N° 2009/15 - La Haye, Pays-Bas - Le 31 mars 2009
Mesdames, Messieurs les présidents, distingués invités, chers collègues.
Je tiens à remercier les gouvernements des Pays-Bas et de l'Afghanistan, de même que les Nations Unies, d'avoir convoqué cette réunion.
Je souhaite également remercier le Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki Moon, et le président [Hamid] Karzaï pour leur discours d'ouverture. Le Canada apprécie grandement le rôle joué par Monsieur Kai Eide [représentant spécial des Nations Unies en Afghanistan et chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA)] et par la MANUA et il y apporte son plein soutien. Nous continuons de compter sur votre leadership.
Votre présence aujourd'hui reflète une profonde détermination à l'échelle internationale dans le dossier de l'Afghanistan. Nous devons prendre collectivement des mesures concrètes pour atteindre nos objectifs. Nous devons notamment augmenter et distribuer plus judicieusement l'aide civile et déployer des soldats supplémentaires au sein de la FIAS [Force internationale d'assistance à la sécurité].
Je reviens tout juste d'une visite en Afghanistan où j'ai eu l'occasion de voir directement les retombées de nos initiatives. J'ai également pu constater à quel point il est essentiel de tenir compte de la dimension régionale pour réaliser des progrès dans ce pays. À cet égard, le Canada accueille favorablement l'examen stratégique des États-Unis ainsi que l'importance accrue attachée à la dimension régionale.
Nous devons canaliser nos efforts dans quatre domaines clés au fur et à mesure que nous irons de l'avant.
En premier lieu, nous devons nous concentrer sur la croissance économique, y compris dans les domaines du développement agricole, de la création d'emplois et de l'infrastructure.
En deuxième lieu, nous devons continuer à soutenir les efforts que déploie le gouvernement de l'Afghanistan pour établir des institutions nationales qui soient démocratiques et responsables. Les Afghans s'attendent à ce que leur gouvernement lutte contre la corruption — nous aussi.
Les élections qui auront lieu cette année devront non seulement être crédibles aux yeux des Afghans, mais elles devront permettre à la population et aux médias de s'exprimer librement.
En troisième lieu, afin que l'Afghanistan soit un pays sûr et juste, nous devons accorder une attention accrue à la primauté du droit — police, système judiciaire et système pénitentiaire.
Finalement, nous devons adopter une véritable approche régionale pour relever les défis qui s'étendent à plusieurs domaines, notamment la sécurité, le développement économique, la lutte contre les drogues et la gestion frontalière.
Dans cette optique, le Canada a adopté une approche ciblée en Afghanistan, et je suis encouragé de constater que nos priorités sont synchronisées avec celles discutées ici aujourd'hui.
Le projet d'irrigation du barrage de Dahla à Kandahar permettra notamment de créer près de 10 000 emplois saisonniers. Nous avons versé 35 millions de dollars en vue d'appuyer le processus électoral à venir. De plus, par l'intermédiaire du Fonds d'affectation spéciale pour l'ordre public, nous avons annoncé récemment une contribution de 19 millions de dollars pour la rémunération des policiers, ce qui porte à 70 millions de dollars notre contribution totale. Nous doublerons également le nombre de conseillers déployés auprès des services de police civils d'ici l'été. Ces efforts et ces investissements visent à assurer une plus grande part de responsabilités de la part des Afghans en ce qui concerne la sécurité, lorsque nous terminerons notre mission de combat à Kandahar en 2011.
Conformément à l’esprit de cette conférence, je suis fier de signaler que le Canada a facilité le dialogue sur la coopération frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan. Il y a tout juste deux jours, à Dubaï, des hauts fonctionnaires des deux pays se sont entendus sur un plan d'action ambitieux et concret pour la coopération. Le Canada voit son rôle à l'échelle régionale comme un rôle de facilitateur, et il se réjouit de l’établissement d’un partenariat international élargi pour les projets retenus. Nous reconnaissons cependant que nos contributions ne donneront des résultats que si elles appuient des solutions, des initiatives et des institutions dirigées et prises en charge localement. Je tiens à remercier nos collègues afghans et pakistanais de leur détermination et de leur leadership. Le Canada est disposé à faire tout en son pouvoir pour les aider.
Je suis persuadé que la réunion d'aujourd'hui représentera une autre étape importante qui aidera la communauté internationale à poursuivre ses efforts tant en Afghanistan que dans la région.
Je vous remercie.