N° 2009/42 - Gatineau (Québec) - Le 26 juillet 2009
Comme vient de le mentionner le ministre [des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, M. Chuck] Strahl, notre gouvernement a fait de l'Arctique une priorité absolue, une priorité que nous croyons que les Canadiens partagent. Le Canada est une nation arctique et une puissance arctique.
En tant que ministre des Affaires étrangères, je rencontre régulièrement mes homologues du Conseil de l'Arctique. Lors de nos discussions, je réitère l'importance du Nord pour les Canadiens. Le Nord fait partie intégrante de notre identité nationale, tout comme de notre passé et de notre présent. Il est aussi d'une importance capitale pour les générations à venir.
Comme vous le savez, aujourd'hui le gouvernement demande à l'Union européenne de reconsidérer son interdiction concernant le commerce des produits dérivés du phoque.
Ensemble, l'Arctique et le Nord forment plus de 40 p. 100 de notre masse terrestre et regroupe plus de 100 000 Canadiens, dont bon nombre sont des Inuits et des membres des Premières nations dont les ancêtres se sont établis dans la région il y a des millénaires.
Notre politique étrangère pour l'Arctique appuie la Stratégie pour le Nord du Canada — d’ailleurs nous sommes ici aujourd’hui pour présenter cette stratégie — et illustre notre leadership et notre gérance dans la région.
Mais une politique ne vaut que les mesures qu'elle inspire.
Les habitants du Nord sont au cœur de notre stratégie pour l'Arctique.
Pour cette raison, le Canada a exercé un rôle prépondérant au Conseil de l'Arctique, qui est la principale tribune internationale où l'on discute des enjeux circumpolaires. De concert avec nos partenaires, nous avons préparé le Rapport sur le développement humain dans l'Arctique du Conseil de l'Arctique ainsi que l'Évaluation des activités pétrolières et gazières et récemment diffusé l'Évaluation de la navigation maritime dans l'Arctique. Par ailleurs, nous travaillerons en collaboration étroite avec nos partenaires à des projets futurs concernant la biodiversité de l'Arctique ainsi que la recherche et le sauvetage. Le travail dans ces domaines permet de favoriser des collectivités saines, sûres et prospères dans le Nord.
À l'échelle internationale, nous œuvrons par l'intermédiaire de nos ambassades dans l'Arctique et avec nos partenaires étatiques afin de repérer de nouvelles possibilités économiques au profit des entreprises canadiennes, y compris des possibilités d'investissement à l'étranger.
Notre objectif ultime consiste à garantir que les habitants du Nord soient les premiers à profiter des retombées économiques, ce qui favorisera des communautés dynamiques et durables.
Dans le Nord, les changements climatiques, la fonte des glaces et la hausse des niveaux de contamination résultent d'activités qui peuvent s'être produites à des milliers de kilomètres de la région et avoir quand même des effets disproportionnés sur son environnement.
Le Canada est depuis longtemps un pionnier des mesures visant à protéger l'Arctique. En fait, ces dernières années, notre gouvernement a fait des pas de géant pour préserver non seulement l'environnement de l'Arctique, mais aussi ses collectivités et ses écosystèmes.
En 2007, le gouvernement a annoncé un engagement de 60 millions de dollars sur cinq ans dans le cadre de l'initiative Santé des océans, afin de protéger les voies navigables canadiennes contre la pollution par les navires. Nous avons appliqué la réglementation et amélioré les capacités de surveillance; nous soutenons aussi les recherches sur la prévention de la pollution.
Le Canada joue aussi un rôle directeur dans l'élaboration de lignes directrices relatives au transport maritime des marchandises dans l'Arctique, par le biais de l'Organisation maritime internationale. Il veut s’assurer que des règles seront adoptées afin de protéger ses propres intérêts.
En 2007 toujours, notre gouvernement a annoncé un nouveau règlement sur la prévention de la pollution par les navires et sur les produits chimiques dangereux. La réglementation rend illégal le rejet délibéré, par négligence ou accidentel de polluants dans le milieu marin.
Nous avons également mis à jour la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques, qui datait de 1970, afin de protéger l'environnement marin.
Ce sont là des mesures concrètes que le Canada fait valoir lorsqu'il travaille avec des institutions multilatérales pour régler des problèmes environnementaux aigus.
Le Canada exerce depuis longtemps, sur les terres et les eaux de l'Arctique, une souveraineté qui est bien établie et qui repose sur des titres historiques. Nous exerçons cette souveraineté grâce à notre gouvernance et à notre gérance dans l'Arctique canadien. Ces pratiques sont conjuguées aux opérations menées par les Forces canadiennes et aux activités de la Garde côtière canadienne.
Nous avons consacré de nouvelles ressources à la protection et aux patrouilles territoriales, maritimes et aériennes. Toutes ces ressources aident à consolider notre présence dans la région et à nous outiller en vue de répondre aux crises.
Chaque fois que j'ai eu l'occasion de discuter avec des ministres des Affaires étrangères d’autres pays, j'ai réitéré que notre pays continuera à affirmer sa souveraineté dans l'Arctique.
Une composante essentielle de l'engagement de notre gouvernement à l'égard de l'Arctique est notre programme permanent visant à délimiter les extrémités du plateau continental du Canada au-delà de 200 milles marins. Ce travail permettra de déterminer où le Canada peut exercer son droit souverain sur le plateau continental étendu.
Nous travaillons avec nos voisins dans l'Arctique, à savoir les États-Unis, le Danemark et la Russie, afin d'obtenir la reconnaissance internationale de la plus grande mesure du plateau continental canadien, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
La politique étrangère du Canada pour l'Arctique appuie également la gouvernance dans le Nord afin que les habitants du Nord puissent avoir leur mot à dire dans les décisions qui les touchent.
En avril dernier, j'ai été particulièrement heureux de participer, en compagnie des ministres territoriaux et des chefs des participants permanents autochtones, à la sixième réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de l'Arctique en Norvège. Nous estimons à sa juste valeur le rôle exercé par les dirigeants des groupes autochtones et des habitants du Nord dans les pourparlers internationaux concernant la gérance.
Nous continuerons à favoriser leur participation aux occasions fournies par des groupes tels que le Comité consultatif canadien pour le Conseil de l'Arctique.
L'intensification des activités dans l'Arctique illustre le besoin de coopération internationale entre les acteurs de l'Arctique.
L'un des principaux éléments de la politique étrangère du Canada pour l'Arctique consiste à favoriser un milieu international qui nous permettra de faire avancer notre stratégie pour le Nord. Le Canada a été un pionnier en nouant un dialogue bilatéral avec ses voisins de l'Arctique et d'autres pays qui s'intéressent à la région, en intervenant auprès des différentes institutions multilatérales afin de conclure un accord commun sur la gérance de l'Arctique et en exerçant un rôle prépondérant au Conseil de l'Arctique.
Nous sommes parvenus à un vaste consensus grâce à une coopération dans le cadre de projets crédibles à vocation scientifique, qui ont donné lieu à des conclusions importantes et à des options stratégiques associées à la région. Mais, il reste encore beaucoup à faire.
Le Canada est d'avis qu'une meilleure compréhension des réalités de l'Arctique, notamment de la culture et des pratiques des habitants du Nord, doit être l'élément central au cœur des politiques touchant l'Arctique. Pour ce faire, il faut mettre au point un vaste éventail de solutions créatives sur les plans national et international, c'est-à-dire des solutions conciliant la conservation, l'utilisation durable et le développement économique.
Le gouvernement du Canada s'engage à trouver ces solutions et à veiller à ce que les feux de l'actualité internationale demeurent fixés sur les possibilités et le potentiel de l'Arctique.
Je vous remercie.