Discours du ministre Cannon à l’occasion du lancement de l’Énoncé de la Politique étrangère du Canada pour l’Arctique

No 2010/57 - Ottawa (Ontario) - Le 20 août 2010

Sous réserve de modifications

L’Arctique fait partie de nous depuis longtemps, aujourd’hui plus que jamais, et pour toujours.

L’Arctique est essentiel à l’identité nationale canadienne. L’Arctique fait partie de notre histoire.

Il constitue également un énorme potentiel pour l’avenir. Exercer notre souveraineté sur le Nord canadien, comme sur le reste du Canada, est la priorité absolue de la politique étrangère du Canada.

Aujourd’hui, je suis fier de lancer l’énoncé de la politique étrangère pour l’Arctique de notre gouvernement. Cet énoncé présente l’approche sur l’Arctique adoptée par le Canada à l’échelle internationale.

L’Arctique et l’intérêt du Canada pour le Nord sont plus importants que jamais.

En faisant preuve de leadership et en appliquant une saine gestion, nous ferons la promotion de la vision du Canada pour le Nord. Cette vision est celle d’une région stable, délimitée par des frontières clairement définies, où la croissance économique et le commerce sont dynamiques, où les collectivités nordiques sont énergiques et où les écosystèmes sont sains et productifs.

L’Énoncé de la Politique étrangère du Canada pour l’Arctique donne la « perspective internationale » de la Stratégie pour le Nord du Canada. Il concrétise les quatre piliers de notre stratégie sur le plan international : l’exercice de notre souveraineté; la promotion du développement économique et social; la protection de notre patrimoine environnemental; la possibilité pour les résidants du Nord de contrôler davantage leur destinée sur les plans économique et politique.

Cet énoncé a pour but de réaliser le plein potentiel de l’Arctique canadien. Il constitue notre engagement envers les peuples du Nord et tous les Canadiens pour aujourd’hui et pour l’avenir.

Exercice de la souveraineté

La souveraineté du Canada est bien établie depuis longtemps et repose sur des faits historiques. Elle est fondée notamment sur une présence dans la région ― depuis des temps immémoriaux ― du peuple inuit et d’autres peuples autochtones ainsi que d’explorateurs, comme le grand capitaine J.E. Bernier. Et nous exerçons cette souveraineté tous les jours au moyen d’une saine gouvernance, d’une gestion responsable et de gestes concrets.

En tant que gouvernement, notre tâche est de garantir que cette assise solide est bien comprise dans le monde, et de la défendre au besoin.

C’est pourquoi nous avons considérablement accru notre présence dans le Nord.

Et c’est aussi pourquoi nous faisons de nouveaux investissements ciblés, qu’il s’agisse de navires de patrouille, d’un nouveau brise-glace polaire, de renforts pour les Rangers canadiens, d’un meilleur contrôle de l’espace aérien et maritime, et plus encore.

Et c’est également pourquoi nous diffusons aujourd’hui cet énoncé de la Politique étrangère du Canada pour l’Arctique.

L’Énoncé sert de plateforme renforcée à partir de laquelle nous envoyons notre message au reste du monde. Un message empreint de leadership et de pratiques exemplaires de gestion, et bien ancré dans notre engagement en matière de souveraineté dans le Nord.

Nous poursuivons nos mesures ciblées au niveau international afin de faire progresser concrètement notre programme de souveraineté.

Notre première priorité sera de chercher à résoudre les enjeux frontaliers.

Le gouvernement accordera une grande importance aux travaux visant à obtenir la reconnaissance des limites extérieures de notre plateau continental élargi. Nous serons en mesure de respecter l’échéance de 2013 de l’ONU pour la présentation de données.

Nous poursuivons nos discussions avec nos voisins en vue de régler les conflits liés aux frontières.

Nous continuerons à exercer notre souveraineté au moyen d’une gouvernance efficace dans le Nord.

Le Canada n’accepte pas l’argument de certains selon lequel l’Arctique requiert un changement majeur de structure de gouvernance et de cadre juridique. Mais il accepte le fait que le Nord subit actuellement une transformation fondamentale.

C’est pourquoi le Canada tentera avant tout de renforcer le Conseil de l’Arctique. Par l’entremise de cette tribune, le Canada et les sept autres nations de l’Arctique « définiront le programme » de coopération et de développement durable dans l’Arctique.

Le Canada donne l’exemple par ses activités avec les États côtiers de l’océan Arctique, pour ce qui est de cerner les enjeux auxquels il devra faire face lorsque des milliers de nouveaux milles de littoral deviendront accessibles, et de s’y préparer. La sécurité publique, par exemple, prendra de nombreuses nouvelles dimensions dans un espace plus ouvert caractérisé par un climat extrêmement difficile. La réunion des États côtiers de l’océan Arctique, que j’ai présidée en mars dernier au lac Meech, a donné un élan à nos activités dans ces domaines.

Nous resterons à l’avant-garde sur ces enjeux.

En effet, au début de septembre, je me rendrai en Norvège, en Finlande et en Russie afin de rencontrer mes homologues de ces pays pour discuter des enjeux de l’Arctique.

Promotion du développement économique et social

Le deuxième pilier de notre stratégie pour le Nord est la promotion du développement économique et social.

La création d’une économie dynamique et durable dans le Nord est essentielle à l’amélioration du bien-être des personnes qui y vivent et à la réalisation du plein potentiel du Nord canadien. Nos efforts internationaux compléteront les mesures que nous prenons au pays.

La protection de l’environnement arctique

La protection de l’environnement arctique représente le troisième pilier de la stratégie pour le Nord.

Le Canada est depuis longtemps un chef de file au chapitre de la protection de l’environnement arctique. Il a été le premier pays à légiférer pour protéger ses eaux arctiques. Il a récemment peaufiné et mis en vigueur de nouveaux règlements selon lesquels les navires qui entrent dans les eaux arctiques canadiennes et y exercent des activités doivent en informer les autorités.

Le Canada a établi, par le passé, de nombreuses zones de protection territoriales et marines, et il entend en établir de nouvelles à l’avenir.

Le Canada est un chef de file dans l’élaboration de plans de gestion du développement d’écosystèmes intégrés pour les eaux de l’Arctique.

Et nous avons pris un engagement solide en matière de sciences de l’Arctique ― le fondement de l’élaboration de politiques adéquates et de décisions éclairées dans le domaine de l’environnement. Ainsi, le Canada a été le plus important contributeur de l’Année polaire internationale, en menant les partenariats en recherche circumpolaire à des niveaux jamais vus.

Nos efforts internationaux en matière d’environnement se fonderont sur cette solide base.

Amélioration et délégation de la gouvernance

Enfin, le quatrième pilier de notre stratégie pour le Nord consiste essentiellement à permettre aux résidants du Nord d’avoir davantage de contrôle sur leur destinée.

Les gouvernements territoriaux ont récemment diffusé un énoncé de leur « vision du Nord ». Ils se sont engagés à appuyer les efforts du gouvernement fédéral dans l’avancement de nos intérêts mutuels aux tribunes internationales. Nous accueillons favorablement cet appui.

Les gouvernements territoriaux et les peuples autochtones ont toujours joué et continueront à jouer un rôle clé dans l’élaboration de la politique étrangère du Canada sur les enjeux de l’Arctique.

Je vous remercie.