Affaires étrangères et Commerce international Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Affaires étrangères et Commerce international Canada

international.gc.ca

Allocution du ministre Cannon devant l’Economic Club of Canada

No 2009/58 – Toronto (Ontario) - Le 23 novembre 2009

Sous réserve de modifications

L’économie mondiale et la réaction du Canada

Les gouvernements nationaux doivent en tout temps avoir comme objectif principal la sécurité et la prospérité de leurs citoyens.

Notre politique internationale doit constamment refléter les intérêts nationaux, ce qui a été davantage mis en lumière pendant la récente crise économique mondiale qu’à n’importe quel autre moment au cours des dernières décennies. En cette période de difficulté économique, notre bien-être national dépend de la stabilité politique et du dynamisme du commerce dans le monde.

Sous la direction du premier ministre Stephen Harper, le Canada a mieux résisté à la tourmente économique de l’an dernier que ne l’ont fait la plupart des autres pays. Nous avons un système financier sain et un secteur privé solide. Nous avons la chance de voir apparaître les signes d’une reprise soutenue, mais cela ne signifie pas que nous soyons au bout de nos peines. Notre gouvernement demeurera vigilant et centré sur la tâche à accomplir : améliorer notre économie tout en suscitant l’espoir et en créant des débouchés pour les Canadiens.

La nécessité de poursuivre la coopération et de résoudre les problèmes à l’échelle internationale a été affirmée clairement à la dernière réunion du G20, à Pittsburgh. Le Canada, de concert avec ses partenaires du G20, a pris certains engagements très importants, notamment l’établissement d’un cadre à l’appui d’une croissance durable et équilibrée.

2010 – L’année du Canada sur la scène mondiale

L’an prochain, les Canadiens auront une occasion sans pareille de voir la communauté internationale en action à ce moment crucial pour l’économie mondiale. Le Canada accueillera la rencontre des dirigeants du G8 en juin 2010, à Muskoka [en Ontario]. Le Canada sera aussi l’hôte du prochain sommet du G20, également en juin 2010. Le premier ministre a proposé de coprésider ce sommet avec le président de la République de Corée, qui accueillera le sommet du G20 suivant, en novembre prochain.

L’Afghanistan

Il y a quelques jours, le 11 novembre, nous avons rendu hommage aux Canadiens qui ont servi leur pays et qui ont souvent donné leur vie en sol étranger pour la cause de la justice et de la paix.

Leurs sacrifices, et ceux de leurs braves successeurs présents en Afghanistan aujourd’hui, représentent le témoignage le plus éloquent que l’intérêt et l’engagement du Canada et des Canadiens s’étendent au-delà de nos frontières.

Je suis allé en Afghanistan la semaine dernière et j’ai pu y rencontrer plusieurs collègues d’autres pays qui contribuent à notre mission collective dans ce pays, ainsi que le président [Hamid] Karzaï.

Le président Karzaï vient de prendre un certain nombre d’engagements importants pour l’édification d’un Afghanistan solide, stable et démocratique.

Le Canada est prêt à aider le nouveau gouvernement afghan, mais il reste des difficultés majeures à surmonter. On s’attend à ce qu’un nouveau cabinet soit nommé sous peu, et le Canada encourage la nomination de ministres et de gouverneurs axée sur le mérite.

Les élections présidentielles ont marqué une étape importante. Des millions d’Afghans se sont mobilisés pour les organiser, faire campagne et voter, mais les élections se sont quand même heurtées à des problèmes importants qu’il faut résoudre rapidement, afin que les élections à venir soient libres, équitables et transparentes.

Il est tout aussi fondamental, pour l’évolution démocratique de l’Afghanistan, qu’une action immédiate soit menée contre la corruption et que la réforme du système de justice se poursuive. Le peuple afghan a droit à la liberté, à l’égalité, à la sécurité, et il mérite d’avoir un avenir.

Le président Karzaï doit relever un très grand défi : faire en sorte que son peuple ait espoir en l’avenir et fasse confiance à son gouvernement.

Nous nous sommes engagés envers le peuple afghan et envers nos alliés à combattre les menaces terroristes mondiales. Les Afghans et nos alliés peuvent compter sur l’aide du Canada. Cependant, notre engagement à l’égard de la mission en Afghanistan demeurera conforme aux recommandations que nous avons formulées dans le rapport Manley et la motion adoptée au Parlement de ramener nos soldats au pays en 2011.

Les Jeux olympiques de 2010 et le Nord

Une autre tradition apporte l’espoir : les Jeux olympiques d’hiver, qui auront lieu à Vancouver dans moins de 100 jours.

À l’exception des Jeux olympiques eux-mêmes, le relais de la flamme olympique symbolise peut-être mieux que tout autre événement l’esprit de bonne volonté collective et d’humanité,. Pour nous tous, ce parcours épique et extraordinaire est un rappel de l’immensité de notre pays et, en particulier, de ce vaste territoire qu’est le Nord canadien.

De manière opportune, le point le plus septentrional de ce parcours a été la station météorologique de la Station des Forces canadiennes Alert, sur l’île d’Ellesmere, au Nunavut, où la flamme olympique a littéralement illuminé la nuit arctique. Pendant des décennies, les installations d’Alert ont joué un rôle vital dans notre défense au moment des tensions de la guerre froide. Alert demeure un symbole important de notre souveraineté et de notre sécurité dans le Nord.

La Stratégie du Canada pour le Nord

L’importance de l’Arctique et son intérêt pour le Canada n’ont jamais été aussi grands. C’est pourquoi notre gouvernement a lancé l’ambitieuse Stratégie pour le Nord. Nous avons la responsabilité historique de protéger le Nord, comme nous le chantons dans notre hymne national en anglais, pour que le Canada demeure « The True North Strong and Free ».

Nous appuyons de toutes les ressources du gouvernement du Canada l’exercice de notre souveraineté et de nos droits à la souveraineté et à notre juridiction dans l’Arctique.

La Stratégie du gouvernement pour le Nord définit les quatre secteurs où il agit afin de protéger les intérêts du Canada à l’échelle nationale et internationale. Ces actions se fondent sur nos droits et nos responsabilités à titre de nation arctique et de puissance arctique.

Notre Stratégie pour le Nord repose sur quatre piliers :

  1. l’exercice de notre souveraineté;
  2. la promotion du développement économique et social;
  3. la protection de notre patrimoine environnemental;
  4. l’amélioration et la dévolution de la gouvernance.

Le Nord traverse une période de transformation profonde. C’est pourquoi le ministre [des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur auprès des Métis et des Indiens non inscrits Chuck] Strahl et moi-même avons émis le Rapport d’étape de la Stratégie pour le Nord et lancé la vision de la Stratégie pour le Nord, à Gatineau [au Québec], le 26 juillet 2009.

En plus de décrire notre vision pour le Nord, nous avons aussi souligné les grands progrès accomplis jusqu’ici, notamment les investissements considérables effectués dans le cadre du Plan d’action économique du Canada.

D’autres pays s’intéressent grandement au potentiel qui existe au nord du 60e parallèle. En raison de cet intérêt manifesté par d’autres pays, y compris des pays très éloignés du Nord du point de vue géographique, l’Arctique canadien devient de plus en plus un point central de politique étrangère et de politique de défense.

Il est indéniable que notre gouvernement a pris des mesures énergiques et démontrables pour dire au monde : « Le Nord est notre territoire, nous continuerons à l’utiliser et nous ne renoncerons pas à notre engagement à faire en sorte que l’Arctique canadien demeure ² The True North strong and free ². »

L’exercice de la souveraineté

Pour exercer et affirmer notre souveraineté nationale, le premier pilier de la Stratégie du Nord, rien n’est aussi fondamental que de protéger l’intégrité territoriale du Canada : nos frontières, notre espace aérien et nos eaux. Au cours des dernières années, le premier ministre Harper a annoncé un certain nombre d’initiatives qui doivent nous permettre d’améliorer nos capacités dans le Nord et d’y exercer notre souveraineté de manière responsable.

Nous avons progressé considérablement dans la protection des trois domaines par l’établissement d’un centre de formation des Forces canadiennes dans l’Arctique, situé à Resolute Bay; l’expansion et le renforcement des capacités des Rangers canadiens; et l’établissement d’installations d’amarrage et de ravitaillement en eau profonde au Nunavut.

L’opération Nanook des Forces canadiennes, un exercice annuel dans l’Arctique canadien, témoigne de l’engagement de notre gouvernement de protéger l’espace aérien, le territoire et les eaux sur lesquels nous avons juridiction, de démontrer l’autorité qu’il y exerce ainsi que de faire preuve de sa capacité de réagir aux urgences.

Il y a quelque temps, le gouvernement a reconnu que les Forces canadiennes ont un rôle réel à jouer dans la défense de notre souveraineté dans le Nord et dans la réponse aux menaces éventuelles à la sécurité. Le gouvernement est donc déterminé à fournir à la Marine des navires de patrouille adaptés à l’Arctique et à la haute mer, qui pourront patrouiller les zones économiques exclusives du Canada au large des trois côtes et qui seront capables de naviguer dans la glace de première année.

Il est également important d’être un chef de file en sciences de l’Arctique. À ce chapitre, le Canada a consacré l’investissement le plus important par pays à la recherche effectuée dans le cadre de l’Année polaire internationale. Nous nous sommes engagés à établir un centre de recherche dans l’Arctique et nous avons investi d’autres sommes pour améliorer le réseau actuel d’infrastructures de recherche arctique.

De plus, nous travaillons à cartographier les limites extérieures de notre plateau continental étendu et nous investissons de façon importante afin de faire reconnaître à l’échelle internationale la pleine propriété du Canada dans l’Arctique et dans l’Atlantique. Enfin, au cours des 10 prochaines années, nous lancerons un nouveau brise-glace de classe polaire qui portera, à juste titre, le nom de John Diefenbaker, qui fut un grand défenseur du Nord canadien.

Autrement dit, notre gouvernement adopte des mesures concrètes et appropriées pour continuer à exercer la souveraineté du Canada dans l’Arctique.

Le développement économique et social

Au chapitre du développement économique et social, deuxième pilier de notre Stratégie pour le Nord, nous visons le développement durable, ce qui inclut notamment l’assurance que les habitants de l’Arctique, en particulier les peuples autochtones, profitent des avantages du développement.

Cet objectif de développement durable dans la région implique une collaboration étroite avec les gouvernements territoriaux et les peuples du Nord.

Cela signifie également travailler de concert avec des institutions comme le Conseil de l’Arctique, pour construire des communautés durables et saines.

Notre engagement en matière de développement économique et social ne se limite pas à la création d’emplois. Il reflète également notre profond respect pour le savoir ancestral ainsi que pour le travail et les activités culturelles traditionnelles. C’est pourquoi nous avons défendu si vigoureusement la chasse au phoque et c’est pourquoi nous continuerons à le faire. Nous avons signifié notre intention de contester l’interdiction [émise par l’Union Européenne, visant les produits du phoque] à l’Organisation mondiale du commerce.

Depuis son entrée en fonction, le premier ministre s’est rendu régulièrement dans le Nord canadien et l’été dernier, j’ai moi-même assisté à une rencontre historique du Cabinet fédéral à Iqaluit. Cette rencontre faisait suite aux nombreuses visites qu’effectuent régulièrement mes collègues du Cabinet dans toutes les régions situées au nord du 60e parallèle.

Par ailleurs, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, le ministre [des Finances Jim] Flaherty accueillera une réunion des ministres des Finances du G7 à Iqaluit. Voilà encore une preuve de l’importance que nous accordons au Nord canadien.

Et pour la première fois dans l’histoire du Canada, un membre de haut niveau du Cabinet vient du Nord. Ma collègue, l’honorable Leona Aglukkaq, est ministre de la Santé du Canada et mène l’initiative, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, dans la lutte contre la pandémie mondiale de grippe H1N1.

Les changements climatiques et l’environnement

Le troisième pilier de la Stratégie pour le Nord est la protection de notre patrimoine environnemental.

Le premier ministre a souvent répété que le Canada est une superpuissance énergétique en émergence. L’Arctique pourrait recéler le cinquième des réserves pétrolières mondiales. Les entreprises canadiennes, aidées par le gouvernement, mettent au point des technologies qui permettront au Canada d’exploiter cette richesse potentielle.

Le Canada a été le premier pays à promulguer des lois pour protéger ses eaux arctiques. En juin 2009, notre gouvernement a amendé la loi pour étendre son application de façon à établir les normes les plus élevées de protection environnementale. De même, des règlements sont mis en place pour exiger que les navires étrangers entrant dans nos eaux arctiques signalent leur présence à la Garde côtière canadienne.

Ces initiatives sont des expressions tangibles de notre détermination à mettre en valeur et à protéger notre « True North ».

Les changements climatiques se répercutent de façon disproportionnée sur l’Arctique, et nous adoptons d’importantes mesures, à l’échelle nationale aussi bien qu’internationale, pour réagir à ces changements dans l’Arctique. Le Canada intervient activement à l’appui d’un accord global et ambitieux. Nous continuerons à jouer ce rôle à Copenhague et par la suite.

En agissant sur la scène internationale pour promouvoir ces piliers de notre Stratégie pour le Nord, nous envoyons un message clair au monde : le Canada contrôle ses territoires et ses eaux arctiques et il prend ses responsabilités au sérieux.

L’Arctique canadien et le monde

Notre leadership dans le Nord implique une consultation et une collaboration avec nos voisins de l’Arctique et, dans certains cas, la résolution de différends ou de disputes qui nous opposent à eux. Tous les États arctiques collaborent étroitement au sein du Conseil de l’Arctique, à l’essor duquel le Canada et les Canadiens ont tant contribué.

Toutefois, ne vous y trompez pas : lorsqu’un problème d’importance nationale est soulevé au Conseil de l’Arctique, notre gouvernement défend et défendra toujours nos intérêts et notre souveraineté dans l’Arctique. C’est pourquoi nous réagissons si vivement lorsque d’autres pays, comme la Russie, procèdent à des exercices ou se livrent à des activités qui semblent menacer notre sécurité dans le Nord et ébranler les relations de coopération que nous avons établies.

De nombreux États et institutions qui n’avaient jamais porté attention à l’Arctique commencent à s’y intéresser. Nous avons constaté que diverses interventions et initiatives font fi des intérêts et du point de vue des peuples et des nations arctiques. Le Canada continuera à adopter une position ferme contre de telles situations.

Conclusion

Nous poursuivrons notre travail avec des alliés comme les États-Unis sur les questions d’intérêt commun et nous répondrons de manière appropriée lorsque d’autres États tenteront d' les limites en ce qui concerne l’Arctique canadien.

Notre gouvernement prend toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que la région reflète nos valeurs et nos intérêts collectifs afin qu’elle demeure toujours canadienne.

Je vous remercie.

Pied de page

Date de modification :
2011-12-28