N° 2009/11 - Whitehorse (Yukon) - Le 11 mars 2009
Je suis heureux d'être ici, à Whitehorse, cet après-midi pour parler de la politique étrangère du Canada pour l'Arctique, une de mes priorités les plus importantes. Il s'agit du commencement d'une série d'événements qui me donneront l’occasion de démontrer mon engagement continu à l’égard des questions liées à l'Arctique.
L'Arctique est une région émergente où de grands changements sont sur le point de se produire. Les habitants du Nord ont été les premiers à remarquer les effets du changement climatique sur l'environnement arctique et, encore plus important, sur leurs vies. Vous avez montré une résilience et une vision remarquables au fil des ans.
Je veillerai à ce que l'attention de la communauté internationale demeure axée sur les difficultés et les possibilités qui se présentent dans l'Arctique. L'un des moyens d'y parvenir est de recentrer l'attention sur le rôle et l'importance du Conseil de l'Arctique, qui est la première tribune internationale pour la coopération dans l'Arctique. Par ailleurs, il sera essentiel de renforcer le dialogue sur le Nord tant au pays qu'avec nos partenaires bilatéraux.
Cette année marque le 100e anniversaire du célèbre voyage exploratoire réalisé dans l'Arctique, au nom du gouvernement du Canada, par un grand Canadien, le capitaine J.E. Bernier. Avec l'aide de guides inuits, il s'est rendu dans les régions éloignées du vaste territoire qu’a transféré la Grande-Bretagne au Dominion du Canada en 1880.
En 1909, le Canada n'avait que 42 ans, et ce pays en pleine expansion était peuplé de 6,8 millions d’habitants. Le Nord s'inscrivait aussi dans cet esprit d'expansion. Pour la première fois en 1909, la population avait élu tous les membres du Conseil territorial du Yukon. La « course vers le pôle Nord » et l'exploration de l'Arctique en général faisaient les manchettes à l'époque. Aujourd'hui, l'Arctique et le Nord figurent de nouveau dans les programmes international et national comme jamais auparavant.
Bien des choses ont changé depuis le grand voyage du capitaine Bernier dans l'Arctique. La fonte des glaces polaires, les nouvelles technologies et les besoins en énergie et en ressources naturelles sont la source de profonds changements pour les habitants et l'environnement de la région. Il existe également un intérêt grandissant pour l'Arctique, même dans des pays lointains comme l'Italie, le Japon, la Corée du Sud, la Chine et l'Inde.
Le Canada est une nation arctique et une puissance arctique. L'Arctique et le Nord Canadien forment plus de 40 p. 100 de notre masse terrestre. Nous occupons une grande partie de l'Arctique. L'Arctique et le Nord sont partie intégrante de notre identité nationale.
Le Nord regroupe plus de 100 000 Canadiens dans trois territoires — le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, le territoire le plus récemment créé. Il comprend aussi des régions dans les provinces canadiennes caractérisées par des conditions nordiques. Bon nombre des habitants du Nord sont des Inuits et des membres des Premières nations dont les ancêtres se sont établis dans la région il y a des millénaires.
La souveraineté du Canada sur les terres et les eaux de l'Arctique remonte à loin; elle est bien établie et fondée sur un titre historique.
La préparation des générations futures aux possibilités et aux difficultés à venir est l'un de nos principaux objectifs, visé notamment par des établissements comme le Collège du Yukon. Je suis donc heureux d'annoncer aujourd'hui que le gouvernement fédéral créera une bourse d'études supérieures sur le rôle du Canada dans le monde circumpolaire. Vingt bourses de recherche seront accordées à des étudiants dans tout le Canada au cours des deux prochaines années. Ainsi, nous mettrons à contribution l'énergie et les idées de nos futurs chefs de file.
C'est la raison pour laquelle notre gouvernement a annoncé une stratégie intégrée pour le Nord qui repose sur quatre piliers, à savoir la protection de notre patrimoine naturel, la promotion du développement économique et social, la démonstration de notre souveraineté ainsi que l'amélioration et le transfert de la gouvernance. Grâce à une solide politique étrangère pour l'Arctique, nous nous acquittons de la dimension internationale de chacun des quatre éléments de cette stratégie et affirmons ainsi notre leadership, notre gérance et nos droits de propriété dans la région.
Une politique canadienne sur l'Arctique claire permettra de créer un environnement propre à la mise en œuvre réussie de notre stratégie intégrée pour le Nord.
Depuis 2006, notre gouvernement a pris de nombreuses mesures pour protéger et préserver notre environnement arctique unique. Nous bâtirons sur ces solides fondations pour faire face aux questions d'urgence, qu'il s'agisse des polluants chimiques, de la sécurité de la navigation, de la recherche et du sauvetage et du changement climatique.
Nous reconnaissons que le changement climatique a une incidence disproportionnée sur l'Arctique et ses habitants, bien que les experts ne s'entendent pas sur le rythme de ce changement énorme. Par exemple, certains experts ont prévu récemment que l'Arctique au complet n'aurait plus de glace en été d'ici 2013, et d'autres disent que ce phénomène n'arrivera qu'en 2050. Le Service canadien des glaces estime, par contre, que le passage du Nord-Ouest ne sera probablement pas une voie de navigation commerciale fiable pendant des décennies en raison de l'extrême variabilité des glaces.
Néanmoins, il ne fait aucun doute que nous devons être prêts à agir maintenant, en sachant que nous avons la garde d'un trésor pour les futures générations.
Dans le Nord, les températures changeantes, la fonte de neige et de glace et les taux inquiétants de contaminants présents dans les sources d'alimentation locales découlent d'activités qui se produisent à des milliers de kilomètres de l'Arctique. Par conséquent, nous travaillerons avec les institutions multilatérales concernées, comme la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, pour prendre des mesures dans ces dossiers. Et nous continuerons à jouer un rôle de chef de file dans l'élaboration de lignes directrices pour la navigation dans l'Arctique au sein de l'Organisation maritime internationale.
Le Canada figure depuis longtemps au premier plan de la protection de l'environnement arctique. Déjà en 1970, le Canada adoptait la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques afin de protéger l'environnement marin.
À l'occasion de sa dernière visite dans l'Arctique, le 27 août 2008, le premier ministre Stephen Harper a annoncé que le gouvernement du Canada élargirait le champ d'application de la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques au-delà de la zone actuelle de 100 milles marins. Nous voulons réglementer la navigation dans les zones jusqu'à 200 milles marins des lignes de base des mers territoriales canadiennes.
De plus, le premier ministre a annoncé que le Canada établira de nouveaux règlements en vertu de la Loi sur la marine marchande du Canada afin d’obliger tous les navires se dirigeant vers ses eaux arctiques à s'identifier dans les mêmes limites de 200 milles marins.
À mesure que le trafic maritime s'intensifiera dans le Nord, le gouvernement du Canada adaptera la réglementation et les mécanismes déjà en place pour protéger les intérêts canadiens.
Le gouvernement du Canada a aussi promis une surveillance améliorée et une présence militaire accrue dans les eaux arctiques canadiennes. Nous mettons actuellement en œuvre une approche de gestion des océans axée sur l'écosystème, entre autres dans la mer de Beaufort.
Nous travaillons à la création d'une aire marine protégée dans l'Est de l'Arctique, à Lancaster Sound, et nous avons mis de côté des terres pour l'expansion du parc national Nahanni dans l'Ouest de l'Arctique.
Sous la direction de mon collègue Chuck Strahl, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien [et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits], notre gouvernement a misé sur ces activités en investissant plus de 150 millions de dollars dans l'Année polaire internationale.
Nous avons centré nos efforts sur les répercussions et l'adaptation liées aux changements climatiques. Nous avons mis en valeur une priorité canadienne, la santé et le bien-être de nos collectivités du Nord, grâce au travail de ma collègue, la ministre [de la Santé] Aglukkaq.
La création d'une Station de recherche de calibre mondial dans l'Extrême-Arctique constitue un investissement pour les générations futures. Cet établissement sera à la fine pointe des enjeux touchant l'Arctique, y compris la science environnementale et la mise en valeur des ressources. Dans le budget de 2009, notre gouvernement s’est engagé à verser 85 millions de dollars sur deux ans pour améliorer les installations de science et de technologie dans l’Arctique et un montant supplémentaire de 2 millions de dollars pour la réalisation d’une étude de faisabilité sur la Station de recherche de l'Arctique.
La dimension humaine de l'Arctique — veiller à un développement économique et social durable, au bénéfice des habitants de l'Arctique, tout particulièrement les populations autochtones — est un objectif clé pour le Canada.
C'est pourquoi, de concert avec des partenaires, nous avons joué un rôle de chef de file dans la préparation du Rapport sur le développement humain dans l'Arctique et l'Évaluation de l'exploitation pétrolière et gazière dans l'Arctique du Conseil de l'Arctique. Cette collaboration porte également sur l'Évaluation du transport maritime dans l'Arctique, à paraître prochainement.
Avec la collaboration étroite des gouvernements territoriaux et des habitants du Nord, aussi bien sur le plan national qu'international, nous aidons à édifier des communautés dynamiques, saines et durables. Cela implique, entre autres, de tirer des apprentissages des savoirs traditionnels et d'appuyer les activités économiques ancestrales, telles que la chasse au phoque.
Le Nord canadien recèle des ressources importantes. C'est ainsi que l'Arctique canadien renferme, estime-t-on, 20 p. 100 des réserves mondiales de pétrole, et que des entreprises canadiennes, avec le soutien de nos chercheurs, mettent au point des technologies susceptibles d'être utilisées en milieu arctique.
Les investissements étrangers dans l'innovation et le développement du savoir-faire dans ce domaine peuvent aussi s'avérer utiles pour notre pays. Or, nous sommes déterminés à faire en sorte que les habitants du Nord profitent de ces bienfaits économiques.
L'activité dans les terres et les eaux arctiques s'intensifie, et nos capacités dans le Nord se renforcent. Le gouvernement du Canada, en tant que première instance dirigeante nationale, a la responsabilité d'exercer les droits souverains canadiens dans la région.
Dans cette optique, le premier ministre Harper s'attache, avec détermination, à défendre la souveraineté canadienne dans l'Arctique.
Le 10 août 2007, il a annoncé trois nouvelles initiatives visant à mettre en valeur la souveraineté canadienne dans l'Arctique, soit :
Un nouveau brise-glace de classe polaire, à la fine pointe de la technologie, est en voie de construction. Il portera le nom du 13e premier ministre du Canada, le très honorable John. G. Diefenbaker, qui, tout au long de sa vie, a plaidé en faveur de l'investissement dans le Nord canadien, y compris sa protection.
Les Forces canadiennes, dans le cadre de leur mandat, patrouillent fréquemment l'Arctique. Des exercices tels que l'opération Nanook assurent la visibilité de la présence canadienne dans la région.
Grâce à l'acquisition de nouveaux navires capables de patrouiller au large des côtes arctiques, la marine canadienne pourra se déployer sur les trois océans qui bordent le Canada, afin d'y mener des activités de surveillance, de recherche et de sauvetage. Elle pourra aussi apporter un soutien à la Gendarmerie royale du Canada, à la Garde côtière canadienne ainsi qu'à d'autres ministères et organismes gouvernementaux.
Les Forces canadiennes jouent un rôle important dans la région et veillent à ce que le Canada puisse apporter son aide dans les situations d'urgence, qu’il s’agisse d'un déversement accidentel de pétrole ou de l’écrasement d'un avion.
Il est également important de déterminer où le Canada peut exercer ses droits souverains. C'est précisément ce qui sous-tend les efforts visant à délimiter le tracé de la limite extérieure du plateau continental étendu.
La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer reconnaît formellement le droit du Canada d’exercer sa souveraineté sur son plateau continental. De même, elle prévoit une procédure par laquelle les États côtiers comme le Canada peuvent faire reconnaître, sur le plan international, la limite précise de leur plateau continental.
Mon gouvernement a consenti des investissements importants — 40 millions de dollars sur quatre ans, jusqu'à concurrence de 109 millions de dollars pour la durée du projet — afin que le Canada parvienne à faire reconnaître l'étendue maximale de son plateau continental, aussi bien dans l'Arctique que dans l'Atlantique.
La délimitation du plateau continental étendu implique une démarche méthodique et de longue haleine : ce n'est ni une course, ni une question de rivalité. Il s'agit plutôt d'une collaboration fondée sur un engagement commun envers le droit international. Pour ces travaux scientifiques, le Canada coopère avec ses voisins de l'Arctique, les États-Unis, le Danemark et la Russie.
L'amélioration et la délégation de la gouvernance constituent une priorité nationale pour le Canada. Des efforts concrets sont déployés pour que les communautés du Nord aient davantage voix au chapitre en ce qui concerne les décisions qui touchent leurs populations, afin que celles-ci aient une meilleure maîtrise sur leur destin.
Par notre politique étrangère pour l'Arctique, nous réaffirmons et renforçons notre action nationale en faveur d'une solide gouvernance dans le Nord. À cet égard, nous sommes conscients de l’important rôle de leadership qu’ont joué les groupes autochtones et les communautés nordiques dans l'orientation de nos efforts internationaux. Nous continuerons à veiller à ce que ceux-ci continuent à participer aux prises de décisions, de façon à ce que nos communautés nordiques puissent se faire entendre davantage.
Force est de constater l'envergure et la complexité des enjeux auxquels est confronté l'Arctique. Ainsi, nous sommes conscients de l'importance de s'attaquer à un grand nombre de ces problèmes en collaborant avec nos voisins, par exemple dans le cadre du Conseil de l'Arctique, dans d'autres institutions multilatérales et à la faveur de partenariats bilatéraux.
En raison de l'intérêt accru que suscite l'Arctique, l'attention se porte de plus en plus sur la gouvernance internationale de cette région. Or, le leadership énergique du Canada dans l'Arctique continuera à favoriser une saine gouvernance internationale dans la région.
À l'heure actuelle, un cadre juridique international très complet régit l'utilisation de l'océan Arctique. Le droit de la mer, notamment, prévoit des obligations et des droits importants au regard du tracé de la limite extérieure du plateau continental, de la protection du milieu marin et d'autres utilisations de la mer.
Dans la Déclaration d'Ilulissat de 2008, l'ensemble des cinq pays qui bordent l'océan Arctique, y compris le Canada, ont réaffirmé leur attachement à ce cadre, qui découle de l'application du droit de la mer et qui prévoit le règlement pacifique des divergences de vues.
Le Canada et les Canadiens du Nord ont joué un rôle de chef de file dans la mise en place du Conseil de l'Arctique. Nous voulons maintenant redynamiser le Conseil. Cette organisation unique en son genre réunit à la même table tant les États que les peuples autochtones. Elle jette également les bases d'une gouvernance solide, responsable et concertée de l'Arctique.
La mission première du Conseil est de fournir un moyen de promouvoir la coopération, la coordination et les relations entre les États arctiques, ainsi que la participation des collectivités autochtones et d'autres habitants de l'Arctique dans les enjeux communs liés à l'Arctique. Depuis sa création, le Conseil a réussi à élaborer un programme d'action commun pour les États de l'Arctique et les participants permanents. Mais comme la région change, ses institutions doivent en faire autant.
Nous devons effectuer davantage de recherche sur certaines questions émergentes importantes pour le développement durable et la protection de l'environnement de l'Arctique. Nous devons renforcer l'échange des meilleures pratiques et instituer un dialogue plus énergique sur des questions de politique et de coordination.
Il faut que le Conseil joue un plus grand rôle de sensibilisation et de défense des intérêts des habitants de l'Arctique, de façon à ce que d'autres institutions multilatérales prennent en considération ces intérêts et leurs préoccupations dans leurs délibérations. À titre d'exemple, face à des enjeux émergents et pour répondre aux besoins des habitants du Nord, le Canada continue de jeter des bases solides, telles que la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
Le Conseil de l'Arctique doit avoir le dynamisme, les ressources et l'influence nécessaires pour relever efficacement les nouveaux défis auxquels est confronté l'Arctique. Il doit en outre pouvoir puiser, dans les travaux scientifiques de premier ordre réalisés par ses groupes de travail, une information utile pour les populations et les collectivités nordiques.
Comme ils l'ont fait jusqu'ici, les responsables canadiens continueront à favoriser une bonne gouvernance dans la région.
Pour ma part, je tiens à réaffirmer le ferme attachement du Canada au Conseil de l'Arctique, notamment sa détermination à renforcer son efficacité en tant qu'instance décisionnelle internationale pour la coopération dans l'Arctique.
Je suis impatient de discuter de ces questions avec mes homologues et avec les participants permanents, lorsque j'assisterai à la réunion ministérielle du Conseil, à Tromsø, en Norvège, en avril 2009.
Nous poursuivrons le dialogue aux plus hauts échelons avec nos voisins arctiques afin de promouvoir une région stable et respectueuse des règles. Nous pourrons ainsi poser les jalons d'un développement économique et social durable et d'une protection efficace de l'environnement.
Les États-Unis sont nos premiers partenaires dans l'Arctique et, à ce titre, je suis impatient d'invoquer prochainement, avec mon homologue américaine, la secrétaire d'État [Hillary] Clinton, la possibilité d'une coopération accrue face aux enjeux arctiques.
De toute évidence, nos deux pays ont de nombreux intérêts et objectifs en commun, qu'il s'agisse de la bonne gestion de l'environnement, de la recherche et du sauvetage, de la protection, de la sécurité ou de l'exploitation durable des ressources.
Je prévois également examiner les possibilités de poursuivre des objectifs communs, à compter de 2013, lorsque le Canada, et par la suite les États-Unis, assumera la présidence du Conseil de l'Arctique.
De concert avec la Fédération de Russie, nous veillons à la poursuite d'intérêts communs, comme en témoigne le Protocole d'entente entre le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien et le ministère du Développement régional de la Fédération de Russie, protocole qui vise à étudier les possibilités de coopération avec nos populations autochtones.
Avec mon homologue russe, j'examinerai en outre comment il est possible de collaborer plus étroitement, y compris au sein du Groupe de travail sur l'Arctique et le Nord.
Nous avons également des intérêts en commun avec nos autres voisins arctiques — la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande et l'Islande — y compris les leçons à tirer de leur expérience. Ce mois-ci, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, j'ai rencontré mes homologues norvégiens et finlandais, avec lesquels j'ai discuté de l'Arctique.
À l'heure actuelle, nous examinons comment le commerce, l'innovation et les investissements peuvent contribuer au développement durable du Nord.
C'est ainsi que, par exemple, notre dialogue bilatéral sur le Nord avec la Norvège porte sur des questions telles que l'adaptation aux changements climatiques, l'exploitation pétrolière et gazière, la gestion des océans et la coopération scientifique.
Nous collaborons également sur les enjeux de l’Arctique des pays qui ne sont pas bordés par cette région. L'exemple le plus récent serait la coopération entre le Canada et le Royaume-Uni en ce qui concerne la recherche scientifique polaire dans l'Arctique et l'Antarctique.
En ma qualité de ministre des Affaires étrangères, je m'engage à renforcer en priorité notre coopération bilatérale avec les pays arctiques. C'est pourquoi j'entreprends une tournée de promotion de l'Arctique, et que je visiterai les capitales de la région circumpolaire pour promouvoir les intérêts arctiques du Canada. Je me rendrai d'abord à Washington, puis en Europe.
Cent ans après le périple du capitaine Bernier et de nombreux autres Canadiens courageux, il appartient désormais à notre génération de protéger et de mettre en valeur ce patrimoine commun : l'Arctique canadien, dans toute son unicité et sa splendeur.
Dans le prolongement de la dimension internationale de la Stratégie pour le Nord, nous protégerons notre patrimoine naturel, ferons la promotion du développement économique et social, exercerons notre souveraineté et veillerons à encourager une gouvernance internationale plus efficace dans cette région cruciale.
Il y a cent ans cette année, le capitaine Bernier a dirigé une expédition dans l'Arctique. Depuis, beaucoup d'autres explorateurs ont affirmé, comme lui, devoir leur survie à l'aide reçue des habitants du Nord.
L'esprit de coopération et de respect, tel qu'il s'est manifesté il y a cent ans dans le Nord canadien, a donné naissance à un héritage canadien unique en son genre, qui caractérise encore notre action aujourd'hui.
Grâce à la solidité de nos partenariats nationaux et internationaux, nous continuerons, ensemble, à tirer parti des nouvelles possibilités, nous ferons face aux changements et nous relèverons les défis.
Je vous remercie.