No 2010/4 - Addis-Abeba, Éthiopie- Le 30 janvier 2010
Sous réserve de modifications
Permettez-moi d'abord d'adresser mes condoléances au gouvernement et au peuple éthiopiens pour la tragédie aérienne survenue cette semaine.
Monsieur le Président, je vous remercie de m’offrir l’occasion ce matin de vous faire part de la perspective du Canada en ce moment où nous cherchons à répondre aux défis mondiaux urgents.
Cette année sera importante pour le Canada. Nous sommes fiers d'être les hôtes à la fois du Sommet du G8 et du Sommet du G20 en juin.
À ceux qui pourraient dire que le Canada ne peut pas comprendre les enjeux auxquels l'Afrique est confrontée, nous répondrons que le Canada est un partenaire de l'Afrique depuis plus d'un demi-siècle et que nos missionnaires y œuvrent depuis près d'un siècle. Nous comprenons bien l'Afrique et les pays qui forment ce continent.
Le Canada est également très sensible à d’autres événements tragiques comme le récent tremblement de terre en Haïti. En début de semaine j'ai d'ailleurs présidé à Montréal la Conférence ministérielle préparatoire à la reconstruction d'Haïti. Le Canada est le pays qui, par habitant, a fourni et continue de fournir le plus d'aide à Haïti.
Priorité du Canada au G8 : la santé maternelle et infantile
Cette semaine, le premier ministre Stephen Harper a annoncé que l'ordre du jour du G8 portera sur deux grandes questions : le développement, d'une part, la paix et la sécurité, d'autre part. Deux enjeux qui concernent directement l'Afrique.
En déterminant les points à inclure à l’ordre du jour sur le développement, nous sommes bien conscients que l'année 2010 marque un tournant décisif dans la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU, étant donné la tenue d'une importante conférence d'examen, à New York, en septembre.
Pendant son mandat à la présidence du G8 en 2010, le Canada plaidera en faveur d'une initiative importante visant à améliorer la santé des femmes et des enfants dans les régions les plus vulnérables de la planète. Les membres du G8 peuvent contribuer de façon concrète à la santé maternelle et infantile. C'est d'ailleurs l'un des Objectifs du Millénaire pour le développement qui ont une incidence directe sur l'Afrique et dont la réalisation est particulièrement problématique.
Le taux phénoménal de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans ainsi que le taux de mortalité maternel aberrant nous préoccupent. Nous sommes convaincus qu'il est possible de prévenir nombre de ces décès.
Le G8 peut aider à apporter une solution concrète à ces problèmes. Nous veillerons à ce qu’ils figurent en tête des priorités du Sommet du G8 à Muskoka.
Nous nous emploierons aussi à mobiliser les gouvernements du G8 et des pays partenaires, les organisations non gouvernementales ainsi que les fondations privées afin de fixer des orientations mondiales et piloter la mise en œuvre d'un plan d'action ambitieux. Notre objectif consistera à susciter la volonté politique nécessaire et à dégager de nouvelles ressources financières pour remédier à ces problèmes.
Comme il s’y était engagé, le Canada a doublé son aide à l'Afrique entre 2003-2004 et 2008-2009, de sorte que celle-ci a atteint 2,1 milliards de dollars. De plus, nous sommes en bonne voie de doubler l'ensemble de notre aide pour la période de 2003-2004 à 2009-2010.
Nous avons en outre complètement délié notre aide alimentaire et nous sommes en bonne voie de délier l'ensemble de notre aide d'ici 2012. Nous sommes déterminés à œuvrer à la mise en œuvre de l'Accord de L'Aquila sur la sécurité alimentaire, à laquelle le Canada a apporté une contribution de 600 millions de dollars sous forme de nouveaux engagements financiers.
Le Sommet du G8 et les enjeux liés à la paix et à la sécurité
Le développement constitue l'une des grandes priorités du G8; la paix et la sécurité en sont une autre. À l'occasion du Sommet de Muskoka, le G8 se penchera sur des enjeux cruciaux relatifs à la paix et à la sécurité.
L’un de ces enjeux, qui est particulièrement pertinent pour l'Afrique, consiste à aider les pays et les régions vulnérables à mieux s'attaquer aux obstacles à la paix et à la sécurité, à renforcer les institutions connexes, à prévenir les conflits violents et à mieux mobiliser leurs ressources civiles et militaires à l'appui de la paix.
En effet, l'engagement des partenaires du G8 avec l'Union africaine et d'autres institutions sous-régionales en Afrique qui appuient la paix constitue un élément particulièrement important du partenariat entre le G8 et l'Afrique.
Le Canada estime qu'il est tout naturel que le G8 se concentre sur cette collaboration :
Le Sommet du G20
En juin, nous accueillerons les Sommets du G8 et du G20, qui se tiendront l'un à la suite de l'autre. Même si leur ordre du jour sera entièrement différent, nous estimons que le G8 et le G20 sont des institutions complémentaires.
Nous souscrivons pleinement à la conclusion du Sommet du G20 tenu à Pittsburgh, que c’est celui-ci qui constitue clairement désormais la première instance internationale de coopération financière et économique. Le G20 respecte ses engagements.
L’action du G20 a contribué au rétablissement de la confiance et à l’atténuation des répercussions de la crise économique.
Nous ne sommes toutefois pas encore parvenus au bout de nos peines : il reste beaucoup à faire pour remplir pleinement les engagements pris lors des précédents Sommets du G20. Au prochain Sommet, nous veillerons à maintenir le cap, afin d’honorer les engagements auxquels nous y souscrirons.
Augmentation temporaire du capital exigible au profit de la Banque africaine de développement
La crise financière mondiale a eu divers effets sur les pays africains, y compris de graves répercussions, comme la pénurie du financement externe.
En conséquence, les ressources de la Banque africaine de développement ont été beaucoup plus sollicitées. C'est ainsi que la Banque devrait être confrontée à un manque à gagner de près de 3 milliards de dollars américains en 2010. Face à cette situation, le Canada a temporairement triplé sa participation à la Banque par l'intermédiaire de son capital exigible. Cela permettra d'alléger le fardeau de la Banque dans l'attente de ressources permanentes pour répondre à la demande grandissante.
Le Canada a été le premier pays à répondre aux besoins urgents des banques de développement régionales de cette manière novatrice.
La réponse canadienne prend en compte les efforts que déploie la Banque africaine de développement pour disposer de ressources suffisantes grâce auxquelles elle peut répondre rapidement aux besoins de ses membres emprunteurs, tout en poursuivant son action visant à réduire la pauvreté.
Ces initiatives sont conformes à l'engagement que nous avons pris au G20 d'accroître sensiblement notre contribution aux institutions financières internationales, pour favoriser la croissance des marchés émergents et des pays en développement.
Le Canada continue à jouer un rôle actif dans les discussions actuelles à la Banque pour renforcer son assise financière à long terme, en fonction des besoins grandissants de l'Afrique.
Dialogue avec l'Afrique
Le Canada estime que son engagement envers l'Afrique est extrêmement important et considère le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique et l'Union africaine comme des partenaires essentiels.
Je vous remercie.