Le ministre Cannon présente la politique étrangère du Canada pour l'Arctique

(Nº 67 - Le 11 mars 2009) Le ministre des Affaires étrangères, l'honorable Lawrence Cannon, présentera aujourd'hui à Whitehorse, au Yukon, la politique étrangère du Canada pour l'Arctique et soulignera le leadership exercé par le Canada dans les affaires nordiques. Son auditoire comprendra notamment les membres du conseil consultatif canadien pour le Conseil de l'Arctique.

«  Le gouvernement du Canada entend veiller à ce que les défis et les possibilités qui se présentent dans l'Arctique continuent de retenir l'attention de la communauté internationale, a déclaré le ministre Cannon. Nous sommes déterminés à assurer le respect des intérêts du Canada dans le cadre de nos efforts pour mettre en œuvre la dimension internationale de la Stratégie pour le Nord. Le développement d'un Nord canadien vigoureux est à la fois un élément essentiel des efforts visant à renforcer notre pays et l'expression de nos aspirations les plus profondes. »

La politique étrangère du gouvernement du Canada pour l'Arctique représente la concrétisation de la dimension internationale des quatre piliers de sa Stratégie intégrée pour le Nord, c'est-à-dire la protection du patrimoine environnemental du Canada, la promotion du développement économique et social, l'amélioration et la délégation de la gouvernance dans le Nord et l'affirmation de la souveraineté canadienne dans l'Arctique.

« Le Canada est une puissance arctique, a poursuivi le ministre. Le gouvernement du Canada est très conscient des possibilités que recèle le Grand Nord – un trésor immense et magnifique dont nous avons la garde au nom des générations futures. En adoptant à l'égard de l'Arctique une politique étrangère énergique, mise en œuvre sous la direction du premier ministre Stephen Harper, le Canada fait figure de chef de file. »

Les membres du comité consultatif canadien pour le Conseil de l'Arctique, présents à Whitehorse au moment où le ministre s'y trouvera, assisteront à son allocution. Ils tiennent à Whitehorse une réunion préparatoire à la réunion des ministres des affaires étrangères du Conseil, qui doit avoir lieu le 29 avril 2009 à Tromsø, en Norvège.

« En prévision de la présidence canadienne du Conseil de l'Arctique, en 2013, j'ai l'intention de rencontrer mes homologues du Conseil au cours de l'année, afin d'approfondir avec eux le dialogue sur les possibilités et les défis qui vont marquer l'avenir de l'Arctique, a ajouté le ministre. Nous étudierons les moyens de renforcer notre coopération bilatérale et multilatérale dans cette région. »

Au cours de son allocution, le ministre annoncera la création de 20 nouvelles bourses d'études supérieures qui seront accordées sur une période de deux ans dans le but de favoriser l'innovation dans la recherche et la formulation de politiques portant sur un ensemble de questions entourant le rôle du Canada dans le monde circumpolaire.

On trouvera plus de détails sur ces bourses de recherche à la page Le Canada et l'univers circumpolaire

On peut prendre part à la cyberdiscussion canadienne sur l'Arctique en se rendant L'Arctique : Questions et ressources.

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Un document d'information sur la politique étrangère du Canada pour l'Arctique figure en annexe.

Pour de plus amples renseignements, les représentants des médias sont priés de communiquer avec :

Natalie Sarafian
Attachée de presse
Cabinet du ministre des Affaires étrangères
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Le Service des relations avec les médias des Affaires étrangères
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613-995-1874

Document d'information

Politique étrangère du Canada pour l'Arctique :

La dimension internationale de la Stratégie du Canada pour le Nord

La Stratégie pour le Nord du gouvernement du Canada est assortie d'une solide politique étrangère pour l'Arctique, qui est conçue de façon à créer un environnement international capable de se prêter à la mise en œuvre de la Stratégie pour le Nord. La Stratégie pour le Nord et la politique étrangère pour l'Arctique établissent une vision claire qui laissera un héritage permanent susceptible d'enrichir la vie des générations futures de Canadiens et de promouvoir leurs intérêts.

La politique étrangère du gouvernement pour l'Arctique représente la concrétisation de la dimension internationale des quatre piliers de la Stratégie intégrée pour le Nord :

  1. la protection du patrimoine environnemental;
  2. a promotion du développement économique et social;
  3. l'amélioration et la délégation de la gouvernance;
  4. l'exercice de la souveraineté canadienne.

Ces quatre priorités délimitent un cadre d'action et illustrent l'importance que les Canadiens attachent au Grand Nord, partie intégrante d'un Canada fort.

Environnement

La protection de l'environnement nordique est un aspect important de la politique étrangère du Canada pour l'Arctique. Le Canada est depuis longtemps à l'avant-garde dans ce dossier. Le gouvernement a centré les efforts mondiaux sur les répercussions des changements climatiques dans cette région et sur les mesures à prendre pour s'y adapter. Le Canada a joué un rôle de premier plan dans les négociations relatives aux principaux instruments environnementaux internationaux qui portent sur des problèmes cruciaux pour l'Arctique, tel celui des polluants organiques persistants.

Le Canada entend rester une figure de proue dans les efforts visant à renforcer les institutions multilatérales de façon à ce que les États nordiques puissent répondre aux problèmes environnementaux de la région à mesure qu'ils surgissent.

Le Canada a décidé d'étendre l'application de la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques de 100 à 200 milles marins. De plus, de nouvelles règles adoptées dans le cadre de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada imposent aux navires qui se dirigent vers les eaux arctiques canadiennes de déclarer leurs intentions.

Développement économique et social

Les enjeux que soulève le développement économique et social, tout particulièrement dans le Nord, n'ont pas qu'une dimension nationale. Aussi la politique étrangère du Canada pour l'Arctique servira-t-elle à développer davantage les relations bilatérales qu'il entretient depuis longtemps avec ses voisins arctiques. Ces relations lui permettront de renforcer les liens et le développement économiques dans le Nord. Le leadership qu'exerce le Canada vis-à-vis les questions arctiques ouvre la voie à l'élargissement du dialogue politique et de la coopération internationale, au bénéfice de la région et de ses habitants.

La dimension humaine de l'Arctique – c'est-à-dire la nécessité de veiller à ce que le développement économique et social ait un caractère durable et bénéficie aux habitants des régions arctiques, en particulier aux populations autochtones – revêt une importance vitale pour le Canada. C'est pourquoi celui-ci a joué un rôle important dans la préparation de trois rapports du Conseil de l'Arctique. Deux d'entre eux, consacrés au développement humain (Arctic Human Development Report) et au secteur des hydrocarbures (Oil and Gas Assessment) ont déjà été publiés, tandis que le troisième, portant sur le transport maritime (Arctic Marine Shipping Assessment), doit paraître prochainement.

Le Canada collabore étroitement avec les gouvernements territoriaux et les habitants du Nord, aussi bien à l'échelle nationale qu'internationale, afin d'aider au développement de communautés dynamiques, saines et viables en intégrant les savoirs traditionnels et en appuyant des activités économiques ancestrales comme la chasse au phoque.

Souveraineté

Le Canada exerce depuis longtemps, sur les terres et les eaux de l'Arctique canadien, une souveraineté qui est bien établie et repose sur des titres historiques. Il exerce ses droits souverains dans la région de façon responsable.

La souveraineté et la sécurité du Canada dans l'Arctique constituent des priorités absolues pour le gouvernement et représentent un aspect important de la politique étrangère du Canada pour l'Arctique. La Stratégie de défense « Le Canada d'abord » aidera les forces militaires du Canada à prendre les mesures voulues au moment d'affirmer la souveraineté dans le Grand Nord. Des initiatives importantes comme les patrouilles de navires dans l'Arctique et au large des côtes, les installations de mouillage en eau profonde à Nanisivik, l'ouverture d'un centre d'entraînement ainsi que la modernisation et l'expansion des Rangers du Canada aideront les Forces canadiennes à faire face aux défis de l'avenir et à réagir aux urgences.

Gouvernance : amélioration et délégation

L'amélioration et la délégation de la gouvernance constituent des priorités intérieures pour le Canada. Les processus décisionnels se déroulent désormais plus près des communautés touchées. La politique étrangère pour l'Arctique vient appuyer et consolider les initiatives intérieures visant à renforcer la gouvernance dans le Nord.

Poursuite des intérêts canadiens dans l'Arctique sur la scène internationale

Le Canada fait face à des défis considérables et complexes dans l'Arctique et reconnaît l'importance de s'attaquer à un bon nombre de ces problèmes dans le cadre du Conseil de l'Arctique, d'autres institutions multilatérales et de ses partenariats bilatéraux.

Le Conseil de l'Arctique, créé à l'instigation du Canada, demeure la première instance décisionnelle multilatérale pour la région et permet à celui-ci de promouvoir sa politique étrangère pour l'Arctique ainsi que ses intérêts nationaux. Le Canada a joué un rôle crucial dans la création du Conseil. Le Déclaration d'Ottawa, qui a conféré une existence officielle au Conseil de l'Arctique, a fait de celui-ci une instance internationale de haut niveau servant à promouvoir la coopération, la coordination et l'interaction entre les États nordiques dans les dossiers arctiques communs, avec la participation des communautés indigènes de ces régions. Le Conseil s'intéresse tout particulièrement au développement durable et à la protection de l'environnement.

Les États membres du Conseil sont le Canada, le Danemark (y compris le Groenland et les îles Féroé), les États-Unis, la Finlande, l'Islande, la Norvège, la Russie et la Suède. Plusieurs organisations autochtones internationales y ont également le statut de participants permanents, soit l'association internationale des Aléoutes (Aleut International Association), le conseil des Athapascans de l'Arctique (Arctic Athabaskan Council), le conseil international des Gwitchins (Gwich'in Council International), le conseil inuit circumpolaire (Inuit Circumpolar Council), l'association russe des peuples autochtones du Nord (Russian Association of Indigenous Peoples of the North) et le conseil des Saami.

En prévision de la présidence canadienne du Conseil, en 2013, le Canada continuera à appeler l'attention de la communauté internationale sur la nécessité de donner une nouvelle impulsion au rôle et à l'importance du Conseil. De concert avec ses partenaires de l'Arctique, le Canada veillera à ce que le Conseil ait le dynamisme, les ressources et l'influence nécessaires pour réagir de manière efficace aux possibilités et défis nouveaux qui affectent la région, y compris en ce qui a trait au développement des richesses naturelles et de nouveaux axes de transport, ainsi qu'à l'environnement.

Un régime juridique vaste et détaillé régit actuellement l'utilisation de l'océan Arctique. Le droit de la mer, notamment, prévoit des obligations et des droits importants en ce qui touche au tracé de la limite extérieure du plateau continental, à la protection du milieu marin, à la liberté de navigation, aux recherches scientifiques marines et à d'autres utilisations de la mer. Dans la Déclaration d'Ilulissat, adoptée en 2008, les cinq pays riverains de l'Arctique, y compris le Canada, ont réaffirmé leur attachement à ce régime.

Le maintien d'une coopération étroite avec les voisins de l'Arctique constitue un aspect important de la politique étrangère du Canada pour l'Arctique. On peut citer en exemple la collaboration avec les États-Unis, le Danemark et la Russie relativement au tracé de la limite extérieure du plateau continental. Le Canada a déployé de nombreux efforts pour veiller à ce qu'on reconnaisse l'étendue maximale de son plateau continental, conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS).

Le Grand Nord occupe une place centrale dans l'identité canadienne. Le présent et l'avenir des régions nordiques suscitent un intérêt grandissant de la part de la communauté internationale, et les écosystèmes propres à ces régions jouent un rôle crucial pour la santé générale de la planète.