Affaires étrangères et Commerce international Canada
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Discours du ministre Cannon au Forum diplomatique

No 2010/78 - Ottawa (Ontario) - Le 6 octobre 2010

Sous réserve de modifications

Je regrette beaucoup ne pas avoir pu être des vôtres à Charlottetown.  Par contre, il me fait grand honneur de vous accueillir à l’édifice Lester B. Pearson, siège du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada.

L’année internationale du Canada

Lorsque je vous ai parlé il y a un an à Vancouver, nous nous préparions pour « l’année internationale du Canada ». Cette année a effectivement été très chargée pour les Canadiens et le gouvernement du Canada. Nous avons été les hôtes d’une série de rencontres importantes qui ont connu beaucoup de succès, en particulier les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver à Vancouver, le Sommet du G-8 à Muskoka et le Sommet du G-20 à Toronto.

Je n’ai pas besoin de vous énumérer les réalisations importantes découlant de ces rencontres et de vous rappeler la façon dont elles ont stimulé la bonne volonté entre les nations et contribué au mieux-être de la communauté internationale. À mon avis, ces réalisations témoignent de la place qu’occupe le Canada dans le monde, ainsi que de sa volonté et de sa capacité à assurer un leadership constructif dans les enjeux importants et les grands défis à relever.

Le Canada et le Conseil de sécurité de l’ONU

Bien entendu, le succès de ces événements d’envergure démontre non seulement l’engagement du Canada et son sens des responsabilités au chapitre des affaires internationales, mais aussi le fait qu’il est apte à devenir membre du Conseil de sécurité des Nations Unies.

En tant que membre actif de l’Assemblée générale des Nations Unies, promoteur des objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU et pays parmi les premiers à intervenir à la suite de catastrophes humanitaires, le Canada s’efforce de trouver des solutions aux problèmes les plus urgents auxquels sont confrontées les Nations Unies en matière de paix et de sécurité.

En outre, durant la présidence du G-8 qu’assure le Canada en 2010, le premier ministre [Stephen] Harper a également été à l’origine de l’Initiative de Muskoka, dont l’objectif est de sauver la vie de mères, de nouveau-nés et d’enfants. Il a aussi présenté le Compte rendu des activités du G-8, visant à garantir que tous les pays respectent leurs engagements en matière de développement international.

Nous soutenons de façon importante les mandats et les opérations clés de l’ONU dans des endroits comme l’Afghanistan, Haïti et le Soudan. S’il est élu au Conseil de sécurité, le Canada pourrait continuer de miser sur l’expérience pratique qu’il a acquise dans les États fragiles un peu partout dans le monde, ainsi que sur le bagage de connaissances qu’il a accumulées dans le cadre de mandats précédents, pour veiller à ce que le Conseil de sécurité réagisse aux nouvelles menaces de façon efficace et responsable.

Quel que soit le résultat de la soumission du Canada au Conseil de sécurité de l’ONU, notre politique étrangère, notre leadership en matière d’économie, et notre aide aux pays en voie de développement les plus démunis font du Canada un véritable chef de file.

L’une des rares personnes à croire que le Canada ne devrait pas siéger au Conseil de sécurité, malheureusement, est le chef de l’opposition, M. [Michael] Ignatieff, qui s’est démontré incapable de mettre les intérêts de son pays avant les siens.

Nous reconnaissons également que le Conseil de sécurité ne peut pas agir seul, et doit travailler avec le reste des membres de l’ONU et des organisations régionales comme l’Union africaine, l’Organisation des États américains, l’Association des Nations de l'Asie du Sud-Est, la Francophonie et le Commonwealth, afin de garantir une réaction appropriée lors de situations de conflits. Les organisations régionales et infrarégionales jouent un rôle clé dans ces situations. Elles comprennent le contexte local, exercent une influence politique considérable et sont prêtes à passer à l’action.

Encourager une collaboration accrue entre les Nations Unies et les principaux groupes régionaux s’inscrit très bien dans la vision du  Canada pour l’ensemble de l’organisation, y compris du Conseil de sécurité.

Le Canada continuera à travailler en vue de faire du Conseil de sécurité une organisation plus représentative de la réalité politique mondiale d’aujourd’hui. Nous croyons en particulier que les régions sous-représentées méritent un accès plus facile au Conseil de sécurité. Et nous croyons qu’au sein de notre propre groupe occidental, il faut faire entendre les voix de tous les intervenants de façon plus équilibrée.

S’il est élu, le Canada favorisera une plus grande transparence et une responsabilisation accrue et, fidèle à sa longue tradition, consultera activement les membres des Nations Unies afin de trouver des solutions pratiques et durables aux vulnérabilités en matière de sécurité. Cette démarche consultative prendra véritablement de l’ampleur si nous devions être élus au Conseil de sécurité.

La sécurité et les droits de la personne

En collaboration avec les Nations Unies, le Canada demeure résolu à conserver son approche pragmatique et orientée sur les résultats, laquelle est devenue sa marque de commerce.

Le Canada continue de répondre activement aux actions qui menacent la paix et la sécurité provenant d’États tels que la Corée du Nord, contre laquelle le Canada a pris des mesures afin d’imposer des  sanctions additionnelles à la suite de l’attaque qui a provoqué le naufrage du navire Cheonan de la marine de la République de Corée.

Nous avons systématiquement fait part de notre préoccupation au sujet des autorités iraniennes qui dissimulent les capacités nucléaires de l’Iran, ainsi que leurs violations des droits de la personne. Les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur les attentats terroristes du 11 septembre et sur les États-Unis, tenus il y a deux semaines à l’Assemblée générale des Nations Unies, étaient inacceptables, tout comme sa négation de l’Holocauste et sa condamnation répétée et injuste d’Israël. Le comportement de l’Iran aux Nations Unies constitue une violation flagrante de l’esprit même de l’organisation.

Le Canada constate que l’Iran n’a pris aucune mesure pour respecter ses engagements depuis l’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, en mai 2010 à New York et depuis le sommet du G-8, tenu au Canada en juin 2010. L’Iran n’a cessé de se soustraire à ses promesses. Les questions au sujet des liens du programme nucléaire iranien avec des activités militaires demeurent sans réponse.

Le droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques s’accompagne du devoir de se conformer à ses obligations internationales, mais l’Iran n’a rien fait pour respecter les normes de conformité les plus élémentaires, préférant plutôt continuer de s’y soustraire.

Le Canada est aussi profondément inquiet de la détérioration continue de la situation des droits de la personne en Iran et enjoint les autorités iraniennes à libérer tous les citoyens injustement emprisonnés dans le pays, y compris les personnes ayant une double citoyenneté.

Le Canada continue également de soutenir fermement la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit en Birmanie. À maintes reprises, le Canada a demandé au régime birman de respecter les droits de la personne et les libertés fondamentales de la population birmane. Nous avons imposé au régime birman les sanctions les plus sévères du monde.

La politique étrangère du Canada pour l’Arctique

Dans le cadre de « l’année internationale du Canada », j’ai également rencontré mes homologues des quatre autres États côtiers de l’océan Arctique. Comme je l’ai dit lors de notre rencontre de la fin mars, les cinq États côtiers ont des responsabilités toutes particulières en ce qui a trait à la souveraineté et la gouvernance, ainsi qu’au potentiel à développer. Nos rencontres ont donné lieu à des mesures à la fois concrètes et significatives visant à développer, tout en la protégeant, une région vitale mais néanmoins fragile.

De plus, le Canada est un fervent promoteur du rôle unique joué par les organisations des participants permanents au Conseil de l’Arctique, avec lesquels nous nous engageons à maintenir des liens étroits. 

Comme vous le savez, notre gouvernement considère l’Arctique comme une priorité à l’échelle nationale et internationale. Nos objectifs et nos engagements sont clairement énoncés dans la Stratégie pour le Nord du Canada. Cette stratégie met l’accent sur la souveraineté, avec des frontières clairement définies dans l’Arctique; le développement économique et social, axé sur la prospérité et le bien-être; la protection de l’environnement arctique au moyen d’initiatives canadiennes et de partenariats clés; une gouvernance améliorée et décentralisée, de sorte que les populations du Nord aient davantage voix au chapitre lorsqu’on prend des décisions qui ont une incidence sur leur avenir.

En août, j’ai rendu public l’Énoncé de la politique étrangère du Canada pour l’Arctique, qui démontre comment nos politiques internationales et les actions connexes joueront un rôle important pour préserver ces quatre piliers de la Stratégie pour le Nord du Canada, et atteindre ses objectifs. L’Énoncé fait clairement de la souveraineté la priorité de la politique étrangère du Canada pour l’Arctique.

Le Canada et les Amériques

Les Amériques sont aussi une des priorités du gouvernement du Canada en matière de politique étrangère. Notre prospérité économique, la solidité de notre démocratie et la sécurité de nos citoyens sont liées à celles de nos voisins. Notre vision de la région s’appuie sur trois piliers qui sont interdépendants et se renforcent mutuellement : bâtir un hémisphère sûr, accroître la prospérité des citoyens et renforcer le soutien à la gouvernance démocratique.

Il est clair qu’il ne peut y avoir prospérité sans sécurité ou libertés et protections juridiques résultant de la gouvernance démocratique. Dans le même esprit, on ne peut pas renforcer la gouvernance démocratique dans un contexte de pauvreté persistante et d’exclusion sociale, ou lorsque la sécurité personnelle est mise en péril par la criminalité et la violence. Le Canada souhaite continuer à travailler avec ses partenaires dans tout l’hémisphère qui partagent ses valeurs et veulent atteindre les mêmes objectifs.

Un multilatéralisme efficace et axé sur les résultats constitue un des éléments clés de notre engagement de plus en plus actif dans les Amériques. Dans cet esprit, les autorités canadiennes sont fières que l’année 2010 marque le 20e anniversaire de l’entrée du pays comme membre à part entière au sein de l’Organisation des États américains [OEA]. Le Canada considère que l’OEA est une tribune essentielle à la coopération avec les partenaires de l’hémisphère autour d’enjeux prioritaires comme la gouvernance démocratique, les droits de la personne, la sécurité et le développement, et continuera de s’assurer que l’Organisation demeure capable de répondre efficacement aux besoins des États membres.

La politique sur le Moyen-Orient

La politique canadienne sur le Moyen-Orient demeure la même. Le Canada souscrit à la création d’un État palestinien indépendant dans le cadre d’une solution à deux États, négociée avec Israël, et soutient le droit d’Israël à vivre en paix avec ses voisins à l’intérieur de frontières sûres.

Le Canada regrette la décision d’Israël de ne pas poursuivre la suspension partielle de dix mois des activités de colonisation en Cisjordanie, car ce geste aurait contribué de façon significative à renforcer la confiance.

Le Canada considère que ces activités de colonisation sont contraires à la loi internationale et nuisent aux efforts de paix.

Les actions unilatérales par Israël ou par les Palestiniens ne devraient pas préjuger des résultats des négociations de paix. Ni le Canada ni la communauté internationale ne reconnaîtront de telles actions.

Notre gouvernement croit que la menace continue de terrorisme et le refus de certains à reconnaître le droit d’Israël d’exister et de se défendre constituent des obstacles à une paix durable.

Nous encourageons les parties à prendre les mesures nécessaires afin d’arriver à instaurer un règlement de paix global, même si ces mesures sont difficiles à prendre.

Le Canada est prêt à aider les parties de toutes les façons qu’elles jugeront utiles.

L’Afrique

Notre gouvernement honore ses engagements en Afrique et élargit sa présence sur le continent.

Le mois dernier, à l'Assemblée générale des Nations Unies, le premier ministre Stephen Harper a annoncé que, par suite de l’engagement de 540 millions de dollars du Canada sur trois ans au profit du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, notre contribution totale s’élèvera à plus de 1,5 milliard de dollars — c’est là l’engagement le plus important jamais souscrit par le Canada au profit d’une organisation internationale œuvrant dans le domaine de la santé. 

En septembre 2009, nous avons également annoncé l’augmentation de notre participation à la Banque africaine de développement, de façon à accroître sa capacité de prêt d’environ 2,6 milliards de dollars.

Nos relations avec les États africains dépassent largement l’aide au développement. Nous contribuons à stimuler l’expansion du commerce et de l’investissement canadiens en Afrique, y stimulant ainsi la création d’emplois et le développement durable.

Nous sommes également un chef de file en ce qui a trait à la collaboration avec les États africains et les organismes régionaux en matière de paix et de sécurité.

Aider les amis dans le besoin : réponse du Canada lors de catastrophes naturelles

Les Canadiens, à titre personnel par des dons à des œuvres de charité, ou par le biais de leur gouvernement, ont toujours répondu aux appels à l’aide lors de catastrophes naturelles. Contrairement aux rencontres internationales qui sont régies par des calendriers bien précis, les catastrophes naturelles peuvent frapper n’importe où et n’importe quand sans prévenir. 

Depuis le début de l’année, nous avons connu des catastrophes d’envergure comme les tremblements de terre en Haïti et au Chili et les inondations au Pakistan.

La prospérité mondiale

Lorsque nous nous sommes rencontrés il y a un an, la crise économique et financière mondiale occupait, à juste titre, tous les esprits, et faisait l’objet de nos priorités pour l’année à venir. Étant donné que la reprise demeure fragile, nous devons garder le cap en visant une croissance à la fois équilibrée et durable. Aujourd’hui, l’économie demeure la priorité des Canadiens et de notre gouvernement.

Le gouvernement canadien est déterminé à conserver son rôle de chef de file responsable qui lui a permis de préserver le rendement exemplaire de l’économie canadienne durant des périodes difficiles. À mesure que nous irons de l’avant, nous nous inspirerons de ce qui a bien fonctionné dans le passé et de ce qui a contribué si efficacement à la prospérité du Canada — notamment, la négociation et la signature d’accords de libre échange avec un nombre croissant de partenaires économiques, ainsi que la collaboration avec d’autres pays et des institutions internationales en vue d’éliminer les obstacles à la libre circulation des produits, des services et des investissements à l’échelle mondiale. 

Le principal avantage pour tous les membres de la communauté internationale et la meilleure garantie d’une reprise durable tiennent à des politiques concertées et à des mesures de collaboration, et non pas à un retranchement dans des enclaves nationales ou régionales.

Nous croyons fermement en une approche qui combine efficacement et dans un esprit positif la protection et la promotion des intérêts nationaux avec les responsabilités à l’échelle mondiale. Ce que le premier ministre Harper a appelé une « souveraineté éclairée ».

C’est dans cet esprit, à titre de ministre des Affaires étrangères du Canada, que je veux travailler avec vous tous afin que nous atteignions nos objectifs communs sur la scène internationale.

Je vous remercie.

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Date de modification :
2011-12-28