No 2010/36 - Montréal (Québec) - Le 21 mai 2010
Sous réserve de modifications
Nous savons tous que l’effort de mobilisation et la prise en charge citoyenne qui se sont enclenchés à la suite de la catastrophe du 12 janvier seront déterminants pour la suite des choses.
Je salue donc avec enthousiasme cette initiative, issue de la volonté collective de la communauté haïtienne d’ici, troisième diaspora haïtienne au monde, après Miami et New York.
À Montréal, on entend très clairement battre le cœur d’Haïti.
Il était donc normal que le 25 janvier, le gouvernement haïtien et les partenaires d’Haïti entérinent ici les Principes de Montréal, jetant les bases d’une vision commune pour reconstruire Haïti.
Ces principes directeurs, réitérés à la récente conférence de New York, constituent désormais notre cadre d’intervention.
Tous les partenaires d’Haïti, sans égard à leur origine ou à leur capacité, se rallient en effet aux principes d’appropriation, de coordination, de durabilité, d’efficacité, d’inclusivité et de responsabilité.
Le Canada reconnaît l’effort déployé par le gouvernement haïtien pour définir le plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti.
À New York, les partenaires d’Haïti se sont dotés de deux mécanismes de coordination : la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et le Fonds fiduciaire multi-donateurs, lesquels seront déterminants pour la coordination des efforts internationaux en Haïti.
Ils seront aussi essentiels pour garder le cap sur nos objectifs de responsabilité et de transparence, des principes qui nous tiennent tous à cœur.
J’ai assuré le président [René] Préval et le premier ministre [Jean‑Max] Bellerive que le gouvernement haïtien peut compter sur l’entière collaboration du Canada en ce sens.
Lors de la conférence de New York, le Canada s’est d’ailleurs engagé à verser 400 millions de dollars sur deux ans pour aider Haïti, une somme qui s’ajoute à notre engagement actuel de 555 millions de dollars pour la période de 2006 à 2011.
Mais quelles que soient la qualité et l’efficacité des instruments que nous aurons forgés pour rebâtir et réinventer Haïti, il faut absolument que tous les acteurs et partenaires d’Haïti se joignent à cet effort collectif, et que la diaspora y soit bien représentée.
Je reviens tout juste d’une première visite en terre haïtienne où j’ai pu observer que la transition de la phase d’urgence vers la phase de relèvement s’opère graduellement.
Mais j’ai aussi constaté l’ampleur du travail qu’il nous reste à faire ensemble.
J’ai donc réaffirmé l’engagement à long terme du Canada et notre solidarité envers Haïti.
Au cours de ce voyage, j’ai aussi rencontré les dirigeants de la Mission des Nations Unis pour la stabilisation d’Haïti, la MINUSTAH, qui continuent de déployer des prodiges de courage et d’ingéniosité, après avoir été eux-mêmes cruellement touchés par le tremblement de terre.
Je veux donc rendre hommage, ici, devant la diaspora haïtienne du Canada, à M. Edmond Mulet, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Haïti, qui est l’âme dirigeante de la MINUSTAH.
En compagnie du ministre de la Justice et de la Sécurité publique d’Haïti [M. Paul Denis], j’ai aussi visité le chantier de construction de la nouvelle prison de Croix-des-Bouquets, un projet phare de l’engagement concret du Canada pour soutenir la réforme des systèmes de sécurité et de la justice en Haïti.
Ce projet s’effectue parallèlement au déploiement d’agents du Service correctionnel du Canada auprès de la MINUSTAH, qui se consacrent à la formation et au mentorat de leurs homologues haïtiens.
J’ai d’ailleurs annoncé lors de ma visite que nous allions augmenter notre contribution pour l’année en cours au Fonds pour la paix et la sécurité mondiales en Haïti, qui s’élèvera à 25 millions de dollars.
Ces sommes seront consacrées à des projets visant principalement à remédier à la situation précaire actuelle et à remettre en état les infrastructures détruites le 12 janvier dernier.
Ce financement appuiera également l’organisation non gouvernementale Avocats sans frontières Canada dans un projet de justice de proximité qui vise à donner aux plus vulnérables un accès à des services et à une représentation juridiques de qualité.
Les Canadiens sont fiers de la contribution de leur pays en solidarité avec Haïti, comme ils peuvent être fiers de l’élan de générosité spontané de dizaines de milliers de leurs concitoyens et concitoyennes.
L’engagement du Canada en Haïti repose sur des décennies de partenariat soutenu et prend racine dans une langue et des valeurs communes, des liens démographiques et culturels étroits, et la présence d’une des plus dynamiques communautés haïtiennes à l’étranger.
Les liens qui unissent le Canada et Haïti sont des liens de cœur.
L’apport des Haïtiens du Canada à la reconstruction et au développement d’Haïti est aussi incontournable.
Nous devons reconstruire sur des fondements solides et durables, tels que la sécurité, la souveraineté, l’état de droit, la prospérité économique, l’égalité et l’inclusion.
Le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle sera un allié précieux dans cette tâche, et le Canada est fier d’y apporter son appui.
Le temps est venu d’innover, de sortir des sentiers battus et d’explorer de nouveaux moyens d’action, et le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle nous permettra justement de nous livrer à une réflexion audacieuse et de porter un regard lucide sur la situation en Haïti.
Il faut cependant transformer nos réflexions en actions dès maintenant, en nous appuyant sur une participation citoyenne forte et concertée.
Par une utilisation stratégique de ses ressources, la diaspora peut être le véritable levier de la croissance économique et du développement durable en Haïti.
Comment optimiser ce transfert de compétences?
Et surtout, compte tenu des priorités établies, comment arrimer ces compétences aux besoins réels sur le terrain?
Y aurait-il lieu, par ailleurs, de rediriger une partie des versements sous forme d’aide aux petites et moyennes entreprises haïtiennes, par des investissements ciblés, structurants et porteurs?
Que peut-on faire pour créer un climat favorable à l’investissement en Haïti et augmenter la confiance des investisseurs?
La réponse à ces questions, et à bien d’autres, se trouve dans cette salle et partout dans le monde où les Haïtiens et les Haïtiennes sont unis dans une même volonté de construire une nouvelle Haïti, démocratique, prospère et égalitaire.
Je vous remercie.