On doit mettre fin à la campagne de terreur de l’EIIL

Ce texte d’opinion a été publié en ligne dans sa version originale anglaise dans le Globe and Mail du 5 septembre 2014.

Par John Baird

Au cours de l’été, nous avons tous observé avec effroi le déroulement de la tragédie humaine en Iraq. La campagne de terreur du soi-disant État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) a été barbare. Mais alors que l’été s’achève, la campagne diabolique de l’EIIL se poursuit. Ses membres ont déjà tué des milliers de personnes et en ont mutilé beaucoup plus; ils ont traumatisé des familles entières et forcé des mères, des filles, des fils et des pères à trouver refuge dans des camps poussiéreux pour personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Quelque1,8 million de personnes, un nombre sidérant, auraient fui devant la montée de l’EIIL.

Les dommages à long terme causés par l’EIIL ne peuvent être chiffrés. Les membres de ce groupe ont terrorisé et assassiné des chrétiens, des yézidis, des Turkmènes chiites et d’autres groupes minoritaires ethniques et religieux. Ils ont détruit d’anciens monuments religieux qui datent de plusieurs centaines d’années. Ils ont violé des enfants et réduit des femmes à l’esclavage sexuel. Ils ont exécuté sommairement des Iraquiens de toute croyance ou de tout groupe ethnique qui se sont opposés à leur règne de terreur. À maintes reprises, l’EIIL a démontré sa dépravation totale et son inhumanité. Comme l’a déclaré le premier ministre Stephen Harper, le Canada condamne la campagne systématique de persécution menée par l’EIIL pour forcer des centaines de milliers de chrétiens à se convertir à la forme abjecte de l’islam qu’épouse l’EIIL. La notion même de liberté de religion est précisément ce que cherche à éradiquer l’EIIL et ce à quoi le peuple iraquien de même que la communauté internationale ne peuvent renoncer.

Le lourd héritage qu’ils ont laissé aux Iraquiens ne pourra être effacé que par la forte volonté de la communauté internationale. J’ai visité l’Iraq au cours des derniers jours pour démontrer de manière tangible que le Canada est solidaire de la population et du gouvernement iraquiens pendant cette période difficile. Nous avons rencontré les dirigeants iraquiens pour leur communiquer ce message non équivoque de soutien et leur exprimer notre espoir qu’un gouvernement uni soit bientôt formé pour gouverner au nom de tous les Iraquiens, quelles que soient leur foi ou leur ethnie.

À Bagdad et à Erbil, nous avons eu des entretiens avec les dirigeants sur la situation de sécurité très précaire et la catastrophe humanitaire. Le dialogue et la diplomatie sont essentiels en cette période. Mais les actes sont plus éloquents que les paroles. J’ai été heureux de constater par moi-même les répercussions positives de la contribution à deux volets du Canada en Iraq — aider les victimes des actes de l’EIIL et appuyer les combattants sur la ligne de front dans la lutte contre l’EIIL.

Le Canada fournit une aide humanitaire grandement nécessaire. Cette aide permettra d’obtenir des résultats concrets, notamment en augmentant le nombre de tentes sur le terrain, en améliorant l’accès à l’eau potable et en répondant aux besoins fondamentaux des personnes déplacées. Sur le plan de la sécurité, le Canada aide à l’acheminement de fournitures militaires indispensables aux forces de sécurité de l’Iraq luttant contre l’EIIL, y compris grâce à deux de nos aéronefs. De plus, nous finançons les efforts régionaux visant à empêcher des combattants étrangers d’entrer en Iraq et en Syrie. 

Ces mesures ont fait du Canada l’un des principaux pays donateurs en réponse à la crise en Iraq, ce dont tous les Canadiens peuvent être fiers. Les Canadiens ont eu une contribution véritablement déterminante, tant pour les combattants peshmerga sur la ligne de front que pour les familles dans les camps pour personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui prient le ciel de pouvoir réintégrer rapidement leur demeure, sains et saufs. Il reste cependant beaucoup à faire, et le Canada ne peut y arriver seul.

L’EIIL constitue une menace non seulement pour la sécurité de l’Iraq, de la Syrie et de la région, mais aussi pour la sécurité mondiale. Nous avons tous intérêt à mettre fin à ce fléau, puisqu’il menace non seulement l’Iraq et ses citoyens, mais tous les peuples épris de liberté. J’estime que le terrorisme est l’un des plus grands défis que doit relever notre génération. La communauté internationale doit s’unir pour endiguer ce fléau et défendre les principes qui ont fait la grandeur de nos nations et les ont rendues prospères et libres.

Je n’oublierai jamais les effluves, la chaleur et l’immensité du désert iraquien, mais encore moins, les épreuves de ce peuple et son courage devant ces souffrances inimaginables. La lutte que mènent les Iraquiens pour préserver leur dignité et leur liberté face à la bigoterie et à l’oppression restera à jamais gravée dans ma mémoire et continuera d’orienter la politique étrangère du Canada dans cette région et ailleurs, alors que nous nous tournons vers l’avenir.