Déclaration du ministre Cannon sur la situation au Sri Lanka

(Nº 110 - Le 24 avril 2009) Le ministre des Affaires étrangères, l'honorable Lawrence Cannon, a fait aujourd'hui la déclaration suivante au sujet des derniers développements de la situation au Sri Lanka et du conflit entre le gouvernement du Sri Lanka et Tigres de libération de l'Eelam tamoul (TLET).

« J'aimerais présenter une mise à jour sur la situation actuelle au Sri Lanka et sur le conflit entre le gouvernement sri lankais et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul. Le Canada est gravement préoccupé par les opérations militaires qui se sont déroulées dernièrement à l'extrémité nord-est du pays et par l'augmentation du nombre de pertes de vie au sein de la population civile.

« Le 11 avril, j'ai émis une déclaration dans laquelle j'exprimais mes inquiétudes au sujet de la sécurité des civils coincés dans la zone de conflit. J'exhortais les deux parties à suspendre les hostilités pour permettre aux travailleurs humanitaires d'avoir un accès total, sûr et sans entraves aux personnes dans le besoin. Le gouvernement du Sri Lanka a suspendu provisoirement les hostilités, les 13 et 14 avril. Les TLET ont cependant empêché de nombreux civils de quitter la zone de conflit.

« Le 19 avril, j'ai émis une autre déclaration dans laquelle j'incitais les deux parties à travailler ensemble pour trouver rapidement un règlement politique au conflit et à respecter leurs obligations humanitaires. Ce jour là, je me suis également entretenu avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, à qui j'ai fait part de nos inquiétudes au sujet de la situation humanitaire, notamment au sujet des vivres, de l'approvisionnement en eau, des services sanitaires et de l'aide médicale. Je l'ai également assuré que le Canada était prêt à apporter son appui en réponse à la crise humanitaire.

« Le Conseil de sécurité des Nations Unies a aussi exprimé de vives inquiétudes au sujet de la situation au Sri Lanka, et le 22 avril, l'ONU a réclamé des TLET qu'ils déposent les armes.

« Le Canada est très préoccupé par les informations selon lesquelles les TLET se seraient livrés à des attentats suicides. Le Canada exhorte les TLET à permettre aux civils de quitter les territoires qui se trouvent sous leur contrôle et à respecter la liberté de mouvement des civils sous leur contrôle. Le gouvernement du Canada continue de réclamer que les TLET déposent les armes. En 2006, le Canada a inclus les TLET au nombre des organisations terroristes selon la définition qu'en donne le Code criminel.

« Depuis que, selon les informations qui nous sont parvenues, l'armée sri lankaise a franchi les ouvrages défensifs érigés par les TLET, des dizaines de milliers de civils ont fui la zone des combats. Le gouvernement du Sri Lanka a déclaré qu'à ce jour, plus de 100 000 personnes ont pu rejoindre le territoire contrôlé par le gouvernement. Des sources crédibles rapportent cependant que les combats qui se poursuivent ont tué ou blessé des centaines de civils, qui n'ont à peu près aucun accès aux soins médicaux. Le département d'État des États-unis signale que des coups de feu vers la zone de sécurité continuent de se produire en provenance des deux côtés.

« Je me suis entretenu avec le secrétaire d'État aux affaires étrangères du Royaume Uni, David Miliband, avec le ministre des affaires étrangères de l'Australie, Stephen Smith, avec la secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, et avec le ministre des affaires étrangères de l'Inde, Shri Pranab Mukherjee, pour leur faire part de la profonde inquiétude du Canada face à la reprise, le 20 avril, des offensives terrestres de l'armée sri lankaise dans la zone de sécurité et pour solliciter des appuis en faveur d'une interruption des hostilités pour des motifs humanitaires.

« Le 22 avril, je me suis entretenu avec le ministre des affaires étrangères du Sri Lanka, Rohitha Bogollagama, pour lui demander instamment qu'on mette fin à l'offensive actuelle afin de garantir le départ sécuritaire et volontaire des civils qui souhaitent quitter la zone des combats et de permettre aux travailleurs humanitaires d'avoir un accès total, sûr et sans entraves aux personnes dans le besoin. J'ai fait part de nos préoccupations au sujet des pertes de vie civiles et j'ai souligné la nécessité que l'évacuation des civils et les camps pour personnes déplacées soient encadrés par l'ONU. J'ai également offert l'aide humanitaire du Canada aux personnes déplacées, une fois que leurs besoins auront été déterminés.

« La plus grande préoccupation du Canada en ce moment concerne la sécurité des civils toujours coincés dans la zone de conflit, mais il reste très difficile de déterminer le nombre de civils qui s'y trouvent encore. Nous avons exhorté les deux parties adverses à respecter les obligations que leur impose le droit international humanitaire en ce qui a trait à la sécurité des civils. Elles sont notamment tenues de différencier clairement les civils des combattants et de veiller à ce que les civils ne soient pas attaqués. Le Canada s'attend à ce que le gouvernement du Sri Lanka se conforme à des normes plus élevées que celles d'une organisation terroriste en ce qui concerne ses actes et ses obligations.

« J'ai donné instruction à notre haute-commissaire à Colombo, Angela Bogdan, de poursuivre les démarches du Canada auprès du gouvernement du Sri Lanka au sujet de la nécessité de venir en aide aux personnes déplacées. Elle poursuivra ces démarches aux plus hauts niveaux du gouvernement.

« Notre gouvernement appuie l'action des coprésidents de la Conférence des donateurs de Tokyo sur la reconstruction et le développement au Sri Lanka (la Norvège, le Japon, les États-Unis et l'Union européenne), et notamment leur déclaration du 24 avril, dans laquelle ils demandent au gouvernement du Sri Lanka et aux TLET de mettre fin aux hostilités et de permettre au personnel de l'ONU d'avoir accès à la zone des combats afin de faciliter les opérations de secours et l'évacuation des civils. Le Canada insiste pour que le gouvernement fasse preuve du leadership nécessaire pour inspirer confiance à la population du Sri Lanka, une condition essentielle pour contribuer à l'établissement d'une paix durable.

« Le conflit a déjà causé beaucoup de souffrances au cours des 26 dernières années, et nous souhaitons qu'il cesse immédiatement. J'ai réitéré que ce conflit ne peut être résolu par des moyens militaires. Notre gouvernement continue de réclamer une solution politique qui soit novatrice, pertinente et durable et qui répondra aux attentes légitimes de toute la population du Sri Lanka. Notre gouvernement continuera également de travailler aux plus hauts niveaux afin d'assurer dans les plus brefs délais la sécurité de tous les Sri Lankais.

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