Déclaration conjointe du Canada et du Royaume-Uni

Déclaration d’engagement 2014 : mettre à profit des valeurs et objectifs communs

En septembre 2011, à Ottawa, nos premiers ministres ont signé la Déclaration conjointe du Canada et du Royaume-Uni, afin d’établir un partenariat plus solide pour le XXIe siècle. Cela nous a encouragés, en tant que ministres des Affaires étrangères, à nous rencontrer chaque année; il s’agit de notre deuxième rencontre annuelle pour examiner les progrès réalisés dans le cadre de la Déclaration conjointe et mettre à jour nos objectifs pour les douze prochains mois.

Au cours de la dernière année, nous avons intégré la Déclaration conjointe à tous les aspects de notre relation, en travaillant à réaliser les objectifs établis en 2012, tout en conservant une certaine marge de manœuvre afin de tenir compte des nouvelles priorités ou de crises de notre monde interconnecté. Nous nous penchons ensemble sur un large éventail d’enjeux fondés sur nos valeurs communes, afin de trouver des solutions aux défis actuels en matière de sécurité et de prospérité. Un certain nombre de thèmes principaux qui se sont dégagés seront au cœur de notre programme de collaboration au cours des douze prochains mois.

Favoriser la croissance économique, le commerce et l’innovation

Les emplois et la croissance économique sont la première des priorités pour nos deux pays, et nous croyons que des occasions et des marchés ouverts sont essentiels pour la réaliser. Il y a deux ans, nos premiers ministres ont souligné l’importance de l’aboutissement des négociations sur l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’UE. Le 18 octobre 2013, le Canada et l’UE ont annoncé qu’une entente de principe avait été conclue concernant un accord ambitieux qui stimulerait le commerce et les investissements au Canada et au Royaume-Uni. Alors que le travail se poursuit pour conclure et ratifier l’Accord, nous ferons tous les efforts possibles pour cerner et expliquer les avantages de l’AECG, et montrer les occasions que celui-ci pourrait offrir à nos entreprises et à nos concitoyens. On estime généralement qu’à la suite de la mise en œuvre de l’AECG, le PIB du Canada augmenterait de 12 milliards de dollars et celui du Royaume-Uni, de 1,3 milliard de livres.

L’engagement de coopération en matière d’énergie entre le Canada et le Royaume-Uni a donné lieu à des progrès concrets dans les domaines de l’énergie maritime et de l’énergie nucléaire civile. Des investissements de l’entreprise Atlantis Resources Ltd. du Royaume-Uni et un protocole d’entente en matière de recherche et développement conclu entre l’Université de Strathclyde et l’Université Dalhousie ont contribué à faire avancer le développement de l’énergie marémotrice en Nouvelle-Écosse. Nous continuerons de promouvoir conjointement les avantages de l’énergie maritime renouvelable et nous travaillerons à encourager les investissements et les échanges bilatéraux dans ce secteur. Dans le domaine de la production d’énergie nucléaire civile, nous poursuivrons les études de faisabilité relatives à l’élimination du plutonium du Royaume-Uni et nous avons convenu d’évaluer le développement de la production d’énergie au moyen de combustibles nucléaires de remplacement. En tant que chefs de file mondiaux en technologie de captage et de stockage du dioxyde de carbone (CSC), nous miserons sur notre collaboration étroite pour mettre à jour, au cours de la prochaine année, notre déclaration commune bilatérale de 2008 sur le CSC. Nos sociétés d’énergie sont à la fine pointe de la production et de la réglementation des énergies non conventionnelles, et nos gouvernements continueront d’échanger des renseignements sur les processus réglementaires et les progrès techniques liés à l’exploration et au développement des ressources non classiques, comme le gaz de schiste, le gaz naturel liquéfié (GNL) et le pétrole de réservoirs étanches. Nous continuerons de collaborer à promouvoir la sécurité énergétique mondiale, au sein des forums internationaux appropriés, comme l’Agence internationale de l’énergie, et par des dialogues sur l’énergie, comme la Table ronde Canada-Europe sur l’énergie, y compris la mise en œuvre d’applications avancées pour atténuer les effets sur l’environnement et le changement climatique.

Assurer la sécurité de nos deux pays

Notre première année de travail dans le cadre de la Déclaration conjointe a mené à la signature d’une déclaration d’intention en matière de défense, qui orientera la portée de nos relations dans l’avenir, de façon conjointe et délibérée. Au cours des douze prochains mois, nous envisagerons de nouvelles initiatives pour accroître l’interopérabilité, comme le concept d’état de préparation de forces expéditionnaires interarmées sous la direction du Royaume-Uni. De plus, nous échangerons des points de vue sur les priorités pour l’engagement de défense globale et nous examinerons des possibilités de partage d’obligations mutuellement avantageuses. Compte tenu de la décision récente du Royaume-Uni de poursuivre l’entraînement des forces armées britanniques au Canada et, plus particulièrement, à Suffield dans un avenir prévisible, nous examinerons conjointement l’accord et le protocole d’entente pertinents.

Le Royaume-Uni et le Canada sont les deux seuls pays à être membres de l’OTAN, du G-8, du G-20 et du Commonwealth. Nous nous efforçons de veiller à ce que ces institutions exploitent leurs forces et continuent de viser la responsabilisation. Notre objectif commun est de concevoir des réactions efficaces aux défis mondiaux actuels, et de promouvoir des changements réels et positifs à l’échelle mondiale, dans les domaines des droits de la personne, de la sécurité, de la bonne gouvernance et de la prospérité mondiale. La présidence du Royaume-Uni au G-8 était l’occasion pour nos deux pays de montrer le rôle catalytique que le G-8 pouvait jouer à l’égard des enjeux mondiaux. Nous avons convenu de mesures concrètes pour le plan d’action des « Trois T » (trade, tax and transparency) — commerce, impôts et transparence. Nous avons tablé sur le travail commencé lors du Sommet du G-8 à Muskoka, en produisant le deuxième rapport complet sur la responsabilisation du G-8. De plus, les participants au Colloque Canada-Royaume-Uni de novembre 2013 ont réexaminé l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Nous attendons avec intérêt le rapport de ce Colloque concernant les façons dont nous pouvons collaborer pour faire face aux nouvelles réalités en matière de santé mondiale.

Au sein du G-20, nous avons contribué au Plan d’action de Saint-Pétersbourg pour la promotion d’une croissance économique plus forte, plus durable et plus équilibrée, et nous veillerons ensemble à sa mise en œuvre intégrale. Alors que l’économie mondiale se redresse, la présidence de l’Australie au G-20, en 2014, sera l’occasion de traiter des défis importants qui restent à surmonter. Enfin, nous avons travaillé ensemble à fournir un plan stratégique mieux ciblé pour le Secrétariat des pays du Commonwealth, afin de rendre cette organisation plus efficace. Nous poursuivrons nos efforts communs pour nous assurer que le Commonwealth respecte les valeurs énoncées dans sa Charte.

Nous nous engageons à prendre des mesures urgentes et décisives afin de lutter contre le commerce illégal d’animaux sauvages, y compris dans la Corne de l’Afrique. Nous reconnaissons que cette industrie criminelle pose actuellement un grave problème, engendre la corruption et l’insécurité, et a été liée à des groupes extrémistes. Nous agirons de façon concertée pour améliorer l’application de la loi, réduire la demande de produits illégaux tirés d’animaux sauvages et appuyer le développement de moyens d’existence durables pour les collectivités touchées par ce commerce. Nous travaillerons en partenariat afin de mettre en œuvre les résultats de la Conférence sur le commerce illégal d’espèces sauvages, qui a eu lieu à Londres, en février 2014.

Promouvoir nos valeurs communes

Le Canada et le Royaume-Uni ont augmenté de manière considérable leurs efforts politiques et diplomatiques visant à promouvoir la liberté de religion à l’échelle mondiale. Le ministre des Affaires étrangères John Baird est un membre clé du regroupement ministériel international de la baronne Warsi consacré à cet enjeu, lequel assure la coordination et fait la promotion d’un soutien politique accru en faveur de la liberté de religion. De plus, le Foreign and Commonwealth Office (FCO) travaille en collaboration étroite avec le premier ambassadeur du Canada pour la liberté de religion, Andrew Bennett, et des experts canadiens participent à une formation sur la question destinée aux diplomates du Royaume-Uni. Misant sur le succès de la première conférence conjointe du Royaume-Uni et du Canada sur la liberté de religion qui a eu lieu en 2012, le Royaume-Uni travaillera, cette année, en collaboration étroite avec le Canada pour trouver des moyens de faire face à la crise mondiale qui touche les minorités religieuses partout dans le monde. Nous sommes déterminés à étudier ensemble les facteurs en jeu et à cerner des façons de renforcer notre collaboration, afin de promouvoir la liberté dans les pays de préoccupation commune.

Au cours de la dernière année, nous avons collaboré étroitement pour sensibiliser l’opinion aux violations des droits de la personne qui ne devraient pas avoir leur place au XXIe siècle. Nous avons notamment travaillé ensemble au sein du G-8, du Conseil de sécurité, de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, afin d’élaborer la Déclaration du G-8 sur la prévention des violences sexuelles dans les zones de conflit et la Déclaration d’engagement en vue de mettre fin à la violence sexuelle en période de conflits de l’UNGA, et d’élargir l’adhésion à ces engagements à l’échelle internationale. Au cours des douze prochains mois, nous prévoyons poursuivre ce travail essentiel, y compris l’élaboration d’un protocole international qui sera lancé au Sommet international de juin. Le Canada est conscient du rôle d’initiative à nul autre pareil joué par le Royaume-Uni dans ce dossier, de sorte que nous continuerons à coopérer pour transformer ces engagements politiques en gestes concrets et pour apporter un soutien à des pays touchés par des conflits.

Le Royaume-Uni prend note du rôle de premier plan du Canada dans la lutte contre le mariage des enfants ainsi que le mariage précoce et forcé, ce qui s’est traduit, entre autres, par la collaboration entre nos deux pays afin de protéger leurs citoyens à risque. À cela s’ajoute une coopération multilatérale pour s’attaquer à cette problématique dans une perspective plus large, y compris au Conseil des droits de l’homme, à l’Assemblée générale des Nations Unies et dans le Commonwealth. À l’avenir, nous intensifierons notre coopération à l’échelle multilatérale et nous réaliserons des activités conjointes de sensibilisation dans les pays fortement touchés par les mariages précoces et forcés.

Axer notre partenariat sur les résultats

Depuis la conclusion, l’année dernière, du Protocole d’entente pour un soutien mutuel accru dans les missions à l’étranger, nous avons renforcé l’interopérabilité entre nos ministères responsables des Affaires étrangères respectifs. Cela nous permet de mieux servir nos citoyens et de promouvoir nos valeurs et intérêts communs, tout en améliorant notre efficacité opérationnelle. Cela accélérera également le partage de l’information en temps réel en situation de crise et renforcera nos moyens d’action respectifs, tout en favorisant l’esprit de coopération. Dans la mesure du possible, nous partagerons les possibilités de formation, y compris en veillant à ce que les fonctionnaires de nos deux pays puissent suivre les cours donnés par nos instituts de formation respectifs.

La co-occupation temporaire à l’ambassade britannique en Birmanie a permis au Canada d’établir son premier ambassadeur résident en 2013, avant l’achèvement de sa propre chancellerie au milieu de 2014. Le Canada travaille actuellement avec le Royaume-Uni à l’élargissement possible de la présence de ce dernier à l’ambassade du Canada en Haïti. Ces deux co-occupations servent à faciliter et à améliorer notre coopération mutuelle dans ces pays. De même, le Canada collabore étroitement avec le Royaume-Uni à l’élargissement de sa présence en Iraq, notamment au moyen de l’augmentation de l’effectif canadien installé à l’ambassade britannique à Bagdad.

Nous continuerons de faire l’examen de ces objectifs et de rendre compte des progrès réalisés à leur égard chaque année, afin que la Déclaration conjointe demeure un document pertinent reflétant l’évolution de nos priorités communes.

Signé à Londres, le 12 février 2014.

L’honorable John Baird, c.p., député
Ministre des Affaires étrangères
Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada

Le très honorable William Hague, c.p., député
Secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth
Foreign and Commonwealth Office