reconnus universellement et de s’acquitter de ses obligations internationales en matière de droits de la personne. Ils ont déploré les atteintes à la liberté de la presse, ainsi que les détentions et les arrestations arbitraires, et ont appelé les autorités iraniennes à lever les restrictions à la liberté de circulation et de communication des dirigeants de l’opposition iranienne, qui sont contraires aux obligations internationales en matière de droits de la personne. Les ministres ont demandé au gouvernement iranien de coopérer de manière constructive avec tous les mécanismes pertinents des Nations Unies relatifs aux droits de la personne, et de permettre au rapporteur spécial des Nations Unies de se rendre en Iran. Les ministres ont également prié l’Iran de réaliser des progrès en ce qui concerne les recommandations de l’examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme. Ils ont condamné le fait que des missions et des représentants diplomatiques et consulaires protégés en vertu du droit international aient été pris pour cibles. Les ministres réprouvent tous les actes de terrorisme, ou le soutien de tels actes, ainsi que l’assassinat de scientifiques iraniens.

République populaire démocratique de Corée

Les ministres se sont dits de nouveau préoccupés par le comportement de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à l’égard d’un vaste éventail de questions et ont exprimé leur regret au sujet de la décision de la RPDC annoncée récemment de lancer un missile en avril. Ils ont indiqué qu’ils croyaient fermement qu’un tel lancement constituerait une violation grave des résolutions 1695, 1718 et 1874 du CSNU. Les ministres ont demandé que la RPDC ne procède pas au lancement du missile. Ils ont de nouveau condamné le programme d'enrichissement d'uranium, le programme de missiles balistiques, et les activités de prolifération des armes de la RPDC qui vont à l’encontre des résolutions du CSNU. Les ministres ont exhorté la RPDC à renoncer à toutes les armes nucléaires et à tous les programmes nucléaires et de missiles balistiques existants, de manière complète, vérifiable et irréversible. Ils ont également demandé instamment à la RPDC de se conformer à nouveau totalement au TNP et aux garanties de l'AIEA, de fournir à l’AIEA l’accès qu’elle exige et juge nécessaire aux informations, à la documentation, aux installations et aux personnes concernées afin qu’elle puisse respecter ses engagements en vertu de la Déclaration commune de 2005 issue des pourparlers à six et des résolutions pertinentes du CSNU, et de prendre des mesures concrètes et irréversibles de dénucléarisation. Les ministres se sont dits préoccupés par les violations des droits de la personne en RPDC et ont souligné l’importance d’améliorer les relations entre les deux Corées et de répondre aux problèmes humanitaires, y compris les enlèvements et la réunification des familles.

Birmanie (Myanmar)

Les ministres se sont réjouis des dernières avancées réalisées en Birmanie (Myanmar), y compris les élections parlementaires partielles qui ont eu lieu le 1er avril dernier et d’autres mesures importantes prises par le gouvernement de la Birmanie (Myanmar) en faveur de la réforme démocratique et de la réconciliation nationale. Ils ont exprimé leur volonté d’aider la Birmanie (Myanmar) à faire avancer les réformes et ont souligné la nécessité pour la communauté internationale d’appuyer ces efforts. Les ministres ont salué la possibilité pour tous les partis de l’opposition, y compris la Ligue nationale pour la démocratie (LND) dirigée par Aung San Suu Kyi, de participer au processus électoral, la réalisation de progrès à l’égard d’un accord préliminaire de cessez‑le‑feu avec des groupes ethniques armés, la libération d’un grand nombre de prisonniers politiques et l’adoption de mesures visant à éliminer le travail forcé. Les ministres envisageront d’alléger les sanctions pour aider ce pays à ancrer la réforme et à l’intégrer pleinement dans les processus politiques et économiques à l’échelle régionale et internationale. Parallèlement, les ministres ont appelé le gouvernement de la Birmanie (Myanmar) à poursuivre ses efforts de réforme et de réconciliation, à libérer sans condition tous les prisonniers d’opinion encore détenus et à supprimer les conditions juridiques imposées à ceux qui ont déjà été libérés; à prendre d’autres mesures pour mettre fin à la violence dans les zones où vivent des minorités ethniques; à accorder un accès humanitaire international sans entraves aux zones de conflit et aux personnes déplacées à l’intérieur du pays; et à couper les liens militaires avec la Corée du Nord, conformément aux obligations internationales de la Birmanie (Myanmar) en matière de non‑prolifération.

Afrique

Les ministres ont reconnu les progrès importants vers la croissance économique, la stabilité politique et la démocratisation réalisés au cours des dernières années sur le continent africain et ils ont souligné les possibilités importantes en ce qui concerne la poursuite des avancées dans ces domaines. De nombreux États africains ont fait de grands pas en avant dans la réduction de la pauvreté et l’instauration d’un développement durable et d’une croissance à long terme. La stabilité politique s’avère essentielle aux économies en développement, et les ministres se réjouissent du renforcement de la gouvernance démocratique dans un certain nombre de pays. Toutefois, l’Afrique doit encore surmonter des difficultés économiques ainsi que des obstacles pour la gouvernance, les droits de la personne et le développement, et les ministres demeurent préoccupés par la situation dans différents pays.

Les ministres sont particulièrement alarmés par les affrontements militaires dans la région à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud et appellent les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à exercer la plus grande retenue et à protéger les civils, en exhortant les deux gouvernements à respecter les principes de l’intégrité territoriale, de la gouvernance inclusive et de la non‑ingérence dans les affaires internes. Les ministres ont appelé à la cessation immédiate du bombardement de zones civiles et demandé de mettre fin au soutien à des groupes d’opposition armés. Ils ont affirmé la nécessité que les deux pays redoublent d’efforts, avec l’aide du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine, afin de s’entendre sur les questions restantes après l’échéance de l’Accord de paix global, qui comprennent le pétrole, la citoyenneté, les frontières et le statut final d’Abyei. De même, ils ont souligné que la solution aux violences au Kordofan méridional et dans le Nil Bleu (« les deux régions ») contribuera au règlement de ces questions. Ils ont exprimé leurs préoccupations face à l’aggravation de la situation humanitaire dans les États soudanais frontaliers des deux régions, réaffirmant la nécessité d’acheminer de toute urgence l’aide humanitaire, conformément au droit international et aux principes directeurs de l’aide humanitaire d’urgence. Ils ont aussi exprimé leurs préoccupations face à la poursuite du cycle d’affrontements intercommunautaires au Soudan du Sud, qui ont provoqué d’énormes souffrances et de nombreuses morts. À cet égard, les ministres ont exhorté le gouvernement du Soudan du Sud à améliorer ses capacités dans le secteur de la sécurité, à intensifier les activités de proximité auprès des collectivités confrontées à des conflits intercommunautaires, et à promouvoir la médiation et de la réconciliation entre les parties, y compris les jeunes et les groupes rebelles, afin d’empêcher d’autres violences. Ils ont aussi invité les parties au Soudan à favoriser la mise en œuvre du Document de Doha pour la paix au Darfour et demandé instamment l’ouverture de négociations de paix entre le gouvernement du Soudan et tous les non-signataires.

Les ministres ont insisté sur la responsabilité première du Gouvernement fédéral de transition de la Somalie d’achever la transition d’ici août 2012, comme convenu dans la Feuille de route du Processus de Garowe. Ils ont encouragé tous les signataires de la Feuille de route à redoubler d’efforts, avec le soutien du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie et la communauté internationale, afin d’appliquer les grands principes convenus pendant les deux Conférences de Garowe, en décembre 2011 et février 2012, et de veiller à ce que le processus politique soit inclusif et représentatif. Ils ont salué le Communiqué adopté lors de la Conférence de Londres sur la Somalie du 23 février 2012, dans lequel il est demandé au gouvernement fédéral de transition et aux entités régionales somaliennes d’achever la transition. Les prochaines rencontres internationales, dont la Conférence d’Istanbul et la réunion du Groupe international de contact à Rome, fourniront des occasions importantes de maintenir l’élan vers l’achèvement de la transition et d’entamer une nouvelle phase de la gouvernance en Somalie. Ils ont appelé la communauté internationale à agir au besoin face à ceux qui veulent nuire au processus de paix, tel que conviendra. Les ministres ont salué les efforts de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), pris note du sacrifice consenti par les soldats morts pour une Somalie pacifique, et accueilli favorablement la résolution 2036 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui relève le plafond des effectifs, permet à l’AMISOM d’élargir ses activités au‑delà de Mogadiscio, et oblige les États à interdire l’importation et l’exportation de charbon somalien. Tout en prenant acte de la contribution déjà apportée par certains États, les ministres ont demandé aux pays, y compris de nouveaux donateurs, d’accroître leur soutien à l’AMISOM et à la Force de sécurité nationale somalienne. Les ministres ont à nouveau condamné fermement la piraterie maritime et le vol à main armée en mer, au large de la côte de la Somalie, et demandé au gouvernement fédéral de transition d’adopter une loi contre la piraterie, comme convenu dans la Feuille de route. Les ministres ont également exprimé leurs préoccupations au sujet des efforts du groupe terroriste Al‑Shabaab pour faire obstacle au travail humanitaire à l’intérieur de la Somalie.

Les ministres ont exprimé leur profonde préoccupation face à l’escalade des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Ils ont demandé aux parties d’éviter tout geste de nature à accroître les tensions, d’adhérer aux principes généraux du droit international, de respecter les engagements pris dans l’Accord d’Alger et d’engager un dialogue direct sur l’impasse frontalière et d’autres questions qui empêchent la normalisation de leurs relations et aggravent l’instabilité régionale.

Les ministres condamnent fermement la persistance des actes de violence au Nigeria, imputables à la fois au groupe extrémiste Boko Haram et au conflit intercommunautaire actuel. Ils ont exhorté les autorités nigérianes à amener les responsables de ces attaques à rendre compte de leurs actes, tout en protégeant les civils innocents. Ils ont insisté sur la nécessité d’un plan de développement global pour répondre aux besoins socioéconomiques urgents dans le Nord du Nigeria et s’assurer que cette région profite de la croissance économique rapide du pays. Ils condamnent les tentatives de ceux qui cherchent à attiser les tensions entre musulmans et chrétiens.

Les ministres ont salué l’accord-cadre du 6 avril qui s’est traduit par le retour au Mali d’un régime civil et constitutionnel sous la direction d’un gouvernement intérimaire dirigé par le président de l’Assemblée nationale, M. Diacounda Traore. Les ministres ont exprimé leur reconnaissance pour le leadership actuel de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, notamment par son rôle de médiation dans la recherche d’une solution à la crise politique, et ils ont pris acte de ses efforts visant à examiner les options en vue d’un rétablissement de la paix et de la sécurité au Mali. Les ministres ont réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale du Mali, dénoncé les déclarations d’indépendance de groupes armés dans le Nord du pays et exhorté toutes les parties à cesser les hostilités et à participer à des pourparlers politiques. Ils se sont dits profondément préoccupés par la détérioration de la situation dans le Nord du Mali et par les répercussions de la crise actuelle sur l’ensemble de la région du Sahel, y compris la crise humanitaire imminente. Les ministres ont appelé les États de la région à renforcer la coopération afin de s’attaquer à des défis communs ayant trait à la situation humanitaire, à la sécurité et au développement. Ils ont aussi exhorté les organisations régionales et la communauté internationale à soutenir les interventions des pays de la région face à des crises humanitaires.

Les ministres ont exprimé des préoccupations concernant des irrégularités relevées lors du processus électoral présidentiel et législatif de novembre 2011 en République démocratique du Congo. Ils ont appelé les autorités congolaises, y compris la Commission nationale électorale indépendante, à améliorer considérablement ses processus électoraux, et cela dès les prochaines élections provinciales et locales, et à instituer le dialogue avec tous les partis politiques et la société civile afin de favoriser un consensus politique en vue des prochaines élections. Le G8 appuie les efforts déployés par la communauté internationale, avec la collaboration de la commission électorale, afin de préparer des recommandations en vue d’une réforme électorale élargie.

Les ministres ont pris note des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Feuille de route depuis septembre dernier à Madagascar et tiennent à encourager la Haute Autorité de transition ainsi que tous les signataires malgaches à demeurer attachés à sa mise en œuvre. Ils souhaitent souligner l’importance, pour la communauté internationale, d’apporter son soutien aux efforts déjà consentis, avec pour objet, en particulier, d’aider à la tenue des prochaines élections.

Les ministres ont accueilli favorablement la fin de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire et la tenue d’élections parlementaires et ils saluent la détermination du président Outtara à surmonter les difficultés auxquelles est confrontée la Côte d’Ivoire, en particulier en ce qui concerne la réconciliation nationale, la lutte contre l’impunité, la réforme du secteur de la sécurité et le rétablissement de la loi et de l’ordre dans tout le pays.

Les ministres ont félicité le président élu, M. Sall, de sa victoire lors du scrutin du 25 mars au Sénégal, et ils se sont engagés à collaborer étroitement avec son gouvernement et le peuple du Sénégal pour assurer la poursuite du progrès et une paix durable dans la région. Ils ont aussi félicité le peuple sénégalais pour son engagement civique.

Sécurité alimentaire et nutrition

Les ministres se sont réjouis du partenariat fructueux avec des gouvernements africains et autres à l’échelle internationale dans le cadre de l’Initiative de L’Aquila pour la sécurité alimentaire, d’une importance historique, qui apporte un soutien aux efforts nationaux visant à assurer une sécurité alimentaire durable et à améliorer la nutrition. Les investissements de donateurs et de gouvernements partenaires dans le développement agricole se révèlent être l’un des moyens les plus efficaces de promouvoir une croissance économique à large échelle, notamment lorsqu’ils tiennent compte de la nutrition et visent les petits exploitants agricoles et les femmes. Les ministres ont fait observer que, pour réaliser des progrès durables en matière de sécurité alimentaire dans le monde, il était nécessaire de mobiliser les ressources du secteur privé de manière responsable, outre l’aide publique en agriculture et dans des secteurs connexes. Les ministres ont aussi souligné le rôle particulier joué par des stratégies et des politiques qui visent spécifiquement à améliorer la nutrition pendant la période de 1 000 jours entre la grossesse et le deuxième anniversaire de l’enfant. Les ministres ont convenu que le mouvement « Renforcer la nutrition » mérite de susciter une plus large participation, étant entendu qu’il s’agit d’un réseau créé à l’initiative des pays et auquel participent 27 d’entre eux, de façon à coordonner et à faire converger les efforts des donateurs, du secteur privé et des principales parties prenantes, y compris les petits exploitants agricoles, afin de remédier à la sous-alimentation et de renforcer les interventions multisectorielles qui s’avèrent efficaces.

Afghanistan

Les ministres ont souligné leur ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale ainsi qu’à l’unité nationale de l’Afghanistan. Ils ont pris acte des progrès réalisés par le gouvernement et le peuple afghans avec le soutien de la communauté internationale, tout en reconnaissant qu’il restait encore beaucoup à faire pour que ce progrès s’inscrive dans la durée. Cela englobe le soutien à la mise en place de Forces nationales de sécurité afghanes capables de maintenir la sécurité et de faire respecter la loi et l’ordre dans tout l’Afghanistan.

Les ministres ont confirmé que le processus devant mener à la réconciliation doit être pris en main véritablement par les Afghans; il doit aussi s’agir d’un processus inclusif, qui permet de représenter les intérêts légitimes de toute la population d’Afghanistan. La réconciliation doit en outre être l’occasion de réaffirmer l’attachement à un Afghanistan souverain, stable et uni, la renonciation à la violence, la rupture des liens avec le terrorisme international, le respect de la Constitution afghane, y compris de ses dispositions sur les droits de la personne, notamment les droits des femmes.

Les ministres ont reconnu l’importance de protéger les droits de la personne et les libertés fondamentales, y compris la liberté religieuse, notamment ceux des femmes et des minorités, et d’élargir les possibilités qui leur sont offertes de contribuer à l’avenir de l’Afghanistan. Les ministres ont insisté sur l’importance de respecter pleinement les traditions et les croyances religieuses du peuple afghan ainsi que les obligations internationales en matière de droits de la personne et les obligations en vertu du droit international humanitaire, y compris en ce qui a trait à la protection des civils.

Les ministres ont réaffirmé l’entente intervenue à Bonn en vue d’établir des niveaux viables de soutien financier, conformément au processus de Kaboul, pour favoriser le développement économique de l’Afghanistan et subvenir aux coûts liés à la sécurité, dans le cadre de leur engagement durable avec ce pays jusqu’en 2014 et pendant la Décennie de transformation (2015 à 2024). Ils demandent instamment au gouvernement afghan de réaliser des avancées dans la mise en œuvre de réformes de la gouvernance et de la gestion des finances publiques, essentielles à la viabilité économique de l’Afghanistan. Les ministres attendent avec intérêt la tenue de la conférence ministérielle sur l’Afghanistan, à Tokyo, en juillet 2012, qui fournira à la communauté internationale et à l’Afghanistan une occasion importante de montrer leur attachement mutuel sur le long terme au développement économique durable de l’Afghanistan et à une amélioration substantielle de sa gouvernance.

Les ministres ont salué la tenue de la Conférence internationale de Bonn sur l’Afghanistan, en décembre 2011, et ses Conclusions ainsi que le « Processus d’Istanbul sur la sécurité régionale et la coopération pour un Afghanistan sûr et stable », en novembre 2011. Les ministres ont souligné le rôle constructif du G8 dans le soutien et la promotion de la coopération économique régionale. Ils ont appuyé une connectivité commerciale accrue le long des routes commerciales historiques afin d’exploiter le potentiel économique de l’Afghanistan au niveau régional. Une solution politique et la fin de l’insurrection en Afghanistan s’avéreront bénéfiques pour toute la région. Les ministres se réjouissent de la tenue d’une réunion ministérielle régionale dont l’Afghanistan sera l’hôte en juin 2012 et espèrent que ce sera l’occasion de progresser dans la mise en œuvre de mesures de confiance qui contribueront à la stabilité, à la paix ainsi qu’à la prospérité régionales, et permettront de lutter plus efficacement contre les menaces posées par le terrorisme ainsi que par la production et le trafic illicites de drogues. Dans ce contexte, les ministres ont salué les résultats de la Troisième Conférence ministérielle des partenaires du Pacte de Paris sur la lutte contre le trafic illicite d’opiacés en provenance d’Afghanistan et ont souligné la nécessité de la mise en œuvre intégrale de la Déclaration de Vienne.

Les ministres ont souligné l’importance d’aider l’Afghanistan à passer à une économie viable et inclusive, y compris par des mesures concrètes visant à promouvoir l’investissement privé, en mobilisant les institutions chargées de financer le développement ainsi que les organismes de crédit à l’exportation compétents, y compris d’autres mécanismes gouvernementaux et non gouvernementaux, de façon à encourager le soutien à des investissements dans le capital humain et financier en Afghanistan. Dans le même temps, les ministres ont exhorté l’Afghanistan à adopter des réformes visant à remédier à la corruption, à renforcer l’état de droit et à favoriser un environnement commercial et juridique propice à l’investissement privé. Le Sommet du G8 de Camp David fournira une occasion importante pour le G8 de mobiliser un engagement accru en faveur de niveaux durables d’aide non axée sur la sécurité au profit de l’Afghanistan après la transition en 2014.

Lutte contre le terrorisme

Les ministres ont réaffirmé leur condamnation absolue du terrorisme sous toutes ses formes et ses manifestations, y compris la forte augmentation des prises d’otages, comme l’a montré Al‑Qaïda au Maghreb islamique, qui remplit ses caisses avec les rançons extorquées par suite d’enlèvements. Ils demeurent préoccupés par la présence terroriste persistante en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie, en Iraq, dans la bande de Gaza et dans tout le Sahel et le Maghreb, ainsi que par les attaques récentes au Nigeria et les pertes de vie qu’elles ont occasionnées. Les ministres ont reconnu que, en raison de la nature complexe de la transformation politique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, il est essentiel de s’attaquer aux risques terroristes en constante évolution posés par Al‑Qaïda. Ils ont souligné l’importance d’adopter des stratégies globales de lutte contre le terrorisme et se sont engagés à poursuivre les efforts visant à réduire la capacité d’action d’Al‑Qaïda, de ses affiliés et de ses membres, y compris à battre en brèche les arguments mensongers sur lesquels continue de se fonder l’extrémisme violent dans le monde. Ils ont réaffirmé leur ferme détermination à aider les victimes d’actes terroristes, qui peuvent plaider de manière très convaincante contre le terrorisme. Les ministres reconnaissent la nécessité de favoriser la bonne gouvernance, de réduire la pauvreté et la corruption, d’améliorer l’éducation, de promouvoir le respect de la liberté religieuse et de répondre aux besoins humains fondamentaux pour aider à faire échec aux activités d’organisations terroristes et de leurs partisans.

Les ministres ont souligné que les États devaient disposer des capacités nécessaires, y compris en ce qui concerne l’état de droit et le secteur de la justice pénale, pour contrer les menaces terroristes à l’intérieur de leurs frontières et dans leurs régions, conformément au droit international des droits de la personne et au droit international humanitaire. De même, ils ont souligné le rôle central que les Nations Unies doivent continuer à jouer dans la lutte contre le terrorisme à l’échelle internationale, saluant l’annonce de la création d’un poste de Coordonnateur des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme, et insisté sur l’importance de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Les ministres ont salué les accomplissements initiaux du Forum mondial de lutte contre le terrorisme, dont le lancement vient d’avoir lieu. S’agissant du Forum, les ministres ont pris note avec appréciation de l’offre des Émirats arabes unis d’ouvrir un centre international voué à la formation, au dialogue, à la collaboration et à la recherche contre l’extrémisme violent.

Criminalité transnationale organisée

Les ministres ont affirmé que la criminalité transnationale organisée (CTO) a un effet de distorsion sur l’économie mondiale et lui est préjudiciable, en plus d’ébranler la stabilité, d’alimenter la corruption et de nuire à la bonne gouvernance dans le monde entier. Qu’il s’agisse de sa taille, de sa portée ou de son influence, la CTO continue de prendre de l’expansion, et elle constitue une grave menace pour la sécurité et le développement. Les réseaux criminels d’aujourd’hui sont fluides et disposent de moyens évolués, créent de nouvelles alliances avec d’autres réseaux dans le monde entier et se livrent à un large éventail d’activités illicites afin d’amasser d’importants profits. Dans certaines régions, des groupes terroristes ont de plus en plus la possibilité de nouer des partenariats pour des raisons de convenance avec des réseaux criminels organisés, ce qui implique des liens possibles avec le trafic de drogue, la traite des êtres humains, la contrebande d’armes, le blanchiment d’argent, la piraterie et les enlèvements contre une rançon. Les ministres ont affirmé leur soutien aux efforts collectifs visant à mobiliser des ressources internationales afin de repérer, de prévenir, de contrer et de démanteler la CTO, aussi que les liens, les passages illicites, ou les rapports qu’entretiennent, dans certains cas, les réseaux criminels et les organisations terroristes. À cette fin, les ministres ont souligné l’importance de priver les responsables de la CTO des produits du crime. Ils ont en outre reconnu que, au titre de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CNUCTO), les États s’engagent à mener une action collective et à poursuivre la coopération internationale contre la criminalité organisée, et ils ont réaffirmé leur détermination à redoubler d’efforts pour aider les pays à ratifier et à mettre en œuvre la CNUCTO.

Sécurité maritime

Les ministres ont souligné que la sécurité maritime est un vecteur essentiel du développement économique, du commerce et de la stabilité régionale. Ils demeurent attachés à la liberté de navigation, au commerce licite sans entraves et au règlement pacifique des différends conformément au droit international. Ils ont réitéré leur ferme condamnation de la piraterie maritime et du vol à main armée en mer. Les ministres ont exprimé leur détermination à poursuivre la coopération internationale visant à établir des normes d’action adéquates et communes adoptées à l’échelle internationale pour lutter contre la menace, étant entendu que celles‑ci seront conformes au droit international et respecteront les principes reconnus internationalement relativement à la compétence dans les eaux internationales. Ils ont reconnu que l’insécurité maritime avait des répercussions sur la communauté internationale dans son ensemble et qu’il n’était possible d’y remédier que par des efforts nationaux et internationaux étendus, coordonnés et globaux, conjugués au renforcement des capacités des États côtiers et des organisations régionales. Notant les responsabilités qui incombent également aux États côtiers de prévenir et d’éliminer la criminalité maritime, les ministres ont insisté sur l’importance de renforcer les capacités des États côtiers (c.‑à‑d. capacités maritimes et capacité d’engager des poursuites et de placer en détention), y compris les capacités juridiques importantes pour faire respecter les normes applicables du droit international. Les ministres notent l’importance de poursuivre le travail, y compris au sein du Groupe de contact sur la piraterie au large de la côte de Somalie en ce qui concerne les poursuites à l’encontre de pirates présumés, y compris de continuer à envisager, de manière urgente, la mise sur pied de tribunaux spécialisés dans la lutte contre la piraterie en Somalie et dans d’autres pays de la région, avec une participation et un soutien internationaux en vue de poursuites pénales contre les pirates. Le G8 continuera ses efforts pour apporter un soutien adéquat à des États et à des organisations de la région pour qu’ils renforcent leur capacité à lutter contre la piraterie et le vol à main armée en mer dans le golfe de Guinée.

Changements climatiques et sécurité

Les États membres du G8 soulignent leur intérêt à promouvoir la croissance, la prospérité ainsi que la paix et la stabilité mondiales, reconnaissent que les changements climatiques ont pour effet d’accroître les risques sécuritaires à l’échelle internationale et entendent continuer à déployer des efforts sur les plans national et multilatéral pour remédier aux changements climatiques. Dans la déclaration présidentielle 2011/15, le président du Conseil de sécurité des Nations Unies a déclaré ce qui suit : « Le Conseil craint que les effets préjudiciables éventuels des changements climatiques puissent, à long terme, aggraver les menaces existantes à la paix et à la sécurité internationales. Le G8 soutien pleinement la décision des Parties de la CCNUCC de mettre en place un nouveau régime global et universel de lutte contre les changements climatiques qui conviendra à toutes les Parties. Le G8 note que la politique internationale sur le climat et le développement économique durable devraient se renforcer mutuellement de façon à limiter les effets néfastes des changements climatiques sur la sécurité.

Droits de la personne

Les ministres réaffirment que la paix et la sécurité, le développement, ainsi que les droits de la personne, y compris les libertés religieuses, sont des piliers interdépendants, et qui se renforcent mutuellement, du système des Nations Unies. La violence imputable au racisme, à l’intolérance religieuse et à l’extrémisme est préjudiciable à la jouissance des droits de la personne et des libertés fondamentales, et menace la sécurité ainsi que la stabilité dans de nombreuses parties du monde. Les ministres ont souligné l’importance de respecter tous les droits de la personne et toutes les libertés fondamentales consacrés par le droit international des droits de la personne, y compris la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de croyance, ainsi que les libertés d’expression et d’association . Les ministres ont réaffirmé que tous ont le droit d’exercer leur liberté de pensée, de conscience et de religion et que ce droit englobe la liberté de choisir sa religion ou sa croyance. Les ministres ont appelé les États à accroître effectivement leurs efforts visant à protéger et à promouvoir les droits de la personne et les libertés fondamentales de tous, conformément à leurs obligations internationales. Ils ont réaffirmé que l’interdiction de discrimination pour quelque motif que ce soit, y compris la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les convictions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la propriété, la naissance ou d’autres situations, est consacrée dans le droit international des droits de la personne. Les ministres ont réaffirmé que les droits de la personne et les libertés fondamentales sont le patrimoine de chaque personne, femme et homme, y compris des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles ou transgenres. Ces personnes font souvent face à la mort, la violence, le harcèlement et la discrimination à cause de leurs orientations sexuelles dans de nombreux pays du monde**. Les ministres condamnent la violence, le harcèlement et la discrimination, où que ce soit, et quels qu’en soient les responsables, et rappellent à tous les États leur obligation de promouvoir et de protéger les droits de la personne et les libertés fondamentales de toutes les personnes. Les ministres ont exprimé de graves préoccupations face à la persistance de pratiques telles que la mutilation génitale ainsi que le mariage précoce ou forcé dans certaines régions du monde. Les ministres notent que le mariage précoce ou forcé peut réduire les chances qu’ont les jeunes filles mariées de terminer leurs études, d’acquérir des connaissances globales, de participer à la vie de la communauté ou d’acquérir des compétences pour l’emploi, rend les filles plus vulnérables à la violence, et constitue une atteinte ou un obstacle à la jouissance pleine et entière des droits de la personne des femmes et des filles. Les ministres condamnent également fermement le recrutement ainsi que l’utilisation inacceptables et persistants d’enfants dans les conflits armés, qui constituent une violation des droits de l’enfant que nul ne peut tolérer.

**La Fédération de la Russie se dissocie de ce langage vue l’absence d’une définition explicite ou d’une provision traitant d’un tel groupe ou de telles personnes ayant des droits dans le cadre du droit internationale des droits de la personne.