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Allocution du ministre Cannon devant l’Organisation de l’aviation civile internationale

No 2010/2 – Ottawa (Ontario) - Le 12 janvier 2010

Sous réserve de modifications

J’aimerais tout d’abord saluer la présence parmi nous aujourd’hui de M. Roberto Kobeh, président du Conseil de l’OACI et le remercier d’être ici avec nous cet après-midi. J’aimerais également saluer et féliciter le secrétaire général de l’OACI, M. Raymond Benjamin, qui connaît une première année de mandat remplie de succès.

Je vois quelques visages familiers dans la salle. Certains d’entre vous se trouvaient à la 36e session de l’assemblée générale, à Montréal en 2007, laquelle j’assistais en ma qualité de ministre des Transports à l’époque.

L’année qui commence est importante. Le regard du monde se tournera vers le Canada en 2010. Nous allons accueillir les Jeux olympiques et paralympiques ainsi que les sommets du G8 et du G20, et le sommet des leaders nord-américains. En mars, j’accueillerai aussi la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 à Gatineau. Nous allons poursuivre notre rôle de leader dans les dossiers qui revêtent une grande importance pour les Canadiens. En outre, le Canada fait campagne pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU et j’espère sincèrement pouvoir compter sur votre appui.

La nouvelle nous donne aussi l’occasion de chercher des solutions à certains des problèmes auxquels est confrontée notre planète, y compris la menace terroriste contre les transports aériens et l’OACI nous aidera à mettre ces solutions en place.

Il s’agit aussi d’une année importante pour l’OACI, car nous nous préparons à l’assemblée générale qui aura lieu cet automne. On peut s’attendre à ce que cette rencontre soit consacrée aux aspects plus visibles des questions de sécurité et de protection de l’aviation, tout en faisant place également aux enjeux environnementaux, dont l’importance ne cesse de grandir.

Les origines de l’OACI remontent à une époque de turbulence et de guerre. Le président [des États-Unis Franklin] Roosevelt et le premier ministre [britannique] Winston Churchill se sont rencontrés à Québec en 1943, à une époque où les avions étaient des instruments de guerre. Ils envisageaient la naissance d’une organisation vouée à la gestion des principaux aspects de l’aviation civile internationale. Lorsque la Convention de Chicago [relative à l’aviation civile internationale] a été signée l’année suivante, le préambule précisait ce qui suit : « Le développement futur de l’aviation civile internationale peut grandement aider à créer et à préserver entre les nations et les peuples du monde l’amitié et la compréhension ».

Cette vision s’est avérée des plus clairvoyantes. L’évolution du transport aérien a contribué de façon marquée à la croissance de l’économie de chacun de nos pays et de l’économie mondiale. Au cours des deux dernières décennies, en particulier, la mondialisation a suscité au sein de l’aviation civile des changements correspondant aux transformations rapides qu’ont connues les secteurs du commerce et du tourisme.

Au fil des ans, l’OACI s’est employée diligemment à faire en sorte que l’aviation civile soit à la fois plus sécuritaire et mieux protégée, notamment en mettant en place des normes et des lignes directrices propres à aider les États membres à améliorer les transports aériens au niveau national. En outre, l’OACI enrichit les processus décisionnels en y apportant les points de vue d’un vaste éventail d’acteurs et elle s’est méritée de nombreux éloges pour avoir fait place aux préoccupations des pays en développement dans le cadre de ce processus.

L’appui accordé par l’OACI aux pays en développement dans la recherche la recherche de solutions aux problèmes de l’aviation civile est un exemple dont la communauté internationale peut s’inspirer. Sans l’OACI, le monde serait un endroit bien différent, un monde plus pauvre aussi bien en termes économiques qu’en termes humains.

Le Canada a toujours été heureux et fier que le siège de l’OACI soit situé à Montréal. Je sais que mes collègues provinciaux et municipaux partagent mon opinion à cet égard : vous avez apporté prestige et distinction à la ville de Montréal, à la province de Québec et à tout le Canada, et nous espérons que cette collaboration avec l’OACI se poursuivra encore longtemps.

Notre gouvernement a mis en place des mesures importantes touchant au transport aérien. Je suis très heureux que mon collègue, le ministre [John] Baird, puisse être des nôtres aujourd’hui. Il est ministre des Transports [de l’Infrastructure et des Collectivités] depuis maintenant plus d’un an et je suis heureux de pouvoir souligner certaines des mesures qu’il a mises en place et le leadership qu’il a démontré.

Au cours des quatre dernières années, nous avons pris les moyens nécessaires pour améliorer les échanges commerciaux, les affaires et le tourisme afin d’assurer la croissance et la prospérité du Canada à long terme. Nous nous sommes efforcés de combattre le protectionnisme au sein de l’économie mondiale en élargissant nos relations commerciales avec les autres pays et en libéralisant les accords bilatéraux portant sur le transport aérien. Nous avons conclu des accords de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange, ainsi qu’avec la Jordanie, la Colombie, le Pérou et le Panama. De nouveaux débouchés s’ouvrent aux entreprises canadiennes dans des marchés émergents comme la Chine et l’Inde. Le premier ministre a fait un séjour très productif dans ces deux pays, et nous ouvrons présentement de nouveaux bureaux commerciaux dans ces vastes marchés.

Depuis 2006, nous avons pris des mesures sans précédent pour libéraliser le transport aérien. Au cours des dernières années, notre gouvernement a élargi ou mis à jour des accords de transport aérien avec près de 50 pays. Ces conventions comprennent notamment l’accord « Ciel ouvert », que le Canada a ratifié au moment où j’était ministre des Transports, un accord qui nous unit aux États-Unis, le pays ami par excellence, notre marché le plus important et notre plus grand partenaire au chapitre de la sécurité. Nous avons également conclu huit accords du même genre avec le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, la Barbade, la République Dominicaine, le Costa Rica et la Corée du Sud. Huit autres accords ont été élargis, dont ceux avec le Portugal, le Mexique, le Japon, la Jordanie, Singapour et les Philippines, et sept nouveaux accords ont été signés avec l’Algérie, le Koweït, la Serbie, la Croatie, le Panama, la Turquie et l’Afrique du Sud.

Le mois dernier, nous avons finalisé les discussions en vue d’un accord global de transport aérien entre le Canada et l’Union européenne. Pour la première fois, les transporteurs aériens canadiens auront accès aux 27 États membres de l’Union européenne et pourront y desservir un plus grand nombre de destinations; de même, les transporteurs européens pourront accroître leur présence au Canada. L’accord ouvrira de nouveaux débouchés à l’industrie touristique canadienne et permettra à de nouveaux transporteurs aériens d’offrir aux voyageurs un choix élargi de destinations, de vols et d’itinéraires. Ils pourront offrir plus de services directs et réduire leurs tarifs, ce qui bénéficiera à tous les consommateurs.

L’Union européenne est le deuxième marché du Canada dans le secteur de l’aviation et son deuxième marché mondial pour le commerce et l’investissement. En 2008, la valeur des exportations canadiennes vers l’Union européenne atteignait 52,2 milliards de dollars, soit une hausse de 3,9 p. 100 par rapport à l’année 2007. La trentaine d’accords que nous avons négociés dans le cadre de la politique « Ciel ouvert » adoptée par notre gouvernement en 2006 couvrent plus de 70 p. 100 du trafic aérien international au Canada.

Nous avons négocié les accords de libéralisation au cas par cas, guidés par le principe de la réciprocité de l’accès aux marchés. Nous tenons compte de facteurs comme la situation géographique de l’autre pays et la situation de son industrie aérienne. La taille du marché bilatéral est un élément clé et nous recherchons des services aériens directs qui bénéficieront tant aux consommateurs qu’aux exportateurs canadiens. Les accords se traduisent par des hausses d’emplois et par la multiplication des choix – quant aux destinations, aux vols et aux itinéraires – auxquels les Canadiens et les expéditeurs ont accès.

Pour ce qui est de l’avenir, nous savons que nous devrons nous préoccuper de l’environnement et de la sécurité. Je tiens d’ailleurs à souligner le rôle que l’OACI joue depuis longtemps en qui a trait à l’environnement, depuis la mise au point de mesures techniques liées à la gestion du bruit et à l’amélioration de l’efficacité jusqu’à dialogue important engagé plus récemment à propos des rapports entre l’aviation et les gaz à effet de serre. Le Canada participe activement aux mécanismes de l’OACI. Nous avons consacré de nombreuses ressources et une part importante de notre temps à ces grands dossiers environnementaux et j’espère que vous pourrez relever ce défi alors que se prépare l’assemblée générale de l’OACI qui aura lieu cet automne. Je tiens à vous assurer, en mon nom et au nom du ministre Baird, que le Canada reste tout à fait disposé à faire partie de ce dialogue.

Notre confiance envers un régime de transport aérien plus ouvert qui peut servir d’instrument de libre-échange et de développement économique est néanmoins tempérée les nouvelles réalités. par le contexte de la nouvelle et dure réalité. Nous vivons à une époque bien étrange, une époque où l’aviation civile et d’autres modes de transport civil comme les chemins de fer et les réseaux de métro servent d’instruments de guerre aux terroristes. La destruction du vol d’Air India, les attentats du 11 septembre et les attaques à la bombe à Madrid et à Londres sont toujours bien présents dans nos esprits. Le Canada entend faire en sorte que le système d’aviation civile du pays reste à la fois sécuritaire et bien protégé.

Comme vous le savez, le ministre Baird, a récemment annoncé l’achat de 44 scanners corporels qui seront installés dans plusieurs grands aéroports du Canada à compter de ce mois-ci. L’attentat manqué du 25 décembre souligne à quel point il importe de partager nos renseignements avec nos alliés afin de protéger les voyageurs contre la menace constante du terrorisme. À nos yeux, les menaces à la sécurité des États-Unis sont tout autant des menaces pour le Canada et nous continuons de travailler pleinement avec l’administration Obama dans la lutte antiterroriste.

Le Canada reconnaît aussi le rôle et l’importance de l’OACI dans les discussions sur les moyens que peut prendre la communauté internationale pour faire face au terrorisme et aux menaces à la sécurité et veiller à la protection des citoyens de tous nos pays. Il faut continuer d’appuyer les efforts de l’OACI en vue de renforcer la sécurité aérienne dans les pays où elle est le plus nécessaire.

C’est pourquoi le gouvernement du Canada, par le truchement de ses programmes antiterroristes, va contribuer 1,5 million de dollars sur trois ans pour aider à renforcer le plan d’action de l’OACI sur la sécurité aérienne. Ce plan d’action aidera davantage à prévenir l’activité terroriste et à y réagir. L’amélioration de la sécurité de l’aviation internationale, notamment dans les pays en développement, a des répercussions directes sur la sécurité et la protection de tous les Canadiens, tant ici qu’à l’étranger.

L’aviation civile a contribué à la prospérité et à la qualité de vie de tous nos pays. La sécurité et la protection du transport aérien revêtent une importance vitale. Elles nécessitent de notre part une attention constante et une volonté d’amélioration continue. Au fil des ans et des décennies, nous avons vu apparaître de nouvelles technologies, de nouvelles procédures, de nouveaux modèles de gouvernance qui ont aidé à accroître la sécurité et la protection de l’aviation. Certes, nous sommes sans cesse confrontés à de nouveaux défis et à de nouvelles réalités, mais nous devons être inspirés par les progrès qui ont été accomplis depuis la création de l’OACI, par tout ce que nous avons fait depuis l’attentat contre le vol d’Air India et les événements du 11 septembre.

Nous travaillons donc main dans la main pour veiller à ce que l’aviation civile demeure une force qui favorise le commerce, la compréhension mutuelle et la paix pour tous les peuples de la Terre. Nos responsabilités respectives sont de créer et d’entretenir cet équilibre délicat entre la liberté et la sécurité des déplacements. C’est là une tâche qui n’est pas facile.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2011-12-28