Notes pour une allocution du ministre des Affaires étrangères, l'honorable Lawrence Cannon, à l’occasion du centenaire du Traité des eaux limitrophes

N° 2009/40 - Niagara Falls (Ontario) - Le 13 juin 2009

Sous réserve de modifications

Nous nous trouvons ici à la frontière de nos deux grands pays, devant ces chutes majestueuses. Beaucoup d'eau a coulé ici au fil des siècles, bien sûr. Ces rives ont aussi été témoins de leur part d'événements historiques.

Par exemple, je me souviens avoir lu qu'un journaliste entreprenant — il y en avait, même à l'époque — avait demandé à Winston Churchill, lors de sa deuxième visite aux chutes Niagara en 1943, s'il y avait des changements par rapport à sa première visite, 14 ans plus tôt. On rapporte que Churchill aurait répondu, en regardant les chutes : « Le principe de base ne semble pas avoir changé. »

Eh bien, nous sommes ici aujourd'hui pour célébrer le fait que le principe de base sur lequel l'amitié qui unit le Canada et les États-Unis est fondée n'a pas changé.

Le Canada et les États-Unis ont partagé, et géré conjointement, la frontière entre leurs deux pays sans incidents majeurs depuis une centaine d'années. Ce n'est pas négligeable : je ne crois pas qu'on pourrait en dire autant de bien des voisins. C'est donc vraiment remarquable et significatif, et c'est une bonne raison de célébrer.

Le Canada et les États-Unis partagent un atout énorme, et une énorme responsabilité : les Grands Lacs. Constituant le plus grand réseau d'eau douce de surface au monde, ces mers intérieures sont essentielles à notre santé et à notre bien-être communs, à notre environnement commun et à nos économies interdépendantes.

Ils nous ont fourni non seulement des voies d'échanges commerciaux et d'expédition et une source de subsistance pour nos citoyens, mais ils constituent de façon tout aussi importante une source d'eau potable, de diversité écologique et de beauté naturelle.

Signé en 1909, le Traité des eaux limitrophes a établi des mécanismes pour aider à régler des différends et prévenir d'éventuels désaccords, surtout en ce qui concerne la quantité et la qualité de l'eau le long de la frontière.

L'accord établit aussi une Commission conjointe internationale, une des plus anciennes de toutes les organisations binationales canadienne et américaine, afin de gérer la conservation et la remise en valeur de toutes nos ressources communes en eau.

En cette année de son centenaire, la Commission mixte internationale témoigne toujours de la bonne volonté, du travail acharné et de la vision à long terme qui caractérisent la coopération entre nos deux grands pays.

Les Grands Lacs sont aujourd'hui confrontés à plusieurs nouveaux défis. Par conséquent, nous prenons de nouvelles mesures pour les protéger. Nous travaillerons ensemble pour garantir que les citoyens de nos deux pays ont accès à de l'eau propre, sûre et saine, et que son approvisionnement soit fiable et protégé.

Bien entendu, nous sommes ici pour célébrer le centenaire du Traité des eaux limitrophes. Il se trouve aussi, Madame la Secrétaire d'État [Hillary Rodham Clinton, secrétaire d’État des États-Unis], qu’Affaires étrangères et Commerce international Canada célèbre aussi son 100e anniversaire cette année, à un moment où le monde autour de nous traverse une période de changement énorme et rapide, comme vous le savez bien.

Les lignes directrices en matière de politique étrangère ne sont plus aussi clairement définies qu'elles l'ont été pendant la plus grande partie du siècle dernier. Les enjeux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui — la crise économique, la paix, la sécurité, les droits de la personne, les libertés civiles, le développement économique et les changements climatiques — exigent la coopération de la communauté internationale dans son ensemble.

C'est pourquoi la qualité et la profondeur de nos rapports avec d'autres pays n'ont jamais été aussi importantes qu'aujourd'hui. L'amitié entre le Canada et les États-Unis est un modèle pour le monde entier. Les échanges commerciaux entre nos deux économies sont essentiels.

Nous devons travailler de concert pour les maintenir. Le libre-échange entre le Canada et les États-Unis a été et demeure un moteur dans nos deux pays, un moteur qui nous aidera à nous sortir de la crise économique mondiale.

Les dirigeants du G20 ont de nouveau reconnu cette année l'importance du commerce lorsqu'ils ont convenu de résister au protectionnisme. Après tout, nous avons tiré une leçon de la grande dépression, c'est-à-dire que le protectionnisme n'a pour effet que de nous enfoncer tous davantage.

Nos deux grands pays doivent prendre appui sur leurs relations commerciales de longue date si nous voulons continuer sur la voie de la reprise économique. Madame la Secrétaire d'État, notre histoire commune prouve que nous pouvons faire de grandes choses qui servent notre intérêt commun, lorsque nous travaillons ensemble. Nous sommes membres du G8.

En matière de sécurité, le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord [NORAD], créé dans les années 1950, demeure essentiel pour protéger notre espace aérien commun. Nous sommes des partenaires fondateurs de l'OTAN [Organisation du Traité de l’Atlantique Nord], nous nous sommes tenus côte à côte dans les longues années noires de la guerre froide et nous nous sommes réjouis ensemble lorsque nous l’avons emporté sur nos adversaires, en grande partie grâce à notre solidarité.

Aujourd'hui, nous luttons côte à côte en Afghanistan contre le fléau du terrorisme mondial. Nous avons aussi construit et entretenu conjointement des infrastructures là où il était logique de le faire.

L'énorme effort investi dans les années 1950 pour construire la Voie maritime du Saint-Laurent et donner à nos centres industriels l'accès au transport océanique n'est qu'un exemple.

Les nombreux ponts qui relient nos deux pays d'est en ouest en sont d'autres.

Engageons-nous de nouveau aujourd'hui à continuer de faire de grandes choses ensemble.

Mesdames et Messieurs, veuillez vous joindre à moi pour célébrer le centenaire du Traité des eaux limitrophes. Levons nos verres à au moins un autre siècle de collaboration fructueuse.

Je vous remercie.