N° 2009/4 - Ottawa (Ontario) - Le 20 janvier 2009
Soyez les bienvenus. Je vous remercie d’être là. Je suis ici pour entendre vos préoccupations et vos suggestions, mais je voudrais d’abord vous faire part de mes réflexions sur la situation actuelle du continent africain.
Le Canada a trois grandes priorités de politique étrangère : les Amériques, l’Afghanistan et les marchés émergents.
Il est peut-être difficile de voir où se situent plusieurs de vos pays dans nos priorités géographiques, mais vous vous rappellerez sans doute que la politique étrangère du Canada est aussi ancrée dans notre respect des valeurs que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.
Nos politiques concernant l’Afrique reposent aussi sur ces bases.
Notre approche se concentre sur nos échanges et notre partenariat avec les dirigeants et les gouvernements africains progressistes qui sont acquis aux réformes politiques et économiques. Nous sommes d’ailleurs encouragés par les grands progrès qui ont été accomplis, notamment les récentes élections au Ghana, la réduction du nombre de conflits armés sur le continent et sa croissance économique soutenue.
Les pays du Maghreb et l’Égypte sont aussi de bons exemples de cette tendance : de nombreux pays ont opéré des réformes importantes alors qu’ils étaient en butte à de grandes difficultés, notamment au terrorisme.
Ces tendances africaines positives se reflètent dans notre propre commerce et dans nos investissements.
Depuis cinq ans, notre commerce de marchandises avec l’Afrique a plus que doublé. De plus, le Canada est le deuxième investisseur dans les mines d’Afrique subsaharienne depuis cinq ans, et plus d’une centaine de nos entreprises sont présentes dans 37 pays.
Le Canada s’inquiète par ailleurs du rôle des ressources naturelles dans le financement de conflits armés dans certains pays d’Afrique. C’est pourquoi il contribue activement à la bonne gouvernance des ressources naturelles de l’Afrique, notamment dans le cadre du Processus de Kimberley et de l’Initiative pour la transparence dans les industries d’extraction.
Non seulement le Canada entretient-il des relations économiques avec les pays africains, il est aussi depuis longtemps un partenaire actif de leur développement, et continuera de l’être.
Le gouvernement du Canada tient sa promesse faite au G8 de doubler son aide à l’Afrique, et reste fermement attaché au partenariat entre le G8 et votre continent. Nous appuyons le développement institutionnel de l’Union africaine [UA], qui obtient des résultats impressionnants depuis le début de sa brève existence.
Le Canada soutient depuis le début le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Notre assistance dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la gouvernance produit des résultats concrets. Nous aidons également les personnes vulnérables en leur apportant une aide humanitaire.
Le Canada est fermement engagé en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique.
Au Soudan, nous jouons un rôle de premier plan dans les efforts visant à instaurer la paix en appuyant les efforts de mise en œuvre de l’Accord de paix global. Le Canada soutient ce fragile Accord en parrainant des projets cruciaux qui favorisent la primauté du droit, la réforme du secteur de la sécurité et la bonne gouvernance. Depuis 2006, le Canada a versé plus de 514 millions de dollars pour contribuer à la paix et répondre aux besoins fondamentaux au Soudan.
Nous apportons également un appui considérable à la résolution du conflit au Darfour. Cette année, nous consacrerons jusqu’à 40 millions de dollars à des fins d’équipement et de formation des soldats et des policiers des pays d’Afrique qui participent à la mission conjointe de l’ONU et de l’UA au Darfour.
Nous participons en outre à la mission de l’ONU en RDC [République démocratique du Congo] et contribuons au développement d’une doctrine militaire moderne et professionnelle pour les nouvelles forces armées du pays afin d’assurer la protection de sa population.
Et malgré les reculs récents, le Canada reste attaché au processus de paix du Nord de l’Ouganda.
Le gouvernement canadien a annoncé une contribution additionnelle de 10,3 millions de dollars à la formation des agents de police et de maintien de la paix en Afrique, qui profitera également aux centres d’excellence d’Accra [Ghana], de Bamako [Mali] et d’Abuja [Nigeria].
Le Canada dispense de la formation et fournit de l’assistance technique et de l’équipement pour la lutte contre le terrorisme, et il va augmenter ses engagements financiers et coopérera davantage avec vous.
À la Commission de consolidation de la paix de l’ONU, dont il est membre, le Canada milite pour la consolidation de la paix après les conflits dans les pays comme la Sierra Leone et le Burundi. À cette fin, nous avons versé plus de 20 millions de dollars au Fonds pour la consolidation de la paix.
De plus, le Canada réagit rapidement face aux crises. En 2008, une frégate de la marine canadienne a escorté les navires du Programme alimentaire mondial à destination de la Somalie, et a aidé à la livraison de vivres suffisants pour nourrir 400 000 personnes durant six mois.
On déplore encore trop de crises en Afrique. Il suffit de penser à la Somalie, au Soudan, à la RDC et au Zimbabwe.
La crise humanitaire somalienne est causée en grande partie par l’absence de sécurité élémentaire, qui résulte de l’incapacité des parties à trouver un terrain d’entente pour rebâtir leur pays.
Le Canada continue d’engager toutes les parties au conflit au Darfour à mettre fin immédiatement à la violence, à respecter les droits de la personne et le droit international humanitaire, et à mettre fin à l’impunité. Nous demandons également au gouvernement soudanais et aux rebelles du Darfour d’adhérer au processus de paix dirigé par l’ONU et l’UA.
Nous exhortons le gouvernement du Soudan à faciliter le déploiement de la MINUAD [mission de l’UA et de l’ONU au Darfour] pour assurer la protection des civils.
Nous demeurons préoccupés par la nouvelle crise politique et humanitaire qui a surgi l’automne dernier dans l’est du Congo et en particulier par la violence contre les femmes qui y persiste.
Nous estimons que la crise économique, politique et humanitaire au Zimbabwe est la conséquence de la gouvernance fondamentalement déficiente d’un régime qui méprise le bien-être et les droits humains de sa population. La mort de plus de 2 000 personnes des suites du choléra, alors que cette maladie est évitable, en est la preuve.
Le Canada a demandé l’intervention du Conseil de sécurité dans la crise au Zimbabwe.
Comme vous le savez, nous briguons un siège au Conseil de sécurité pour un mandat de deux ans qui débuterait en 2011.
Le Canada est un important bailleur de fonds de toutes les grandes sphères d’activité des Nations Unies.
En disposant d’un siège au Conseil en 2011 et 2012, nous pourrions poursuivre notre tradition d’action militante aux Nations Unies dans des domaines comme la consolidation de la paix ainsi que la prévention et la résolution des conflits.
Nous pourrions promouvoir une plus grande efficacité, une plus grande responsabilisation et une plus grande transparence du Conseil de sécurité.
Les relations entre le Canada et les pays d’Afrique continuent de se développer.
Des milliers d’étudiants africains acquièrent au Canada des compétences spécialisées, essentielles au développement de l’Afrique. Les immigrants africains contribuent grandement à la diversité du Canada, à son succès et à sa compétitivité dans l’économie mondiale. Nul doute que les liens entre nos pays vont continuer de se développer.
Le gouvernement du Canada vous accompagnera tout au long du cheminement de l’Afrique vers ses buts de paix et de prospérité.
Je vous remercie.