No 2010/45 – Ottawa (Ontario) – Le 22 juin 2010
Sous réserve de modifications
La menace mondiale posée par l’utilisation potentielle d’armes nucléaires par des acteurs étatiques et non étatiques demeure très réelle.
À la suite de la déclaration publiée par le premier ministre [Stephen] Harper ce matin, je suis en mesure de donner plus d’information sur les sanctions que le Canada a prises à l’encontre de l’Iran.
Ces mesures visent à restreindre le programme nucléaire de l’Iran et indiquent clairement au régime iranien qu’il ne peut faire fi des normes internationales sans en subir les conséquences.
Ces mesures sont conformes à la résolution 1929 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée plus tôt ce mois-ci. La résolution 1929 prend appui sur une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Si l’Iran persiste à ne pas respecter ses obligations dans le cadre des Nations Unies, cela risque de miner la sécurité au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde. Le Canada continuera de tenir l’Iran responsable de ses gestes.
Les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU imposent des restrictions qui limitent encore plus l’accès de l’Iran à l’uranium ainsi qu’aux substances et à la technologie nucléaires, à la fois directement et par l’entremise de tierces parties, telles que des membres clés des Gardiens de la révolution islamique.
Je voudrais souligner, en termes non équivoques, que ces sanctions n’ont pas pour intention de punir le peuple iranien. Le Canada éprouve le plus grand respect à l’égard du peuple iranien et de son histoire, source de fierté.
Au contraire, ces mesures ciblées se veulent une réponse directe aux contraventions continuelles du régime iranien envers ses obligations internationales, à la suite de bon nombre de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
En tant que membre des Nations Unies, le Canada a la responsabilité de s’assurer que les activités nucléaires de l’Iran ne posent plus de menace à la paix et à la sécurité dans cette région du monde ou ailleurs. De fait, tous les membres de l’ONU doivent agir rapidement et collectivement pour répondre à la supercherie et à l’intransigeance dont fait preuve de manière constante le régime iranien.
Par conséquent le Canada impose des sanctions supplémentaires et utilise sa présidence du G-8 pour continuer à faire pression sur l’Iran.
Jusqu’à présent, le Canada a mis en œuvre toutes les décisions du Conseil de sécurité sur l’Iran et il continuera de réaliser sa politique d’engagement contrôlé vis-à-vis de l’Iran.
Ces mesures expriment également de manière très claire à tous les États, et en particulier à ceux ayant des aspirations nucléaires, que tout manquement au respect des normes internationales entraînera des conséquences.
Le régime iranien doit coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, notamment en mettant un terme à ses activités d’enrichissement et en s’attaquant aux vives inquiétudes que suscitent les dimensions militaires de son programme nucléaire.
Nous exhortons en outre l’Iran à prendre part au dialogue constructif avec la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis en vue de parvenir à une solution diplomatique dans les plus brefs délais possibles.
À défaut d’une réponse positive de l’Iran, le Canada est prêt à appliquer des sanctions supplémentaires en réaction aux infractions flagrantes de l’Iran et aux menaces constantes qu’il pose à la paix et à la sécurité internationales.
Le Canada emboîtera le pas à ses partenaires internationaux pour exhorter l’Iran à se conformer à la législation internationale.
Le Canada continuera également d’utiliser sa présidence du G-8 pour inciter la communauté internationale à surveiller le programme nucléaire de l’Iran.
L’Iran était un enjeu clé des discussions quand j’ai rencontré les ministres des Affaires étrangères du G-8 à Gatineau, en mars dernier. Il sera sans aucun doute un élément central des discussions que tiendront les dirigeants au sommet de Muskoka, cette semaine.
En conclusion, je tiens à souligner que les préoccupations du Canada à l’égard du programme nucléaire de l’Iran ne sauraient d’aucune manière nous détourner de nos inquiétudes tout aussi profondes concernant la situation des droits de la personne en Iran.
Il y a deux semaines à peine, nous avons souligné le premier anniversaire des élections contestées en Iran qui ont donné lieu à une terrible répression de la part du régime iranien.
L’usage persistant de la violence et de l’intimidation ainsi que l’arrestation de partisans et de membres de l’opposition sont inacceptables.
Le régime iranien doit respecter ses engagements en matière de droits de la personne en permettant la liberté d’expression, la liberté de presse et la liberté de réunion; en protégeant les minorités religieuses; en respectant les droits des prisonniers et des détenus; et en assurant le traitement égalitaire des femmes et des jeunes filles.
La promotion des droits de la personne et les efforts pour instaurer la paix et la sécurité internationales se renforcent mutuellement.
Nous ne pouvons espérer atteindre l’un sans l’autre. C’est là ce que défend le Canada.
Je vous remercie.